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mardi, 27 octobre 2015

Des nouvelles

J'arrive enfin à poster cette vidéo... deux semaines après l'avoir tournée. Comme nouvelles fraîches, on a vu mieux, mais j'ai eu un mal fou à la faire. Ca promet pour les vidéos de Singapour !

lundi, 05 octobre 2015

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces trois dernières semaines ?

Nobliaux et sorcières, Terry Pratchett

Sur les épaules de Darwin - Les battements du temps, Jean Claude Ameisen

Je n'ai pas trop aimé le style d'écriture un peu pseudo-poétique sans raison, mais cela reste un livre plein d'informations passionnantes, que Jean Claude Ameien a beaucoup de talent à mettre en raisonnance les uns avec les autres. Je reste fascinée par tout ce que j'ai appris sur les oiseaux. Les oiseaux ressemblent tellement aux hommes !

Sans état d'âme, Yves Ravey

Depuis que j'ai lu pour la première fois du Yves Ravey, je me jette sur tout ce qu'il peut écrire. Un notaire peu ordinaire reste quand même son meilleur roman.

Qu'est-ce que j'ai vu ces trois dernières semaines ?

Much Loved (Nabil Ayouch, 2015)

On a bien sûr entendu parler de ce film à cause de l'interdiction dont il a fait l'objet au Maroc, pays où se situe l'histoire de ce film. Nous y suivons trois (puis quatre) prostituées dans leur quotidien.
J'ai apprécié le visionnage, sans pouvoir dire que c'est un film inoubliable. Il m'a manqué peut-être un certain enjeu, l'impression de vraiment suivre une histoire (une fois le film terminé, je me suis rendu compte qu'il y a avait vraiment un développement d'histoire, avec un début, une escalade, un pic et une chûte, mais tout au long du film j'avais plutôt l'impression d'une suite aléatoire d'évènements). On assiste quand même à un certain tableau de la société (qui correspond peut-être à une réalité, peut-être pas, je peux difficilement en juger). La prostitution est montrée sous son aspect le plus quotidien, sans trop de dénudés complaisants ni d'humour gras. Les trois personnalités sont intéressantes, avec leurs qualités et leurs défauts. Elles sont dépendantes et gardent la tête haute. Certainement pas un film mysogyne.

Vice Versa (Disney/Pixar : Pete Docter et Ronaldo Del Carmen, 2015)

Le dernier Disney m'a énormement plu. Je l'ai trouvé inventif, original, super bien adapté aux petits et marrant aussi pour les grands. Avec cette histoire très simple (il ne se passe rien d'extraordinaire, c'est juste l'histoire d'une petite fille qui grandit et doit un jour déménager), on sort enfin des morales habituelles (l'amour est plus fort que la mort, l'amitié est plus forte que la mort, être riche c'est pas important, être beau c'est pas important...) pour enfin part un peu explorer des choses plus profondes. Qu'est-ce que ca veut dire, grandir ? Faire le deuil de l'enfance, accepter d'avoir des déceptions...
Vous connaissez déjà sans doute le principe, qui me laissait sceptique au début mais fonctionne très bien : nous sommes dans le cerveau de la petite Riley, et cinq émotions sont aux commandes.
Les cinq émotions sont bien sûr des personnages assez unidimensionnels (c'est le principe), et leur combinaison permet de dessiner un personnage de Riley plein de nuances, ce qui est très réjouissant. Je regrette seulement les petites incursions dans d'autres cerveaux extérieurs, très caricaturales et sexistes, placées là pour lancer quelques blagues faciles.
Je regrette aussi un peu que les scénaristes aient inventé un univers si bien trouvé, si abordable, si plein de détails intéressants (et d'autant que je peux en juger, pas mal de détails qui reflétent vraiment le fonctionnement de la mémoire ; il semble y avoir un vrai travail de recherche sous ce film), pour à plusieurs reprises se contredire et rajouter des évènements qui ne sont pas dans la logique de cet univers. Bien sûr, le but n'était pas de faire un il était une fois la vie sur le cerveau, mais je suis sûre que le film aurait pu rester dans sa propre logique tout du long.

Mais vraiment, globalement, une grande réussite que ce dessin animé.

Vous n'avez encore rien vu (Alain Resnais, 2012)

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Je n'arrive pas encore à bien comprendre le principe du film, pourquoi avoir fait cette étrange triple version de l'Eurydice de Anouilh. Bon d'accord, le couple jeune (Vimala Pons et Sylvain Dieuaude), le couple d'âge mûr (Anne Consigny et Lambert Wilson) et le vieux couple (Sabine Azéma et Pierre Arditi), mis en résonnance dans une pièce sur le temps et la mort, oui, je vois bien un peu - vaguement - qu'il y a une logique...

Dans la globalité, il n'y a pas équilibre des rôles, puisque ce sont Azéma et Arditi qui monopolisent les plans (ils sont super, je ne dit pas, mais quitte à faire une pièce croisée, pourquoi nous avoir privés autant de Lambert Wilson (non mais zut, quoi, Lambert Wilson !)).

J'avais oublié ce texte de Jean Anouilh. Dingue, ce texte. Comme tout ce que fait Jean Anouilh, mais dingue quand même.
Et je voulais aussi rajouter : Michel Piccoli crève l'écran. Dingue, dingue, dingue.

lundi, 14 septembre 2015

C'est lundi...

Qu'est-ce que tu as lu ces huit dernières semaines ?
La petite paroisse, Daudet
Du Daudet qui ne me fait pas du tout penser à du Daudet. C'est un mélange entre une écriture très classique, un propos assez moderne ou du moins inattendu, et le résultat est agréable à suivre (livre audio pendant le déménagement).

Des couples, Maurice Leblanc
Un recueil de nouvelles charmant et pas piqué des hannetons...

Couchsurfing im Iran, Stephan Orth

Ce livre était le cadeau de départ offert par mon groupe de travail (Comme je m'étonnais qu'on m'offre un cadeau "de départ" puisque j'allais juste passer 4 mois à Paris, mon prof m'a lancé "Ah ben oui, au fait, t'es virée, on te l'avait pas dit." Les Allemands ont le sens de l'humour.)
Stephan Roth est journaliste et a voulu faire expérience de passer quelques temps en Iran en utilisant le Couchsurfing, interdit en Iran mais tout aussi pratiqué que dans le reste du monde. Il relate cette expérience dans ce livre. Le livre est bourré d'anecdotes marrantes sur son séjour en Iran, le genre d'anecdotes que n'importe qui ayant passé un peu de temps en Iran pourrait vous raconter. Ceux qui ne connaissent pas l'Iran découvriront le quotidien inattendu des iraniens "normaux" et ceux qui y ont été pourront se marrer des petits détails relevés par Stephan Roth et se dire "ha ha, il m'est arrivé ex-ac-te-ment la même chose !".
Pas un livre renversant, mais assez sympa.

Les habits noirs, Paul Féval

J'ai eu du mal à vraiment me passioner pour les personnages nombreux des différentes histoires qui composent les habits noirs. L'idée de rassembler des histoires que seuls les "méchants" relient entre elle n'est pas une mauvaise idée, ni le fait de bousculer sans cesse la chronologie. Mais j'avais plutôt l'impression de lire un livre pour enfants avec des personnages assez basiques.
J'ai beaucoup apprécié la langue bizarre, parlée et alambiquée, de Similor et Échalot.

Échalot ne répliqua pas tout de suite ; il pressa l’enfant contre son cœur avec une véritable tendresse et mit un long baiser sur sa pauvre joue blême.
– Fais silence, Amédée ! prononça-t-il solennellement. Tu blasphèmes ! L’enfant est plus à moi qu’à toi, car je l’ai nourri de mon laitage ! J’entrerai, s’il le faut, dans une voie criminelle ; je n’ai pas froid aux yeux, et suis prêt à violer les lois arbitraires faites par les tyrans. C’est mon caractère ! Mais faudra que tu me passes au travers du corps, entends-tu, pour nuire au petit ; j’ai son plan d’éducation tout fait, et je lui laisserai intégralement mon héritage !
– Pour sensible, tu es sensible ! dit Similor attendri. Mais si l’impotent était pair de France ? Si ça faisait le bonheur de Saladin pour tout son avenir ? et qu’il nous protégerait par la suite… Que nous irions le voir à son château, sur l’impériale, et qu’il nous mettrait des bourses dans la main, sachant le secret de sa naissance qu’on cacherait à l’univers entier… On ferait semblant de rien en entrant, mais on s’épancherait dans son cabinet, loin des regards de la foule. Bonjour, papa Similor ! Ça va bien, maman Échalot ?
– Enchanteur ! murmura ce dernier, qui pleurait et qui riait à la fois. Comme tu manies la parole avec adresse. Pour son bonheur, vois-tu…
Il s’arrêta et reprit :
– Mais s’il allait nous renier plus tard ?
– Impossible ! protesta Similor. Je ne dis pas qu’il nous embrassera dans la rue. Ça ne serait pas raisonnable… mais il nous fera des petits signes amicaux du sein de son carrosse.
– Je n’en demande pas davantage ! soupira tendrement Échalot.

Jeanne de Naples, Alexandre Dumas

Un des premiers romans de Dumas, qui n'a pas encore le souffle de ce qu'il pourra faire plus tard.

Métro 2033, Dmitri Gloukhovski

L'idée de départ de ce roman post-apocalyptique est un coup de génie. La terre a été dévastée par une attaque nucléaire (le comment du pourquoi n'a aucune importance) et les survivants de Moscou ont organisé une nouvelle vie dans le métro. Chaque station est une sorte de petite ville, les communications se font au long des couloirs des différentes ligne. Un plan du métro moscovite suffit à nous plonger dans cet univers, qu'on arrive immédiatement à apréhender. Le métro moscovite pourrait être celui de Paris, de Londres, de Berlin... c'est une sorte d'universel qui explique pourquoi le roman a eu un tel succès.
Des fissures ou accidents de tout genre peuvent laisser entrer des créatures ostiles, mutations terrorisantes des rares bêtes (ou humains ?) ayant survécu à la surface. On ne sait rien de ces créatures, ce qui rend e danger à la fois omniprésent et doublement angoissant. À cela viennent s'ajouter les guerres internes entre les différentes stations de métro, l'histoire humaine se répétant inlassablement. Comment avoir un meilleur poit de départ pour un bon roman ?

Malheureusement, il y a peu de too much dans ces histoires. A force de vouloir augmenter le suspens et multiplier les événements mystérieux, les faits deviennent très confus. Les révélations finales ne collent pas vraiment avec tout ce qui s'est passé avant, il y a pas mal d'incohérences (qui n'ont pas l'air voulues).
C'est dommage parce que je pense qu'il y a avait un énorme potentiel avec ce roman pour en faire plus qu'un bon roman à suspens.

La ferme des animaux, Georges Orwell

Un classique des classiques, mais qu'il faut absolument avoir lu un jour.
J'avais du mal à m'oter de la tête les images du dessin animé, adaptation tellement réussie du livre d'orwell.

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Le pèlerin de Compostelle, Paulo Coelho

Kamui Den (Tome 3), Sanpei Shirato

Troisième tome de ce manga des années 60, qui aurait pu s'appeler "le communisme dans le Japon de l'ère Edo (avec troi fois plus de sang et de ninjas)" et qui se termine par un échec relatif du rêve du paysan Shosûke de construire un microcosme de société égalitaire et solidaire à l'intérieur de son village.

Apocalypse bébé, Virginie Despentes

Vernon Subutex avant Vernon Subutex. Sur fond dune enquête policière dont l'héroine se fout un peu royalement, on passe de personnage en personnage pour essayer de comprendre qui est cette jeune Valentine, une ado disparue sans laisser de trace. La fin est un peu déstabilisante et je ne suis pas bien sûre de ce qu'il faut en penser. Sns doute seulement un gros WTF.

Mécomptes de fée, Terry Pratchett

Les petits Dieu, Terry Pratchett

Le pays d'Omnia vénère le dieu Om. L'inquisition y est à peu près l'organe institutionel le plus sympathique. Le frére Frangin (ha ha) est un novice dans le couvent de Kom et trébuche un jour par hasard sur le dieu Om incarné en tortue (il s'est un peu planté dans le processus d'incarnation).
Un des meilleurs tome du Disque Monde.

Le livre de Dina, Herbjørg Wassmo

Je n'ai aucune idée de comment ce livre magnifique est arrivé dans ma wishlist, mais le personnage de Dina m'a prise et emportée avec elle pour de bon. Dina, une enfant libre, devient une femme sans compromis. La traduction est très réussie. Dina est magnifique. je veux encore vivre un peu avec Dina. 

Qu'est-ce que tu as vu ces huit dernières semaines ?

Par la magie des longs trajets en avion, j'ai ratrappé presque une année de retard dans les films que je voulais voir !

Tomorrowland (Disney : Brad Bird, 2015)

Le dernier film de Disney est assez inégal. L'héroine est originale, et le déroulement du scénario d'un convenu désespérant. La morale est moderne et belle, et le "monde idéal" dépeint semble sortir des Etats-Unis des années 60. Les acteurs jouent très mal, et le jeu dans la bande annonce m'a donné envie de le voir.

The imitation game (Morten Tyldum, 2014)

J'ai énormement apprécié le film, tout en ayant bien conscience que c'est parce que les évènements dont il est question sont passionants, et pas vraiment à cause de la mise en scène qui évite le pire (c'est déjà pas mal) mais est convenue au possible (l'histoire "d'amour" est pas mal fichue au moins, ca change).
Mais non, un super mathématicien qui dit "Ah ben puisqu'on a une Enigma, il suffit de remettre le message codé dans la machine pour le décoder!" pour que Turing puisse intervenir en nous disant "Nooooon j'imagine que ce n'est pas aussi simple que ca !" pour bien nous montrer qu'il est un grand génie, désolée mais CE N'EST PAS CRÉDIBLE UNE SECONDE !
Bref. Toujours est-il que
Alan Turing est un génie, Cumberbatch est un super acteur, et qu'il faut absolument voir ce film si ce n'est pas déjà fait.

Big eyes (Tim Burton, 2014)

Tim Burton ne fait jamais de très mauvais films, mais on est loin d'un film inoubliable.

Foxcatcher (Bennett Miller, 2014)

Ce film nominé aux derniers Oscar a une esthétique et un ton de film de Berlinale. J'ai rarement été dans un film avec un tel sentiment de frustration et de malaise, ce en quoi le film atteind parfaitement son objectif (je suppose). Tout de même, on ne peut pas dire que ce soit une expérience très agréable. Mais c'est un film hors normes et rudement bien ficelé.

Eat pray love (Ryan Murphy, 2010)

Un feel good movie typique qui n'arrive pas même à nous faire nous sentir particulièrement bien. Et avec une fin gnangnan au possible. Tout au long du film, je gardais toujours l'espoir que ca décolle d'ici peu. Mais non.

Birdman (Alejandro González Inarritu, 2014)

Le film n'a pas du tout pris sur moi, pourtant il me semble que c'est un film avec beaucoup de qualités. Mais pas vraiment le genre de cinéma que j'apprécie.

Gravity (Alfonso Cuarón, 2013)

Un vrai moment de grâce que ce film que j'ai adoré du début à la fin. C'est étrange que mes deux chocs cinématographique de ces dernières années soient Moon et Gravity, moi qui n'apprécie pas plus que cela la science-fiction. Ce film est d'une simplicité enfantine et mon coeur battait au rythme des moments de suspens. Je ne savais plus où j'étais, j'étais partie là-haut, en orbite, avec Ryan Stone.
Et ce plan, en milieu de film, où Ryan s'extirpe pour la première fois de sa combinaison. De la pure poésie. Je crois que tout le film a été fait pour cette scène-là.
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The curious case of Benjamin Burton (David Fincher, 2008)

L'idée du film me semble une fausse bonne idée. De celles qui ont l'air de coups de génie sur le papier, mais qui mises en oeuvre se révèlent assez plates. En définitive, on se demande un peu où l'histoire veut en venir. Le film a au moins le mérite de ne pas avoir un scénario convenu et vaut donc le détour rien que pour ca.

Spartacus (Stany Kubrick, 1960)

Stanley Kubrick avait fini par renier complètement ce film, dont je n'attendais par conséquent pas grand chose. Au final, ce n'est pas du tout un mauvais peplum, les ressorts politiques sont bien exposés et l'histoire d'amour gnangnan n'y prend pas toute la place. Il y a des personnages secondaires extraordinaire (Charles Laughton qui joue Crassus est génialissime).

Munich (Steven Spielberg, 2005)

Je découvre Munich dix ans après tout le monde dans le cadre d'une rétrospective Mathieu Amalric à la cinématheque de Paris. Mathieu Amalric n'est pourtant pas extraordinaire dans son rôle (mais il a fait rudement mieux). Michael Lonsdale crève l'écran (je pense le faire entrer das mon panthéon personnel des meilleurs acteurs du monde entier).
Voir un film en salle, ca n'a pas de comparaison. Je l'avais presque oublié. J'avais le coeur qui battait, j'arrêtais de respirer pendant les instants de suspens. Un grand moment. Pourtant, avec le recul, je me rends compte que Steven Spielberg a juste très bien intégré les régles du thriller et bien choisi son histoire (j'avais eu le même sentiment avec Argo). Le sujet n'a absolument rien perdu de son actualité et Steven Spielberg le traite avec beaucoup d'intelligence (bien que regardant "depuis le côté israélien", le point de vue palestinien n'est pas effacé, et l'impossibilité du dialogue est magnifiquement mise en scène).
Un chouette film.

lundi, 20 juillet 2015

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu les trois dernières semaines ?

Lettres de ma chaumière, Octave Mirbeau
Daudet avait un moulin, Mirbeau avait une chaumière. Ces lettres sont elles aussi pleines d'anecdotes de la vie campagnarde, mais on y trouve moins de "légendes" et un ton propre à Mirbeau, beaucoup plus cru et morbide.

Le faucheur, Terry Pratchett

Terry Pratchett donne la vedette au grand chouchou des fans : la Mort ellelui-même. Tout en gardant son ton humoristique habituel, Terry Pratchett arrive à faire surgir de belles descriptions de la vie et de la condition humaine.

Le soleil rasait l'horizon.
Les créatures dotées de l'existence la plus brève du Disque sont les éphémères, leur durée de vie ne dépasse guère vingt-quatre heures. Deux des plus âgées zigzaguaient sans but au-dessus des eaux d'une rivière à truites et discutaient d'histoire avec quelques jeunes congénères de l'éclosion du soir.
"On n'a plus le soleil d'autrefois, fit l'une.
-C'est bien vrai. On avait du vrai soleil aux bonnes vieilles heures. Tout jaune. Rien à voir avec ce machin rouge.
-Il était plus haut avec ca.
-Oui, vous avez raison.
-Les nymphes et les larves vous témoignaient un peu de respect.
-Oui. C'est sûr, renchérit l'autre avec véhémence.
-M'est avis que si les éphémères de ces heures-ci se conduisaient un peu mieux, on aurait encore un vrai soleil."

Logicomix - An epic search for truth, Apostolos Doxiadis et Christos H. Papadimitriou

Ce roman graphique m'a été offert par mes collègues pour mon anniversaire, alors que je l'avais déjà repéré et inscrit sur ma liste de livres indispensables...
Tout dans ce roman graphique tourne autour du logicien Bertrand Russell, en présentant aussi ses prédécesseurs, ses collègues, ses successeurs. On y voit aussi le roman "en train de se faire", dispositif ingénieux qui permet de faire des pauses entre plusieurs idées maîtresses et de d'illustrer certains principes de logique, et qui permet aussi aux auteurs de prendre la parole pour expliquer leur démarche à plusieurs reprise.

Ce genre de romans, j'en lirais des piles et des piles sans m'en lasser. Ce sont des vraies perles qui nous permettent non seulement de comprendre des notions clés et des idées révolutionnaires, mais aussi de voir en quoi elles sont inscrites dans leur époque, ce qui les rendait alors révolutionnaires et quelles problèmes elles soulevaient.
Des livres intelligents qui veulent te rendre intelligents, j'en reprends quand vous voulez.

Les sangs, Audrée Wilhelmy

Qu'est-ce que j'ai vu ces trois derniéres semaines ?

Une sale histoire (Jean Eustache, 1977)
Quel film fascinant et super chelou...

lundi, 29 juin 2015

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces trois dernières semaines ?

Bérénice, Racine
L'illusion comique, Corneille

L'avantage avec Dumas, c'est que je gère complètement mon XVIIème siècle maintenant.
L'illusion comique, c'est à peu près au moment où D'Artagnan arrive à Paris sur son cheval jaune.
La première représentation de Bérénice a lieu assez peu de temps après la mort de D'Artagnan. Madame (Henriette d'Angleterre) vient juste de mourir, alors qu'elle avait elle-même donné le sujet de la pièce à Corneille.
Je trouve ca fascinant. Il n'y a pas un autre roman historique qui commence juste avant la mort de Madame, histoire que je poursuive ma chronologie ?

Passeport à l'iranienne, Nahal Tajadod

L'histoire commence un samedi, à Téhéran, en 2007. Nahal Tajadod doit faire refaire son passeport avant de pouvoir repartir en France, où elle vit avec son mari. Une formalité : la procédure prend environ trois jours et son vol aura lieu dans plus d'une semaine. Mais les choses ont changé depuis son dernier séjour en Iran, et Nahal apprend qu'il lui faudra plus d'un mois pour obtenir son nouveau passeport.
Mais en Iran, la question est de connaître les bonnes personnes. Et tout le monde connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui se fera un plaisir de lui servir de coupe-file. Bref, nous allons passer tout le roman à suivre Nahal dans ses démarches administratives et sa vie quotidienne avec sa fille, sa tante et sa meilleure amie.
Il y a un petit peu de la maison qui rend fou d'Asterix dans ce roman, mais l passeport est surtout un prétexte pour dépeindre le quotidien de Téhéran, ces petites choses qui agacent Nahal (et l'amusent aussi un peu) : le târof infini avec les chauffeurs de taxi (le târof consiste à toujours refuser d'être payé d'abord, sachant qu'il serait évidemment impensable de prendre la personne au mot et de partir sans payer...), les embouteillages absurdes sur le périphérique, le cirque continuel de l'installation et de la désinstallation de l'antenne satellite (interdite, mais qui ne manque dans absolument aucun foyer iranien), etc.
Du peu que j'ai pu voir de Téhéran, les choses n'ont en rien changé depuis 2007. La ville a encore grandi, les voitures ont encore vieilli et il y a encore plus de chaînes satellites.

Quand à ce portrait des jeunes dans les centres commercieux (pâssâj), j'aurai pu l'écrire mot pour mot !

Le port du voile étant obligatoire, tout l'art, toute l'habileté des jeunes filles consiste à trouver un moyen de montrer, malgré tout, un maximum de leurs chevelure. Afin de lutter contre l'inertie de ce carré de tissu, elles ont inventé, à l'aide de peignes et de barettes, tout un système d'échafaudages, lequel crée une crinière surélevée, de préférence blonde, qu'elles laissent dépasser du foulard. Leurs yeux et leurs sourcils changent continuellement de teinte et de forme. Aujourd'hui, elles ont plutôt les yeux noirs (l'importateur de lentilles claires a dû faire faillite) et des sourcils tatoués en forme d'accent circonflexe. Leurs franges, dévalant de l'échafaudage, offrent un éventail de couleurs qui va du fuchsia au blond platine. Placées au sommet de leur tête, des lunettes de soleil griffées dissimulent le prétendu foulard. Les ailes de leur nez, à force d'être affinées par le chirurgien, sont presque invisibles. [...] Depuis quelque temps, la jeunesse masculine, bien qu'à l'abri des épreuves et des emprisonnements, qui menacent toujours les femmes (une d'elles, âgée de seize ans, a été récemment pendue pour "adultère" alors qu'elle n'était pas mariée), a adopté l'esthétique féminine. Les garcons de Téhéran, du moins ceux qui fréquentent les pâssâjs, ont tous le nez opéré, les sourcils épilés, les ongles manucurés et les cheveux longs, gominés. Là aussi, on est loin de l'image du bon pratiquant.

Les Zinzins d'Olive Oued, Terry Pratchett
L'invention du cinéma, version Disque-Monde.

Aden Arabie
La France n'est d'ailleurs pas une personne comme les statues de Dalou pourraient le faire croire aux enfants des écoles. Il ne faut pas s'imaginer qu'elle est un personnage de taille surnaturelle marchant avec des oiseaux sur la tête entre les murailles qui ferment son domaine, une espèce de grande reine des abeilles, mère de quarante millions d'enfants. La France est une collection d'hommes, d'évènements et de produits.
Je n'aime pas ces hommes, ni leurs produits, ni les évènements francais. Que personne n'essaye de me faire honte parce que j'insulte une déesse. Eternel visage. Eternelle maîtresse des généraux. Je n'ai pas manqué de respect à cette vierge qui n'existe pas.

Qu'est-ce que j'ai vu ces trois dernières semaines ?

Sherlock, saisons 1 à 3 (Mark Gatiss et Steven Moffat, 2010-2014)

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Série commencée en vacances en France. Il fallait bien que je finisse la saison qui me restait (je ne savais pas que la série n'est pas terminée...).
Pas mal de très bonnes idées filmiques dans cette série. Je pense qu'encore personne n'avait essayé d'adapter un Sherlock Holmes en se donnant autant de mal pour mettre en scène "l'intérieur du cerveau" du détective. Certaines choses fonctionnent mieux que d'autres, mais j'apprécie énormément la prise de risque et l'originalité.
Là où la série me perd, c'est quand elle se met à dégouliner de pathos facile... et dieu sait que c'est souvent ! On pourrait couper à peu près 20mn par épisode de plans destinés à nous faire comprendre À QUEL POINT Watson aime Holmes dans le fond de son coeur tendre. Heureusement, les touches d'humour font mouche et sont un vrai plaisir.
La série a touché le jackpot en découvrant l'acteur principal, Benedict Cumberbatch, qui est pour moi le meilleur "nouvel" acteur du moment, ne serait-ce que parce qu'il a un physique tellement subtilement bizarre. Malheureusement, l'acteur et son personnage tiennent tout seuls la série qui manque cruellement de personnages intéressants (l'inspecteur de Scotland Yard est d'un fade... comment est-ce possible ?).

Fargo (Joel et Ethan Coen, 1996)
Un des films préférés du Killer, sur notre liste des films à voir ensemble depuis des années. Son enthousiasme pour ce film m'échappe un peu, je trouve que ce film est un Big Lebowsky en moins bien dosé. Je pense que c'est tout simplement que dans le cinéma des frères Coen, c'est surtout leur humour que j'apprécie. Ici, l'accent est mis sur d'autres composantes de leur cinéma, celles qui me touchent moins.

lundi, 08 juin 2015

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces deux dernières semaines ?

Le journal de Bridget Jones, Helen Fielding
L'âge de raison, Helen Fielding
J'ai beaucoup apprécié le film "Bridget Jones" (le premier... le deuxième était pas top) et donc j'avais envie de découvrir le livre. Évidemment, le suspens est quasi nul, puisque le film reprenait toute l'intrigue (et que je l'ai vu plusieurs fois), du moins pour le premier. Pour le deuxième, l'intrigue a été pas mal changée (mon petit doight me dit qu'ils voulaient recaser à tout prix Hugh Grant dans le casting... ca avait trop bien marché la première fois.).

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Ouais, je mets Hugh Grant sur mon blog si je veux.

J'ai pas mal aimé la manière dont Helen Fielding s'attache à disséquer l'influence du féminine sur la classe moyenne, sur ces femmes qui ne sont ni des militantes politiques, ni des diplômées en gender studies. La manière dont Bridget (mais pas seulement) tente de concillier ces idées pas très bien digérées avec ses habitudes de vieille célibataire, sa procrastination maladive et les codes sexistes dans lesquels tout le monde est englué, c'est vraiment une piste de réflexion intéressante, surtout avec le recul (Bridget Jones n'a PAS de connection internet... ca fiche un coup de vieux, quand on y pense).
Mais alors POURQUOI faut-il que Bridget soit sauvée de tous ses malheurs à la fin par Monsieur Perfection-absolue, grand, beau, riche et aimant, fou amoureux d'elle parce que... heu... c'est comme ca (nan mais franchement : il l'a vue deux fois dans sa vie, le mec !). Pourquoi ?!?
J'ai aimé ma lecture, en gardant une préférence pour le film. C'est drôle, c'est vite lu, on y prend du plaisir, on a du mal à lâcher le livre. Mais si on avait pu échapper aux gros clichés, ca aurait été encore mieux.

Le vicomte de Bragelone, Alexandre Dumas

Fin des aventures de D'Artagnan et de ses amis (et ennemis). A part les histoires d'amour qui sont en général assez peu intéressantes, Alexandre Dumas arrive toujours à me passionner pour toutes les intrigues emberlificotées qu'il retrace. Il a aussi ce talent pour mélanger l'acuité historique et la fiction, on apprend toujours des tas de choses sans avoir l'impression d'avoir jamais affaire à un roman didactique.
J'ai été un peu surprise à partir de Vingt ans après de découvrir les quatre mousquetaires bien plus caricaturaux qu'ils ne me semblent l'être dans le premier volet. Portos, notamment, est dépeint comme un bon gros géant simple d'esprit, ce qu'il ne me semblait pas du tout être le cas dans Les trois mousquetaires. Je suppose que c'est à cause de cela que je garde une préférence pour le premier volet, encore qu'il serait dommage de passer à côté de toutes les intrigues politiques qui prennent encore plus de place après la mort de Richelieu. Dans ce dernier volet et à ma grande surprise, c'est Aramis qui se révèle le personnage développé avec le plus de finesse.
Il y a des tas de femmes fortes et intéressantes dans ce dernier volet. La vieillissante Anne d'Autriche, la jeune Henriette d'Angleterre, toutes font preuve d'un caractère bien trempé et donnent des couleurs à la politique du début du règne de Louis XIV. Et puis, à côté de toutes ces femmes intéressantes, il y a... l'héroïne de l'histoire, Louise de La Vallière, sans personnalité, sans contour, qui ne nous est jamais décrite que pâle et en train de pleurer. J'ai malheureusement perdu presque immédiatement tout intérêt pour cette heroïne et pour le grand amour du vicomte de Bragelonne. Ce n'était, je pense, pas le but de l'auteur, mais heureusement, cela ne nuit pas vraiment à l'histoire. Je suppose qu'il y a là-dessous une certaine idée de l'idéal féminin qui est vraiment daté et a mal vieilli.
Le reste de l'histoire n'a pas pris une ride, donc saisissez l'occasion si comme moi, vous vous étiez arrêté avant la fin des aventures d'Atos, Portos, Aramis et D'Artagnan.

Soudain le franciscain se releva.

— Terminons, dit-il, la mort me gagne. Oh ! tout à l’heure, je mourais tranquille, j’espérais… Maintenant je tombe désespéré, à moins que dans ceux qui restent… Grisart ! Grisart, faites-moi vivre une heure encore !

Grisart s’approcha du moribond et lui fit avaler quelques gouttes, non pas de la potion qui était dans le verre, mais du contenu d’un flacon qu’il portait sur lui.

— Appelez l’Écossais ! s’écria le franciscain ; appelez le marchand de Brême ! Appelez ! appelez ! Jésus ! je me meurs ! Jésus ! j’étouffe !

Le confesseur s’élança pour aller chercher du secours, comme s’il y eût eu une force humaine qui pût soulever le doigt de la mort qui s’appesantissait sur le malade ; mais sur le seuil de la porte, il trouva Aramis, qui, un doigt sur les lèvres, comme la statue d’Harpocrate, dieu du silence, le repoussa du regard jusqu’au fond de la chambre.

Le médecin et le confesseur firent cependant un mouvement, après s’être consultés des yeux, pour écarter Aramis. Mais celui-ci, avec deux signes de croix faits chacun d’une façon différente, les cloua tous deux à leur place.

— Un chef ! murmurèrent-ils tous deux.

Aramis pénétra lentement dans la chambre où le moribond luttait contre les premières atteintes de l’agonie.

Quant au franciscain, soit que l’élixir fît son effet, soit que cette apparition d’Aramis lui rendît des forces, il fit un mouvement, et, l’œil ardent, la bouche entrouverte, les cheveux humides de sueur, il se dressa sur le lit.

Eric, Terry Pratchett

J'ai beaucoup rigolé dans ce volume, assez court m'a-t-il semblé, des Annales du Disque-Monde. Surtout sur la fin où Terry Pratchett revisite l'Enfer de Dante, passage inattendu et superbement drôle.

Qu'est-ce que j'ai vu ces deux dernières semaines ?

P'tit Quinquin (Bruno Dumont, 2014)

Tout le monde s'était tellement extasié devant cette série francaise qu'il fallait bien y jeter un coup d'oeil. J'ai du mal à partager l'enthousiasme général, même si je trouve quelques acteurs excellents (Bernard Pruvost qui joue le commandant, entre autre) et que je suis même sensible jusqu'à un certain point à cet humour très bizarre. Mais des fois, c'est juste lourd.

vendredi, 05 juin 2015

Visite

Le cours sur les origines du language, c'est ici : https://www.edcast.org/learn/origins-of-human-language-bi...

lundi, 25 mai 2015

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces 11 dernières semaines ? (11 semaines ?!? tu m'étonnes que la liste st longue !)

Les trois soeurcières, Terry Pratchett
Emouvant : j'ai commencé ce livre peu avant que Terry Pratchett ne décède. Lorsque je l'ai refermé, moins d'une semaine plus tard, j'ai appris sa mort.
Terry Pratchett réinvente Shakespeare d'une amnière inédite et fun...
 
L'homme qui rit, Victor Hugo
Dès les premiers chapitres du livre, en comprenant où Victor Hugo allait me mener et pourquoi cet homme "riait", j'en ai eu la chair de poule. A chaque nouveau roman de Victor Hugo que je découvre, je me demande "mais comment ce personnage tellement extraordinaire n'a-t-l pas été repris et décliné sous toutes ses formes par des centaines d'auteurs à sa suite?"* Après Han d'Islande, voilà donc Gwynplaine...

* y'a le Joker, qui est assez extraordinairement facsinant dans son genre, soit...

Mrs Dalloway, Virgina Woolf

Croiriez-vous que je n'avais encore jamais lu ce texte ? Le flot de conscience par excellence ? Ne le dites surtout pas à mes anciens profs de prépa, ils pourraient me foutre une khôle pour me punir...

L’amour détruit tout. Tout ce qui est beau, tout ce qui est vrai. Voyez, par exemple, Peter Walsh. Si vous vouliez savoir quelque chose de Pope, d’Addison par exemple, ou simplement dire des bêtises, à quoi les gens ressemblent, ce que les choses signifient, il n’y avait pas mieux que Peter. C’est Peter qui l’avait aidée, Peter qui lui avait prêté des livres. Mais les femmes qu’il aimait ! vulgaires, triviales, communes ! Voyez Peter amoureux ! Il était venu la voir après tant d’années, et de quoi avait-il parlé ? De lui-même. Horrible passion ! pensa-t-elle. Passion avilissante, pensa-t-elle en songeant à Kilman et à son Élisabeth qui allaient aux Navy Stores.
Big Ben frappa la demi-heure.
Quelle chose extraordinaire, étrange, touchante même, de voir la vieille dame (elles étaient voisines depuis tant d’années) s’éloigner de la fenêtre, comme si elle était attachée à ce son, à cette corde ! Si gigantesque que fût ce son, il avait cependant un peu à faire avec elle. Très bas, très bas, parmi les choses ordinaires, le battant de la cloche tombait, et le moment devenait solennel. Elle était forcée – imaginait Clarissa, – par ce coup de l’heure, de s’en aller, de partir, mais où ? Clarissa la suivit des yeux et elle la vit se retourner et disparaître et elle aperçut juste son bonnet blanc qui bougeait au fond de la chambre à coucher. Et elle était encore à l’autre bout de la pièce et elle bougeait. À quoi bon des dogmes, des prières, des mackintosh ? pensa Clarissa, quand c’est là le miracle, quand c’est là le mystère : cette vieille dame, pensait-elle, qu’elle pouvait voir aller depuis la commode jusqu’à la coiffeuse. Elle la voyait encore. Et le mystère suprême que Kilman dirait avoir résolu, que Peter dirait avoir résolu – mais Clarissa était sûre qu’ils n’avaient même pas essayé, – était celui-ci simplement : là il y a une chambre, là il y en a une autre. Est-ce que la religion explique cela ? Est-ce que l’amour…
 
La Calèche, Nicolas Gogol
Conte du coq d'or, Alexandre Pouchkine
Conte du pècheur et du petit poisson, Alexandre Pouchkine
Conte du pope et de son serviteur Balda, Alexandre Pouchkine
Eugene Oneguine, Alexandre Pouchkine
 
Ainsi vont les enfants de Zarathoustra - Parsis de l'Inde et Zartushtis d'Iran, Monique Zetlaoui
C'est mon frère qui m'a offert ce livre. Je lui avais demandé s'il connaissait des détails sur les mariages incestueux des Zoroastriens et il m'a offert dans la foulée deux livres, un consacré au Zoroastrisme et l'autre consacré aux mariages incestueux.
Ce livre m'a surtout appris pas mal de choses sur les Parsis d'Inde, qui forment le coeur actuel du zoroastrisme, presque complètement disparu en Iran. J'ai aussi appris pas mal de choses que j'ignorais sur les rites. Je regrette juste que presque rien ne nous soit dit de la vue religieuse à proprement parler et que l'Avesta est à peine évoquée. Mais ce sont justement les sujets sur lesquels j'étais le plus au courant, de sorte que ce livre venait combler les manques.
Quant à l'inceste, ce livre semble mettre en doute la pratique et l'attribuerait à une propagande des grecs. Mais je vais entamer le deuxième livre qui m'en dira plus sur ce sujet.

Extrait où il est question de Nowruz, le nouvel an (21 Mars):
Ce jour-là, tous les produits, posés sur la table recouverte d'un blanc immaculé, sont riches de significations. On y trouve un vase contenant une pièce d'argent surmontée d'une grenade et cinq ou six roses. [...] Plusieurs plateaux prennent place sur cette table dans un ordre précis ; Le premier doit contenir sept produits spécifiques qui commencent par la lettre sh en persan. [...] Un second plateau est garni de sept aliments commencant par le s persan. [...]
La table contient tous les symboles de renouveau, d'abondance et de douceur pour l'année qui débute. On y place les oeufs peints (cette tradition qui remonte à l'ancienne Perse est sans doute à l'origine de la jolie coutume chrétienne des oeufs de Pâques), des graines de différentes céréales, des légumes et des fruits frais ainsi que des fruits secs. Un carré de blé nouvellement germé qui symbolise la nouvelle récolte à venir est au centre de la table. L'encens et le bois de santal diffusent leurs parfums tandis qu'une lampe ou une bougie illumine la table. [...]
A Yazd et à Kermân, en Iran, les zoroastriens ont coutume de mettre sur la table un dessert tout à fait particulier, le cangal ; il est à base de dattes dénoyautées trempées dans un peu d'eau chaude, puis mélangé avec de l'eau de rose, du sucre candi et une pâte de graines de sésame. Le dessert est recouvert de pétales de roses séchées et de canelle et n'est consommée qu'après avoir refroidi entre deux assiettes.
Les juifs invités à cette table trouveront des similitudes avec la table des seder de Pâque et celle de Roch ha chana. Le plateau du seder de Pessah contient lui aussi sept produits, dont le vinaigre, les herbes et l'oeuf, symbole universel de fertilité. Un des éléments importants de ce plateau, les haroset, semble très proche du cangal. [...] Les haroset symbolisent le mortier que les juifs utilisaient lorsqu'ils étaient esclaves de Pharaon en Egypte. On peut se demander si, des siècles après leur long séjour en Perse, les juifs n'ont pas conservé certaines traditions de leurs hôtes zoroastriens, la similitude des deux préparations est troublante.

Quand j'ai entendu parler pour la première fois du Zoroastrisme, ce qui m'a le plus choquée était la similitude que je trouvais avec le christianisme. Jean Kellens, un des grands philologues de l'Avesta et professeur au collège de France, s'est attelé à la traduction de l'Avesta. Certains passages sont troublants. De plus, pour lui, le Yasna est un texte liturgique dans lequel il devine un sacrifice symbolique du prètre sur l'autel (le Zoroastrisme est considéré comme la première religion sans sacrifices humains ou animaux).
Bien entendu, les textes avestiques et gathiques sont très compliqués, et demandent une bonne dose d'interprêtation. On a souvent reproché aux philologues "occidentaux" d'y transposer leur propre religion. Un de mes profs en iranologie disaient que les francais était justement très doués pour comprendre l'Avesta parce qu'ils l'abordaient avec leur religion catholique très ritualisée, comprenant des choses que les allemands protestant étaient incapables de voir dans le texte. Est-ce que Jean Kellens est trop catholique en traduisant l'Avesta ? Toujours est-il que cette religion me trouble beaucoup.
 
Doubrovski, Alexandre Pouchkine
La dame de Pique, Alexandre Pouchkine
La fille du capitaine, Alexandre Pouchkine
Ce roman vient clore mon "cycle Pouchkine", c'est à dire que j'ai lu à peu près tout ce que j'ai trouvé à portée de main. Même si la plupart étaient des relectures, j'avais trop de mal à identifier cet auteur au milieu des autres auteurs russes. Alors un tour d'horizon s'imposait pour savoir quel auteur était exactement ce Pouchkine.
 
Vie et opinions philosophiques d'un chat, Hippolyte Taine
Les Amants, Octave Mirbeau

Les trois Mousquetaires, Alexandre Dumas
Avant d'entamer Vingt ans après, je me suis dit qu'il serait plus de nécessaire de reprendre les trois mousquetaires en entier. J'ai beau l'impression de le connaître par coeur cette histoire, à y regarder de plus près, je connais surtout les ferrets et puis... le reste se perd dans le brouillard. Je me souviens de Milady chantant "Dieu comptera les maux que j'ai soufferts" et je me souvenais du bourreau. Mais pourquoi exactement ? Et quelle est cette histoire de femme avec Aramis ?

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(Y'a-t-il un couple plus super-cool que Lana Turner et Gene Kelly ? Franchement ?)
Alors c'est parti pour une séance de rattrappage avec Milady, la plus badass de toutes les méchantes de la littérature du monde entier.

Le premier homme, Albert Camus
Berlinoise, Wilfried N'Sondé
Pyramides,
Terry Pratchett
Septième volet de la série, et mon préféré, je pense. J'ai adoré la facon qu'a eu Terry Pratchett de reprendre à sa sauce la civilisation égyptienne antique. Dans cette histoire, on suit le fils de Teppicymon XCXVII, qui, après un passage à Ankh-Morpork dans la Guilde des Assassins, va devenir roi à la mort de son père. Son travail consistera principalement à faire se lever le soleil tous les matins, ainsi qu'à organiser les obsèques de son père.

"Bien, bien, dit-il. Vous êtes dans les pyramides depuis longtemps ?"
Ptaclusp, architecte et bâtisseur de pyramides à la tâche, s'inclina très bas.
"Depuis toujours, ô lumière de midi.
- Ce doit être passionnant", fit Teppic. Ptaclusp jeta un regard en coin au grand prêtre qui hocha la tête.
"C'a ses bons côtés, ô source des eaux", hasarda-t-il. Il n'avait pas l'habitude que des rois s'adressent à lui comme à un être humain. Il sentait confusément que ca ne se faisait pas.
Teppic agita une main en direction de la maquette sur son podium.
"Oui, fit-il d'un ton hésitant. Bon. Bien. Quatre murs et un sommet pointu. Très, très bien. Superbe. Rien à dire, vraiment." Le silence lui répondit, de plus en plus lourd. Il se jeta à l'eau.
"Au poil, reprit-il. je veux dire, il n'y a pas à se tromper. C'est... une... pyramide. Et quelle pyramide ! Ca oui."
Ce n'était pas encore assez, apparemment. Il chercha autre chose. "On l'admirera dans les siècles à venir et on dire... on dira... ca, c'est de la pyramide. Hum."
Il toussa. "Les flancs ont une belle pente", coassa-t-il.
"Mais..." ajouta-t-il.
Deux paires d'yeux pivotèrent vers les siens.
"Hum", fit-il.
Dios leva un sourcil.
"Sire ?
- Je crois me rappeler qu'une fois, mon père a dit... vous savez... qu'à sa mort il aimerait bien... enfin, pour ses obsèques... il préférait la mer."

Vingt ans après, Alexandre Dumas

Venon Subutex, Virginie Despentes


Le dernier de Virgine Despentes est sorti, le premier tome d'une trilogie à venir, et j'ai posé illico presto une réservation à la bibliothèque.
Ce roman est dans la lignée de Bye Bye Blondie, avec peut-être un peu moins de musique (mais le personnage principal reste un discaire, les titres et les groupes fusent quand même). C'est bavard, bavard. bavard. Virginie Despentes tire dans tous les sens, sur tout le monde, elle s'énerve, elle enchaîne. Et tout de même, il y a un de ces amour profond pour les humains là-dedans, ca m'attire vers elle. J'aimerais pas vivre dans sa tête, mais j'applaudis à tous ses livres.

Et Daniel, au lieu de rester vendeur et de toucher le SMIC, était devenu responsable du développement des points de vente sur Paris. Un job en or, en réalité. Ca rend Pamela à moitié folle : jamais ca ne se serait passé comme ca sans la transition. Déjà, Déborah, en tant qu'ancienne du X, n'aurait pas pu devenir vendeuse. Ou alors elle se serait fait virer dès qu'on l'aurait appris et va aux prud'hommes pour te plaindre que ton employeur te discrimine parce qu'on peut te voir sur Internet sucer trois connards d'affilée ! Et en admettant que Déborah ait changé de tête, qu'elle se soit fait refaire le nez, qu'elle ait changé de coupe, qu'elle ait pris vingt kilo - qu'on ne puisse pas la reconnaître... on ne confie pas le projet de déveloipper des points de vente d'un bizness florissant à une meuf.
[...]
On peut tout se permettre avec les gros. Leur faire la morale à la cantine, les insulter s'ils grignotent dans la rue, leur donner des surnoms atroces, se foutre d'eux s'ils font du vélo, les tenir à l'écart, leur donner des conseils de régime, leur dire de se taire s'ils prennent la parole, éclater de rire s'ils avouent qu'ils aimeraient plaire à quelqu'un, les regarder en faisant la grimace quand ils arrivent quelque part. On peut les bousculer, leur pincer le bide ou leur mettre des coups de pied : personne n'interviendra. C'est peut-être à cette époque [que Déborah] a appris à renoncer à son genre : mâles ou femelles, les gros sont soumis à une exclusion similaire. On a le droit de les mépriser. Et s'ils se plaignent des traitements qu'on leur inflige, au fond tout le monde pense la même chose : mange moins, gros sac, tu pourras t'intégrer. Deb était dans le sucre comme elle serait dans la coke quelques années plus tard : à fond. Ne pensant qu'à ca.

Au guet ! Terry Pratchett
Je suis sûre d'avoir lu ce tome il y a très longtemps. Certains passages m'étaient vraiment familiers. Une histoire sympathique, comme d'habitude.

Qu'est-ce que j'au vu ces 11 dernières semaines ?
 
Le discours d'un roi (Tom Hooper, 2010)
Grand Budapest Hotel (Wes Anderson, 2014)
The Monuments Men (George Clooney, 2014)
Chevalier (Brian Helgeland, 2001)
Aimer. boire et chanter (Alain Resnais, 2014)

Gone Girl (David Fincher, 2014)
Comme quoi, il ne faut jamais désespérer. Quelqu'un qui a fait Fight Club ne PEUT PAS ne pas être un génie et finira bien par pondre un autre chef d'oeuvre un jour (pas que j'ai pas aimé ses autres films, mais c'était pas à sauter au plafond non plus). David Fincher, je croyais en toi, et hourra, j'ai pu voir avec Gone Girl un film qui me lâchera plus jamais, un chef d'oeuvre. Voui voui.
Mise en scène impeccable, acteurs du feu de Dieu (oui, je suis bien en train de dire que Ben Affleck est un acteur du feu de Dieu), suspens juste comme il faut, jeu d'echec qui te fait ju-bi-ler devant ton écran, le film a vraiment tout pour plaire et dresse un tableau de société au carsher (surtout de la société américaine, mais on y viendra nous aussi, pas l'ombre d'un doute). Cerise sur le gâteau : c'est un film 100% 2014 et c'est pas tous les jours que ca arrive (filmer la modernité, c'est pas facile).


Letters of Iwo Jima (Clint Eastwood, 2006)
Lucy (Luc Besson, 2014)

La pirogue (Moussa Touré, 2012)
Des clandestins sénégalais, embarqués sur une Pirogue, en direction de l'Espagne. On peut se dire que ca sent le sujet d'actualité, mais on a tellement l'impression d'avoir vécu pendant deux heures cette traversée avec eux, qu'on a mal partout une fois le film terminé.


Tonnerre (Guillaume Brac, 2013)
Je me suis ennuyée ferme pendant le film, même s'il a un certrain charme, au final. Et Solène Rigot est super méga jolie.

dimanche, 24 mai 2015

Des nouvelles

Une superbe video au son pourri (préparez-vous à ce qu'un piaf vous arrache les oreilles):

 

On va améliorer la qualité des vidéos au fur et à mesure, promis...

dimanche, 10 mai 2015

C'est fatiguant de travailler

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Copyright: jorge cham


On a bien cru qu'on allait en mourir, mais on est toujours vivants.

Ces cinq dernières semaines, Tonio et moi étions coincés entre deux deadlines. À la mi-avril, on devait rendre un papier pour une conférence, et vendredi dernier, on devait présenter un poster à une autre conférence. Le plan de départ était de présenter, pour le papier comme pour le poster, une analyse des adjectifs en espagnol et en francais.

La conférence internationale de MVFD (Mon Very Framework qui Déchire) a lieu tous les ans en août. Cette année, elle a lieu en Asie. J'en ai déjà laissé passé deux sans sourciller depuis que je travaille avec Konfus, et il était donc indispensable cette année d'au moins soumettre quelque chose. D'autant qu'une communication à cette conférence annuelle débouche sur une publication, et que dans le monde scientifique actuel, si tu ne publies pas, tu n'existes pas (je me fiche un peu de ne pas exister, mais pas complètement quand même). Mais la vraie motivation, pour être honnête, c'est que les conférences sont super boostantes, mais qu'on peut toujours rêver pour obtenir les financements si on ne présente pas quelque chose. La fac te paye l'avion uniquement si tu vas afficher son logo sur un écran ou au haut d'un poster, pas pour que tu ailles apprendre des trucs.

On a donc décidé de présenter une analyse à deux, en se disant que deux cerveaux valent mieux qu'un. C'était la première fois que je travaillais en collaboration sur une analyse, ça nous a pris un peu de temps pour réussir à se coordonner, mais au final, on était très soulagés d'avoir fait cause commune. Après une nuit blanche, on a soumis nos 5 pages d'analyse un peu bancale. On nous signifiera d'ici fin mai si notre papier est accepté pour faire l'objet d'une communication (avec publication à la clé), pour faire l'objet d'un poster (sans publication) ou s'il est refusé. Il paraît qu'il y a eu peu de soumissions cette année, ça nous sauvera peut-être. Nous serions tous les deux parfaitement satisfaits de n'obtenir que le poster. C'est moins de stress, moins de travail, et ça suffit pour obtenir un financement.

À peine remis de notre papier, il a fallu enchaîner sur la préparation du poster. Cette fois, il s'agissait de présenter quelque chose à la conférence de clôture du projet collaboratif dans lequel travaillent Konfus Junior et Melinda. Le projet se termine en juin, raison pour laquelle ces deux collègues ont dû chercher un travail ailleurs et vont quitter la fac dans un mois. Et c'est parce qu'ils ont trouvé tous les deux un travail à mi-temps dans une autre fac qu'une partie du temps qui leur était imparti sur le projet s'est trouvé vacant, et que Tonio, puis moi, avons récupéré ce temps (et les sous qui vont avec). C'était aussi dans ce projet que j'avais eu une bourse pendant six mois avant d'obtenir mon poste à mi-temps à la fac. Mais maintenant que nous faisions partie du projet (depuis à peine un mois en ce qui me concerne), il nous fallait présenter un poster ensemble.

On voulait implémenter quelque chose d'assez simple en partant de nos travaux sur le papier pour la conférence MVFD et le présenter dans ses grandes lignes. Mais il n'existait aucune analyse MVFD des adjectifs espagnols, l'analyse MVFD des adjectifs français existante n'avait aucune analyse sémantique et plus nous nous penchions dessus, plus l'analyse sémantique nous semblait un fatras sans nom. En désespoir de cause, on a juste expliqué vaguement comment marchait une implémentation. Comme ça consistait principalement à résumer les dix dernières années de travail de Konfus, il a été décidé de le rajouter comme co-auteur sur le poster. La conférence de clôture a eu lieu ce week-end, la présentation des posters s'est bien passée et on a tous pu rentrer chez soi souffler.

L'idéal serait donc de continuer à ce rythme sans discontinuer. Y'aurait même moyen comme ça que je termine vraiment mon doctorat en trois ans. But I'd probably be dead.