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mercredi, 19 septembre 2007

Petit retour sur la question kosovarde

J'étais moi-même perdue dans cette grande discution infinie, et j'ai donc fini par avoir un résumé à peu près clair :

Le Kosovo est une province de Serbie (au même titre que la Voïvodine et que la Serbie (elle-même la partie centrale de la Serbie, vous suivez toujours ?)).
Le Kosovo réclame son indépendance (donc de former un Etat).
La Serbie propose actuellement d'accorder l'autonomie au Kosovo (donc un statut intermédiaire entre province et indépendant, le statut qu'avait le Monténégro il y a peu, du temps où la Yougoslavie existait encore).

Bien évidement, le Kosovo ne veut pas être autonome, la Serbie ne veut pas que le Kosovo soit indépendant, et par conséquent tout le monde se tape dessus.
Sous les yeux des Nations Unies qui essayent désespérement de jouer le rôle d'arbitre.

A l'heure actuelle, le Kosovo n'est donc ni autonome, ni indépendant. Ce n'est qu'une province.
Cependant, la monnaie en usage au kosovo est l'euro, et non le dinar comme dans l'ensemble de la serbie.

Le résultat final de ce match aux multiples prolongations devrait avoir lieu le 10 décembre 2007.
A moins d'une nouvelle prolongation...

Ne surtout pas paniquer

Oral de littérature ce matin.

Ne surtout pas paniquer...

Se lever tranquillement, respirer calmement. Faire comme tous les matins, mes biscottes, mon chocolat, lire tranquillement les derniers posts, des dernières nouvelles...

A la Une du Courrier des Balkans ce matin : Haradinaj, ancien commandant de l'UCK, actuellement en détention au Tribunal de La Haye car accusé de crime contre l'humanité, a obtenu le droit de se présenter aux élections législatives.

http://balkans.courriers.info/article8799.html

Ne surtout pas paniquer... 

dimanche, 02 septembre 2007

Dani Piva, Jour 7 (et dernier jour)


podcast
 

Une dernière journée donc jeudi.
Stevan rentre très tôt du boulot, et est assez vaillant, quoique mal en point pour regarder des films. Ce que nous faisons. Ratatouille (et c'est vrai que c'est pas mal finalement) avant le repas, Surf's Up (une recherche intéressante de réalisme-pastiche de documentaire sauce américaine) après.
Puis longue promenade avec Dunja et ses bébés, où pendant que la mère et la fille règlent leurs comptes en avant, nous restons en arrière...

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La soirée pleine de promesses (élection de Miss Zrenjanin, quel spectacle en perspective !) est annulée, pour cause de pluie intempestive. Les zrenjaninois n'y croyaient plus, Stevan jubile. Pour ma part je suis un peu écoeurée de me dire qu'avant de retourner à Paris j'ai l'honneur de vivre la seule journée de pluie du mois d'août en Serbie.

Puis enfin, le lendemain, il faut rentrer.
Aucun incident cette fois-ci, Stevan m'accompagne en Yugo jusqu'à Belgrade, nous arrivons très tôt, en profitons après avoir payé ma réservation pour nous gaver de petits biscuits une dernière fois. Notre gourmandise nous perdra...

Dans le bus cette fois-ci, un groupe de français, qui ne comprennent pas un mot de serbe, observent les autochtones comme s'ils s'agissait de singes d'une espèce particulièrement ridicule. Rien à espérer de leur côté, d'ailleurs ils restent à discuter entre eux.
Lecture jusque vers 18h, où je sors un paquet de gateaux et en offre en français à mon voisin. Celui-ci, qui en me voyant visiblement ne pas comprendre le serbe et lire de l'allemand ne savait jusqu'ici pas en quoi me parler, saute sur l'occasion. Il a 16 ans, vit à Aulnay (pour un peu nous serions voisins). Nous parlons Serbie, Voïvodine, collège, mangas, films, musique... que sais-je encore. Il m'abreuve d'un flot ininterrompu de paroles jusqu'à 22h30, heure à laquelle, m'ayant prêté son lecteur MP3, il se rabbat sur notre voisin de la rangée d'en face. C'est visiblement un fan de narodna musika (ou du moinsde ce que Stevan appellerait de la narodna musika (car si les serbes ont tous l'air d'accord pour dire que la narodna musika est merdique, ils n'en ont pas tous la même définition)), il ne connaît même pas Van Gogh (quelle inculture profonde !) : je découvre ainsi Sasa Matic, Magazin, Osman Hadzic, Zdravko Colic, Bajaga et Igor Popovic.
Des km et des km de bouchons plus tard (ben oui, nous ne sommes pas les seuls à rentrer in extremis avant la rentrée des classes), nous arrivons avec 5h de retard à Strasbourg. J'abandonne mes compagnons de bus à leur sort et aux km et km de bouchons qui les attendent encore avant d'atteindre la capitale, en me félicitant d'avoir choisi l'option Strasbourg cette fois-ci. TGV-Est, et je suis à Paris à 14h.

Ecoeurée de découvrir à 17h les portes de ma fac fermées, sans un mot d'explication, le jour de l'affichage des oraux. Quelle bande de...

jeudi, 30 août 2007

Sont pas resistants, ces serbes

La chaleur ne fait pas que des heureux.
Aleksandar a la diarhee.
Aleksandra git sous 40 degres de fievre.
Stevan est enrhume et passe ses journees a dormir.
Sont pas resistants ces serbes.

Pendant ce temps, moi, je profite de mes fins de matinee pour aller me bonzer les gambettes en bouquinant sur un banc sur la place de l'eglise.

Stevan aurait bien pris des conges maladie, mais son collegue qui est en conges maladie depuis un mois et devait rentrer hier est alle voir le docteur qui a rallonge son conge de 2 semaines, et comme l'autre collegue de Stevan est en conge maternite, Stevan ne peut pas prendre de conge parce que sinon les trois informaticiens de la boite seraient en conge. Heureusement il va peut-etre pouvoir s'arranger avec son collegue la semaine prochaine pour prendre un conge quand meme, mais pour le moment c'est pas possible.
Vous avez compris ? Bon, c'est pas grave, moi non plus.

Par consequent, en rentrant du boulot, Stevan dors.
Par consequent, apres avoir passe la matinee a faire de l'allemand, je passe mon apres-midi a faire de l'allemand. Les rhumes des autres, c'est tres pratique au moment des revisions.

La fete de la biere se fait plus discrete pendant la semaine.

Lundi, nous sommes alles ecouter les Mamurno Jutro dans le parc derriere la mairie. Finalement, comme ce n'etait en definitive que de la musique "pour les vieux", on a continue a se promener, et pour pas changer je suis restee des heures hypnotisee par les danses traditionelles. Nous avons vu plusieurs groupes polonais, et je suis absoluement certaine que les derniers a se produire venaient de la meme aire culturelle que Zilina en Slovaquie (voir carnet de voyage), car j'ai reconnu sans le moindre doute les costumes et la maniere de danser des garcons (qui tiens plus de l'exploit sportif que de la danse au sens habituel du terme). Cela dit, comme Stevan n'est pas emballe par la danse traditionelle, nous avons bien du finir par faire mine de partir, pour rencontrer immediatement Lazar et Goran, qui avec les autres metaleux avaient delaisse les abords du petit lac pour venir se fixer sous le bateau retourne (pourquoi ? mystere...). Puis nous sommes alles voir les groupes zrenjaninois qui se produisaient sur l'estrade principale, et nous n'avons tenu que deux chansons au son melodieusement faux d'une gothique, mais peut-etre ce son fort disharmonieux etait-il voulu, nous ne le saurons jamais.

Mardi, Stevan commencait a etre vraiment tres fatigue. D'ailleurs le programme ne lui disait rien qui vaille, et apres avoir achete un stock de mouchoirs pour son usage personnel, nous avons fait un tour a la fete foraine avant de rentrer. Il s'est meme couche de bonne heure, exploit sans precedent., il doit etre vraiment malade.

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Hier, ce n'est pas facon de parler que de dire que Stevan a dormi toute la journee. En fin d'apres-midi, je me suis decidee a sortir toute seule, parce que mon livre actuel aux phrases interminables, au bout d'une journee de lecture, me lassait prodigieusement. Je suis donc allee toute seule me planter devant des gosses qui dansaient - devinez quoi - des danses folkloriques, avant d'aller acheter une cargaison de mouchoirs. Je suis aussi allee a la galerie d'art moderne (une bien ronflante appellation pour une salle de 50m2 aux murs de laquelle sont suspendus cinq ou six tableaux). J'avais rencontree l'artiste, Sejma Prodanovic, une jeune artiste peintre de Belgrade, par hasard mardi matin, en me faisant aborder sur mon banc par son copain lourd. Copain lourd donc, mais la jeune fille est interessante, ses constructions de "theatre 2D" sont pleines de bonnes idees, meme si je ne suis pas une grande grande specialiste es Art contemporain, et la carte de visite avec 30 numeros et e-mails du mec fait un tres bon marque-page pour mon livre, ce qui tombe a pic.
Si vous etes curieux : http://www.artmajeur.com/sejma/

Le soir, des musiciens grecs venaient jouer des airs populaires dans le parc derriere la mairie. Nous avons donc passe une petite heure la-bas, a regarder les gamins se courir apres et se taper avec des ballons. Romantique a souhait.

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Pour manger, nous etions invites chez une amie de la mere de Stevan, qui faisait un barbecue pour feter les trois jours de "permission" (j'ignore le terme exact, meme en francais) de son fils, en prison pour 3ans pour trafic de drogue. Charmant, n'est-ce pas ? S'en est suivi entre nous deux une conversation sur les prisons en France, sujet sur lequel je suis plus que limitee, n'ayant aucun ami en prison. "Aucun ?!? C'est marrant, je dois bien en avoir 3 ou 4." J'ignore donc dans quelle conditions on laisse les detenus revenir quelques jours chez eux, ni meme si c'est le cas.
Il n'y a d'ailleurs bien que ledit dealer, un peu taciturne mais gentil apres tout, qui a fait un effort pour me faire un peu de conversation a cette soiree. Conversation limitee par son anglais tres restreint et mes references culturelles limitees (he non, je n'ai jamais vu Sex and the City, et je ne sais meme pas de quoi ca peut bien parler). Exactement le genre de soiree dont j'ai horreur, ou les hotes pensent avoir rempli leur devoir d'hospitalite en me plantant devant une assiette et un verre et en me forcant a le reservir a chaque fois que je fais une pause pour prendre ma respiration. Puisqu'elle ne peut pas parler, faisons en sorte d'occuper sa bouche, par consequent elle ne s'ennuira pas. Le summum de cette fantastique soiree ayant ete atteind lorsque la grande soeur du gentil garcon a plante ses fesses contre le nez de Stevan pour lui faire examiner tout a loisir son nouveau tatouage tres tres en bas du dos, et si il ne trouvait pas que ca lui allait tres bien. Par consequent j'ai decide d'etre idiote et de ne plus savoir parler serbe le temps d'une soiree, histoire de ne pas avoir a repondre aux exclamations enthousiastes "je lepa devojtica !". C'est bon, ca va, je sais, je suis belle.

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Ou vous remarquerez que je pratique avec un naturel desarmant le sourire hypocrite.

La soiree s'est conclue sur une visite a Dunja, qui s'est enguirlandee avec sa maman pour des raisons qui me sont incomprehensibles, et donc on s'est separes en embrassant le pauvre petit frere malade, en refusant d'embrasser la maman et en se hurlant un dernier coup dessus pendant que j'essayais d'attacher mes chaussures le plus rapidement possible pour pas faire s'eterniser la situation.

Je conclue sur des nouvelles heureuses (sinon optimistes) de notre journaliste, qui m'avoue dans un mail ce matin s'etre faite engueulee hier par D***, notre cher ministre es instits itself (ah zut, fallait dire himself ?), un peu susceptible que quelqu'un ait ose en l'interviewant emettre un jugement qui pouvait s'averez comme une critique a son encontre.
L'est bien cette fille, j'vous dit.

mercredi, 29 août 2007

Petit (tout petit) tour d'horizon

J'avais promis a Winnie des images des tres beaux petits tableaux qui sont dans la chambre de Dunja. Mes petits compagnons en quelque sorte...
 
Comme il se doit, de l'ortodoxe...
 
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... et du catholique.
 
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Et mon petit prefere pour finir : 
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lundi, 27 août 2007

Dani Piva, jours 2 et 3 (week-end)

Ce samedi, c'est pas que Zrenjanin nous ennuie, mais...

Dans un petit village de 300 habitants a mi-chemin entre Zrenjanin et Vrsac, les 24 et 25 aout, on a installe le "Rock Village", ou si vous preferez, le Marathon du rock.
Pendant deux jours, a partir de 19h et jusqu'a 3h du matin, des groupes rock se relayent pour maintenir leur public dechaine en transe perpetuelle.

Qui dit rock, dit plein de metaleux en T-shirt noirs en perspective.
Bien evidement, Lazar est de la partie. Avec un beau T-shirt noir avec un squelette sur une mobilette.

Je ne tiens plus en place depuis que je suis arrivee et que Stevan m'a annonce le programme : mes amis, y'a les Van Gogh ce soir !!! Faut pas les rater, hein, faut surtout pas les rater, on part quand, dis, on part quand ?!?

On a eu un peu peur quand la cousine de Stevan decide soudain de venir samedi au lieu de dimanche. J'espere qu'on va pas arriver trop tard, on ne pourra partir qu'a 20h au plus tot. Stevan telephone a l'organisation. "Les Van Gogh ? A 1h45..."
Ah ben oui, alors, ca va, on aura le temps...

Stevan est retombe a nouveau malade, le rhume du siecle. On se ballade un peu, le temps d'apercevoir les Flamingosi sur la place de l'eglise (mais si, rappelez-vous, les chanteurs de l'eurosong de 2006 dont je vous rebats les oreilles). Et a 21h, on pars de Zrenjanin. Lazar est la, avec un copain, Goran, un habitue des bars de Zrenjanin ou on passe de la musique rock. C'est comme ca qu'il connait Lazar et Stevan, dont il me fait la louange pendant des heures. Comme si j'avais besoin d'etre convaincue.
A la fin de la soiree il finira par me poser la question qui lui brule les levres, celle que tout les gens en Serbie me posent immanquablement : "Y'a beaucoup de noirs en France ?" Le noir, cet animal etrange, et so exotique. Enfin bref, passons.

Nous arrivons juste a temps pour... mais quelle est cette musique enchanteresse qui parvient jusqu'a mes oreilles ?
Le groupe "A tribute to AC-DC" vient juste d'entrer en scene. Aucun d'entre nous n'aurait voulu le rater. Les dieux du heavy metal, incarne par un tres bon groupe, qui fait de tres bonnes reprises, fideles le plus possible aux originaux. En concert, ca rends vraiment, mais alors vraiment super bien.
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Allez, pour se faire plaisir...


 
 
C'est au tour d'Alogia d'entrer en scene. D'apres Lazar et Goran, c'est le meilleur groupe serbe heavy metal du moment. Tous les deux sont venus surtout pour ce groupe.
Avec Stevan, nous les laissons profiter de leur spectacle, pendant que nous allons nous gaver de petits biscuits dans la voiture.
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Nous revenons pour le groupe suivant : Irina i Storm. Ladite Irina est une nouvelle chanteuse rock. Elle a fait deja un ou deux album avec son groupe, les Storm, mais elle ne chantera qu'une de ses chansons avant de faire une serie de reprises. Les garcons ont dans l'ensemble bien aime. Je suis tres mitigee, personnellement je trouve qu'Irina etait un peu trop occupee par sa longue chevelure rousse, par son joli tatouage en haut des fesses, par sa voix suave qui commencait a derailler a la fin du concert et par son beau guitariste au grand sourire pour vraiment se donner a fond dans ce qu'elle chantait. Meme si ma foi, un "Welcome to the jugle" ca ne se refuse pas.
D'ailleurs, tiens, un petit "Welcome to the jungle" ? Allez, ca ne se refuse pas...


 
 
Bon, c'est pas tout ca mais... oh, que vois je ? mais c'est que j'apercois un crane herisse de cheveux blonds...
Je trepigne d'impatience. Ils faudra bien dix minutes encore pour faire les reglages (les Van Gogh apparement ne travaillent pas avec le matos des autres). Stevan et Lazar sont moins enthousiastes que moi, c'est qu'ils ont vu Van Gogh en concert je-ne-sais-ou samedi dernier justement. "Regarde, regarde, c'est eux ! - Mais oui, mais oui, c'est merveilleux."
Soudain monte dans les airs les notes de la 9eme de Beethoven...

La foule des spectateur a double d'un seul coup, des tas de jeunes filles hysteriques se pressent contre l'estrade pour essayer de toucher un bout de pied du chanteur ou du guitariste.
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Personnellement, j'ai un petit tout petit petit faible pour le guitariste... (ci-dessus) Meme si il est encore mieux dans son costume de squelette (cf : carnet de voyage, 1er concert de Van Gogh).
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"T'es vraiment une fille, hein..." Bon, d'accord, c'est vrai.
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Il faut avouer que, ou qu'ils se produisent, les Van Gogh sont surs de leur succes, et ils en rajoutent un petit peu. Mais c'est tellement bien ! Seul regret : qu'ils aient repris autant de morceaux lents.
Bien evidement et comme il se doit, c'est la chanson "neko te ima nocas" qui cloture le concert.
Et pour finir sur ce concert merveilleux, une petite photo que j'adore :
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Il est 3h du mat' et on s'attaque a quatre au dernier paquet de gateaux. Je creve de faim. Sur la route du retour, les deux a l'arriere se sont endormis, et avec Stevan on va s'acheter de quoi grignoter tout en continuant notre route au son du nouvel auto-radio de Stevan.
Le temps qu'on arrive a Zrenjanin, qu'on decharge les deux endormis dans leurs maisons respectives, et entre temps le soleil s'est leve.
Stevan m'emmene au bord du grand lac. C'est le rendez-vous des jeunes a Zrenjanin. Le soir, lorsque tous les bars ont ferme, ils se retrouvent ici, sur la plage. Il y a un petit cabanon, avec le materiel necessaire pour assourdir le voisinage juqu'au bout de la nuit. On reste quelque minutes regarder les derniers acharnes, qui ont tous des yeux rouges et bouffis. Bon, je ne dis rien, parce qu'on doit pas etre tristes a voir non plus.
On rentre a la maison. Dodo...

Je me reveille a 15h. Stevan est leve depuis une heure. Moi qui voulait aller a la messe, c'est rate.
On mange, on regrde Indigenes, on se rendors (oui, on est tres fatigues), on mange.

Il est 21h et on va jeter un coup d'oeil a la fete de la biere.
La scene sur la place de l'eglise est demontee, mais pour le reste, la fete bats son plein.
Comme tous les soirs, nous rendons une petite visite a Jugoslav qui se morfond dans le musee desert. Il y fait son service militaire, et en ce moment il doit rester tous les soirs jusqu'a minuit. Dans deux semaines le service militaire est fini pour lui, et il ira a Belgrade ou il a trouve un super boulot. Jugoslav a finit une ecole d'electronique tres cotee, et il gagne plus de 1000 euros par mois, soit plus de dix fois plus que Dunja, et presque 5 fois le salaire de Stevan. Autant dire que pour un serbe, il est plein aux as. Et attendant, ca fait 9 mois de service qu'il ne gagne rien et qu'il s'ennuie ferme. Vivement donc pour lui que ces deux semaines soient passees, meme si je suis un peu triste qu'il s'en aille, parce que je risque de ne pas beaucoup le revoir. J'irai toute seule a l'eglise orthodoxe.

Sur la scene principale, il y a ce soir un groupe que Stevan ne connait pas, Penthouse Bend. On va y faire un tour, "juste pour voir". Du coup, on restera jusqu'aux derniers morceaux a danser, et crier "encore une, encore une !". Penthouse Bend fait des reprises de tous les grands incontournables de la scene rock serbe et internationale (surtout serbe en fait). Bien sur, ils chantent "Rodjen Los" et "Neko te ima nocas" (que de variete, n'est-ce pas ?). C'est juste pendant cette chanson que nous rencontrons un des amis qui etait a Milan. Je ne me souviens pas du tout de lui, mais ca l'amuse beucoup de voir que la petite francaise qui ne parlait pas un mot de serbe chante maintenant a plein poumon du Van Gogh. La vie reserve parfois des surprises...
Pour ma part, j'ai fait le plein, et j'ai de quoi refaire de fond en comble mon article sur la musique serbe.

Il faut bien finir par partir. D'ailleurs il est presque munuit et Stevan travaille lundi. Donc au dodo.

Dani Piva, jour 1 (vendredi)

C'est a la nuit tombee que commencent les festivites.

Ca fait une semaine que Stevan ne parle que de ca : c'est Partibrejkers qui inaugure cette annee la fete de la biere a Zrenjanin. Pas de quoi sauter au plafond en ce que me concerne, mais Partibrejkers, c'est LE groupe de Zrenjanin qui a perce sur la scene nationale rock. Alors, si ils sont de Zrenjanin...

Le discours d'inauguration, ainsi que le concert phare du jour ont lieu sur l'estrade instalee du cote des Kineski (les petites boutiques chinoises ou on trouve de tout pas cher). Mais il y a encore quatre autres estrades dispersees un peu partout dans Zrenjanin. Dans le parc derriere la mairie, une petite estrade, c'est la musique "pour les vieux" (sic Stevan, comprendre la musique traditionnelle). Sur la place de l'eglise, les grands groupes du moment, pour faire plaisir aux ados qui regardent la Star Ac. De l'autre cote de la rue principale, sur la place du bateau retourne, une estrade ou viennent se produire danseurs folkloriques et petits groupes du coin. Enfin, derriere le lac, c'est l'espace "pour les enfants" (sic Stevan encore une fois, comprendre la fete foraine).
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C'est par ce dernier endroit que nous commencons. Stevan s'extasie devant la nouvelle attraction : le speed-train. Je suis sceptique. "de quoi ?!? mais y'a meme pas de looping, c'est trop naze !"

L'inauguration n'a encore commence, mais les groupent commencent deja a se produire sur les autres estrades. On se ballade un peu pour voir.
Sur l'estrade principale, on est en plein reglages. On les entends faire "un, deux, un, deux". Stevan ne tiens plus en place "Ecoute, ecoute, c'est eux ! - Mais oui, mais oui, c'est merveilleux."

Je m'arrete net sur la place du bateau retourne. Oh, delectation : des danses traditionnelles ! J'adooore.
Malheureusement, je n'arrive pas a mettre les videos sur Dailymotion, alors il faudra vous contenter d'une photo. Je retenterai l'experience depuis mon ordi a Drancy (et si ca ne marche toujours pas, il ne vous restera plus qu'a venir me voir a Berlin pour que je vous les montre !)
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Stevan m'arrache a mon emerveillement, parce que l'inauguration va commencer, et Partibrejkers va arriver, et il faut surtout pas les rater.
Blablablas par ci, merci a truc, a machin et a la ville de Zrenjanin. Et ca y est, la fete de la biere est ouverte !
Les Partibrejkers entrent en scene.
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J'aime beaucoup le petit guitariste rachitique sur la gauche.
La encore mes videos ne passent pas (et c'est fort dommage, car vous auriez pu voir une video exclusive d'un Stevan hurlant et sautant), mais pour ne pas rester sur votre faim, je vous passe LE tube incontournable des Partibrejkers, Rodjen Los (ne mauvais garcon).

Je suis pas une mega fan des Partibrejkers, mais faut avouer que sur scene c'est quand meme autre chose...

Stevan a vu Partibrejkers. Stevan est en week-end. Stevan n'est pas malade pour le moment. Stevan est heureux.
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Un premier jour vraiment sympa, et il y en aura encore bien d'autres.
Le jury francais (moi), apres avoir longuement reflechi a la question et meticuleusement observe toutes les filles qui se lancaient dans un concours acharne, decerne la palme de la courte-tenue a la demoiselle en pseudo-habit de sport rouge. La demoiselle en soutien-gorge avait fait tres fort, mais malheureusement pour elle son jeans lui arrivait presque jusqu'aux genous, ce qui la discalifiait irremediablement.

Un petit tour par le parc et la musique des "vieux", et on dit au revoir et a demain.
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vendredi, 24 août 2007

Les palpitantes aventures d'une vache sur la route de l'est

Lu avec difficulte les 33 premieres pages de mon bouquin en allemand. Le ton est trop serieux, trop d'adjectifs anteposes, j'ai du mal.

Je me suis donc d'abord rendue a Strasbourg en train. Le TGV-est, le beau, le fameux, l'unique... et cette fois-ci pas de retard "pour cause de presence d'enfants sur la voie" (cf : precedent voyage en Serbie en juillet). J'avais meme reussi a retrouver Winnie et son cher-et-tendre Gare de l'Est pour lui remettre les clefs de l'appart. J'espere que Loic entre temps avait fait place nette (quand je suis arrivee le matin, ma chambre etait envahie d'etendoirs a linge).

Bref, je suis dans le train, et j'entends de toutes part des allemands parler tres fort dans leur telephone. Presque un avant-gout de bonheur. J'essaye de me concentrer sur l'ennumeration des ancetres de l'auteur. Finalement je dors. Les allemands parlent tres fort en s'agitant dans tous les sens : on arrive.

Je decouvre donc Strasbourg (la derniere fois je n'avait pas quitte la gare). Je tombe de heut, mais il n'y a pas un seul bouquin en allemand dans les Relais de cette gare. Qu'est-ce que c'est que cette fausse ville cosmopolite. Il est 18h50, peu de chance d'atteindre la fameuse place Kleber et sa fameuse librairie Kleber avant la fermeture. J'essaye de savoir ou se trouve la gare routiere, on me donne une vague indication, a 400m sur la gauche. Je vais sur la gauche et je ne vois rien, mais un panneau m'indiaue la place Kleber. Je pars a la recherche de la place Kleber, en demana tous les passants qui sont super gentils, pour un peu ils m'accompagneraient, m'indiauent avec moults details, me laisse finalement partir au bout de 5mn d'explications, puis me courrent apres pour rajouter quelques details qui pourront encore m'aider a trouver. Je passe devant la place des Halles, puis la place de l'homme de fer et la place Kleber est la, avec la grande eglise, c'est joli comme tout. Bien sur la librairie est fermee, et vous allez pas me croire, il n'y a pas de brezels dans les boulangeries. Qu'est-ce que c'est que cette fausse ville semi-allemande ?

Je retourne a la gare en tramway (en commencant bien sur par prendre le B alors que je dois prendre le A avant de faire demi-tour et de reprendre le A) parce que mes petits pieds hauts perches commencent a fatiguer. J'interroge quelques passants sur cette fameuse gare routiere, parce que l'heure tourne. Les gens m'indiquent la place des Halles, ca ne fait pas mon affaire, ce n'est pas du tout ce que les gens de la gare m'ont indique. Je retourne a la gare, je redemande. Ben si, ils parlaient bien de la place des Halles. "Mais sur mon papier, y'a marque rue Lefebvre, Couffignal" On me retorque que ce doit etre le nom de la rue si on rentre par la place des Halles par un autre cote (que bien sur ils ne connaissent pas, mais y'a pqs de doute, c'est la). Ils ne manquent pas de me faire comprendre que je suis un peu bouchee parce qu'ils me l'ont deja explique y'a une heure.
Personnellement, je n'ai deja plus de pied, et la place est loin de se trouver a 400m sur la gauche. Je prends le tram. C'est a deux stations. Juste quend je sors du tram, je me rends compte que y'a une station sur la ligne A qui s'appelle "Couffignal", bien bien loin de la ou je suis. Je cours (ou je me traine miserablement, au choix) jusqu'a la place des Halles, tout est ferme, pas un bus, un panneau affiche un bus a 20h20. Rien a voir avec le mien.
Je retourne a la station de tram en maudissant les gens de la gare, je regarde sur le plan, il y a bien une avenue Lefebvre a cote de l'arret Couffignal. Il est 20h30, mon bus part a 21h, et j'ai un tram dans... 13mn. C'est pas vrai ! Je me ronge les ongles, !#mn, je me ronge les ongles, le tram, je me ronge les ongles, station truc, station bidule, station machin, je me ronge les ongles, station Lycee Couffignal. Je vois un bus. Je cours (si si, la je cours vraiment). "C'est le bus pour ? - Budapest - Et le bus pour Belgrade ? - Il est juste la". Je cours, blabla avec les chauffeurs, qui ne parlent toujours pas francais (mais la j'ai l'habitude), je donne mon gros sac, je monte. Il est 21h02. J'y suis arrivee.

Dans le bus, on m'indique deux places libres. Chouette, je vais pouvoir m'allonger pour dormir. Incroyable mais vrai, cette fois-ci le film qu'on passe n'est pas un gros navet serbe avec des filles fil-de-fer et des bons gros gags salaces avec rires preenregistres en prime. Je n'en crois pas mes yeux : c'est La vie est un miracle de Kusturica. Joie ! Le film vient juste de commencer. Nous decollons de la gare routiere a 21h58. C'etait bien la peine que je courre comme ca...
Apres le film, je sors mon sac de couchage (nouvelle resolution : toujours prendre mon sac de couchage quand je dois dormir dans un bus, parce que je commence a en avoir assez, deja qu'o dors mal, de me reveiller toutes les 5mn a cause du froid). Zut, j'ai rien mange, tant pis, dodo.

6h37. "Ragnagna gnagna passoche gnagna" Passeport : on est a la frontiere slovene. Le ciel est plin de nuages, il fait gris, je prends mon gilet pour descendre. Dehors c'est le choc, on se croirait dans une fournaise, il faut enlever le gilet. Je me maudit d'etre en pantalon. Il n'est que 7h du matin, ca promet. En remontant, je discute avec la dame en face de moi. Il parait que c'est la canicule en Serbie. Chouette. Dans le bus, je suis a une table a 4, en face de moi il y a cette madame, sur les sieges a cote de moi un vieux monsieur avec un bras dans le platre, sur les sieges a cote de la femme en face de moi une femme avec un petit garcon, et encore derriere eux un couple avec un petit monsieur a moustache. Le petit monsieur a moustache n'arrete pas de faire des blagues. Il parle mal le francais, mais me pose plein de question. Au bout de 10mn, tout ce petit monde se mets a discuter de ma situation avec Stevan, me pose plein de questions sur lui, puis on discute d'autre chose, puis on s'endors.
"Ragnagna gnagna passoche gnagna" On est a la frontiere croate. On a fait passer le gobelet en plastique. C'est traditionnel : aux frontieres croates et/ou serbes, chacun donne 3 euros. On remets ca aux douaniers, et on nous fiche la paix. C'est beau la democratie. A chaque fois, il y a quelau'un pour raconter comment, un jour, ils n'ont rien donne, on on les a fait descendre pour verifier les bagages un par un. De preference les histroires se passent en hiver, sous la neige, et meme un fois la narratrice etait enceinte au moment des faits. Ca occupe pendant quelques minutes. Je soigne aussi discretement que je peux mes pauvres pieds couverts de cloques. Puis je me rendors.
Je me reveille et je lis un peu. L'auteur parle de sa grand-mere paternelle qui fetait une fete juive, je ne sais pas laquelle, le mot allemand ne me dit rien du tout. Je repose mon livre, le monsieur a moustache est tout fier de pouvoir me dire que je lis de l'allemand, le petit groupe se remets a discuter etudes, langues, puis on parle d'autre chose. La discussion derive sur Sarkozy (son nom est-il hongrois ou polonais ?) puis sur la ministresse de la justice (vous savez que son frere est un drogue ?), puis sur encore autre chose. En general, la discussion se fait en serbe, alors j'essaye d'attrapper un mot ici ou la, mais de temps quelqu'un se retourne vers moi pour me faire la traduction. Le petit garcon s'appelle Luka, son passeport passe de mains en mains, on s'extasie sur comme-il-est-mignon-sur-la-photo. J'apprends que Luka et la dame avec lui vont a Zrenjanin. On echange quelques mots sur la fete de la biere. Puis c'est la frontiere serbe. On a refait passe le gobelet, c'est jour de fete pour les douaniers aujourd'hui, on dirait. On s'arrete pour manger. Entre temps j'ai mage un petit gateau que j'avais amene, mais je dormais quand on s'est arrete avant. On arrive dans 1h, et je sais que la maman de Stevan attends toujours a la maison avec un bon petit plats les jours ou j'arrive, donc je prends juste a boire, parce qu'on meurt de chaud qudn on quitte le car. Luka a eu droit a une glace. Puis je m'endors jusqu'a Belgrade. Quqnd tout le monde s'agite, je sors de quoi me debarbouiller, pas de maquillage, il fait trop chaud. Mes voisins plaisantent parce que je me fait belle pour mon amour (ils traduisent directement du serbe, donc Stevan, c'est mon amour). On arrive "Ton amour est la ?" On a une demi-heure d'avance, il ne devrait pas tarder.

Au revoir aux gens. Je me pose sur le banc habituel. Environ une minute, puis je me leve pour acheter un coca, c'est intenable. En plus ma creme solaire est au fond du sac, je vais bien reussir a choper un coup de soleil en une demi-heure. J'hesite a me changer pour me mettre en jupe, mais au milieu du parc, ca craind un peu.

Puis Stevan arrive. Il fait 39 aujourd'hui, d'habitude il en fait facile 5 de moins. Rapide calcul, je me dit que 34, c'est quand meme beaucoup...
Nebojsa est avec lui (un ancien voisin, qui etait a Taize lui aussi). On va au Metro, un grand magasin, une sorte d'immense darty mais qui vendrait aussi de la bouffe. N'ont le droit d'y aller que les entreprises, et ceux qui par le biais de l'entreprise ont la carte Metro. C'est une concept allemand, je me rappelle etre allee au Metro a Berlin, parce que le pere de Karolina avait la fameuse carte Metro. Nebojsa a la carte Metro lui aussi, alors Stevan va acheter un auto-radio pour sa Yugo. Nebojsa fait tous les etalages un par un, fini par acheter un desodorisant pour voiture. Puis on repars sur Zrenjanin. Voyage agremente par les blagues de Nebojsa, qui a decidement un humour pourri. Je rigole, ha ha ha, que c'est drole, et j'en profite pour apprendre quelques mots serbes.

Quand on arrive, c'est direct la douche. Ce sejour sera "mini-jupe obligatoire". Et encore, je creve de chaud. Il est 18h15, on passe a table (c'est que je commencais a avoir faim), je decouvre que les serbes ont un fromage qui s'appelle Kiri et a un gout de Vache-qui-rit. Je retrouve avec joie le plat de tomates et poivrons rouges.
Ballade dans Zrenjanin, courses pour la maman. Puis on rentre, on regarde le film Les simpsons. La maman nous prepare un truc super bon : une sorte de burek, mais avec seulement du fromage, et cuit au four (pas frit comme le burek). Miam miam. Puis le raisin du verger du grand-pere. Miam miam.

Apres ca, je m'endors comme une masse devant je ne sais plus quel comique pas comique que Stevan adore. Du coup, j'ai passe la nuit toute habillee et Stevan est alle dormir dans la chambre de sa soeur, qui n'a pas d'anti-moustique, et ce matin il ralait. Moi je me suis reveillee a 7h quand il est parti, et impossible de me rendormir, il fait trop chaud.

Sur ce, je vous laisse.

vendredi, 13 juillet 2007

Retour

 

Encore des aventures pour ce retour plein de rebondissements.

Nous n'avons pas de voiture, donc nous prenons un taxi. C'est un réflexe que je n'ai pas en France, parce que les taxis sont très chers. Ici, il nous faut moins d'un euro pour rejoindre la station de bus principale où je dois normalement prendre un bus pour Belgrade. Mais à peine sur le troittoir, un chauffeur nous hèle : 350 dinars le trajet jusqu'à Belgrade. Un peu plus de 4€. Très bien, ça marche. Moi, un peu dubitative, je me demande comment vont faire les transports en commun pour se développer si tout le monde réagit de la sorte. Mais je suppose que mes scrupules d'occidentale sont anachroniques ici (un peu comme quand je veux jeter les emballages dans une poubelle de recyclage).
Il faut donc dire adieu à mon chéri. C'est attroce.

Le chauffeur est réglo et n'essaye pas de m'arnaquer sur le prix. C'est déjà ça. Même si maintenant on ne me la fait plus.
Malheureusement quand j'arrive pour prendre ma réservation, j'apprends la bonne nouvelle : il n'y a pas de bus pour Paris aujourd'hui. Et voilà, c'est la première fois qu'on oublie de téléphoner pour vérifier, et juste c'était la mauvaise. "N'importe quel bus qui va en France !
- Montpellier ?
- Parfait !"
Donc à 11h, j'ai mon bus pour Montpellier. En attendant je prends un coca dans un café (je commence à maîtriser cet exercice comme une pro... aux vacances prochaines, je passe au jus de fruit). Le prix est le même, 90 dinars.
Et à 11h, c'est parti.

A peine rentrée dans le bus, le monsieur derrière moi me prends en amitié. C'est un vieux monsieur du sud de la Serbie (au sud de Nis) aux magnifiques yeux bleus qui sourit tout le temps. D'ailleurs j'ai souvent remarqué que, autant les jeunes garçons serbes sont assez banals et les jeunes filles serbes magnifiques, les hommes vieillissent très bien (je trouve le grand-père de Stevan trop beau) alors que peu de femmes restent belles. Au début, je suis un petit peu gênée avec ce monsieur, peut-être parce que je sais les serbes bavards et que j'ai bien envie de lire mon bouquin de Julien Green. Mais très vite nous bavassons un peu de tout et de rien (et j'arrive quand même à avoir largement le temps de lire). Sa voisine rentre dans la conversation.
En fait, je crois que les serbes sont gravement en train de déteindre sur moi, parce que je me mets à discuter à droite et à gauche à chaque pause. Si ça continue je vais devenir bavarde et je vais demander mon chemin au lieu de regarder sur une carte (non, non, je ne fais aucune allusion à Stevan).

Comme je vous l'ai dit, j'ai tout de même eu le temps de lire.
Toujours Julien Green, toujours son autobiographie. Cette fois-ci j'ai entamé le deuxième tome. Et puis soudain sans comprendre comment, j'avais fini. Sauf qu'il était effectivement cinq heures et demi plus tard.
Alors j'ai entamé le troisième tome.
Lorsqu'en première année de prépa, j'ai lu Adrienne Mesurat, j'ai été epoustouflée. J'avais l'impression que c'était moi qu'on racontait. Puis Moïra et Varouna m'ont fait également une forte impression. Maintenant que je lis son autobiographie, je suis toujours aussi étonnée : comment un homosexuel américain dévoré de principes puritains à l'excès peut-il me raconter autant ? Je n'en reviens pas.
Mais de toute ma lecture, c'est cette phrase, du deuxième tome, qui m'a marquée :

"Le corps est le temple du Saint-Esprit".

Ce serait un peu difficile de vous expliquer pourquoi cette phrase a autant d'importance pour moi, mais j'ai cru en pleurer. Toute ma foi est dans cette phrase.

Julien Green a en plus ceci de merveilleux qu'il est imprimé par Brodard et Taupin. Je suis en effet une fan inconsidérée de Brodard et Taupin. Comment reconnaître un Brodard et Taupin ? Un Brodard et Taupin se caractérise par l'odeur du papier et celle de l'encre qui sont les plus agréables qu'on puisse trouver dans tout le monde l'imprimerie. On ne lit pas seulement un Brodard et Taupin, on le sent. Et on le touche aussi, même si en cela les Brodard et Taupin de la nouvelle génération déçoivent un petit peu par le toucher plastifié de la couverture. Les meilleurs Brodard et Taupins sont ceux des années 60-70 (ceux avec une très seyante tranche orange fluo ou marronnasse au choix). On les reconnait également bien sûr au fait qu'il y a écrit "imprimé en France par Brodard et Taupin" en avant-dernière page (ça aide).
C'est comme ça que je m'étais d'ailleurs décidée pour Adrienne Mesurat, piochant un livre au hasard parmi un de ceux dont je savais que je pourrai en dernier recours respirer le parfum si l'histoire se révélait vraiment assomante.

A part ça, certains autour de moi avaient des lectures nettement différentes. En hongrois, malheureusement, je ne peux même pas en profiter.

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Après Nice, Toulon, Marseille, Avignon, nous voici à Montpellier.
Je connais deux personnes sur Montpellier. Mais Coralie était en stage de violon et Lisa ne répondait pas au téléphone.
J'ai donc pris le premier train sur Toulouse.

C'est de chez moi, à Escalquens, que je vous écris.

mercredi, 11 juillet 2007

Lodi se débrouille toute seule comme une grande (épisode mardi)

 

Stevan qui se plaind toujours de ne pas avoir de voiture a cependant un vélo qu'il n'utilise plus depuis des années. Il a essayé de le remettre sur pattes, mais "les freins ne marchent pas".
Alors lundi soir il me montre la bête. "Ben qu'est-ce qu'elle a ? - Les freins sont durs, là, tu vois. - Mais non, ils sont pas durs, les miens sont pires, et mes roues sont rafistolées avec du fil de fer. Ton vélo est comme neuf."

Hier matin donc, j'enfourche la bête. Regardez comme elle est belle :

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Exceptée cette saleté de barre à cause de laquelle j'ai manqué me rétamer par terre au premier carrefour (et oui, vélo de garçon), elle est super. Comme c'est une demoiselle, je n'ai pas pu la baptiser Toto, mais je reréfléchirai à ce problème épineux sous peu. J'en parlerai avec Stevan.

Hier matin, donc, j'enfourche la bête. Et c'est parti pour la piscine !
Pour y aller, c'est très simple, Stevan m'a expliqué. Il faut aller au Green, puis continuer sur le pont et tout droit... à moins qu'il ait dit à gauche, et puis après on va tout droit jusqu'à ce qu'il n'y ai plus de route, à ce moment là on prend à gauche... ou à droite peut-être, et puis on suit la route toujours tout droit... sauf qu'il faut tourner à un moment...
Bref, au bout de quelques mètres je suis perdues. Mais pas de panique ! Car "Excusez-moi, savez-vous où se trouve la piscine ?" fait partie du vocabulaire que je maîtrise avec aisance et naturel. C'est en tout cas ce que j'ai essayé de faire croire. Pour rejoindre la piscine je n'ai eu qu'à interroger à tous les croisements les braves gens qui se trouvaient là. Alors certes je ne comprends rien à ce qu'ils me répondent, mais la Serbie a l'avantage d'être un pays où l'on parle avec les mains, et donc quand on vous indique une direction, c'est bien pratique. Il suffit de suivre les doigts, de faire comme si on avait compris, et de remercier bien gentillement avec un accent le plus voïvodin possible pour éviter d'attirer les soupçons.

J'ai quand même fini par arriver à la piscine, enchantée et ravie de cette ballade pleine d'imprévus. En plus il fait beau et on est presque en pleine campagne, c'est magnifique.

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Entrée aux frais de la société de Stevan (ce pays est un paradis je vous dit), piscine extérieure en été. Cet hiver, maintenant que j'ai un vélo, c'est promis, j'irai au saunat.

Retour très facile puisque je connais le chemin, il suffit de revenir sur mes pas... que je me dis.
Bref, après m'être perdue à nouveau trois fois, je vois un panneau "Zentar". Ah ben voilà, suffit de suivre les flèches.

Comme il est encore tôt, je vais faire un tour au marché.

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Je n'ai jamais vu des pastèques aussi énormes. Ca me donne presque envie... :P
Soudain l'orage éclate. Heureusement que je suis juste à côté, je rentre en vitesse. Depuis, ils ne fait que pleuvoir (c'est la vengance des français, avouez, vous avez fait des incantations vaudoues depuis une semaine).

L'après-midi se passe vec Jugoslav à la rcherche d'un cadeau pour Lazar qui fête son anniversaire.
Le soir nous nous rendons chez lui. "Tu veux quoi ? Bière ceci, bière cela, bière truc, rakija ou vodka ? - Ben, si y'a un truc sans alcool... - C'est pas vrai, Stevan, t'as réussi à trouver une buveuse d'eau comme toi ?" Finalement il me propose un jus de fruit. "Oui, ça ira très bien. - Pepsi ou orange ?" Ah, j'ignorais que le pepsi était un jus de fruit... "Pepsi, c'est super." Bref, Lazar est toujours fidèle à lui-même. Il a un tic : il tape dans ses mains quand on lui en sors une bien bonne. Je suis à chaque fois au bord de la crise cardiaque.
Lazar revient de Grèce et il a des milliards de choses à raconter à tout le monde. Je ne connais personne à part Jugoslav et un gars qu'on avait déjà rencontré à Vrsac lorsqu'on avait été voir Van Gogh pour la fête du vin et qui est trop occupé par sa nouvelle copine peroxydée pour discuter avec moi. Sinon, ce sont tous des métaleux, dont une fille qui ressemble aux gothiques de Saint-Sernin mais avec dix ans de plus et un bébé dans le ventre. Pendant qu'ils discutent, plaisantent et que Lazar tape dans ses mains, on se passe en fond sonore le best of de Guns and Roses. Génial. (d'où cette merveilleuse musique qui vous accompagne, "Paradise City").

Nous quittons le groupe au moment où ils vont attaquer la pastèque à la vodka.
Chao Lazar, à la prochaine !