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lundi, 22 avril 2013

C'est lundi...

Mon dernier récapitulatif date déjà du siècle dernier, mais ca ne fait rien. Je ne lis pas beaucoup (presque pas du tout) en ce moment, si ce n'est que je me suis (re)lancée dans La recherche du temps perdu (il y a des gens qui vont trouver cette phrase contradictoire, j'en ai bien conscience, mais bon...).

Qu'est-ce que j'ai lu ces mille dernières semaines ?

Une fâcheuse histoire, Fedor Dostoievski
Et c'était bien, mais pas de quoi non plus s'extasier pendant des semaines. 

Le Rire : essai sur la signification du comique, Henri Bergson
La thèse de Bergson sur le rire est sans doute celle à laquelle je me suis le plus souvent référée dans toute ma vie de prépa, et même encore maintenant dès que je dois commenter un texte en ayant l'air intelligente (ca m'arrive quand même moins souvent). Sauf que je n'ai jamais lu Bergson (si vous trouvez que c'est un paradoxe, c'est que vous n'avez jamais fait de prépa).

Manque enfin comblé, et avec bonheur, je peux vous le dire, parce que c'est pas pour rien que je cite du Bergson sans arrêt. Génial, ce truc. Et en plus, c'est sympa à lire, puisque Bergson passe son temps à citer des blagues, ce qui rend la lecture assez sympathique.

J'ai encore quelques problèmes avec son analyse du rire. Il y a des fois où, quand même, j'ai l'impression qu'il manque quelque chose...

Du côté de chez Swann, Marcel Proust

Écrire quelque chose d'intelligent sur la Recherche du temps perdu est parfaitement impossible. Je veux dire : on ne peut qu'ouvrir le livre, lire et pleurer de sa propre nullité. 

D'une manière générale, quand je commence à partir sur Proust devant un hésitant (ca m'arrive), je conseille toujours de rentrer dans Proust avec Un amour de Swann, le deuxième Tome de Du côté de chez Swan. L'histoire relatée parlant du temps d'avant le narrateur, l'histoire est relativement restreinte, elle a un début, une fin, et on arrive à suivre. D'autre part, les thèmes principaux sont abordés (toute la vie du narrateur n'est qu'un espèce d'écho de la vie de Swann, c'est fascinant), et on peut déjà voir si le style peut nous plaire. Mieux en tous cas que si l'on commence par le fameux "longtemps je me suis couché de bonne heure" qui - même si c'est un tour de force que cette introduction - peut vite décourager les bonnes volontés (je pense que ce n'est qu'après une longue initiation au style Proust qu'on arrive à se délecter de lire pendant 20 pages une description des couleurs projetées sur le mur de la chambre par une veilleuse...).

En relisant Un amour de Swann, outre qu'Odette est sans doute mon personnage préféré de toute la recherche (encore que la Duchesse de Germantes... hummmmm hummmm...), je me suis rendu pour la première fois vraiment compte des clins d'oeil incessants à Combray, et je me dis qu'on ne pourra jamais comprendre tout cela sans avoir lu le premier tome. Je persiste cependant : lisez Un amour de Swann. Et d'une manière générale, lisez Proust.

J’avais toujours à portée de ma main un plan de Paris qui, parce qu’on pouvait y distinguer la rue où habitaient M. et Mme Swann, me semblait contenir un trésor. Et par plaisir, par une sorte de fidélité chevaleresque aussi, à propos de n’importe quoi, je disais le nom de cette rue, si bien que mon père me demandait, n’étant pas comme ma mère et ma grand’mère au courant de mon amour :

— Mais pourquoi parles-tu tout le temps de cette rue ? elle n’a rien d’extraordinaire, elle est très agréable à habiter parce qu’elle est à deux pas du Bois, mais il y en a dix autres dans le même cas.

Je m’arrangeais à tout propos à faire prononcer à mes parents le nom de Swann ; certes je me le répétais mentalement sans cesse ; mais j’avais besoin aussi d’entendre sa sonorité délicieuse et de me faire jouer cette musique dont la lecture muette ne me suffisait pas. Ce nom de Swann d’ailleurs, que je connaissais depuis si longtemps, était maintenant pour moi, ainsi qu’il arrive à certains aphasiques à l’égard des mots les plus usuels, un nom nouveau. Il était toujours présent à ma pensée et pourtant elle ne pouvait pas s’habituer à lui. Je le décomposais, je l’épelais, son orthographe était pour moi une surprise. Et en même temps que d’être familier, il avait cessé de me paraître innocent. Les joies que je prenais à l’entendre, je les croyais si coupables, qu’il me semblait qu’on devinait ma pensée et qu’on changeait la conversation si je cherchais à l’y amener. Je me rabattais sur les sujets qui touchaient encore à Gilberte, je rabâchais sans fin les mêmes paroles, et j’avais beau savoir que ce n’était que des paroles — des paroles prononcées loin d’elle, qu’elle n’entendait pas, des paroles sans vertu qui répétaient ce qui était, mais ne le pouvaient modifier — pourtant il me semblait qu’à force de manier, de brasser ainsi tout ce qui avoisinait Gilberte, j’en ferais peut-être sortir quelque chose d’heureux. Je redisais à mes parents que Gilberte aimait bien son institutrice, comme si cette proposition énoncée pour la centième fois allait avoir enfin pour effet de faire brusquement entrer Gilberte venant à tout jamais vivre avec nous.
(Nom de Pays : Le Nom, tome 3 de Du côté de chez Swann

À l'ombre des jeunes filles en fleurs, Marcel Proust

Je tiens à informer les personnes suceptibles d'être intéressées par cette information que ma collection de livre audio de Proust est incomplète. Il me manque une grande partie de Nom de pays : le Pays (et puis il me manque tout le Temps retrouvé, mais il me semble que le livre audio n'était pas encore sorti). Et que Proust est un investissement à vie.

Je n'avais pas dû remarquer le manque lors de ma première écoute. Du coup, je ne savais pas comment le narrateur avait rencontré Robert de Saint-Loup et comment il avait rencontré Albertine. Je ne sais pas comment j'ai fait pour vivre avec ce manque, mais il est enfin réparé.

Du côté de Germantes, Marcel Proust

Quand je commence à partir sur Proust, en général, je parle de Sodome et Gomorrhe comme de mon tome préféré. C'est le seul que j'avais même déjà relu, et plusieurs fois.
Puis j'ai relu Du côté de Germantes... et là je dois bien avouer que je ne sais plus trop. Non mais parce que la Duchesse de Germantes, quand même... (sincèrement, qui n'a pas rêvé d'être la Duchesse de Germantes ?) 

Une grande cocotte, comme elle avait été, vit beaucoup pour ses amants, c’est-à-dire chez elle, ce qui peut la conduire à vivre pour elle. Les choses que chez une honnête femme on voit et qui certes peuvent lui paraître, à elle aussi, avoir de l’importance, sont celles, en tous cas, qui pour la cocotte en ont le plus. Le point culminant de sa journée est celui non pas où elle s’habille pour le monde, mais où elle se déshabille pour un homme. Il lui faut être aussi élégante en robe de chambre, en chemise de nuit, qu’en toilette de ville. D’autres femmes montrent leurs bijoux, elle, elle vit dans l’intimité de ses perles. Ce genre d’existence impose l’obligation et finit par donner le goût d’un luxe secret, c’est-à-dire bien près d’être désintéressé.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Sodome et Gomorrhe, Marcel Proust

Délice de reprendre ce tome et les réflexions botaniques qui l'introduisent et que je connais déjà comme ma poche (la sexualité des fleurs, c'est super intéressant).

Pour la première fois, j'ai ENFIN compris la différence entre la Duchesse de Germantes et la Princesse de Germantes. Du coup, il y a pas mal de trucs un peu étranges qui s'éclairent.
(Le problème de Proust, c'est que c'est tellement long que la lecture s'étale sur des mois et des années et on perd en chemin certains repères importants. Je crois me rappeler que ma prof de francais - grande fan de Proust devant l'Eternel - avait dû se faire des fiches sur les personnages pour réussir à s'y retrouver. Il n'y a qu'une solution : il faut le lire d'un trait.)

Mais dis-moi, toi qui sais, ce n’est pas vrai que les morts ne vivent plus. Ce n’est pas vrai tout de même, malgré ce qu’on dit, puisque grand’mère existe encore. » Mon père sourit tristement : « Oh ! bien peu, tu sais, bien peu. Je crois que tu ferais mieux de n’y pas aller. Elle ne manque de rien. On vient tout mettre en ordre. — Mais elle est souvent seule ? — Oui, mais cela vaut mieux pour elle. Il vaut mieux qu’elle ne pense pas, cela ne pourrait que lui faire de la peine. Cela fait souvent de la peine de penser. Du reste, tu sais, elle est très éteinte. Je te laisserai l’indication précise pour que tu puisses y aller ; je ne vois pas ce que tu pourrais y faire et je ne crois pas que la garde te la laisserait voir. — Tu sais bien pourtant que je vivrai toujours près d’elle, cerfs, cerfs, Francis Jammes, fourchette. » Mais déjà j’avais retraversé le fleuve aux ténébreux méandres, j’étais remonté à la surface où s’ouvre le monde des vivants, aussi si je répétais encore : « Francis Jammes, cerfs, cerfs », la suite de ces mots ne m’offrait plus le sens limpide et la logique qu’ils exprimaient si naturellement pour moi il y a un instant encore, et que je ne pouvais plus me rappeler. Je ne comprenais plus même pourquoi le mot Aias, que m’avait dit tout à l’heure mon père, avait immédiatement signifié : « Prends garde d’avoir froid », sans aucun doute possible. J’avais oublié de fermer les volets, et sans doute le grand jour m’avait éveillé. 

Qu'est-ce que j'ai vu ces mille dernières semaines ?

The Big Lebowski (Joel Coen, 1998)

Avatar (James Cameron, 2009)

Rocky V (John G. Avilden, 1990)

Rocky Balboa (Sylvester Stallone, 2006)

Oben (Up - Disney : Pete Docter et Bob Peterson, 2009)

Gegen die Wand (Head-On - Fatih Akin, 2004)

http://www.youtube.com/watch?v=OoEskub6VdY

jeudi, 31 janvier 2013

So this is Januar, and what have you done ?

Il n'est jamais trop tard pour faire le bilan du mois de décembre et de l'année 2012... (on est encore en janvier après tout)

Premier Objectif : Avoir mon diplôme de Master.

 

Objectif validé à 100%.

Deuxième Objectif : Avoir ma ceinture verte.

 

Objectif validé aussi.

Je crois que je ne vous ai pas raconté, mais j'ai l'immense fierté d'avoir recu en mission de mon prof de taekwondo d'être prof à la place du prof, le temps d'un week-end. Comme il était absent ce week-end, au lieu d'annuler, il m'a demandé de gérer le cours du samedi et celui du dimanche. J'étais évidemment ravie et toute fière, et le dimanche, je m'en suis même plutôt bien tiré (le samedi, c'était un peu caca-fouilli, je dois l'avouer).
Voilà voilà. Rien à voir, mais je voulais le dire !

 

Troisième objectif : Lire (au moins) la moitié de ma PAL.

Objectif manqué et il s'en est fallu d'un cheveu que je ne réussisse pas le Challenge Petit Bac et l'intégrale Maupassant. Mais je l'ai fait. En route pour l'objectif 2013 !
Je tiens à signaler que j'ai tenu bon et que JE N'AI PAS ACHETÉ UN SEUL LIVRE EN 2012 !!! Et je peux vous dire que j'ai beaucoup pris sur moi.

 

Et sinon

 

- me tricoter un pull, le monter et le porter --> ca y est, le pull est terminé ! Je suis toute fière, même si les dimensions sont un peu approximatives... Je vous le montrerai sous peu...

ET MAINTENANT, C'EST PARTI POUR 2013 !

Avec de nouveaux objectifs tout beaux pour cette année !

Premier Objectif : Avoir écrit au moins 50 pages de la thèse

J'ai failli mettre en objectif "Être autonome financièrement".
MAIS - certains ne sont peut-être pas encore au courant parce que je ne les ai pas appelés jeudi dernier au milieu de la nuit en hurlant de joie - cela vient d'être (virtuellement) réglé, puisque j'ai obtenu la sacro-sainte bourse. Je vais donc travailler avec Konfus et Konfus Junior et être payée pour ca, que demander de plus ?

Bref, maintenant que le problème du financement est à peu près réglé, il faut se mettre sérieusement au travail. Et s'inscrire vraiment en doctorat, et commencer mes recherches, pour enfin commencer à écrire.
J'ai déjà au moins un espèce de plan de deux pages, ce n'est pas trop mal.
50 pages en un an, ce n'est pas énorme, mais la première année va surtout être consacrée à la recherche, et pas vraiment à l'écriture. Tout de même, je ne veux pas juste accumuler des notes et repousser la rédaction toujours au lendemain, d'où l'objectif.

Deuxième objectif : Réussir un test de casse en yop-chagi

Le deuxième objectif est traditionellement dédié au sport, donc je ne fais pas exception cette année. Il s'agit ici de réussir un coup de pied assez difficile. Soit j'y arrive dès fin février lors du passage de grade, soit je n'y arrive pas et j'espère par contre me rattrapper en septembre...

Troisième objectif : Intégrale "À la recherche du temps perdu" et intégrale "Comédie humaine"

Le titre parle de lui-même, cette année sera d'abord sous le signe de Proust, puis sous celui de Balzac. J'ai hâte, j'ai hâte !

lundi, 21 janvier 2013

C'est lundi...

Bon, c'est horrible, parce que j'ai passé bien trop de temps sans faire le point du lundi, et tellement de choses se sont accumulées que la liste est devenue monstrueuse. Donc accrochez-vous, la voilà :

Qu'est-ce que j'ai les whatmille dernières semaines ?

Les épingles, Maupassant

Llanto por Ignacio Sanchez Mejas / Complainte pour Ignacio Sanchez Mejas, Federico Garcia Lorca
Un très beau mp3 né sur www.litteratureaudio.com, un duo franco-espagnol. Il fallait bien que j'écoute ca, germaniste ou pas. Du Federico Garcia Lorca, ma tata m'aurait reniée si j'avais pas au moins essayé.

No te conoce el lomo de la piedra,
ni el raso negro donde te destrozas.
No te conoce tu recuerdo mudo
porque te has muerto para siempre.

El otoño vendrá con caracolas,
uva de niebla y montes agrupados
pero nadie querrá mirar tus ojos
porque te has muerto para siempre.

Porque te has muerto para siempre,
como todos los muertos de la Tierra,
como todos los muertos que se olvidan
en un montón de perros apagados.

Bon ok, l'espagnol, des fois, c'est très beau aussi.

Hautot père et fils, Maupassant

Les Précoces, Fedor Dostoievski
Roman peu connu de Dostoievski, un texte qui aurait en fait dû faire partie des Frères Karamazov, mais que Dostoievski a retiré de peur d'alourdir l'ouvrage.
J'ignorais alors encore que j'allais bien les connaîtres, ces frère Karamazov.

Allouma, Maupassant
Le Brouillard du 26 octobre, Maurice Renard
Death Note T11&12, Tsugumi Ohba et Takeshi Obata
L'inutile beauté, Maupassant

Histoire de ma fuite des prisons de la Republique de Venise, Giacomo Casanova
C'était super, c'était pas du tout ce à quoi je m'attendais, c'était à savoir.

Le champ d'olivier, Maupassant
La gloire du Comacchio, Maurice Renard
Mouche, Maupassant
Un premier amour, Ivan Tourgueniev
Le noyé, Maupassant
Dorci, ou La Bizarrerie du sort, Marquis de Sade
L'épreuve, Maupassant
Le Molosse, Howard Phillips Lovecraft
Amour, Maupassant
Le voeu, E.T.A. Hoffmann
Autres temps, Maupassant
Deux Originaux, E.T.A. Hoffmann
À vendre, Maupassant
Sermon sur la mort, Jacques-Bénigne Bossuet
Le masque, Maupassant
La Prude, ou La Rencontre imprévue, Marquis de Sade
Un portrait, Maupassant
Pourquoi nous ne sommes pas socialistes, Anatole Leroy-Beaulieu
L'infirme, Maupassant
Lettres à Joséphine, Napoléon 1er
Les vingt-cinq francs de la Supérieure, Maupassant
"Le Chat maigre", Anatole France
Un cas de divorce, Maupassant
Les Patins d'argent, Mary Mapes Dodge
Qui sait ? Maupassant
Fumée, Ivan Tourgueniev
Alexandre, Maupassant
La Mort de César, Paul Féval

Tarass Boulba, Nicolas Gogol
Quand j'ai commencé à parcourir la littérature russe au hasard, je ne connaissais vraiment rien de la Russie (à part qu'ils boivent de la Vodka et que leurs présidents sont pourris). Au fil des pages, j'ai rencontré pas mal de bureaucrates russes ridicules. J'ai vu pas mal de Moudjik aussi, et de propriétaires fonciers.

Dans Tarass Boulba, j'ai découvert un autre monde. Des trucs que je connaissais vraiment, mais alors vraiment pas. Tarass Boulba m'a emmenée au milieu (exclusivement masculin) des Cosaques Zaporogues, dans la stepe ukrainienne. Dans une île du Dniepr, j'ai découvert la setch, les razzia lancées contre les juifs et les Polonais (et surtout les juifs polonais). J'ai découvert le cossachok (ou kazatchok, la danse des Cosaques) et compris la haine qui régnait entre Cosaques et Tartares.



J'ai du mal à rentrer dans ce monde, à le comprendre. Je suis plus à l'aise dans les salons parisiens.

Undine, Friedrich de la Motte Fouqué
Die Verwandlung (La transformation), Franz Kafka
David Copperfield, Charles Dickens
Les frères Karamazov, Dostoievski
La vie errante, Maupassant
L'aveugle, Maupassant
Cri d'alarme, Maupassant
L'hermite, Maupassant
Misère humaine, Maupassant
L'Orient, Maupassant
Un drame vrai, Maupassant
Notre coeur, Maupassant
Après, Maupassant
Les tombales, Maupassant
L'âme étrangère, Maupassant
L'angelus, Maupassant
Le colporteur, Maupasssant

Correspondance avec Marie Bashkirseff, Maupassant

Maupassant recevait pas mal de lettres, venant de parfaits inconnus. Marie Bashkirseff en faisait partie. Un court échange de quatre lettre qui montre Maupassant de l'autre côté des coulisses, pas forcement très aimable, mais avec le sens de l'humour.
Livre lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2012 mention Maupassant, catégorie Loisir.

La P... respectueuse, Sartre
Un être faible et bon. La fascination du mal, de la brutalité. La manipulation affective.
C'est loin d'être le plus grand chef d'oeuvre de Sartre, mais j'apprécie.
Livre lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2012, catégorie Gros Mot.

Morts sans sépulture, Sartre
Au soleil, Maupassant

Dialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu, Maurice Joly

J'avais rencontré en prépa ce texte, dont j'avais complètement perdu la trace, et que j'ai retrouvé par hasard. En voyant la fin de 2012 arriver et que je m'enlisais dans Tarzan am Kurfürstendamm, je me suis dépêchée de lire ces dialogues relativement courts, histoire de boucler mon Challenge Petit Bac !

Joly se livre à une sorte d'éyercice de style, faisant se confronter les thèses de Machiavel à celle de Montesquieu. Un combat entre matérialisme et idéalisme, éclairé par l'Histoire du XVIII et début du XIXe.
Je venais de me mettre bien à jour sur Napoléon (voir dans les vidéos), et il ne m'a été que trop facile de voir les allusions directes et accusatrices envers cet ignoble et écoeurant personnage.

Machiavel:
Vous qui parlez de l’influence du clergé, vous ignorez donc à quel point il a su se rendre impopulaire dans quelques États catholiques ? En France, par exemple, le journalisme et la presse l’ont tellement perdu dans l’esprit des masses, ils ont tellement ruiné sa mission, que si je régnais dans son royaume savez-vous bien ce que je pourrais faire ?
Montesquieu:
Quoi ?
Machiavel:
Je pourrais provoquer, dans l’Église, un schisme qui briserait tous les liens qui rattachent le clergé à la cour de Rome, car c’est là qu’est le nœud gordien. Je ferais tenir par ma presse, par mes publicistes, par mes hommes politiques le langage que voici : « Le christianisme est indépendant du catholicisme ; ce que le catholicisme défend, le christianisme le permet ; l’indépendance du clergé, sa soumission à la cour de Rome, sont des dogmes purement catholiques ; un tel ordre de choses est une menace perpétuelle contre la sûreté de l’État. Les fidèles du royaume ne doivent pas avoir pour chef spirituel un prince étranger ; c’est laisser l’ordre intérieur à la discrétion d’une puissance qui peut être hostile à tout moment ; cette hiérarchie du moyen âge, cette tutelle des peuples en enfance ne peut plus se concilier avec le génie viril de la civilisation moderne, avec ses lumières et son indépendance. Pourquoi aller chercher à Rome un directeur des consciences ? Pourquoi le chef de l’autorité politique ne serait-il pas en même temps le chef de l’autorité religieuse ? Pourquoi le souverain ne serait-il pas pontife ? » Tel est le langage que l’on pourrait faire tenir à la presse, à la presse libérale surtout, et ce qu’il y a de très-probable, c’est que la masse du peuple l’entendrait avec joie.

Le faiseur d'oreilles, La Fontaine
Il n'est plus que temps de boucler mon Challenge Petit Bac ! Vite vite, une fable libertine de La Fontaine !
C'est digne d'un récit gentillet de Sade (La rencontre imprévue par exemple), les rimes en plus.
Lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2012, catégorie Partie du corps.

Enfances célèbres : Mozart, Louise Colet
Enfances célèbres : Pascal et ses soeurs, Louise Colet

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Tarzan am Kurfürstendamm (Tarzan à Kurfürstendamm), Adolf Endler
Adolf Endler a vécu et écrit tant bien que mal en RDA. Entre 81 et 83, il tient un journal, ou plutôt une sorte de fourre-tout, mélange de réflexions sur les sujets du quotidien, sur la politique, la vie en RDA.
De ces fragments ressort l'ambiance étrange de Prenzlauer Berg sous le Communisme, mélange entre état policier et avant-garde-quand-même. Alors âgé de 50 ans, Adolf Endler n'a plus grand chose à craindre du régime, plus grand chose à prouver non plus. Il s'évertue à rester fidèle à lui même, fidèle à son style sarcastique, malgré le cadre particulier.
Ne connaissant pas Adolf Endler, je ne peux que me rattacher à ce que je lis dans ces notes un peu décousues. Je ne comprends pas tout, j'assimile ce que je peux assimiler. Mais comme ce n'est pas excessivement passionnant, je traîne un peu...

Une facheuse histoire, Dostoievski

Qu'est-ce que j'ai vu ces whatmille dernières semaines ?
Période très faste en terme de films (en fait, je lis pas beaucoup ces temps-ci, même si ca se voit pas vraiment.

Memento (2000, Christopher Nolan)
Le troisième homme (1949, Carol Reed)
Doux oiseau de jeunesse (1962, Richard Brooks)

Human Weapon - saison 1 (2007, Terry Bullman) - 15 épisodes + 1 récap
Comme me le faisait remarquer mon prof de taekwondo, tout le monde connaît cette émisssion depuis cinq ans, mais c'est pas grave...
Human Weapon fait le tour de 14 arts martiaux différents : Muat Thai, Karaté, Savate, Krav Maga, etc... Le principe est simple et efficace : Jason Chambers (un pro MMA) et Bill Duff (un ancien pro football américain) partent faire le tour de plusieurs pays en examinant à chaque fois un art martial en particulier. Un peu d'histoire, quelques présentations de différents courants, et surtout l'apprentissage de deux ou trois techniques (un coup de pied particulier, une clé, etc). Les deux sportifs ont fait un super travail. Le fait qu'ils soient très différents (Bill est balaise et massif, Jason plus souple et fluet) est aussi intéressant, cela permet de voir les avantages et inconvénients de chaque gabari. Le tout est très "à l'américaine", Jason surtout aime en rajouter des tonnes pour impressionner le public, mais il n'empêche que j'ai beaucoup appris.
Mon épisode préféré a amené les deux sportifs... en France, où on leur a appris la savate. Vous connaissez la savate ? J'en avais vaguement entendu parler mais sans savoir ce que c'était, et j'ai été conquise. Je trouve ce sport vraiment chouette, même si c'est beaucoup plus brutal que le taekwondo (le sport est né à Marseille, ca ne s'invente pas...).


Chaos (2001, Coline Serreau)

Napoléon (1968, Henri Guillemin) - 15 épisodes (3 ont disparu)
Life of Pi (Ang Lee, 2012)
The social Network (David Fincher, 2010)
König der Löwe III ("Le roi Lion III" - 1995, Walt Disney)
Cube (1997, Vincenzo Natali)
Ip Man (2008, Wilson Yip)
Damage (2009,  Jeff King)
Die Verurteilten ("Les évadés" - 1994, Frank Darabont)
Mary and Max (2009, Adam Elliot)

Rocky (1976, John G. Avildsen)
"Adriaaaaaaaaaaaan !!!"
Ah, mais keske j'l'aime, ce Rocky ! J'ai décidé de me (re)lancer dans l'intégrale.

Augen der Angst ("Le voyeur" - 1960, Michael Powell)
Warrior (Gavin O'Connor, 2011)

Django Unchained (2012, Tarantino)
Le voilà, Django, quasi directement à sa sortie en salle. LE nouveau Tarantino, impossible de rater ca !
Django Freeman, le seul noir libre de tout le sud de l'Amérique (on est à la fin du XIXe). Mais peut-on être libre quand on est noir ?
Le film est très particulier. Toute l'intrigue reposant sur l'inégalité entre blancs et noirs (et sur le Far West, les revolvers et tout ca), on est pourtant loin d'un discours "normal" de tolérance non-raciste. Tout comme d'ailleurs Inglorious Basterds n'était pas du tout un discours "normal" sur les méchants nazis. On est vraiment dans du Tarantino, et ca se sent.

Lars and the Real Girl (Craig Gillespie, 2007)
Un film de la Berlinale 2008 que je n'avais pas réussi à voir. C'est d'ailleurs un 100% pur sang Berlinale, on peut difficilement faire mieux dans le genre : un sujet vraiment tiré par les cheveux qui donne un très bon film super profond, un peu déprimant mais pas trop. Quelle est l'histoire ici ? Nous avons donc Lars, un gars pas très porté sur le contact social, mais gentil et apprécié, un peu perturbé peut-être. En tous cas, sa soeur se fait du souci. Parce qu'il a pas de copine et qu'il serait peut-être temps. Un jour, il annonce la grande nouvelle : Bianca, une fille rencontrée sur Internet, vient lui rendre visite, elle parle peu et se déplace en fauteuil roulant, mais tout le monde est prêt à l'accueillir à bras ouvert. Le soir des présentations, Lars arrive chez sa soeur... avec une poupée silicone. Lars sera au petit soin pour cette Bianca dont il est follement amoureux, et toute la petite communauté va jouer le jeu.
Présentée comme cela l'histoire peut avoir l'air glauque. Mais il faut vraiment avoir vu l'amour fou avec lequel ce brave Lars va traiter cette poupée, l'histoire qui va se construire, l'importance qu'elle finit par prendre pour tous, la compréhension (assez peu vraissemblable) avec laquelle tout son entourage va réagir. C'est très très beau. Et ca en dit beaucoup sur ce que signifie l'amour, la projection que l'on fait sur l'autre dans un couple. Un film plein de bons sentiments et pas nunuche, ca vaut le détour. D'autant que le prétexte est tellement saugrenu que le film reste quand même sympatiquement amusant.

"Mais mon père, il ne va quand même pas l'ammener à l'église aussi ?
- Voyons... Dans ces moments-là, la seule question à se poser est... Qu'est-ce qu'aurait fait Jésus à notre place ?"

The Wrestler (Darren Aronofsky, 2008)
On m'avait dit que j'allais adorer The Wrestler. J'irais pas jusqu'à dire "adorer", mais c'est vrai que j'ai été bien plus prise dans cette histoire que dans celle de Black Swan, dont elle est finalement très proche. Le monde du catch est quand même assez particulier. J'ai rarement vu du catch, et j'ai à chaque fois été fascinée par cette discipline, ni tout à fait du combat, ni tout à fait du théâtre, un mélange assez chouette, mais avec des codes difficiles auxquels je n'arrive pas vraiment à m'adapter.
The Wrestler parle donc d'un catcheur, qui a eu son heure de gloire dans les années 80 et doit se rendre à l'évidence qu'il se fait quand même un peu vieux. Il y a des scènes de combat... d'un côté vraiment magnifiques, d'un autre vraiment tellement extrèmes que ca ne peut pas être beau. L'acteur principal est une trouvaille, le personnage est plus vrai que nature, hideux et beau à la fois, un vrai catcheur quoi.

Rocky II (Sylvester Stallone, 1979)
Adriaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan !
(Franchement, quel romantique primaire, ce Rocky...)
Je ne suis pas sûre d'être méga fascinée par l'embourgeoisement "american dream" de ce Rocky, mais l'entraînement du come back est très très réussi. C'est un genre qui marche à tous les coups avec moi, c'est pas difficile.

Rocky III (Sylvester Stallone, 1982)
La trame de l'histoire est vraiment d'une pauvreté affligeante. Mais les scènes d'entraînement sont toujours aussi bien (ahhh, la course sur la plage...), et j'aime beaucoup le perso d'Appollo, donc je suis servie. Par contre, je crois que je vois trop de gros muscles ces temps-ci (ahhhhhh la course sur la plage...), ca commence à me détraquer le cerveau... Et puis on a enfin THE EYE OF THE TIGER et ca c'est juste le summum du merveilleux, non ?


Rocky IV (Sylvester Stallone, 1985)

Oh mon dieu ! L'américanisme primaire face à la grande méchante superpuissance russe (le russe ressemble à un nazi d'ailleurs, Stallone a dû se tromper de guerre). Je crois qu'on pouvait difficilement tomber plus bas dans le shéma narratif. Le scénariste (Stallone, si je ne m'abuse) réussi l'exploit de faire croire que les russes sont des monstres technologiques pendant que les américains sont restés bruts et naturels (limite si c'est pas le tiers-monde). Évidemment, la nature l'emporte sur la technologie, et tous les peuples de la terre doivent se donner la main (à condition qu'ils reconnaissent que les USA sont quand même un peu plus égaux que les autres).
À côté de ca, Stallone commence à se faire vieux, il était quand même plus intéssant à regarder avant... Heureusement que THE EYE OF THE TIGER sauve la situation.

lundi, 01 octobre 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?

Voyage à mon bureau, aller retour, Joseph Poisle-Desgranges
Une série d'anecdotes racontées par un employé de bureau que nous accompagnons pour une journée. Le texte, très bienveillant, manque peut-être un peu de second degré, mais il est très agréable à lire.
On en profite pour découvrir mille détails intéressant sur la vie quotidienne de 1860.

Les prisonniers, Maupassant
Je reviens un peu en arrière sur Maupassant. Retour donc le temps d'une nouvelle sur sa période "anti-prussienne".

Le Sixième Mariage de Barbe-bleue, Henri de Régnier

Un très beau texte, pour une version étrange (et un peu onirique) de l'histoire de Barbe Bleue et de sa sixième femme.
NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Sport/Loisir" du Challenge Petit Bac.

L'homme de Mars, Maupassant

On retrouve la passion de Maupassant pour l'ésotérisme, le magnétisme, l'hypnotisme, tout un tas de choses dont nous n'avons pas idée... Cette fois, on jette un coup d'oeil au-delà de la Terre.

La Cantatrice, Maurice Renard
Décidemment, Maurice Renard a une écriture fascinante. Il faut accepter de quitter le domaine du rationnel pour partir à la recherche de l'énigme qui se cache sous la belle voix de cette cantatrice inconnue.

L'orphelin, Maupassant

Histoire étrange. Pour une fois, Maupassant nous laisse sans trop d'explication sur la fin. Mais finalement, ce n'est pas mal non plus.

L'Homme au corps subtil, Maurice Renard

Vous connaissez sans doute l'histoire du Passe-Muraille. Maurice Renard reprend l'idée à sa sauce, sans oublier un détail qui pose problème... mais je ne veux pas spoiler. Jolie nouvelle.

La Journée d'un journaliste américain en 2890, Jules Verne
Je ne suis pas une grande fanatique de Jules Verne, mais j'étais curieuse de voir sa vision du quotidien de 2890. Assez drôlement, il n'y a pas grand chose qu'il ait imaginé et qui n'existe pas en effet à l'heure actuelle (visioconférence, satellites, émergeance de la Chine...) si ce n'est qu'il est encore en-dessous de la vérité (il n'a visiblement pas imaginé internet possible...). Il nous reste encore à inventer une machine qui nous lave et nous habille (souvenirs du Cinquième élément, bonjour), et on évitera celle qui unifie le temps et la température sur toute la planète (à cause des ours polaires et tout ca...). Jules Verne était vraiment très optimiste et n'avait pas non plus imaginé les problèmes écologiques.

Death Note, T9&10, Tsugimi Ohba et Takeshi Obata
Je passe sur Death Note pour lequel j'ai déjà clamé mon amour la semaine dernière. D'ailleurs, les derniers tomes sont très fades, mais je l'ai déjà dit.
Ce livre est le douzième de ma PAL 2012.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Undine, Friedrich de la Motte Fouqué

Death Note, T11&12, Tsugimi Ohba et Takeshi Obata

Qu'est-ce que j'ai vu cette semaine ?

Rien du tout...

Et après ?

Maintenant que je commence à prendre le pli entre le travail et le sport, j'espère avoir un peu plus de temps pour faire decendre ma PAL. Gros plaisirs en perspective donc. Avec un titre en allemand pour le prochain, histoire d'alterner un peu ?

dimanche, 30 septembre 2012

Die Ärzte - mon premier concert !

Lire l'article ici.

lundi, 24 septembre 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?

La morte, Maupassant
Une histoire de vampire à la sauce 1887. Ca change des boyaux qui coulent et des frasques à la Bruce Labruce...

Finale in Berlin ("Berlin Game"), Len Deighton
Un polar d'espionnage anglais entre Berlin Ouest et Berlin Est. Un scientifique d'Allemagne de l'Est qui travaille sur des inscecticides au phosphore, potentiellement la prochaine arme biologique. Parviendra-t-on à le débaucher pour le bloc occidental ? Et comment ? À moins qu'Israel ne s'en mêle ?
J'ai bien accroché à ces histoires d'agent double et de trahisons dans le début du roman. Vers la fin, je me suis un peu lassée, d'autant que le final est... mouais, bof.

NB: Ce livre est le 7ème de ma PAL 2012. Il rentre dans la catégorie "Sport/Loisir" du Challenge Petit Bac.

Par delà le bien et le mal, Nietzsche

Je suis contente d'avoir lu ce livre, même si je cherchais sans doute chez Nietzsche des choses qui n'y sont pas. Son discours sur les races (et sur les femmes, n'en parlons pas) est assez insupportable, et en admettant que ce qu'il dise ait pu à un moment reflèter la réalité, cette réalité est depuis longtemps dépssée.
D'autre par, je suis surprise de trouver Nietzsche pro-européen, pro-juif... Certaines réflexions sur la religion et la morale sont intéressante, même si j'hésite à en tirer les mêmes conclusions que lui. Ca valait le coup de l'avoir lu quand même, pour au moins savoir de quoi il est question.
(Mais c'est chiant. Un peu.)

Les hommes modernes, sur lesquels s’est usée la nomenclature chrétienne, ne ressentent plus ce qu’il y avait de terrible et de superlatif, pour le goût antique, dans le paradoxe de la formule « Dieu en croix ». Jamais et nulle-part il n’y a plus eu jusqu’à présent une telle audace dans le renversement des idées, quelque chose d’aussi terrible, d’aussi angoissant et d’aussi problématique que cette formule : elle promettait une transmutation de toutes les valeurs antiques. — C’est l’Orient, l’Orient profond, l’esclave oriental qui se vengeait ainsi de Rome, de sa noble et frivole tolérance, qui se vengeait de ce "catholicisme" romain de l’incrédulité.

Pierre et Jean, Maupassant
Très bon roman, rien à dire.

Death Note, T1&2, Tsugimi Ohba et Takeshi Obata
Death Note, T3&4, Tsugimi Ohba et Takeshi Obata
Death Note, T5&6, Tsugimi Ohba et Takeshi Obata
Death Note, T7&8, Tsugimi Ohba et Takeshi Obata
Que dire de Death Note, le chef d'oeuvre absolu du manga japonais ? J'aime tellement cette histoire, je ne m'en lasse pas. Cette histoire s'ancre dans un Japon moderne, où la télévision et Internet jouent un rôle majeur. Un Japon contemporain, pas futuriste, mais tout de même intemporel. Un jeune lycéen brillant qui s'ennuie. Un dieu de la mort, dans son monde inconnu des humains, qui s'ennuie. Pour s'amuser, le dieu de la mort laisse tomber son cahier dans le monde des humains. Pour voir ce qui se passera.
Light, le jeune lycéen, découvre le cahier. On peut y inscrire le nom d'une personne dont on connaît le visage, et celle-ci meurt. Il décide de rendre le monde meilleur en tuant tous les meutriers. Mais ces morts systématiques finissent pas alerter Interpol, qui décide de lancer une équipe sur la piste de "Kira". À la tête de l'équipe, L, un jeune lycéen au pouvoir de déduction inégalé.
Les 12 tomes du mangas tournent autour de l'affrontement entre L et Light, deux génies qui se livrent à un bras de fer psychologique hors du commun. Death Note est une sorte d'incroyable jeu d'échec entre deux génies. L'un des deux mourra de cet affrrontement, c'est certain. Reste à savoir lequel.

Le manga joue non seulement sur l'échange de ruses, de pièges et la manipulation des personnes alentours, mais aussi sur l'ambiguité de la notion de mal. Faut-il vraiment arrêter "Kira", alors même que la criminalité a été presque réduite à néant à cause de ses agissements ? Le manga réussi le pari difficile de nous faire admirer autant L que Kira.
Que dire d'autre ? Que les dessins sont magnifiques ?

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Heureusement que j'ai une mémoire de poisson rouge, et si je me souvenais bien des grands axes de l'histoire (notamment de la fin), j'avais oublié à peu près toutes les péripéties. Le suspens reste entier pour moi (enfin presque).

Le manga se compose cependant de trois parties distinctes. La première est le summum du sublime. La deuxième met du temps à démarrer pour se finir en apothéose. Et la troisième est... nulle. Franchement, nulle. Pour résumer simplement : l'un des deux adversaires est mort, mais un successeur (sorti de nulle part) le remplace. Jamais on n'arrivera à s'attacher à cette pâle copie du génie précédent, et l'intrigue s'enlise. Il fallait tout de même donner une fin à l'histoire, et c'est ce qu'on fait Tsugimi Ohba et Takeshi Obata. Et malheureusement pour moi, je suis déjà arrivée au tome 9, donc dans la troisième partie. Mais je veux voir la fin, donc je continue.

Ces livres sont les 8ème, 9ème, 10ème et 11ème de ma PAL 2012.

Monsieur d'Outremort, un gentilhomme physicien, Maurice Renard

La Mère Sauvage, Maupassant

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Undine, Friedrich de la Motte Fouqué

Death Note, T9&10, Tsugimi Ohba et Takeshi Obata évidemment

Qu'est-ce que j'ai vu cette semaine ?

Semaine faste...

Noob, saisons 1 à 4

Noob est une série internet/télévisée (puisqu'elle passe sur Nolife TV) amateure faite par une bande de copains (sur Toulon, si ma mémoire est bonne). Par tout petits épisodes de 5mn, on suit les aventures de quelques joueurs de MMORPG (en gros, un jeu en ligne) et de leurs avatards.
Avec une imagination débordante, ils ont réussi à créer une série super drôle et à laquelle on s'attache vraiment. La quatrième saison est l'avant-dernière saison, la dernière devrait sortir d'ici cet hiver.

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Si vous êtes curieux, c'est sur Noob TV que ca se passe.

Mon oncle d'Amérique, Alain Resnais (1980)
Le cinéma Arsenal a proposé tout le mois de septembre une rétrospective du cinéma d'Alain Resnais. Je n'en ai pas énormément profité (pas le temps, tout ca), mais quand même assez pour aller voir deux films. Le premier, Mon oncle d'Amérique, m'a complètement emballée. À la fois très francais et très original, intelligent et pas prise de tête. Avec en arrière fond, très très loin, très discret, la hantise d'Alain Resnais : l'holocauste (vous saviez que c'était lui qui avait fait Nuit et Brouillards ? moi pas).
Le concept le plus intéressant du film repose sur sa structure, assez proche de celle des livres de Bernard Werber : un aller-venue continuel entre une fiction (un destin croisé de trois personnages différents) et un discours scientifique, en l'occurence les théories du Professeur Henri Laborit sur le fonctionnement du cerveau.
Le film réussi même l'exploit de me réconcilier avec Gérard Depardieu qui... mon dieu, vais-je oser écrire cela... joue bien... oh que c'est dur à admettre... et que j'ai même... non, je ne vais jamais y arriver... trouvé... arghhhhhh... très sympatique...
Une brève apparition d'un Pierre Arditi vraiment trop jeune pour être convainquant (celui-là s'est quand même bonnifié avec l'âge).

Hiroshima mon amour, Alain Resnais (1959)
Deuxième film de la rétrospective. Un texte de Marguerite Duras. Hum. J'aurais dû me méfier. Marguerite Duras et moi, c'est pas faute d'avoir essayé. Mais ca ne prend pas du tout. C'est pas qu'elle écrive mal (certainement pas, grand dieu, Marguerite Duras !), c'est pas que ses intrigues sont pas intéressantes. Mais non.
Et là encore, vraiment non. Et je pense même que j'ai à peu près compris pourquoi. Sa vision de l'amour est tellement à l'opposé de la mienne, et les femmes Duras sont tellement des anti-moi que ca ne peut pas prendre. Je baîlle du début à la fin du film.
Un film en trois vague. La première : Hiroshima, la bombe, la catastrophe. Très intéressant parce que je connaissais mal. La deuxième : l'occupation allemande, la Libération francaise. J'en ai tellement vu... Et la troisième vague... je ne sais pas : l'amour, une espèce de poursuite onirique dans les rues d'Hiroshima. Je baîlle, je baîlle, je baîlle. Et comme fil rouge, la mémoire et l'oubli.
Un film très intelligent en somme, très bien construit, très bien pensé. Mais ca ne prend pas avec moi. Vraiment pas.

lundi, 17 septembre 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces trois dernières semaines ?

Mademoiselle Perle, Maupassant
Acculé à devoir choisir une reine un soir de galette des rois, le narrateur décide de ne pas décider entre les deux filles de son hôte - des fois que cette histoire de fève cache des intentions de mariage, on ne sait jamais, hein - et de choisir pour reine Mademoiselle Perle, une sorte de dame de charge de la maison. Mais au fait... qui est donc cette Mademoiselle Perle, cette vieille fille très discrète qui a toujours vécu dans la famille ?
Une très belle histoire.

Au bois, Maupassant

Sur les chats, Maupassant
Maupassant n'aime pas les chats (niarc niarc niarc) et raconte plusieurs anecdotes sur ses rapport à cette agacante bête.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Animal" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Le marquis de Fumerol, Maupassant
Amour, Maupassant

Clochette, Maupassant
La femme chez Maupassant n'est pas la femme d'Octave Mirbeau. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Maupassant les épargne beaucoup plus. Il nous offre plusieurs portraits de femmes héroiques.
Ici, celui d'une vieille femme appelée de Clochette pour son boitillement qui remonte à sa jeunesse. Que s'est-il passé alors ? Nous l'apprenons dans cette courte nouvelle.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Personne Connue" (pas du tout tiré par les cheveux) du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Le Horla (version de 1886), Maupassant
Le Horla (version de 1887), Maupassant
Classique des classiques, il fallait bien que je le relise un jour. Je trouve que la deuxième version fonctionne mieux que la première. Elle fait beaucoup plus mouche.
Je continue pourtant à me demander pourquoi cette nouvelle est un incontournable des cours de francais au collège...

L'assassin, Maupassant
Pour la femme de Maupassant, perdre son mari est une libération ("Sauvée"). Pour l'homme, c'est le début de la fin. Comme dans "La petite Roque", nous avons affaire à un veuf qui commet un crime. Le crime est différent, mais l'idée est la même.
J'accroche assez peu à cette nouvelle, pas très convaincue par l'argument qui soutend le récit.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Métier" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

La nuit, Maupassant

Les plus beaux contes zens, Henri Brunel

Le rosier de Madame Husson, Maupassant
J'aime cette capacité de Maupassant à focaliser l'attention sur une partie du récit. Le rosier de Madame Husson n'est qu'une des anecdote racontée à son ami par un vieux gourmand de Grisole, et cette anecdote forme le coeur de cette sympatique nouvelle.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Végétal" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Par delà le Bien et le Mal, Nietzsche
Au début, Nietzsche, je trouvais pas ca si compliqué que ca. Puis je suis arrivée au chapitre 5... Aouch...

Finale in Berlin, Len Deighton

Undine, Friedrich de la Motte Fouqué

Qu'est-ce que j'ai vu ces trois dernières semaines ?
Ben, encore rien.
Enfin, j'ai commencé la série Noob, de Nolife TV. Je m'éclate comme une folle, mais y'a quatre saisons à rattrapper et j'ai plus tellement de temps libre...

Et après ?
Hum... 110 livres dans ma PAL, 6 lus à ce jour et je suis censée avoir lu la moitié d'ici décembre ? Bon, ben je crois que j'ai des lectures devant moi, pas de problème.

mardi, 28 août 2012

Modigliani, Soutine et l'Aventure de Montparnasse

Ca fait super-méga sérieux comme titre. C'est normal, lors de mon dernier passage à Paris, j'étais avec ma copine de prépa, la blonde et douce Yoyo, à une exposition d'Art. Autant dire que c'était très sérieux.

L'expo tournait autour de la collection d'un certain Jonas Netter, petit mais néanmoins grand collectionneur (cette phrase ne veut rien dire, je suis au courant).

À côté, donc d'oeuvres de Modigliani et de Soutine, un apercu de tous les artistes de Montparnasse soutenus (à bout de bras) par Netter pendant des années, à la ville comme à l'hôpital, et tout aussi bien pendant la guerre. Peintures pour la plupart vraiment magnifiques, explications complètes (bravo au conservateur - les dernières salles sont un peu cafouillies, tout de même, si je puis me permettre), quelques extraits de correspondances. Une expo qui vaut largement le détour.

Je ne dirai pas grand chose d'intéressant d'autre. De toutes facons, je ne suis plus historienne du lard, et je n'ai plus aucune prétention à m'y connaître en quoi ce soit. Quant à l'histoire de Netter, si elle vous intéresse, je vous invite à aller voir l'expo, ca sera bien plus complet que mes vagues souvenirs.

Deux coups de coeur tout de même, deux artistes que je ne connaissais pas et dont j'emporte les toiles dans ma tête en partant de cette exposition...

Le premier est Utrillo.

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Bon, quelque part, Utrillo, c'est un peu répétitif, dans le sens où il peint des rues, des rues, des églises et encore des rues. Mais certaines de ces rues retentissent (oui, oui, retentissent - je suis une super critique de lard, je suis au courant).
Il y en avait particulièrement deux, de ces rues, qui m'ont attrapée. Malheureusement, je ne les ai pas retrouvée en ligne pour vous les montrer. J'ai pris à la place quelques tableaux qui s'en approchaient. On est d'accord que la peinture en ligne, ca ne vaut pas grand chose, mais ca vous donne une idée.

Il y a aussi Moise Kisling.

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À part le dernier, aucun de ces tableaux n'étaient à l'exposition. J'ai juste regardé ce que je pouvais trouver en ligne, et j'ai pris ce qui me plaisais le plus. Le dernier était là, lui. Il n'a l'air de rien, vu sur un ordinateur, mais le rouge de ce pull inondait la pièce de sa rougeur. C'était stupéfiant, cette couleur rouge, on ne voyait dans toute la pièce que ce petit tableau. Fascinant.
Et puis j'aime bien Moise Kisling. J'aime son dessin, j'aime les formes qu'il choisit. Puis rien que de s'appeler Moise, c'est le summum du cool, non ? (j'aurais vraiment dû être critique d'Art).

 

lundi, 27 août 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu les trois dernières semaines ?

Évidemment, ca a l'air beaucoup vu comme ca, mais 1) c'est (encore) les vacances 2) il fait assez beau pour que je traîne au lac quand j'ai le temps 3) c'est surtout des nouvelles.

L'héritage, Maupassant
Développement d'une nouvelle très courte déjà publiées quelques années plus tôt (j'ai malheureusement déjà oublié comment cela s'appelait). Le développement valait le coup, les personnages ont pris une dimension bien différente.

L'homme-fille, Maupassant

Domino, Marcel Achard
Je retrouve l'auteur de "Jean de la Lune" dans une histoire magnifique. Peut-être encore plus naif et romantique que "Jean de la lune", mais plus réussi, je trouve.

Les raisins de la colère, John Steinbeck
Relecture. Une histoire lue pour la première fois au collège et qui m'avait laissé surtout un goût de porc frit et de galettes de mais dans la bouche. J'ai retrouvé les saveurs intactes. Ce livre donne tout simplement faim (ou rend heureux de manger à sa faim).
La critique du capitalisme m'a semblée plus virulente qu'à la première lecture, sans doute parce que je suis mieux capable de la lire qu'alors. Je me demande si Steinbeck vivant en 2012 changerait d'une seule ligne de son roman. Ce qu'il dit en 1939 sur les banques fait tellement écho à notre crise financière version 2008 qu'on en reste pantois. L'homme n'a-t-il vraiment rien appris ? Ou alors n'y a-t-il rien à apprendre, juste une logique implacable, mêmes causes, mêmes conséquences ?

Si c’était une banque ou une compagnie foncière qui possédait la terre, le représentant disait : « La Banque ou la Compagnie… a besoin… veut… insiste… exige… comme si la Banque ou la Compagnie étaient des monstres doués de pensée et de sentiment qui les avaient eux-mêmes subjugués. [...] Et le représentant expliquait comment travaillait, comment pensait le monstre qui était plus puissant qu’eux-mêmes. Un homme peut garder sa terre tant qu’il a de quoi manger et payer ses impôts; c’est une chose qu’il peut faire.
Oui, il peut le faire jusqu’au jour où sa récolte lui fait défaut, alors il lui faut emprunter de l’argent à la banque.
Bien sûr… seulement, vous comprenez, une banque ou une compagnie ne peut pas faire ça, parce que ce ne sont pas des créatures qui respirent l’air, qui mangent la viande. Elles respirent les bénéfices; elles mangent l’intérêt de l’argent. Si elles n’en ont pas, elles meurent, tout comme vous mourriez sans air, sans viande.
C’est triste mais c’est comme ça. On n’y peut rien.

Et que dire de ces quelques lignes qui dépeignent si bien le gaspillage criminel du mais, des pommes de terre... Ce sont des choses si difficiles à faire comprendre, pourtant, pourquoi Steinbeck y arrive-t-il et pas moi, hein ? Parce qu'il utilise un lyrisme daté ? Il semble qu'il n'y a que ce lyrisme, en effet, pour exprimer la souffrance. Mais il ne passe pas en 2012, quel dommage.

Un million d'affamés ont besoin de fruits, et on arrose de pétrole les montagnes dorées.
Et l'odeur de pourriture envahit la contrée. On brûle du café dans les chaudières. On brûle le maïs pour se chauffer - le maïs fait du bon feu. On jette les pommes de terre à la rivière et on poste des gardes sur les rives pour interdire aux malheureux de les repêcher. On saigne les cochons et on les enterre, et la pourriture s'infiltre dans le sol.
Il y a là un crime si monstrueux qu'il dépasse l'entendement. Il y a là une souffrance telle qu'elle ne saurait être symbolisée par des larmes. Il y a là une faillite si retentissante qu'elle annihile toutes les réussites antérieures.

J'ai comme l'impression que les raisins de la colère ne sont pas encore mûrs.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Végétal" du Challenge Petit Bac. C'est le cinquième livre de ma PAL 2012.

Contes du jour et de la nuit, Maupassant
La parure, Maupassant
Une vente, Maupassant

Promenade, Maupassant
Solitude, Maupassant
Avec "Adieu", lu quelques temps avant, ce sont les premiers écrits de Maupssant sur le temps, la vieillesse et la mort.
"Solitude" est particulièrement touchant. Pas même une histoire, plutôt un discours, des réflexions sur la solitude de l'Homme.

La chambre 11, Maupassant
La peur, Maupassant
Un echec, Maupassant

Bel-Ami, Maupassant
J'ai pris un profond plaisir à retrouver enfin un roman de Maupassant. "Bel-Ami" a quelque chose de très balzacien.

Malades et médecins, Maupassant
La confession de Théodule Sabot, Maupassant
Conflits pour rire, Maupassant
En wagon, Maupassant

Histoire des codes secrets, Simon Singh
J'ai dévoré ce livre comme un bon roman. Moi qui n'avait aucune notion de cryptographie au delà des codes "Avocat" et "Samourai" chers aux scouts, j'ai été passionnée par le sujet tout au long des 500 pages de cet exposé. J'ai même réussi à comprendre quelque peu la partie sur les ordinateurs quantiques, ce qui n'est pas peu dire.
Évidemment, la partie sur les langues naturelles et le déchiffrement des hiéroglyphes et du linéaire B m'ont particulièrement accrochée, on est linguiste ou on ne l'est pas. Non mais sans blague, vous saviez que la langue Navajo avait joué un rôle important dans la deuxième guerre mondiale ?

Je remercie Pincho qui m'a procuré le livre :)

NB: C'est le sixième livre de ma PAL 2012.

Sauvée, 1885
Nos anglais, 1885
Toine, 1885
Le baptême, Maupassant
La bête à Maît' Belhomme, Maupassant
La confidence, Maupassant

La petite Roque, Maupassant
Un énorme coup de coeur pour ce texte en deux chapitre. Le premier chapitre est si sombre que je reconnais à peine Maupassant. L'histoire se résoud de manière plus classique dans le deuxième chapitre, c'est presque dommage.
Un village, une enfant retrouvée morte, violée et étranglée. On pense à Giono (et donc aussi aux "Âmes grises"), à Mirbeau un peu aussi, à Ondine (toujours cette eau qui fascine Maupassant).

L'auberge, Maupassant
Maupassant reprend ici un motif que j'ai déjà vu dans deux autres nouvellescréant l'angoisse avec un rien, et surtout avec un chien qui gratte à la porte. Des trois versions, c'est celle-ci que je préfère, je la trouve plus aboutie. La solitude, la folie, la neige. Et un chien.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Lieu" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Le signe, Maupassant
Julie Romain, Maupassant

Une page d'histoire inédite, Maupassant
Une aventure parisienne, Maupassant
Une famille, Maupassant
Rosalie Prudent, Maupassant

La question du latin, Maupassant
Le latin, voyez-vous, ca ne nourrit pas son homme.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Les plus beaux contes zens, Henri Brunel

Par delà le Bien et le Mal, Nietzsche et c'est vraiment bien (pas si long que ca, finalement)

Finale in Berlin, Len Deighton
Un roman d'espionnage entre Berlin Est et Berlin Ouest. Pas mal.

Qu'est-ce que j'ai vu ces trois dernières semaines ?

Rien.

Et apès ?

J'ai presque terminé mon tour d'horizon de Maupassant. Il me reste deux romans et une vingtaine de nouvelles.

J'ai quelques mangas qui m'attendent et que j'ai envie de lire.

Après Nietzsche, j'ai envie de lire du Bergson. Je le cite en permanence alors que j'ai jamais rien lu de lui, c'est moyen (réflexe de prépa inside). Mais ca sera peut-être pas pour tout de suite non plus.

lundi, 30 juillet 2012

C'est lundi...

6 semaines sans faire le point ! Ces vacances d'été sont un peu trop paresseuses.

Qu'est-ce que j'ai lu ces six dernières semaines ?
Évidemment, en six semaines, pas mal de choses, surtout en littérature audio, mais pas seulement.

Königliche Hoheit (Altesse Royale), Thomas Mann
Nous sommes dans un Grand-duché, quelque part en pays germanophone. Klaus Heinrich, le deuxième enfant mâle du Grand-duc nait avec une atrophie de la main gauche. C'est ce Klaus Heinrich que nous allons suivre dans ses promenades d'enfant, au collège, à son premier bal, au côté de son frère aîné quand celui-ci héritera du titre, etc.
Toute sa vie, une seule fascination. Ce jeune homme qui n'a appris dans sa vie qu'à sourire, à flatter, à entendre des flatteries et regarder des faces souriantes essaye de toute son âme de comprendre ce qu'on lui cache : la vraie vie. Quelques rencontres fortuites - un cordonnier, un professeur peu conventionnel, une jeune femme assez riche pour le regarder à égalité - l'aideront à ramasser des bribes de réalité.
Klaus Heinrich est touchant dans sa bêtise, dans son envie d'être normal, dans cette réalité qu'il essaye de se composer. Finalement, c'est la triste réalité économique qui le rattrappe.

Altesse Royale est assez étrange, mais passionnant.

Klaus Heinrich était expert dans l'art de visiter, de s'informer et de manifester hautement Son estime. Aussi fut-il en état de réfléchir en même temps à la façon dont s'exprimait Imma Spoelmann, à ce langage bizarre qui le préoccupait douloureusement. Que ne disait-elle pas, avec la moue de ses lèvres avancée! Quels mots que ceux qu'elle prononçait avec désinvolture ! "Passion", "vice". Comment était-elle arrivée à en user si audacieusement ?

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Métier" du Challenge Petit Bac. C'est le deuxième livre de ma PAL 2012.

Herr der Fliegen (Sa majesté des mouches), William Gollding
Les idées simples font les meilleures histoires. Ici, toute une flopée de garconnets, survivants d'un crash d'avion, sur une île déserte. Des jeunes et des moins jeunes vont vite se dégager les meneurs, les suiveurs, les casse-pieds, les tout-petits qui ont peur du noir. Ca pourrait être gentillet, mais l'ambiance tourne vite au très sombre. Sans loi, sans regard adulte sur leurs actions, tous les coups sont permis et les garcons vont vite dévoiler les mauvais côtés de la nature humaine. À l'image de la "bête", cette chose étrange et noire qui vit dans la jungle intérieure et dont on se demandera jusqu'au bout si elle existe vraiment.
J'aurais pu adorer, mais j'ai eu du mal à accrocher tout à fait. Pourtant, le roman a tout pour plaire, je n'arrive pas à identifier ce qui m'a freiné (l'avoir lu en allemand, peut-être ?).

Je suis sensible à ce genre d'histoire, parce que je ne crois pas à la bonté et l'innoncence des enfants. C'est un mythe auquel je n'adhère pas. Les enfants ne sont pas naturellement bons et les adultes dépravés et cruels.
Sa majesté des mouches a largement inspiré le manga/animé Battle Royale, un de mes grands classiques personnels (j'en parlais il y a peu).

PS : En lisant l'article de Wikipedia sur ce livre, le mystère de la "bête" s'éclaire. Le passage m'a visiblement échappe en le lisant.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Animal" du Challenge Petit Bac. C'est le troisième livre de ma PAL 2012.

Les bijoux, Maupassant
Là où Maupassant excelle : une intrigue simplissime qui fait mouche.
Délicieux de découvrir d'abord la vie "vue du mari" de cette charmante femme, aimante, fée du logis, et n'ayant pour seul défaut qu'un amour un peu incompréhensible pour les bijoux faux. À la mort de la femme, le mari va découvrir sans le vouloir l'autre facette. Délicieux.

Première neige, Maupassant
Une vendetta, Maupassant
Miss Harriet, Maupassant

Au bord du lit, Maupassant
Voilà bien ce que j'aime le plus chez Maupassant : ces petites nouvelles qui vont à l'encontre de la morale sexuelle du moment Sans être révolutionnaires pour autant (le but est de piquer le public, pas de se l'aliéner), on devine derrière la conception de Maupassant de la femme. Ce n'est pas toujours flatteur pour cette dernière, d'ailleurs.
Ici, c'est une discussion de ménage, entre Comte et Comtesse. Celle-ci se rend très bien compte que son mari est en train de changer d'avis, et se débrouille parfaitement bien pour retourner la situation à son avantage, avec une petite vengeance de bonne guerre à la clé. Le tout reste très gentillet, mais j'aime beaucoup.

"Vous avez longuement disserté, et fort bien, sur la finesse des femmes, sur leur habileté pour ménager les convenances, etc. J'ai compris, mon ami, parfaitement compris. Vous aimiez alors beaucoup, beaucoup Mme De Servis et ma tendresse légitime, ma tendresse légale, vous gênait. Je vous enlevais sans doute quelques uns de vos moyens. Nous avons depuis lors vécu séparés. Nous allons dans le monde ensemble, nous en revenons ensemble, puis nous rentrons chacun chez nous."

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Objet" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

La main, Maupassant
L'enfant, Maupassant

Apparition, Maupassant appartient aux nouvelles pseudo-fantastiques de Maupassant. Pseudo-fantastique, parce que justement, on n'est jamais trop sûr. Explicable ou non, ces récits restent en tous cas inexpliqués. L'auteur laisse l'ouverture.
De ces romans speudo-fantastiques, Apparition est celui qui m'a le plus plu (pour le moment). Une femme qui demande à être coiffée, des cheveux qui restent accrochés. Très très beau.

Jadis, Maupassant que j'ai relu juste pour le plaisir
Lui ?, Maupassant
L'aveu, Maupassant
Le vieux, Maupassant

Le bûcher, Maupassant
Étrange détour du côté des rites indiens d'incinération.

Lettre trouvée sur un noyé, Maupassant
Le protecteur, Maupassant

Les piliers de la terre, Ken Follett
On me l'a offert il y a une bonne dizaine d'année, et c'est en découvrant Thomas Becket (grâce au super film des années 60) et en apprenant que ce roman tournait entre autre autour de son histoire que je me suis enfin décidée à le lire.
Je n'ai pas été extraordinairement emballée par le style de Ken Follett et par sa facon de construire des histoires. C'est efficace : il y a des gens super gentils et des méchants pas cool, les méchants commencent par gagner, mais les gentils l'emportent finalement, jusqu'à la crise suivante où les méchants re-gagnent du terrain, etc. Mais à la fin, les gentils gagnent, ouf. (Ben évidemment que les filles vertueuses ont toujours le dessus sur les chevaliers cruels et les prètres bons et obéissants sur les évèques sans scrupule. Toujours. C'est évident.)

Ce qui rend la lecture du livre vraiment intéressante, c'est le cadre historique que Ken Follett a choisit. Je connais très très mal l'Histoire de l'Angleterre, encore moins de l'époque médiévale. C'était vraiment enrichissant de prendre le temps (le livre est gros) de suivre l'histoire du roi Stephen, de la reine Maud, de l'arrivée d'Henry...
Wikipedia : L'intrigue couvre une période allant du naufrage de la Blanche-Nef (1120), qui laissa la couronne d'Angleterre sans héritier et eut pour conséquence la guerre civile, jusqu'à l'assassinat de l'archevêque Thomas Becket dans la cathédrale de Cantorbéry en 1170.
Toute l'intrigue tourne autour de la construction d'une cathédrale dans la ville fictive de Kingsbridge. Se mêlent alors des magouilles pour obtenir le financement, pour obtenir le rang de cathédrale, et des questions d'architecture. Ken Follett a essayé d'imaginer quel cheminement de pensée a amené les bâtisseurs au style gothique flamboyant.

J'ai été un peu agacée par le traitement de la sexualité dans le roman, qui faisait pour le coup plus XXème siècle que XIIème siècle. Ken Follett se complaît dans les détails pas forcement très importants et passe son temps à donner des lecons de libération sexuelle complètement hors-sujet. Mais oui, on a bien compris que les prêtres sont tous des gens obtus qui empêchent les autres d'être heureux... bon, si on revenait à cette cathédrale ?

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À défaut de celle de Kingsbridge (qui n'existe pas), voici la cathédrale de Saint Denis qui joue un rôle assez important dans le roman.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Objet" du Challenge Petit Bac. C'est le quatrième livre de ma PAL 2012.

Yvette, Maupassant
J'ai beaucoup aimé ce petit roman (en trois chapitres) de Maupassant. Nous entrons un peu à brûle pourpoint dans le quotidien d'une "courtisane"... et de sa fille, la jolie Yvette. Tout le monde rit, s'amuse, flirte, sans voir que la jeune Yvette n'a pas compris le rôle de sa mère et celui qu'on essaye de lui faire prendre. Très simple et très efficace, du super Maupassant, avec quelques échappées inattendues, notamment sur la drogue.
J'ai été un peu perturbée par la fin abrupte (et un peu trop "typiquement Maupassant").

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Prénom" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Le pays où l'on n'arrive jamais, André Dhotel
L'enfant qui disait n'importe quoi est sans doute le meilleur livre pour enfant. Du monde entier. Quand j'ai vu que ma maman s'était procuré un autre livre pour enfant d'André Dhotel, je me suis jetée dessus.
J'ai été un peu moins emballée par cette histoire-là, mais elle m'a permis d'identifier un peu mieux l'univers d'André Dhotel. Les deux histoires ont beau être très différentes, il y a tout un coeur commun.

Il y a d'abord un héro d'une quinzaine d'année. La particularité des héros d'André Dhotel réside dans leur relation aux mots, une relation assez anecdotique pour Gaspard (Le pays où l'on n'arrive jamais) et centrale pour Alexis (L'enfant qui disait n'importe quoi). Les deux héros sont fascinés par des mots dont ils ignorent le sens. Alexis va les hurler, Gaspard les écoute. Les mots ne sont intéressants que pour leurs sonorités.
C'est d'ailleurs cette relation aux mots qui est sans doute ce qui me fascine le plus dans L'enfant qui disait n'importe quoi.

Le héro va dans les deux cas faire la connaissance d'un jeune de son âge qui est à la recherche d'un souvenir d'enfance. Si le héro est assez normal, son nouvel ami est vraiment étrange, difficile à comprendre (et peut-être même bien un peu dérangé, à mon avis). Le souvenir de ce deuxième personnage, complètement déformé par les yeux du petit enfant qu'il a été, est tellement peu conforme à la réalité qu'il livre peu d'indices à la recherche. À la fin de l'histoire, une fois la réalité découverte, on se rend compte qu'elle est bien différente de ce à quoi l'on s'attendait.
C'est encore un point particulièrement palpitant que cette confrontation entre le rêve d'enfant et le principe de réalité. Évidemment, il y a une part de parcours initiatique (ce n'est pas pour rien qu'on a affaire à des adolescents). Mais pas de peinture à la Flaubert. La réalité n'est pas dégrisante, au contraire. Du souvenir fantastique, on passe à une réalité banale, mais palpable. Il y a des vrais objets à toucher, une vraie maison, une vraie mère à embrasser, etc.

Le troisième point intéressant, c'est que les jeunes sont toujours d'une manière ou d'une autre emprisonnés par des adultes, surtout le deuxième enfant. Un oncle, un bienfaiteur, un adulte rencontré sur le chemin... tous les adultes tentent de retenir l'enfant, de l'enfermer. Tous lui veulent du bien, veulent lui apprendre quelque chose, le combler de cadeaux. Mais ils vont surtout l'enfermer, l'empêcher de communiquer au dehors, le garder pour eux, lui couper les ailes.
Assez étrangement, on a l'impression souvent qu'ils connaissent la vérité et ont une raison précise de la cacher au jeune. Mais pas du tout. On ne saura jamais vraiment ce qui pousse les adultes à agir comme ils le font.
Pas vraiment besoin d'être Bruno Betelheim pour déchiffrer la symbolique de l'emprisonnement de l'enfant par les adultes. Tout est assez simple à déchiffrer chez André Dhotel, mais la symbolique n'est pas la morale de l'histoire comme c'est souvent le cas, c'est ce qui pousse l'action en avant.

Il y a bien d'autres choses qui font le charme de ces deux histoires. Il y a surtout le regard sur la nature, la vie dans la forêt, les animaux. Mais tout ca est très évident. C'est ce qui m'a plu en premier, quand j'étais petite, cette histoire de gamins dans la forêt, les orages, les cerfs.
Au final, c'est la structure du conte qui a fait de L'enfant qui disait n'importe quoi une référence personnelle forte. Alexis et son amie, coincés entre le monde de l'enfance et le monde des adultes, légitimaient le fait d'être adolescent (dans le fond, ils se battent pour avoir le droit d'être ados, c'est à dire régler leurs comptes avec l'enfance, mais sans passer du côté des adultes).

Ce n'était pas par curiosité. Si par hasard des gens parlaient de leurs affaires, il s'éloignait aussitôt, parce que l'indiscrétion le gênait. Ce qui l'enchantait, c'était le timbre des voix qui sonnait doucement dans la soirée. Il y avait la voix basse du bedeau, la voix comme une chanson de la jeune boulangère, et bien d'autres encore, tantôt mélancoliques, tantôt joyeuses.
Cependant, cette contemplation paisible et enfantine prenait peu à peu en lui la forme d'une prière, et de temps à autre il arrivait à Gaspard de prier dans sa solitude. Alors il sentait autour de lui une sorte de vigueur sauvage. Le silence de Lominval était si profond qu'une simple parole par exemple pouvait prendre une valeur inattendue et avoir d'exceptionnelles conséquences.
Une parole, ou plutôt des mots, certains mots que l'on n'avait pas coutume d'entendre ici et qui, pourtant, étaient prononcés de temps à autre, il faut bien le croire. Le mot canal, le mot beffroi et le mot mer, par exemple.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Lieu" du Challenge Petit Bac.

La chevelure, Maupassant
Encore une fois une nouvelle "fantastique" de Maupassant. ici, l'histoire d'un homme qui développe pour une tresse de femme retrouvée dans un vieux meuble une passion érotique qui le rend fou.
J'avance de manière assez chronologique dans Maupassant (j'en suis à 1884) et je dois dire que ses nouvelles fantastiques deviennent de plus en plus fines, de plus en plus osées et de plus en plus angoissantes.
NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Partie du corps" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Rose, Maupassant
Tout de même, ce que j'aime le plus, c'est ces petites histoires insolentes, coquines, tout ce que vous voulez... Simples cmme tout, efficaces. Je me répète, je sais (mais si je raconte l'histoire, c'est telleemnt simple que vous avez perdu tout l'intérêt de lire la nouvelle).
NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Couleur" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Coco, Maupassant
Le tic, Maupassant

Un fou ?, Maupassant
Maupassant ne pouvait pas ne pas être intrigué par toutes les sciences balbutiantes. Ce sont elles qui alimentent le mieux ses écrits un-peu-fantastiques-mais-peut-être-pas-dans-le-fond. Je ne sais pas combien de fois il parle de Charcot dans ses nouvelles. Ici encore, il en parle. Mais il parle surtout de magnétisme.
Portrait d'un homme inquiétant, et qui se fait peur à lui-même.
NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Gros mot" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Le petit fût, Maupassant
La patronne, Maupassant
Mon oncle Sosthène, Maupassant
Le Mal d'André, Maupassant
Le Pain Maudit, Maupassant
Un Sage, Maupassant
Le Parapluie, Maupassant
Le Verrou, Maupassant
Rencontre, Maupassant
Suicides, Maupassant
Châli, Maupassant

Scarface, Paul Monette
Livre tiré du film ou film tiré du livre ? Aucune idée*, mais j'ai eu envie de lire ce livre, bien que le coup de foudre n'ait pas eu lieu avec le film (j'en parlais il y a quelque mois).
Finalement, le livre m'a plus parlé. Je pense que l'écriture donnait plus de poids aux détails annexes (la situation politique, les détails du passage de la drogue, les chiffres) sur lesquelles ont a plus le loisir de s'attarder en lisant que dans le flot du film. J'ai aussi beaucoup mieux compris la déchéance du personnage après son ascension.
Bref, la lecture valait vraiment le coup.

*en toute logique, le Scarface de Brian de Palma étant un remake d'un film des années 30, et le livre parlant de Castro et de Carter, il semble plus probable que le livre est tiré du film...

- Une sorte de code qu'ils utilisent en taule, expliqua-t-il. C'est la première fois que je vois un coeur. C'est inimaginable à quel point ces mecs-là sont sauvages... de vrais animaux.
- Veux-tu nous raconter ce que ca signifie, Montana ? fit l'autre faussement enjoué, furieux contre lui-même d'avoir été pris en flagrant délit d'ignorance. Ou préfères-tu poursuivre l'interrogatoire à Fort Chaffee ?
- Ecoutez, vous vous gourez, dit Tony sur un ton doux. La raison de tout ca... voyez, ils m'ont donné deux ans parce que j'avais des dollars américains. J'voulais acheter un bateau pour venir en Floride. je hais Cuba. Vous comprenez ? J'suis un prisonnier politique.
Ils éclatèrent de rire et celui de gauche dit :
- Très drôle. T'es bon, toi. Vraiment original.
- C'est vrai, s'exclama Tony l'air menacant, en abattant violemment un poing sur la table. (Les deux hommes restèrent impassibles.) Sans dollars, on peut aller nulle part. J'veux devenir quelqu'un ici. J'attendais deux mille biftons d'un touriste canadien, mais en fin de compte, c'était un piège, écoutez...
- Qu'est-ce que t'as fait ? Tu l'as agressé ?
Jusque-là, les trois hommes s'étaient plus ou moins relancé la balle comme s'il étaient engagés dans une négociation hautement délicate à l'issue de laquelle Tony aurait pu être relâché. Mais soudain, il perdit tout sens du jeu et se mit à aboyer comme un chien furieux :
- Hé, qu'est-ce que ca peut vous foutre si j'emmerde Castro et ses communistes, hein ? Ils passent leur temps à nous répéter ce qu'il faut penser, ce qu'il faut dire. Mais j'suis pas un mouton, moi. puta ! Vous vous magneriez le cul pendant cinquante ans pour rien, vous ? Pour qui vous me prenez, bon Dieu ? J'suis pas une p'tite puta de voleur. J'suis Tony Montana. Et j'veux mes droits de l'homme comme dit l'président Carter. Okay ?

Le geste d'Eve, Henri Troyat
Série de nouvelles, pour la plupart assez étranges. J'ai particulièrement aimé l'histoire de la manucure qui épouse son client aux ongles les plus coriaces, l'histoire d'un homme montant les enchères inconsidérément pour un tableau flamant sans grande valeur et celle de cet autre homme venu acheter toute une collection de couronnes tombales.
Le fantastique fait son apparition aux endroits les plus inattendus. C'est un peu déconcertant parfois. Mais l'écriture est tellement agréable que ca se lit sans faim.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

L'héritage, Maupassant est un court roman qui reprend une trame déjà développée dans un nouvelles quelques années plutôt. J'ai oublié le nom de la nouvelle, mais je me souviens très bien de l'histoire. Le développement valait le coup, c'est super.

Qu'est-ce que j'ai vu ces six dernières semaines ?

Tout peut arriver (Nancy Meyers, 2003) est sans doute l'un des films les plus nuls que j'aie vu de ma vie. Je n'arrive même pas à croire que Jack Nicholson puisse tomber aussi bas. Un amas de clichés : les femmes sont des sentimentales et recherchent une relation stables, les hommes ne s'intéressent qu'au sexe MAIS l'Amouuuur fini par triompher et donne raison aux femmes, etc. Ca serait juste pathétique si ces clichés n'étaient pas aussi dangereux. À la fin, les gens finissent par y croire, et tout le monde en souffre.

Cosmopolis (Cronenberg, 2012)
Le dernier film de Cronenberg divise. On aime, on aime pas.
Je n'avais vu aucun Cronenberg jusqu'à présent, de sorte que j'y suis allée l'esprit vierge. J'avoue que le film est un peu déstabilisant.
J'ai bien aimé le fond du film, mais il faudrait s'appesantir sur le film, le revoir plusieurs fois, lire le livre en parallèle, y réfléchir longuement, etc. pour vraiment atteindre le but. C'est ce qui est un peu désagréable dans le film, l'impression d'être en face d'un chef d'oeuvre. Ca rend le film peut accessible, on ose à peine s'en approcher, encore moins écrire son avis dessus.

Une femme piégée (Laurent Carcélès, 2001)
Un adultère, un meutre, et Marion Cotillard piégée dans un scénario complètement bancal.

Asterix chez les bretons (Pino van Lamsweerde, 1986)

Et après ?

Je vais pouvoir reprendre ma PAL, donc... je ne sais pas encore... je vais peut-être lire 99 francs puisque je projète de revoir le film bientôt. À moins que je reprenne d'abord un livre pour enfant.