vendredi, 20 novembre 2009

Francais à l'usage des prussiens, le retour

J'ai donc récidivé, et je suis allée rendre visite à ma famille de prussiens.
Cette fois-ci, le petit Karl m'a ouvert (incroyable comme ca peut être petit, un prussien, à 12 ans).

Donc, le but, n'est-ce pas, a été de discuter avec lui.
En core faut-il trouver un sujet de discussion.

Donc tu as des frères et soeurs ?
- Oui. J'ai un grand frère, mon grand frère s'appelle Friedrich. J'ai une petite soeur, ma petite soeur s'appelle...
Elisabeth, Elisabeth, c'est forcement Elisabeth...
... Elisabeth.
Obligée de me mordre l'intérieur de la joue pour ne pas rire.

Mais cela dit, une fois fait le tour de la famille impériale, ben, heu...

Tu aimes la musique, Karl ?
- Je joue du piano.
- Tu joue quoi ?
- Je joue les morceaux de mon prof de piano.
- hum hum...
Et tu écoutes de la musique sinon ?
- Non.

Tu regardes quoi à la télévision ?
- Nous n'avons pas le droit de regarder la télévision.
Ah, ben oui hein, tout de suite...

Petit à petit, j'ai réussi à reconstituer la vie palpitante de mon petit Karl.
Il va à l'école le matin à 8h, rentre l'après-midi à 16h. Il fait alors ses devoirs. Il n'a pas le droit de manger sucré, pas le droit de regarder la télévision, il ne va jamais faire ses devoirs ou jouer chez ses amis, il n'a pas de musique. Dans sa chambre, je n'ai vu que des livres d'école, et un grand bureau. Pas de jeu.
Le week-end, il fait du hockey (une des grandes passions des allemands), et va parfois voir des matchs avec son père qui est un passionné de hockey. Parfois, des amis de ses parents viennent à la maison.
Les deux parents sont avocats, ne voient pas leurs enfants de la journée. Ils rentrent le soir à 20h, les enfants ont déjà mangé. C'est une bonne d'enfant qui s'occupe d'eux.
Une fois par an, en été, toute la famille fait un grand voyage dans un pays. L'été prochain, ca sera en France.
Où ca ?
- Je ne sais pas.

Je ne sais vraiment pas de quoi le petit Karl et moi allons parler toutes les semaines pendant une heure.
Il va falloir que je prenne sur moi pour ne pas aller leur dévergonder leur gosse trop bien éduqué, à ces parents ennuyeux. Grrr.

mercredi, 04 novembre 2009

Il neige !

Et ben voilà.

J'arrive à la fac aujourd'hui et il neige.

Quand je disais que l'hiver va être long...

mardi, 03 novembre 2009

A la FU a 16h

Vous devez trouver que je donne peu de nouvelles en ce moment.
Pourtant, finalement, ca ne fait pas même une semaine que je suis rentrée de France.

Les cours de langue ont repris à nouveau, le sport a reprit à nouveau, il refait froid à nouveau, et je me retrouve à nouveau à travailler sur des articles incompréhensibles en allemand. Bref, on dirait bien que l'année a recommencé.

J'ai tiré mon carton de pulls de sous la pendrie, et j'y ai mis à la place mes t-shirts et mes shorts. J'ai ressorti mon bonnet péruvien, celui qui est moche mais qui tient chaud aux oreilles. J'ai repris mes docs et mes chaussettes (une paire en laine sur une paire en coton, c'est LA combinaison gagnante). Après une brève tentative, j'ai abandonné mon manteau (trop froid) et repris ma doudoune. J'ai accoroché un post-it sur ma porte d'entrée pour me rappeler de ne pas sortir sans paquet de mouchoirs.
L'hiver va être long, il paraît. Pour le moment, au moins, je n'ai plus froid.

A la fac, j'ai retrouvé Rivière et Luka.
Ils me donnent presque l'impression d'avoir des amis à la fac.
En effet, je ne sais pas quelle mouche a piqué Luka, il se met à me faire la causette. Malheureusement, et comme je m'en doutais un peu, ses sujets de conversation se limitent à la linguistique, et je me sens assez vite perdue quand il se met à parler de son dernier article (ben oui, Luka publie des articles scientifiques et donne des conférences, j'ai des amis comme ca, moi, que voulez-vous). Je pense qu'on a pas trop le même niveau.

J'ai l'impression que nous sommes bien plus nombreux à la FU cette année que les années précédentes.
Nous ne sommes pas même en période d'examen, et il y a déjà une file d'attente pour rentrer dans la bibliothèque. Et trouver un endroit où s'asseoir en dehors relève du coup de chance inespéré.

Celà dit, cette année, j'explore surtout la TU, l'Université Technique de Belin.
Je dois en effet m'y rendre trois jours par semaine pour des cours de langue et/ou de sport. La TU est assez vieille et assez moche, mais super bien pensée. Tout est concu de facon à ce que l'on puisse s'asseoir (voire s'allonger, d'ailleurs) n'importe où et y travailler. La faculté reste ouverte toute la nuit, même le week-end. J'ai d'ailleurs entendu dire que certain étudiants prennent leur duvet avec eux et y élisent domicile pendant les examens.
Du coup, cette fac me plaît énormement. Elle se trouve dans le quartier du zoo, qui est très accessible depuis chez moi. Si j'arrivais à obtenir une connection wifi là-bas (ce qui est peut-être négociable vu que j'y prends pas mal de cours), possible que j'en fasse mon nouveau lieu de travail préféré.

Il est 16h et il fait presque nuit. Est-il possible que les journées soient encore plus courtes cette année que l'année dernière ? Ca me paraît pourtant hautement improbable...

jeudi, 22 octobre 2009

Professeur Jones entre en lice

Cela fait bien longtemps que je ne vous ai pas parlé du monde merveilleux de la section linguistique de la FU, mieux que Disneyland, parce qu'ici y'a même pas de Capitaine Crochet - Linguiland si vous voulez.

Maintenant que je suis une warior, que j'ai survécu deux années au programme intense des études allemandes, je commence à avoir fait le tour de Linguiland.

Je fini même par éprouver une sorte d'attendrissement lorsque je vois se dessiner au loin la silhouette filiforme de Konfus.
Vous ne pouvez pas avoir oublié Konfus, le grand maestro de la linguistique sur ordinateur, l'énigme humaine au baragouin incohérent et incompréhensible.
Or, depuis la dernière fois où je vous ai parlé de lui, j'ai lu un livre de Konfus. Et bien figurez-vous que ses bouquins sont merveilleusement clairs, lumineux et bien construits. Il est donc fort dommage qu'il ne sache pas parler comme il écrit.

Konfus, donc, règne tel Mickey Mouse sur Linguiland. Et lorsque, comme moi, on est une linguiste germaniste, on n'a jamais eu jusqu'ici l'occasion de rencontrer son grand acolyte, le Monsieur Konfus des langues romanes, j'ai nommé le Professeur Jones.
Le professeur Jones, j'ai décidé de l'appeler professeur Jones parce qu'il ressemble vachement à Indiana Jones, sauf que ce serait un Indiana Jones sans fouet, avec une moustache d'Asterix, des cheveux longs, sans la chemise ouverte avec les poils sur le torse, qui aurait mal vieilli et pris du bide, et s'habille vraiment très très mal. Bon, en fait, il ressemble plutôt à Ordralphabétix qu'à Indiana Jones, mais Professeur Jones, ca sonne mieux que Professeur Ordralphabétix, donc on fera avec.
Professeur Jones surprends un peu la première fois qu'on le voit, parce qu'il mastique nerveusement et inlassablement un chewing-gum. Ca donne un rythme un peu saccadé à ses phrases. Son addiction aux chewing-gum vient en réalité de son tabagisme éffrenné. C'est la seule solution pour lui permettre de passer deux heures à donner un cours dans un amphis non-fumeur.
Il a au moins le mérite d'être un bon professeur pédagogue, dont les cours sont clairs, et qui est capable de répondre aux questions qu'on lui pose.

Professeur Jones sera mon professeur 2h par semaine ce semestre, pour un cours intitulé "Algoritmes et modèles dans la syntaxe".
Un titre bien ronflant pour un cours pas très impressionnant, mais qui repart de zéro et pose les bases de la linguistique générative. Donc oui, j'en suis revenue exactement au même point qu'il y a deux ans (pour vous faire une idée, aujourd'hui on a découvert le shéma X-bar... oh ben ca alors, mais quelle surprise !). Autant dire que pour le moment je suis un peu blasée...
Bref, mon master est très bien, et nous avons des profs très compétents... mais sincèrement, les cours tournent un peu en rond.

samedi, 22 août 2009

Lodi va à un match de foot

Vous imaginez que pour que Lodi se résigne à un truc comme ca, il fallait quand même une raison d'ordre supérieur.

L'ordre supérieur, aujourd'hui, ca sera Chtef-Chtef :

 

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Vous trouvez pas qu'il a une bonne tête de raison supérieure, mon co-chef ?

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Mouais...

Bon, en fait, j'avoue, c'est Line qui m'a suppliée à genoux (si, si) de venir lui tenir compagnie pour le dernier match de la saison de Chtef-Chtef qu'elle lui avait promis d'aller voir.

Comme c'est pas tout ca, mais qu'un match de foot c'est super chiant, on a espéré convaincre mon co-chef de tomber son maillot 11 à la fin de la partie en signe de victoire. Histoire qu'on soit pas venues pour rien, quoi (et d'abord je demande aux jeunes hommes autour de moi de tomber leur maillot SI JE VEUX, hein, non mais, après tout je suis célibataire, je fais ce que je veux - ce qui, soit dit en passant n'est pas le cas de Line, qui ne l'est pas, elle, célibataire, et pourtant elle l'encourageait plus fort que moi, j'ai des témoins). Mais il a pas voulu.
Même pas drôle le Chtef-Chtef.

(Heureusement que les coéquipiers de Chtef-Chtef se font pas prier pareil - en voilà des gars qu'ils sont biens...)

 

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Bon, et sinon, le jeu ?
Oh, ben je sais pas moi, j'y comprends rien au foot.
Paraît que l'équipe de Chtef-Chtef a gagné.

lundi, 27 juillet 2009

Le son de Belin

Mon interview du jour me plonge dans le son de Belin.

Et qui dit Belin, et qui dit son, dit bien sûr... musique electro !
Pas forcement ma musique préférée, mais Belin, c'est un peu le monde merveilleux de Disney si on aime la musique electro.

Enfin bref, tout ca pour vous dire que mon interviewée du jour, c'est cette charmante jeune femme :

 

mardi, 21 juillet 2009

Belin dans toute sa splendeur en mouvement

J'ai donc commencé un stage, disais-je.

Je suis très embêtée pour vous parler de ce stage, parce que c'est vachement intéressant, mais je crois que j'ai pas trop trop le droit de tout raconter. Pas que ce soit super top secret, mais publier le moindre truc peut risquer de violer je-ne-sais-quel copyright, donc pour pas prendre de risque, je vais vous raconter mon stage sans rien vous raconter.
Vous êtes prêts ?
Ben alors-y alors.

J'ai donc été contactée un peu en urgence, rapport à une demande que j'avais faite y'a très très très longtemps. Ils avaient dû se mettre mon adresse derrière l'oreille pour le cas où.
Il s'agit de faire des traductions journalistiques (très précisement, des traductions d'interviews), pour la sortie d'un nouveau livre sur Belin. Pas un guide touristique, ni un livre d'Histoire, ni un essai, mais plutôt un gros mélange un peu ecclectique. A priori ca sera très bien parce que je travaille dessus donc c'est évident que ca va être réussi parce que c'est une nouvelle collection d'une maison d'édition qui d'habitude fait des choses vraiment bien foutues (rapport à mes années prépa où j'ai eu l'occasion de me servir de quelques uns de leurs ouvrages), et surtout qui sortent un peu de l'ordinaire (d'où le nom de la maison d'édition, qui est pas là pour rien, ma foi).

Voilà donc qu'un tout nouveau livre consacré à Belin va sortir.
Je travaille sous la direction de la jeune journaliste chargée de cet ouvrage, dont tout ce que je peux dire c'est qu'elle a une jolie voix étant donné que je ne connais pour le moment pas grand chose d'elle à part son accent francais dans les interviews que je suis chargée de traduire. Mais, pour de vrai, un jour on va se voir, si si, et je sens qu'on va trop devenir potes. Enfin, des potes qui se vouvoient, quoi.
Personnellement, je ne la connais donc pas vraiment, mais d'après mon ami google, elle travaille surtout sur des reportages vidéo, notamment pour Arte, donc toujours plus ou moins dans un cadre franco-allemand.
Voilà par exemple un de ses reportages visibles sur le net, c'est donc la réalisatrice (mais je dis ca juste comme ca):

Ma première interview, dont je viens de terminer la traduction (d'où le fait que je peux souffler cinq minutes) m'a emmené sur les traces de l'Holocauste, tout particulièrement ici. Une expo que j'ai d'ailleurs eu l'occasion de voir en février. C'est pas mal du tout, hein, n'hésitez pas à y faire un tour (en plus, c'est gratuit). Vous saviez que ca existait, ca, un master "Holocauste" ? Ben si, mais faut venir à Belin, bien sûr.
Quand au monsieur interviewé, je vous dirai pas qui c'est (z'aurez qu'à acheter le bouquin, non mais ho), mais il a quand même sa propre entrée sur Wikipedia, ca fait toujours son petit effet.

Enfin voilà, quoi, c'est mon stage.

Ce qui est vraiment intéressant, c'est que pour traduire correctement, je suis souvent obligée de faire quelques recherches sur internet (je n'ai que les fichiers audios, il faut bien que j'écrive le nom des personnalités et des institutions correctement), et qu'en recoupant toutes les informations (on finit toujours par découvrir que la femme du responsable d'une institution est en rapport avec le fils d'un rabbin dont il était question juste avant, et que le cousin du collègue habite juste à côté de la boulangerie où on va prendre son café tous les matins), ca donne l'impression de rentrer dans un grand monde parallèle où tout est lié.
Ca doit être ca la politique.
Limite, c'est flippant.
Mais c'est marrant quand même, j'aime bien.

dimanche, 12 juillet 2009

Je sais

que je suis la blogueuse la plus indigne du monde.

Mais là en Teutonnie c'est la saison des exams.
Manque de bol, la saison des exams en Teutonnie correspond aussi exactement à la saison francaise des remises de dossier de camp à la DDJS.

Du coup, ces derniers jours, lorsque j'arrive de la fac le soir après que Line et moi (on a décidé de réviser ensemble pour nous réveiller mutuellement le matin et nous empêcher mutuellement de procrastiner éhontemment) on s'est faites mettre dehors par le gardien fatigué, la seule chose que j'arrive à faire c'est - parfois - de filer sous la douche avant de tomber dans mon lit.

Pour le moment j'essaye de rassembler mes dernières forces pour boucler une dernière petite correction, avant d'aller dormir avec un bonheur non dissimulé.

Et puis voilà, sinon ca va.

samedi, 27 juin 2009

Si tu veux voir comme je suis une star du petit écran...

... tu vas voir cette vidéo. Où que je suis interviewée à 20:30.

Alors voilà.
C'est parce que je suis trop une star overbookée que j'ai pas posté depuis longtemps. Pas plus compliqué que ca.

mardi, 17 février 2009

Dimanche de Berlinales

C'était le dernier jour, et il ne fallait pas le laisser perdre.
Pour une fois, c'est Bob qui était chargé d'aller chercher les places le matin. Moi j'ai dormi.

Nous sommes allés voir encore un film en compétition.
Un film français, "Eden à l'Ouest". Nous étions même dans la salle du Berlinale Palast. Là où y'a toutes les stars et tout...

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Bob et moi, sous la neige, mais avec des places !

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Et oui, je suis une star, je sais...

Le film était très... français.
Une Odysée à travers l'Europe (avec pour but le centre du monde : Paris) à la sauce sans-papier. Très beau, très horrible, pas vraiment politique. Plutôt un long récit qui ne cherche pas vraiment la vraissemblance. Juste montrer ce qu'est l'Europe, et surtout la France.
Je pense que ce film sera un témoignage précieux pour les générations futures. Elles auront une idée juste de la coloration de ces premières années 2000.
"Eden à l'Ouest", donc, de Costa-Gavras.

Puis j'ai entraîné Bob et sa famille (pour faire vite ^^) à un film japonais.
Muobobi de Ichii Masahide.
C'était... différent. Bob a été assez emblallé, moi moins. Un chouilla trop pathos à mon goût. Nous sommes au courant que les deux actrices savent pleurer avec beaucoup de naturel. Mais enfin, j'attendais un peu plus. L'idée en elle-même est bonne : une rencontre entre une jeune feme enceinte et une femme plus âgée qui a eu une fausse couche quelques années auparavant. Mais pitié, faites-les cesser de pleurer...

Pendant ce temps, Chtef-Chtef avait amené Myrtille, Michi et deux autres amis à lui dans un autre film. Nous nous sommes tous retrouvés pour prendre une bière.
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(le formatage des photos sur hautetfort est tout pourri, mais normalement, on peut cliquer)

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