samedi, 27 décembre 2008

Mes nièces m'apprennent la linguistique

Jouer à Sarah-qui-se-noit dans ma chambre ne me permet pas d'aller très très vite dans le bouquin sur la futuricité que m'a filé Lukas, mais j'apprends quand même des trucs de linguistique passionnants.

Emma m'avait déjà permis de constater que on apprend d'abord à parler à la troisième personne ("Emma, elle a fait ci, et Emma, elle a fait ça").
C'est maintenant Sarah qui me permet de constater qu'on apprend visiblement l'usage de l'imparfait, et même du plus-que-parfait, avant celui du passé composé qui s'imposerait. ("Moi j'avais dit à maman que... et j'avais pensé que... et j'étais allée...")
Je serais plus que ravie d'avoir des remarques à ce sujet de ceux parmi vous qui ont déjà fait pousser des gosses.

Enfin, j'ai été ce soir tout à fait fascinée par "Tintin et le lac aux requins", et par le pays créé par Hergé, La Syldavie.
Je vous invite à aller jeter un coup d'oeil sur l'article de Wikipedia, qui est très réussi. J'ai pourtant un grand regret, c'est qu'ils n'aient pas étudié dans leur recherche les costumes traditionnels de Syldavie, et également les noms des personnages. Je pense que cela donnerait des résultats bien différents de ceux déjà exposés dans l'article.
Mais ce qui était surtout passionnant, c'était de découvrir que la langue parlée en Syldavie, le syldave, était une langue germanique, dérivée du néerlandais. Une grammaire du syldave a été entreprise par un fou dont je salue chapeau bas le travail pointilleux. Le choix du néerlandais, notamment, est extrèmement intéressant.

vendredi, 19 décembre 2008

Phonologie de l'islandais

J'avais envie de continuer dans la série "mais qu'est-c qu'on peut bien faire en études de linguistique ?".

Ben hier soir, on a eu un monsieur qui est venu tout droit de ses pays scandinaves pour nous faire une présentation de l'islandais. Et c'était absolument passionnant.
Il n'a malheureusement pas eu le temps de finir, parce qu'il s'est un peu trop attardé sur la morphologie.
Mais ce sur quoi j'ai vachement accroché, c'est la phonologie (alors que normalement, la phono, c'est chiant quand même, faut bien le dire).

Mais le prof a eu la très bonne idée de conclure son exposé en nous faisant écouter trois fois un court texte en islandais, une vraie idée de génie si vous voulez mon avis, et ce texte, c'était une chanson de celle qui est sans doute l'islandaise la plus célèbre, à savoir "Gling gló" de Björk.

Je vous propose l'inverse, c'est à dire d'écouter cette petite chanson (qui parle si je me souviens bien d'amoureux sous la lune) en faisant attention à deux ou trois trucs que j'ai soulignés.

(désolée, je trouve la vidéo très moche, mais c'est la seule disponible)

Gling gló, klukkan sló
Máninn ofar skyum hló
Lysti upp gamli gótuslóð
Þar gladleg Lína stóð

Gling gló, klukkan sló
Máninn ofar skyum hló
Leitar Lási var á leið
Til Lína hanns er beið

Unnendum er máninn kær
Umm þau tófraljóma slær
Lási á bidilsbuxum var
Brátt frá Línu fær hann svar

Gling gló, klukkan sló,
Máninn ofar skyum hló
Lási vard svo hyr á brá
Þvi Lína sagdi "Já"

Gling gló, klukkan sló,
Máninn ofar skyum hló,
Lysti upp gamli gótuslóð
Þar gladleg Lína stóð

Gling gló, klukkan sló
Máninn ofar skyum hló
Leitar Lási var á leið
Til Lína hanns er beið

Unnendum er máninn kær
Umm þau tófraljóma slær
Lási á bidilsbuxum var
Brátt frá Línu fær hann svar

Gling gló, klukkan sló,
Maninn ofar skyum hló.
Lási vard svo hyr á brá,
Þvi Lina sagdi "Já".

1er point : on entend dans "klukkan" un trait typique de l'islandais, cette manie qu'ils ont de mettre des aspirations partout. Ainsi, avant chaque double consonne, hop, on rajoute une aspiration.
2ème point : ce trait se retrouve dans "skyum hló", où on a un son qui ne se retrouve en indo-européen que dans les langues scandinaves : les nasales et liquides aspirées. Qu'est-ce que c'est une nasale aspirée ? C'est comme si vous essayiez de dire un M ou un N en le soufflant par le nez. Idem pour les liquides : vous essayez de dire R ou L avec le nez (j'avoue que j'ai du mal à saisir le L prononcé par le nez, mais bon...). C'est pour ça qu'en fait dans "skyum hló" le M se confond avec le H qui le suit, ce qu'on entend assez bien à cet endroit, je trouve.
3ème point : fait très étrange, les plosives en islandais ne sont pas distinguées en fonction de leur occlusion comme dans toutes les autres langues germaniques, mais en fonction de leur aspiration (encore et toujours cette aspiration !). Vous n'avez rien compris à la phrase précédente et vous voulez savoir concrètement ce que ça veut dire ? Et bien ça veut dire qu'on distingue entre deux façons de prononcer les plosives P, T et K, mais que d'autre part, B, D et G n'existent pas. Là où il y a écrit "Gling gló", on prononce donc "Klink klo". Oui, c'est tout. Mais bon, je sais pas, moi ça me perturbe, une langue où y'a pas les sons B, D et G...

Bon évidemment, y'aurait encore mille fois plus à dire sur la phonologie de l'islandais, et notamment sur les voyelles.
Mais j'ai encore envie que mes lecteurs viennent me lire, alors je m'arrêterai là.

Bon, mais c'était chouette quand même cette chanson, non ?

jeudi, 18 décembre 2008

La publicité

Pendant que Derrick est mort et qu'un natif de Zrenjanin vient de recevoir un prix pour sa lutte pour les droits de l'homme, moi, je bosse (non mais !).

Je suis sûre que vous êtes tous avide de savoir ce qu'on fabrique en master de linguistique (et je sais d'ailleurs que vous mourrez tous d'impatience depuis hier de lire ce que je vous ai promis). Et bien, ô mes lecteurs, ce soir est le grand soir, vous allez pouvoir lire un article de linguistique écrit par Moi (mais non heuuuuu, partez pas tout de suite !).
Bon, pour être tout à fair honnête, il ne s'agit pas d'un de mes devoirs de linguistique, mais d'un des textes que j'ai écrit pour mon cours d'"allemand langue étrangère". Nous avons chaque semaine une rédaction de une ou deux pages à rendre, et le sujet donné cette fois-ci était "werben und Werbung", c'est à dire "faire de la publicité et publicité" (ça sonne tout de suite moins bien en français). Comme les consignes étaient assez floues, j'ai décidé de traiter le sujet comme s'il s'agissait d'un travail de linguistique historique, si ce n'est que le cadre de ce cours me donnait le droit de prendre quelques libertés.

Voici donc dans mes rêves les plus fous ce à quoi ressemblerait l'article d'un bouquin de linguistique.
Lire l'article ici (et ne pas s'enfuir, la traduction est donnée en basde page).

dimanche, 07 décembre 2008

Ils ont osé

Si vous voulez savoir pourquoi j'ai failli mourir hier soir, étouffée par mon dentifrice, allez lire l'article ici.

samedi, 06 décembre 2008

Manies de lectrices

D'après un questionnaire trouvé chez Laconteuse. Encore des bouquins, me direz-vous ("eh bé oui", vous répondrais-je).

Plutôt corne ou marque-page ?

Vous voulez me faire avoir une attaque ? CORNER une page ?!? Plutôt mourir.
Plus sérieusement, je suis en possession d'une magnifique collection un peu éclectique de marques-pages, ce qui explique sans doute la raison pour laquelle je n'en ai jamais un seul sous la main. On trouve donc en général dans mes bouquins un ticket de métro, un bout de papier déchiré dans un journal, une carte à jouer (et on s'étonne après que les jeux de cartes soient incomplets), un flyer quelconque...
Tout dernièrement, j'ai reçu un marque-page de ma nièce adorée, et je fais un peu exception à la règle en le trimbalant dans les bouquins. Ça me permets de faire admirer ma filleule à tout le monde.

As tu déjà reçu un livre en cadeau ?

Ben plutôt deux fois qu'une.
D'ailleurs c'était le cas du dernier livre que j'ai lu.

Je n'en offre peut-être pas assez...

Lis tu dans ton bain ?

Hors sujet, mais je ne supporte pas de prendre un bain d'une manière générale.

As tu déjà pensé à écrire un livre ?

Pensé... très certainement.
Je pars du principe qu'on parle ici de livres romans. Parce que j'écrive un bouquin sur la linguistique quantique du vieux-haut-allemand primitif en syntaxe verbale comparé au hongrois, c'est effectivement fort probable, le jour où je serai devenue un grand professeur multi-doctoré de la faculté de Berlin (mais si, mais si).
Mais quant à un livre que y'aurait vraiment des gens pour le lire... Oui, certe, j'y pense à chaque fois que j'écris je suppose. Tout en considérant cela comme quelque chose qui m'arrivera peut-être un jour dans très longtemps, qui sait ? Ou à titre posthume, quand mes fans en délire et en deuil inconsolable rassembleront mes journaux intimes et ma correspondance pour les publier chez La Pleiade (y vont s'amuser, c'est moi qui vous le dit).

Je pense qu'en fait le besoin d'écrire un livre est devenu moins urgent du jour où mon frère (adoré que j'aime d'amour et que je salue si il lit ces lignes) a commencé à s'y mettre.
Sans dec', vous devriez lire les trucs de mon frère, c'est vraiment super ce qu'il fait (à la fois hyper différent et incroyablement semblable à ce que j'écrirais, si j'écrivais).

Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?

Marcel Proust, je t'aime !

Excusez-moi, c'est sorti tout seul.
C'est la première chose qui m'est venue à l'esprit en lisant les réponses des autres blogueuses qui se sont prétées au jeu, et qui sont plutôt d'avis que les trucs en plusieurs tomes, c'est cool, à condition qu'il y en ai pas trop et que les tomes soient pas trop longs.
Moi, bien au contraire, je trouve que c'est la forme la moins frustrante du roman. La Comédie Humaine ou A la recherche du temps perdu ont cela d'extraordinaire que j'ai la délicieuse impression de pouvoir retrouver les personnages à l'envie dans de nouvelles aventures quand l'envie m'en prends (je n'arrive pas encore à envisager qu'un jour j'aurai lu la totalité des tomes), tout en ayant la satisfaction d'avoir atteinds la dernière page d'un livre (parce que je n'aime pas laisser un livre en suspens).

D'ailleurs, sincèrement, mais lisez A le recherche du temps perdu. Non, vraiment. C'est absolument exquis. C'est tellement drôle, et intelligent, et passionnant !
Mais c'est vrai que c'est dur de rentrer dedans, ça demande de ne pas abandonner dans les 100 premières pages, où d'être bloquée plusieurs mois à l'hôpital (ce qui fut le cas de ma prof de français adorée dans sa jeunesse... et ça a laissé des traces indélébiles). Mon conseil serait de commencer par A l'ombre des jeunes filles en fleurs, qui est un peu à part, un peu plus léger, et qui forme une unité assez cohérente.

As tu un livre culte ?

Quand j'étais vraiment vraiment jeunette, j'avais un livre culte.
Le titre m'est revenu dans un éclair : L'inconnu du quatrième de Alice Hulot.
Il ne m'a pas fallu longtemps à l'époque pour me rendre compte que j'adorais d'une manière générale tous les livres publiés en édition Cascade (ce qui m'a d'ailleurs poussé à restreindre mes ambitions de lecture à quelque chose de faisable, car mon entreprise de lire tous les livres de la bibliothèque du quartier m'avait valu quelques grosses déceptions (ben oui, les bouquins des auteurs commençant par A ne sont pas tous génialissimes), tandis que celle de lire tous les Cascade s'est révélé bien plus palpitante - il me semble que j'avais réussi, d'ailleurs).

Finalement, à l'heure qu'il est, je n'ai pas de livre culte, mais j'ai une collection culte : il s'agit des livres imprimés dans les années 70 chez Brodard et Taupin. Ces vieux livres de poche avec une tranche colorée orange ou marron, et qui ont une odeur si particulière.

Aimes tu relire ?

Relire est quelque chose de tout récent encore.
Jusqu'ici, l'idée même m'était désagréable.
Mais les romans d'Amélie Nothomb sont conçus pour la relecture (elle l'avait expliqué dans une superbe interview en septembre). J'ai relu Amélie Nothomb, j'ai relu André Gide, j'ai relu des passages de Proust. En fait, c'est une démarche intéressante.

Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu'on a aimé ?

C'est étrange, je ne l'ai jamais envisagé.
D'ailleurs, rencontrer Proust ou Julien Green, ça devient difficile de nos jours...
Je n'arrive pas vraiment à croire que les auteurs existent vraiment dans la vraie vie. Encore que j'aie été dans une librairie pour une rencontre avec Bernard Werber. J'ai d'ailleurs été un peu déçue, mais sans doute parce que l'auteur en chair et en os ne faisait que confirmer que j'étais arrivé au point où il m'avait apporté tout ce qu'il pouvait m'apporter, et n'avait plus grand chose de nouveau à dire. J'avais déjà commencé à m'en rendre compte dans mes lectures.

Aimes tu parler de tes lectures ?

Allez, allez, vous pouvez la deviner celle-là.

Comment choisis-tu tes livres ?

Dans mon Wohnung, j'ai une étagère où viennent se mettre à la queuleu-leu les livres que je lirai. J'alterne la langue : un coup français, un coup allemand. Les livres sont des cadeaux, des conseils de lecture (de profs, d'amis, de blogs, d'articles de journaux), des coups de coeur (le boulevard St-Michel à Paris est l'endroit le plus dangereux sur terre pour mon porte-monnaie).
Voilà pour la théorie. En pratique, je m'y tiens plus ou moins. Parfois une lecture relève soudain d'une impérieuse nécessité (ce fut les cas des Bernanos récemment, qui étaient "hors-programme").

Une lecture inavouable ?

J'adore cette question. C'est effectivement le moment ou jamais de parler de ces livres sur lesquels on n'oserait jamais faire un post.
Mais j'ai beau réfléchir... je ne vois pas.
Depuis longtemps, je me dis qu'il me faudrait lire un roman érotico-porno-gnangnan en allemand, histoire de connaître aussi ce vocabulaire là, mais ça me fait si peu envie que je n'ai jamais mis ce projet à exécution.

Il y a peut-être une pratique de lecture que j'avoue rarement.
Il m'arrive souvent de dire d'un livre que je l'ai lu, alors que je ne l'ai en fait qu'écouté. Le livre-audio est encore peu dans les moeurs, et ça me demanderait d'expliquer que, non, ce n'est pas de la triche, que si, c'est la même chose (enfin, je trouve). Bref, je simplifie, et je dis "j'ai lu".

Des endroits préférés pour lire ?

J'ai expliqué un jour à une amie que je ne lisais jamais aussi bien qu'assise. Le lit me semble l'endroit le moins indiqué pour lire (pour des raisons purement pratique, il faut tenir le livre en l'air, on a les bras qui fatiguent, alors on se met sur le côté, mais il faut changer de posture à chaque page...). Cette amie m'a appris que c'était aussi l'opinion de Sartre. Les grands esprits se rencontrent. :)
J'adore lire dans le train, sur un long trajet. Je lis la plupart du temps dans mon canapé (j'ai dit que je lisais assise, j'ai pas dit que j'étais pas bien installée avec plein de coussins).
Lire sur la plage (malgré le côté pratique pas pratique) a un charme tout particulier. Les pages chauffées par le soleil gardent une odeur particulière, même lorsqu'on rouvre le livre en hiver.

Un livre idéal pour toi serait

Pourquoi "serait" ?
J'ai lu plein de livres idéaux. Ou qui l'ont été au moment où je les ai lus.
Le livre idéal serait peut-être celui dont la relecture ne me laisserait jamais déçue.

Lire par dessus l'épaule ?

J'ai une manie insupportable : je ne peux pas voir quelqu'un lire quelque chose sans avoir le besoin impérieux de savoir ce qu'il lit.
Tous les moyens sont bons pour arriver à mes fins. Dans le métro surtout : j'essaye désespéremment de saisir le titre du livre, je me contorsionne pour voir la couverture, je lis par dessus l'épaule pour essayer de reconnaître le texte ou le sujet du livre, je regarde fixement dans la direction du lecteur en attendant qu'il fasse un mouvement qui me laisserait apercevoir la tranche du livre.
Moi qui, sinon, suis plutôt bien élevée, je fais alors preuve d'une indiscrétion exécrable. Désolée.

Télé, jeux vidéos ou livres

Livres.

Il m'arrive d'avoir des phases où je regarde beaucoup la télé. Mais en général, une télé me sert avant tout de lecteur vidéo.

Je n'ai jamais compris l'intérêt d'un jeu vidéo. En fait, ça m'ennuie terriblement.
(Sauf les petits jeux idiots dans ce genre, mais alors je vais rester dessus deux ou trois jours et l'oublier à tout jamais).

Lire et manger

J'ai essayé. Ca pose des problèmes pratiques assez insurmontables.
Par contre, en ce moment, je passe tous mes repas à écouter des livres-audio (je fais un peu une boulimie de livres audio en fait ces jours-ci). Donc je lis. :)

Lecture en musique, en silence, peu importe ?

Le silence me fait un peu paniquer. Mais la musique me déconcentre.
C'est pour ça que j'aime surtout lire dans le train, dans un bruit de fond rassurant.

Lire un livre électronique ?

Ca alors, je ne me suis jamais imaginé lire un livre électronique.
A quoi ça peut bien ressembler ? (Oui, j'adore vivre au XXIe siècle !)

(et je rajoute cette question parce que je l'adore) En ce moment, sur ta table de nuit ?

Les légendes allemandes des frères Grimm, en allemand. Commencé il y a un moment, mais assez répétitif, alors je fais par doses homéopatiques.
Un flaneur à Berlin de Franz Hessel, en allemand. Le livre qui s'est trouvé être le prochain sur ma fameuse étagère.
Et sur mon lecteur CD : Mort d'un critique de Martin Walser, en allemand (encore !).

Mais ne vous y trompez pas : si j'ai plus souvent des livres en allemand sur ma table de nuit, c'est parce que je prends plus de temps à les lire que pour un livre français...

Száncsengő, de Weöres Sándor

Éj-mélyből fölzengő
- csing-ling-ling - száncsengő.

Száncsengő - csing-ling-ling -
tél csendjén halkan ring.

Földobban két nagy ló
- kop-kop-kop - nyolc patkó.

Nyolc patkó - kop-kop-kop -
csönd-zsákból hangot lop.

Szétmálló hangerdő
- csing-ling-ling - száncsengő.

Száncsengő - csing-ling-ling -
tél öblén távol ring.

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Un magnifique poème.
En entendant mon professeur de hongrois le lire à haute voix, je crois que ça y est, je suis tombée amoureuse de la langue hongroise...

Bonne Saint Nicolas !

PS : Soutenez la lutte contre la culture d'OGM à l'air libre en envoyant une lettre à Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, et aux Commissaires Dimas, Vassiliou (consommateurs), Fischer-Boel (agriculture) et Barrot (transports).

mardi, 18 novembre 2008

Défi "Lire autour du monde"

Au cas où vous aurez pas compris, 2009 sera lecturé ou ne sera pas ^^

Voici donc le deuxième défi auquel je participe pour 2009.
Il s'agit d'un tour du monde par les livres, dont vous pouvez lire les règles ici.

La liste des livres proposés est déjà tellement longue (alors que janvier est encore tellement loin), que j'ai décidé, sans regarder les titres, de me faire déjà un itinéraire de lecture.
- je commencerai doucettement, en allant visiter une ville d'Europe. Si possible en Italie.
- puis j'irai visiter un pays d'Europe de l'Est (la Serbie, la Croatie, ou la Hongrie... à voir)
- je chargerai mon sac à dos pour une longue halte dans un pays d'Afrique.
- avant de m'envoler pour une ville d'Amérique du Sud.
- après ça, forte de mes expériences, je me lancerai dans un grand voyage, avec un auteur que je ne connais pas (mais non, maman, normalement je parle pas aux inconnus).

Rendez-vous donc là aussi le 1er janvier pour savoir où tout cela va me mener.
(à moins que je ne fasse la liste avant... j'ai cru comprendre que le Père Noël était pressé ? D'ailleurs si maman a des propositions de livres qui sont dans notre bibliothèque, le Père Noël lui sera peut-être reconnaissant)

Lectures croisées

mosaic5618145.jpg

C'est par un hasard presque incroyable que je referme le livre que m'a offert Winnie pour mon anniversaire alors que l'horloge indique que commence précisement le jour du sien. Je lui en veux mortellement parce qu'elle vient de me faire passer trois jours d'une des lectures les plus déprimantes que je connaisse, et c'est la mort dans l'âme que je me rend compte que je n'ai prévu aucun cadeau pour elle (ni le moindre petit commencement d'idée, ni son adresse, que dalle, nada).

Alors je pense au "message" de ce livre que j'achève à l'instant.
Winnie, je t'aime !

Extrèmement fort et incroyablement près de J.S. Foer fait partie de ces livres dont je ne peux même pas dire si je mes ai aimés ou non.
Je dis "ces livres", mais je n'en vois qu'un, Les Bienveillantes de J. Littel. Je n'arrive pas dans ma mémoire à trouver d'autres livres qui me laissent aussi traumatisée par la lecture que je n'arrive pas à formuler un jugement. J'ai aimé je n'ai pas aimé Extrèmement fort et incroyablement près*, quelle importance puisqu'il y a la mort et que c'est injuste (copier-coller la même phrase avec "Les Bienveillantes").

Coincidence amusante, une même scène (bien qu'assez anecdotique) revient dans ces deux oeuvres : le narrateur se trouve dans un zoo en plein bombardement. J'ignore quelle même vérité les deux auteurs ont voulu dépeindre alors dans des images presque identiques.
Renforcer l'illusion de la folie ? Rendre la confusion encore plus palpable, la débandade de ces foules paniquées moins humaine ?
Je voulais juste noter le fait, rien de plus.

Une grande différence pourtant, et pas des moindres, c'est que je pense que J.S. Foer restera parmi les grands auteurs de la littérature du XXIème siècle. Indubiablement. (Littel, j'ai des doutes, c'est trop mal écrit.)

* mais quel roman relu récemment vient de m'inspirer cette phrase ? il doit s'agir d'un personnage donnant systématiquement une réponse et son inverse... C'est assez tordu pour être un Amélie Nothomb.

J'ai parlé du (des) "message(s)" du livre.
L'impérieuse nécessité face à la mort de dire à ceux qu'on aime qu'on les aime. Les messages d'amour non-dits, cachés, mal décryptés, trop cryptés innondent le roman, c'est un vrai raz de marrée. Je pense qu'une seconde relecture révèlerait que chaque mot, chaque geste, chaque photo est un message d'amour dont on ne découvre la clés qu'à la fin.
C'est absolument génial. Mais une fois qu'on l'a dit... bon ben on l'a dit.

De quoi parle le livre ?
Non, c'est pas l'histoire d'un-garçon-qui (je hais les quatrièmes de couverture). Ok, le livre parle de mort, mais une fois que je vous aurai dit que toute l'histoire gravite autour du 11 septembre, vous direz que c'est pas un scoop, et vous saurez pas plus de quoi parle le livre pour autant.

Ce livre, en fait, ça parle d'écrire.
Ca ne parle que de ça. De gens qui écrivent, qui écrivent sans arrêt, qui écrivent sur leurs mains, sur le sol et les rideaux, qui écrivent sans arrêt, il n'est question que d'écrire, que de feuilles et de cahiers, de valises pleines de feuilles, de feuilles qui s'empilent à côté d'une machine à écrire, de stylos, ça ne parle que de l'impossibilité de ne pas écrire et de l'impossibilité d'écrire tout à la fois, l'impossibilité rendue par les miliers de pages blanches, les pages trop pleines d'écriture, les photos (l'impossibilité d'écrire à l'état pur), et la plsion d'écrire malgré tout, d'écrire des miliers de pages en n'appuyant que sur la barre espace.

J'ai dit au début que je ne savais pas si j'avais aimé ?
Je retire ce que j'ai dit : MAIS J'ADORE !!!
C'est incroyable, je n'ai jamais lu personne capable d'écrire sur l'écrire avec une telle force.

Ce qui nous ramène à l'article que je voulais écrire avant (avant d'avoir lu ce livre). Sur les derniers livres que j'avais lu (avant de lire ce livre).

Des rares Amélie Nothomb que je ne connais(sais) pas encore, je viens de découvrir Antéchrista.
Ce livre a été assez bouleversant. C'est pourtant loin d'être le meilleur d'Amélie Nothomb, mais c'est le premier qui se rapporte autant à moi. Pas que j'ai vécu la même chose (non, ça va, j'ai toujours eu des amies, vous inquiétez pas). Mais des infimes petits détails. Parfois même des tournures de phrase. Des gestes que j'ai déjà fait, ou des phrases que j'ai déjà dites. L'impression de connaître les objets et les visages. Mais c'est assez confu.

Toujours est-il que ce bouquin regorge de passages que je vais apprendre par coeur tellement qu'ils sont beaux. Comme celui-ci sur la lecture (lecture/écriture, d'où le lien qui peut sembler assez biscornu avec ce qui précède):

L'un des bonheurs de ma vie d'adolescente avait consisté à lire : je me couchais sur mon lit avec un livre et je devenais le texte. Si le roman était de qualité, il me transformait en lui.

Je ne sais même quoi dire comme commentaire tant ces deux phrases me subjuguent...

Et encore :

Ceux qui croient que lire est une fuite sont à l'opposé de la vérité : lire, c'est être mis en présence du réel dans son état le plus concentré - ce qui, bizarrement, est moins effrayant que d'avoir affaire à ses perpétuelles dilutions.
[...] On se trompe quand on croit lire au hasard : ce fut à ce moment que je commençai à lire Bernanos, l'auteur dont j'avais le plus besoin.

Vous ne vous étonnerez même plus alors, si je vous dit que j'ai justement lu Antéchrista entre deux Bernanos (trois pour être plus précis), que je viens de découvrir. Bernanos, "l'auteur dont j'avais le plus besoin".

J'admire Nothomb d'avoir su employer ce terme de "besoin" pour parler d'un auteur, terme qui a l'air a priori si peu à sa place ici.
Je l'admire d'avoir su en un mot m'ouvrir les yeux sur la lecture.

(Copyrights :1. Q, 2. Joyeux Anniversaire !, 3. Fallin' all over myself.., 4. extremement fort et incroyablement pres., 5. Les Bienveillantes, 6. Manhattan, 7. September 11, 2001, 8. Ecrire, marcher § Writing, walking §, 9. Nothomb, 10. 2004_lecture, 11. Robert Bresson, 12. Lectura)

dimanche, 16 novembre 2008

Blog-o-trésors !

Parmi les trucs géniaux quand on fait trop partie intégrante de la blogosphère, y'a (eu) la rédac du mois, par exemple.
Malheureusement, il semble que l'article que vous avez pu lire hier était le dernier de son espèce (oh, Dieu de la blogosphère, lis ma prière entre mes lignes !).

Y'a aussi des défis marrants, et le premier dans lequel je me lance sera celui du Blog-o-trésor, édition 2009 (ou première édition, si vous préférez).
Vous pouvez lire les règles ici (et rejoindre le défi, huju !).
En tant que grande bouffeuse de livre qui se respecte, il fallait bien que j'adhère au concept. Genre, j'ai vu le truc, j'ai dit "Bougez de là, chaud devant, place, place, ça c'est pour MOI !".

Voilà ma drastique sélection des 10 trésors que je mets dans la malle :

- Passion simple, Annie Arnaux
- Le miroir fêlé, Svestislav Basara
- La mère, Pearl Buck
- Les jolies choses, Virginie Despentes
- Les faux-monnayeurs, André Gide
- Ferdydurke, Witold Gombrowicz
- Moïra, Julien Green
- Les Catilinaires, Amélie Nothomb
- Justine ou les infortunes de la vertu, Donatien-Alphonse-François de Sade
- Le sous-lieutenant Gustel, Arthur Schnitzler

J'ai donné les premiers livres qui me sont passés par la tête.
Je suppose que je pourrais essayer de peaufiner, mais je tomberais dans des abîmes de perplexité. 10 livres, c'est bien trop peu. Je déplore un peu le manque de vieux Brodards et Taupins dans mes choix, qui reflète donc assez peu les lectures qui ont bouleversé ma vie. Le manque de littérature allemande aussi. Mais qu'importe ?
On va dire que mon choix de livres est un petit instantané de Lodi, aujourd'hui et maintenant.

Rendez-vous donc le 1er janvier pour savoir ce que l'année nous réserve.

vendredi, 31 octobre 2008

Ahhhhh ! Un zombie !

(pour les plus geek d'entre vous)

Joyeux Halloween !!!

Toutes les notes