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mardi, 22 août 2017

Vis ma vie de doctorante

dimanche, 10 mai 2015

C'est fatiguant de travailler

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Copyright: jorge cham


On a bien cru qu'on allait en mourir, mais on est toujours vivants.

Ces cinq dernières semaines, Tonio et moi étions coincés entre deux deadlines. À la mi-avril, on devait rendre un papier pour une conférence, et vendredi dernier, on devait présenter un poster à une autre conférence. Le plan de départ était de présenter, pour le papier comme pour le poster, une analyse des adjectifs en espagnol et en francais.

La conférence internationale de MVFD (Mon Very Framework qui Déchire) a lieu tous les ans en août. Cette année, elle a lieu en Asie. J'en ai déjà laissé passé deux sans sourciller depuis que je travaille avec Konfus, et il était donc indispensable cette année d'au moins soumettre quelque chose. D'autant qu'une communication à cette conférence annuelle débouche sur une publication, et que dans le monde scientifique actuel, si tu ne publies pas, tu n'existes pas (je me fiche un peu de ne pas exister, mais pas complètement quand même). Mais la vraie motivation, pour être honnête, c'est que les conférences sont super boostantes, mais qu'on peut toujours rêver pour obtenir les financements si on ne présente pas quelque chose. La fac te paye l'avion uniquement si tu vas afficher son logo sur un écran ou au haut d'un poster, pas pour que tu ailles apprendre des trucs.

On a donc décidé de présenter une analyse à deux, en se disant que deux cerveaux valent mieux qu'un. C'était la première fois que je travaillais en collaboration sur une analyse, ça nous a pris un peu de temps pour réussir à se coordonner, mais au final, on était très soulagés d'avoir fait cause commune. Après une nuit blanche, on a soumis nos 5 pages d'analyse un peu bancale. On nous signifiera d'ici fin mai si notre papier est accepté pour faire l'objet d'une communication (avec publication à la clé), pour faire l'objet d'un poster (sans publication) ou s'il est refusé. Il paraît qu'il y a eu peu de soumissions cette année, ça nous sauvera peut-être. Nous serions tous les deux parfaitement satisfaits de n'obtenir que le poster. C'est moins de stress, moins de travail, et ça suffit pour obtenir un financement.

À peine remis de notre papier, il a fallu enchaîner sur la préparation du poster. Cette fois, il s'agissait de présenter quelque chose à la conférence de clôture du projet collaboratif dans lequel travaillent Konfus Junior et Melinda. Le projet se termine en juin, raison pour laquelle ces deux collègues ont dû chercher un travail ailleurs et vont quitter la fac dans un mois. Et c'est parce qu'ils ont trouvé tous les deux un travail à mi-temps dans une autre fac qu'une partie du temps qui leur était imparti sur le projet s'est trouvé vacant, et que Tonio, puis moi, avons récupéré ce temps (et les sous qui vont avec). C'était aussi dans ce projet que j'avais eu une bourse pendant six mois avant d'obtenir mon poste à mi-temps à la fac. Mais maintenant que nous faisions partie du projet (depuis à peine un mois en ce qui me concerne), il nous fallait présenter un poster ensemble.

On voulait implémenter quelque chose d'assez simple en partant de nos travaux sur le papier pour la conférence MVFD et le présenter dans ses grandes lignes. Mais il n'existait aucune analyse MVFD des adjectifs espagnols, l'analyse MVFD des adjectifs français existante n'avait aucune analyse sémantique et plus nous nous penchions dessus, plus l'analyse sémantique nous semblait un fatras sans nom. En désespoir de cause, on a juste expliqué vaguement comment marchait une implémentation. Comme ça consistait principalement à résumer les dix dernières années de travail de Konfus, il a été décidé de le rajouter comme co-auteur sur le poster. La conférence de clôture a eu lieu ce week-end, la présentation des posters s'est bien passée et on a tous pu rentrer chez soi souffler.

L'idéal serait donc de continuer à ce rythme sans discontinuer. Y'aurait même moyen comme ça que je termine vraiment mon doctorat en trois ans. But I'd probably be dead.

mardi, 14 avril 2015

Sur le carnet de recherche

Un nouveau post publié qui m'aidera peut-être à répondre à la fameuse question: mais sur quoi est-ce que tu écris ta thèse ?

ici

Bien que représentant des heures de travail, j'ai conscience que c'est loin d'être parfait, et je collecte volontiers vos remarques diverses (surtout concernant la forme, même si la discussion sur le fond m'intéresse aussi).

vendredi, 27 juin 2014

Enfin le départ de mon carnet de recherche

Je projet se traîne depuis des mois, mais enfin le premier article digne de ce nom vient de voir le jour sur le carnet de recherche. Le premier en... un an et demi de travail.
Mouais, va falloir accélérer un peu la cadence si je veux en faire vraiment quelque chose.

Pour voir ça, il faut aller ici.

dimanche, 22 juin 2014

Demain, lundi, 7h30

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Demain matin, à 7h30, le réveil sonnera et une nouvelle semaine de travail commencera.

Un étrange mélange d'excitation et de panique. L'excitation après ce week-end vide de me remettre en mouvement, pleine de nouvelles idées piochées ce week-end sans même le vouloir sur internet, avec (comme à peu près toutes les semaines) en tête une nouvelle réorganisation totale de mes journées qui va me permettre d'être bien plus productive, c'est sûr (ma nouvelle idée est de bloquer mes mails et toute autre activité procrastinante entre 9h et 16h... j'ai déjà des doutes avant même de commencer). La panique devant l'immensité des choses inscrites sur ma to-do-list, qui ne sont pas même un centième de ce que je devrais déjà avoir fait depuis au bas mot décembre dernier.

Je me sens complètement perdue dans mon travail, je ne sais ni où je vais ni comment je dois y aller. J'aurais envie de dire que je me sens assez mal encadrée dans ma recherche, mais j'ai bien conscience que c'est mon amour immodéré pour Konfus qui me ferait dire cela. La vérité est que je ne suis pas du tout encadrée, que je m'épuise à essayer de réinventer la poudre pour la moindre de mes tâches. Il me manque à peu près tout : la méthodologie, l'organisation, un plan.Il ne me manque pas absolument tout, j'ai pour moi la motivation, l'envie de faire ce que j'ai à faire et l'amour vraiment de ce que je fais. Et quelques compétences que je me découvre parfois au hasard d'une discussion avec des étudiants moins avancés que moi.Le colloque de doctorants, censé servir à poser ce genre de questions, est terminé. La dernière séance aurait dû avoir lieu mardi prochain, Tonio a dû annuler, et le calendrier de fin de semestre a imposé sa loi : aucune semaine de libre avant la fin du semestre. La prochaine entrevue sérieuse n'aura donc pas lieu avant octobre prochain.
Alors que faire ? Je sais bien que je vais finir ce semestre, que mes cours seront prêts, mes étudiants encadrés à peu près comme il faut. Mais en octobre, je sais d'avance que je regarderai en arrière et que je dirais "je n'ai rien fait", même en me levant tous les jours à 7h30 et en travaillant tous les jours jusqu'au soir. Cela m'épuise d'avance, à vous dire la vérité.

vendredi, 02 mai 2014

Quoi de neuf ?

Du jour au lendemain, le printemps est arrivé. C'est indiscutable : l'air sent le printemps.

Je suis du coup à peu près deux fois plus rentable dans une journée. Je prends trois fois moins de temps à me sortir du lit, cinq fois moins à passer sous la douche, et je n'ai pas besoin de partir dès 19h me réconforter sous une couette.

Depuis le 1er Avril, j'ai changé de statut, et en même temps de bureau. Je partage maintenant le bureau 230 avec John. Tous mes collègues m'ont prévenu : le bureau 230 est invivable dès qu'il commence à faire chaud. Je leur rétorquais en général que le concept de "trop chaud" m'étais inconnu. Mais en effet, dès le premier jour de printemps, j'ai compris que j'allais devoir opter pour les débardeurs pendant les 6 prochains mois. John et Konfus Junior sont à la torture dès qu'il fait un peu chaud. Pour ma part, j'aime les débardeurs et les mini-shorts ; je pense que ces 4 années dans le bureau le plus chaud de toute la fac ne vont pas me déplaire.

Comme son nom l'indique, le bureau 230 est voisin du bureau 231, celui de Konfus. Je suis donc maintenant juste à côté de Konfus, mon "boss". Un boss assez cool, il faut bien le dire.

Konfus a eu l'idée grandiose d'organiser un colloque de doctorants. Nous sommes deux doctorants, Tonio et moi, ce qui signifie que nous avons assez intérêt à avoir quelque chose a dire à ce colloque, car on ne risque pas vraiment de passer entre les gouttes. Heureusement, nous ne nous verrons que toutes les deux semaines, mais même comme cela, je me demande bien par quel miracle je vais réussir à avoir bouclé ma présentation de tous les phénomènes d'îles existants d'ici notre prochain rendez-vous.

Dans le groupe GA (Grammaire Allemande (dont je fais partie (même si je travaille sur le français (ne cherchez pas à comprendre la logique, il n'y en a pas))), tout est sur le point de changer. John vient de commencer en effet son dernier semestre à la fac. L'hiver prochain, il s'en va en Suède. Je ne sais pas si c'est à cause de cela, à cause de la chaleur dans le bureau 230, ou parce qu'il a toujours fonctionné comme ça, mais je le vois rarement à la fac. En règle générale, je suis seule dans notre bureau (ce qui m'arrange assez). Le semestre prochain aussi, Konfus Junior part faire un semestre en tant qu'"invité" à la fac du centre. J'ai encore du mal avec les subtilités des différents postes à la fac, entre les boursiers, les aides, les assistants scientifiques, les assistants de projet, les chargés de cours, les invités, les remplaçants, les privat-docent... je me perds complètement. Toujours est-il qu'il s'en va, et sera remplacé par Tonio (ce qui me fait trépigner de joie - malgré toute la sympathie que j'ai pour Konfus Junior). D'autre part, Konfus a obtenu un financement pour un projet d'édition libre, et nous aurons donc au moins 3 nouveaux collègues. Un vient déjà de commencer : il est marié à une Française et a une fille de 5 ou 6 ans qui est sans doute la gamine blonde la plus belle que j'aie jamais vue. Le recrutement des suivants est en cours, et Vendredi s'est même présenté pour le poste (je ne sais pas quelles sont ses chances de l'avoir, mais il ça serait vraiment le pied de l'avoir comme collègue). Bref, à part mon ancienne voisine de bureau Melinda et notre secrétaire Vitalita, tout le groupe GA est en train de changer.

Tout continue donc comme avant cet inter-semestre mouvementé (entre l'Iran et la conférence à Bruxelles, je n'ai pas vraiment vu ces fausses vacances passer). J'ai repris un séminaire de 2ème année, avec des élèves différents (et en changeant complétement mon cours, idiote que je suis, au lieu de profiter du travail déjà fait pour m'épargner des préparations fastidieuses). J'ai repris les cours de perse, plus motivée que jamais (d'autant que j'ai fait un bond en avant depuis mes deux semaines à Téhéran). On a à nouveau du mal à trouver une table libre à la cantine le midi. Bref, le semestre a repris, comme d'habitude, on est débordés.

mercredi, 01 janvier 2014

Et comme tous les ans : les bonnes résolutions

L'année 2013 a été un peu étrange, une super année sur le plan personnel, où j'ai fait des tas de rencontres, où j'ai découvert des tas de choses, été dans des tas de situations nouvelles. J'ai été globalement vraiment très heureuse cette année, avec quelques coups de stress pas bien méchants, d'ailleurs j'étais tout le temps de bonne humeur, bref je garderai un bon souvenir de cette année 2013. La seule ombre au tableau, c'est que je n'ai pas du tout l'impression d'avoir été productive ni constructive cette année. J'essaye de me dire qu'il me faut du temps pour mûrir les choses, mais j'avoue que ca me gâche un peu la joie de ne pas être satisfaite du travail effectué.

Donc j'espère sincèrement que l'année prochaine va être fructueuse. Je suppose que ca tiendra beaucoup à moi, à ma capacité à serrer les dents et avancer sans me disperser maintenant que les (bonnes) bases sont posées.

Premier Objectif 2013 : Avoir écrit au moins 50 pages de la thèse

Objectif manqué. Mais alors vraiment, quoi.

Deuxième objectif 2013 : Réussir un test de casse en yop-chagi

Mon objectif réussi de l'année

Troisième objectif 2013 : Intégrale "À la recherche du temps perdu" et intégrale "Comédie humaine"

J'ai vite laissé tomber l'idée de remplir la deuxième partie de l'objectif. Ma la première partie a été un plaisir immense, je pense que je n'ai pas besoin de le répéter.


ET POUR 2014

Cette année, je laisse tomber l'objectif sport habituel. Ce n'est pas vraiment ma priorité, je n'ai pas envie de concentrer mes efforts là-dessus cette année. Je me contenrai d'un vague "ne pas laisser tomber".

Premier objectif 2014 : Objectif trimestriel du doctorat

Je vais me poser tous les débuts de trimestre un objectif de travail, et peut-être découper cela en sous-objectifs mensuels... L'idée étant de vraiment être productive cette année. Sans trop regarder à droite et à gauche, ce qui est un peu mon défaut.

Deuxième objectif 2014 : Avoir fini les derniers aménagements dans l'appart

Histoire de ne pas perdre tout mon temps avec ca. Je prévois de toutes facons depuis longtemps une crémaillère pour mon anniversaire, l'idéal serait donc que tout soit réglé d'ici la fin du premier trimestre.
Les gros chantiers sont:
- la peinture de la chambre
- un gros ordi
- mettre au point un rangement acceptable

Troisième objectif 2014 : Lire 6 livres de la PAL et 1 liste de la Liste d'envie par trimestre

Ce qui contredit un peu mon idée de ne pas m'éparpiller...

lundi, 14 octobre 2013

Ca ne peut pas faire 6 ans

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Ce matin, c'est la rentree universitaire.

Depuis deux semaines déjà, la fac se remplit d'étudiants consciencieux. Ce matin, le métro était plein à craquer. Tout à l'heure pour manger, il y aura a n'en pas douter une queue de dix minutes pour passer à la caisse. Et puis au fil des semaines, insensiblement, la fac se videra de ses etudiants, le trafic redeviendra normal. Comme tous les ans.

Il y a 6 ans exactement, j'étais étudiante Erasmus et je faisais ma rentrée à la fac.

Et m'y voilà encore ce matin. La donne a changé, aujourd'hui j'ai un bureau, je fais partie des étudiants qui t'expliquent gentillement où se trouve la salle JK241, comment recharger ta carte de photocopie et où tu peux trouver des sachets pour emballer ton sandwish à la cantine. Et surtout, vendredi prochain, j'ai mon premier cours de l'autre côté du mirroir.

J'ai calculé que les plus vieux de mes anciens scouts devraient être en âge de rentrer à la fac cette annee. Je suis curieuse de savoir si je vais les croiser dans un couloir. Je pense que je prendrai un sacré coup de vieux (d'un autre côté, mes anciens scouts de France ont depuis longtemps terminé leur prepa, donc je suis un peu rodée maintenant). Je n'arrive vraiment pas à croire que cela fait déjà 6 ans. 6 ans... 

D'un autre côté, il n'y a aucun endroit au monde ou j'aimerais plutôt être qu'ici, rien au monde que j'aimerais mieux faire que ce que je fais.
Enfin, je crois.

 

mardi, 01 octobre 2013

Trop ouf, ces confs !

 

L'été, la saison des conférences.
(l'été universitaire pouvant commencer très tôt et finir très tard)

Fin juillet, conférence de ma théorie à Belin. Une semaine de repos puis conférence de recherche formelle à la Périphérie. Une semaine de repos, puis conférence de syntics-semantax au céneres, où j'étais jusqu'à samedi dernier.

J'ai découvert que j'adorais les conférences. Les conférences, c'est un peu comme TZ. Sauf qu'au lieu de Dieu, on parle de pseudo-gapping, de coréen et d'expériences marrantes qu'on a fait sur des gamins de deux ans (les linguistes n'ont aucune pitié). Bref, les conférences, c'est vraiment fun.

En plus de cela, il faut rajouter que le monde linguistique étant tout petit, on rencontre très facilement des personnes qu'on a lues, qu'on adore, ou des potes de gens qu'on connais déjà et qui devienne tes potes en l'espace de trois secondes (ou pas).

J'ai d'abord eu la chance d'avoir tout le monde à domicile.

Lorsque j'étais venue sur Paris au printemps, l'idée première avait été de rencontrer Cia qui me semblait être plus ou moins à la tête d'un projet d'implémentation proche de celui que m'a confié Konfus. Finalement, Cia n'était pas sur Paris à ce moment et d'ailleurs la personne vraiment en charge du projet était Tn, avec qui j'ai d'ailleurs bu un café et discuté assez longuement (le projet étant „mort“, ca n'a pas servi à grand chose, mais j'ai parlé avec un professeur intelligent, ce qui n'est jamais une perte de temps).

À la conférence de ma théorie, Tn faisait partie du commité d'organisation ET Cia présentait un papier. Rien que pour cela, ca valait la peine de faire le déplacement. Lorsque la présentation de Cia a commencé, qu'il s'est levé et a commencé à faire jaillir ses cheveux en harpentant la salle de long en large, j'ai su que ce mec était un génie et que je l'adorais.

Dans la suite de la conférence, j'ai eu l'extrème bonheur d'être à chaque fois à la même tablée que lui le soir, et de discuter avec lui. Ou plutôt de rester plantée sur ma chaise à l'écouter monologuer sur tout et n'importe quoi. Cia n'arrête jamais de parler et se passionne pour tout, ce qui est assez ennuyeux quand un irlandais est dans les parages et qu'ils commencent à parler des meilleures équipes de soccer ou de hockey sur gazon. Heureusement, cela reste une minorité du temps et en grande partie sa conversation monologuée m'a laissé un merveilleux souvenir (un souvenir fatigué le dernier soir à minuit quand je n'arrivais plus à m'en débarasser pour aller – enfin - me coucher).

Le troisième professeur dont j'ai fait la connaissance cette semaine-là était Ml, dont j'ignorais absolument tout, mais qui a fait une présentation très remarquée. En tous cas très remarquée par moi.

Cette présentation était géniale. Elle abordait une problèmatique sur laquelle je ne m'étais encore jamais penchée mais qui venait englober les petites déconvenues de mon étude pilote. En laissant tout cela se ballader dans ma tête, j'ai fini par me rendre compte qu'il s'agissait d'une problèmatique possible de ma thèse, d'une très intéressante en tous cas, et en tous cas encore peu ou pas explorée dans ma théorie. Donc PEUT-ÊTRE que je tiens quelque chose.

Parce que bon, dans le fond, rencontrer des gens, c'est super, les pauses café avec plein de gâteaux, c'est cool, mais le vrai enrichissement des conférences, ca reste les présentations elles-mêmes. Samedi dernier, en clôturant la conférence céneressienne, Tn a constaté que j'avais été „très assidue“. Tn est un asiatique et rempli le cliché numéro un de l'asiatique en ce qu'il est très modéré dans ce qu'il fait et dit. Je crois en effet que personne d'autre que moi (organisateurs y compris) n'a eu le courage d'assister à 100% des présentations sur ces trois jours. Cia m'aurait certainement dit que j'étais complétement tarée et que je n'allais jamais survivre 3 ans de thèse à ce rythme. Je suppose que ca me passera. Il y aura un moment où je choisirai les présentations en fonction de leur sujet (ou du présentateur), mais pour le moment, je ne suis pas à l'abri de découvrir au cours d'une présentation sur les scopes chinois une idée lumineuse pour mes préoccupations actuelles (true story). J'engrange, j'engrange, et une présentation est toujours une manière de parcourir en moins d'une heure le contenu d'un article. Il me faut en temps normal à peu près une journée pour venir à bout d'un article. À raison de 8 présentations par jour sur 3 conférences de 3 jours chacunes, vous voyez que j'ai abattu une somme de travail colossale à mon échelle. Même si lire l'article qui sera publié sera dans bien des cas indispensables (parce que je ne suis pas vraiment capable de comprendre une présentation, à quelques exceptions près), je saurai à peu près où chercher quoi. Qui plus est, cela me permet de savoir où en est la recherche sur les principaux axes de recherche, et de savoir aussi ce qui est à la mode et ce qui ne l'est pas.

En parlant d'être à la mode, je suis très à la mode. Enfin plutôt, mon sujet est très à la mode. C'est ce que Aie, la dame de fer du Céneres, m'a fait comprendre. Cette femme est connue comme le loup blanc, et visiblement pas mal redoutée pour son caractère bien trempé. J'étais à la fois impatiente et angoissée de la rencontrer, voulant bien entendu faire bonne impression à cette femme qui est à la tête de la moitié des projets de recherche (si ce n'est plus). Et le courant est finalement bien passé. Elle s'est montrée tout de suite très intéressée par le sujet et m'a donné quelques indications utiles. Elle m'a notamment fait rencontrer et discuter avec une autre professeur qui dirige le laboratoire de recherche formelle. Le laboratoire va bientôt lancer un appel à candidature pour une bourse de mobilité. La bourse en elle-même m'intéresse presque moins (même si je ne crache sur aucun euro en ce moment) que d'avoir pu nouer contact avec une spécialiste de recherche formelle comme elle, étant donné mes médiocres connaissances en la matière (dont a témoigné mon étude pilote... peu réussie (je crois que vous l'aurez compris, à force)).

„Il était temps que quelqu'un prenne le taureau par les cornes !“ Visiblement, tout le monde a hâte que je règle leur compte aux phénomènes d'îles. Ca me fout un peu les jetons, en fait. Mais c'est aussi très enthousiasmant (j'ai presque l'impression de chercher un remède contre le cancer, c'est très gratifiant).

À vrai dire, je commence à penser très très fort à me prendre un deuxième directeur de thèse. Genre francais et qui s'y connais en analyse formelle. Mais chaque chose en son temps. (L'argent d'abord.)

J'étais toute contente en allant au Céneres de me dire que j'allais revoir tous ces gens : Tn, Cia et Ml. En fait, Ml n'est arrivé que le dernier jour, Cia organisait toute l'intendance et courait partout pour gérer les macarons et Tn s'est dépéché de me présenter à Aie pour ne pas avoir à me faire la conversation (Tn rempli le cliché numéro deux de l'Asiatique en ce qu'il n'est pas très bavard). Un dernier à qui je me suis présentée toute seule a été Ba. Ba et Be sont les grands spécialistes de la conjugaison des verbes francais. Surtout Ba. En fait, j'ai passé mes vancances en France à lire tout ce qu'avait pu écrire Ba. À la fin de l'été, je m'étais transformée en vraie groupie.

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J'ai pris conscience après coup que lui avoir dit que j'avais lu toute sa bibliographie sur la plage cet été n'était pas la meilleure manière qu'il ne me prenne pas pour une folle furieuse. (Non, en fait, ça l'a juste fait rire. Il m'a dit que c'était une saine lecture qu'il ne pouvait qu'approuver.) Il connait très très bien Konfus (vraiment trèèès très bien) pour avoir beaucoup travaillé avec lui (beaucoup). Il a été très intéressé par ce que je fais (pas vraiment la partie sur les îles, plutôt celle où je dois écrire du code... oui, celle que je n'ai jamais le temps de faire, exactement celle-là) et va m'envoyer quelques données qui me simplifieront la tâche. On reste en contact. Dacodac.

La dernière personne que j'avais très envie de rencontrer était Sle. Elle aussi, elle a énormément travaillé avec Konfus. Et dans un domaine qui m'intéresse fort et qu'elle est une des uniques personnes au monde à maîtriser. Malheureusement, elle n'est arrivée que le dernier jour et n'était pas d'un abord très facile. Elle était tellement sans cesse accaparée que je n'ai pu que lui serrer la main. Je n'ai pas eu le temps de lui expliquer que j'étais une élève de Konfus qu'une étudiante lui tombait dessus et je n'ai pas insisté. Il me semble improbable qu'on ne se re-rencontre pas un jour ou l'autre. J'ai par contre sympathisé par hasard avec sa doctorante, une fille drôle et chaleureuse que j'ai immédiatement adorée.

J'ai rencontré bien d'autres doctorants. Principalement, un Teuton avec qui j'ai passé la plus grande partie de mon temps et qui s'est révélé être un ami de Man, que j'avais rencontré dans ma toute première conférence, il y a deux ans. Parmi les conférenciers se trouvait aussi une presque-vieille connaissance, Dte, une française (de la ville rose !) exilée aux USA qui travaille sur quelque chose d'assez proche des îles. Elle était venue donner une conférence dans la fac de la périphérie et nous avions discuté.

Une conférence, c'est donc une question de rencontre, je pense l'avoir assez bien fait comprendre. L'émulation intellectuelle qui naît de ces rencontres est difficile à décrire, mais elle m'a rendue pour le moins hyperactive dans le temps laissé entre les conférences. J'ai rarement été aussi motivée qu'en ce moment, ce qui est sans doute la raison pour laquelle vous m'avez peu entendue depuis un mois. Je suis survoltée et je travaille du matin au soir. Pas que j'avance beaucoup, mais je fais de mon mieux. Mon carnet de recherche est presque prêt à voir le jour, et vous en aurez des nouvelles d'ici peu, je l'espère.

Je n'ai pas dit grand chose sur la deuxième conférence. Elle touchait en effet un domaine complètement différent de celui dans lequel j'évolue normalement. Des gens comme Soe et Gs sont à des années lumières des préoccupations de Konfus. Mais je commence à entrevoir l'univers immense du domaine dans lequel ils travaillent et je le trouve palpitant. À vrai dire, j'aimerais en quelque sorte unifier les deux domaines (ou plutôt commencer à intégrer un aspect de l'une dans l'autre – une révolution mondiale à la fois, s'il vous plaît).

Dire que je n'ai rien compris à cette conférence serait un peu exagéré. Mais je n'ai aucune notion de statistiques, et il m'était absolument impossible de lire leurs graphes étranges. J'ai l'impression que je n'arriverai jamais à me mettre à niveau pour pouvoir discuter avec ces gens. La psycho-linguistique sera donc le grand challenge des mois (années ?) à venir.

Konfus va me tordre le cou.

Après cette deuxième conférence avait lieu le PhD-Day, où je devais présenter „mon travail". Comme je n'avais pas grand chose à part cette étude pas bien dégrossie, je l'ai présentée très très rapidement. Après avoir vu l'ampleur du travail statistique de Soe et Compagnie, autant vous dire que je mourrais de honte de présenter mes camemberts. Et qui voilà dans la salle, resté quelques jours en Europe pour profiter de son jet lag ? Gs en personne. Gs tout droit débarqué de la Mecque MIT. Gs, aka le méga spécialiste de la psycholinguistique. Lorsque j'ai fini ma présentation, Gs a levé la main et posé une question. Gs a été la première personne à qui j'aie jamais répondu pour un Q&A. (Vous croyez que je peux mettre ça sur mon CV ?)

Man, ich liebe mein Leben!

 

 

mardi, 24 septembre 2013

Mais qu'est-ce que tu fais en ce moment ?

Ce que je fais ? *
- Je prépare mon cours pour la rentrée.
- Je prépare une description de  mon cours pour la rentrée et une liste de livres à lire pour les élèves (à quoi cela sert-il ? Mais à rien, bien sûr ! (non mais sincèrement, QUI lit les livres mis sur la liste par le prof ???))
- Je termine le compte-rendu de mon étude pilote (oui, celle où je vous ai tous interrogés avec mes petits papiers pleins de fautes de frappppppe) ("terminer" consiste en fait à essayer de comprendre pourquoi LaTeX refuse de me faire des colonnes...)
- J'essaye de m'initier à l'analyse statistique (parce que j'ai complètement honte des résultats de mon étude pilote présentés sous forme de... gloups... camemberts graphiques circulaires (non, pitiééé, ne me frappez pas !!!!))
- J'ouvre un carnet de recherche pour être une chercheuse 2.0 et "publier" mes résultats (entre autre le compte rendu de mon étude pilote)
- Je lis des articles sur les phénomènes d'îles (pour avoir l'impression que "j'avance" sur ma thèse)
- J'essaye de me persuader que je vais très bientôt me remettre à programmer la flexions des verbes (pour le moment, ca marche pour le verbe "aimer" (et tous les verbes du genre qui n'ont qu'un radical de conjugaison) au présent de l'indicatif... mouais...), alias tu-sais-le-truc-que-Konfus-veut-que-je-fasse-depuis-6-mois-et-qui-devait-me-prendre-une-semaine-grand-max.
- Je me prépare pour mon prochain examen d'anglais (because I failed to get the C1 level... :( sad but true)
- Je prépare avec Tonio le premier numéro de la Gazette HPSG (lancement début octobre).
- Je harcèle Pataka (la post-doc d'Indiana et peut-être future collègue dans le projet sur les phénomènes d'îles) pour qu'elle harcèle Indiana pour qu'on dépose enfin une demande pour ce projet sur les phénomènes d'îles
- Je prospecte pour un plan B (et C, et D, et E, et F, et G) si jamais ce fameux projet sur les phénoménes d'îles devait ne pas aboutir. Ce qui implique principalement que j'écrive un résumé de mon idée de thèse 10 pages pour D, 20 pages pour F, 2 pages pour C, que je change de thèse et de ville pour E, et que je sois inscrite en PhD pour B et G (c'est pas gagné).
- J'assiste à une conférence la semaine prochaine pour laquelle je suis évidemment super bien préparée (= j'ai lu le titre des trois premières et des trois dernières conférences)

(- à vrai dire, je file aussi un coup de main à une copine pour son mémoire de Master, mais ca, je suis pas censée le faire)

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phdcomics.com

*liste théorique sur ce que je suis censée faire là-tout-de-suite-en-ce-moment-au-lieu-de-poster-une-énième-liste