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dimanche, 07 juillet 2013

Faut rigoler

Je n'avais pas été assez rapide la première fois pour vous en parler, mais à mon grand bonheur, les Guignols ont repassé Kaira Shopping. Pour regarder ce sketch, c'est ici et c'est l'émission du 26 juin dernier à 3mn40.

Nakhdine, Abdel Brice et le Nain, grandioses. C'est le meilleur sketch des Guignols depuis la fin des élections presidentielles...

lundi, 24 juin 2013

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces 9 dernières semaines ?

Sodome et Gomorrhe, Proust
Quand M. de Charlus ne parlait pas de son admiration pour la beauté de Morel, comme si elle n’eût eu aucun rapport avec un goût — appelé vice — il traitait de ce vice, mais comme s’il n’avait été nullement le sien. Parfois même il n’hésitait pas à l’appeler par son nom. Comme, après avoir regardé la belle reliure de son Balzac, je lui demandais ce qu’il préférait dans la Comédie Humaine, il me répondit, dirigeant sa pensée vers une idée fixe : « Tout l’un ou tout l’autre, les petites miniatures comme le Curé de Tours et la Femme abandonnée, ou les grandes fresques comme la série des Illusions perdues. Comment ! vous ne connaissez pas les Illusions perdues ? C’est si beau, le moment où Carlos Herrera demande le nom du château devant lequel passe sa calèche : c’est Rastignac, la demeure du jeune homme qu’il a aimé autrefois. Et l’abbé alors de tomber dans une rêverie que Swann appelait, ce qui était bien spirituel, la Tristesse d’Olympio de la pédérastie. Et la mort de Lucien ! je ne me rappelle plus quel homme de goût avait eu cette réponse, à qui lui demandait quel événement l’avait le plus affligé dans sa vie : « La mort de Lucien de Rubempré dans Splendeurs et Misères. »

Il semble que l'homme de goût était Oscar Wilde, qui n'est certainement pas le moindre des modèles au personnage de Charlus.
Mais passons sur Sodome et Gomorrhe, que je commence à connaître par coeur, et qui se dispute la première place avec Du côté de Germantes au top du top de Proust.

Et continons sur notre lancée.

La Prisonnière, Proust
La Prisonnière est le plus difficile roman pour moi de toute la grande série. Le plus difficile, parce que très éprouvant. je souffre une torture de la manière dont le narrateur traite la pauvre Albertine.

Je vais anticiper un peu, mais j'ai été très étonnée de ne pas trouver une seule allusion à cela dans tout le cours portant sur "Morales de Proust". Pas un intervenant non plus n'a abordé le sujet. C'est vraiment pourtant la cruauté que je ne pardonne pas au narrateur et qui bouleverse complètement le personnage.
Si j'imagine le personnage sans La Prisonnière et Albertine disparue (ce qui était le plan original de Proust, puisque l'histoire d'Albertine a été rajoutée en dernier), l'objectif change du tout au tout. C'est d'ailleurs la seule intrigue dans laquelle le narrateur n'est pas simplement passif.

Albertine disparue, Proust
La vie a pris en effet soudain, à ses yeux, une valeur plus grande, parce qu’il met dans la vie tout ce qu’il semble qu’elle peut donner, et non pas le peu qu’il lui fait donner habituellement. Il la voit selon son désir, non telle que son expérience lui a appris qu’il savait la rendre, c’est-à-dire si médiocre ! Elle s’est, à l’instant, remplie des labeurs, des voyages, des courses de montagnes, de toutes les belles choses qu’il se dit que la funeste issue de ce duel pourra rendre impossibles, alors qu’elles l’étaient avant qu’il fût question de duel, à cause des mauvaises habitudes qui, même sans duel, auraient continué. Il revient chez lui sans avoir été même blessé, mais il retrouve les mêmes obstacles aux plaisirs, aux excursions, aux voyages, à tout ce dont il avait craint un instant d’être à jamais dépouillé par la mort ; il suffit pour cela de la vie. Quant au travail — les circonstances exceptionnelles ayant pour effet d’exalter ce qui existait préalablement dans l’homme, chez le laborieux le labeur et chez l’oisif la paresse, — il se donne congé.
Je faisais comme lui, et comme j’avais toujours fait depuis ma vieille résolution de me mettre à écrire, que j’avais prise jadis, mais qui me semblait dater d’hier, parce que j’avais considéré chaque jour l’un après l’autre comme non avenu. J’en usais de même pour celui-ci, laissant passer sans rien faire ses averses et ses éclaircies et me promettant de commencer à travailler le lendemain.

À la recherche du temps perdu: le roman de la procrastination.

Je n'avais jamais terminé Albertine disparue. Tout comme la Prisonnière, on aborde là la partie qui m'est la plus difficile. J'en veux au narrateur tout au long des pages (un intervenant du cours dont je parlerai plus bas faisait remarquer l'inversion incroyables des valeurs morales de la société depuis le temps de Proust: l'homosexualité est la pire des hontes et quasi impardonnable, et la pédophilie une petite faute mineure sur laquelle on plaisante entre connaisseurs).

Le Temps retrouvé, Proust
Et enfin vient le temps retrouvé, la révélation absolue.

Enfin, dans une certaine mesure, la germanophilie de M. de Charlus, comme le regard de Saint-Loup sur la photographie d’Albertine, m’avait aidé à me dégager pour un instant, sinon de ma germanophobie, du moins de ma croyance en la pure objectivité de celle-ci et à me faire penser que peut-être en était-il de la haine comme de l’amour, et que, dans le jugement terrible que porte en ce moment même la France à l’égard de l’Allemagne, qu’elle juge hors de l’humanité, y avait-il surtout une objectivité de sentiments, comme ceux qui faisaient paraître Rachel et Albertine si précieuses, l’une à Saint-Loup, l’autre à moi. Ce qui rendait possible, en effet, que cette perversité ne fût pas entièrement intrinsèque à l’Allemagne est que, de même qu’individuellement j’avais eu des amours successives, après la fin desquelles l’objet de cet amour m’apparaissait sans valeur, j’avais déjà vu dans mon pays des haines successives qui avaient fait apparaître, par exemple, comme des traîtres — mille fois pires que les Allemands auxquels ils livraient la France — des dreyfusards comme Reinach avec lequel collaboreraient aujourd’hui les patriotes contre un pays dont chaque membre était forcément un menteur, une bête féroce, un imbécile, exception faite des Allemands qui avaient embrassé la cause française, comme le roi de Roumanie ou l’impératrice de Russie. Il est vrai que les antidreyfusards m’eussent répondu : « Ce n’est pas la même chose. » Mais, en effet, ce n’est jamais la même chose, pas plus que ce n’est la même personne, sans cela, devant le même phénomène, celui qui en est la dupe ne pourrait accuser que son état subjectif et ne pourrait croire que les qualités ou les défauts sont dans l’objet.

(Je suis un peu obnubilée par le choc de culture, je sais...)

Le Temps retrouvé : le chiffre qui décode des 2500 pages précédentes (j'ai pas compté, mais ca doit bien tourner dans ces eaux-là). L'illumination ultime. Un bonheur absolu de voir Proust relier les fils épars du roman les uns aux autres. Sans oublier le bal qui clôture le roman et qui est un bijou.

C'est là aussi que Proust disserte vraiment littérature et explique dans les moindres détails sa vision du roman. En Prépa, le Temps retrouvé faisait partie de la sacro-sainte liste de lecture. Mais je ne pouvais vraiment pas me décider à commencer par la fin. Je ne le regrette que dans la mesure où ce bouquin aurait suffit à alimenter toutes mes compositions de littérature (et sans doute de philosophie) à lui tout seul. Mais aurais-je compris ? Il me semble que mes co-détenus n'ont rien compris à ce qui se passait. Comment aurait-ils pu ?
Antoine Compagnon a prononcé dans un de ses cours cette phrase que je me suis empressée de noter tant elle me paraissait décrire exactement ce que j'avais ressenti en lisant le dernier tome. "C'est ce savoir-vivre appris dans le livre que l'on réinverstit dans le livre." Je revois très exactement cette scène, où une jeune femme assure que Gilberte de Saint-Loup est cousine des Germantes par sa mère, De Forcheville. En lisant cela, j'ai été prise d'un agacement parfaitement réel contre cette pauvre idiote qui osait débiter des inepties pareilles, qui plus est un outrage postume au pauvre Robert dont j'avais subitement envie de défendre la mémoire bec et ongles. Proust sait très bien ce qu'il fait en écrivant cette scène. Quel génie faut-il avoir pour arriver au bout de sept tomes à nous faire réagir de la sorte pour une question d'étiquette et de généalogie relative à des gens qui n'ont même pas existé, même chez moi qui me fout de la généalogie des derniers nobles du Faubourg Saint Gernain comme d'une guigne. Chapeau bas, Proust, pari réussi.

La Recherche du temps perdue est donc terminée. Avant de passer à la suite, un internède musicale avec la sonate de Franck, qu'on prétend être le modèle de la sonate de Vinteuil.

Essuyez vos larmes ; Proust, c'est pas encore fini.

Proust, mémoire de la littérature (Cours du collège de France 2006-2007), Antoine Compagnon
Une fois La Recherche terminée, je ne pouvais décemment pas passer à autre chose. Je n'avais qu'une envie, c'est d'en apprendre encore un peu plus sur Odette, sur Gilberte, sur le Comte de Charlus, sur le Prince de Germantes... Par bonheur, la chaire de littérature du Collège de Farnce est occupée par un proustien, Antoine Compagnon, qui n'en finit pas de parler de Proust. Son premier cours parlait de Proust, de mémoire et de littérature.

J'ai donc appris (pour faire bref) que je devais absolument lire:
- Les mémoires de Saint Simon
- Les Lettres de Madame de Sévigné
- Leconte de Lisle
- Sesam et les lis de Ruskin
Si je veux avoir la moindre idée de ce dont parle Proust.

Morales de Proust (Cours du collège de France 2007-2008), Antoine Compagnon
Puis, je me suis attaquée à Proust et à la morale. Très philosophique, tout ca.

Par conséquent, il faut aussi que je lise
- Bergson (et Jankelewitch)
- Peguy (j'ai jamais lu de Péguy, la honte !)
pour ne pas mourir dans l'ignorance la plus profonde des choses de ce monde.

Séminaire sur "Morales de Proust"
Plein de conférenciers invités qui traitent un aspect de la question.

Proust en 1913 (Cours du Collège de France 2013), Antoine Compagnon
J'ai pu découvrir la manière dont Antoine Compagnon "relit" Du côté de chez Swann.

Pour comprendre quelque chose à Marcel Proust, il est donc indispensable de lire de toute urgence:
- Marcel Proust, de Ernst Robert Curtius
- Biographie de Proust, de Jean-Yves Tadier
- les travaux de Antony Piou sur la croissance de la Recherche
- la Correspondance de Proust en 21 volumes chez Plon

Séminaire sur "Proust en 1913"
Là encore, des conférenciers qui racontent "leur" lecture de Proust. Un peu décue de l'intervention d'Annie Ernaux (un de mes mythes personnels, cette femme). Un bijou: la lecture du député Paul Giacobbi (ils savent bien parler, ces gens, y'a pas à dire). Lui aussi, il adore Du Côté de Germantes, qu'il trouve extrèmement comique (je me tue à l'expliquer aux gens, que Proust c'est super drôle, et personne ne veut me croire).

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?
Rien. Enfin si, des tas d'articles passionnants sur l'analyse HPSG de la flexion des verbes.

Qu'est-ce que j'ai vu ces neuf dernières semaines ?

Dâjerehe zangi ("Tambourine", Parisa Bakhtavar, 2008)
J'adore ce film. Parisa Bakhtavar est une génie. Et je suis amoureuse de Mehran Modiri.

Argo (Ben Affleck, 2012)
Je suis au regret de devoir dire que Ben Affleck a fait un film pas trop mal. Et même réussi à pas trop mal jouer le rôle principal. Argh.
Je suis particulièrement bluffée par tout le générique et l'invasion progressive du bâtiment de l'Ambassade des Etats-Unis. C'est vraiment une superbe scène. Tout le reste du film, l'ambiance est très efficace et on reste vraiment sur les nerfs du début à la fin. Du très bon Hollywood... Après ca, une intrigue tellement américanisée qu'on espèce que les vrais protagonistes de l'histoire se servaient correctement de leur cerveau. Ce qui a sans doute été le cas, sans quoi toute l'histoire n'aurait pas aussi bien fonctionné. L'intrigue est tellement prévisible et les ressorts dramatiques tellement évidents et sans originalité que je pense sincèrement que le vainqueur de l'Oscar est ce fameux Agent de la CIA lui-même, et que tout ca n'a rien à voir avec le film.

The Devil Wears Prada (David Frankel, 2006)
Ce film est une drogue.
Je vous jure, hein, ca m'a pris tout d'un coup, comme d'une envie de gâteau.

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(et Meryl Streep est la femme la plus classe du monde entier)

Barbie Mariposa (Conrad Helten, 2008)
Je n'arrive même pas à croire qu'on ait réussi à me faire regarder ce truc. Je tiens à préciser que je n'étais pas consentante.

Ich - Einfach unverbesserlich ("Moi, moche et méchant", Pierre Coffin et Chris Renaud, 2010)
Ah ben voilà. Ca au moins c'est un dessin annimé qu'il est bien !
(Bon, on a deviné la fin dès le début, mais c'est un dessin animé, ca compte pas.)

Et après ?

Aucune idée.

lundi, 22 avril 2013

C'est lundi...

Mon dernier récapitulatif date déjà du siècle dernier, mais ca ne fait rien. Je ne lis pas beaucoup (presque pas du tout) en ce moment, si ce n'est que je me suis (re)lancée dans La recherche du temps perdu (il y a des gens qui vont trouver cette phrase contradictoire, j'en ai bien conscience, mais bon...).

Qu'est-ce que j'ai lu ces mille dernières semaines ?

Une fâcheuse histoire, Fedor Dostoievski
Et c'était bien, mais pas de quoi non plus s'extasier pendant des semaines. 

Le Rire : essai sur la signification du comique, Henri Bergson
La thèse de Bergson sur le rire est sans doute celle à laquelle je me suis le plus souvent référée dans toute ma vie de prépa, et même encore maintenant dès que je dois commenter un texte en ayant l'air intelligente (ca m'arrive quand même moins souvent). Sauf que je n'ai jamais lu Bergson (si vous trouvez que c'est un paradoxe, c'est que vous n'avez jamais fait de prépa).

Manque enfin comblé, et avec bonheur, je peux vous le dire, parce que c'est pas pour rien que je cite du Bergson sans arrêt. Génial, ce truc. Et en plus, c'est sympa à lire, puisque Bergson passe son temps à citer des blagues, ce qui rend la lecture assez sympathique.

J'ai encore quelques problèmes avec son analyse du rire. Il y a des fois où, quand même, j'ai l'impression qu'il manque quelque chose...

Du côté de chez Swann, Marcel Proust

Écrire quelque chose d'intelligent sur la Recherche du temps perdu est parfaitement impossible. Je veux dire : on ne peut qu'ouvrir le livre, lire et pleurer de sa propre nullité. 

D'une manière générale, quand je commence à partir sur Proust devant un hésitant (ca m'arrive), je conseille toujours de rentrer dans Proust avec Un amour de Swann, le deuxième Tome de Du côté de chez Swan. L'histoire relatée parlant du temps d'avant le narrateur, l'histoire est relativement restreinte, elle a un début, une fin, et on arrive à suivre. D'autre part, les thèmes principaux sont abordés (toute la vie du narrateur n'est qu'un espèce d'écho de la vie de Swann, c'est fascinant), et on peut déjà voir si le style peut nous plaire. Mieux en tous cas que si l'on commence par le fameux "longtemps je me suis couché de bonne heure" qui - même si c'est un tour de force que cette introduction - peut vite décourager les bonnes volontés (je pense que ce n'est qu'après une longue initiation au style Proust qu'on arrive à se délecter de lire pendant 20 pages une description des couleurs projetées sur le mur de la chambre par une veilleuse...).

En relisant Un amour de Swann, outre qu'Odette est sans doute mon personnage préféré de toute la recherche (encore que la Duchesse de Germantes... hummmmm hummmm...), je me suis rendu pour la première fois vraiment compte des clins d'oeil incessants à Combray, et je me dis qu'on ne pourra jamais comprendre tout cela sans avoir lu le premier tome. Je persiste cependant : lisez Un amour de Swann. Et d'une manière générale, lisez Proust.

J’avais toujours à portée de ma main un plan de Paris qui, parce qu’on pouvait y distinguer la rue où habitaient M. et Mme Swann, me semblait contenir un trésor. Et par plaisir, par une sorte de fidélité chevaleresque aussi, à propos de n’importe quoi, je disais le nom de cette rue, si bien que mon père me demandait, n’étant pas comme ma mère et ma grand’mère au courant de mon amour :

— Mais pourquoi parles-tu tout le temps de cette rue ? elle n’a rien d’extraordinaire, elle est très agréable à habiter parce qu’elle est à deux pas du Bois, mais il y en a dix autres dans le même cas.

Je m’arrangeais à tout propos à faire prononcer à mes parents le nom de Swann ; certes je me le répétais mentalement sans cesse ; mais j’avais besoin aussi d’entendre sa sonorité délicieuse et de me faire jouer cette musique dont la lecture muette ne me suffisait pas. Ce nom de Swann d’ailleurs, que je connaissais depuis si longtemps, était maintenant pour moi, ainsi qu’il arrive à certains aphasiques à l’égard des mots les plus usuels, un nom nouveau. Il était toujours présent à ma pensée et pourtant elle ne pouvait pas s’habituer à lui. Je le décomposais, je l’épelais, son orthographe était pour moi une surprise. Et en même temps que d’être familier, il avait cessé de me paraître innocent. Les joies que je prenais à l’entendre, je les croyais si coupables, qu’il me semblait qu’on devinait ma pensée et qu’on changeait la conversation si je cherchais à l’y amener. Je me rabattais sur les sujets qui touchaient encore à Gilberte, je rabâchais sans fin les mêmes paroles, et j’avais beau savoir que ce n’était que des paroles — des paroles prononcées loin d’elle, qu’elle n’entendait pas, des paroles sans vertu qui répétaient ce qui était, mais ne le pouvaient modifier — pourtant il me semblait qu’à force de manier, de brasser ainsi tout ce qui avoisinait Gilberte, j’en ferais peut-être sortir quelque chose d’heureux. Je redisais à mes parents que Gilberte aimait bien son institutrice, comme si cette proposition énoncée pour la centième fois allait avoir enfin pour effet de faire brusquement entrer Gilberte venant à tout jamais vivre avec nous.
(Nom de Pays : Le Nom, tome 3 de Du côté de chez Swann

À l'ombre des jeunes filles en fleurs, Marcel Proust

Je tiens à informer les personnes suceptibles d'être intéressées par cette information que ma collection de livre audio de Proust est incomplète. Il me manque une grande partie de Nom de pays : le Pays (et puis il me manque tout le Temps retrouvé, mais il me semble que le livre audio n'était pas encore sorti). Et que Proust est un investissement à vie.

Je n'avais pas dû remarquer le manque lors de ma première écoute. Du coup, je ne savais pas comment le narrateur avait rencontré Robert de Saint-Loup et comment il avait rencontré Albertine. Je ne sais pas comment j'ai fait pour vivre avec ce manque, mais il est enfin réparé.

Du côté de Germantes, Marcel Proust

Quand je commence à partir sur Proust, en général, je parle de Sodome et Gomorrhe comme de mon tome préféré. C'est le seul que j'avais même déjà relu, et plusieurs fois.
Puis j'ai relu Du côté de Germantes... et là je dois bien avouer que je ne sais plus trop. Non mais parce que la Duchesse de Germantes, quand même... (sincèrement, qui n'a pas rêvé d'être la Duchesse de Germantes ?) 

Une grande cocotte, comme elle avait été, vit beaucoup pour ses amants, c’est-à-dire chez elle, ce qui peut la conduire à vivre pour elle. Les choses que chez une honnête femme on voit et qui certes peuvent lui paraître, à elle aussi, avoir de l’importance, sont celles, en tous cas, qui pour la cocotte en ont le plus. Le point culminant de sa journée est celui non pas où elle s’habille pour le monde, mais où elle se déshabille pour un homme. Il lui faut être aussi élégante en robe de chambre, en chemise de nuit, qu’en toilette de ville. D’autres femmes montrent leurs bijoux, elle, elle vit dans l’intimité de ses perles. Ce genre d’existence impose l’obligation et finit par donner le goût d’un luxe secret, c’est-à-dire bien près d’être désintéressé.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Sodome et Gomorrhe, Marcel Proust

Délice de reprendre ce tome et les réflexions botaniques qui l'introduisent et que je connais déjà comme ma poche (la sexualité des fleurs, c'est super intéressant).

Pour la première fois, j'ai ENFIN compris la différence entre la Duchesse de Germantes et la Princesse de Germantes. Du coup, il y a pas mal de trucs un peu étranges qui s'éclairent.
(Le problème de Proust, c'est que c'est tellement long que la lecture s'étale sur des mois et des années et on perd en chemin certains repères importants. Je crois me rappeler que ma prof de francais - grande fan de Proust devant l'Eternel - avait dû se faire des fiches sur les personnages pour réussir à s'y retrouver. Il n'y a qu'une solution : il faut le lire d'un trait.)

Mais dis-moi, toi qui sais, ce n’est pas vrai que les morts ne vivent plus. Ce n’est pas vrai tout de même, malgré ce qu’on dit, puisque grand’mère existe encore. » Mon père sourit tristement : « Oh ! bien peu, tu sais, bien peu. Je crois que tu ferais mieux de n’y pas aller. Elle ne manque de rien. On vient tout mettre en ordre. — Mais elle est souvent seule ? — Oui, mais cela vaut mieux pour elle. Il vaut mieux qu’elle ne pense pas, cela ne pourrait que lui faire de la peine. Cela fait souvent de la peine de penser. Du reste, tu sais, elle est très éteinte. Je te laisserai l’indication précise pour que tu puisses y aller ; je ne vois pas ce que tu pourrais y faire et je ne crois pas que la garde te la laisserait voir. — Tu sais bien pourtant que je vivrai toujours près d’elle, cerfs, cerfs, Francis Jammes, fourchette. » Mais déjà j’avais retraversé le fleuve aux ténébreux méandres, j’étais remonté à la surface où s’ouvre le monde des vivants, aussi si je répétais encore : « Francis Jammes, cerfs, cerfs », la suite de ces mots ne m’offrait plus le sens limpide et la logique qu’ils exprimaient si naturellement pour moi il y a un instant encore, et que je ne pouvais plus me rappeler. Je ne comprenais plus même pourquoi le mot Aias, que m’avait dit tout à l’heure mon père, avait immédiatement signifié : « Prends garde d’avoir froid », sans aucun doute possible. J’avais oublié de fermer les volets, et sans doute le grand jour m’avait éveillé. 

Qu'est-ce que j'ai vu ces mille dernières semaines ?

The Big Lebowski (Joel Coen, 1998)

Avatar (James Cameron, 2009)

Rocky V (John G. Avilden, 1990)

Rocky Balboa (Sylvester Stallone, 2006)

Oben (Up - Disney : Pete Docter et Bob Peterson, 2009)

Gegen die Wand (Head-On - Fatih Akin, 2004)

http://www.youtube.com/watch?v=OoEskub6VdY

jeudi, 31 janvier 2013

So this is Januar, and what have you done ?

Il n'est jamais trop tard pour faire le bilan du mois de décembre et de l'année 2012... (on est encore en janvier après tout)

Premier Objectif : Avoir mon diplôme de Master.

 

Objectif validé à 100%.

Deuxième Objectif : Avoir ma ceinture verte.

 

Objectif validé aussi.

Je crois que je ne vous ai pas raconté, mais j'ai l'immense fierté d'avoir recu en mission de mon prof de taekwondo d'être prof à la place du prof, le temps d'un week-end. Comme il était absent ce week-end, au lieu d'annuler, il m'a demandé de gérer le cours du samedi et celui du dimanche. J'étais évidemment ravie et toute fière, et le dimanche, je m'en suis même plutôt bien tiré (le samedi, c'était un peu caca-fouilli, je dois l'avouer).
Voilà voilà. Rien à voir, mais je voulais le dire !

 

Troisième objectif : Lire (au moins) la moitié de ma PAL.

Objectif manqué et il s'en est fallu d'un cheveu que je ne réussisse pas le Challenge Petit Bac et l'intégrale Maupassant. Mais je l'ai fait. En route pour l'objectif 2013 !
Je tiens à signaler que j'ai tenu bon et que JE N'AI PAS ACHETÉ UN SEUL LIVRE EN 2012 !!! Et je peux vous dire que j'ai beaucoup pris sur moi.

 

Et sinon

 

- me tricoter un pull, le monter et le porter --> ca y est, le pull est terminé ! Je suis toute fière, même si les dimensions sont un peu approximatives... Je vous le montrerai sous peu...

ET MAINTENANT, C'EST PARTI POUR 2013 !

Avec de nouveaux objectifs tout beaux pour cette année !

Premier Objectif : Avoir écrit au moins 50 pages de la thèse

J'ai failli mettre en objectif "Être autonome financièrement".
MAIS - certains ne sont peut-être pas encore au courant parce que je ne les ai pas appelés jeudi dernier au milieu de la nuit en hurlant de joie - cela vient d'être (virtuellement) réglé, puisque j'ai obtenu la sacro-sainte bourse. Je vais donc travailler avec Konfus et Konfus Junior et être payée pour ca, que demander de plus ?

Bref, maintenant que le problème du financement est à peu près réglé, il faut se mettre sérieusement au travail. Et s'inscrire vraiment en doctorat, et commencer mes recherches, pour enfin commencer à écrire.
J'ai déjà au moins un espèce de plan de deux pages, ce n'est pas trop mal.
50 pages en un an, ce n'est pas énorme, mais la première année va surtout être consacrée à la recherche, et pas vraiment à l'écriture. Tout de même, je ne veux pas juste accumuler des notes et repousser la rédaction toujours au lendemain, d'où l'objectif.

Deuxième objectif : Réussir un test de casse en yop-chagi

Le deuxième objectif est traditionellement dédié au sport, donc je ne fais pas exception cette année. Il s'agit ici de réussir un coup de pied assez difficile. Soit j'y arrive dès fin février lors du passage de grade, soit je n'y arrive pas et j'espère par contre me rattrapper en septembre...

Troisième objectif : Intégrale "À la recherche du temps perdu" et intégrale "Comédie humaine"

Le titre parle de lui-même, cette année sera d'abord sous le signe de Proust, puis sous celui de Balzac. J'ai hâte, j'ai hâte !

lundi, 21 janvier 2013

C'est lundi...

Bon, c'est horrible, parce que j'ai passé bien trop de temps sans faire le point du lundi, et tellement de choses se sont accumulées que la liste est devenue monstrueuse. Donc accrochez-vous, la voilà :

Qu'est-ce que j'ai les whatmille dernières semaines ?

Les épingles, Maupassant

Llanto por Ignacio Sanchez Mejas / Complainte pour Ignacio Sanchez Mejas, Federico Garcia Lorca
Un très beau mp3 né sur www.litteratureaudio.com, un duo franco-espagnol. Il fallait bien que j'écoute ca, germaniste ou pas. Du Federico Garcia Lorca, ma tata m'aurait reniée si j'avais pas au moins essayé.

No te conoce el lomo de la piedra,
ni el raso negro donde te destrozas.
No te conoce tu recuerdo mudo
porque te has muerto para siempre.

El otoño vendrá con caracolas,
uva de niebla y montes agrupados
pero nadie querrá mirar tus ojos
porque te has muerto para siempre.

Porque te has muerto para siempre,
como todos los muertos de la Tierra,
como todos los muertos que se olvidan
en un montón de perros apagados.

Bon ok, l'espagnol, des fois, c'est très beau aussi.

Hautot père et fils, Maupassant

Les Précoces, Fedor Dostoievski
Roman peu connu de Dostoievski, un texte qui aurait en fait dû faire partie des Frères Karamazov, mais que Dostoievski a retiré de peur d'alourdir l'ouvrage.
J'ignorais alors encore que j'allais bien les connaîtres, ces frère Karamazov.

Allouma, Maupassant
Le Brouillard du 26 octobre, Maurice Renard
Death Note T11&12, Tsugumi Ohba et Takeshi Obata
L'inutile beauté, Maupassant

Histoire de ma fuite des prisons de la Republique de Venise, Giacomo Casanova
C'était super, c'était pas du tout ce à quoi je m'attendais, c'était à savoir.

Le champ d'olivier, Maupassant
La gloire du Comacchio, Maurice Renard
Mouche, Maupassant
Un premier amour, Ivan Tourgueniev
Le noyé, Maupassant
Dorci, ou La Bizarrerie du sort, Marquis de Sade
L'épreuve, Maupassant
Le Molosse, Howard Phillips Lovecraft
Amour, Maupassant
Le voeu, E.T.A. Hoffmann
Autres temps, Maupassant
Deux Originaux, E.T.A. Hoffmann
À vendre, Maupassant
Sermon sur la mort, Jacques-Bénigne Bossuet
Le masque, Maupassant
La Prude, ou La Rencontre imprévue, Marquis de Sade
Un portrait, Maupassant
Pourquoi nous ne sommes pas socialistes, Anatole Leroy-Beaulieu
L'infirme, Maupassant
Lettres à Joséphine, Napoléon 1er
Les vingt-cinq francs de la Supérieure, Maupassant
"Le Chat maigre", Anatole France
Un cas de divorce, Maupassant
Les Patins d'argent, Mary Mapes Dodge
Qui sait ? Maupassant
Fumée, Ivan Tourgueniev
Alexandre, Maupassant
La Mort de César, Paul Féval

Tarass Boulba, Nicolas Gogol
Quand j'ai commencé à parcourir la littérature russe au hasard, je ne connaissais vraiment rien de la Russie (à part qu'ils boivent de la Vodka et que leurs présidents sont pourris). Au fil des pages, j'ai rencontré pas mal de bureaucrates russes ridicules. J'ai vu pas mal de Moudjik aussi, et de propriétaires fonciers.

Dans Tarass Boulba, j'ai découvert un autre monde. Des trucs que je connaissais vraiment, mais alors vraiment pas. Tarass Boulba m'a emmenée au milieu (exclusivement masculin) des Cosaques Zaporogues, dans la stepe ukrainienne. Dans une île du Dniepr, j'ai découvert la setch, les razzia lancées contre les juifs et les Polonais (et surtout les juifs polonais). J'ai découvert le cossachok (ou kazatchok, la danse des Cosaques) et compris la haine qui régnait entre Cosaques et Tartares.



J'ai du mal à rentrer dans ce monde, à le comprendre. Je suis plus à l'aise dans les salons parisiens.

Undine, Friedrich de la Motte Fouqué
Die Verwandlung (La transformation), Franz Kafka
David Copperfield, Charles Dickens
Les frères Karamazov, Dostoievski
La vie errante, Maupassant
L'aveugle, Maupassant
Cri d'alarme, Maupassant
L'hermite, Maupassant
Misère humaine, Maupassant
L'Orient, Maupassant
Un drame vrai, Maupassant
Notre coeur, Maupassant
Après, Maupassant
Les tombales, Maupassant
L'âme étrangère, Maupassant
L'angelus, Maupassant
Le colporteur, Maupasssant

Correspondance avec Marie Bashkirseff, Maupassant

Maupassant recevait pas mal de lettres, venant de parfaits inconnus. Marie Bashkirseff en faisait partie. Un court échange de quatre lettre qui montre Maupassant de l'autre côté des coulisses, pas forcement très aimable, mais avec le sens de l'humour.
Livre lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2012 mention Maupassant, catégorie Loisir.

La P... respectueuse, Sartre
Un être faible et bon. La fascination du mal, de la brutalité. La manipulation affective.
C'est loin d'être le plus grand chef d'oeuvre de Sartre, mais j'apprécie.
Livre lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2012, catégorie Gros Mot.

Morts sans sépulture, Sartre
Au soleil, Maupassant

Dialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu, Maurice Joly

J'avais rencontré en prépa ce texte, dont j'avais complètement perdu la trace, et que j'ai retrouvé par hasard. En voyant la fin de 2012 arriver et que je m'enlisais dans Tarzan am Kurfürstendamm, je me suis dépêchée de lire ces dialogues relativement courts, histoire de boucler mon Challenge Petit Bac !

Joly se livre à une sorte d'éyercice de style, faisant se confronter les thèses de Machiavel à celle de Montesquieu. Un combat entre matérialisme et idéalisme, éclairé par l'Histoire du XVIII et début du XIXe.
Je venais de me mettre bien à jour sur Napoléon (voir dans les vidéos), et il ne m'a été que trop facile de voir les allusions directes et accusatrices envers cet ignoble et écoeurant personnage.

Machiavel:
Vous qui parlez de l’influence du clergé, vous ignorez donc à quel point il a su se rendre impopulaire dans quelques États catholiques ? En France, par exemple, le journalisme et la presse l’ont tellement perdu dans l’esprit des masses, ils ont tellement ruiné sa mission, que si je régnais dans son royaume savez-vous bien ce que je pourrais faire ?
Montesquieu:
Quoi ?
Machiavel:
Je pourrais provoquer, dans l’Église, un schisme qui briserait tous les liens qui rattachent le clergé à la cour de Rome, car c’est là qu’est le nœud gordien. Je ferais tenir par ma presse, par mes publicistes, par mes hommes politiques le langage que voici : « Le christianisme est indépendant du catholicisme ; ce que le catholicisme défend, le christianisme le permet ; l’indépendance du clergé, sa soumission à la cour de Rome, sont des dogmes purement catholiques ; un tel ordre de choses est une menace perpétuelle contre la sûreté de l’État. Les fidèles du royaume ne doivent pas avoir pour chef spirituel un prince étranger ; c’est laisser l’ordre intérieur à la discrétion d’une puissance qui peut être hostile à tout moment ; cette hiérarchie du moyen âge, cette tutelle des peuples en enfance ne peut plus se concilier avec le génie viril de la civilisation moderne, avec ses lumières et son indépendance. Pourquoi aller chercher à Rome un directeur des consciences ? Pourquoi le chef de l’autorité politique ne serait-il pas en même temps le chef de l’autorité religieuse ? Pourquoi le souverain ne serait-il pas pontife ? » Tel est le langage que l’on pourrait faire tenir à la presse, à la presse libérale surtout, et ce qu’il y a de très-probable, c’est que la masse du peuple l’entendrait avec joie.

Le faiseur d'oreilles, La Fontaine
Il n'est plus que temps de boucler mon Challenge Petit Bac ! Vite vite, une fable libertine de La Fontaine !
C'est digne d'un récit gentillet de Sade (La rencontre imprévue par exemple), les rimes en plus.
Lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2012, catégorie Partie du corps.

Enfances célèbres : Mozart, Louise Colet
Enfances célèbres : Pascal et ses soeurs, Louise Colet

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Tarzan am Kurfürstendamm (Tarzan à Kurfürstendamm), Adolf Endler
Adolf Endler a vécu et écrit tant bien que mal en RDA. Entre 81 et 83, il tient un journal, ou plutôt une sorte de fourre-tout, mélange de réflexions sur les sujets du quotidien, sur la politique, la vie en RDA.
De ces fragments ressort l'ambiance étrange de Prenzlauer Berg sous le Communisme, mélange entre état policier et avant-garde-quand-même. Alors âgé de 50 ans, Adolf Endler n'a plus grand chose à craindre du régime, plus grand chose à prouver non plus. Il s'évertue à rester fidèle à lui même, fidèle à son style sarcastique, malgré le cadre particulier.
Ne connaissant pas Adolf Endler, je ne peux que me rattacher à ce que je lis dans ces notes un peu décousues. Je ne comprends pas tout, j'assimile ce que je peux assimiler. Mais comme ce n'est pas excessivement passionnant, je traîne un peu...

Une facheuse histoire, Dostoievski

Qu'est-ce que j'ai vu ces whatmille dernières semaines ?
Période très faste en terme de films (en fait, je lis pas beaucoup ces temps-ci, même si ca se voit pas vraiment.

Memento (2000, Christopher Nolan)
Le troisième homme (1949, Carol Reed)
Doux oiseau de jeunesse (1962, Richard Brooks)

Human Weapon - saison 1 (2007, Terry Bullman) - 15 épisodes + 1 récap
Comme me le faisait remarquer mon prof de taekwondo, tout le monde connaît cette émisssion depuis cinq ans, mais c'est pas grave...
Human Weapon fait le tour de 14 arts martiaux différents : Muat Thai, Karaté, Savate, Krav Maga, etc... Le principe est simple et efficace : Jason Chambers (un pro MMA) et Bill Duff (un ancien pro football américain) partent faire le tour de plusieurs pays en examinant à chaque fois un art martial en particulier. Un peu d'histoire, quelques présentations de différents courants, et surtout l'apprentissage de deux ou trois techniques (un coup de pied particulier, une clé, etc). Les deux sportifs ont fait un super travail. Le fait qu'ils soient très différents (Bill est balaise et massif, Jason plus souple et fluet) est aussi intéressant, cela permet de voir les avantages et inconvénients de chaque gabari. Le tout est très "à l'américaine", Jason surtout aime en rajouter des tonnes pour impressionner le public, mais il n'empêche que j'ai beaucoup appris.
Mon épisode préféré a amené les deux sportifs... en France, où on leur a appris la savate. Vous connaissez la savate ? J'en avais vaguement entendu parler mais sans savoir ce que c'était, et j'ai été conquise. Je trouve ce sport vraiment chouette, même si c'est beaucoup plus brutal que le taekwondo (le sport est né à Marseille, ca ne s'invente pas...).


Chaos (2001, Coline Serreau)

Napoléon (1968, Henri Guillemin) - 15 épisodes (3 ont disparu)
Life of Pi (Ang Lee, 2012)
The social Network (David Fincher, 2010)
König der Löwe III ("Le roi Lion III" - 1995, Walt Disney)
Cube (1997, Vincenzo Natali)
Ip Man (2008, Wilson Yip)
Damage (2009,  Jeff King)
Die Verurteilten ("Les évadés" - 1994, Frank Darabont)
Mary and Max (2009, Adam Elliot)

Rocky (1976, John G. Avildsen)
"Adriaaaaaaaaaaaan !!!"
Ah, mais keske j'l'aime, ce Rocky ! J'ai décidé de me (re)lancer dans l'intégrale.

Augen der Angst ("Le voyeur" - 1960, Michael Powell)
Warrior (Gavin O'Connor, 2011)

Django Unchained (2012, Tarantino)
Le voilà, Django, quasi directement à sa sortie en salle. LE nouveau Tarantino, impossible de rater ca !
Django Freeman, le seul noir libre de tout le sud de l'Amérique (on est à la fin du XIXe). Mais peut-on être libre quand on est noir ?
Le film est très particulier. Toute l'intrigue reposant sur l'inégalité entre blancs et noirs (et sur le Far West, les revolvers et tout ca), on est pourtant loin d'un discours "normal" de tolérance non-raciste. Tout comme d'ailleurs Inglorious Basterds n'était pas du tout un discours "normal" sur les méchants nazis. On est vraiment dans du Tarantino, et ca se sent.

Lars and the Real Girl (Craig Gillespie, 2007)
Un film de la Berlinale 2008 que je n'avais pas réussi à voir. C'est d'ailleurs un 100% pur sang Berlinale, on peut difficilement faire mieux dans le genre : un sujet vraiment tiré par les cheveux qui donne un très bon film super profond, un peu déprimant mais pas trop. Quelle est l'histoire ici ? Nous avons donc Lars, un gars pas très porté sur le contact social, mais gentil et apprécié, un peu perturbé peut-être. En tous cas, sa soeur se fait du souci. Parce qu'il a pas de copine et qu'il serait peut-être temps. Un jour, il annonce la grande nouvelle : Bianca, une fille rencontrée sur Internet, vient lui rendre visite, elle parle peu et se déplace en fauteuil roulant, mais tout le monde est prêt à l'accueillir à bras ouvert. Le soir des présentations, Lars arrive chez sa soeur... avec une poupée silicone. Lars sera au petit soin pour cette Bianca dont il est follement amoureux, et toute la petite communauté va jouer le jeu.
Présentée comme cela l'histoire peut avoir l'air glauque. Mais il faut vraiment avoir vu l'amour fou avec lequel ce brave Lars va traiter cette poupée, l'histoire qui va se construire, l'importance qu'elle finit par prendre pour tous, la compréhension (assez peu vraissemblable) avec laquelle tout son entourage va réagir. C'est très très beau. Et ca en dit beaucoup sur ce que signifie l'amour, la projection que l'on fait sur l'autre dans un couple. Un film plein de bons sentiments et pas nunuche, ca vaut le détour. D'autant que le prétexte est tellement saugrenu que le film reste quand même sympatiquement amusant.

"Mais mon père, il ne va quand même pas l'ammener à l'église aussi ?
- Voyons... Dans ces moments-là, la seule question à se poser est... Qu'est-ce qu'aurait fait Jésus à notre place ?"

The Wrestler (Darren Aronofsky, 2008)
On m'avait dit que j'allais adorer The Wrestler. J'irais pas jusqu'à dire "adorer", mais c'est vrai que j'ai été bien plus prise dans cette histoire que dans celle de Black Swan, dont elle est finalement très proche. Le monde du catch est quand même assez particulier. J'ai rarement vu du catch, et j'ai à chaque fois été fascinée par cette discipline, ni tout à fait du combat, ni tout à fait du théâtre, un mélange assez chouette, mais avec des codes difficiles auxquels je n'arrive pas vraiment à m'adapter.
The Wrestler parle donc d'un catcheur, qui a eu son heure de gloire dans les années 80 et doit se rendre à l'évidence qu'il se fait quand même un peu vieux. Il y a des scènes de combat... d'un côté vraiment magnifiques, d'un autre vraiment tellement extrèmes que ca ne peut pas être beau. L'acteur principal est une trouvaille, le personnage est plus vrai que nature, hideux et beau à la fois, un vrai catcheur quoi.

Rocky II (Sylvester Stallone, 1979)
Adriaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan !
(Franchement, quel romantique primaire, ce Rocky...)
Je ne suis pas sûre d'être méga fascinée par l'embourgeoisement "american dream" de ce Rocky, mais l'entraînement du come back est très très réussi. C'est un genre qui marche à tous les coups avec moi, c'est pas difficile.

Rocky III (Sylvester Stallone, 1982)
La trame de l'histoire est vraiment d'une pauvreté affligeante. Mais les scènes d'entraînement sont toujours aussi bien (ahhh, la course sur la plage...), et j'aime beaucoup le perso d'Appollo, donc je suis servie. Par contre, je crois que je vois trop de gros muscles ces temps-ci (ahhhhhh la course sur la plage...), ca commence à me détraquer le cerveau... Et puis on a enfin THE EYE OF THE TIGER et ca c'est juste le summum du merveilleux, non ?


Rocky IV (Sylvester Stallone, 1985)

Oh mon dieu ! L'américanisme primaire face à la grande méchante superpuissance russe (le russe ressemble à un nazi d'ailleurs, Stallone a dû se tromper de guerre). Je crois qu'on pouvait difficilement tomber plus bas dans le shéma narratif. Le scénariste (Stallone, si je ne m'abuse) réussi l'exploit de faire croire que les russes sont des monstres technologiques pendant que les américains sont restés bruts et naturels (limite si c'est pas le tiers-monde). Évidemment, la nature l'emporte sur la technologie, et tous les peuples de la terre doivent se donner la main (à condition qu'ils reconnaissent que les USA sont quand même un peu plus égaux que les autres).
À côté de ca, Stallone commence à se faire vieux, il était quand même plus intéssant à regarder avant... Heureusement que THE EYE OF THE TIGER sauve la situation.

lundi, 01 octobre 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?

Voyage à mon bureau, aller retour, Joseph Poisle-Desgranges
Une série d'anecdotes racontées par un employé de bureau que nous accompagnons pour une journée. Le texte, très bienveillant, manque peut-être un peu de second degré, mais il est très agréable à lire.
On en profite pour découvrir mille détails intéressant sur la vie quotidienne de 1860.

Les prisonniers, Maupassant
Je reviens un peu en arrière sur Maupassant. Retour donc le temps d'une nouvelle sur sa période "anti-prussienne".

Le Sixième Mariage de Barbe-bleue, Henri de Régnier

Un très beau texte, pour une version étrange (et un peu onirique) de l'histoire de Barbe Bleue et de sa sixième femme.
NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Sport/Loisir" du Challenge Petit Bac.

L'homme de Mars, Maupassant

On retrouve la passion de Maupassant pour l'ésotérisme, le magnétisme, l'hypnotisme, tout un tas de choses dont nous n'avons pas idée... Cette fois, on jette un coup d'oeil au-delà de la Terre.

La Cantatrice, Maurice Renard
Décidemment, Maurice Renard a une écriture fascinante. Il faut accepter de quitter le domaine du rationnel pour partir à la recherche de l'énigme qui se cache sous la belle voix de cette cantatrice inconnue.

L'orphelin, Maupassant

Histoire étrange. Pour une fois, Maupassant nous laisse sans trop d'explication sur la fin. Mais finalement, ce n'est pas mal non plus.

L'Homme au corps subtil, Maurice Renard

Vous connaissez sans doute l'histoire du Passe-Muraille. Maurice Renard reprend l'idée à sa sauce, sans oublier un détail qui pose problème... mais je ne veux pas spoiler. Jolie nouvelle.

La Journée d'un journaliste américain en 2890, Jules Verne
Je ne suis pas une grande fanatique de Jules Verne, mais j'étais curieuse de voir sa vision du quotidien de 2890. Assez drôlement, il n'y a pas grand chose qu'il ait imaginé et qui n'existe pas en effet à l'heure actuelle (visioconférence, satellites, émergeance de la Chine...) si ce n'est qu'il est encore en-dessous de la vérité (il n'a visiblement pas imaginé internet possible...). Il nous reste encore à inventer une machine qui nous lave et nous habille (souvenirs du Cinquième élément, bonjour), et on évitera celle qui unifie le temps et la température sur toute la planète (à cause des ours polaires et tout ca...). Jules Verne était vraiment très optimiste et n'avait pas non plus imaginé les problèmes écologiques.

Death Note, T9&10, Tsugimi Ohba et Takeshi Obata
Je passe sur Death Note pour lequel j'ai déjà clamé mon amour la semaine dernière. D'ailleurs, les derniers tomes sont très fades, mais je l'ai déjà dit.
Ce livre est le douzième de ma PAL 2012.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Undine, Friedrich de la Motte Fouqué

Death Note, T11&12, Tsugimi Ohba et Takeshi Obata

Qu'est-ce que j'ai vu cette semaine ?

Rien du tout...

Et après ?

Maintenant que je commence à prendre le pli entre le travail et le sport, j'espère avoir un peu plus de temps pour faire decendre ma PAL. Gros plaisirs en perspective donc. Avec un titre en allemand pour le prochain, histoire d'alterner un peu ?

dimanche, 30 septembre 2012

Die Ärzte - mon premier concert !

Lire l'article ici.

lundi, 24 septembre 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?

La morte, Maupassant
Une histoire de vampire à la sauce 1887. Ca change des boyaux qui coulent et des frasques à la Bruce Labruce...

Finale in Berlin ("Berlin Game"), Len Deighton
Un polar d'espionnage anglais entre Berlin Ouest et Berlin Est. Un scientifique d'Allemagne de l'Est qui travaille sur des inscecticides au phosphore, potentiellement la prochaine arme biologique. Parviendra-t-on à le débaucher pour le bloc occidental ? Et comment ? À moins qu'Israel ne s'en mêle ?
J'ai bien accroché à ces histoires d'agent double et de trahisons dans le début du roman. Vers la fin, je me suis un peu lassée, d'autant que le final est... mouais, bof.

NB: Ce livre est le 7ème de ma PAL 2012. Il rentre dans la catégorie "Sport/Loisir" du Challenge Petit Bac.

Par delà le bien et le mal, Nietzsche

Je suis contente d'avoir lu ce livre, même si je cherchais sans doute chez Nietzsche des choses qui n'y sont pas. Son discours sur les races (et sur les femmes, n'en parlons pas) est assez insupportable, et en admettant que ce qu'il dise ait pu à un moment reflèter la réalité, cette réalité est depuis longtemps dépssée.
D'autre par, je suis surprise de trouver Nietzsche pro-européen, pro-juif... Certaines réflexions sur la religion et la morale sont intéressante, même si j'hésite à en tirer les mêmes conclusions que lui. Ca valait le coup de l'avoir lu quand même, pour au moins savoir de quoi il est question.
(Mais c'est chiant. Un peu.)

Les hommes modernes, sur lesquels s’est usée la nomenclature chrétienne, ne ressentent plus ce qu’il y avait de terrible et de superlatif, pour le goût antique, dans le paradoxe de la formule « Dieu en croix ». Jamais et nulle-part il n’y a plus eu jusqu’à présent une telle audace dans le renversement des idées, quelque chose d’aussi terrible, d’aussi angoissant et d’aussi problématique que cette formule : elle promettait une transmutation de toutes les valeurs antiques. — C’est l’Orient, l’Orient profond, l’esclave oriental qui se vengeait ainsi de Rome, de sa noble et frivole tolérance, qui se vengeait de ce "catholicisme" romain de l’incrédulité.

Pierre et Jean, Maupassant
Très bon roman, rien à dire.

Death Note, T1&2, Tsugimi Ohba et Takeshi Obata
Death Note, T3&4, Tsugimi Ohba et Takeshi Obata
Death Note, T5&6, Tsugimi Ohba et Takeshi Obata
Death Note, T7&8, Tsugimi Ohba et Takeshi Obata
Que dire de Death Note, le chef d'oeuvre absolu du manga japonais ? J'aime tellement cette histoire, je ne m'en lasse pas. Cette histoire s'ancre dans un Japon moderne, où la télévision et Internet jouent un rôle majeur. Un Japon contemporain, pas futuriste, mais tout de même intemporel. Un jeune lycéen brillant qui s'ennuie. Un dieu de la mort, dans son monde inconnu des humains, qui s'ennuie. Pour s'amuser, le dieu de la mort laisse tomber son cahier dans le monde des humains. Pour voir ce qui se passera.
Light, le jeune lycéen, découvre le cahier. On peut y inscrire le nom d'une personne dont on connaît le visage, et celle-ci meurt. Il décide de rendre le monde meilleur en tuant tous les meutriers. Mais ces morts systématiques finissent pas alerter Interpol, qui décide de lancer une équipe sur la piste de "Kira". À la tête de l'équipe, L, un jeune lycéen au pouvoir de déduction inégalé.
Les 12 tomes du mangas tournent autour de l'affrontement entre L et Light, deux génies qui se livrent à un bras de fer psychologique hors du commun. Death Note est une sorte d'incroyable jeu d'échec entre deux génies. L'un des deux mourra de cet affrrontement, c'est certain. Reste à savoir lequel.

Le manga joue non seulement sur l'échange de ruses, de pièges et la manipulation des personnes alentours, mais aussi sur l'ambiguité de la notion de mal. Faut-il vraiment arrêter "Kira", alors même que la criminalité a été presque réduite à néant à cause de ses agissements ? Le manga réussi le pari difficile de nous faire admirer autant L que Kira.
Que dire d'autre ? Que les dessins sont magnifiques ?

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Heureusement que j'ai une mémoire de poisson rouge, et si je me souvenais bien des grands axes de l'histoire (notamment de la fin), j'avais oublié à peu près toutes les péripéties. Le suspens reste entier pour moi (enfin presque).

Le manga se compose cependant de trois parties distinctes. La première est le summum du sublime. La deuxième met du temps à démarrer pour se finir en apothéose. Et la troisième est... nulle. Franchement, nulle. Pour résumer simplement : l'un des deux adversaires est mort, mais un successeur (sorti de nulle part) le remplace. Jamais on n'arrivera à s'attacher à cette pâle copie du génie précédent, et l'intrigue s'enlise. Il fallait tout de même donner une fin à l'histoire, et c'est ce qu'on fait Tsugimi Ohba et Takeshi Obata. Et malheureusement pour moi, je suis déjà arrivée au tome 9, donc dans la troisième partie. Mais je veux voir la fin, donc je continue.

Ces livres sont les 8ème, 9ème, 10ème et 11ème de ma PAL 2012.

Monsieur d'Outremort, un gentilhomme physicien, Maurice Renard

La Mère Sauvage, Maupassant

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Undine, Friedrich de la Motte Fouqué

Death Note, T9&10, Tsugimi Ohba et Takeshi Obata évidemment

Qu'est-ce que j'ai vu cette semaine ?

Semaine faste...

Noob, saisons 1 à 4

Noob est une série internet/télévisée (puisqu'elle passe sur Nolife TV) amateure faite par une bande de copains (sur Toulon, si ma mémoire est bonne). Par tout petits épisodes de 5mn, on suit les aventures de quelques joueurs de MMORPG (en gros, un jeu en ligne) et de leurs avatards.
Avec une imagination débordante, ils ont réussi à créer une série super drôle et à laquelle on s'attache vraiment. La quatrième saison est l'avant-dernière saison, la dernière devrait sortir d'ici cet hiver.

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Si vous êtes curieux, c'est sur Noob TV que ca se passe.

Mon oncle d'Amérique, Alain Resnais (1980)
Le cinéma Arsenal a proposé tout le mois de septembre une rétrospective du cinéma d'Alain Resnais. Je n'en ai pas énormément profité (pas le temps, tout ca), mais quand même assez pour aller voir deux films. Le premier, Mon oncle d'Amérique, m'a complètement emballée. À la fois très francais et très original, intelligent et pas prise de tête. Avec en arrière fond, très très loin, très discret, la hantise d'Alain Resnais : l'holocauste (vous saviez que c'était lui qui avait fait Nuit et Brouillards ? moi pas).
Le concept le plus intéressant du film repose sur sa structure, assez proche de celle des livres de Bernard Werber : un aller-venue continuel entre une fiction (un destin croisé de trois personnages différents) et un discours scientifique, en l'occurence les théories du Professeur Henri Laborit sur le fonctionnement du cerveau.
Le film réussi même l'exploit de me réconcilier avec Gérard Depardieu qui... mon dieu, vais-je oser écrire cela... joue bien... oh que c'est dur à admettre... et que j'ai même... non, je ne vais jamais y arriver... trouvé... arghhhhhh... très sympatique...
Une brève apparition d'un Pierre Arditi vraiment trop jeune pour être convainquant (celui-là s'est quand même bonnifié avec l'âge).

Hiroshima mon amour, Alain Resnais (1959)
Deuxième film de la rétrospective. Un texte de Marguerite Duras. Hum. J'aurais dû me méfier. Marguerite Duras et moi, c'est pas faute d'avoir essayé. Mais ca ne prend pas du tout. C'est pas qu'elle écrive mal (certainement pas, grand dieu, Marguerite Duras !), c'est pas que ses intrigues sont pas intéressantes. Mais non.
Et là encore, vraiment non. Et je pense même que j'ai à peu près compris pourquoi. Sa vision de l'amour est tellement à l'opposé de la mienne, et les femmes Duras sont tellement des anti-moi que ca ne peut pas prendre. Je baîlle du début à la fin du film.
Un film en trois vague. La première : Hiroshima, la bombe, la catastrophe. Très intéressant parce que je connaissais mal. La deuxième : l'occupation allemande, la Libération francaise. J'en ai tellement vu... Et la troisième vague... je ne sais pas : l'amour, une espèce de poursuite onirique dans les rues d'Hiroshima. Je baîlle, je baîlle, je baîlle. Et comme fil rouge, la mémoire et l'oubli.
Un film très intelligent en somme, très bien construit, très bien pensé. Mais ca ne prend pas avec moi. Vraiment pas.

lundi, 17 septembre 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces trois dernières semaines ?

Mademoiselle Perle, Maupassant
Acculé à devoir choisir une reine un soir de galette des rois, le narrateur décide de ne pas décider entre les deux filles de son hôte - des fois que cette histoire de fève cache des intentions de mariage, on ne sait jamais, hein - et de choisir pour reine Mademoiselle Perle, une sorte de dame de charge de la maison. Mais au fait... qui est donc cette Mademoiselle Perle, cette vieille fille très discrète qui a toujours vécu dans la famille ?
Une très belle histoire.

Au bois, Maupassant

Sur les chats, Maupassant
Maupassant n'aime pas les chats (niarc niarc niarc) et raconte plusieurs anecdotes sur ses rapport à cette agacante bête.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Animal" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Le marquis de Fumerol, Maupassant
Amour, Maupassant

Clochette, Maupassant
La femme chez Maupassant n'est pas la femme d'Octave Mirbeau. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Maupassant les épargne beaucoup plus. Il nous offre plusieurs portraits de femmes héroiques.
Ici, celui d'une vieille femme appelée de Clochette pour son boitillement qui remonte à sa jeunesse. Que s'est-il passé alors ? Nous l'apprenons dans cette courte nouvelle.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Personne Connue" (pas du tout tiré par les cheveux) du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Le Horla (version de 1886), Maupassant
Le Horla (version de 1887), Maupassant
Classique des classiques, il fallait bien que je le relise un jour. Je trouve que la deuxième version fonctionne mieux que la première. Elle fait beaucoup plus mouche.
Je continue pourtant à me demander pourquoi cette nouvelle est un incontournable des cours de francais au collège...

L'assassin, Maupassant
Pour la femme de Maupassant, perdre son mari est une libération ("Sauvée"). Pour l'homme, c'est le début de la fin. Comme dans "La petite Roque", nous avons affaire à un veuf qui commet un crime. Le crime est différent, mais l'idée est la même.
J'accroche assez peu à cette nouvelle, pas très convaincue par l'argument qui soutend le récit.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Métier" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

La nuit, Maupassant

Les plus beaux contes zens, Henri Brunel

Le rosier de Madame Husson, Maupassant
J'aime cette capacité de Maupassant à focaliser l'attention sur une partie du récit. Le rosier de Madame Husson n'est qu'une des anecdote racontée à son ami par un vieux gourmand de Grisole, et cette anecdote forme le coeur de cette sympatique nouvelle.

NB: Ce livre rentre dans la catégorie "Végétal" du Challenge Petit Bac mention Maupassant.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Par delà le Bien et le Mal, Nietzsche
Au début, Nietzsche, je trouvais pas ca si compliqué que ca. Puis je suis arrivée au chapitre 5... Aouch...

Finale in Berlin, Len Deighton

Undine, Friedrich de la Motte Fouqué

Qu'est-ce que j'ai vu ces trois dernières semaines ?
Ben, encore rien.
Enfin, j'ai commencé la série Noob, de Nolife TV. Je m'éclate comme une folle, mais y'a quatre saisons à rattrapper et j'ai plus tellement de temps libre...

Et après ?
Hum... 110 livres dans ma PAL, 6 lus à ce jour et je suis censée avoir lu la moitié d'ici décembre ? Bon, ben je crois que j'ai des lectures devant moi, pas de problème.

mardi, 28 août 2012

Modigliani, Soutine et l'Aventure de Montparnasse

Ca fait super-méga sérieux comme titre. C'est normal, lors de mon dernier passage à Paris, j'étais avec ma copine de prépa, la blonde et douce Yoyo, à une exposition d'Art. Autant dire que c'était très sérieux.

L'expo tournait autour de la collection d'un certain Jonas Netter, petit mais néanmoins grand collectionneur (cette phrase ne veut rien dire, je suis au courant).

À côté, donc d'oeuvres de Modigliani et de Soutine, un apercu de tous les artistes de Montparnasse soutenus (à bout de bras) par Netter pendant des années, à la ville comme à l'hôpital, et tout aussi bien pendant la guerre. Peintures pour la plupart vraiment magnifiques, explications complètes (bravo au conservateur - les dernières salles sont un peu cafouillies, tout de même, si je puis me permettre), quelques extraits de correspondances. Une expo qui vaut largement le détour.

Je ne dirai pas grand chose d'intéressant d'autre. De toutes facons, je ne suis plus historienne du lard, et je n'ai plus aucune prétention à m'y connaître en quoi ce soit. Quant à l'histoire de Netter, si elle vous intéresse, je vous invite à aller voir l'expo, ca sera bien plus complet que mes vagues souvenirs.

Deux coups de coeur tout de même, deux artistes que je ne connaissais pas et dont j'emporte les toiles dans ma tête en partant de cette exposition...

Le premier est Utrillo.

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Bon, quelque part, Utrillo, c'est un peu répétitif, dans le sens où il peint des rues, des rues, des églises et encore des rues. Mais certaines de ces rues retentissent (oui, oui, retentissent - je suis une super critique de lard, je suis au courant).
Il y en avait particulièrement deux, de ces rues, qui m'ont attrapée. Malheureusement, je ne les ai pas retrouvée en ligne pour vous les montrer. J'ai pris à la place quelques tableaux qui s'en approchaient. On est d'accord que la peinture en ligne, ca ne vaut pas grand chose, mais ca vous donne une idée.

Il y a aussi Moise Kisling.

moise-kisling-55.jpg

Moise_Nu.jpg

Moise_Ophelie.jpg

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À part le dernier, aucun de ces tableaux n'étaient à l'exposition. J'ai juste regardé ce que je pouvais trouver en ligne, et j'ai pris ce qui me plaisais le plus. Le dernier était là, lui. Il n'a l'air de rien, vu sur un ordinateur, mais le rouge de ce pull inondait la pièce de sa rougeur. C'était stupéfiant, cette couleur rouge, on ne voyait dans toute la pièce que ce petit tableau. Fascinant.
Et puis j'aime bien Moise Kisling. J'aime son dessin, j'aime les formes qu'il choisit. Puis rien que de s'appeler Moise, c'est le summum du cool, non ? (j'aurais vraiment dû être critique d'Art).