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mercredi, 01 janvier 2014

Et comme tous les ans : les bonnes résolutions

L'année 2013 a été un peu étrange, une super année sur le plan personnel, où j'ai fait des tas de rencontres, où j'ai découvert des tas de choses, été dans des tas de situations nouvelles. J'ai été globalement vraiment très heureuse cette année, avec quelques coups de stress pas bien méchants, d'ailleurs j'étais tout le temps de bonne humeur, bref je garderai un bon souvenir de cette année 2013. La seule ombre au tableau, c'est que je n'ai pas du tout l'impression d'avoir été productive ni constructive cette année. J'essaye de me dire qu'il me faut du temps pour mûrir les choses, mais j'avoue que ca me gâche un peu la joie de ne pas être satisfaite du travail effectué.

Donc j'espère sincèrement que l'année prochaine va être fructueuse. Je suppose que ca tiendra beaucoup à moi, à ma capacité à serrer les dents et avancer sans me disperser maintenant que les (bonnes) bases sont posées.

Premier Objectif 2013 : Avoir écrit au moins 50 pages de la thèse

Objectif manqué. Mais alors vraiment, quoi.

Deuxième objectif 2013 : Réussir un test de casse en yop-chagi

Mon objectif réussi de l'année

Troisième objectif 2013 : Intégrale "À la recherche du temps perdu" et intégrale "Comédie humaine"

J'ai vite laissé tomber l'idée de remplir la deuxième partie de l'objectif. Ma la première partie a été un plaisir immense, je pense que je n'ai pas besoin de le répéter.


ET POUR 2014

Cette année, je laisse tomber l'objectif sport habituel. Ce n'est pas vraiment ma priorité, je n'ai pas envie de concentrer mes efforts là-dessus cette année. Je me contenrai d'un vague "ne pas laisser tomber".

Premier objectif 2014 : Objectif trimestriel du doctorat

Je vais me poser tous les débuts de trimestre un objectif de travail, et peut-être découper cela en sous-objectifs mensuels... L'idée étant de vraiment être productive cette année. Sans trop regarder à droite et à gauche, ce qui est un peu mon défaut.

Deuxième objectif 2014 : Avoir fini les derniers aménagements dans l'appart

Histoire de ne pas perdre tout mon temps avec ca. Je prévois de toutes facons depuis longtemps une crémaillère pour mon anniversaire, l'idéal serait donc que tout soit réglé d'ici la fin du premier trimestre.
Les gros chantiers sont:
- la peinture de la chambre
- un gros ordi
- mettre au point un rangement acceptable

Troisième objectif 2014 : Lire 6 livres de la PAL et 1 liste de la Liste d'envie par trimestre

Ce qui contredit un peu mon idée de ne pas m'éparpiller...

lundi, 09 décembre 2013

C'est lundi...

Horreur, malheur ! Je suis retombée dans la lecture et je n'arrive plus à m'arrêter !

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?

Saint Augustin raconté à ma fille et aux Kabyles sceptiques, Moh-Christophe Bilek
Je vais complètement me contredire par rapport à ce que je disais il y a une semaine dans mon commentaire sur Camus. Je suis désolée.

Je ne conaissais rien de Saint Augustin. Même pas ses Confessions, c'est dire que j'ai du retard. Par conséquent, toute information sur saint Augustin était bonne à prendre, et la vision d'un kabyle converti ne pouvait qu'être intéressante.

Il y a pas mal de petites choses formelles qui m'ont déconcertée dans ce livre. Je m'attendais à une lecture personelle de saint Augustin, et je suis tombée sur un ouvrage d'historien, pour sa fille (c'est-à-dire vulgarisé), mais suivant certains codes universitaires. Soit. Pourquoi pas. D'autre part, beaucoup de choses me paraissaient justement très non-universitaires, à commencer par la typographie un peu étrange, le plan que j'avais du mal à suivre, et alors surtout les annexes qui sont un rassemblage pas très clair de plein de choses disparates. Hum.

Donc voilà : ce n'est pas mal fait, mais c'est fouilli. Et je n'ai pas vraiment l'habitude dans un ouvrage scientifique que l'auteur me parle de "notre Rédempteur". Je trouve qu'il y a là un mélange des genres un peu perturbant. mais c'est peut-être comme cela que ca se passe en théologie, c'est possible, c'est un domaine que je ne connais pas du tout.

J'ai donc appris beaucoup de choses, et notamment pas mal de choses qui sont le fruit de recherches scientifiques poussées, et donc pas des évidences. C'est ce qui fait l'intérêt du livre. Le centre de gravité du livre se situe par contre vraiment sur des polémiques quasiment kabylo-kabyles. Pas que ce ne soit pas intéressant de lire tout un chapitre sur l'africanité ou la non-africanité du donatisme ou des démonstrations savantes pour nous expliquer que saint Augustin parlait kabyle, mais ca ne fait pas du livre une introduction très générale à saint Augustin. Ce que le titre annonce déjà, d'ailleurs.

J'ai pas mal aimé la distinction qui suit sur les hérésies combattues par saint Augustin. Voilà un thème que j'aimerais bien approfondir. En dépit des apparances, je n'ai donc pas du tout choisi le texte parce qu'on y parle de l'Iran et du zoroastrisme (ce n'est pas de ma faute si l'Iran est complétement onmiprésent en ce moment), mais parce que le manichéisme et le pélagianisme mettent le doigt sur une chose qui m'a toujours dérangée chez les nouvelles églises très à la mode en ce moment.

Nous l'avons dit plus haut il y eut bien des erreurs et bien des hérésies dès le 1er siècle du Christianisme, dès que la Vérité parut en la personne de notre Rédempteur. Augustin en recense déjà 88, et saint Jean Damascène 100, et il y en eut d'autres.

Nous allons survoler celles, parmi les plus connues, que combattit l'enfant retrouvé de Thagaste.

* Le manichéisme : il s'agit d'une hérésie que connait bien Augustin, puisqu'il avait adhéré à cette doctrine qui prétendait que l'homme avait deux âmes, en gros. L'une étant de substance divine, et l'autre procédant des ténèbres, donc mauvaise. Tu remarqueras que c'est une manière de nier le péché originel, ou d'interpréter l'origine du mal. Et de fait cette conception aboutit à admettre qu'il y a deux dieux : l'un bon et l'autre mauvais, qui se livrent une lutte de toute éternité.

- D'où la formule "c'est manichéen"?

Tout à fait, quand on veut dire quelque chose de nettement séparé, de tranché, par exemple le bien d'un côté et le mal de l'autre. L'auteur de cette foi religieuse est issu d'un milieu chrétien, un chrétien perse du 3ème siècle, portant le nom de Mani, influencé, entre autres, par le mazdéisme, qui est la religion propre à la Perse, dans laquelle on retrouve cette dualité entre la lumière et les ténèbres. Lequel mazdéisme a été réformé, antérieurement par le célèbre Zoroastre. Le zoroastrisme existe encore à l'est de l'Iran ; il aurait influencé l'islam shiite d'Iran, tandis que le manichéisme, bien que tout à fait disparu en tant que système religieux, aurait laissé des traces, si bien que d'aucuns disent que la doctrine des cathares en serait issue.

* Le pélagianisme : ce mot vient du nom d'un moine breton du 4/5ème siècle, Pélage, qui minimisait l'oeuvre de la grâce, au profit d'un effort personnel permettant à l'homme d'accéder aux vertus, par son libre arbitre, en évitant le péché ; de fait il niait le péché originel. Ce moine fut finalement excommunié en 426, en grande partie grâce à saint Augustin.

Le moine et le philosophe, Jean-Francois Revel et Matthieu Ricard

Tant que j'en étais dans des réflexions religieuses, j'ai continué sur ma lancée, et j'ai emprunté à la bibliothèque francaise un livre qui me fait envie depuis des années...

M. - Choisir la vie monastique ou érémitique est signe que notre esprit tout entier est tourné vers la pratique spirituelle. Lorsque j'ai pris les voeux monastiques, j'ai ressenti un immense sentiment de liberté : je pouvais enfin consacrer chaque moment de l'existence à faire ce que je souhaitais. Mais il y a toutes les gradations possibles entre une vie de renoncement et une vie ordinaire d'Occidental. Les idées du bouddhisme peuvent fort bien imprégner notre esprit et nous apporter de grands bienfaits sans que nous renoncions à nos activités. La vie monacale était très développée au Tibet, puisqu'avant l'invasion chinoise jusqu'à vingt pour cent de la population était dans les ordres. Je suis d'accord qu'on ne peut guère s'attendre à quoi que ce soit de ce genre en Occident ! Toutefois, je ne pense pas que cet aspect constitue une barrière à la compréhension du bouddhisme dans nos pays. On peut très bien avoir une vie spirituelle très riche, tout en ne consacrant que quelques minutes ou une heure par jour à une pratique contemplative.

J.F. - Comment concilier cela avec les activités de tous les jours ?

M. - On distingue la "méditation" et l'"après-méditation". La méditation, ce n'est pas simplement s'asseoir quelques instants afin d'acquérir un calme béat. C'est une démarche analytique et contemplative permettant de comprendre le fonctionnement et la nature de l'esprit, de saisir le mode d'être des choses. Ce qu'on appelle l'après-méditation consiste à éviter de reprendre ses habitudes exactement comme avant. Elle consiste à savoir utiliser dans la vie quotidienne la compréhension acquise durant la méditation, pour acquérir une plus grande ouverture d'esprit, davantage de bonté et de patience ; bref, pour devenir un meilleur être humain. C'est bien aussi ce qui se passe dans la communauté laique tibétaine, qui vit en symbiose avec la communauté monastique et les maîtres spirituels. Elle se nourrit de cette inspiration pour vivre mieux la vie de tous les jours.

J.F. - Mais les philosophes et les religions occidentales, en principe, offrent aussi une possibilité de vivre selon sa philosophie ou religion d'élection tout en étant engagé dans l'action, dans le siècle. Nombre de religieux ont été des hommes d'Etat, des écrivains, des artistes, des philosophes, des chercheurs, hors même leur religion. Le rêve de Platon était le roi-philosophe, garantie selon lui du bon gouvernement de la cité. Si, comme l'affirme le bouddhisme, le monde n'est qu'une illusion, un défilé d'images qui n'ont pas de réalité, et le moi de même, à quoi bon être chef d'entreprise, dirigeant politique, chercheur scientifique ? Ca ne sert à rien ! C'est se rendre complice d'une illusion mensongère.

M. - Pour un ermite, à vrai dire, les activités mondaines n'ont guère de sens. Toutefois, je voudrais préciser ici le sens du mot "illusion" dans le bouddhisme, qui semble difficile à comprendre en Occident. Pour nous qui vivons cette illusion, le monde est aussi réel qu'il peut l'être. Mais de même que la glace n'est que de l'eau solidifiée, la solidité que nous accordons au monde n'est pas sa réalité ultime. Cette nature illusoire du monde n'empêche pas que les lois de causes à effets soient inéluctables. Les physiciens diront aussi que les électrons ne sont pas des petits boulets de canon mais des concentrations d'énergie. Cette affirmation ne diminue en rien la nécessité de développer la médecine, de soulager les souffrances et de résoudre les difficultés de tous les jours ! Même si le moi n'est qu'une imposture et même si le monde extérieur n'est pas fait d'entités douées d'existence propre, il est parfaitement légitime de remédier par tous les moyens possibles à la souffrance et d'employer tous les moyens possibles pour augmenter le bien-être ! De même que le savant qui comprend que nous ne sommes faits que de particules qui se réduisent à de l'énergie ne sera pas pour autant indifférent au bonheur et à la souffrance.

J.F. - Une fois de plus, je suis frappé par l'analogie de cette théorie avec le kantisme : le phénomène n'est pas la chose en soi, c'est pourtant notre réalité.

Désolée pour le pavé, mais je pense que j'aurais à peu près pu vous citer les 405 pages du livre en entier, donc estimez-vous heureux !

Comme vous l'aurez peut-être compris, ce livre consitait en un regard croisé sur le bouddhisme, un vrai dialogue (on est loin des dialogues très rhétoriques du livre précédent dans lesquels la "fille" n'est là que pour faire semblant de donner la réplique et se laisser convaincre) entre Jean-Francois Revel et Matthieu Ricard sur lesquels il faut dire deux mots. Jean-Francois Revel est philosophe, je suppose à la fois professeur et chercheur. Matthieu Ricard est son fils, ancien chercheur en biologie moléculaire, qui est parti se faire moine bouddhiste auprès de maîtres tibétains et maintenant accompagne le Dalai-Lama en Francophonie. C'est éviemment ce qui fait le dialogue passionnant, mais alors VRAIMENT passionnant.

J'ai beaucoup aimé l'extrème honnêteté de la démarche de la part de chacun des deux. Et il suffit de lire le dialogue pour bien se rendre compte que c'était honnête et sincèrement honnête. Aucun des deux ne ressortira d'ailleurs "converti" de la discussion, et ce n'est pas le but de "convertir" d'une manière ou d'une autre. J.F. Revel est un scientifique, non-croyant, et exprime sans détour ses doutes quand il en a. Il n'hésite pas à poser des questions très précises, et toutes les questions qu'il peut avoir. C'est pour ca que le livre est un peu bavard, mais c'est ce qui en fait tout l'intérêt. M. Ricard est très ouvert et n'essaye jamais d'éluder une question. Il présente très clairement le bouddhisme de manière concrète et compréhensible, et rend un peu palpables ce qu'est la méditation, le nirvana, etc.

Ce n'est pourtant pas un livre de présentation du bouddhisme (même s'il faut bien présenter pour pouvoir en parler), mais plutôt une recherche de la part du philosophe de replacer le bouddhisme à travers l'histoire de la philosophie, et surtout de la philosophie occidentale. La question de départ est de savoir pourquoi le bouddhisme gagne du terrain en Occident. Ce n'est pas vraiment la question centrale d'ailleurs, mais plutôt le fil rouge. Que dit le bouddhisme sur la condition humaine, sur la mort, sur la politique ? Le bouddhisme est-il une religion ou pas ? J.F. Revel remet toujours des repères occidentaux dans le débat : Aristote, Spinoza, Kant, Marx, Cioran (il FAUT que je lise Cioran). Rien de nouveau sous le soleil en sorte, le bouddhisme est pour ainsi dire déjà en Occident, mais il montre aussi qu'à son avis l'attrais du bouddhisme résulte de l'impasse dans laquelle se trouve la philosophie.

La lecture m'a beaucoup apporté. Le bouddhisme est une forme de religion très intéressante, son dialogue avec le christianisme est très enrichissant et il en est assez souvent question dans le dialogue. L'analyse du philosophe me paraît très juste. L'impasse philosophique est en grande partie celle qui m'a plutôt donné envie de partir dans d'autres études, et l'idée que la religion est une forme de réponse à cette impasse me semble également exacte même si je suis tout à fait aussi sceptique que J.F. Revel sur la capacité de changer de cours de l'Histoire en méditant très fort. Pour autant, je donne raison à M. Ricard que notre esprit est à peu près la seule arme que nous possédons.

Il y a tellement de choses qui nous parlent directement dans ces échanges que je ne peux pas imaginer qu'on n'aime pas le livre. Il est vrai que les premiers chapitres qui mettent en place les éléments de la discussion sont un peu moins passionants, puisque la discussion ne fait encore que commencer.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

J'ai un mémoire à noter, je crois que ca va me prendre un bout de temps...
 
Qu'est-ce que j'ai vu cette semaine ?

Week-end assez actif, en visite chez un ami, on a passé une soirée canapé-télé complètement non-philosophique (je vous épargne les jeux télévisés idiots).
 
Real Steel (Shawn Levy, 2011)
Une histoire de robots géants qui font... de la boxe (gné ?). Mon Dieu ! Que suis-je venue faire dans cette galère ?
(Enfin, c'était ca ou Moby Dick version le-grand-dragon-blanc-pourchassé-par-un-noir-fou-dans-un-univers-speudo-Tolkien-avec-une-top-model-chasseuse-de-dragon. NO WAY.)
 
Nader und Simin - Eine Trennung (Une séparation) (Asghar Farhadi, 2011)
aka la version syncronisée en allemand du film iranien qui a gagné l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2012.
Et non, je ne fait pas exprès, je ne peux pas me retourner sans tomber nez à nez avec un truc qui vient de Téhéran, c'est pas ma faute...
Ce film était super angoissant. SUPER angoissant. J'étais mal dans ma peau du début à la fin, je suppose que le metteur en scène a réussi un peu à faire passer quelque chose de la société iranienne. (Du moins je suppose que c'était le but.) 
 
Et après ?
Quand je me serait sortie du mémoire à noter, je crois qu'on va poursuivre dans le bouddhisme (NON je n'ai pas décidé de partir vivre dans un monastère bouddhiste en Iran).

lundi, 02 décembre 2013

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu les 4 dernières semaines ?

Albert Camus, fils d'Alger, Alain Vircondelet
Je suis un peu partagée sur cette biographie. D'un côté, c'était très intéressant puisque je n'avais pas vraiment de vue d'ensemble de Camus, ni de ses oeuvres, ni de sa vie, ni de sa pensée, plutôt des petits trucs attrappés par-ci par-là. J'étais d'autre part un peu au courant qu'il s'était crêpé le chignon avec Sartre sur la question algérienne, mais ca en restait là. De ce point de vue, j'ai beaucoup appris, et j'en suis ravie.
D'un autre côté, je crois que le "style Vircondelet" m'a parfois un peu agacée dans la lecture. D'une part parce qu'il a un peu tendance à projeter ses fantasmes dans Camus et à partir dans des envolées lyriques. Après tout, c'est un parti-pris acceptable. On n'est pas obligé de faire de l'écriture scientifique objective tout le temps, Vircondelet écrit un livre, et il fait ce qu'il veut de ce livre, cela me plaît en une certaine manière. Mais j'avais du mal à m'enthousiasmer autant que l'auteur, et ca résultait sur un effet de distanciation pas forcémment très heureux...
Autre effet perturbant: celui de m'être sans arrêt heurtée à des problèmes de coquilles, d'un accord oublié ici, d'un mot confondu là. À certains endroit, c'était tout un paragraphe qui n'avait visiblement rien à faire là. Ce sont évidemment des choses qui arrivent, sans doute un problème de relecture, peut-être des modifications de dernière minute qui ont été faites un peu vites et sans avoir le temps de réviser l'ensemble. Ce n'est pas grave en soit, mais c'est encore une chose qui fait tout d'un coup décrocher de l'imaginaire du livre. 
J'ai adoré par contre le centre de gravité du roman. C'était vraiment comme dans ces romans qui réussissent à rendre palpable la ville dans laquelle se déroule l'action. J'avais l'impression de passer dans les rues d'Alger, de bien identifier les quartiers, les jardins, les bâtiments. Maintenant que j'ai lu ce livre, je peux vraiment me représenter Alger comme une ville dans laquelle on vit, et pas seulement comme une jolie carte postale exotique.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Saint Augustin raconté à ma fille et aux Kabyles sceptiques, Moh-Christophe Bilek
C'était de toutes facons le prochain sur la liste, et l'arrivée de l'Avent a un peu avancé le début de la lecture que je comptais reléguer aux vacances de Noel. Je suis en effet le calendrier de l'Avent "L'Avent avec saint Augustin", et je pense que le timing est donc plus qu'idéal.

Qu'est-ce que j'ai vu ces 4 dernières semaines ?

A part un épisode de Monster High qui m'a parfaitement désespérée, rien du tout.

Et après ?

J'ai préparé ma pile de livres pour les vacances. J'ai hâte, j'ai hâte !

lundi, 04 novembre 2013

C'est lundi...

... et on a pas fait le point depuis un bon bout de temps.

Qu'est-ce que j'ai lu les 7 dernières semaines ?

Frankenstein, Mary Shelley
Bête que j'étais, je ne savais pas quelle station de radio allumer pour travailler passivement mon anglais. Quand soudain l'idée de mon addiction de longue date aux livres audio s'est imposée. Mais c'est bien sûr! No, I mean: OF COURSE !!!
J'adooore Frankenstein. Je n'ai vu aucun film, mais j'avoue avoir du mal à imaginer qu'un film puisse faire justice à ce roman magnifique. Déjà, rien que la classifiquation "film d'horreur" me montre que les adaptations ne peuvent que miss the point.
J'ai été plus que ravie de "relire" Frankenstein, cette fois en version originale. Merci donc vivement "Books should be free". J'avais préféré partir sur des romans que je connaissais déjà, me disant que d'une part j'étais sûre de ne pas être décue, et que d'autre part les problèmes de compréhension ne m'handicaperaient pas trop. Au bout de trois semaines à ce régime, les problèmes de compréhensions me semblent vraiment minimes, mais les trois semaines assez intensives en sont peut-être responsables.

Le mot appris : "wretch" (pauvre diable)

Daddy Long Legs (Papa Longues Jambes), Jean Webster
J'ai aussi commencé par la littérature jeunesse, me disant que le niveau serait plus facile. Encore que je ne sais pas si Frankenstein peut être considéré comme de la littérature jeunesse.
Papa Longues Jambes a été un des gros coup de foudre de mon enfance. Je pense que j'étais loin d'avoir l'âge de l'héroine quand je l'ai lu. C'était un emprunt à la bibliothèque et je n'avais encore jamais eu l'occasion de le relire, mais le livre avait assez longtemps atteint le grade envié de "mon livre préféré".
J'ai presque pris 20 ans dans les dents depuis, et malheureusement, je ne trouve plus le livre aussi extraordinaire, d'autant que l'histoire m'avait tellement marquée que je m'en souvenais trop pour avoir le moindre effet de surprise. Mais je comprends parfaitement comment j'ai pu aimer autant ce roman. Tous mes éléments préférés sont réunis, à commencer par l'environnement scolaire. Le genre épistolaire est un de mes préférés depuis toujours, et malgré quelques références culturelles très américaines, je m'identifiais à 100% avec la jeune fille.

Uncle Tom's Cabin (La maison de l'Oncle Tom), Harriet Beecher Stowe
Je continue donc dans la reprise de la littérature jeunesse anglaise en VO et en mp3. Et quand j'ai vu "Oncle Tom", j'ai éte obligée de me jeter dessus. Oh oui oui oui !
La seule chose qui aurait pu me faire hésiter était que dans mes souvenirs, cette histoire était du début à la fin d'un pathos larmoyant presque... comment dire?... too much. Mais en fait, j'ai été assez surprise. Il faut croire que je n'ai en fait jamais lu le roman. J'ai dû seulement en entendre une adaptation radiophonique qui écourtait l'histoire, car j'ignorait tout de la moitié des personnages et des évènements.
Uncle Tom's Cabin s'est révélé être en fait plutôt satirique que pathétique. Je ne pouvais pas m'empêcher en lisant de penser aux aventures de Tom Sawyer. Le style était vraiment très proche, avec des personnages très ridicules et des scènes farcesques. Par conséquent le côté très manichéen des personnages passait un peu mieux que dans mes souvenirs. D'un autre côté, malheureusement, le style Tom Sawyer est vraiment exactement ce que je n'aime pas dans la littérature américaine. Goût personnel: Je n'aime pas Tom Sawyer, je n'aime pas Pinocchio et je n'aime pas Candide.* Je ne déteste pas non plus, mais j'ai toujours un cerrain malaise avec ce genre de personnage.

Le mot appris : "wicked" (méchant)

The Picture of Dorian Gray (Le portrait de Dorian Gray), Oscar Wilde

Encore un roman de ma jeunesse que je me délectais à relire. J'ai eu peur de ne rien comprendre, mais en fait, ca allait. Si j'arrive même à comprendre du Oscar Wilde, je devrais avoir C1, non ?

Le mot appris : "lad" (jeune homme)

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

The Witches of Eastwick, John Updike
Encore dans ma plongée dans la langue anglaise, j'ai réussi à trouver UN livre dans ma bibliothèque écrit en anglais. Je me suis horriblement ennuyée à lire les cinq premières pages. Hum, laissez-moi deviner, leur pouvoirs magiques sont en lien avec leur libido ? Et ses tomates sont trop prolifiques, parce que ses pouvoirs magiques sont trop débordants, et ca veut dire qu'il faut qu'elle couche avec le monsieur étrange qu'on nous annonce dès la première page ? Mince, j'ai comme l'impression d'avoir déjà épuisé le mystère des cent prochaines pages. Et si j'arrêtais là ?

Das Frühe Persien ("La Perse antique"), Joseph Wiesehöfer

Un livre sur la Perse antique que notre professeur d'iranologie nous a demander de lire. Je m'ennuie à mourir, et en plus je ne comprends rien. Je pense que je vais d'abord chercher un ouvrage en francais qui me donnera quelques bases, histoire que je sache au moins de quoi il est question.

Vanity Fair (La foire aux vanités), William Makepeace
Mon bouquin-mp3 VO du moment.
Je me suis aventurée loin des relectures. Il y a un passage dans Daddy
Long Legs où l'héroine "découvre" la littérature (encore une thématique avec laquelle on est sûr de me faire marcher). Dans son cas, il est évidemment question surtout de littérature anglophone. Elle avoue avec honte qu'elle n'a jamais lu, entre autre, Les quatre filles du docteur March et Vanity Fair. Vanity Fair ? que je me suis dit. Mais moi non plus je ne connais pas ! Par conséquent, j'ai immédiatement téléchargé Vanity Fair.
Après tout, autant en profiter pour faire mon éducation en classiques anglophones par la même occasion. Je me rend compte à quel point je n'ai aucune idée de la littérature anglophone, sortie des histoires de détectives et d'Oscar Wilde.
Comme c'était un roman jeunesse, je me suis dit que je ne prenais pas trop de risque même sans connaître l'histoire. Mais malheureusement, j'ai un mal fou à avancer. Je suis sans cesse obligée de revenir en arrière. je pense que j'arriverai à la fin sans avoir complètement compris les tenants et les aboutissants de l'histoire. Zut alors, l'anglais n'est pas si facile que je croyais.

Le mot appris : "make love" (faire la cour)

Qu'est-ce que j'ai vu ces sept dernières semaines ?

Sunset Boulevard (Billy Wilder, 1950)
Ed Wood (Tim Burton, 1994)

J'aimerais pouvoir faire de longs développements sur ces deux films, tous les deux très très bons. Mais je manque un peu de temps. Je me contenterai de m'étonner du hasard qui m'a fait voir ces deux films presque dans la foulée. Il y est dans les deux cas question d'Hollywood, de cinéma. Dans les deux films, le personnage principal écrit des scénarios pour le cinéma (Ed Wood les tourne aussi, différence non-négligeable). Mais surtout, il y est question de la difficulté d'"avoir été" et de l'espèce de folie que cela provoque chez des êtres aussi dépendants du regard des autres que sont... deux acteurs de films muets dont l'arrivée du parlant a marqué la fin de carrière (les deux histoires se passant dans les années 50, l'une dans la vision contemporaine, l'autre dans la vision rétrsopective... ce qui rend la comparaison encore plus intéressante). Nous avons donc d'un côté Norma Desmond, une actrice richissime mais dépassée, qui regarde en boucle les films qu'elle a tourné dans sa jeunesse. Son narssicisme tourne au cauchemard, elle ne peut supporter de ne pas voir son image se reflèter dans les yeux des autres. Sincèrement, je n'ai jamais vu un film pareil. Tout est parfait. J'avais envie d'apprendre par coeur chaque ligne de dialogue, la moindre scène était une perfection d'exactitude, jusqu'à l'enterrement du singe et EVIDEMMENT la ô combien merveilleuse scène finale (jamais vu une mise en abîme aussi réussie). L'ambiance du film est écrasante, horrifique. C'est la première fois que j'ai autant l'impression de voir un film d'épouvante sans regarder un film d'épouvante, tout ca rien que par les yeux de Gloria Swanson. Et la cerise sur le gâteau c'est OH MON DIEU MAIS C'EST BUSTER KEATON ??? BUSTER KEATON JOUE SON PROPRE RÔLE !!! BUSTER KEATON VIENT DE PRONONCER UN MOT !!! (J'aime Buster Keaton, c'est le héro parfait de ma vie). De l'autre côté, nous avons Bela B** Bela Lugosi, aka Dracula, qu'on ne présente plus, et qui croupis ruiné par la drogue dans un appartement minable, à courir après les cachets ridicules que lui procure son grand fan et ami Ed Wood. Lui non plus ne supportera pas la fin de la gloire, et lui aussi regarde sans cesse ses chefs d'oeuvre d'autrefois, reproduisant encore et toujours les mêmes gestes. Malgré pas mal de films qui m'ont déplu (Alice était à vomir), j'aime beaucoup le travail de Tim Burton et je dois dire qu'il a parfaitement réussi ce film. Je le trouve un peu moins profond que Sunset Boulevard, mais Tim Burton n'avais pas les mêmes objectifs (d'autant que Ed Wood est un film drôle, ce qui change tout !). Les acteurs sont tout simplement merveilleux. Tous. Martin Landau est merveilleux. Ils sont tous merveilleux.

Le gone du chaâba (Christophe Ruggia, 1998)
Je suis tombée sur le DVD par harsard à la bibliothèque francaise lorsque je préparais mon cours de francais. Comme une des lecons du livre que j'allais traiter se basait principalement sur un autre film d'Azouz Begag, je me suis dit que l'occasion était trop belle, et j'ai embarqué le DVD. Nous l'avons regardé à raison de 20mn par jour lors de la première semaine.
Je découvrais le film en même temps que mon élève, mais j'avais lu le livre. Il y a... pfff... très longtemps (bref, je ne me souvenais d'absolument rien, si ce n'est que j'avais aimé). Je trouve le film très intéressant
. C'est vraiment palpitant de voir, d'entendre. Le rythme et la tonalité n'auraient pas ressorti de la lecture, elle donne une idée plus claire. Ce qui me plaît surtout c'est d'avoir pu voir comment les arabes immigrés se voient eux-mêmes (au moins en 1998). C'était un bon film pour faire découvrir un aspect de la France, même si j'ai peur que mon élève n'aie pas tout compris (il a surtout vu des pères qui passent leur temps à donner des taloches à leurs gosses, qui leur imposent la circoncision comme une torture et des gamins qui sont nuls à l'école et se tabassent dans la cour de récré). Disons que moi, je voyais très bien où Azouz Begag voulais en venir, et qu'en plus je connais assez bien la Guerre des boutons pour savoir que c'était exactement la même chose partout. Et je connais aussi ce petit "quelque chose" de l'imaginaire collectif francais qui est si difficile à faire passer (et que Azouz Begag magne parfaitement). Et j'ai essayé de le lui faire comprendre.

Et après ?

Dans mon lecteur MP3 attendent déjà Peter Pan, Ulysse, Dracula... Je vais être triste quand mon test d'anglais sera passé...

* Contrairement à ce que ma phrase pourrait laisser penser, je suis au courant que Pinoccio et Candide ne sont pas de la littérature américaine.
** Bela B est le nom du batteur/chanteur de Die Ärzte. Qui est mon groupe préféré de la vie, pour ceux qui suivent pas. Et oui, il s'appelle Bela B à cause de Bela Lugosi.

lundi, 07 octobre 2013

France Culture

Ce week-end, ayant envie d'écouter la radio en faisant à manger et en ayant franchement marre du blabla de la radio allemande, j'ai allumé France Culture sur internet et je suis tombée en plein dans le week-end "spécial Proust" (les 100 ans de la publication de Du côté de chez Swan).

Ce soir, en rentrant, je réallume France Culture et je tombe en plein dans la semaine "spéciale Stanley Kubrick".

Décidemment ! Je vais écouter France Culture plus souvent !

lundi, 16 septembre 2013

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces 8 dernières semaines ?
Le volume de lecture est au plus bas. Mais cela dit, je le fais exprès.

La Divine comédie : Le Paradis, Dante
J'ai bien aimé cette première partie de la Divine Comédie, je la trouve à la fois très osée, politique, historiquement marquée aussi.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

La Divine comédie : Le purgatoire
J'ai plus de mal avec cette deuxième partie, dans laquelle il n'est question que du bonheur de voir le paradis, c'est un peu ennuyeux.

Qu'est-ce que j'ai vu ces 8 dernières semaines ?

Training Day (Antoine Fuqua, 2001)
J'ai un peu du mal à savoir si ce film est un chef d'oeuvre ou... Non, non, non. Rectification : ce film EST un chef d'oeuvre. Je pense sincèrement qu'il passera à la postérité, contrairement à bieeeeeen des films dont les critiques ont pu applaudir la sortie. Je ne sais pas si le film a été applaudis à sa sortie. Pour ma part je n'en avais jamais entendu parler. Mais depuis que je l'ai vu, je l'ai déjà entendu citer comme référence par des critiques us influents.
Mais tout de même, il y a quelque chose qui me déplaît terriblement dans ce film, même si je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Je crois que c'est juste une question d'esthétique, peut-être de rythme, je ne sais pas. Mais superbe intrigue, incroyablement orchestré, au détail prêt. Si vous avez les nerfs accrochés et que vous n'êtes pas trop du genre choquable, je ne peux que vous le recommander.

Aladdin und der König der Diebe ("Aladdin et le roi des voleurs") (Wald Disney :  Tad Stones, 1996)
Moi je dis que faire une chose pareille d'Aladdin - nan mais ALADDIN, quoi !!! -, ca devrait être puni par la loi. De la prison à vie, au minimum.

Sie sind jung und brauchen das Geld ("Zack et Miri font un porno") (Kevin Smith, 2008)
CE film m'avait déjà fait de l'oeil à sa sortie en salle. En Allemagne venait de sortir aussi "Pornorama", dont l'idée était assez proche. "Pornorama", j'étais même allée le voir (seule... c'est bizarre). C'était un très très bon film. Et pas seulement parce que je suis in love avec Karolina Herfurth (même si c'est l'unique raison pour laquelle je suis allée le voir). "Pornorama" fourmillait de bonnes idées, de références cinématographiques, et maintenait un certain niveau intellectuel.
Zack et Miri... c'est autre chose. Le principe de l'intrigue reste le même : le tournage d'un film pornographique. Mais à part la parodie de Star Wars, qui m'a d'ailleurs vraiment beaucoup fait rire, le niveau artistique du film est vraiment... disons... plus bas (je ne veux pas dire "nul", c'est pas poli). C'est une comédie romantique américaine, avec sa structure complètement prévisible, ses clichés romantiques à se fracasser la tête contre un mur (franchement, on aurait pu espérer un chouilla plus d'un film qui oh ! scandale ! ose aborder un sujet sexuel (shocking !)). Mais c'est drôle. Si, si, franchement, c'est drôle. Je ne regrette pas.

Pacific Rim (Guillermo del Toro, 2013)
Il était question d'aller au cinéma. La condition était d'aller voir un film en 3D. Ca commencait déjà mal, ca voulait dire qu'on devait aller au gros cinéma de blockbusters (Oh, regardez, dans le petit ciné indépendant en face, y'a "France Ha", ca vous dit pas ?) et qu'on avait le choix entre les Schtroupfs et deux films d'actions débiles (Hum, vous êtes vraiment sûrs que vous voulez pas aller voir "France Ha" ?).
Du coup, quand j'ai vu "Guillermo del Torro" comme réalisateur de l'un des deux films, je me suis dit qu'il y avait une toute petite chance que ce soit un faux mauvais film, et qu'on se trouve en fait avec un truc au scénario un peu élaboré.
Et bien au final... ben non. Guillermo del Torro a fait un film de merde. C'est bien triste mais c'est comme ca. (Vous voulez pas qu'on se regarde "Le Labyrinthe de Pan" la prochaine fois, au lieu d'aller au cinéma ?)

Trance (Danny Boyle, 2013)
C'est... hum... disons "ok".

Pain and Gain (Michael Bay, 2013)
Il y a franchement des trucs qui m'ont beaucoup plu dans l'histoire. Mais, helas helas, Hollywood est un buldozer implacable...

Doit-on le dire ? Labiche et Duru (Comédie Francaise, 1978)
La station Champbaudet, de Labiche et Marc-Michel (Comédie Francaise, 1972)
Que dire ? J'ai un nouveau lecteur DVD, j'en profite.

Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!

The Devil Wears Prada (David Frankel, 2006)
Ma drogue habituelle, je ne me lasse JAMAIS de ce film. (Et comme je connais par coeur, l'avantage c'est que je peux faire autre chose en même temps.)

Hotel Rwanda (Terry George, 2004)
Ce film figurait depuis longtemps sur ma liste des films à voir absolument, parce que je me disais que j'allais adorer. Et je ne me suis pas trompée, ce qui n'est pas étonnant vu que ce film ne peut que plaire. En plus c'est une histoire vraie (et j'aime les histoires vraies), ca permet à quelqu'un d'aussi ignorant que moi de comprendre les tenants et les aboutissants du génocide au Rwanda, et ca se passe en Afrique (et j'ai un faible pour les langues d'Afrique, pidgin ou non). Je savais que j'aurais droit à une Liste de Schindler version Afrique, mais en fait c'est bien plus que cela. L'hommage rendu aux prètres, aux soeurs et aux engagés de la Croix Rouge est touchant (et sans doute mérité).



Nan mais quel film MER-VEIL-LEUX !

Et si on vivait tous ensemble (Stephane Robelin, 2012)
Une coopération franco-allemande comme ca, c'était dur d'y résister. Déjà à sa sortie je me tâtais.
Je ne suis pas une fan de Guy Bedos, ni de Claude Rich, ni même de Jane Fonda... mais bon, DANIEL BRÜHL quoi, comment y résister ? Et Daniel Brühl qui parle francais ! Nan, pas possible, il fallait voir ca.
Enfin un film très francais, avec une réflexion sur ce que c'est que la vieillesse. On peut critiquer le cinéma francais, trouver que les sujets de réflexion sont un peu répétitifs, tout ca, mais HEY ! ca veut dire qu'il y a une "réflexion", c'est déjà plus que 90% de la production étrangère, reconnaissons au moins ce point !
Ce n'est pas un film inoubliable, mais la fin est très très réussie (c'est rare). Rien que pour la fin, le film vaut le détour. Et c'est sympa, on ne se sent pas agressé à chaque image (sauf si on n'aime pas Guy Bedos, là oui, c'est un peu agressant...).
Daniel Brühl, en étudiant allemand qui fait sa thèse à la Sorbonne, est criant de vérité. Pour la bonne raison qu'il joue à peu prêt son propre rôle, et que ca lui réussit bien. Il a l'air de ne pas vraiment maîtriser ce qui se passe autour de lui, sans doute qu'il était exactement autant perdu au milieu de la team francaise qu'un Erasmus qui débarque à la fac.

Daniel+Bruhl+Guy+Bedos+Et+Si+Vivait+Tous+Ensemble+rzOMQaBJjcfl.jpg

Carnage (Roman Polanski, 2011)
La sortie du film en Allemagne a fait un tolé pas possible. Tout le monde criait au génie, et comme c'était drôle, et comme c'était original. Oui, que je pensais, c'est une pièce de théâtre francaise, on sait faire ce genre de choses. Je ne connaissais pas la pièce, mais je dois dire que le "passage" en américain m'a un peu gêné. C'est tout à fait personnel, c'est juste que je passais mon temps à retraduire dans ma tête de l'anglais au francais, en me disant à quel point ca sonnait mieux en version originale. Les deux couples décris sont aussi très francais, et américanisés un peu artificiellement. La post-68arde version américain... non c'est pas pareil, quoi ! Le cynique post-nietzschéen aussi, ca colle pas vraiment. Bref, j'avais un peu du mal à croire à Kate Winslet, même si elle s'est donné beaucoup de mal.
Le format "pièce de théâtre" est vraiment dur à effacer. C'est un genre très codé et artificiel (que J'ADORE, j'adore le théâtre, je pense qu'il n'y a aucun doute là-dessus), et finalement, ca passe assez bien au style de Roman Polanski, qui n'est de toutes facons pas très mainstream.
Je suis très curieuse maintenant que je l'ai vu de savoir comment le public dans la salle de ciné a bien pu réagir. Est-ce que toute la salle s'est mise à rigoler ? Parce que c'est terriblement drôle, mais c'est tellement grincant que... je n'arrive pas vraiment à imaginer. J'ai l'habitude du public allemand qui se bidonne allègrement en groupe, mais on ne peut pas se "bidonner" sur du Yasmina Reza. Je suis vraiment perplexe.

lundi, 02 septembre 2013

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(si toute ma famille s'y met, LinguistList va rentrer au CAC40)

lundi, 22 juillet 2013

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces 4 dernières semaines ?

Au départ, j'avais prévu d'être sérieuse et de ne rien lire, puis un coupage d'internet m'a obligée à aller lézarder au bord de la piscine. J'ai réussi à trouver sur mon ordinateur quelques lectures audio qui traînaient. Et maintenant que je suis lancée, même si internet est de retour, ca va être difficile de s'arrêter...

Coquecigrues : Homuncules, Jules Renard

J'ai déjà lu du Jules Renard plus enthousismant. Mais c'est des nouvelles, c'est pas mon genre préféré de toutes facons.

Eugène Onéguine, Alexandre Pouchkine

Je crois que c'est un opéra que j'avais dû voir il y a fort fort longtemps qui s'intitulait Eugène Onéguine. Et je n'avais rien compris, mais alors vraiment rien. C'était sans doute non-soustitré, c'est en tout cas la seule explication que j'y vois. L'histoire n'a rien d'extraordinaire, c'est juste romantique et même pas vraiment long. L'écriture (ou la traduction) ne m'a pas emballée. Le rythme est un peu étrange, le narrateur va sans arrêt d'aant en arrière, c'est sans doute la seule originalité de l'oeuvre. Ou alors il a été très copié, je ne m'y connaît vraiment pas.

Les Filous, le Marquis de Sade

Y'a des choses que j'aime beaucoup chez sade, et d'autre que j'aime moins.
Ca, j'aime moins.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

La divine Comédie - L'Enfer, Dante

J'avais la Divine Comédie qui traînait depuis des siècles dans mon ordinateur, et j'étais tellement persuadée que j'allais m'ennuyer à périr à écouter cette chose (un poème interminable, fuyons ! (J'ai été traumatisée par Victor Hugo)) que je n'y avais jamais touché. Mais là, il n'y avait vraiment plus rien à me mettre sous la dent...

Et finalement, dès que Virgile est arrivé (pour ceux qui connaissent pas, c'est quand même assez au début), j'ai accroché à l'histoire, et j'ai continué avec plaisir. La version audio a le défaut de ne pas pouvoir consulter de notes pour savoir qui sont tous ces gens qui croupissent aux Enfers, mais j'ai une encyclopédie vivante sous la main, ca m'aide un peu (n'est-ce pas frérot ?).

On entendait monter de toutes parts des plaintes ;
pourtant, je ne voyais personne autour de nous,
et j'arrêtai mes pas, assez déconcerté.

Je crois qu'il avait cru que je croyais sans doute
que tant de tristes voix qui sortaient de ces troncs
venaient de quelques gens qui se cachaient de nous,

car il finit par dire : « Il suffit de casser
une branche quelconque de n'importe quel arbre,
pour mieux te rendre compte à quel point tu te trompes. »

Lors je tendis un bras pour en faire l'essai
et je pris un rameau d'un énorme sorbier.
« Pourquoi me fais-tu mal ? » cria soudain le tronc.

Je vis presque aussitôt couler un sang noirâtre
et il continuait : « Pourquoi me déchirer ?
Ton cœur serait-il donc à ce point endurci ?

Nous fûmes des humains, qui sommes des chicots,
et ta main aurait dû se montrer plus clémente,
même si nous étions des âmes de serpents ! »

Qu'est-ce que j'ai vu ces quatre dernières semaines ?

Astérix chez les Bretons (Pino Van Lamsweerde, 1986)
Astérix et la surpise de César (Gaëtan et Paul Brizzi, 1985)
Astérix et Cléopâtre (René Goscinny et Albert Uderzo, 1968)

Je suis en vacances et j'ai une nièce.

Et après ?

On verra.

dimanche, 07 juillet 2013

Faut rigoler

Je n'avais pas été assez rapide la première fois pour vous en parler, mais à mon grand bonheur, les Guignols ont repassé Kaira Shopping. Pour regarder ce sketch, c'est ici et c'est l'émission du 26 juin dernier à 3mn40.

Nakhdine, Abdel Brice et le Nain, grandioses. C'est le meilleur sketch des Guignols depuis la fin des élections presidentielles...

lundi, 24 juin 2013

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces 9 dernières semaines ?

Sodome et Gomorrhe, Proust
Quand M. de Charlus ne parlait pas de son admiration pour la beauté de Morel, comme si elle n’eût eu aucun rapport avec un goût — appelé vice — il traitait de ce vice, mais comme s’il n’avait été nullement le sien. Parfois même il n’hésitait pas à l’appeler par son nom. Comme, après avoir regardé la belle reliure de son Balzac, je lui demandais ce qu’il préférait dans la Comédie Humaine, il me répondit, dirigeant sa pensée vers une idée fixe : « Tout l’un ou tout l’autre, les petites miniatures comme le Curé de Tours et la Femme abandonnée, ou les grandes fresques comme la série des Illusions perdues. Comment ! vous ne connaissez pas les Illusions perdues ? C’est si beau, le moment où Carlos Herrera demande le nom du château devant lequel passe sa calèche : c’est Rastignac, la demeure du jeune homme qu’il a aimé autrefois. Et l’abbé alors de tomber dans une rêverie que Swann appelait, ce qui était bien spirituel, la Tristesse d’Olympio de la pédérastie. Et la mort de Lucien ! je ne me rappelle plus quel homme de goût avait eu cette réponse, à qui lui demandait quel événement l’avait le plus affligé dans sa vie : « La mort de Lucien de Rubempré dans Splendeurs et Misères. »

Il semble que l'homme de goût était Oscar Wilde, qui n'est certainement pas le moindre des modèles au personnage de Charlus.
Mais passons sur Sodome et Gomorrhe, que je commence à connaître par coeur, et qui se dispute la première place avec Du côté de Germantes au top du top de Proust.

Et continons sur notre lancée.

La Prisonnière, Proust
La Prisonnière est le plus difficile roman pour moi de toute la grande série. Le plus difficile, parce que très éprouvant. je souffre une torture de la manière dont le narrateur traite la pauvre Albertine.

Je vais anticiper un peu, mais j'ai été très étonnée de ne pas trouver une seule allusion à cela dans tout le cours portant sur "Morales de Proust". Pas un intervenant non plus n'a abordé le sujet. C'est vraiment pourtant la cruauté que je ne pardonne pas au narrateur et qui bouleverse complètement le personnage.
Si j'imagine le personnage sans La Prisonnière et Albertine disparue (ce qui était le plan original de Proust, puisque l'histoire d'Albertine a été rajoutée en dernier), l'objectif change du tout au tout. C'est d'ailleurs la seule intrigue dans laquelle le narrateur n'est pas simplement passif.

Albertine disparue, Proust
La vie a pris en effet soudain, à ses yeux, une valeur plus grande, parce qu’il met dans la vie tout ce qu’il semble qu’elle peut donner, et non pas le peu qu’il lui fait donner habituellement. Il la voit selon son désir, non telle que son expérience lui a appris qu’il savait la rendre, c’est-à-dire si médiocre ! Elle s’est, à l’instant, remplie des labeurs, des voyages, des courses de montagnes, de toutes les belles choses qu’il se dit que la funeste issue de ce duel pourra rendre impossibles, alors qu’elles l’étaient avant qu’il fût question de duel, à cause des mauvaises habitudes qui, même sans duel, auraient continué. Il revient chez lui sans avoir été même blessé, mais il retrouve les mêmes obstacles aux plaisirs, aux excursions, aux voyages, à tout ce dont il avait craint un instant d’être à jamais dépouillé par la mort ; il suffit pour cela de la vie. Quant au travail — les circonstances exceptionnelles ayant pour effet d’exalter ce qui existait préalablement dans l’homme, chez le laborieux le labeur et chez l’oisif la paresse, — il se donne congé.
Je faisais comme lui, et comme j’avais toujours fait depuis ma vieille résolution de me mettre à écrire, que j’avais prise jadis, mais qui me semblait dater d’hier, parce que j’avais considéré chaque jour l’un après l’autre comme non avenu. J’en usais de même pour celui-ci, laissant passer sans rien faire ses averses et ses éclaircies et me promettant de commencer à travailler le lendemain.

À la recherche du temps perdu: le roman de la procrastination.

Je n'avais jamais terminé Albertine disparue. Tout comme la Prisonnière, on aborde là la partie qui m'est la plus difficile. J'en veux au narrateur tout au long des pages (un intervenant du cours dont je parlerai plus bas faisait remarquer l'inversion incroyables des valeurs morales de la société depuis le temps de Proust: l'homosexualité est la pire des hontes et quasi impardonnable, et la pédophilie une petite faute mineure sur laquelle on plaisante entre connaisseurs).

Le Temps retrouvé, Proust
Et enfin vient le temps retrouvé, la révélation absolue.

Enfin, dans une certaine mesure, la germanophilie de M. de Charlus, comme le regard de Saint-Loup sur la photographie d’Albertine, m’avait aidé à me dégager pour un instant, sinon de ma germanophobie, du moins de ma croyance en la pure objectivité de celle-ci et à me faire penser que peut-être en était-il de la haine comme de l’amour, et que, dans le jugement terrible que porte en ce moment même la France à l’égard de l’Allemagne, qu’elle juge hors de l’humanité, y avait-il surtout une objectivité de sentiments, comme ceux qui faisaient paraître Rachel et Albertine si précieuses, l’une à Saint-Loup, l’autre à moi. Ce qui rendait possible, en effet, que cette perversité ne fût pas entièrement intrinsèque à l’Allemagne est que, de même qu’individuellement j’avais eu des amours successives, après la fin desquelles l’objet de cet amour m’apparaissait sans valeur, j’avais déjà vu dans mon pays des haines successives qui avaient fait apparaître, par exemple, comme des traîtres — mille fois pires que les Allemands auxquels ils livraient la France — des dreyfusards comme Reinach avec lequel collaboreraient aujourd’hui les patriotes contre un pays dont chaque membre était forcément un menteur, une bête féroce, un imbécile, exception faite des Allemands qui avaient embrassé la cause française, comme le roi de Roumanie ou l’impératrice de Russie. Il est vrai que les antidreyfusards m’eussent répondu : « Ce n’est pas la même chose. » Mais, en effet, ce n’est jamais la même chose, pas plus que ce n’est la même personne, sans cela, devant le même phénomène, celui qui en est la dupe ne pourrait accuser que son état subjectif et ne pourrait croire que les qualités ou les défauts sont dans l’objet.

(Je suis un peu obnubilée par le choc de culture, je sais...)

Le Temps retrouvé : le chiffre qui décode des 2500 pages précédentes (j'ai pas compté, mais ca doit bien tourner dans ces eaux-là). L'illumination ultime. Un bonheur absolu de voir Proust relier les fils épars du roman les uns aux autres. Sans oublier le bal qui clôture le roman et qui est un bijou.

C'est là aussi que Proust disserte vraiment littérature et explique dans les moindres détails sa vision du roman. En Prépa, le Temps retrouvé faisait partie de la sacro-sainte liste de lecture. Mais je ne pouvais vraiment pas me décider à commencer par la fin. Je ne le regrette que dans la mesure où ce bouquin aurait suffit à alimenter toutes mes compositions de littérature (et sans doute de philosophie) à lui tout seul. Mais aurais-je compris ? Il me semble que mes co-détenus n'ont rien compris à ce qui se passait. Comment aurait-ils pu ?
Antoine Compagnon a prononcé dans un de ses cours cette phrase que je me suis empressée de noter tant elle me paraissait décrire exactement ce que j'avais ressenti en lisant le dernier tome. "C'est ce savoir-vivre appris dans le livre que l'on réinverstit dans le livre." Je revois très exactement cette scène, où une jeune femme assure que Gilberte de Saint-Loup est cousine des Germantes par sa mère, De Forcheville. En lisant cela, j'ai été prise d'un agacement parfaitement réel contre cette pauvre idiote qui osait débiter des inepties pareilles, qui plus est un outrage postume au pauvre Robert dont j'avais subitement envie de défendre la mémoire bec et ongles. Proust sait très bien ce qu'il fait en écrivant cette scène. Quel génie faut-il avoir pour arriver au bout de sept tomes à nous faire réagir de la sorte pour une question d'étiquette et de généalogie relative à des gens qui n'ont même pas existé, même chez moi qui me fout de la généalogie des derniers nobles du Faubourg Saint Gernain comme d'une guigne. Chapeau bas, Proust, pari réussi.

La Recherche du temps perdue est donc terminée. Avant de passer à la suite, un internède musicale avec la sonate de Franck, qu'on prétend être le modèle de la sonate de Vinteuil.

Essuyez vos larmes ; Proust, c'est pas encore fini.

Proust, mémoire de la littérature (Cours du collège de France 2006-2007), Antoine Compagnon
Une fois La Recherche terminée, je ne pouvais décemment pas passer à autre chose. Je n'avais qu'une envie, c'est d'en apprendre encore un peu plus sur Odette, sur Gilberte, sur le Comte de Charlus, sur le Prince de Germantes... Par bonheur, la chaire de littérature du Collège de Farnce est occupée par un proustien, Antoine Compagnon, qui n'en finit pas de parler de Proust. Son premier cours parlait de Proust, de mémoire et de littérature.

J'ai donc appris (pour faire bref) que je devais absolument lire:
- Les mémoires de Saint Simon
- Les Lettres de Madame de Sévigné
- Leconte de Lisle
- Sesam et les lis de Ruskin
Si je veux avoir la moindre idée de ce dont parle Proust.

Morales de Proust (Cours du collège de France 2007-2008), Antoine Compagnon
Puis, je me suis attaquée à Proust et à la morale. Très philosophique, tout ca.

Par conséquent, il faut aussi que je lise
- Bergson (et Jankelewitch)
- Peguy (j'ai jamais lu de Péguy, la honte !)
pour ne pas mourir dans l'ignorance la plus profonde des choses de ce monde.

Séminaire sur "Morales de Proust"
Plein de conférenciers invités qui traitent un aspect de la question.

Proust en 1913 (Cours du Collège de France 2013), Antoine Compagnon
J'ai pu découvrir la manière dont Antoine Compagnon "relit" Du côté de chez Swann.

Pour comprendre quelque chose à Marcel Proust, il est donc indispensable de lire de toute urgence:
- Marcel Proust, de Ernst Robert Curtius
- Biographie de Proust, de Jean-Yves Tadier
- les travaux de Antony Piou sur la croissance de la Recherche
- la Correspondance de Proust en 21 volumes chez Plon

Séminaire sur "Proust en 1913"
Là encore, des conférenciers qui racontent "leur" lecture de Proust. Un peu décue de l'intervention d'Annie Ernaux (un de mes mythes personnels, cette femme). Un bijou: la lecture du député Paul Giacobbi (ils savent bien parler, ces gens, y'a pas à dire). Lui aussi, il adore Du Côté de Germantes, qu'il trouve extrèmement comique (je me tue à l'expliquer aux gens, que Proust c'est super drôle, et personne ne veut me croire).

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?
Rien. Enfin si, des tas d'articles passionnants sur l'analyse HPSG de la flexion des verbes.

Qu'est-ce que j'ai vu ces neuf dernières semaines ?

Dâjerehe zangi ("Tambourine", Parisa Bakhtavar, 2008)
J'adore ce film. Parisa Bakhtavar est une génie. Et je suis amoureuse de Mehran Modiri.

Argo (Ben Affleck, 2012)
Je suis au regret de devoir dire que Ben Affleck a fait un film pas trop mal. Et même réussi à pas trop mal jouer le rôle principal. Argh.
Je suis particulièrement bluffée par tout le générique et l'invasion progressive du bâtiment de l'Ambassade des Etats-Unis. C'est vraiment une superbe scène. Tout le reste du film, l'ambiance est très efficace et on reste vraiment sur les nerfs du début à la fin. Du très bon Hollywood... Après ca, une intrigue tellement américanisée qu'on espèce que les vrais protagonistes de l'histoire se servaient correctement de leur cerveau. Ce qui a sans doute été le cas, sans quoi toute l'histoire n'aurait pas aussi bien fonctionné. L'intrigue est tellement prévisible et les ressorts dramatiques tellement évidents et sans originalité que je pense sincèrement que le vainqueur de l'Oscar est ce fameux Agent de la CIA lui-même, et que tout ca n'a rien à voir avec le film.

The Devil Wears Prada (David Frankel, 2006)
Ce film est une drogue.
Je vous jure, hein, ca m'a pris tout d'un coup, comme d'une envie de gâteau.

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(et Meryl Streep est la femme la plus classe du monde entier)

Barbie Mariposa (Conrad Helten, 2008)
Je n'arrive même pas à croire qu'on ait réussi à me faire regarder ce truc. Je tiens à préciser que je n'étais pas consentante.

Ich - Einfach unverbesserlich ("Moi, moche et méchant", Pierre Coffin et Chris Renaud, 2010)
Ah ben voilà. Ca au moins c'est un dessin annimé qu'il est bien !
(Bon, on a deviné la fin dès le début, mais c'est un dessin animé, ca compte pas.)

Et après ?

Aucune idée.