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lundi, 27 août 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu les trois dernières semaines ?

Évidemment, ca a l'air beaucoup vu comme ca, mais 1) c'est (encore) les vacances 2) il fait assez beau pour que je traîne au lac quand j'ai le temps 3) c'est surtout des nouvelles.

L'héritage, Maupassant
Développement d'une nouvelle très courte déjà publiées quelques années plus tôt (j'ai malheureusement déjà oublié comment cela s'appelait). Le développement valait le coup, les personnages ont pris une dimension bien différente.

L'homme-fille, Maupassant

Domino, Marcel Achard
Je retrouve l'auteur de "Jean de la Lune" dans une histoire magnifique. Peut-être encore plus naif et romantique que "Jean de la lune", mais plus réussi, je trouve.

Les raisins de la colère, John Steinbeck
Relecture. Une histoire lue pour la première fois au collège et qui m'avait laissé surtout un goût de porc frit et de galettes de mais dans la bouche. J'ai retrouvé les saveurs intactes. Ce livre donne tout simplement faim (ou rend heureux de manger à sa faim).
La critique du capitalisme m'a semblée plus virulente qu'à la première lecture, sans doute parce que je suis mieux capable de la lire qu'alors. Je me demande si Steinbeck vivant en 2012 changerait d'une seule ligne de son roman. Ce qu'il dit en 1939 sur les banques fait tellement écho à notre crise financière version 2008 qu'on en reste pantois. L'homme n'a-t-il vraiment rien appris ? Ou alors n'y a-t-il rien à apprendre, juste une logique implacable, mêmes causes, mêmes conséquences ?

Si c’était une banque ou une compagnie foncière qui possédait la terre, le représentant disait : « La Banque ou la Compagnie… a besoin… veut… insiste… exige… comme si la Banque ou la Compagnie étaient des monstres doués de pensée et de sentiment qui les avaient eux-mêmes subjugués. [...] Et le représentant expliquait comment travaillait, comment pensait le monstre qui était plus puissant qu’eux-mêmes. Un homme peut garder sa terre tant qu’il a de quoi manger et payer ses impôts; c’est une chose qu’il peut faire.
Oui, il peut le faire jusqu’au jour où sa récolte lui fait défaut, alors il lui faut emprunter de l’argent à la banque.
Bien sûr… seulement, vous comprenez, une banque ou une compagnie ne peut pas faire ça, parce que ce ne sont pas des créatures qui respirent l’air, qui mangent la viande. Elles respirent les bénéfices; elles mangent l’intérêt de l’argent. Si elles n’en ont pas, elles meurent, tout comme vous mourriez sans air, sans viande.
C’est triste mais c’est comme ça. On n’y peut rien.

Et que dire de ces quelques lignes qui dépeignent si bien le gaspillage criminel du mais, des pommes de terre... Ce sont des choses si difficiles à faire comprendre, pourtant, pourquoi Steinbeck y arrive-t-il et pas moi, hein ? Parce qu'il utilise un lyrisme daté ? Il semble qu'il n'y a que ce lyrisme, en effet, pour exprimer la souffrance. Mais il ne passe pas en 2012, quel dommage.

Un million d'affamés ont besoin de fruits, et on arrose de pétrole les montagnes dorées.
Et l'odeur de pourriture envahit la contrée. On brûle du café dans les chaudières. On brûle le maïs pour se chauffer - le maïs fait du bon feu. On jette les pommes de terre à la rivière et on poste des gardes sur les rives pour interdire aux malheureux de les repêcher. On saigne les cochons et on les enterre, et la pourriture s'infiltre dans le sol.
Il y a là un crime si monstrueux qu'il dépasse l'entendement. Il y a là une souffrance telle qu'elle ne saurait être symbolisée par des larmes. Il y a là une faillite si retentissante qu'elle annihile toutes les réussites antérieures.

J'ai comme l'impression que les raisins de la colère ne sont pas encore mûrs.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Végétal" du Challenge Petit Bac. C'est le cinquième livre de ma PAL 2012.

Contes du jour et de la nuit, Maupassant
La parure, Maupassant
Une vente, Maupassant

Promenade, Maupassant
Solitude, Maupassant
Avec "Adieu", lu quelques temps avant, ce sont les premiers écrits de Maupssant sur le temps, la vieillesse et la mort.
"Solitude" est particulièrement touchant. Pas même une histoire, plutôt un discours, des réflexions sur la solitude de l'Homme.

La chambre 11, Maupassant
La peur, Maupassant
Un echec, Maupassant

Bel-Ami, Maupassant
J'ai pris un profond plaisir à retrouver enfin un roman de Maupassant. "Bel-Ami" a quelque chose de très balzacien.

Malades et médecins, Maupassant
La confession de Théodule Sabot, Maupassant
Conflits pour rire, Maupassant
En wagon, Maupassant

Histoire des codes secrets, Simon Singh
J'ai dévoré ce livre comme un bon roman. Moi qui n'avait aucune notion de cryptographie au delà des codes "Avocat" et "Samourai" chers aux scouts, j'ai été passionnée par le sujet tout au long des 500 pages de cet exposé. J'ai même réussi à comprendre quelque peu la partie sur les ordinateurs quantiques, ce qui n'est pas peu dire.
Évidemment, la partie sur les langues naturelles et le déchiffrement des hiéroglyphes et du linéaire B m'ont particulièrement accrochée, on est linguiste ou on ne l'est pas. Non mais sans blague, vous saviez que la langue Navajo avait joué un rôle important dans la deuxième guerre mondiale ?

Je remercie Pincho qui m'a procuré le livre :)

NB: C'est le sixième livre de ma PAL 2012.

Sauvée, 1885
Nos anglais, 1885
Toine, 1885
Le baptême, Maupassant
La bête à Maît' Belhomme, Maupassant
La confidence, Maupassant

La petite Roque, Maupassant
Un énorme coup de coeur pour ce texte en deux chapitre. Le premier chapitre est si sombre que je reconnais à peine Maupassant. L'histoire se résoud de manière plus classique dans le deuxième chapitre, c'est presque dommage.
Un village, une enfant retrouvée morte, violée et étranglée. On pense à Giono (et donc aussi aux "Âmes grises"), à Mirbeau un peu aussi, à Ondine (toujours cette eau qui fascine Maupassant).

L'auberge, Maupassant
Maupassant reprend ici un motif que j'ai déjà vu dans deux autres nouvellescréant l'angoisse avec un rien, et surtout avec un chien qui gratte à la porte. Des trois versions, c'est celle-ci que je préfère, je la trouve plus aboutie. La solitude, la folie, la neige. Et un chien.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Lieu" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Le signe, Maupassant
Julie Romain, Maupassant

Une page d'histoire inédite, Maupassant
Une aventure parisienne, Maupassant
Une famille, Maupassant
Rosalie Prudent, Maupassant

La question du latin, Maupassant
Le latin, voyez-vous, ca ne nourrit pas son homme.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Les plus beaux contes zens, Henri Brunel

Par delà le Bien et le Mal, Nietzsche et c'est vraiment bien (pas si long que ca, finalement)

Finale in Berlin, Len Deighton
Un roman d'espionnage entre Berlin Est et Berlin Ouest. Pas mal.

Qu'est-ce que j'ai vu ces trois dernières semaines ?

Rien.

Et apès ?

J'ai presque terminé mon tour d'horizon de Maupassant. Il me reste deux romans et une vingtaine de nouvelles.

J'ai quelques mangas qui m'attendent et que j'ai envie de lire.

Après Nietzsche, j'ai envie de lire du Bergson. Je le cite en permanence alors que j'ai jamais rien lu de lui, c'est moyen (réflexe de prépa inside). Mais ca sera peut-être pas pour tout de suite non plus.

lundi, 30 juillet 2012

C'est lundi...

6 semaines sans faire le point ! Ces vacances d'été sont un peu trop paresseuses.

Qu'est-ce que j'ai lu ces six dernières semaines ?
Évidemment, en six semaines, pas mal de choses, surtout en littérature audio, mais pas seulement.

Königliche Hoheit (Altesse Royale), Thomas Mann
Nous sommes dans un Grand-duché, quelque part en pays germanophone. Klaus Heinrich, le deuxième enfant mâle du Grand-duc nait avec une atrophie de la main gauche. C'est ce Klaus Heinrich que nous allons suivre dans ses promenades d'enfant, au collège, à son premier bal, au côté de son frère aîné quand celui-ci héritera du titre, etc.
Toute sa vie, une seule fascination. Ce jeune homme qui n'a appris dans sa vie qu'à sourire, à flatter, à entendre des flatteries et regarder des faces souriantes essaye de toute son âme de comprendre ce qu'on lui cache : la vraie vie. Quelques rencontres fortuites - un cordonnier, un professeur peu conventionnel, une jeune femme assez riche pour le regarder à égalité - l'aideront à ramasser des bribes de réalité.
Klaus Heinrich est touchant dans sa bêtise, dans son envie d'être normal, dans cette réalité qu'il essaye de se composer. Finalement, c'est la triste réalité économique qui le rattrappe.

Altesse Royale est assez étrange, mais passionnant.

Klaus Heinrich était expert dans l'art de visiter, de s'informer et de manifester hautement Son estime. Aussi fut-il en état de réfléchir en même temps à la façon dont s'exprimait Imma Spoelmann, à ce langage bizarre qui le préoccupait douloureusement. Que ne disait-elle pas, avec la moue de ses lèvres avancée! Quels mots que ceux qu'elle prononçait avec désinvolture ! "Passion", "vice". Comment était-elle arrivée à en user si audacieusement ?

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Métier" du Challenge Petit Bac. C'est le deuxième livre de ma PAL 2012.

Herr der Fliegen (Sa majesté des mouches), William Gollding
Les idées simples font les meilleures histoires. Ici, toute une flopée de garconnets, survivants d'un crash d'avion, sur une île déserte. Des jeunes et des moins jeunes vont vite se dégager les meneurs, les suiveurs, les casse-pieds, les tout-petits qui ont peur du noir. Ca pourrait être gentillet, mais l'ambiance tourne vite au très sombre. Sans loi, sans regard adulte sur leurs actions, tous les coups sont permis et les garcons vont vite dévoiler les mauvais côtés de la nature humaine. À l'image de la "bête", cette chose étrange et noire qui vit dans la jungle intérieure et dont on se demandera jusqu'au bout si elle existe vraiment.
J'aurais pu adorer, mais j'ai eu du mal à accrocher tout à fait. Pourtant, le roman a tout pour plaire, je n'arrive pas à identifier ce qui m'a freiné (l'avoir lu en allemand, peut-être ?).

Je suis sensible à ce genre d'histoire, parce que je ne crois pas à la bonté et l'innoncence des enfants. C'est un mythe auquel je n'adhère pas. Les enfants ne sont pas naturellement bons et les adultes dépravés et cruels.
Sa majesté des mouches a largement inspiré le manga/animé Battle Royale, un de mes grands classiques personnels (j'en parlais il y a peu).

PS : En lisant l'article de Wikipedia sur ce livre, le mystère de la "bête" s'éclaire. Le passage m'a visiblement échappe en le lisant.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Animal" du Challenge Petit Bac. C'est le troisième livre de ma PAL 2012.

Les bijoux, Maupassant
Là où Maupassant excelle : une intrigue simplissime qui fait mouche.
Délicieux de découvrir d'abord la vie "vue du mari" de cette charmante femme, aimante, fée du logis, et n'ayant pour seul défaut qu'un amour un peu incompréhensible pour les bijoux faux. À la mort de la femme, le mari va découvrir sans le vouloir l'autre facette. Délicieux.

Première neige, Maupassant
Une vendetta, Maupassant
Miss Harriet, Maupassant

Au bord du lit, Maupassant
Voilà bien ce que j'aime le plus chez Maupassant : ces petites nouvelles qui vont à l'encontre de la morale sexuelle du moment Sans être révolutionnaires pour autant (le but est de piquer le public, pas de se l'aliéner), on devine derrière la conception de Maupassant de la femme. Ce n'est pas toujours flatteur pour cette dernière, d'ailleurs.
Ici, c'est une discussion de ménage, entre Comte et Comtesse. Celle-ci se rend très bien compte que son mari est en train de changer d'avis, et se débrouille parfaitement bien pour retourner la situation à son avantage, avec une petite vengeance de bonne guerre à la clé. Le tout reste très gentillet, mais j'aime beaucoup.

"Vous avez longuement disserté, et fort bien, sur la finesse des femmes, sur leur habileté pour ménager les convenances, etc. J'ai compris, mon ami, parfaitement compris. Vous aimiez alors beaucoup, beaucoup Mme De Servis et ma tendresse légitime, ma tendresse légale, vous gênait. Je vous enlevais sans doute quelques uns de vos moyens. Nous avons depuis lors vécu séparés. Nous allons dans le monde ensemble, nous en revenons ensemble, puis nous rentrons chacun chez nous."

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Objet" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

La main, Maupassant
L'enfant, Maupassant

Apparition, Maupassant appartient aux nouvelles pseudo-fantastiques de Maupassant. Pseudo-fantastique, parce que justement, on n'est jamais trop sûr. Explicable ou non, ces récits restent en tous cas inexpliqués. L'auteur laisse l'ouverture.
De ces romans speudo-fantastiques, Apparition est celui qui m'a le plus plu (pour le moment). Une femme qui demande à être coiffée, des cheveux qui restent accrochés. Très très beau.

Jadis, Maupassant que j'ai relu juste pour le plaisir
Lui ?, Maupassant
L'aveu, Maupassant
Le vieux, Maupassant

Le bûcher, Maupassant
Étrange détour du côté des rites indiens d'incinération.

Lettre trouvée sur un noyé, Maupassant
Le protecteur, Maupassant

Les piliers de la terre, Ken Follett
On me l'a offert il y a une bonne dizaine d'année, et c'est en découvrant Thomas Becket (grâce au super film des années 60) et en apprenant que ce roman tournait entre autre autour de son histoire que je me suis enfin décidée à le lire.
Je n'ai pas été extraordinairement emballée par le style de Ken Follett et par sa facon de construire des histoires. C'est efficace : il y a des gens super gentils et des méchants pas cool, les méchants commencent par gagner, mais les gentils l'emportent finalement, jusqu'à la crise suivante où les méchants re-gagnent du terrain, etc. Mais à la fin, les gentils gagnent, ouf. (Ben évidemment que les filles vertueuses ont toujours le dessus sur les chevaliers cruels et les prètres bons et obéissants sur les évèques sans scrupule. Toujours. C'est évident.)

Ce qui rend la lecture du livre vraiment intéressante, c'est le cadre historique que Ken Follett a choisit. Je connais très très mal l'Histoire de l'Angleterre, encore moins de l'époque médiévale. C'était vraiment enrichissant de prendre le temps (le livre est gros) de suivre l'histoire du roi Stephen, de la reine Maud, de l'arrivée d'Henry...
Wikipedia : L'intrigue couvre une période allant du naufrage de la Blanche-Nef (1120), qui laissa la couronne d'Angleterre sans héritier et eut pour conséquence la guerre civile, jusqu'à l'assassinat de l'archevêque Thomas Becket dans la cathédrale de Cantorbéry en 1170.
Toute l'intrigue tourne autour de la construction d'une cathédrale dans la ville fictive de Kingsbridge. Se mêlent alors des magouilles pour obtenir le financement, pour obtenir le rang de cathédrale, et des questions d'architecture. Ken Follett a essayé d'imaginer quel cheminement de pensée a amené les bâtisseurs au style gothique flamboyant.

J'ai été un peu agacée par le traitement de la sexualité dans le roman, qui faisait pour le coup plus XXème siècle que XIIème siècle. Ken Follett se complaît dans les détails pas forcement très importants et passe son temps à donner des lecons de libération sexuelle complètement hors-sujet. Mais oui, on a bien compris que les prêtres sont tous des gens obtus qui empêchent les autres d'être heureux... bon, si on revenait à cette cathédrale ?

Bas7.jpg

À défaut de celle de Kingsbridge (qui n'existe pas), voici la cathédrale de Saint Denis qui joue un rôle assez important dans le roman.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Objet" du Challenge Petit Bac. C'est le quatrième livre de ma PAL 2012.

Yvette, Maupassant
J'ai beaucoup aimé ce petit roman (en trois chapitres) de Maupassant. Nous entrons un peu à brûle pourpoint dans le quotidien d'une "courtisane"... et de sa fille, la jolie Yvette. Tout le monde rit, s'amuse, flirte, sans voir que la jeune Yvette n'a pas compris le rôle de sa mère et celui qu'on essaye de lui faire prendre. Très simple et très efficace, du super Maupassant, avec quelques échappées inattendues, notamment sur la drogue.
J'ai été un peu perturbée par la fin abrupte (et un peu trop "typiquement Maupassant").

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Prénom" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Le pays où l'on n'arrive jamais, André Dhotel
L'enfant qui disait n'importe quoi est sans doute le meilleur livre pour enfant. Du monde entier. Quand j'ai vu que ma maman s'était procuré un autre livre pour enfant d'André Dhotel, je me suis jetée dessus.
J'ai été un peu moins emballée par cette histoire-là, mais elle m'a permis d'identifier un peu mieux l'univers d'André Dhotel. Les deux histoires ont beau être très différentes, il y a tout un coeur commun.

Il y a d'abord un héro d'une quinzaine d'année. La particularité des héros d'André Dhotel réside dans leur relation aux mots, une relation assez anecdotique pour Gaspard (Le pays où l'on n'arrive jamais) et centrale pour Alexis (L'enfant qui disait n'importe quoi). Les deux héros sont fascinés par des mots dont ils ignorent le sens. Alexis va les hurler, Gaspard les écoute. Les mots ne sont intéressants que pour leurs sonorités.
C'est d'ailleurs cette relation aux mots qui est sans doute ce qui me fascine le plus dans L'enfant qui disait n'importe quoi.

Le héro va dans les deux cas faire la connaissance d'un jeune de son âge qui est à la recherche d'un souvenir d'enfance. Si le héro est assez normal, son nouvel ami est vraiment étrange, difficile à comprendre (et peut-être même bien un peu dérangé, à mon avis). Le souvenir de ce deuxième personnage, complètement déformé par les yeux du petit enfant qu'il a été, est tellement peu conforme à la réalité qu'il livre peu d'indices à la recherche. À la fin de l'histoire, une fois la réalité découverte, on se rend compte qu'elle est bien différente de ce à quoi l'on s'attendait.
C'est encore un point particulièrement palpitant que cette confrontation entre le rêve d'enfant et le principe de réalité. Évidemment, il y a une part de parcours initiatique (ce n'est pas pour rien qu'on a affaire à des adolescents). Mais pas de peinture à la Flaubert. La réalité n'est pas dégrisante, au contraire. Du souvenir fantastique, on passe à une réalité banale, mais palpable. Il y a des vrais objets à toucher, une vraie maison, une vraie mère à embrasser, etc.

Le troisième point intéressant, c'est que les jeunes sont toujours d'une manière ou d'une autre emprisonnés par des adultes, surtout le deuxième enfant. Un oncle, un bienfaiteur, un adulte rencontré sur le chemin... tous les adultes tentent de retenir l'enfant, de l'enfermer. Tous lui veulent du bien, veulent lui apprendre quelque chose, le combler de cadeaux. Mais ils vont surtout l'enfermer, l'empêcher de communiquer au dehors, le garder pour eux, lui couper les ailes.
Assez étrangement, on a l'impression souvent qu'ils connaissent la vérité et ont une raison précise de la cacher au jeune. Mais pas du tout. On ne saura jamais vraiment ce qui pousse les adultes à agir comme ils le font.
Pas vraiment besoin d'être Bruno Betelheim pour déchiffrer la symbolique de l'emprisonnement de l'enfant par les adultes. Tout est assez simple à déchiffrer chez André Dhotel, mais la symbolique n'est pas la morale de l'histoire comme c'est souvent le cas, c'est ce qui pousse l'action en avant.

Il y a bien d'autres choses qui font le charme de ces deux histoires. Il y a surtout le regard sur la nature, la vie dans la forêt, les animaux. Mais tout ca est très évident. C'est ce qui m'a plu en premier, quand j'étais petite, cette histoire de gamins dans la forêt, les orages, les cerfs.
Au final, c'est la structure du conte qui a fait de L'enfant qui disait n'importe quoi une référence personnelle forte. Alexis et son amie, coincés entre le monde de l'enfance et le monde des adultes, légitimaient le fait d'être adolescent (dans le fond, ils se battent pour avoir le droit d'être ados, c'est à dire régler leurs comptes avec l'enfance, mais sans passer du côté des adultes).

Ce n'était pas par curiosité. Si par hasard des gens parlaient de leurs affaires, il s'éloignait aussitôt, parce que l'indiscrétion le gênait. Ce qui l'enchantait, c'était le timbre des voix qui sonnait doucement dans la soirée. Il y avait la voix basse du bedeau, la voix comme une chanson de la jeune boulangère, et bien d'autres encore, tantôt mélancoliques, tantôt joyeuses.
Cependant, cette contemplation paisible et enfantine prenait peu à peu en lui la forme d'une prière, et de temps à autre il arrivait à Gaspard de prier dans sa solitude. Alors il sentait autour de lui une sorte de vigueur sauvage. Le silence de Lominval était si profond qu'une simple parole par exemple pouvait prendre une valeur inattendue et avoir d'exceptionnelles conséquences.
Une parole, ou plutôt des mots, certains mots que l'on n'avait pas coutume d'entendre ici et qui, pourtant, étaient prononcés de temps à autre, il faut bien le croire. Le mot canal, le mot beffroi et le mot mer, par exemple.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Lieu" du Challenge Petit Bac.

La chevelure, Maupassant
Encore une fois une nouvelle "fantastique" de Maupassant. ici, l'histoire d'un homme qui développe pour une tresse de femme retrouvée dans un vieux meuble une passion érotique qui le rend fou.
J'avance de manière assez chronologique dans Maupassant (j'en suis à 1884) et je dois dire que ses nouvelles fantastiques deviennent de plus en plus fines, de plus en plus osées et de plus en plus angoissantes.
NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Partie du corps" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Rose, Maupassant
Tout de même, ce que j'aime le plus, c'est ces petites histoires insolentes, coquines, tout ce que vous voulez... Simples cmme tout, efficaces. Je me répète, je sais (mais si je raconte l'histoire, c'est telleemnt simple que vous avez perdu tout l'intérêt de lire la nouvelle).
NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Couleur" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Coco, Maupassant
Le tic, Maupassant

Un fou ?, Maupassant
Maupassant ne pouvait pas ne pas être intrigué par toutes les sciences balbutiantes. Ce sont elles qui alimentent le mieux ses écrits un-peu-fantastiques-mais-peut-être-pas-dans-le-fond. Je ne sais pas combien de fois il parle de Charcot dans ses nouvelles. Ici encore, il en parle. Mais il parle surtout de magnétisme.
Portrait d'un homme inquiétant, et qui se fait peur à lui-même.
NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Gros mot" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Le petit fût, Maupassant
La patronne, Maupassant
Mon oncle Sosthène, Maupassant
Le Mal d'André, Maupassant
Le Pain Maudit, Maupassant
Un Sage, Maupassant
Le Parapluie, Maupassant
Le Verrou, Maupassant
Rencontre, Maupassant
Suicides, Maupassant
Châli, Maupassant

Scarface, Paul Monette
Livre tiré du film ou film tiré du livre ? Aucune idée*, mais j'ai eu envie de lire ce livre, bien que le coup de foudre n'ait pas eu lieu avec le film (j'en parlais il y a quelque mois).
Finalement, le livre m'a plus parlé. Je pense que l'écriture donnait plus de poids aux détails annexes (la situation politique, les détails du passage de la drogue, les chiffres) sur lesquelles ont a plus le loisir de s'attarder en lisant que dans le flot du film. J'ai aussi beaucoup mieux compris la déchéance du personnage après son ascension.
Bref, la lecture valait vraiment le coup.

*en toute logique, le Scarface de Brian de Palma étant un remake d'un film des années 30, et le livre parlant de Castro et de Carter, il semble plus probable que le livre est tiré du film...

- Une sorte de code qu'ils utilisent en taule, expliqua-t-il. C'est la première fois que je vois un coeur. C'est inimaginable à quel point ces mecs-là sont sauvages... de vrais animaux.
- Veux-tu nous raconter ce que ca signifie, Montana ? fit l'autre faussement enjoué, furieux contre lui-même d'avoir été pris en flagrant délit d'ignorance. Ou préfères-tu poursuivre l'interrogatoire à Fort Chaffee ?
- Ecoutez, vous vous gourez, dit Tony sur un ton doux. La raison de tout ca... voyez, ils m'ont donné deux ans parce que j'avais des dollars américains. J'voulais acheter un bateau pour venir en Floride. je hais Cuba. Vous comprenez ? J'suis un prisonnier politique.
Ils éclatèrent de rire et celui de gauche dit :
- Très drôle. T'es bon, toi. Vraiment original.
- C'est vrai, s'exclama Tony l'air menacant, en abattant violemment un poing sur la table. (Les deux hommes restèrent impassibles.) Sans dollars, on peut aller nulle part. J'veux devenir quelqu'un ici. J'attendais deux mille biftons d'un touriste canadien, mais en fin de compte, c'était un piège, écoutez...
- Qu'est-ce que t'as fait ? Tu l'as agressé ?
Jusque-là, les trois hommes s'étaient plus ou moins relancé la balle comme s'il étaient engagés dans une négociation hautement délicate à l'issue de laquelle Tony aurait pu être relâché. Mais soudain, il perdit tout sens du jeu et se mit à aboyer comme un chien furieux :
- Hé, qu'est-ce que ca peut vous foutre si j'emmerde Castro et ses communistes, hein ? Ils passent leur temps à nous répéter ce qu'il faut penser, ce qu'il faut dire. Mais j'suis pas un mouton, moi. puta ! Vous vous magneriez le cul pendant cinquante ans pour rien, vous ? Pour qui vous me prenez, bon Dieu ? J'suis pas une p'tite puta de voleur. J'suis Tony Montana. Et j'veux mes droits de l'homme comme dit l'président Carter. Okay ?

Le geste d'Eve, Henri Troyat
Série de nouvelles, pour la plupart assez étranges. J'ai particulièrement aimé l'histoire de la manucure qui épouse son client aux ongles les plus coriaces, l'histoire d'un homme montant les enchères inconsidérément pour un tableau flamant sans grande valeur et celle de cet autre homme venu acheter toute une collection de couronnes tombales.
Le fantastique fait son apparition aux endroits les plus inattendus. C'est un peu déconcertant parfois. Mais l'écriture est tellement agréable que ca se lit sans faim.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

L'héritage, Maupassant est un court roman qui reprend une trame déjà développée dans un nouvelles quelques années plutôt. J'ai oublié le nom de la nouvelle, mais je me souviens très bien de l'histoire. Le développement valait le coup, c'est super.

Qu'est-ce que j'ai vu ces six dernières semaines ?

Tout peut arriver (Nancy Meyers, 2003) est sans doute l'un des films les plus nuls que j'aie vu de ma vie. Je n'arrive même pas à croire que Jack Nicholson puisse tomber aussi bas. Un amas de clichés : les femmes sont des sentimentales et recherchent une relation stables, les hommes ne s'intéressent qu'au sexe MAIS l'Amouuuur fini par triompher et donne raison aux femmes, etc. Ca serait juste pathétique si ces clichés n'étaient pas aussi dangereux. À la fin, les gens finissent par y croire, et tout le monde en souffre.

Cosmopolis (Cronenberg, 2012)
Le dernier film de Cronenberg divise. On aime, on aime pas.
Je n'avais vu aucun Cronenberg jusqu'à présent, de sorte que j'y suis allée l'esprit vierge. J'avoue que le film est un peu déstabilisant.
J'ai bien aimé le fond du film, mais il faudrait s'appesantir sur le film, le revoir plusieurs fois, lire le livre en parallèle, y réfléchir longuement, etc. pour vraiment atteindre le but. C'est ce qui est un peu désagréable dans le film, l'impression d'être en face d'un chef d'oeuvre. Ca rend le film peut accessible, on ose à peine s'en approcher, encore moins écrire son avis dessus.

Une femme piégée (Laurent Carcélès, 2001)
Un adultère, un meutre, et Marion Cotillard piégée dans un scénario complètement bancal.

Asterix chez les bretons (Pino van Lamsweerde, 1986)

Et après ?

Je vais pouvoir reprendre ma PAL, donc... je ne sais pas encore... je vais peut-être lire 99 francs puisque je projète de revoir le film bientôt. À moins que je reprenne d'abord un livre pour enfant.

mercredi, 06 juin 2012

C'est lundi...

Mais si, bien sûr que c'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces deux dernières semaines ?
Il faisait pas beau ces deux semaines. J'ai donc pas mal regardé de film, pas mal avancé dans Maupassant, mais peu lu mes gros livres.

La traversée, Alain Vircondelet
Alain Vircondelet raconte son exil d'Algérie juste avant la déclaration d'indépendance. À travers lui, c'est évidemment ma famille que je vois quitter Alger, quitter Sidi Bel Abès... Bizarre histoire que cette Histoire que je connais à la fois trop et pas assez. Le regard d'Alain Vircondelet est un regard, sinon tout à fait objectif, du moins un peu plus clair.
Livre assez émouvant donc, pour des raisons tout à fait personnelles. Mais le plus beau passage du livre est la dédicace de ma maman.

Ma mère ne voulait plus sortir, elle se félicitait d'avoir encore des provisions, restes du siège qu'elle avait pensé tenir pendant le blocus de Bab-el-Oued. Elle refaisait les gestes que je l'avais toujours vu faire, la semoule roulée dans la kesra de terre cuite, les beignets eux aussi roulés dans le sucre cristallisé ("plus ca crisse sous les dents, meilleur c'est", disait-elle), les cocas, sorte de chaussons fourrés de tomates et d'anchois, et les fritas de tomates et de poivrons sur lesquelles étaient cassées des oeufs. Elle disait encore que rien ne l'empêcherait d'aimer ce pays où elle aussi était née, de faire sa cuisine et surtout de continuer à vivre comme "avant". "Avant" : c'était bien le mot magique, paré de mille bonheurs, de mille vertus.

Les dimanches d'un bourgeois de Paris, Maupassant
Un des premiers bons textes de Maupassant. Dans les premiers chapitres, un peu farce, un peu facile (les vacances de M. Hulot, version bavarde). Puis plus politique au fur et à mesure. Mais encore un peu bancal. Il n'y a pas vraiment d'histoire, de commencement ni de fin.

Jadis, Maupassant
Un des meilleurs textes de Maupassant. Très simple, qui fait mouche. J'adore.

Au printemps, Maupassant
La femme de Paul, Maupassant
Histoire d'une fille de ferme, Maupassant
La veillée, Maupassant
La rempailleuse, Maupassant
Vieux objets, Maupassant
Un vieux, Maupassant
Un million, Maupassant
Une veuve, Maupassant
Correspondance, Maupassant
Le gâteau, Maupassant
Clair de lune, Maupassant
Fou ?, Maupassant
Pierrot, Maupassant
Aux champs, Maupassant
Nuit de Noël, Maupassant
Conte de Noël, Maupassant
Le loup, Maupassant
Un coq chanta, Maupassant

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?
Je suis un peu neuneu en ce moment avec mes livres...

Königliche Hoheit, Thomas Mann que j'ai lu les derniers beaux jours, au bord d'un lac (je vous raconterai ca). J'ai vraiment adoré l'histoire de ce prince prisonnier d'une vie factice. Puis j'ai perdu le livre avant de le terminer... hum...

Viou, Henri Troyat presque dévoré en une journée dans les transports. Puis... impossible de remettre la main sur le livre. J'ai vraiment la poisse cette semaine !

Herr der Fliege (le seigneur des mouches), William Golding
Je suppose que j'aurais aimé l'histoire de ces très jeunes Robinsons il y a quelques années. J'aime l'ambiance de ce roman, pas du tout roman d'aventure jeunesse malgré le thème. Plus proche de Defoe justement. Mais je n'accroche pas vraiment, même si ce n'est pas désagréable à lire.

Qu'est-ce que j'ai vu ces deux dernières semaines ?

Chaos Head (Nitroplus : 5PB., 2008) - 12 épisodes
Encore un jeune étudiant, encore plein de jeunes filles autour de lui. Ici, c'est un otaku (un jeune homme désociabilisé qui ne s'intéresse plus qu'aux jeux vidéos et aux mangas) qui se retrouve lié à une série de meutres très sanglants perpétrés dans le quartier.
J'ai regardé complètement par hasard cet animé, et dès la première image, j'ai reconnu. J'ai déjà vu cet animé un jour (ce qui, vu le peu d'animés que j'ai vus et le nombre qu'il existe, est assez extraordinaire). Les lieux, les objets, les personnages m'ont vraiment marquée. Mais l'histoire... trou noir. Jusqu'au bout de l'animé, pas le moindre souvenir. C'est étrange, je me souvenais de tous les détails, mais rien des choses importantes.
L'animé est d'ailleurs finalement assez médiocre. Il y a des images très fortes, les plus violentes (l'animé est relativement soft à part ces quelques scènes). L'ambiance est très réussie... et l'histoire tombe un peu à plat. Au bout d'un moment, on n'y comprends plus grand chose, et pas mal de questions restent sans réponse alors que les éléments en ont été développés longuement, c'est dommage.

Le Christ aux Oliviers (Christophe Lidon, 2005)
L'Évangile selon Pilate (Christophe Lidon, 2005)

Je revois ces pièces avec grand plaisir, ces deux textes étant parmi les plus réussis d'Eric Emmanuel Schmidt (l'exercice était pourtant périlleux). Malgré tout, c'est la deuxième partie que je préfère. Jacques Weber est juste bien trop bon.

Otto, or up with dead people (Bruce Labruce, 2008)
C'est encore mon bon génie the Killer qui m'a retrouvé ce film de Bruce Labruce. Mais si, vous savez bien, le film avec des zombis homosexuels que j'avais vu aux Berlinales et que j'avais ADORÉ.
Je l'ai revu avec délectation. Il a beaucoup de défauts, c'est un film petit budget, c'est un peu trop de parti pris homosexuel... mais c'est super génial.

Battle Royale (Kinji Fukasaku, 2000)
Lors d'une discussion avec un ami, on a parlé de Battle Royale (il paraît que Hunger Game a tout pompé sur ce film). Du coup, envie irrépressible de le revoir et j'ai ressorti une énième fois mon DVD.
Le sinopsis est tellement simple qu'il fait rêver. Une classe de jeunes lycéens est balancée sur une île déserte. Chacun porte un collier métalique et recoit un sac avec du matériel de survie et une arme. Ils ont trois jours pour s'entretuer. Á la fin des trois jours, s'il reste plus d'un survivant, tous les colliers explosent.
Évidemment, c'est une écatombe. Il y a du sang partout et des jeunes filles en jupette qui se tirent dessus. Très japonais tout ca, délicieux.
Mais au delà, il y a aussi toute une peinture des caractères humains, chacun des trente élèves de cette classe ayant une psychologie bien spécifique. Et c'est donc une peinture de l'humanité que l'on a. L'histoire, un peu absurde, n'est qu'un prétexte.
On se demande pourquoi une histoire aussi simple et aussi efficace avait besoin d'une fin aussi bizarre et aussi compliquée. Cette fois-ci, je l'ai un peu mieux comprise que d'habitude, mais certaines choses me laissent encore perplexe. La japanisation de mon cerveau n'est pas encore tout à fait complète.

Moonrise Kingdom (Wes Anderson, 2012)
Aller voir Moonrise Kingdom au cinéma était mon cadeau d'anniversaire à un ami allemand. L'occasion de mettre les pieds au cinéma en dehors des Berlinale... Ca ne m'était pas arrivé depuis un moment.
J'avais déjà lu trop de critiques de blogs sur ce film, je préfère en général avoir un avis vierge sur les films avant de les voir. Je me dois de rendre raison à l'une des critiques que j'ai lues : c'est un très beau film, dans lequel l'histoire n'a qu'assez peu d'intérêt. Wes Anderson a un sens merveilleux du rythme et de la couleur. Les costumes sont parfaits, les maquillages sont parfaits, les décors sont parfaits, les plans sont parfaits. C'est presque trop parfait pour être vraiment vivant, c'est sans doute le seul défaut.
L'histoire est celle d'un film pour enfants. Je n'avais pas pensé une seule minute que film était un film pour enfants jusqu'à ce que je lise le billet d'un blogueur qui y avait emmné les siens... Je suppose juste que le film qu'il verront sera très différent de celui que je vois, parce qu'il est justement très riche et subtil.

Lost in Translation (Sofia Coppola, 2003)
Gros coup de foudre pour ce film. J'avais pourtant entendu des critiques tellement mitigées que je ne m'étais jamais décidée à le voir, ayant un certain a priori. Je pensais le film déprimant et un peu ennuyeux. Au final, c'est un film très drôle sur l'ennui (ce qui n'est pas la même chose). J'ai accroché à 100% sur l'humour de Sofia Coppola. Et puis c'est intelligent. Et puis ca se passe à Tokyo. Alors franchement : comment aurais-je pu ne pas aimer ce film ???
Ah, et puis aussi : j'aime Bill Murray d'amour et je veux l'épouser. Ou alors juste Bob Harry, je suis pas sûre.

Et après ?

Je vais finir déjà les quinze livres commencés, et on verra.

Pour les films, j'ai Virgin Suicide, Basic Instinct, 99 francs, Bu-dang-geo-rae, Wer wenn nicht wir et La ronde dans le collimateur...

lundi, 21 mai 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu les deux semaines passées ?

Sur l'eau, Maupassant

Jolie nouvelle un peu sombre.

Le donneur d'eau bénite, Maupassant

Une nouvelle qui déborde de bons sentiments. Le Maupassant de 1882 est vraiment fleur bleue.

Coco, coco frais, Maupassant

Le papa de Simon, Maupassant

Toujours du Maupassant de 1882. On arrive à peine à croire qu'il ait pu écrire des nouvelles aussi méchantes par la suite.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

La traversée, Alain Vircondelet

Königliche Hoheit, Thomas Mann me plaît vraiment beaucoup. Il faut juste le temps de rentrer dedans.

Les dimanches d'un bourgeois de Paris, Maupassant

Qu'est-ce que j'ai vu les deux semaines passées ?

Il a fait très moche ces deux semaines. Donc je suis restée chez moi. Donc j#ai regardé pas mal de choses.

Elfen Lied (Arms : Okamoto Lynn, 2004) - 13 épisodes + 1 OAV

Là, je m'attaquais à un monstre de l'animation japonaise. Elfen Lied est un classique des classiques, j'avais hâte de le découvrir.

Le démarrage est encore une fois le shéma classique absolu : un jeune héro arrive dans une ville pour y faire ses études. Dans cette ville, il va habiter dans une grande maison, d'abord seul, puis avec sa cousine, puis de plus en plus de personnages féminins vont apparaître et s'incruster dans la maison. (Oui, j'ai fait copier/coller du synopsis de Kanon d'il y a deux semaines... c'est toujours la même chose, je vous dis !)
Une de ces jeunes filles est une mutante aux pouvoirs paranormaux qui a la fâcheuse habitude d'arracher les bras, de couper les jambes et de faire exploser les têtes de tous les humains se trouvant sur son passage (la première scène du premier épisode, le début le plus gore de toute l'histoire de la japanimation...).

Elfen Lied est un dessin animé particulièrement violent, et surtout particulièrement troublant par son mélange parfaitement maîtrisé de mélange etchi/gore. Etchi, pour faire simple: un joli dessin tout mignon, des jolies gamines avec des cheveux roses et des grand yeux. Gore : les même jeunes filles rose-bonbon qui se font tirer dessus à coup de mitraillette et arrachent elle-même les bras des gens à raison de 300 personnes par épisodes.

Assez étrangement, j'ai d'abord été un peu décue par Elfen Lied. Le dessin me semblait assez peu fluide, l'histoire ne tenait pas vraiment debout, les ficelles me semblaient trop grosses, les personnages ni très développés ni très attachants. Je ne comprenais pas vraiment le rang de cultissime accolé à cette série.
Je crois que ce n'est qu'arrivée à la fin de l'animé que le travail s'est fait. Certaines images me revenaient à l'esprit, entêtantes, à la fois dérangeantes et agréables. À l'heure qu'il est, je suis non seulement persuadée que cette série est géniale, mais j'ai envie de la revoir absolument une deuxième fois et je pense que le plus simple serait de me l'acheter dès que je pourrai pour pouvoir la revoir autant de fois que je le souhaite.
J'avais eu un peu ce même genre de réaction après avoir vu Gost in the Shell, qui a en effet certaines similitudes (l'association beauté/violence, la question de l'identité humaine, etc).

Je crois qu'en effet, Elfen Lied est une vraie réussite, indépendemment de l'histoire qui est assez bancale (la résolution de l'énigme à la fin de l'animé et cette histoire de vengeance, tout ca est assez tiré par les cheveux). Juste par ses images (et même si le dessin n'est pas toujours très beau - Gost in the shell était plus réussi de ce côté là) extraordinairement belles, mais d'une beauté apocalyptique. Il faut avoir le coeur accroché et ne pas être trop sensible à l'hémoglobine...
Et ce qui est peut-être encore plus dérangeant que les images, c'est de devoir s'avouer à soi-même qu'on y prend un certain plaisir. Oui, même à voir des gamines enchâinées nues à un mur, pleurant et couvertes de sang, qui se font tirer dessus à bout portant. Les japonais sont de toutes facons très forts dans la matière, ce ne sont pas les considérations morales qui les étouffe quand il est question de se rincer l'oeil. Ou alors, c'est juste moi, mais je doute que cette série serait devenue aussi célèbre si c'était le cas...

Encore un mot sur la première chose qui a attiré mon attention dans cet animé: le générique de début, un détournement des oeuvres de Klimt sur fond de Kyrie. Magnifique et envoutant. Dans l'esprit de l'animé d'ailleurs : j'ai passé les 13 épisodes à attendre de comprendre le lien. Il n'y en a pas. Klimt n'a rien à voir là dedans, ni baiser, ni vérité nue, pas même d'homme bleu. À la rigueur, les images christiques étant assez présentes dans l'animé, on peut vaguement faire le lien avec le Kyrie. Vaguement. Mais c'est beau, magnifique, sans doute le meilleur générique que je connaisse, et c'est tout ce qu'il y a à comprendre.
N'hésitez pas à y jeter un coup d'oeil, c'est tout public.



elfen-lied-lucy.jpgMon perso préféré : Lucy (et pas Nyu, hein, on est bien d'accord). Oui, celle qui fait exploser les têtes des gens. Je l'aime bien, même si j'ai pas tout compris à son perso.

premier épisode (les 10 premières minutes sont un assez bon test pour savoir si l'animé va vous plaire ou pas)

L'ivresse du pouvoir (Chabrol, 2006)

Vu à la médiathèque de l'Institut Francais (ma plus grande découverte de ce mois : un endroit rempli de livres en francais, de films en francais et de supports pour préparer des cours de francais. Avec des gens qui parlent francais dedans et France 2 allumé dans un coin) dans le cadre du cycle "Politique et Cinéma".
Un des très bons rôles d'Isabelle Huppert (que j'aime d'amour, décidemment). L'histoire est assez tortueuse, et même une fois le mot "fin" lâché, on n'est pas trop sûr d'avoir bien compris toutes les insinuations. Il y est en tous cas question de magouilles, d'argent, et d'une juge qui fourre son nez là où on ne le voudrait pas. Et même si Patrick Bruel est énervant (pourquoi ce gars s'entête-t-il à vouloir faire du cinéma ?), c'est vraiment sympatique. En tous cas, le Chabrol à conseiller pour les néophytes.

Swimming Pool (Francois Ozon, 2003)

Francois Ozon, c'est tellement bien qu'on peut sans remord se re-regarder un coup de Swimming Pool. Son deuxième meilleur film dans ma classification personnelle.
Je n'arrive toujours pas à décider si j'aime Ludivine Sagnier ou pas, mais elle est indéniablement merveilleuse dans ce rôle. J'ai été assez surprise de voir qu'elle n'était pas connue en Allemagne. Finalement, je n'aurais pas pu citer de film qui aurait pu la faire connaître à l'international, à part justement Swimming Pool (qui touche quand même un public un peu restreint).

Blood+ (Production I.G, Mainichi Broad et Aniplex : Fujisaki Jun'Ichi, 2006) - 50 épisodes

Que se serait-il passé si les américains, pendant la guerre du Vietnam, avaient développé pour parvenir à leurs fins une arme destructrice, impossible à arrêter, et qui s'avère être un danger pour l'humanité entière ? Cette arme, ce n'est pas la bombe atomique, ni le napalm. On est dans la fiction, et cette arme a des jambes, des grandes dents et la capacité de guérir immédiatement de ses blessures.
Nous voilà entraîné dans une histoire extrêmement compliquée, avec des êtres n'ayant que de très vagues rapport avec des vampires. L'auteur de cette histoire s'est vraiment donné beaucoup de mal pour que toute son histoire de cinquième nucléotide tienne la route, et malheureusement il reste deux ou trois détails sur lesquels l'histoire se contredit tout de même. Tant pis, on est quand même curieux de comprendre le pourquoi du comment, et on tient les 50 épisodes sans broncher.

Les Japonais aiment visiblement bien les histoires mêlant paranormal et science. Il y a donc des gros monstres ET des scientifiques. Et surtout des politiques sans scrupules, des histoires de gros sous et des bas instrincts, qui donnent une certaine profondeur à cette série (qui d'autre part ne casse pas trois pattes à un canard non plus, faut pas exagérer).

Ce que j'ai beaucoup aimé dans la série, sur la première saison, ce sont les gros monstres. C'est les premiers méchants auxquels est confrontée l'heroine, Saya. Pas que j'aime les gros monstres mutants d'habitudes, mais ceux-là avaient vraiment un design (si j'ose employer le mot) très particulier, très impressionnant, et surtout très individualisé, ce qui leur donnait une certaine âme.
Malheureusement, une fois la première saison finie, ces gros monstres mutants ne sont plus le centre d'attention de l'action, et l'animation les néglige. Les derniers gros monstres sont tous exactement pareils et n'impressionnent plus du tout. Dommage, parce qu'ils tenaient vraiment un truc, je crois.

char_32465.jpgMon perso préféré : J'ai pas mal hésité, parce que je n'ai pas eu de gros coup de coeur, mais je suppose que c'est le personnage de Solomon qui me parle le plus. Il est évidemment horriblement blond et romantique, mais bon, je lui pardonne.

Berlin 36 (Kaspar Heidelbach, 2009)

Berlin, 1936 (oui, je sais, c'est déjà dans le titre) et l'Allemagne nazie se prépare à recevoir les jeux Olympiques. Les Américains font pression, menacent de boycotter les jeux si l'Allemagne ne donne pas sa chance aux sportifs juifs. Au centre de la polémique se trouve Gretel Bergmann (il y a vraiment des allemandes qui s'appellent Gretel, si, si), une championne de saut en hauteur juive, émigrée en Angleterre. Forcés de rappatrier Gretel, les autorités nazies verraient évidemment d'un mauvais oeil qu'une juive remporte la médaille d'or.

Ce film est inspiré de faits réels, la juive Gretel Bergmann et sa concurrente Dora Ratjem (Marie Ketteler dans le film) ayant vraiment existé. J'avais trouvé ce DVD vendu pour une misère et mon actrice allemande préférée (Karoline Herfurth, au cas où vous auriez réussi à oubliuer son nom) jouant le rôle principal, je m'en suis emparé.

Finalement, dans cette histoire, ce n'est pas tellement le destin de Gretel Bergmann qui interpelle. On sait tous que les juifs n'avaient pas la vie facile en Allemagne en 1936, et il est évident qu'être une juive enfermée dans un camp d'entraînement avec une centaine de grands ariens ne pouvait pas être une partie de plaisir. Du coup, c'est surtout la vie de Dora Ratjem qui nous fait tomber des nues. Enregistré à sa naissance comme de sexe feminin à l'état civil, il a été enrôlé plus ou moins de force (difficile de faire la part de la légende dans cette histoire) dans l'équipe féminine nationale allemande jusqu'à ce qu'il batte le record mondial de saut en hauteur en 1939. Comme il est assez difficile de croire que les médecins de l'équipe allemande - qui ont été assez zélés pour finalement décréter que l'état de santé de Gretel ne lui permettait pas de participer aux jeux - n'aient pas vaguement remarqué que Dora avait un sexe masculin, on se demande sincèrement ce que les responsables allemands avaient dans la tête avec cette histoire absurde.

"C'est eux qui ont gagné." déclare Gretel à son ami Marie.
C'est bien cela le plus triste. C'est ces dirigeants fascistes qui ont gagné sur toutes ces destinées individuelles, finalement. C'est vraiment à pleurer.

Huit femmes (Francois Ozon, 2002)

On reste dans Ozon, parce que c'est formidable. Avec une Ludivine Sagnier magnifique dans un rôle complètement différent (incroyable, elle avait 23 ans et on lui en donne facile 16). Avec Fanny Ardant qui est vraiment magnifique au plus haut point. Avec Isabelle Huppert grandiose comme d'habitude. Et avec Emmanuelle Béart, super sexy.
Je trouve le film lui-même assez décevant pour du Ozon. Mais ici, ce sont les actrices qui sont le plus important. L'histoire n'a qu'une importance très secondaire.

Jean de la lune (Robert Manuel, 1981)

J'ai déjà regardé bien des fois cette pièce de Marcel Achard. Michel Duchaussoy joue le rôle principal et j'ai le DVD sur l'étagère, et un Michel Duchaussoy sous la main, ca ne se refuse pas tous les jours. Et après l'avoir vue bien des fois, je n'arrive toujours pas à savoir si j'aime cette pièce ou pas. Elle est un peu bizarre, cette pièce, elle ne rentre pas vraiment dans une case. On a l'impression que c'est un Vaudeville, mais ce n'est pas un Vaudeville. Mais ce n'est pas vraiment poétique non plus.

- Il était une fois un prètre très bon, très simple et très heureux, parce qu'il avait la foi. Or, un matin, pour une raison ou pour une autre, il la perdit. Dès lors, pour ne pas mentir à ses fidèles, il tenta de la retrouver sans approfondir les choses, et il allait se répétant "Je crois en Dieu. Je crois en Dieu. Je crois en Dieu." Et bien, sa confiance fut récompensée : un matin, il se réveilla en y croyant.
- Et alors ?
- C'est tout.
- Drôle d'histoire.
- Oui. Moi aussi, Lily, je crois en toi, je crois en toi, je crois en toi.

Happiness (Todd Solondz, 1998)

Une grande claque que ce film, une grande découverte, un film à voir et à revoir pour les dix prochaines années, je crois.
Le film met en scène toute une galerie de personnages. On découvre au fur et à mesure les liens qui les unissent et surtout les secrets qu'ils cachent. Ce ne sont pas des secrets très gais, certainement pas. Pourtant, on ne peut pas s'empêcher de rire toutes les cinq minutes. Un film drôle et triste, drôle parce qu'il est vrai et triste parce qu'il est vrai.
Ne le prenez pas à la légère, parce que ce n'est pas facile de réussir l'exploit de faire rire en parlant, entre autre, de viol et de pédophilie. Sans tomber dans le mauvais goût, de surcroît.

Je pense avoir rarement vu un film aussi sincère.
C'est d'ailleurs tellement sincère qu'il est assez difficile d'en parler, que je ne sais trop quoi dire, et que je vais m'arrêter là.

Regardez-le.

Monsieur Masure (René Clermont, 1981)
Encore une pièce avec Michel Duchaussoy. Mais j'avoue que je l'aime assez peu, c'est un Vaudeville pas très original. Par contre, c'est sûr qu'un trio entre Michel Duchaussoy, André Dussolier et la jolie Axelle Abadie, ca ne peut pas être complètement mauvais.

Et après ?

Pas d'idée précise, à part Chaos Head dans la japanimation. Côté livres, il va faire enfin beau et Thomas Mann va avancer un peu, je pense.

lundi, 07 mai 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu les deux semaines passées ?

Une semaine de beau temps, où j'ai pas mal traîné au parc près de chez moi, donc pas mal lu. Suivi d'une semaine de mauvais temps, où je suis plutôt restée devant mon ordinateur, moins de lecture...

Le Comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas

J'ai eté très enthousismée par la 1ère partie, qui parle des années passées en prison, du temps qui s'écoule lentement, de la folie qui monte... Très introspectif et réfléchi.

La deuxième et la troisième partie sont plus convenues, plus aventureuses. On les écoute avec plaisir, mais ce n'est plus la même trempe... Quant à la suite : la version audio n'était pas terminée ! Je suis donc restée sur ma faim et dois maintenant attendre que le lecteur termine le roman.

Sur l'eau, Maupassant

Carnet de bord de Maupassant lors d'une virée à bord de son Bel Ami, passant par Saint Tropez, Fréjus, Monaco... Un peu brouillon, très contemplatif, pas d'histoire, plutôt des impressions. Un peu long, en définitive.

Au moment où j’entrais à l’hôtel pour y déjeuner on me remit un effrayant paquet de lettres et de journaux qui m’attendaient, et mon cœur se serra comme sous la menace d’un malheur. J’ai la peur et la haine des lettres ; ce sont des liens. Ces petits carrés de papier qui portent mon nom me semblent faire, quand je les déchire, un bruit de chaînes, le bruit des chaînes qui m’attachent aux vivants que j’ai connus, que je connais.
Toutes me disent, bien qu’écrites par des mains différentes. "Où êtes-vous ? Que faites-vous ? Pourquoi disparaître ainsi sans annoncer où vous allez ? Avec qui vous cachez-vous ?" Une autre ajoutait : "Comment voulez-vous qu’on s’attache à vous si vous fuyez toujours vos amis ; c’est même blessant pour eux…"
Eh bien ! qu’on ne s’attache pas à moi ! Personne ne comprendra donc l’affection sans y joindre une idée de possession et de despotisme. Il semble que les relations ne puissent exister sans entraîner avec elles des obligations, des susceptibilités et un certain degré de servitude. Dès qu’on a souri aux politesses d’un inconnu, cet inconnu a barres sur vous, s’inquiète de ce que vous faites et vous reproche de le négliger. Si nous allons jusqu’à l’amitié, chacun s’imagine avoir des droits ; les rapports deviennent des devoirs et les liens qui nous unissent semblent terminés avec des nœuds coulants.
Cette inquiétude affectueuse, cette jalousie soupçonneuse, contrôleuse, cramponnante des êtres qui se sont rencontrés et qui se croient enchaînés l’un à l’autre parce qu’ils se sont plu, n’est faite que de la peur harcelante de la solitude qui hante les hommes sur cette terre.

Dagmar, Franz dit Bart

Une histoire de vampire entre le Berlin des années 10 et le Paris de 2001.
Un livre offert par les Agents Littéraires pour lesquels je dois écrire une critique. J'en reparlerai donc.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Stig Dagerman

Un long poème en prose, qui me plaît beaucoup, mais qui demande de pas mal se concentrer...

Le docteur Heraclius Gloss, Maupassant

La traversée, Alain Vircondelet

La traversée de la mer méditerranée par les pied noirs en été 62. Et tout ce qui tourne autour. Évidemment passionnant.

Qu'est-ce que j'ai vu ces deux dernières semaines ?

Je me suis régalée dans le retour en train. Qui a dit que le trajet Toulouse-Paris-Berlin était fastidieux ?
Puis, comme vous allez pourvoir le constater, j'ai été prise d'une boulimie d'animés (exclusivement japanisation en l'occurence). Évidemment, un animé, c'est beaucoup beaucoup d'épisodes (moins qu'on ne le croit tout de même, la durée standard étant de 12 ou 24 épisodes - les animés à 364 épisodes comme Pokémon sont quand même une exception).

Help (Richard Lester, 1965)



Help est mon premier film "Beatles". Ce film n'a aucun sens, mais qu'est-ce qu'on se marre !
Ringo se retrouve à posséder l'anneau (ha ha ha, le jeu de mot...) sacrificiel d'une quelconque secte des Bahamas, dont le grand chef est à sa poursuite et essaye de le peindre en rouge pour pouvoir lui couper la gorge selon les rites sacrés. Les quatres Beatles, quand ils ne chantent pas, font les idiots et se roulent dans la neige. Humour potache et jeux de mots pourris garantis. Ce film a l'air d'avoir été une bonne partie de rigolade.

Nausicaä de la vallée du vent (Top Craft : Miyazaki, 1984)

Poussant dans une terre polluée, arrosées d'une eau polluée, les plantes le la terre ont créé une forêt toxique aux effluves mortelles pour les humains. Dans cette forêt vivent des inscectes géants. Voulant brûler la forêt, les humains n'ont fait qu'empirer les choses, de sorte que l'humanité est presque éteinte. Une armée humaine part pour une ultime tentative de destruction de la forêt, tandis que Nausicaä, la princesse d'un peuple pacifique, apprivoise le vent, les inscectes et la forêt.

Miazaki a le talent extraordinaire de créer des mondes imaginaires plus proches de la réalité que n'importe quel réalisme. Je n'aime pas la SF, les monstres et les machines incroyables. Sauf quand c'est Miazaki qui raconte. Dans ses dessins animés, Miazaki traite de sujets graves et difficiles.
Evidemment, il parle de l'équilibre du monde, de l'interdépendance homme-nature. Ca crève les yeux à lire le synopsis.
Ce qui crève moins les yeux et qui est encore plus intéressant peut-être, c'est quand il osculte la nature humaine. "J'ai peur de moi-même." dit Nausicaä, qui n'a pourtant peur de rien ni de personne. Elle pointe du doigt LA vérité de Miazaki : l'homme est son propre ennemi. Dans les histoires de Miazaki, les forces de la haine, de la soif de pouvoir sont des poisons qui détruisent au sens propre les héros (pourtant en général gentils et généreux). C'est cette haine, cachée dans leurs coeur, qu'ils doivent combattre.

En fait, les aventures contées par Miazaki sont des auto-psychalanyses. C'est ce qui les rend passionantes, au delà des créatures de légende et des machines de l'hyper-technologie.

Murder in the first (Marc Rocco, 1995)

Film très sombre, tiré d'une histoire vraie, sur un détenu d'Alcatraz ayant passé trois ans dans le "donjon", des cellules sans lumière destinées à punir les condamnés récalcitrants. Oublié pendant trois ans par la hierarchie, torturé par ses gardiens, le jeune Henri Young ressort à demi fou de cette expérience. Son premier geste est de tuer un gardien avec sa cuillère.
Toute cette première partie passe assez vite, très dure, très marquante.

Le film retrace surtout le procès pour meurtre fait à Henri Young, qui grâce à son avocat se retournera en un procès contre Alcatraz.
J'étais en plein dans la première partie du Comte de Monte Cristo lorsque j'ai vu ce film. Hasard très heureux puisque les deux histoires étaient très complémentaires. Les premières images du film sont les plus dures et les plus réussies. Le duo entre Henri Young et son avocat est aussi très touchant, je regrette juste que l'ensemble s'étiole au fur et à mesure dans les bons sentiments à l'américaine. Finalement, un des points forts du film est de relater des faits réels (mais tout de même très modifiés, histoire de rajouter un peu de pathos) et de montrer l'inhumanité du système carcéral des années 30.

Kanon (Kyoto Animation : Studio Key et Visual Art's, 2007) - 24 épisodes

Mon premier animé depuis très très très longtemps.

Le démarrage est LE shéma classique absolu des japanimés : un jeune héro arrive dans une ville pour y faire ses années lycée. Dans cette ville, il va habiter chez sa cousine, d'abord seul, puis de plus en plus de personnages féminins vont apparaître et s'incruster dans la vie familiale. Bref, plus classique, tu meurs (c'est exactement le même shéma que pour Love Hina, par exemple).

Ce qui démarque un peu Kanon à mon avis, c'est l'humour pince-sans-rire du héro, auquel j'ai beaucoup accroché. Pour une fois, on évite l'humour habituel du garcon vivant au milieu de filles, se retrouvant tout le temps dans des situations équivoques, et finissant toujours par se prendre une baffe alors qu'il n'a rien fait. Ca change un peu.

Pour le reste il faut vraiment réussir à tordre son cerveau pour rentrer dans l'imaginaire japonais, avec toutes ces histoires d'esprits animaux et de forces sorties d'on-ne-sait-trop-où et de ce surnaturel dans le quotidien si particulier. Ce n'est pas ce que je préfère dans la japanimation, mais on s'y habitue et il faut bien dire qu'il s'agit d'un des principaux intérêts de l'histoire. Très belle histoire d'ailleurs, malgré quelques détails un peu déroutants. On en rajoute sans doute un peu trop dans le mystère et l'incompréhensible, mais il y a pire.

Bon, amies féministes passez votre chemin, parce que les filles de cette histoire sont quand même assez bétasses. Plus exactement, les filles sont de gentils animaux (presque au sens propre): chacune a son petit tic de language débile et surtout son aliment préféré, avec lequel le héro peut l'apprivoiser. Il faut dire qu'ils passent leur temps à manger, dans cet animé. Ca a l'aspect positif qu'on en apprend beaucoup sur les spécialités japonaises (ca a l'air très bon).

Le dernier point, et non des moindres, c'est qu'il s'agit évidemment d'une production des studios Kyoto Animation, qui font un boulot impeccable. Du coup, c'est vrai, "ils se ressemblent tous, ces dessins animés", comme dirait ma maman. En effet, Kyoto Animation, c'est du dessin classique (le classique de 2012, qui n'a rien à voir avec le classique des années 80, Heidi, Tom Sawyer et compagnie...), tout mignon, avec des grands yeux brillants et des jolies couleurs. Comme moi j'adhère à 100%, y'a aucun problème, évidemment. Mention spéciale pour les décors de neige, qui sont beaux beaux beaux.

1er épisode

mai-all.gifMon perso préféré : la jolie et violente Mai, la chasseuse de démons (un clone de la sabreuse de Love Hina dont j'ai oublié le nom et qui était aussi mon perso préféré).

Aria (Hal Film Maker : Amano Kozue, 2005) - 13 épisodes

Aria était classé dans la catégorie "contemplatif". C'est même une des raisons pour lesquelles je voulais le voir. Donc je ne vais pas me plaindre maintenant qu'il ne se passe rien dans cette histoire. Mais enfin... il ne se passe vraiment rien dans cette histoire.

Nous sommes sur la planète Aqua, une colonie de la Terre, dans Neo-Venezia, une ville construite sur le modèle de Venise. Une ville les pieds dans l'eau, où des conductrices de gondoles - des undines - promènent les touristes. L'héroine, Akari, est une apprentie undine, et nous la suivons 6 mois de sa vie, de l'été à l'hiver, dans son quotidien. Akari regarde et s'émerveille. L'été, le soleil, le chant des undines, puis l'automne, puis l'hiver, la neige, les sources chaudes... Voilà tout l'animé rapidement résumé.

Chaque épisode ponctué d'une petite morale, l'ensemble assez naif, je pense que le public visé par l'animé est un public assez jeune. On ne joue pas sur le pathos (même les rares fois où ce serait possible), de sorte que l'animé est très positif, même quand il aborde (rarement) le thème de la mort. Naif sans être niais pour autant, un animé sympa et inoffensif.
Mais bon... il se passe quand même rien...

1er épisode

AriaTheAnimation03.jpgMon perso préféré : la meilleure amie d'Akari, avec ses jolies nattes et son perfectionnisme.

Kamisama no Memo-chou (J.C. Staff : Sugii Hikaru, 2011) - 12 épisodes

J'avais envie de me remettre de toute cette gentlllesse et de toute cette douceur. Du coup, le premier épisode de cet animé, deux prostitutions et un suicide, c'était plus dans mes cordes. Je respire. C'est parti pour Kamisama no Memo-chou, des enquêtes policières résolues par une équipe un peu particulière.
Cette équipe est composée de NEET, une catégorie sociale japonaise : Not in Education, Employment or Training. Bref, des gens qui traînent (en l'occurence : dans un restaurant de ramen) et qui vivent d'on ne sait trop quoi. Et à la tête de l'équipe, Alice, une hackeuse qui semble avoir douze ans, vit enfermée dans une pièce sans lumière avec un ordinateur géant et se nourrit exclusivement de ramen sans pâtes et de soda.

J'ai aimé dans cet animé a diversité des thèmes abordés. Le ton est assez sérieux et dramatique sans oublier de rigoler de temps en temps. Ainsi, les enquêtes alternent entre des histoires de mafia, de drogue et de blanchiement d'argent sale et des enquêtes plus légère comme la recherche d'un voleur de soutien-gorge (épisode volant particulièrement haut, vous imaginez). Ainsi, on n'échappe pas à l'humour pervers japonais (avec une gamine de douze ans, oui, oui, les japonais n'ont peur de rien) mais ca reste supportable et c'est de bonne guerre.

À côté de ca, l'animé a une fâcheuse tendance à vouloir avoir l'air d'avoir une intrigue plus compliquée et technique qu'elle ne l'est. Le premier épisode est carrément brumeux, et on se demande bien ce qui se passe. Alice ressemble un peu trop à L de Death Note pour arriver à devenir un personnage parfaitement crédible : en tant que spectateur, on a vraiment du mal à se défaire de la référence.

Bon, pour ce qui est du graphisme, rien à dire, c'est peut-être pas original mais c'est mon style à 100%.

1er épisode

Kamisama-04.pngMon perso préféré : la tenancière du restaurant de ramen, à qui je pardonne même son 80G ridicule à cause de son caractère de cochon.

Qu'est-ce qui vient après ?

Je sais pas trop, je me laisserai porter par l'inspiration et le temps qu'il fait.
Niveau animés, j'ai déjà bien entamé Elfen Lied, un classique du genre (du genre avec du sang partout, je vous préviens - j'avais vraiment besoin de me remettre d'Aria...).

lundi, 23 avril 2012

C'est lundi...

Une semaine placée principalement sous l'influence de la nièce. Qui a découvert le théâtre, nous a gavé de dessins animés, et que j'ai accompagnée à la médiathèque (où je me suis jetée sur les revues d'arts martiaux).

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?

J'ai lu en premier lieu plusieurs numéros de Karate Bushido, qui comme son nom ne l'indique pas n'est pas un magazine spécialisé karaté, mais spécialisé arts martieux de tous genres, avec des reportages dans des dojos pratiquant un art inconnu du fin fond du Vietnam, des tas d'interviews intéressantes...
Vraiment super.

Entraînement à domicile, Mike Young

Un très bon livre que je recommanderais à tous ceux qui ont envie de s'entraîner sérieusement en art martial, c'est à dire aussi de s'entraîner à la maison, dans son jardin ou dans un parc... Pas trop d'approfondissement des exercices, mais du matériel de remplacement à base de sacs en plastique, de serviettes, de vieux pneus. Des idées géniales et lumineuses, franchement.
Mike Young est aussi très intéressant... Il y a deux types de "grands" dans les arts martiaux. D'un côté, les vieux maîtres qui ont passé leur vie dans un art martial pratiqué par une quinzaine de personnes dans le monde, art qui leur a été transmis par leur grand père qui était le meilleur ami du fondateur de la discipline et qui ont toute leur vie approfondi le mouvement de l'attaque du serpent. Ca, c'est les gens interviewés par Karaté Bushido. D'autre part, il y a des surdoués, qui sont 5ème dan karaté, 6ème dan aikido, 3ème dan en jujitsu, savent manier le sabre, la canne de combat, ont fait des combats de boxe, de kick-boxing, ont fait des stages de tous les arts martiaux inconnus de tailande et font naturellement du yoga à leurs heures perdues... C'est exactement ce genre de personne qu'est Mike Young. Par conséquent, ce qu'il propose est du matériel très universel, pour travailler coups de poing, coups de pied. Du basique, du très utile. Je suis conquise par ses idées et j'attends de pouvoir les appliquer.

Le livre du Ki, Koichi Tokei

Le Ki (ou Qui) est une des composantes les plus importantes et mal connues des arts martiaux. C'est un concept difficile à expliquer d'une part, et peu occidental d'autre part. Donc j'ai tout de suite attrapé le livre en voyant que le sujet était traité.
En quelque sorte, le Ki, c'est l'énergie, au sens trés très très large du terme. Vivre, c'est le Ki, bouger, c'est le ki, la force, c'est le Ki, exister, c'est le Ki. On peut améliorer son Ki grâce à des petits exercices proposés par l'auteur. La plupart de ces exercices, et pas mal d'explications données dans ce livre sont exactement identiques à ce qu'Arthur, mon prof de taekwondo, a pu me dire dessus. Je crois que je suis tombée par hasard exactement sur le livre dont il m'a parlé.
C'est intéressant, mais encore vague. À travailler.

La tonic attitude des paresseuses, Anne-Charlotte Fraisse

Je suis tombée sur le livre à la Fnac, et en le feuillettant, plusieurs passages m'ont paru bien. Je me suis assise pour le feuilleter un peu plus, et je suis tombée dans une faille temporelle dont je me suis réveillée trois heures plus tard, le livre terminé.
Le livre est écrit dans un style très très accessible, genre magazine féminin, mais sans discours (trop) convenu. J'ai même été très agréablement surprise de ne pas y lire les contre-vérités habituelles (le lait est bon pour les os, par exemple, là où j'ai envie de flinguer les émissions "éducatives" pour enfants, une vraie propagande...).
Beaucoup de choses sont des conseils qu'on connaît par coeur (les légumes, c'est bon pour la santé, et le pain complet, c'est mieux que le pain blanc), avec pas mal de petits trucs sympas à noter. J'ai enfin trouvé par exemple où avoir des omega 3 (gros problème quand on ne mange pas de poisson) et que la noix de muscade dans les légumineuses aide à contrecarrer les effets "négatifs" des haricots blancs...
Bref, le livre était franchement bien fichu, et donne aussi des explications "scientifiques" claires. Peut-être un peu simplifiées, mais les bases.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Königliche Hoheit, Thomas Mann

Sur l'eau, Maupassant

Le Comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas
J'aime bien.

Qu'est-ce que je vais lire après ?

J'ai un peu de Nietzsche de côté... Surtout des trucs un peu difficiles, c'est pour ca que je me prépare avec du Alexandre Dumas.

Qu'est-ce que j'ai vu cette semaine ?

Doit-on le dire ? Labiche et Duru (Comédie Francaise, 1978)

J'adooooore Doit-on le dire ? Je crois que c'est ma pièce de théâtre préférée, spécialement dans cette mise en scène (encore que je n'en connaisse pas d'autre). Le couple de Francoise Seigner et Jacques Sereys est tout simplement parfait, ils sont drôles et magnifiques (et qu'est-ce qu'elle est belle, elle !). Paule Noelle est TELLEMENT belle, et j'adore sa voix. Même la soubrette est géniale. J'ai peut-être le tout petit regret que Michel Duchaussoy ne joue pas dans cette pièce, ca aurait été évidemment parfait (je l'aurais très bien vu dans le rôle d'Albert, Guy Michel étant un peu fade).

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Paule Noelle, pour le plaisir des yeux

Je vais en chemise
Adieu ma pudeur !
Si j'étais surprise
Ce serait l'horreur
Car tout le monde
Devrait savoir
Que nous avons, les blondes
Peur dans le noir.
Je vais en chemise
Adieu pudeur
Et compromise
En cas de malheur
Puisqu'en esclandre
Je veux apprendre
Ce que me dit cet homme au désespoir
Un billet tendre
Un billet tendre
Allons le lire en paix dans un cabinet noir

La station Champbaudet, de Labiche et Marc-Michel (Comédie Francaise, 1972)

Histérique en voyant ce DVD de cette pièce dont je connais la version audio PAR COEUR (littéralement, interrogez-moi, vous verrez !) et... avec Michel Duchaussoy ! Youpi Youpi !
La jolie Paule Noelle est aussi au rendez-vous.

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Paule Noelle, pour continuer le plaisir.

Un petit air de mandoli-ine
Les voilà tranquilles soudain.
Ah que les femmes sont câlines
Pour peu qu'on soit un peu câlin !
Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
Ah que les femmes sont câlines
Pour peu qu'on soit un peu câlin !

La surprise de César (Gaetan et Paul Grizzi, 1985)

Aladdin (Disney (Ron Clemens et John Musker), 1992)

Tintin et le lac aux requins (Raymond Leblanc, 1972)

Ondine, de Giraudoux (Comédie Francaise, 1974)

La cérémonie (Chabrol, 1995)

Becket (Peter Glenville, 1964)

lundi, 16 avril 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces quatre dernières semaines ?

Ca fait en effet cinq semaines que je n'ai pas posté, mais évidemment, la première semaine, je n'ai absolument rien lu.

Le journal d'une femme de chambre, Octave Mirbeau
Célébrité méritée de ce roman, un des plus aboutis d'Octave Mirbeau. Un roman qui laisse sans voix. Inégalé et inégalable.
Mon coeur va au chapitre consacré à Mr Georges.

Mon baiser avait quelque chose de sinistre et de follement criminel… Sachant que je tuais Georges, je m’acharnais à me tuer, moi aussi, dans le même bonheur et dans le même mal… Délibérément, je sacrifiais sa vie et la mienne… Avec une exaltation âpre et farouche qui décuplait l’intensité de nos spasmes, j’aspirais, je buvais la mort, toute la mort, à sa bouche… et je me barbouillais les lèvres de son poison… Une fois qu’il toussait, pris, dans mes bras, d’une crise plus violente que de coutume, je vis mousser à ses lèvres un gros, immonde crachat sanguinolent.
— Donne… donne… donne !
Et j’avalai le crachat, avec une avidité meurtrière, comme j’eusse fait d’un cordial de vie…
Monsieur Georges ne tarda pas à dépérir. Les crises devinrent plus fréquentes, plus graves, plus douloureuses. Il cracha du sang, eut de longues syncopes, pendant lesquelles on le crut mort. Son corps s’amaigrit, se creusa, se décharna, au point qu’il ressemblait véritablement à une pièce anatomique. Et la joie qui avait reconquis la maison se changea, bien vite, en une douleur morne. La grand’mère recommença de passer ses journées dans le salon, à pleurer, prier, épier les bruits, et, l’oreille collée à la porte qui la séparait de son enfant, à subir l’affreuse et persistante angoisse d’entendre un cri… un râle… un soupir, le dernier… la fin de ce qui lui restait de cher et d’encore vivant, ici-bas… Lorsque je sortais de la chambre, elle me suivait, pas à pas, dans la maison, et gémissait :
— Pourquoi, mon Dieu ?… pourquoi ?… Et qu’est-il donc arrivé ?

Un chapitre personnel, Dostoievsky

La main d'écorché, Guy de Maupassant
Ayant épuisé à peu près tout Octave Mirbeau, retour à l'auteur qui m'occupait avant que je ne découvre celui-ci.
Une histoire fantastique digne de Maupassant, très noire et très simple.

Le rendez-vous dans trois cents ans, Alexei Tolstoi
Attention, hein, Alexei Tolstoi, pas Léon.
Une belle histoire fantastique.

La Grande Étude, Conficius
Ce que signifient ces mots, mettre le bon ordre dans sa famille, consiste auparavant à se corriger soi-même de toutes se passions vicieuses, le voici : Les hommes sont partiaux envers leurs parents et ceux qu'ils aiment ; ils sont partiaux ou injustes evers ceux qu'ils méprisent et qu'ils haissent ; envers ceux qu'ils respectent et qu'ils révèrent, ils sont également partiaux ou serviles ; ils sont partiaux ou trop méricordieux envers ceux qui inspirent la compassion et la pitié ; ils sont aussi partiaux ou hautains envers ceux qu'ils traitent avec supériorité. C'est pourquoi aimer et reconnaître les défauts de ceux que l'on aime, hair et reconnaître les bonnes qualités de ceux que l'on hait est une chose bien rare sous le ciel.

Lumière d'août, Faulkner
Je m'étais déjà débattue à travers ce roman il y a une dizaine d'année. J'ai ressorti ma machette pour essayer de me frayer un passage dans cet univers bizarre, dans cette ambiance bizarre surtout, une ambiance étouffante et irrespirable sous le soleil violent des journées d'août.
C'est vraiment difficile de comprendre cet imaginaire du nègre, cet imaginaire de la femme, vivant dans un siècle où ces deux thématiques ont tellement évolué. Preuve qu'elles ont évolué, cela dit, ce qui est bon signe. Difficile aussi parce que c'est l'Amérique et que ce pays ne me parle pas. Mais j'aime, j'aime, j'aime Faulkner. C'est vraiment incompréhensible.

Il marchait droit à leur rencontre. Il marchait vite. Ils l'avaient vu, et ils se rangèrent sur le bord de la route. Les voix se turent. Lui aussi changea de direction et, traversant la route, marcha vers eux comme pour les renverser. D'un seul mouvement, comme inspirées par un mot d'ordre, les femmes s'effacèrent et, passant à l'écart, lui cédèrent toute la place. Un des hommes les suivit, comme s'il les poussait devant lui. Tout en marchant, il regardait par-dessus son épaule. Les deux autres hommes s'étaient arrêtés sur la route, face à Christmas. Christmas s'était arrêté également. Aucun d'eux ne semblait remuer, et, cependant, ils se rapprochaient comme un mirage, comme des ombres à la dérive. Il pouvait sentir l'odeur de nègre. Il pouvait sentir les habits grossiers, la sueur. La tête du nègre, plus haute que la sienne, sembla s'incliner, hors du ciel, contre le ciel.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Königliche Hoheit, Thomas Mann

Sur l'eau, Guy de Maupassant

Qu'est-ce que j'avais oublié la dernière fois ?

Chocolate (Prachya Pinkaew, 2008)


Comment ai-je pu oublier de mentionner ce film vu avec les gens du taekondo ? Un bon film de combat asiatique, miam. L'histoire était nulle, bien sûr. Mais les scènes de combat sont superbes, l'actrice principale, une taekwondoin d'origine, maîtrise les chorés sur le bout des doigts. Du grand art thailandais, avec un style de boxe thai mélangé de Kungfu (avec des hommages directs à Bruce Lee et Jackie Chan), de taekwondo et de combat au sabre. Miam miam miam.

Qu'est-ce que j'ai vu ces quatre dernières semaines ?

Black Swan (Darren Aronofsky, 2010)
J'ai mis un temps fou à voir ce film, recommencé, repris, re-interrompu, re-repris. Je ne rentrais pas dedans.
De très bonnes choses pourtant, et surtout une fin magnifique, pendant laquelle j'ai eu une illumination: mais c'est bien sûr, Requiem for a dream ! Mais oui, Arnofsky, je n'avais pas fait le rapprochement... Mais cette fin, une vraie signature.

Dans la peau de John Malkovitch (Spike Jonze, 1999)
J'avais vu ce film il y a très très très longtemps, sans doute dans des temps anciens où nous regardions les films qui passaient à la télé. J'avais adoré, mais n'en avais gardé quasiment aucun souvenir.
J'ai donc rafraîchi ma mémoire. Ce film, c'est quand même du gros n'importe quoi. Un très bon n'importe quoi.

Aelita, der Flug zum Mars (Jakow Protasanow, 1924)
Perle du cinéma muet russe, ce film génial reste relativement inconnu. À tord, parce qu'Aelita, ca vaut un bon Murnau. Avec une sacré touche soviétique très mal viellie  (Et si on allait exporter la révoltion prolétarienne sur la planète Mars ? Mais oui, quelle bonne idée ! Zigzob de tous les cratères, unissez-vous !)

Vincent (Tim Burton, 1982)
Mon pourvoyeur personnel en DVDs, le Killer, est un fan inconsidéré de Stanley Kubrick, ce en quoi je le suis parfaitement, mais aussi un fan inconsidéré de Tim Burton, ce en quoi je ne le suis pas du tout.
Il a voulu me convaincre, image à l'appui avec ce court-métrage d'à peine cinq minutes :


Gloups... Ah ben oui, mais dit comme ca... Tim Burton ca a pas l'air si mal que ca...

Batman (Tim Burton, 1989)
Après la tentative pour me convaincre du génie de Tim Burton, j'ai pris rendez-vous avec le Killer pour le visionnage d'un de ses films préférés, Batman Returns. Exactement LE film qu'il ne me viendrais jamais à l'idée de regarder (quelle perte de temps !). Mais, ok, je donne sa chance à Tim Burton (même s'il est coupable du la plus outrageant navet s'inspirant (paraît-il) de Lewis Caroll - qu'on lui coupe la tête !).

La séance ciné allant commencer quand...
"J'espère que je vais y comprendre quelque chose quand même, même si j'ai pas vu le premier épisode.
- Quoi ? Tu n'as jamais vu Batman ?
- Heu, ben non...
- Mais heu... Tu connais l'histoire quand même ?
- Ben heu... non...
- Tu sais pas qui est Batman ?
- Ben heu... il a été mordu par une chauve-souris, c'est ca ?
- Nan, là tu confonds avec Spiderman.
- Ah zut... Heu...
- Catwoman ?
- Heu... C'est une fille déguisée en chat... avec des gros seins... Ca a un rapport avec Batman ? Je savais pas.
- Bon, c'est une catastrophe, on peut pas te laisser comme ca."

Détournement de la soirée en visionnage de Batman, donc. Il faudra réitérer la chose pour la deuxième partie.

Bon, malgré toute mon envie de rendre hommage à Tim Burton qui a une imagination fertile et une esthétique qui me touche beaucoup... non, décidemment, je n'aime pas ses films. C'est dommage parce que le personnage de Jocker est formidable, et surtout la prestation de Nicholson un coup de maître. Mais même Jocker m'énerve. Je revois le Chapelier Toqué, ou Mr Wonka ; ce sont toujours ces mêmes personnages, bien dans l'idée, mais trop... trop... trop poussés, trop bruyants, trop c'est trop.
Ne parlons pas de Batman, qui est d'une perfection ennuyeuse à souhait, et surtout pas de Kim Bassinger, qui m'est de toutes facons complètement antipathique depuis Neuf semaines et demie et qui me tape sur les nerfs dans ce film à ne faire que crier (nan mais sans rigoler, elle fait autre chose que pousser des hiiiiii et changer de coiffure à chaque scène ? non...).

Fail pour Batman. Mais chapeau pour Nicholson quand même.
Mais il paraît que Batman Returns est vaaaaachement mieux.

Jack+Nicholson+13.jpg


Arizona Dream (Emir Kusturica, 1993)


Un film de Kusturica que je ne connais pas ! Joie et bonheur !
Malheureusement pas à la hauteur d'Underground, de Chat noir chat blanc ou de La vie est un miracle, mais il faut dire que la barre était placée haute. On ne peut pas ne faire que des films parfaits (sinon on s'appelle Stanley Kubrick et Kusturica ne s'appelle pas Stanley Kubrick). Quelques thèmes récurrents de Kusturica, mais pas assez d'animaux. On sent qu'il se cherchait encore...
À noter un Johnny Depp tout jeunot pour les amateuses (pas moi, en l'occurence). Et un générique inaugural qui déchire.

Casablanca (Michael Curtiz, 1942)

Ce film était visiblement un trou dans ma culture cinématographique. Visiblement, puisque j'ai retrouvé au fil du film des tas de clins d'oeil vus dans d'autres films (ou livres) qui y faisaient référence. À commencer, évidemment, par Kusturica : "I think this is the beginning of a great friendship."
À voir absolument (même si ce patriotisme glorieux m'a quand même fait un peu sourire).

Ghost World (Terry Zwigoff, 2001)
Je me souviens très bien de quand ce film est sorti au cinéma. J'avais très très envie de le voir. Mais à l'époque, déjà, les places de cinéma coûtaient 8€, et pas sûr que j'aurais trouvé quelqu'un prêt à m'accompagner. À l'époque aussi, j'avais 15 ans, donc à peu près l'âge des héroines de cette histoire. Et c'est vraiment dommage que je n'aies pas vu ce film, à l'époque. Ca aurait beaucoup alimenté mes réflexions sur la vie.

Parallèle absolument évident entre Heavenly Creatures et Ghost World, ce dernier étant tout de même moins dur, moins choquant, mais tout aussi parlant.
L'histoire de deux amies, Enid et Rebecca. Le bac en poche, elles traînent leurs docs dans les rues de la ville, cherchent un taf, cherchent un appart, et regardent autour d'elles. Il ne se passe pas grand chose, finalement, dans ce film. Elles regardent, c'est tout. Mais elles ont de bons yeux.

- I don't know... I kinda like him. He is the exact opposite of everything I really hate. In a way, he's such a curious dork. He's almost kind of cool.
- This guy is many things, but he's certainly not cool.

Batman Returns (Tim Burton, 1992)

Le voilà donc, le retour du visionnage de Batman avec le Killer.
Silence et recueillement, nous voilà face à un chef d'oeuvre...

Gné ?
Nan mais excusez-moi. D'accord, Michelle Pfeiffer (qu'est-ce qu'elle est maigre et plate d'ailleurs, je pensais Catwoman plus généreuse que ca...), c'est toujours mieux que Kim Bassinger, et ok, elle au moins elle ne crie pas tout le temps. Ok, le personnage de Catwoman est intéressant... enfin, pas tout à fait nul... enfin il est juste un peu nul quoi. Mais le grand méchant Pingouin ? Soyons sérieux cinq minutes voyons, vous voulez vraiment que j'aime un film avec une action complètement convenue et où le vilain méchant est un pingouin ? Pffff...

Bilan: À tout prendre, je préférais le premier épisode. Au moins, y'avait le Jocker.
Mention spéciale aux décors, qui témoignent quand même du génie de Tim Burton (génie mal employé, si vous voulez mon avis).

Best of the best (Robert Radler, 1989)

Bon, l'idée de départ, c'était de re-regarder Rocky. Mais j'ai eu un petit problème technique avec mon DVD. Donc pour rester dans l'ambiance, un bon petit film de taekwondo... enfin, de karaté... enfin d'un sport non-identifié avec des coups de poings et des coups de pieds et des gens qui se tapent dessus (je me demande toujours dans quel sport il est autorisé de frapper l'adversaire à terre... et d'après quelles règles un arbitre n'interrompt pas le match quand l'un des combattants a le visage plein de sang... mystère).

Le sénario est d'une simplicité extrème, digne d'un bon manga de sport comme je les aime : l'équipe nationale de... heu... karaté des Etats-Unis va affronter dans trois mois l'équipe nationale de... heu... taekwondo (gné ?) de Corée, qui sont les meilleurs et s'entraînent tous du matin au soir dans la neige depuis qu'ils ont 4 ans. Mais les américains ont un coach super motivé et une entraîneuse avec une grosse poitrine, ils vont donc forcement gagner. (mais heu, on a dit de pas poiler !)

Bon, les amerlocs me font bien rigoler des fois. Non parce que l'équipe est censée être composée des cinq meilleurs karatéka (ou je-ne-sais-quoi... parce que ca ressemble des fois pas mal à du kungfu quand même... bref) du pays. Or c'est une sacrée équipe de bras cassés, qui savent même pas sauter à la corde... genre...
C'est vrai que pour arriver dans l'équipe nationale, ils ont vraiment pas dû s'entraîner beaucoup... Mais le réalisateur est visiblement un amerloc qui ne connaît pas la différence entre le karaté, le taekwondo, le judo et le kungfu, donc on lui pardonne.

Parfait amour ! (Catherine Breillat, 1996)

Haaaaa, un bon film francais où il se passe rien !
Ca faisait longtemps.

Christophe et Frédérique sont amoureux. Un amour parfait. Ils s'aiment et se font des confidences sur l'oreiller. Et puis ils se disputent, parce qu'ils s'aiment. Et puis voilà, c'est le parfait amour.
Un film génial. Sans ironie. Du grand cinéma francais.

Pourtant j'ai toujours eu peur d'être une pute. Bon en même temps j'pense que ca m'aurait pas déplu finalement. Parce que tu vois même... même si j'suis passive et qu'on fait n'importe quoi y'a... y'a un moment où... où l'autre n'existe pas, où il n'existe plus.

Ivanhoe (Richard Thorpe, 1952)
Je ne sais pas pourquoi j'imaginais Ivanhoe comme un héro de la Rome antique. Au lieu de ca, je le découvre saxon fidèle de Richard coeur de Lion. Les voies de l'inculture sont impénétrables.
J'ai des envies étranges de trucs vieux en ce moment. Ivanhoe est un bon technicolor plein de chevaliers en collants et de belles filles avec des tailles impossibles. La brune (donc juive, évidemment) Elizabeth Taylor est magnifique, elle fait sacrément de l'ombre à sa rivale, la blonde Joan Fontaine. L'attaque du château fort est un chef d'oeuvre. Hourra pour Ivanhoe !

Qu'est-ce qui vient après ?

Côté livres, j'ai mes Pilliers de la terre. De multiples véléités de le commencer enfin, cette fois-ci sera-t-elle la bonne ?

Côté films, des envies à foison. Envie de Chabrol (La cérémonie), de vieux films (Breackfast with Tiffany), de comédies musicales (Jesus Christ Superstar) et de toutes ces choses que je ne trouve pas sur Berlin.
J'ai très très envie aussi de Bruce Labruce, de Richard Kern et de Lynda Lunch, mais j'ai conscience que ca va être très très difficile à trouver.

lundi, 05 mars 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?

rien (mémoire oblige)

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

La grande Etude, Confucius en standby pour de plus beaux jours.

Lumière d'août, Faulkner idem

Le journal d'une femme de chambre, Octave Mirbeau me motive un peu plus. C'est génial, comme d'habitude

Qu'est-ce que je vais lire après ?

J'attends avec impatience la fin du mémoire pour m'attaquer à une pile surhumaine de bouquins qui m'attend...

Qu'est-ce que j'ai vu cette semaine ?

I want someone to eat cheese with (Jeff Garlin, 2006) comédie très intéressante qui met en scène un anti-héro parfait, à qui l'on souhaiterait pourtant tant de bien. Je pense que le summuzm est atteind avec le (faux) remake de Marty, jouissif.

Marathon Man (John Schlesinger, 1976)
J'aime bien Dustin Hoffman, donc le film passe comme une lettre à la poste. Un peu too much (le personnage de l'ange blanc est vraiment flippant flippant), mais c'est le but.

Les dieux sont tombés sur la tête (Jamie Uys, 1980)
Ce film, je suis à peu près certaine de l'avoir vu à l'école. J'en avait gardé un bon souvenir. Finalement, l'histoire manque un peu d'imprévu, mais je suis fascinée par les langues à clic (j'adorerais en apprendre une, mais ca sert un peu à rien).
L'acteur principal, du coup, me fascine.

Potiche (Francois Ozon, 2010)
Un Ozon que je ne connaissais pas, il fallait remédier à ca. Malheureusement, je n'aime pas trop Deneuve et je déteste Depardieu. Et même si j'aime beaucoup Luccini, sa prestation dans le film n'est pas extraordinaire. Et puis c'est plat... ca manque de folie et d'imprévu.
Décidemment, avec Sitcom, Ozon avait tout dit...

Machete (Ethan Maniquis et Robert Rodriguez, 2010)
Un bon gros film de bourrin. Il m'a fallu trois bon quart d'heure pour comprendre l'ambiance du film. Comprendre l'humour du film. En fait, Machete est un film comique. Et une fois que j'ai compris ca, et que j'ai senti que sans aucun doute, c'était le réalisateur de Sin City qui avait pondu ce film (j'avais pas fait attention... mais évidemment, Robert Rodriguez !), là, j'ai vraiment vraiment kiffé le film.
Reste des codes vraiment trop masculins que j'arrive pas à apprécier, l'acteur que... non, vraiment, non. Mais je dois avouer que le contraste peau-à-peau de l'acteur principal avec Jessica Alba est visuellement très intéressant. De toutes facons, Jessica Alba, c'est facile : elle sait peut-être pas jouer, mais il suffit de la planter devant une caméra pendant une heure et je reste bouche-bée du début à la fin.
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Voilà voilà. Faudra que je regarde Grindhouse du coup, y'a moyen que ce soit du même accabi (y'a Jessica Alba dans Grindhouse ?)

lundi, 27 février 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu les deux semaines passées ?

Rien.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

La Grande Étude, Confucius

Lumière d'août, Faulkner est en standby

Qu'est-ce que j'ai vu la semaine dernière ?

Sitcom, Ozon
J'ai peur de devoir avouer que Sitcom est un de mes films préférés. J'adore, j'adore. Il y a des gens - que je ne nommerai pas - qui ont quitté la salle de cinéma quand il est sorti. Moi je le regarde à peu près trois fois par an. Chacun son truc.

3 court-métrages aux Berlinales:
- Ararat, Engin Kundag
- Rodicas, Alice Gruia
qui était vraiment génialissime. Une sorte de docu sur deux exilées roumaines, deux vieilles dames complètement normales et complétement extraordinaires. À la fois drôle et très réfléchi. J'ai adoré. Je le conseille à tout le monde, si jamais il est accessible un jour sous quelque forme que ce soit.
- Sterben nicht vorgesehen, Matthias Stoll

Un poisson nommé Wanda, Charles Crichton
Bon ben... ouais, c'est marrant.

Friends after 3.11, Iwai Shunji

Koi ni itaru yamai, Kimura Shoko

Toute une série de films du "cinéma de la transgression" dans une expo intitulée "You killed me first". Vraiment pas mal. Je vous fait pas la liste, ca n'en finirait pas.
Bon, c'était du cinéma un peu hard. Un peu.
Y'a plein de films de Richard Kern qui sont visibles sur youtube, si ca vous intéresse. (Non, maman, je te conseille vraiment pas...) C'est vraiment Richard Kern et Lydia Lunch que j'ai préféré. Je trouve que leurs films portent vraiment. Mais c'est pas fait pour tout le monde.

lundi, 13 février 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu les deux dernières semaines ?

J'entre dans la dernière semaine avant le rendu du mémoire. Autant dire que les lectures se font rares en ce moment, la plupart de celles citées datent surtout de la première semaine (toutes en fait, je crois).

La reine Margot, Alexandre Dumas
J'ai vraiment beaucoup aimé ces intrigues de Cour. L'histoire d'amour est un peu niaise et prend un peu trop de place, mais bon, on fait avec.

Mathématiue et philosophie, Lautrec
Un court essai qui fait le point. Descartes est un idiot. Voilà, c'est dit.

La mort du chien, Octave Mirbeau

Vincent Van Gogh, Octave Mirbeau

Claude Monet, Octave Mirbeau

Camille Pissaro, Octave Mirbeau

Règlement pour une socièté de plaisirs, Machiavel

Les aventures du Baron de Münchausen, Gottfried August Burger
Que j'avais jamais lues, quand même. C'est complètement absurde. Je suis pas sûre d'avoir beaucoup aimé.

En attendant l'omnibus, Octave Mirbeau
Hilarant.

Le gamin qui cueillait des cêpes, Ocatve Mirbeau
Encore une anecdote que l'on retrouve dans Les Affaires sont les affaires.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

La grande Etude, Confucius
C'est pas très long, mais j'avance pas beaucoup. De toutes facons, j'ai pas le temps.

Lumière d'août, Faulkner est un peu en standby aussi.

Qu'est-ce que je vais lire après ?

Un des derniers Octave Mirbeau qui me reste est Le journal d'une femme de chambre.
Je le savourerai une fois le mémoire rendu.

Je profiterai aussi de mes vacances pour regarder des films et je pourai enfin lire La philosophie sur grand écran, de Olivier Dekens, un super cadeau qu'on m'a fait il y a longtemps, mais jusqu'ici j'ai manqué de motivation pour regarder les films dont il est question. Maintenant j'ai envie de films et je vais me faire plaisir.

Qu'est-ce que j'ai regardé les trois dernières semaines ?

OUI, grande première: on inaugure la catégorie film. Parce qu'après n'avoir pas regardé un seul film depuis des mois, je suis rentrée depuis trois semaines dans une phase où j'ai tout le temps envie d'en regarder. Je me suis fait plaisir en regardant quelques films (principalement à coup de 15mn au moment des repas). Je me suis également fait une liste monstrueuse de TOUT ce que je veux me regarder une fois que je serai au chômage en vacances. Plus qu'une semaine...

Pour cette catégorie, je vais essayer de faire court et surtout de ne pas vous bombarder de trailer... Si ces derniers vous intéressent, imdb.com est votre ami.

Making "The Shining", Vivian Kubrick

Stanley Kubrick: A life in picture, Jan Harlan

En fait, tout a commencé à cause d'un gars du taekwondo, le Killer, qui a une passion effreinée pour Kubrick. Vous imaginez le carnage quand on est tous les deux partis sur le sujet. Du coup, nous avons regardé le making off de "The shining" puis un documentaire sur Kubrick. Et puis il m'a prêté des films, et voilà comment je suis entrée dans ma phase film...

Le making off est vraiment bien. Nicholson est assez incroyable. Le gamin aussi, dans son genre. Il pensait sincèrement toucher 2$ la journée pour sa prestation. Les enfants sont touchants de naiveté. Très intéressant de voir les relations entre l'actrice et le réalisateur. Kubrick n'était pas un tendre, la pauvre a souffert le marthyre...

Adaption, Spike Jonze
Un film assez incroyable de mise en abyme. Réflexion sur le cinéma écrite par Charlie Kaufmann sur Charlie Kaufmann qui écrit pour le cinéma. Mise en scène impossible d'un livre sur les orchidées.
La fin m'a un peu déconcertée. Mais je suppose qu'elle a sa logique.

Sala samobójców, Jan Komasa un film des Berlinales de l'en dernier que j'ai eu très envie de revoir.

Swimming Pool, Ozon
J'aime beaucoup Ozon. Et je conaissais pas Swimming Pool. Un super film (un peu lent à démarrer, quand même...). Ludivine Sagnier est super dans ce film. Et alors bonjour la mode de 2003... (J'étais persuadée que le film datait d'avant 8 Femmes).
Ca m'a donné envie de revoir Sitcom. Absolument.

Cidade de Deus, Fernando Meirelles et Kátia Lund
Devenu un classique. Un TRÈS bon film. La langue est très belle aussi, même si les langues romanes ne sont pas ma tasse de thé d'habitude. Mais l'ambience des favelas est chaude et vivante, très enthousismante, malgré la violence du propos.

Mulholland Drive, David Lynch
Comme j'étais partie dans une tournée des classiques, j'ai eu envie de revoir ce film pour voir si je le comprendrais mieux que la première fois que je l'avais vu.
Ben non.

Burn after reading, Ethan et Joel Cohen
J'ai vraiment bien rigolé.
Pendant tout le film, je me suis pris la tête à me demander qui c'était, bon sang, cet acteur que j'étais sûre de connaître. Après le film, j'ai regardé le casting. Brad Pitt ? Ah ben oui...
(ok, je vais me cacher)

Le cabinet du docteur Caligari, Werner Krauss
Plus classique tu meurs, évidemment. Incroyables décors dans ce film. Sans doute le premier film de l'histoire du cinéma où "à la fin en fait NON, il est fou et il s'est tout imaginé... on nous a bien eu".

9 semaines et demi, Adrian Lyne
Oui, je suis un peu à la bourre pour découvrir ce film. Genre TOUT LE MONDE l'a vu. Ben je l'ai vu maintenant, c'est bon.
Je comprends un peu pourquoi ce film est devenu une telle référence en matière de sexytude. Mais bon, sincèrement, le personnage de Kim Basinger ne me parle pas. Par contre, le gars, je dis pas. Il est heu... sexy (nan mais genre la fille, elle le rencontre en faisant ses courses... mais OÙ elle va faire ses course bon sang ?).

Princesse Mononoké, Miazaki
Encore un film que j'avais bien envie de revoir. Un des meilleurs de Miazaki, mais il faut que je retrouve celui avec la déesse de la mort, je crois que c'est nettement mon préféré.

Scarface, Brian de Palma qu'il fallait bien que je finisse ENFIN par voir. Bon film, mais j'avoue que j'ai été surprise de ne pas l'adorer plus que ca. On m'en avait tellement parlé que je m'attendais à tomber en amour de ce film. Ben non (mais je crois que le courant ne passe pas entre moi et Al Pacino d'une manière générale). Tant pis. Le final est quand même super super cool.

The Addams Family, Barry Sonnenfeld

Addams Family Values, Barry Sonnenfeld

Je ne sais pas trop ce qui m'a pris. Une envie soudaine de revoir ces films. Le fait est que je ne me souvenais d'absolument rien. Sauf Mercredi. Mercredi est la gamine la plus cool de la terre.

- And then Mommy kissed Daddy, and the angel told the stork, and the stork flew down from heaven, and left a diamond under a leaf, in the cabbage patch, and the diamond turned into a baby!
- Our parents are having a baby too.
- They had sex.

- Where is the corpse?
- Right over there.
- But... he's alive!
- Tell me about it!

Le diable s'habille en Prada, David Frankel
Là, je peux vous dire, c'était la veille au soir du partiel de socio. Je me suis dit: Allez, un truc qui me fait détresser. Ergo: Le diable s'habille en Prada.
J'adoooore ce film. Je l'ai vu au moins 20 fois. Au moins. De toutes facons, pour moi, c'est le meilleur rôle de Meryl Streep (j'ai des goûts très discutables).
Bouffée de bonheur.

Mai-Wei, Kang Je-kyu
Je ne pouvais pas quand même ne pas aller DU TOUT aux Berlinales cette année...
J'ai commencé avec un film qui a attiré la moitié du Japon et la moitié de la Corée (au moins) dans une petite salle de ciné de Berlin. Un film très bien, la 2ème guerre mondiale vue du côté asiatique (qui se termine quand même sur la côte de la Normandie...) et qui thématise principalement les conflits "internes" entre Japonais et Coréens. Les Japonais sont un peu les méchants dans l'histoire, mais les personnages sont vraiment bien.
Il y a de très belles scènes aussi. Par contre, c'est du cinéma asiatique, hein. Ces gens doivent avoir 50L de sang de plus que nous dans les veines pour qu'il en coule autant. Des bains de sang. En même temps, c'est la guerre, on nous aura prévenus.

Mort à vendre, Faouzi Bensaidi

Un film des Berlinales sur le petit brigandage d'une petite ville du Maroc, Tetouan. Belle ville, belles images, mais pas celles que l'on attend du Maroc. La discussion à la fin avec le réalisateur a été de ce point de vue très intéressante. On sent que tout ca est très réfléchi. Très réfléchi aussi les mouvements de caméra. Tout ca donne un très beau film.
J'ai beaucoup aimé plonger dans la vie quotidienne marocaine. Il y a des moments où je me rends bien compte qu'une part de mon identité me ramène au Maghreb. Surtout dans les petits détails de la vie quotidienne.
Je pourrais juste reprocher à ce film d'être très contemplatif et méditatif, malgré les scènes d'action, et parfois c'est un peu long. Mais je crois que sans cette poésie, le film perdrait sa force. Donc finalement, comme ca, c'est parfait.