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dimanche, 24 mai 2015

Des nouvelles

Une superbe video au son pourri (préparez-vous à ce qu'un piaf vous arrache les oreilles):

 

On va améliorer la qualité des vidéos au fur et à mesure, promis...

dimanche, 10 mai 2015

C'est fatiguant de travailler

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Copyright: jorge cham


On a bien cru qu'on allait en mourir, mais on est toujours vivants.

Ces cinq dernières semaines, Tonio et moi étions coincés entre deux deadlines. À la mi-avril, on devait rendre un papier pour une conférence, et vendredi dernier, on devait présenter un poster à une autre conférence. Le plan de départ était de présenter, pour le papier comme pour le poster, une analyse des adjectifs en espagnol et en francais.

La conférence internationale de MVFD (Mon Very Framework qui Déchire) a lieu tous les ans en août. Cette année, elle a lieu en Asie. J'en ai déjà laissé passé deux sans sourciller depuis que je travaille avec Konfus, et il était donc indispensable cette année d'au moins soumettre quelque chose. D'autant qu'une communication à cette conférence annuelle débouche sur une publication, et que dans le monde scientifique actuel, si tu ne publies pas, tu n'existes pas (je me fiche un peu de ne pas exister, mais pas complètement quand même). Mais la vraie motivation, pour être honnête, c'est que les conférences sont super boostantes, mais qu'on peut toujours rêver pour obtenir les financements si on ne présente pas quelque chose. La fac te paye l'avion uniquement si tu vas afficher son logo sur un écran ou au haut d'un poster, pas pour que tu ailles apprendre des trucs.

On a donc décidé de présenter une analyse à deux, en se disant que deux cerveaux valent mieux qu'un. C'était la première fois que je travaillais en collaboration sur une analyse, ça nous a pris un peu de temps pour réussir à se coordonner, mais au final, on était très soulagés d'avoir fait cause commune. Après une nuit blanche, on a soumis nos 5 pages d'analyse un peu bancale. On nous signifiera d'ici fin mai si notre papier est accepté pour faire l'objet d'une communication (avec publication à la clé), pour faire l'objet d'un poster (sans publication) ou s'il est refusé. Il paraît qu'il y a eu peu de soumissions cette année, ça nous sauvera peut-être. Nous serions tous les deux parfaitement satisfaits de n'obtenir que le poster. C'est moins de stress, moins de travail, et ça suffit pour obtenir un financement.

À peine remis de notre papier, il a fallu enchaîner sur la préparation du poster. Cette fois, il s'agissait de présenter quelque chose à la conférence de clôture du projet collaboratif dans lequel travaillent Konfus Junior et Melinda. Le projet se termine en juin, raison pour laquelle ces deux collègues ont dû chercher un travail ailleurs et vont quitter la fac dans un mois. Et c'est parce qu'ils ont trouvé tous les deux un travail à mi-temps dans une autre fac qu'une partie du temps qui leur était imparti sur le projet s'est trouvé vacant, et que Tonio, puis moi, avons récupéré ce temps (et les sous qui vont avec). C'était aussi dans ce projet que j'avais eu une bourse pendant six mois avant d'obtenir mon poste à mi-temps à la fac. Mais maintenant que nous faisions partie du projet (depuis à peine un mois en ce qui me concerne), il nous fallait présenter un poster ensemble.

On voulait implémenter quelque chose d'assez simple en partant de nos travaux sur le papier pour la conférence MVFD et le présenter dans ses grandes lignes. Mais il n'existait aucune analyse MVFD des adjectifs espagnols, l'analyse MVFD des adjectifs français existante n'avait aucune analyse sémantique et plus nous nous penchions dessus, plus l'analyse sémantique nous semblait un fatras sans nom. En désespoir de cause, on a juste expliqué vaguement comment marchait une implémentation. Comme ça consistait principalement à résumer les dix dernières années de travail de Konfus, il a été décidé de le rajouter comme co-auteur sur le poster. La conférence de clôture a eu lieu ce week-end, la présentation des posters s'est bien passée et on a tous pu rentrer chez soi souffler.

L'idéal serait donc de continuer à ce rythme sans discontinuer. Y'aurait même moyen comme ça que je termine vraiment mon doctorat en trois ans. But I'd probably be dead.

mardi, 14 avril 2015

Sur le carnet de recherche

Un nouveau post publié qui m'aidera peut-être à répondre à la fameuse question: mais sur quoi est-ce que tu écris ta thèse ?

ici

Bien que représentant des heures de travail, j'ai conscience que c'est loin d'être parfait, et je collecte volontiers vos remarques diverses (surtout concernant la forme, même si la discussion sur le fond m'intéresse aussi).

mercredi, 25 mars 2015

Des nouvelles... en video

Faites attention a vos oreilles quand je passe sur les vidéos, parce que... on va dire que ca rend moins bien que je ne l'espérais. Ca sera mieux la prochaine fois.

lundi, 09 mars 2015

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces six dernières semaines ?

Das kurze wundersame Leben des Oscar Wao (La Brève et Merveilleuse Vie d'Oscar Wao), Junot Díaz

Un bouquin qui trainait dans ma liste depuis des années... Je ne sais plus pourquoi, mais bien m'a pris. Grace à Oscar Wao, j'ai découvert la Républiqie Dominicaine et pu approcher au plus près du dictateur psychopathe qu'était Trullijo (et dire que je n'avais jamais entendu parler de de lui avant !). Le tout dans une bonne humeur contagieuse et saupoudrée d'un zeste de geekitude (et les geeks des années 70, ça envoyait du lourd ! (vous savez que vous fréquentez trop de geeks le jours où vous lisez dans un bouquin le nom de Zardoz et que vous savez de quoi il est question (si vous ne savez pas ce qu'est Zardoz, tapez immédiatement "Zardoz Connery" dans Google Image (ne me remerciez pas)))).

Bref, c'était génial.

Sourcellerie, Terry Pratchett

L'écrivain national, Serge Joncour

La fille de mon meilleur ami, Yves Ravey

Vous vous en souvenez peut-être que j'qvqis eu un coup de coeur pour le livre d'Yves Ravey précédent, Un notaire peu ordinaire. C'est pour ça que je me suis précipitée sur La fille de mon meilleur ami lorsque la bibliothèque francaise s'est procuré celui-ci. J'y retrouve le style d'écriture qui m'avait tellement plu, cette manière qu'a l'auteur de nous donner au compte-gouttes les informations qui nous obligent sans cesse à revenir en arrière pour corriger ce que l'on pensait savoir des personnages principaux. Malgré cela, ce livre m'a paru un peu moins fort, l'histoire m'ayant moins emballé. Mais Yves Ravey est un auteur que je vais continuer à suivre avec grand grand intérêt.

Je, d'un accident ou d'amour, Loïc Demey

Ce qui apparaît au premier coup d'oeil dans Je, d'un accident ou d'amour est la forme très particulière de l'écriture : le narrateur raconte son histoire en n'utilisant aucun verbe. Lorsque que le livre a été présenté à la radio, c'est aussi cette caractéristique qui a attiré mon attention, mais c'est surtout suite à un cours donnés par un prof de neurolinguistique de ma fac aux élèves de première année sur l'aphasie qui m'a vraiment donné très envie de le lire.
L'aphasie est une maladie neurologique qui empêche les gens de pouvoir s'exprimer correctement. Souvent, cela se traduit par le fait que la personne aphasique
- n'arrive pas à utiliser de mots fonctionnels (les mots fonctionnels, à l'opposé des mots à contenu, sont les mots qui n'ont pas de contenu précis et servent juste à la syntaxe d'une phrase : "à" "que", etc sont des mots fonctionnels)
- n'arrive pas à combiner les mots à contenu de nature différentes, par exemple : un substantif avec un verbe
Ce qui m'a justement beaucoup intriguée dans cette narration c'est que tout commence par un accident de voiture. Évidemment, et comme le titre le laisse deviner, l'auteur laisse un doute planer sur la cause réelle du problème qui atteint le narrateur : est-ce l'accident de voiture ou est-ce le choc sentimental survenu juste avant cet accident ? Dans le livre, cela reste en suspens, mais le fait que les aphasies sont très souvent causées par des accidents de voiture ne faisait que piquer encore plus ma curiosité.
J'ai beaucoup apprécié la manière que l'auteur a de détourner les substantifs en verbes. Il use et abuse des substantifs réflexifs, et pourtant le texte est très naturel à la lecture. On ne butte jamais sur les phrases, et une certaine part d'interprétatiuon est laissée au lecteur. Sur la forme, ce livre est vraiment une prouesse, même si l'histoire qu'il raconte est elle peu innovante (ce qui est sans doute fait exprès).

Ce n'est pas toi que j'attendais, Fabien Toulmé

Le bouche à oreille semble avoir bien fonctionné pour cette BD (ou roman graphique) autobiographique et qui parle de l'expérience d'un père d'enfant trisomique. On a beaucoup loué le récit très honnête que fait l'auteur de ses peurs et de son rejet face à cette maladie à la fois bien et peu connue. J'ai beaucoup apprécié la lecture, le dessin simple, et j'ai fermé le livre avec l'impression d'en savoir plus.

Das frühe Persien (la Perse ancienne), Josef Wiesehöfer 

Après une tentative voici plusieurs mois qui ne m'avait menée que jusqu'à la page 2, j'ai repris le livre et ai réussi à le terminer au bout d'un effort sans nom. Que dire de ce livre ? L'écriture n'est pas agréable du tout, et à aucun moment l'auteur ne semble essayer de raconter quelque chose. C'est donc plutôt un mémo pour étudiants, mais qui n'invite pas à une deuxième lecture. Tout de même, j'ai fini par comprendre qui étaient les Parthes, je suppose que c'est déjà pas mal. 

Qu'est-ce que j'ai vu des six dernières semaines ?


Paddington (Paul Kingm 2014)

12 years a slave (Steve McQueen, 2013)
The Wolf of Wall Street (Le loup de Wall Street) (Martin Scorsese, 2013)

Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann (Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire) (Felix Herngren, 2013)
Un film à la hauteur de sa réputation. C'est superbement drôle et chaleureux.

Extrasystole (Alice Douard, 2013)

Artificial Intelligence: AI (Steven Spielberg, 2001)
14 ans après la bataille, je découvre enfin le film que Stanley Kubrick a légué à Steven Spielberg. L'histoire aurait pu paraître très convenue, mais j'ai beaucoup aimé, mis à part la tout fin qui m'a laissée très sceptique (soit je n'ai rien compris, soit le scénariste ne savais pas comment finir son film).
Evidemment que ca aurait été cent fois mieux si Kubrick l'avait fait. Evidemment.

Paridan az Ertefa Kam (
A Minor Leap Down) (Hamed Rajabi, 2015)

Härte (Rosa von Praunheim, 2015)
Un de mes gros coups de coeur de la Berlinale.

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À gauche, Andreas Marquardt, Berlinois, entraîneur et ex-champion de karaté, ancien maquereau aussi, ancien petit criminel du Berlin des années 70. À droite, Hanno Koffler, qui interprète le rôle d'Andreas Marquardt jeune.
Le film se base sur le livre écrit par Andreas Marquart suite à ses années de prison et suite surtout à sa thérapie faite en prison. Une thérapie grâce à laquelle il a réussi à régler ses compte avec son enfance : maltraité par son père et abusé sexuellement par sa mère, Andreas est devenu un jeune homme violent, meprisant envers les femmes et incapable de contrôler ses accès de colère.
Le film fait sans cesse des allers-retours entre une reconstitution assez stylisée des évènements marquants de la vie d'Andreas Marquardt et des interviews d'Andreas et de sa compagne  commentant les évènements. Ce va-etr-vient est assez déroutant, mais une très bonne idée, ne serait-ce que pour voir et entendre Andreas Marquardt, très honnête face à la caméra, très vrai, très non-acteur. Le film centrait son propos sur la maltraitance sexuelle et les relations d'Andreas avec sa mère et avec les femmes. Très cru, très honnête et, vraiment, j'avais du mal à respirer à certains moments.
Le highlight du film a été pour moi le Q&A final, où Andreas et son thérapeute sont venu répondre aux questions du public. C'était très fort. Actuellement, Andreas est très engagé auprès des enfants et soutient des associations d'aide aux enfants ayant subi des sévices sexuels.
Le film est arrivé en troisième place du prix Panorama, preuve que le public l'a beaucoup apprécié. Il a été financé par Arte, donc il y a une petite chance qu'on puisse le voir un jour en France mais j'ignore sous quel titre.

Tell Spring Not to Come This Year (Saeed Taji Farouky, Michael McEvoy, 2014)
Après Härte, j'ai vu Tell spring not to come this year, qui a fait grande impression sur son public puisque le film a remporté le prix Panorama du fim documentaire.
On s'y retrouve plongé dans une division de l'armée afghane, peu après le départ des troupes américaines. On assiste aux échanges houleux avec les populations tiraillées entre l'armée et les talibans, on se retrouve encerclés avec eux par les talibans et on tremble de peur en s'enfuyant jusqu'au camion blindé d'être attrappé par une des balles qu'on entend siffler de partout. C'est ca qui m'a personnellement le plus impressionnée. Michael McEvoy, à l'origine du projet, est lui-même un soldat et avait déjà eu l'occasion de combattre avec ces soldats de l'armée afghane. Il a pris des risques insensés en tournant ce film, loin du reportage de guerre (qui est déjà loin d'être une petite ballade de tourisme).

Queen of Earth (Alex Ross Perry, 2014)
Beaucoup aimé l'actrice Katherine Waterston et le ton très agressif des dialogues. Pour ce qui est de l'histoire, je ne voyais pas du tout où elle allait et je me suis un peu ennuyée...

Nasty Baby (Sebastián Silva, 2015)
Il n'existe malheureusement pas (encore ?) de trailer pour ce très très bon film, mon deuxième coup de coeur de la Berlinale.

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Un couple homosexuel essaye d'avoir un bébé avec leur meilleure amie, pendant que l'un d'eux est en train de se lancer dans un projet artistique... étrange et que le quartier entier s'énerve contre un vieil homme à moitié fou... L'intrigue est bien menée, les dialogues sont vifs, drôles et naturels et les acteurs sont tous au top.
Sebastián Silva joue presque son propre rôle dans ce film qui, selon lui, parle de la gentrificaction hypster (thème hautement à la mode à Berlin). Je trouve que ca parle de beaucoup plus que ca, et j'ai adoré.

Danieluv Svet (Veronika Lisková, 2014)
A peine remise de Nasty Baby, j'ai été voir ce documentaire superbe qui est mon troisième et dernier coup de coeur de la Berlinale.

La bande-annonce vous résume assez bien le propos. La caméra suit Daniel, pédophile attiré principalement par les enfants de cinq ans, dans son quotidien. Daniel a fait son coming out de pédophile auprès de sa famille, de ses amis, et même auprès des parents du garcon dont il est amoureux. Aucun des autres garcons de la communauté pédophile n'a eu ce courage et seul un deuxième accèpte de montrer son visage à la caméra.
"Vous allez pouvoir mettre votre tolérance à l'épreuve." est le slogan mis en avant dans la bande-annonce. Je trouve ca un peu racoleur, mais il est exact que c'est ce dont il est question dans le documentaire. L'idée du documentaire est née de chiffres : parmis les personnes jugées coupables d'actes pédophiles, 90% ne sont pas des pédophiles. Pourtant, le concept de "pédophilie" est lié pour la plupart d'entre nous à un crime. Alors comment faire lorsque l'on est né ainsi ? Comme le dit Daniel : comment vivre les 40 prochaines années de ma vie ?
Dans le Q&A qui a suivi la provection du film, on a souligné la "bienveillance" avec laquelle la caméra suit Daniel dans sa vie. Effectivement, il n'y aura pas de débat dans le film, à peine quelques réactions, bienveillantes elles aussi mais d'incompréhension, de la part de ses amis. Reste la réaction du spectateur face à la pédophilie. Personellement, j'étais tiraillée entre une sympathie pour Daniel et le fait que - décidemment - le regard sexualisé porté sur un enfant me met mal à l'aise. Sans doute, cela est lié à ce fameux mythe de l'enfant-ange. Malgré qu'objectivement, la chose ne me dérange pas, il y a toujours quelque chose qui passe mal.
Le grand combat de Daniel, c'est la parole. C'est qu'on ose enfin parler de la pédophilie. De quelque manière que ce soit. Et le film est déjà un très bon début.

Madare ghalb atomi (Ali Ahmadzadeh, 2014)

Le même jour que Nasty Baby et Danieluv Svet (c'était une bonne journée), j'ai pu voir l'autre film iranien de la Berlinale (il y en avait trois en tout avec celui qui a gagné l'ours d'or et que je n'ai pas pu voir).
C'était drôle, les dialogues étaient superbes, l'histoire complètement folle. On y suivait deux amies dans leur voiture roulant à travers Téhéran. J'ai hésité à le mettre dans mes coups de coeur, mais il manquait un petit quelque chose pour que le film soit vraiment un film que j'aie envie de voir et revoir. Ce film restra tout de même dans les annales des Berlinales comme le Q&A le plus épique au monde (visiblement, le traducteur faisait très mal son boulot) et on a bien rigolé.
Ma copine Maleke est allé le voir quelques jours plus tard aussi et a réussi à faire une photographie avec je-ne-sais-qui-qui-est-super-connu-et-ressemble-à-Georges-Clooney-maquillé-en-iranien. En ce qui me concerne, j'ai beaucoup aimé les deux actrices principales, qui n'étaient malheureusement pas au Q&A. Comme d'habitude avec les films iraniens, la moitié du staff n'a pas obtenu l'autorisation de sortir du pays, mais la mère d'une actrice nous a fait un super petit discours.

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Les garçons et Guillaume, à table! (Guillaume Gallienne, 2013)
Oui, en pleine Berlinale, j'ai trouvé le moyen de regarder un DVD chez moi. Mais il faut dire qu'en semaine, j'ai pas pu aller vraiment à la Berlinale à cause des cours, et que je devais rendre le DVD assez urgamment à la bibliothèque.
J'avais réussi à en apprendre assez peu sur le film, malgré tout ce que tout le monde a pu dire dessus et j'ai donc réussi à avoir pas mal de surprises. Du coup, quoi dire qui n'a pas été déjà dit sur ce film ?
J'ai beaucoup aimé, Guillaume Gallienne est super dans le rôle et très honnête, et j'ai même assez aimé la fin.

Koza (Ivan Ostrochovsky, 2014)

Abaabi ba boda boda (Yes! That's Us, 2014)
Film ougandais qui reprend la trame du film italien Le voleur de bicyclette de 1948.

Rien que pour la musique, ca valait le coup. Rien que pour voir Kampala, ca valait le coup.

Suenan los androides (Ion de Sosa, 2014)

Dari Marusan (Izumi Takahashi, 2014)

The Great Gatsby (Baz Luhrmann, 2013)

Insipide. Encore que le travail sur la musique était vraiment chouette.

A Long Way Down (Pascal Chaumeil, 2014)

Avec A long way down, je suis restée dans la thématique Berlinale, étant donné que ce film avait été présenté lors de la Berlinale 2014. Je suis une grande fan de Nick Hornby et j'ai assez apprécié certaines des adaptations cinématographiques qui ont été faites de ces oeuvres. Comme d'autre part j'ai beaucoup aimé le livre A long way down, j'étais très intriguée, j'avais hâte de voir le film. Grosse déception pour ce film qui m'a fait l'effet d'un feel good movie sans grand intérêt (le livre est loin d'être seulement un feel good book). Restent quelques parti-pris intéressants sur les personnages (le rôle de Maureen est bien trouvé ; Jesse est l'exact opposé de ce que j'avais imaginé, mais intéressante) mais au final le film ne m'a vraiment rien apporté.

mercredi, 04 mars 2015

Sorti d'un tiroir

Il va falloir faire marcher votre mémoire car je vais vous parler maintenant d'une vieille histoire... un projet... sur des phénomènes d'îles...

Ce vieux projet qui traîne depuis deux bonnes années dans les placards de l'organisme qui distribue les financements pour la recherche a enfin reçu le feu vert... et surtout les sous qui vont avec.

Je ne sais pas encore exactement quand tout va demarrer, mais j'ai bon espoir que tout soit lancé d'ici cet été. Cela signifie concrètement pour moi :

- que je vais bosser à plein temps

- que je vais être payée à plein temps

En ce qui concerne le 3/4 temps dont je vous parlais dernièrement, il va se faire aussi. À partir d'avril, je suis donc au moins à 3/4 temps. Comme au même moment mes 1 an d'ancienneté me font passer en catégorie 2, ça veut dire que je vais être SUPER RICHE ! Enfin un peu. Je vais être super un peu riche.

 

 

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Je profite de cette bonne nouvelle pour lâcher 5 mn le petit bouddha qui ne quitte plus mes bras depuis hier et vous envoyer de cordiales salutations perigordines...

Autre bonne nouvelle : cette photo de toute beauté à été prise depuis mon nouveau téléphone supra intelligent qui est tellement intelligent qu'il sait tout ce que je veux avant moi (au secours !). Et d'ici que je récupère une micro-sim, je pourrai même m'en servir pour téléphoner.

Bref, ma reconnaissance éternelle à Nono !

 

samedi, 31 janvier 2015

Des nouvelles

Enfin un nouveau post vidéo... toujours sans vidéo.


podcast


podcast

lundi, 19 janvier 2015

C'est lundi

Douze semaines... Douze semaines sans donner signe de vie, et forcément, la liste des lectures est devenue longue entre temps. Accrochez-vous, on est partis.

Qu'est-ce que j'ai lu ces 12 dernières semaines ?

Peter Pan, James Matthew Barrie
Et bien non... je n'avais jamais lu Peter Pan. Par conséquent, à part la version Disney, je ne savais pas exactement de quoi il en retournait vraiment dans ce personnage qui m'a toujours mise mal à l'aise. Et je ne savais pas pourquoi j'étais mal à l'aise.
J'ai écouté le conte de Jame Matthew Barrie en VO, et tout au long, le sentiment de malaise que je ressens face au personnage ne s'est pas dissipé. J'ai beaucoup apprécié la lecture, là n'est pas la question. Je n'éprouve juste aucune sympathie pour le personnage, il me met mal à l'aise.
J'ai cru avoir identifié dans les premiers chapitres une raison à cela, lorsque l'on commence à découvrir le Neverland et ses habitants. Pour moi, tout le Neverland évoque la mort, et tous ces enfants "disparus" me donnent l'impression d'enfants morts et atterris dans ces espèces de limbes dans lesquels ils oublient d'ailleurs excessivement rapidement les personnes du monde réel.
J'ignore si je projette des choses dans ce conte, qui j'en suis sûre a dû être psychanalysé déjà sous toutes les coutures (mais je ne me suis jamais renseignée sur la question). Mais en tout cas, je ne m'étonne absolument pas que le conte ait pu donner lieu à cette fameuse BD aux visuels très noirs, qu'il faudra aussi que je lise à l'occasion.

De la mode,
Théophile Gautier

Dracula,
Bram Stoker
Dracula était encore un livre écouté en anglais, après un énorme échec il y a quelques années à dépasser la deuxième page du livre. Je n'y comprenais rien (à cause de l'anglais, hein).
Je pense que ma lecture a été un peu gâchée d'abord par mon amour absolu pour le film de Murnau. Tout le début de l'histoire ne m'a pas vraiment emballée, je trouvais que l'auteur n'arrivait pas à exploiter à fond la description du château de Dracula. C'est dès que l'histoire du livre commence à différer fortement du synopsis de Nosferatu que j'ai enfin vraiment été plongée dans l'histoire jusqu'aux sourcils. L'histoire prend beaucoup de temps à s'installer et nous donne l'occasion par là de faire pleinement connaissance avec les personnages. En tant que lecteur, on entre en parfaite empathie avec tous les personnages (et même un peu avec Dracula - la fin est de ce point de vue très réussie) et le suspens reste haletant jusqu'à la fin.

La Guerre du feu,
Rosny aîné
La Première Émotion, Octave
Mirbeau
L'Octogénaire, Octave Mirbeau

Charlotte,
David Foenkinos
Qui a eu tellement de prix cette année et qui a est tellement... plat.
Ca se lit, hein, mais c'est pas palpitant.

Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, Mathias Malzieu

J'avais déjà lu ce roman et j'avais oublié à quel point il était beau. L'histoire commence alors que la mère de Mathias Malzieu vient de mourir et est un entremélage d'autobiographie, de poésie et d'un récit fantastique qui met en scène une espèce de géant en bois raccommodeur d'âmes. On a envie en lisant ce petit bijou d'apprendre par cœur à peu près toutes les phrases, parce qu'elles sonnent tellement juste.

Pas pleurer, Lydie Salvayre

J'ai trouvé l'histoire du livre, qui joue sur l
'ambiguïté des personnages, bien menée. Elle va quelque part, c'est clair et simple, sans être simpliste. Certaines choses dans le rythme m'ont laissée un peu perplexe, mais c'était une sympathique expérience de lecture.

La huitième couleur, Terry Pratchett
Le huitième sortilège
, Terry Pratchett
La huitième femme
, Terry Pratchett
Pour les vacances de Noel, j'avais pour objectif d'au moins commencer la pharaonique saga du Disque-Monde, plus pour pouvoir dire "bon ca y est, je sais ce que c'est" que pour autre chose. Ni les références culturelles, ni l'esthétique de ce genre de roman n'est vraiment ma tasse de thé. Je m'ennuie quand je lis Tolkien, je ne joue pas aux jeux de rôle, je ne fantasme pas sur les dragons.
Par conséquent, il est évident que je ne suis pas le public cible de la saga, d'autant que je ne saisis sans doute pas la moitié des allusions. Et par conséquent, il n'est pas très étonnant que j'aie apprécié sans plus les premiers tomes de la saga.
Le registre WTF est sans doute encore le meilleur angle d'approche du fantastique pour une lectrice aussi peu impliquée dans le genre que moi, et du coup, les histoires passent très bien. J'aurais certainement eu beaucoup plus de mal avec une écriture qui prend au sérieux ce qu'elle raconte.

Das Wochenende (Le Week-end), Bernhard Schlink
Je pense avoir été claire et si je ne l'ai pas été, je me répète : BERNHARD SCHLINK EST UN GÉNIE. Voilà, c'est dit.
Das Wochenende est un roman assez court qui relate un week-end passé entre anciens camarades d'université, un groupe d'anciens amis qui ont vécu leur jeunesse dans les années 70 et avaient des sympathies RAF (la bande à Baader). L'un d'eux, Jörg, vient de passer 20 années en prison pour ses activités terroristes, et c'est à sa sortie de prison que sa sœur décide de rassembler les anciens amis.
Les bases sont ainsi posées pour un huis-clos étouffant, dans lequel Bernhard Schlink instaure une réflexion sur l'héritage dans la société allemande de cet épisode bien précis de son Histoire. Lesquels ont trahi ? Ceux qui sont passés aux armes pour lutter contre le capitalisme, quitte à tuer ? Ceux qui font mine de ne pas se souvenir avoir brandi des banderoles aux messages agressifs dans les démonstrations ? Ceux qui veulent aider Jörg à se ranger ?
J'adore tout ce que fait Bernhard Schlink d'une manière générale et son obsession à rechercher le passé dans le présent. Pour une fois, l'Histoire est moins intriquée, seule la dérive terroriste marxiste est abordée, sans doute un des épisodes de l'Histoire les plus oubliées dans l'Allemagne actuelle. Bernhard Schlink m'aide à en déceler les cicatrices bien visibles dans la mentalité allemande et c'est un pur plaisir.

Mortimer
, Terry Pratchett
J'attendais un peu plus que ca de Mortimer, étant donné que, comme à peu près TOUT LE MONDE, Mort est mon personnage préféré dans la saga pour le moment (mon deuxième nom est Originalité) et qu'en plus le bouquin m'avait été loué comme étant un des meilleurs de Terry Pratchett.

L'homme qui savait la langue des serpents,
Andrus Kivirähk
Je remercie beaucoup Winnie pour ce cadeau de Noel, que je me suis hâtée de lire (à cet endroit, une pensée attendrie pour tous les formidables livres qui prennent la poussière sur une étagère de ma chambre s'impose - un jour, je vous sortirai de là !!!).
L'expérience était très dépaysante, le roman se situant dans une espèce d'Estonie mythique. La civilisation apportée par les envahisseurs germaniques se répand en Estonie et les hommes quittent la forêt (où ils passent leurs journées à boire le lait des louves et manger des élans) pour se rendre dans des villages (où l'on travaille toute la journée pour récolter du blé et manger un machin dégeulasse : le pain). Le héros fait partie des derniers humains qui refusent les nouvelles modes et technologies modernes et qui connaît encore les anciens mythes et la langue des serpents.
Evidemment, tout l'humour du livre repose sur le décalage entre la perception "décadence moderne" des villageois qui vivent un style de vie que nous percevons en tant que lecteur comme très primitif. Je n'ai compris qu'une infime partie des enjeux du roman, comme j'ai pu m'en assurer en lisant l'excellente postface qui tente d'expliquer les allusions à la politique de l'Estonie.
L'histoire est dans le roman assez secondaire, en tout cas c'est ainsi que je l'ai
perçue. Ce que j'ai surtout apprécié, c'est l'univers installé par l'auteur, ce monde d'humains qui vivent dans la forêt et communiquent avec les animaux, toute l'ambiance créée était accueillante, elle donnait envie de s'y installer pour un moment. Le ton était aussi très bien maitrisé, mélangeant l'humour, l'épique, le carrément sanguinolent. D'une manière générale, l'ambiance du livre est plutôt sombre, mais elle ne s'installe jamais dans un registre unique, changeant tout le temps subtilement le registre.
Une très belle découverte que cet auteur, ca donne envie de le suivre.

Qu'attendent les singes, Yasmina Khadra
Comme j'avais beaucoup aimé Ce que le jour doit à la nuit, j'étais impatiente de jeter un coup d'œil au nouveau Yasmina Khadra. Et vraiment, quelle déception ! Je n'ai pas réussi à un seul moment à être impliqué à quelque niveau que ce soit dans cette histoire, je me fichais de ce qui pouvait arriver à tous ces personnages, je me fichais même de savoir qui était le coupable du meurtre et comment les différents retournements de situation allaient être résolus à la fin. Je m'en fichais cordialement et je voulais juste arriver à la fin du livre pour pouvoir enfin passer à autre chose.
A aucun moment je n'ai senti un message intéressant dans le roman, même si je pense que Yasmina Khadra a vraiment essayé de dire quelque chose sur l'Algérie. Mais justement, elle essayait tant de dire quelque chose que l'intrigue entière ne semblait qu'une excuse pour dire que les gros bonnets en Algérie sont des pourris, mais que quand même, le peuple d'Algérie est généreux et l'avenir sera sans doute meilleur. Et qu'une excuse pour enchaîner punch-line sur punch-line.
Ca m'a terriblement ennuyé.

lundi, 27 octobre 2014

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces 7 dernières semaines ?

Masculin/Féminin II, Françoise Héritier

Françoise Héritier ressent le besoin de pousser plus loin la réflexion. Elle voyait dans le tome I au départ de l'opposition en hommes et femmes la question du sang (le sang qu'on donne, le sang qu'on perd). Elle se voit forcée de constater que cette opposition elle-même ne peut pas être originelle: rien dans la passivité n'est a priori une infériorité. A moins justement qu'on ne décide qu'elle le soit PARCE QUE elle est l’apanage de la femme. Elle reprend donc tout depuis le début.
Sa conclusion ici sera donc que l'opposition entre homme et femme provient d'un déséquilibre originel: les femmes se créent elles-mêmes (elles mettent au monde des filles), les hommes ne le peuvent pas. Elle voit en cela l'origine de l'asservissement de la femme à des fins reproductives, et tout ce qui en découle.

Un petit extrait d'un chapitre consacré aux "tournantes", les viols de groupe accomplis en général au sein des élèves des collèges et lycées.

L'inquiétude devant cette situation vient de ce que ce sont des adolescents de plus en plus jeunes (on notera que je ne parle pas de la jeunesse en générale mais d'individus en particulier) qui reprennent le modèle archaïque en l'exacerbant : non seulement ils l'ont intériorisé somme chacun l'a fait et continue de le faire dès l'enfance, mais au lieu de lutter contre lui ils en ont inventé une nouvelle formule, institutionnelle au sens où elle est socialement admise par ce qu'on appelle la culture de groupe des jeunes, pour le traduire efficacement dans les faits de la vie courante sous sa forme la plus brutale. De plus, les garçons mineurs concernés considèrent ce mode d'accès à la sexualité comme le mode normal, au même titre que la recherche prévue en d'autres temps par les mêmes acteurs d'une vierge épouse, ou que la fréquentation par les adultes de prostituées. [...] Deux types de femmes restent seuls en présence : la fille préservée, en vue du mariage traditionnel et de la procréation, et [...] les faibles de sa mouvance que l'on contraint et dont on peut user et abuser sans remords.

Elle se réfère ici à des citations de jeunes. On les connaît en substance : les filles victimes "l'ont bien cherché", elles sont souvent des individus mal intégrés dans les groupes, les groupes de violeurs parlent de ce qui s'est passé comme de choses parfaitement normales. Un violeur expliquait qu'il faisait très attention à sa propre sœur, la "fille préservée", donc.

Un barrage contre le Pacifique, Marguerite Duras

J'avais en tête à ce titre un vague souvenir d'adaptation radiophonique. Je n'ai absolument rien reconnu, si ce n'est le huis clos familial (un peu tautologique quand on parle de Marguerite Duras). Était-ce peut-être "Des journées entières dans les arbres" ?
Après Moderato Cantabile qui m'a laissée un peu dubitative, j'ai voulu en avoir le cœur net avec Marguerite Duras. Franchement est-ce que c'est bien ou est-ce que c'est pas bien ?

Franchement : j'ai adoré.
J'ai l'impression qu'on pourrait passer sa vie à faire l'analyse grammaticale des romans de Marguerite Duras. Pour une linguiste, c'est assez palpitant.

La force des choses (Tomes I et II), Simone de Beauvoir

J'ai terminé donc le dernier volume des mémoires de Simone de Beauvoir. Je me rallie à ce que m'a dit la bibliothécaire de l'Institut Français en me tendant le livre : c'est bien moins passionnant que les précédents, mais tout de même, ça vaut le coup.

J'aurais dû m'en douter, et pourtant la guerre d'Algérie m'a prise par surprise. Terrain glissant. Dans une famille de pied-noirs, Sartre et Beauvoir ne sont pas forcément les bienvenus. Tout de même, j'ai été soulagée de pouvoir lire les choses vues de l'"autre côté". J'ai toujours apprécié la franchise des écrits de Sartre, il ne m'a jamais été antipathique. J'avais du mal à le voir se transformer en un exécrable bonhomme juste pour la guerre d'Algérie. Après lecture, tout reste bien confus. Il y a trop de gens que je ne replace pas, trop d'anecdotes qui me restent fermées. Qu'est-ce que c'est que klaxonner Algérie Française ? Qui nous racontera un jour une histoire de la guerre sans parti pris ? Les séjours de Sartre et Beauvoir à Cuba me laissent également perplexes. Je me demande sincèrement où se trouve la vérité.

Rue Jacob, j'achète des iris bleus et blancs et des glaieuls rouges : qui nous aurait dit, voici vingt ans, que nous irions un jour déposer des bouquets tricolores au pied de la statue de la République ! Au carrefour Sèvres Croix-Rouge, beaucoup de manifestants avec drapeau et pancartes, les uns disséminés, les autres en groupe serré. Une auto passe et klaxonne : "Al-gé-rie-fran-caise". On se rue devant elle ; le conducteur fonce en zigzagant, ricaneur, sous les huées. on crie : "A bas de Gaulle" et des consommateurs, à la terrasse du Lutétia, ripostent : "Vive de Gaulle."

Pétronille, Amélie Nothomb

Le dernier Amélie Nothomb est sympathique, mais sans plus. Elle y redéploie ses thèmes, encore, encore, encore. C'est vraiment chouette à lire, quand on est déjà fan. On attend le prochain roman vraiment génial d'elle, qui finira bien par arriver.

Les perroquets de la place d'Arezzo, Éric-Emmanuel Schmitt

Dans toute la première moitié de ce gros roman, j'ai été très enthousiaste. J'admirais la manière dont Éric-Emmanuel Schmitt tressait les histoires de ces dizaines de personnages (une bonne trentaine) les unes dans les autres sans qu'on ne perde le fil. Je trouvais le procédé ingénieux pour parler des milles et unes manières d'appréhender l'amour.
En entrant dans la seconde moitié, j'ai un peu déchanté. Procédé ingénieux, certes, mais ces multiples personnages manquent désespérément de diversité. Au final, c'est toujours Éric-Emmanuel Schmitt qui parle. C'est Éric-Emmanuel Schmitt dans la peau d'une dévergondée invétéré, c'est Éric-Emmanuel Schmitt dans la peau d'un célibataire asexué, c'est Éric-Emmanuel Schmitt dans la peau d'un mari fidèle et heureux, c'est Éric-Emmanuel Schmitt dans la peau d'un homosexuel refoulé, c'est encore Éric-Emmanuel Schmitt dans la peau d'une vieille fille amoureuse de son perroquet, c'est toujours toujours toujours Éric-Emmanuel Schmitt dans la peau d'une ado qui se cherche dans le maquillage. Non, vraiment, tout cela manque à mon sens terriblement d'ouverture.

L'amant, Marguerite Duras

J'ai peu de mal à imaginer pourquoi Marguerite Duras s'est désolidarisée du film fait à partir de ce roman. Sans avoir vu le film (manque à réparer), j'en sais assez pour me faire une idée. D'une manière générale, il y a un malentendu sur Marguerite Duras, je pense, le même malentendu qui fait que je n'ai rien compris à l'époque au "Ravissement de Lol V. Stein". On associe Marguerite Duras à une écriture érotique, et son écriture n'est pas érotique. Pour ce que j'en comprends maintenant, c'est une écriture du néant, elle parle à longueur de roman de l'inanité de la condition humaine. Ses personnages ne font rien, n'ont jamais rien à faire, s'ennuient en général à mourir ou bien s'agitent sans raison. Cela est lié à ce soleil, bien sûr, à cette chaleur étouffante de l'Indochine, à la pauvreté aussi.
Bref, il faut reprendre tout Marguerite Duras depuis le début.

Ils sont doués de la même faculté de colère, de ces colères noires, meurtrières, qu'on n'a jamais vues ailleurs que chez les frères, les sœurs, les mères. Le frère aîné souffre de ne pas faire librement le mal, de ne pas régenter le mal, pas seulement ici mais partout ailleurs. Le petit frère d'assister impuissant à cette horreur, cette disposition de son frère aîné.
Quand ils se battaient on avait une peur égale de la mort pour l'un et pour l'autre ; la mère disait qu'ils s'étaient toujours battus, qu'ils n'avaient jamais joué ensemble, jamais parlé ensemble. Que la seule chose qu'ils avaient en commun c'était elle leur mère et surtout cette petite sœur, rien d'autre que le sang.

Mécanismes de survie en milieu hostile, Olivia Rosenthal

J'attendais beaucoup de ce livre qui me semblait le plus prometteur de cette rentrée. Peut-être que justement j'en attendais trop. Il y a plein de choses que j'ai trouvées assez extraordinaires, assez neuves, mais une fois le livre refermé, je n'ai pas trop su quoi en penser. J'ai l'impression que c'est un livre à relire, plus tard, quand ce ne sera plus aussi nouveau (peut-être serait-ce l'occasion de lire d'autres Olivia Rosenthal).

Après des semaines d'inquiétude, de rencontres fugaces, de conversations maladroites et gênées, je prends les devants. J'appelle mon ami au téléphone, je lui demande de ne pas s'absenter, je lui explique que j'ai besoin de marcher avec lui, d'arpenter nos territoires, d'écouter nos pas. De vivre en cadence. Je lui reproche de partir, je fais comme si je n'étais pas triste mais furieuse, je manifeste ma colère qui est une colère de façade, les colères de ceux qui se sentent trahis, humiliés, abandonnés, qui ne veulent pas être seuls. Je ne veux pas être à nouveau confrontée à une annonce qui vous dévaste parce que vous ne savez pas comment la rendre intelligible. Perdre quelqu'un qu'on aime est incompréhensible, inadmissible et révoltant. Il faudrait interdire de telles pratiques, le départ, la séparation, le suicide, la mort auraient dû faire l'objet de réglementations drastiques. Personne n'a pris la peine de réfléchir juridiquement au contrats implicites par lesquels un humain s'engage à l'égard d'un autre humain, personne n'a rendu illégaux les ruptures, les relégations, les séparations, les départs.

Night and Day, Virgina Woolf

C'était le livre parfait pour lire en anglais. C'était bien écrit, pas trop difficile, l'histoire était prenante, intelligente. L'histoire a peut-être un peu vieilli, ne correspondant plus trop à la société et aux problèmes auxquels un lecteur d'aujourd'hui est confronté. Il reste une réflexion sur l'amour qui est loin d'être mièvre (ou ne l'est que pour se renverser d'un coup) ou convenue. C'était chouette.

"I suppose I'm in love. Anyhow, I'm out of my mind. I can't think, I can't work, I don't care a hang for anything in the world. Good Heavens, Mary! I'm in torment! One moment I'm happy; next I'm miserable. I hate her for half an hour; then I'd give my whole life to be with her for ten minutes; all the time I don't know what I feel, or why I feel it; it's insanity, and yet it's perfectly reasonable. Can you make any sense of it? Can you see what's happened? I'm raving, I know; don't listen, Mary; go on with your work."
He rose and began, as usual, to pace up and down the room. He knew that what he had just said bore very little resemblance to what he felt, for Mary's presence acted upon him like a very strong magnet, drawing from him certain expressions which were not those he made use of when he spoke to himself, nor did they represent his deepest feelings. He felt a little contempt for himself at having spoken thus; but somehow he had been forced into speech.

Les Impudents, Marguerite Duras

Le premier roman de Marguerite Duras. Bien que l'histoire se passe dans la campagne française, on y retrouve déjà tout ce qui fera Un barrage contre le Pacifique ou L’Amant : la fille, personnage principal, étouffée entre une mère incompréhensible et des frères pour lesquels elle éprouve un mélange d'amour et de haine,un frère aîné traversé par une force destructrice. On dirait que Marguerite Duras écrit encore et toujours la même histoire, se débat avec la même ambiance étouffante.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Eden Arabie, Paul Nizan

Ça fait une éternité que je veux lire ce roman. M'y voilà enfin.

Qu'est-ce que j'ai vu ces 7 dernières semaines ?

Berlin Alexanderplatz, Fassbinder (1981)

J'ai fait mon premier binge watching (j'en ai sûrement fait d'autres avant, je ne connaissais pas le nom à l'époque) à une semaine du début du semestre. Je me suis calée mon vendredi soir et mon samedi entier, et c'est parti pour un magnifique film de Fassbinder de 16h.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'était une expérience hors du commun. Un film très étrange, une opération titanesque entreprise par Fassbinder de faire une adaptation cinématographique du roman d'Alfred Döblin (que je dois avouer avec honte n'avoir pas lu - mais ça m'a vraiment donné envie). Je ne sais vraiment pas d'ailleurs comment cette histoire si subtile aurait pu être racontée en moins de 16h. C'est une histoire qui demande à prendre du temps, il faut que l'on voie la situation s'installer, bouger lentement. Il faut qu'il y ait de longues scènes de silence. Indispensable.

L'histoire : Franz Bieberkopf sort de prison, où il a passé 4 ans. Il arrive dans Berlin de la fin des années 20 et se jure à lui-même d'être honnête quoi qu'il en coûte. Mais cette période de crise économique, où le chômage ne cesse de croître, où prospère le marché noir et la magouille ne va pas se révéler l'ambiance idéal pour devenir un honnête homme.

La cerise sur le gâteau pour le linguiste, c'est que les acteurs parlent dans un dialecte berlinois absolument délectable. Je pourrais prendre le script du film et passer des heures à analyser cette grammaire. J'avais envie d'apprendre par cœur la moitié des phrases qu'ils prononçaient. Une syntaxe tellement intéressante, pleine de redondances, un bonheur.

 

lundi, 08 septembre 2014

C'est lundi...

J'ai oublié en chemin la dernière fois
La Fameuse Fusée, Oscar Wilde
Très très drôle.

— Mon père était fusée comme moi et d’extraction française. Il volait si haut que l’on craignait de ne pas le voir redescendre. Il redescendait, cependant, parce qu’il était d’une excellente constitution et il fit une très brillante chute en une pluie d’étincelles d’or. Les journaux s’exprimèrent à son sujet en termes très flatteurs et même la Gazette de la cour dit de lui qu’il marquait le triomphe de l’art pylotechnique.
— Pyrotechnique, c’est pyrotechnique que vous voulez dire, intervint le feu de bengale. Je sais que c’est pyrotechnique, parce que j’ai vu le mot écrit sur ma boîte de fer-blanc.
— Ma foi, je dis pylotechnique, répliqua la fusée sur un ton de voix sévère.
Et le feu de bengale en fut si anéanti qu’il commença aussitôt à malmener les petits pétards pour montrer qu’il était, lui aussi, une personne de quelque importance.
— Je disais… continua la fusée… — Je disais… Qu’est-ce que je disais ?
— Vous parliez de vous, reprit la chandelle romaine.
— Naturellement. Je sais que je discourais sur quelque intéressant sujet quand j’ai été si grossièrement interrompue. Je déteste la grossièreté et les mauvaises manières de toute espèce, car je suis extrêmement sensible. Nul au monde n’est aussi sensible que moi, j’en suis certaine.
— Qu’est-ce qu’une personne sensible ? dit le marron à la chandelle romaine.
— Une personne qui, parce qu’elle a des cors, marche toujours sur les orteils des autres, répondit la chandelle dans un faible murmure.
Et le marron éclata presque de rire.
— Pardon ! De quoi riez-vous ? demanda la fusée. Je ne ris pas.

La Pauvre Lise, Nikolaï Mikhaïlovitch Karamzine

Han d'Islande, Victor Hugo

Je ne comprends juste pas qu'il n'existe pas des centaines de versions différentes de l'histoire de Han d'Islande. Le sujet est tellement riche, vraiment fascinant. Ce serait peu que de dire que j'ai été captivé par ma lecture : j'en ai même rêvé la nuit. Je me suis retrouvée en compagnie d'Ordener et de Han sur le banc des accusés. J'étais terrorisée de ce qui allait nous arriver.
De toutes manière, je suis complètement réconciliée avec Victor Hugo depuis que j'ai écouté cette conférence de Henri Guillemin (ce type a beaucoup trop d'influence sur moi, ça commence à devenir inquiétant).

Qu'est-ce que j'ai lu ces 3 dernières semaines ?

Psychologie de la motivation, Paul Diel

Video Girl Ai, Masakazu Katsura

J'avais adoré A''s, du même Masakazu Katsura. Mais à en croire le premier volume de Video Girl Ai, il s'agit de persos qui ressemblent trait pour trait à ceux de A''s, avec une histoire plus tirée par les cheveux et plus agaçante. Je laisse donc tomber.

Les deux Messieurs de Bruxelles, Eric-Emmanuel Schmitt

Eric-Emmanuel Schmitt fait de la littérature pleine de bon sentiments et le revendique. Il n'empêche, j'ai souvent sourit d'attendrissement de très bon cœur dans ces jolies nouvelles, qui sont à la hauteur de celles de Concerto pour un ange.

Même affamé, Argos attendait lorsque je mastiquais mon pain. Un homme m'aurait sauté dessus ; lui, il patientait avec confiance, certain que je lui donnerais un morceau. Pourtant, je n'aurais cédé ma part à personne ! Son estime me rendait bon. Si les hommes ont la naiveté de croire en Dieu, les chiens ont la naïveté de croire en l'homme. Sous le regard d'Argos, j'allais peut-être m'humaniser.

La femme au miroir, Eric-Emmanuel Schmitt

ENFIN ! Je savais qu'il ne fallait pas perdre courage et qu'Eric-Emmanuel Schmitt allait à nouveau faire quelque chose de vraiment vraiment bien. Mon assiduité n'a pas été vaine. J'ai découvert Anne de Bruges et je suis comblée. Il me semble qu'Eric-Emmanuel Schmitt a été dans ce livre beaucoup plus loin que d'habitude (et il parle de foi, ce qui lui réussit beaucoup).

Mémoires d'une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir

Je relis ce premier livre de mémoires pour la deuxième (la troisième ? déjà la dernière fois j'avais une impression de "déjà lu"). Je ne sais pas exactement pourquoi Winnie disais que ce livre avait été écrit pour moi, mais c'est en effet un bouleversement à chaque fois. Pourtant, je n'ai pas l'impression d'avoir grandi dans un milieu petit-bourgeois étriqué ni qu'on ait jamais essayé de m'emprisonner dans des conventions sociales. Je ne suis même pas une grande lectrice de Simone de Beauvoir.
Non, je ne sais pas pourquoi, mais il y a une lucidité et une force de vie qui me touchent beaucoup dans ces Mémoires d'une jeune fille rangée. A relire sans modération. 

Paradoxalement, ce fut une lecture licite qui me précipita dans les affres de la trahison. J'avais expliqué en classe Silas Marner. Avant de partir en vacances, ma mère m'acheta Adam Bede. Assise sous les peupliers du "parc paysage", je suivis pendant plusieurs jours avec patience le déroulement d'une lente histoire, un peu fade. Soudain, à la suite d'une promenade dans un bois, l’héroïne - qui n'était pas mariée - se trouvait enceinte. Mon cœur se mit à battre à grands coups : pourvu que maman ne lise pas ce livre ! Car elle saurait que je savais : je ne pouvais pas supporter cette idée. Je ne redoutais pas une réprimande. J'étais irréprochable. Mais j'avais une peur panique de ce qui se passerait dans sa tête. Peut-être se croirait-elle obligée d'avoir une conversation avec moi : cette perspective m'épouvantait parce que, au silence qu'elle avait toujours gardé sur ces problèmes, je mesurais sa répugnance à les aborder. Pour moi, l'existence des filles-mères était un fait objectif qui ne m'incommodait pas plus que celle des antipodes : mais la connaissance que j'en avais deviendrait, à travers la conscience de ma mère, un scandale qui nous souillerait toutes deux.

Masculin/Féminin, La pensée de la différence, Françoise Héritier.

Pour entrecouper les différentes parties des mémoires de Simone de Beauvoir, et comme j'ai déjà lu le Deuxième Sexe, quoi de mieux que de lire (enfin !) Françoise Héritier, successeure de Levi Strauss (love love love), qui parle de la différence masculin/féminin d'un point de vue anthropologique. Elle analyse en détail les schémas d'alliance attestés : tous les schéma potentiels n'ont pas été réalisés, et cet inventaire montre souvent un déséquilibre en "défaveur" du féminin. Elle étudie non seulement l'alliance, mais aussi la stérilité, le changement de genre (à défaut de changement de sexe), la différence entre géniteur et père, etc. Son fil rouge est en effet de montrer que les grands bouleversements auxquels nous avons du mal à nous adapter (mère porteuse, don de sperme, etc) sont loin d'être des nouveautés à l'échelle de l'Humanité (en gros, ils ne sont pas ancrés dans notre culture propre, mais ils ne sont pas non-humains). C'est en tout cas ce que j'en ai compris.

Pour ma part, je cherchais plutôt à comprendre d'où vient cette différence systématique entre masculin et féminin. Je pense que le deuxième tome se penchera plus sur la question, mais j'ai déjà trouvé cet élément de réponse très intéressant : quand l'homme perd son sang, il agit (il chasse, guerroie, prend des risques), alors que lorsque la femme perd son sang, elle est passive (elle ne peut rien faire pour empêcher d'avoir ses règles). D'ailleurs, la femme stérile ou ménopausée obtient dans certaines sociétés un statut masculin.
Ce serait un peu réducteur de dire que c'est LA réponse que donne Françoise Héritier. C'est plutôt celle qui m'a frappée et assez convaincue.

Nous avons vu que chez les Samo, comme dans bien d'autres sociétés de l'Ouest africain, une jeune fille qui avait été accordée en mariage légitime dans sa très petite enfance par les hommes de son lignage était remise à son mari après avoir accouché de son premier enfant [...]. Mais ce premier enfant, dont le mari était le père socialement reconnu, était en fait né des œuvres d'un autre homme, partenaire prénuptial choisi par la jeune fille elle-même ou par sa mère, mieux accordé avec elle en âge et surtout en inclination mutuelle que le mari légitime.
Les jeunes gens avaient de manière tout à fait licite et ouverte cohabité ensemble, de nuit seulement, après que le père de la jeune fille avait accompli pour elle le sacrifice de la puberté sans lequel elle n'aurait pu avoir accès aux relations sexuelles sous peine de sanction immanentes (elle aurait dépéri).
Ces rapports amoureux prénuptiaux cessent à la naissance du premier enfant, quand l'épouse rejoint le mari, père social de l'enfant, au bout de trois ans si cette union reste stérile.
Ainsi, sauf dans ce cas précis où au bout de trois ans l'épouse est remise au mari même sans avoir enfanté, un homme peut avoir au moins autant d'enfants qu'il a d'épouses légitimes, à condition qu'ils vivent.

La force de l'âge, Simone de Beauvoir

Cette fois-ci, je découvrais la suite des mémoires de Simone de Beauvoir. J'ai beaucoup apprécié encore. Ça me fait vraiemnt très étrange de fréquenter d'aussi près Sartre, de le voir aller acheter des fruits, faire du vélo sous la pluie et avoir une crise de foie. Mis à part ce côté perturbant, j'apprécie énormément de côtoyer de si près Nizan, Picasso, Cocteau...
La lucidité de Beauvoir sur elle-même m'étonne toujours autant. Je suis très sensible à ce déchirement intérieur entre la supériorité qu'elle accorde les yeux fermés à Sartre et la nécessité vitale pour elle de "ne pas se trahir".

Je m'émus bien davantage l'après-midi où j'étais convenue que nous visiterions le British Museum et où il me dit tranquillement qu'il n'en avait aucune envie : rien ne m'empêchait, ajouta-il, d'y aller seule. C'est ce que je fis. Mais je me promenai sans entrain parmi les bas-reliefs, les statues, les momies ; il m'avait paru si important de voir ces choses : ne l'était-ce pas ? Je refusais de penser que dans mes volontés à moi il entrât du caprice : elles se fondaient sur des valeurs, elles reflétaient des impératifs que je tenais pour absolus. Misant moins que Sartre sur la littérature, j'avais davantage besoin d'introduire de la nécessité dans ma vie ; mais alors il fallait qu'il adhérât à mes décisions comme à d'aveuglantes évidences ; sinon ma curiosité, mon avidité devenaient de simples traits de caractère, peut-être même des travers : je n'obéissais plus à un mandat.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Night and Day (Nuit et jour), Virginia Woolf


Ce Virgina Woolf, de facture trop classique, n'est pas considéré comme une de ses œuvres majeures. Mais une facture classique, c'est exactement ce qu'il me faut pour une écoute en VO. Et effectivement, je sais à peu près à quoi m'attendre d'un chapitre sur l'autre. On est dans des salons, on boit du thé. L'écriture est extrêmement agréable, je prends un plaisir fou à écouter ce roman et je rigole même beaucoup. J'aime beaucoup l'humour et le ton.

Mrs. Hilbery would have been perfectly well able to sustain herself if the world had been what the world is not. She was beautifully adapted for life in another planet.