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mercredi, 05 février 2014

Le progrès technique est un acteur extraordinaire, ne serait-ce que les économies d'énergie qui vont être un acteur extraordianire de l'environnement. [...] [Le progrès technique] est plus la solution que le problème. Nettement plus la solution que le ...

Jacques Attali :

Le progrès technique est un acteur extraordinaire, ne serait-ce que les économies d'énergie qui vont être un acteur extraordianire de l'environnement.
[...] [Le progrès technique] est plus la solution que le problème. Nettement plus la solution que le problème puisqu'il s'oriente dans la bonne direction. Mais le vrai changement, il sera dans le comportement humain. Si demain matin, de facon volontaire (parce que je crainds qu'un jour ca n'arriva de facon totalitaire) l'Humanité était toute entière végétarienne, ce qui a mon avis sera vraiment le grand changement de comportement, eh bien une grande partie des problèmes du climat serait réglée, parce qu'on consommerait infiniment moins d'eau, que les émissions de méthane par les animaux auraient disparu. Et il vaut mieux chercher la solution dans le végétarianisme qui est un mode de vie extrèmement serein, paisible et positif que par des taxes diverses qui n'ont d'impact qu'à très court terme. Donc je pense qu'il faut regarder le problème dans cette dimension-là.

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mardi, 28 janvier 2014

Quand vous regardez la production agricole du monde...

Hervé Le Bras :

Quand vous regardez la production agricole du monde, elle a crû en volume plus rapidement que la population depuis 50 ans. On a actuellement en part de production agricole pratiquement 40% de plus de nourriture potentielle qu'on avait il y a 50 ans.
Simplement, tout dépend du mode de consommation, de l'utilisation de la production agricole. Si vous êtes végétarien, on peut actuellement nourrir 11 milliards d'habitants avec la production agricole. Mais on n'est pas végétariens, on mange des animaux. [Et de plus en plus !] Mais maintenant, il n'y a plus de près. Tous les animaux supplémentaires qu'on élève sont nourris avec la production agricole. Et dans ce cas-là il y a une perte très importante, selon le type d'animal. Disons en moyenne : quand vous donnez 8 calories à un animal, vous n'en récupérez en nourriture que une calorie en viande ou en produits animaux. Ce qui veut dire que si on ne mangeait que de la nourriture animale, on pourrait nourrir actuellement seulement 3 milliards d'habitants. Et si on mangeait tous comme les Francais à l'échelle du monde, on nourrirait seulement 4,5 milliards d'habitants. Donc tout dépend non pas de l'importance de la population comparée à l'importance de la production agricole, mais du mode d'utilisation de cette production agricole.
J'ajoute que viennent en concurrence actuellement les biocarburants dont la part dans la production agricole croît très rapidement. Donc on entre dans une aire où la nourriture n'est plus quelque chose de spécialisé, mais un produit généraliste qui va entrer sur tous les marchés : le marché de l'énergie, le marché des matières plastiques (on pense qu'à peu près la moitié des matières plastiques seront produites à partir de riz et de produits qui résultent de l'agriculture).

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lundi, 27 janvier 2014

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces deux dernières semaines ?

Japon, peuple et civilisation, sous la direction de Jean-Francois Sabouret

Une intéressante vue d'ensemble sur le Japon. La partie sur les arts est un peu restreinte et parle peu de l'influence du Japon sur l'extérieur. Une petite phrase qui évoque les manga, à peine. Ca me semble un peu peu (je veux bien que la littérature japonaise ne se limite pas au manga, mais quand même, ce n'est pas comme si c'était un épiphénomène...).

Un article très intéressant sur les Burakumin m'a permi de bien mieux comprendre l'enjeu de Kamui Den. J'avais trouvé un peu anachronique ce communisme transporté en période Edo. J'ai compris qu'en fait, la survivance du système de caste est encore très présent au Japon, et qu'il s'agissait d'un enjeu majeur des communistes dans les années 70. C'était donc anachronique en tant que reconstitution historique, mais d'actualité...

En 1871, les descendants des parias obtiennent leur liberté et sont "catégorisés" sur les registres d'état civil comme "nouveaux citoyens". Paradoxalement, la libération a un effet négatif sur leur sort : ils perdent le monopole des métiers du cuir, s'appauvrissent très rapidement, subissant de surcroît la haine des Japonais "ordinaires". Pourtant, rien ne distingue les gens issus des buraku des Japonais "ordinaires" : l'apparence physique, les noms, les moeurs, les croyances, la langue sont les mêmes. C'est pourquoi on a pu parler à leur propos de "race invisible du Japon".
[...] Dans les années 70, des annuaires (
chimei sokan) circulaient qui renseignaient les employeurs sur l'évolution de la toponymie des guettos. Officiellement, les annuaires sont interdits, mais qui peut en interdire la circulation sous le manteau, ou mieux, celle des répertoires électroniques ? Bien des carrières ont été brisées, des mariages rompus, des familles déchirées par une telle révélation. Souvent les Burakumin sont les victimes désignées de la vindicte.

Le fait du Prince, Amélie Nothomb

En fait, comme la moitié des romans d'amèlie Nothomb se passent au Japon, j'avais une chance de rester dans ma thématique. Mais en fait non. D'ailleurs, j'avais déjà lu Le fait du Prince, même si je ne m'en rappelais pas du tout. Pas son meilleurs d'ailleurs.

On a beaucoup beaucoup parlé à la sortie du livre des beuveries au champagne du livre. On aurait pu croire que le livre n'était qu'un long dialogue de deux personnes qui boivent du champagne jusqu'à en mourir. Ce n'est pas du tout le cas. Plutôt un espèce de policier sans enquête policière (Amélie Nothomb est géniale, même quand son livre est mauvais). Et une réflexion sur... le luxe... ou quelque chose dans le style

Ici, les visites au musée de Baptiste, le narrateur.

Si ma mère n'était que convulsions face à ces vieilleries, mon père, d'après moi, simulait. Il regardait ce fatras avec une politesse absente sauf quand il lisait à voix haute le commentaire muséal. J'en eus la preuve à l'âge de dix ans, comme nous parcourions une exposition d'art primitif. Dans un coin, il y avait d'ignobles bâtons incrustés de couleurs moches. Papa s'approcha de cette laideur, peut-être intrigué qu'on puisse l'exposer. Il lut tout haut l'explication : "Îles Samoa, étais sculptés. Julie, Baptiste, venez voir." Et il ajouta, sans ironie ni second degré : "Remarquables, ces étais sculptés."
Je me rappelle avoir échangé avec ma soeur un regard consterné. Il avait parlé comme le professeur Mortimer de la bande dessinée d'Edgard Pierre Jacobs quand il visite le musée du Caire. Il récitait un rôle.
En vérité, dans les musées, mon unique centre d'intérêt était le comportement de mes parents. Et leur commentaire, invariable, au retour, en voiture : "Ca fatigue, ces expositions, mais on est contents que les enfants l'aient vue. Baptiste l'a trouvée magnifique." La culture repose sur un malentendu.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Tokyo Sisters. Dans l'intimité des femmes japonaises, Raphaelle Choel et Julie Rovéro-Carrez

Pas besoin de vous préciser que je continue dans ma thématiqu Japon. Il s'agit ici si j'ai bien compris de chroniques écrites par ces deux journalistes autour de la vie au Japon (surtout à Tokyo, et surtout des femmes).

C'est fou comme le Japon a des côté extrèmements attirants et des côtés extrèmement repoussants. Je ne sais pas si il y a plus grand comme choc de cultures...

Comme je suis obnubilée par les mariages en ce moment, une description de mariage japonais (ca tombe bien, je suis déguisée en japonaise pour un mariage cet été...)

19 heures : Michiko-san arrive, vêtue d'un superbe kimono, d'une perruque à coiffe dure, le port altier et le regard franc. Dans l'assemblée, on applaudit poliment. Une douce musique d'ascenseur accompagne son entrée.
Conformément aux indications de l'invitation, la soirée est minutée. Le dîner commence à l'heure dite, les discours se font selon la règle : John, le supérieur hiérarchique de la mariée, sera le premier, avant même le père de cette dernière. S'il était besoin de rappeler qu'ici le travail passe avant la famille, c'est chose faite.
[...]19h45 pétantes, c'est l'heure du dessert et surtout le moment tant attendu de la découpe du gâteau. Une mise en scène digne d'un épisode des Feux de l'amour. Les mariés font leur entrée triomphale alors que les rideaux s'ouvrent. La musique wagnérienne bat son plein... sans couvrir pour autant les "hooooooo, haaaaaaaa" de l'assemblée.
Il est 20h15, la fin approche, soro, soro (c'est bientôt l'heure. Comprenez : il faut y aller !). Une ribambelle de petits sacs déferle alors dans la salle. Le nôtre est déposé à côté de notre chaise. À l'intérieur, douceurs et encens, mais, plus surprenant, un superbe catalogue en carton broché de 300 pages photos d'objets en tous genres : vaisselle, réveil, montres, jouets... Tout ce qui est proposé dans la brochure a une valeur identique et représente la moitié de la valeur de notre enveloppe. Il nous faudra donc choisir un cadeau qui sera livré directement par coursier. Je rétorque que, par discrétion, je juge préférable de ne rien commander. Non, surtout pas, ce serait juger que le jeune couple n'a pas les moyens et douter de sa bonne éducation. Encore un faux pas évité !

Bhakti - Der Wandel im Herzen ("Bhakti - Le changement à l'intérieur du coeur"), His Divine Grace A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupâda

Lorsque l'on aime son enfant, et que l'enfant n'est pas là, alors il suffit de voir ses chaussures pour penser à l'enfant.On se dit : "Ce sont les chaussures de mon enfant bien aimé." Il est bien entendu que l'on n'aime pas les chaussures - ce que l'on aime, c'est l'enfant - mais les chaussures éveillent des sentiments de l'amour qu'on a pour son enfant. C'est une démarche semblable qui opère lorsque nous voyons un être vivant. À partir du moment où nous voyons l'énergie de Krishna manifestée dans un être vivant, nous aimons cet être vivant, parce que nous aimons Krishna.
(ma traduction)

Vanity Fair (La foire aux vanités), William Makepeace
Comme j'avais complètement perdu le fil, j'ai repris le livre audio du début. Je comprends plein de choses qui m'avaient échappé la première fois et pour le moment je n'ai pas encore rejoins là où j'en étais. Un très très bon livre, et un anglais pas très évident (mais pas impossibe non plus).

Qu'est-ce que j'ai vu ces deux dernières semaines ?

Porco Rosso (Ghibli: Hayao Miyazaki, 1992)

En apprenant que le prochain Miyazaki allait sortir d'ici quelques jours en France, j'ai eu une terrible envie de combler quelques manques... Porco Rosso en faisait partie. Une histoire super bizarre (le fascisme italien vu par Miyazaki... ca vaut le détour), avec des personnages féminins secondaires (encore que...) très réussis, beaucoup de poésie comme toujours chez Miyazaki (ah la voie lactée !!!), certainement une grande affinitée avec Saint Exupéry.

Ce n'est pas mon Miyazaki préféré, mais encore un chef d'oeuvre du genre...

Sag' kein Wort (Pas un mot...) (Gary Fleder, 2001)

Breackfast with Tiffany (Blake Edwards, 1961)

Dans la série des manques impardonnables à combler, un charmant petit film, qui mérite certainement son status de classique. Je comprends le mythe Audrey Hepburn en la regardant. Adorable, charmante...

breakfastattiffanys2.jpg

(Je ne suis pas très sûre d'être le moins du monde d'accord avec la morale de l'histoire et la tournure des évènements, mais bon...)

Girls - season 1 (Lena Dunham, 2012)

Je n'avais entendu que du bien de cette série écrite par Lena Dunham, qui y joue également le premier rôle. Je n'ai pas été décue. En faisant référence très explicitement à Sex and the city, mais avec des jeunes vingtenaires bien moins glamour et succesfull et avec un regard un peu moins naif sur la vie... (mais toujours un peu naif - on est aux USA, faut pas exagérer).

De toutes facons, au bout de deux minutes, j'étais folle amoureuse du copain chelou de Hannah. Bref, la première saison est passée en un clin d'oeil !

La rafle (Rose Bosch, 2010)

Il paraît que c'est un des premiers films francais qui met directement l'accent sur le rôle de Vichy dans la Shoa, ou disons son zèle dans la collaboration sur la question juive.

Sans être complètement passionnée par le film, je dois donc lui accorder cette première qualité ainsi qu'un très grand effort dans la reconstitution historique (le Vélodrome est un tour de force). Les acteurs sont également vraiment vraiment tous très bons chacun dans leur rôle. Gad Elmaleh est super, Raphaelle Agogué, et évidemment Sylvie Testud (j'ai eu une crise d'angoisse au moment où le personnage de Sylvie Testud se fait "rafler", je suppose qu'elle a fait quelque chose de bien).

(J'ai "découvert" Sylvie Testud il y a relativement peu et je l'aime excessivement.)

Platoon (Oliver Stone, 1986)

Encore un gros manque à combler. Un très bon film certainement, mais après avoir vu Full Metal Jacket, comment voir un autre film sur la guerre du Vietnam ?

Ridicule (Patrice Leconte, 1996)

J'avais un bon souvenir de ce film, vu certainement il y a une bonne dizaine d'année... L'idée du film est certainement très bien trouvée, et j'aime assez Fanny Ardant (c'est un peu comme Fabrice Luccini, elle joue tout le temps seulement son propre rôle, mais j'aime bien ce rôle). Judith Godrèche m'ennuie par contre infiniment, et je n'arrive pas à avoir envie que les deux tourtereaux finissent ensemble (en plus je trouve le vieux monsieur riche qui veut l'acheter très gentil et sympathique).

Nikita (Luc Besson, 1990)

Bienvenue chez les Ch'tis (Dany Boon, 2008)

Je me suis enfin décidée à voir ce film. Ne serait-ce que pour pouvoir dire "J'étais sûre que je n'allais pas aimer. J'ai regardé quand même, et effectivement, je n'aime pas."

Le film n'a pas un grand intérêt cinématographique et les dialogues sont désespérément plats. J'ai juste beaucoup aimé les trois minutes pendant lesquelles Galbru parle (et ca m'a fait rire). MAIS il faut quand même avouer que le film est fait avec beaucoup d'amour. Franchement, Dany Boon y a mis ses tripes, ca se sent. C'est ce qui rend le film sympathique au final.

Enfin, je savais très bien à l'avance que je n'allais pas aimer. J'ai essayé quand même, hein. Mais effectivement, je n'aime pas.

lundi, 20 janvier 2014

La la la la la


Anne Sylvestre - Les hormones Simone von bisonravi1987

lundi, 13 janvier 2014

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces 5 dernières semaines ?

Kamui Den - Tome 1, Sanpei Shirato
Un énorme premier tome pour nous parler du Japon de la période Edo. Une immersion palpitante dans cet univers, abordé dans ses moindres détails : des vêtements à la culture des vers à soie en passant par le financement des dépenses du palais d'Edo, tout y passe. On apprend bien sûr énormement.

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Lui, c'est Kamui, un jeune paria (une des classes les plus basses de la société japonaise de cette époque). Nous sommes tout au début du premier tome et le jeune Kamui va grandir. Des dizaines (peut-être même des centaines ? ce manga est tellement long !) de destins croisés d'hommes et de femmes issus de toutes les couches de la société nous sont présentés sans cesse. Mais les trois principaux sont le jeune paria Kamui, le jeune fils de domestique Shôsuke et le jeune guerrier Ryûnoshin.

Avouons le, le manga est très violent. Le sang coule beaucoup, la torture semble monnaie courante et les guerrier semblent n'avoir envie que de s'entretuer à longueur de journée. Peut-être pas à mettre entre toutes les mains, donc, mais palpitant.

Autobiographie intellectuelle, Paul Ricoeur

Tout ce que je connaissais de Paul Ricoeur me le rendait sympathique. Je me suis dit qu'une biographie intellectuelle serait moins difficile à comprendre qu'un texte de philo pur. Mais il était tellement question de Husserl et de concepts qui me sont parfaitement étranger que je dois avouer que je n'ai pas compris grand chose. J'ai lu bravement du début à la fin et je me suis dépêchée d'aller lire autre chose.

L'enfant de sable, Tahar Ben Jelloun

Difficile de dire de quoi il est question dans ce roman. C'est un conte raconté par différentes personnes, les récits se contredisent, n'ont parfois pas grand chose à voir les uns avec les autres. Je suppose qu'il faut juste avoir envie de se laisser porter par les mots sans trop chercher à comprendre, ou alors s'imaginer sa propre version du conte.

En bref, il s'agit d'Ahmed. Ahmed est le huitième enfant d'une famille comportant déjà sept filles. Le père décide que ce dernier enfant sera un garcon. Ahmed vient au monde sans sexe masculin, ce qui ne change rien à l'affaire. Ahmed sera circoncit, et élevé pour reprendre les affaires de son père. Puis les choses se compliquent.

On devrait prévoir à la sortie de chaque ville un étang assez profond qui recevrait le corps de ces bébés de l'erreur. On l'appellerait l'étang de la délivrance. Les mères y viendraient la nuit de préférence, ligoteraient leur progéniture autour d'une pierre qu'une main bienfaisante leur offrirait, et, dans un dernier sanglot, déposeraient l'enfant que des mains cachées, peut-être sous l'eau, tireraient vers le fond jusqu'à la noyade. Tout cela serait fait au vu et au su de tout le monde, mais il serait indécent, il serait interdit d'en parler, voire d'évoquer le sujet, même par des allusions.
La violence de mon paxs est aussi dans ces yeux fermés, dans ces regards détournés, dans ces silences faits plus de résignation que d'indifférence. Aujourd'hui je suis une femme seule. Une vieille femme seule. Avec mes vingt-cinq ans révolus, je considère que ma vieillesse a au moins un demi-siècle.

Le Miroir de Cassandre, Bernard Werber

Qu'est-ce que j'ai adoré Bernard Werber quand j'étais ado ! Le temps passant, je lui trouve des défauts, un manque de nuance, une écriture un peu plate, des obsessions personnelles qu'il ressasse de livre en livre, une sorte de naiveté. Mais ce sont vraiment des romans pour ados, et même de très bons romans pour ados, peut-être les meilleurs. Je dirais même qu'il est urgent que tous les ados de France lisent Bernard Werber. Très urgent.

En général, Bernard Werber prend pour chacun de ses romans une thématique très large qu'il développe le plus à fond possible et dans toutes ses facettes. La fiction lui permet d'habitude de faire ressortir UNE vérité, une sorte de message du roman. On est dans une fiction et on n'est pas obligé d'y croire. En tous cas, Bernard Werber a vraiment l'air d'y croire sincèrement, c'est une chose qu'on ne peut pas lui retirer.
Mon préféré personnel a été le Cycle des Anges, dont la thématique était la mort.

Pour le Miroir de Cassandre, la thématique principale est le Futur sous toutes ses formes. Bernard Werber aborde en thématique secondaire le traitement des déchets et la condition des SDF, qui sont d'ailleurs intimement liés à la représentation qu'il se fait du futur. Quand à ses grandes idées, je pense que le petit passage qui suit les résume sans autre commentaire.

L'homme en robe noire se lève.
- Merci monsieur le président. Je voudrais attirer l'attention des jurés sur l'importance de ce procès. À travers cette personne issue du passé, c'est toute une génération que nous jugeons aujourd'hui. La génération des années 2000, celle qu'on a appelée par la suite la "génération des égoistes". Ils ont dilapidé toutes les richesses de la Terre pour leurs plaisirs immédiats, sans réfléchir aux conséquences de leurs actes, sans se préoccuper de l'état de la planète qu'ils allaient laisser à leurs enfants.
Des huées montent de la salle. Le juge frappe du maillet pour obtenir le silence. Parmi les jurés, quelques bébés se mettent à pleurer, d'autres sucent bruyamment leur tétine en signe de préoccupation extrême.
- Je ne savais pas, murmure Cassandre.
- La bonne excuse ! Si, bien sûr, vous saviez. Vous saviez même parfaitement. Vos radios, vos télés, les magazines vendus dans vos supermarchés vous tenaient en permanence informée de ce que vous faisiez et de ce que vous pouviez accomplir. J'accuse mademoiselle Katzenberg d'avoir pu changer le monde, d'avoir compris qu'il fallait le changer et de n'avoir rien fait dans une période où tout était encore possible.
[...]
L'avocate se lève.
- Je réclame la clémence pour ma cliente. Elle n'est pas responsable des erreurs commises par les dirigeants de sa génération. Elle n'a fait que vivre parmi des gens inconscients. Ils ne se rendaient pas compte qu'ils assassinaient leur planète.
- Et pourquoi donc, je vous le demande, maître ? réplique le procureur.
- Je ne sais pas, peut-être parce qu'ils étaient obsédés par la recherche des plaisirs à court terme.
- Objection, Votre Honneur. Ce que l'avocate de la défense appelle des plaisirs à court terme, ce sont des satisfactions égoistes qui se sont révélées, nous le savons, destructrices sur le long terme. Et je vais les citer, ces plaisirs à court terme : générer de la pollution avec leurs voitures, ce qui a causé d'empoisonnement de l'air, accumuler des objets inutiles qu'ils jetaient ensuite n'importe où, ce qui a causé l'empoisonnement de l'eau, engendrer des enfants sans limitation des naissances, ce qui a causé la surpopulation, les épidémies et les famines. Ils n'ont pas stoppé les idéologies intégristes alors qu'ils le pouvaient, ce qui a entraîné les grandes guerres destructrices et toutes les atrocités qui se sont ensuivies. Ils ont exterminé sans la moindre pitié toutes les espèces sauvages. Ils ont souillé tout ce qu'ils touchaient au nom du tourisme, de la société de consommation, de ce qu'ils appelaient la croissance économique. Arggh, ces mots m'écoeurent. J'en ai la nausée !
La salle est parcourue d'une rumeur agressive.

Enfance, Nathalie Sarraute

J'ai été emportée par ce récit d'enfance de Nathalie Sarraute. L'écriture m'a comblée, je l'ai trouvée d'une grande beauté, d'une grande pudeur et d'une grande vérité. Pas facile pourtant de faire un récit sincère des milles et un riens de l'enfance après Proust...
J'ai été vraiment très surprise par ce livre dont je n'attendais pas grand chose. J'ai trouvé la trame narrative merveilleusement bien dissimulée sous l'égrenage des souvenirs qui en sont le prétexte.
J'ai dévoré.

Kamui Den - Tome 2, Sanpei Shirato

Ce deuxième tome pourrait être intitulé "la naissance du premier village communiste sous l'aire Edo". Après vérification, "Kamui Den" est né juste après les évènements de Mai 68 (au Japon aussi, oui oui), ce qui explique beaucoup de choses. Notamment ce parfum un peu anachronique d'égalité et de prise de conscience sociale qui souffle dans tout le manga.

Après un premier tome de 1500 pages, on pourrait croire qu'un deuxième tome de 1500 pages commencerait à faire tourner un peu à l'indigestion, mais pas du tout...

Au contraire, l'intrigue un peu naive du premier tome s'affine avec des considérations plus politiques et économiques. Quelques personnages grisés commencent à pointer le bout de leur nez au milieu des gentils très gentils et des méchants horriblement méchants. Les personnages principaux commencent à se poser des questions sur leurs agissements.

J'ai dévoré les 1500 pages suivantes comme j'avais dévoré les 1500 premières et je commence à me dire que je n'ai pas trop envie d'attendre des mois avant de connaître les 1500 suivantes.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Bhakti - Der Wandel im Herzen ("Bhakti - Le changement à l'intérieur du coeur"), His Divine Grace A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupâda

Je n'en suis pas parfaitement sûre, mais il me semble avoir compris que ce livre essaye d'expliquer la doctrine du Bhakti-Yoga...

Le livre s'adresse à un public déjà largement au courant des choses dont il est question. Sa Grace Divine A.C.B.S.P. se réfère aux diverses aventures du cousin de Krishna sans les rappeler, et par conséquent je suis un peu perdue dans les principaux termes techniques. Qu'est-ce qui différencie le bhakta-yoga du sânkhya-yoga, par exemple ? aucune idée...

Ces détails mis à part, le livre se lit comme un livre de sermons d'un prêtre un peu mystique sur les bords. Cela n'a d'ailleurs fait que me conforter dans l'impression que j'avais déjà depuis quelques temps que l'inddouhisme, qui est censé être un polythéisme, est en fait plutôt une forme de monothéisme qui ne dit pas son nom. Dans tout ce que je connais, il n'est question sans cesse QUE de Krishna, cet espèce de Jésus avec des pouvoirs surnaturels un peu plus visibles.

Dans ce livre-là, si je coupe les mots techniques et que je remplace "Krishna" par "Dieu", on dirait quasiment du Saint Augustin.

Bref, c'est assez sympa à lire. Il y a beaucoup de jolies métaphores qu'on a envie de retenir. J'attends de voir les derniers chapitres qui ont l'air un peu plus pratique ("Le yoga pour les temps modernes" me donne envie). En attendant, comme c'est quand même un peu répétitif à la longue, je lis par petites doses entre deux tomes de manga...

Japon, peuple et civilisation, sous la direction de Jean-Francois Sabouret

Ouvrage qui me semblait tomber à pic après le deuxième tome de Kamui Den, histoire de rester dans l'ambiance tout en changeant de registre.

Qu'est-ce que j'ai vu ces 5 dernières semaines ?

Une grande journée prostrée devant mon écran la veille de mon départ en vacances. Il était temps de se reposer...

Indigènes (Rachid Bouchareb, 2006)

Je sortait de toute une chronique radio sur la première guerre mondiale dans laquelle il avait été longuement question des soldats des colonies.

J'ai eu l'impression pendant tout le film d'avoir déjà vu tout ces trucs. Finalement j'ai dû voir le film il y a longtemps et l'oublier complètement.

Adieu Berthe (Bruno Podalydes, 2012)

Sous les Pavés la plage (Jean-Luc Moreau, 2001)

Stupeur et Tremblements (Alain Corneau, 2003)

dimanche, 12 janvier 2014

La la la la

mercredi, 01 janvier 2014

Et comme tous les ans : les bonnes résolutions

L'année 2013 a été un peu étrange, une super année sur le plan personnel, où j'ai fait des tas de rencontres, où j'ai découvert des tas de choses, été dans des tas de situations nouvelles. J'ai été globalement vraiment très heureuse cette année, avec quelques coups de stress pas bien méchants, d'ailleurs j'étais tout le temps de bonne humeur, bref je garderai un bon souvenir de cette année 2013. La seule ombre au tableau, c'est que je n'ai pas du tout l'impression d'avoir été productive ni constructive cette année. J'essaye de me dire qu'il me faut du temps pour mûrir les choses, mais j'avoue que ca me gâche un peu la joie de ne pas être satisfaite du travail effectué.

Donc j'espère sincèrement que l'année prochaine va être fructueuse. Je suppose que ca tiendra beaucoup à moi, à ma capacité à serrer les dents et avancer sans me disperser maintenant que les (bonnes) bases sont posées.

Premier Objectif 2013 : Avoir écrit au moins 50 pages de la thèse

Objectif manqué. Mais alors vraiment, quoi.

Deuxième objectif 2013 : Réussir un test de casse en yop-chagi

Mon objectif réussi de l'année

Troisième objectif 2013 : Intégrale "À la recherche du temps perdu" et intégrale "Comédie humaine"

J'ai vite laissé tomber l'idée de remplir la deuxième partie de l'objectif. Ma la première partie a été un plaisir immense, je pense que je n'ai pas besoin de le répéter.


ET POUR 2014

Cette année, je laisse tomber l'objectif sport habituel. Ce n'est pas vraiment ma priorité, je n'ai pas envie de concentrer mes efforts là-dessus cette année. Je me contenrai d'un vague "ne pas laisser tomber".

Premier objectif 2014 : Objectif trimestriel du doctorat

Je vais me poser tous les débuts de trimestre un objectif de travail, et peut-être découper cela en sous-objectifs mensuels... L'idée étant de vraiment être productive cette année. Sans trop regarder à droite et à gauche, ce qui est un peu mon défaut.

Deuxième objectif 2014 : Avoir fini les derniers aménagements dans l'appart

Histoire de ne pas perdre tout mon temps avec ca. Je prévois de toutes facons depuis longtemps une crémaillère pour mon anniversaire, l'idéal serait donc que tout soit réglé d'ici la fin du premier trimestre.
Les gros chantiers sont:
- la peinture de la chambre
- un gros ordi
- mettre au point un rangement acceptable

Troisième objectif 2014 : Lire 6 livres de la PAL et 1 liste de la Liste d'envie par trimestre

Ce qui contredit un peu mon idée de ne pas m'éparpiller...

lundi, 09 décembre 2013

C'est lundi...

Horreur, malheur ! Je suis retombée dans la lecture et je n'arrive plus à m'arrêter !

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?

Saint Augustin raconté à ma fille et aux Kabyles sceptiques, Moh-Christophe Bilek
Je vais complètement me contredire par rapport à ce que je disais il y a une semaine dans mon commentaire sur Camus. Je suis désolée.

Je ne conaissais rien de Saint Augustin. Même pas ses Confessions, c'est dire que j'ai du retard. Par conséquent, toute information sur saint Augustin était bonne à prendre, et la vision d'un kabyle converti ne pouvait qu'être intéressante.

Il y a pas mal de petites choses formelles qui m'ont déconcertée dans ce livre. Je m'attendais à une lecture personelle de saint Augustin, et je suis tombée sur un ouvrage d'historien, pour sa fille (c'est-à-dire vulgarisé), mais suivant certains codes universitaires. Soit. Pourquoi pas. D'autre part, beaucoup de choses me paraissaient justement très non-universitaires, à commencer par la typographie un peu étrange, le plan que j'avais du mal à suivre, et alors surtout les annexes qui sont un rassemblage pas très clair de plein de choses disparates. Hum.

Donc voilà : ce n'est pas mal fait, mais c'est fouilli. Et je n'ai pas vraiment l'habitude dans un ouvrage scientifique que l'auteur me parle de "notre Rédempteur". Je trouve qu'il y a là un mélange des genres un peu perturbant. mais c'est peut-être comme cela que ca se passe en théologie, c'est possible, c'est un domaine que je ne connais pas du tout.

J'ai donc appris beaucoup de choses, et notamment pas mal de choses qui sont le fruit de recherches scientifiques poussées, et donc pas des évidences. C'est ce qui fait l'intérêt du livre. Le centre de gravité du livre se situe par contre vraiment sur des polémiques quasiment kabylo-kabyles. Pas que ce ne soit pas intéressant de lire tout un chapitre sur l'africanité ou la non-africanité du donatisme ou des démonstrations savantes pour nous expliquer que saint Augustin parlait kabyle, mais ca ne fait pas du livre une introduction très générale à saint Augustin. Ce que le titre annonce déjà, d'ailleurs.

J'ai pas mal aimé la distinction qui suit sur les hérésies combattues par saint Augustin. Voilà un thème que j'aimerais bien approfondir. En dépit des apparances, je n'ai donc pas du tout choisi le texte parce qu'on y parle de l'Iran et du zoroastrisme (ce n'est pas de ma faute si l'Iran est complétement onmiprésent en ce moment), mais parce que le manichéisme et le pélagianisme mettent le doigt sur une chose qui m'a toujours dérangée chez les nouvelles églises très à la mode en ce moment.

Nous l'avons dit plus haut il y eut bien des erreurs et bien des hérésies dès le 1er siècle du Christianisme, dès que la Vérité parut en la personne de notre Rédempteur. Augustin en recense déjà 88, et saint Jean Damascène 100, et il y en eut d'autres.

Nous allons survoler celles, parmi les plus connues, que combattit l'enfant retrouvé de Thagaste.

* Le manichéisme : il s'agit d'une hérésie que connait bien Augustin, puisqu'il avait adhéré à cette doctrine qui prétendait que l'homme avait deux âmes, en gros. L'une étant de substance divine, et l'autre procédant des ténèbres, donc mauvaise. Tu remarqueras que c'est une manière de nier le péché originel, ou d'interpréter l'origine du mal. Et de fait cette conception aboutit à admettre qu'il y a deux dieux : l'un bon et l'autre mauvais, qui se livrent une lutte de toute éternité.

- D'où la formule "c'est manichéen"?

Tout à fait, quand on veut dire quelque chose de nettement séparé, de tranché, par exemple le bien d'un côté et le mal de l'autre. L'auteur de cette foi religieuse est issu d'un milieu chrétien, un chrétien perse du 3ème siècle, portant le nom de Mani, influencé, entre autres, par le mazdéisme, qui est la religion propre à la Perse, dans laquelle on retrouve cette dualité entre la lumière et les ténèbres. Lequel mazdéisme a été réformé, antérieurement par le célèbre Zoroastre. Le zoroastrisme existe encore à l'est de l'Iran ; il aurait influencé l'islam shiite d'Iran, tandis que le manichéisme, bien que tout à fait disparu en tant que système religieux, aurait laissé des traces, si bien que d'aucuns disent que la doctrine des cathares en serait issue.

* Le pélagianisme : ce mot vient du nom d'un moine breton du 4/5ème siècle, Pélage, qui minimisait l'oeuvre de la grâce, au profit d'un effort personnel permettant à l'homme d'accéder aux vertus, par son libre arbitre, en évitant le péché ; de fait il niait le péché originel. Ce moine fut finalement excommunié en 426, en grande partie grâce à saint Augustin.

Le moine et le philosophe, Jean-Francois Revel et Matthieu Ricard

Tant que j'en étais dans des réflexions religieuses, j'ai continué sur ma lancée, et j'ai emprunté à la bibliothèque francaise un livre qui me fait envie depuis des années...

M. - Choisir la vie monastique ou érémitique est signe que notre esprit tout entier est tourné vers la pratique spirituelle. Lorsque j'ai pris les voeux monastiques, j'ai ressenti un immense sentiment de liberté : je pouvais enfin consacrer chaque moment de l'existence à faire ce que je souhaitais. Mais il y a toutes les gradations possibles entre une vie de renoncement et une vie ordinaire d'Occidental. Les idées du bouddhisme peuvent fort bien imprégner notre esprit et nous apporter de grands bienfaits sans que nous renoncions à nos activités. La vie monacale était très développée au Tibet, puisqu'avant l'invasion chinoise jusqu'à vingt pour cent de la population était dans les ordres. Je suis d'accord qu'on ne peut guère s'attendre à quoi que ce soit de ce genre en Occident ! Toutefois, je ne pense pas que cet aspect constitue une barrière à la compréhension du bouddhisme dans nos pays. On peut très bien avoir une vie spirituelle très riche, tout en ne consacrant que quelques minutes ou une heure par jour à une pratique contemplative.

J.F. - Comment concilier cela avec les activités de tous les jours ?

M. - On distingue la "méditation" et l'"après-méditation". La méditation, ce n'est pas simplement s'asseoir quelques instants afin d'acquérir un calme béat. C'est une démarche analytique et contemplative permettant de comprendre le fonctionnement et la nature de l'esprit, de saisir le mode d'être des choses. Ce qu'on appelle l'après-méditation consiste à éviter de reprendre ses habitudes exactement comme avant. Elle consiste à savoir utiliser dans la vie quotidienne la compréhension acquise durant la méditation, pour acquérir une plus grande ouverture d'esprit, davantage de bonté et de patience ; bref, pour devenir un meilleur être humain. C'est bien aussi ce qui se passe dans la communauté laique tibétaine, qui vit en symbiose avec la communauté monastique et les maîtres spirituels. Elle se nourrit de cette inspiration pour vivre mieux la vie de tous les jours.

J.F. - Mais les philosophes et les religions occidentales, en principe, offrent aussi une possibilité de vivre selon sa philosophie ou religion d'élection tout en étant engagé dans l'action, dans le siècle. Nombre de religieux ont été des hommes d'Etat, des écrivains, des artistes, des philosophes, des chercheurs, hors même leur religion. Le rêve de Platon était le roi-philosophe, garantie selon lui du bon gouvernement de la cité. Si, comme l'affirme le bouddhisme, le monde n'est qu'une illusion, un défilé d'images qui n'ont pas de réalité, et le moi de même, à quoi bon être chef d'entreprise, dirigeant politique, chercheur scientifique ? Ca ne sert à rien ! C'est se rendre complice d'une illusion mensongère.

M. - Pour un ermite, à vrai dire, les activités mondaines n'ont guère de sens. Toutefois, je voudrais préciser ici le sens du mot "illusion" dans le bouddhisme, qui semble difficile à comprendre en Occident. Pour nous qui vivons cette illusion, le monde est aussi réel qu'il peut l'être. Mais de même que la glace n'est que de l'eau solidifiée, la solidité que nous accordons au monde n'est pas sa réalité ultime. Cette nature illusoire du monde n'empêche pas que les lois de causes à effets soient inéluctables. Les physiciens diront aussi que les électrons ne sont pas des petits boulets de canon mais des concentrations d'énergie. Cette affirmation ne diminue en rien la nécessité de développer la médecine, de soulager les souffrances et de résoudre les difficultés de tous les jours ! Même si le moi n'est qu'une imposture et même si le monde extérieur n'est pas fait d'entités douées d'existence propre, il est parfaitement légitime de remédier par tous les moyens possibles à la souffrance et d'employer tous les moyens possibles pour augmenter le bien-être ! De même que le savant qui comprend que nous ne sommes faits que de particules qui se réduisent à de l'énergie ne sera pas pour autant indifférent au bonheur et à la souffrance.

J.F. - Une fois de plus, je suis frappé par l'analogie de cette théorie avec le kantisme : le phénomène n'est pas la chose en soi, c'est pourtant notre réalité.

Désolée pour le pavé, mais je pense que j'aurais à peu près pu vous citer les 405 pages du livre en entier, donc estimez-vous heureux !

Comme vous l'aurez peut-être compris, ce livre consitait en un regard croisé sur le bouddhisme, un vrai dialogue (on est loin des dialogues très rhétoriques du livre précédent dans lesquels la "fille" n'est là que pour faire semblant de donner la réplique et se laisser convaincre) entre Jean-Francois Revel et Matthieu Ricard sur lesquels il faut dire deux mots. Jean-Francois Revel est philosophe, je suppose à la fois professeur et chercheur. Matthieu Ricard est son fils, ancien chercheur en biologie moléculaire, qui est parti se faire moine bouddhiste auprès de maîtres tibétains et maintenant accompagne le Dalai-Lama en Francophonie. C'est éviemment ce qui fait le dialogue passionnant, mais alors VRAIMENT passionnant.

J'ai beaucoup aimé l'extrème honnêteté de la démarche de la part de chacun des deux. Et il suffit de lire le dialogue pour bien se rendre compte que c'était honnête et sincèrement honnête. Aucun des deux ne ressortira d'ailleurs "converti" de la discussion, et ce n'est pas le but de "convertir" d'une manière ou d'une autre. J.F. Revel est un scientifique, non-croyant, et exprime sans détour ses doutes quand il en a. Il n'hésite pas à poser des questions très précises, et toutes les questions qu'il peut avoir. C'est pour ca que le livre est un peu bavard, mais c'est ce qui en fait tout l'intérêt. M. Ricard est très ouvert et n'essaye jamais d'éluder une question. Il présente très clairement le bouddhisme de manière concrète et compréhensible, et rend un peu palpables ce qu'est la méditation, le nirvana, etc.

Ce n'est pourtant pas un livre de présentation du bouddhisme (même s'il faut bien présenter pour pouvoir en parler), mais plutôt une recherche de la part du philosophe de replacer le bouddhisme à travers l'histoire de la philosophie, et surtout de la philosophie occidentale. La question de départ est de savoir pourquoi le bouddhisme gagne du terrain en Occident. Ce n'est pas vraiment la question centrale d'ailleurs, mais plutôt le fil rouge. Que dit le bouddhisme sur la condition humaine, sur la mort, sur la politique ? Le bouddhisme est-il une religion ou pas ? J.F. Revel remet toujours des repères occidentaux dans le débat : Aristote, Spinoza, Kant, Marx, Cioran (il FAUT que je lise Cioran). Rien de nouveau sous le soleil en sorte, le bouddhisme est pour ainsi dire déjà en Occident, mais il montre aussi qu'à son avis l'attrais du bouddhisme résulte de l'impasse dans laquelle se trouve la philosophie.

La lecture m'a beaucoup apporté. Le bouddhisme est une forme de religion très intéressante, son dialogue avec le christianisme est très enrichissant et il en est assez souvent question dans le dialogue. L'analyse du philosophe me paraît très juste. L'impasse philosophique est en grande partie celle qui m'a plutôt donné envie de partir dans d'autres études, et l'idée que la religion est une forme de réponse à cette impasse me semble également exacte même si je suis tout à fait aussi sceptique que J.F. Revel sur la capacité de changer de cours de l'Histoire en méditant très fort. Pour autant, je donne raison à M. Ricard que notre esprit est à peu près la seule arme que nous possédons.

Il y a tellement de choses qui nous parlent directement dans ces échanges que je ne peux pas imaginer qu'on n'aime pas le livre. Il est vrai que les premiers chapitres qui mettent en place les éléments de la discussion sont un peu moins passionants, puisque la discussion ne fait encore que commencer.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

J'ai un mémoire à noter, je crois que ca va me prendre un bout de temps...
 
Qu'est-ce que j'ai vu cette semaine ?

Week-end assez actif, en visite chez un ami, on a passé une soirée canapé-télé complètement non-philosophique (je vous épargne les jeux télévisés idiots).
 
Real Steel (Shawn Levy, 2011)
Une histoire de robots géants qui font... de la boxe (gné ?). Mon Dieu ! Que suis-je venue faire dans cette galère ?
(Enfin, c'était ca ou Moby Dick version le-grand-dragon-blanc-pourchassé-par-un-noir-fou-dans-un-univers-speudo-Tolkien-avec-une-top-model-chasseuse-de-dragon. NO WAY.)
 
Nader und Simin - Eine Trennung (Une séparation) (Asghar Farhadi, 2011)
aka la version syncronisée en allemand du film iranien qui a gagné l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2012.
Et non, je ne fait pas exprès, je ne peux pas me retourner sans tomber nez à nez avec un truc qui vient de Téhéran, c'est pas ma faute...
Ce film était super angoissant. SUPER angoissant. J'étais mal dans ma peau du début à la fin, je suppose que le metteur en scène a réussi un peu à faire passer quelque chose de la société iranienne. (Du moins je suppose que c'était le but.) 
 
Et après ?
Quand je me serait sortie du mémoire à noter, je crois qu'on va poursuivre dans le bouddhisme (NON je n'ai pas décidé de partir vivre dans un monastère bouddhiste en Iran).

lundi, 02 décembre 2013

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu les 4 dernières semaines ?

Albert Camus, fils d'Alger, Alain Vircondelet
Je suis un peu partagée sur cette biographie. D'un côté, c'était très intéressant puisque je n'avais pas vraiment de vue d'ensemble de Camus, ni de ses oeuvres, ni de sa vie, ni de sa pensée, plutôt des petits trucs attrappés par-ci par-là. J'étais d'autre part un peu au courant qu'il s'était crêpé le chignon avec Sartre sur la question algérienne, mais ca en restait là. De ce point de vue, j'ai beaucoup appris, et j'en suis ravie.
D'un autre côté, je crois que le "style Vircondelet" m'a parfois un peu agacée dans la lecture. D'une part parce qu'il a un peu tendance à projeter ses fantasmes dans Camus et à partir dans des envolées lyriques. Après tout, c'est un parti-pris acceptable. On n'est pas obligé de faire de l'écriture scientifique objective tout le temps, Vircondelet écrit un livre, et il fait ce qu'il veut de ce livre, cela me plaît en une certaine manière. Mais j'avais du mal à m'enthousiasmer autant que l'auteur, et ca résultait sur un effet de distanciation pas forcémment très heureux...
Autre effet perturbant: celui de m'être sans arrêt heurtée à des problèmes de coquilles, d'un accord oublié ici, d'un mot confondu là. À certains endroit, c'était tout un paragraphe qui n'avait visiblement rien à faire là. Ce sont évidemment des choses qui arrivent, sans doute un problème de relecture, peut-être des modifications de dernière minute qui ont été faites un peu vites et sans avoir le temps de réviser l'ensemble. Ce n'est pas grave en soit, mais c'est encore une chose qui fait tout d'un coup décrocher de l'imaginaire du livre. 
J'ai adoré par contre le centre de gravité du roman. C'était vraiment comme dans ces romans qui réussissent à rendre palpable la ville dans laquelle se déroule l'action. J'avais l'impression de passer dans les rues d'Alger, de bien identifier les quartiers, les jardins, les bâtiments. Maintenant que j'ai lu ce livre, je peux vraiment me représenter Alger comme une ville dans laquelle on vit, et pas seulement comme une jolie carte postale exotique.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Saint Augustin raconté à ma fille et aux Kabyles sceptiques, Moh-Christophe Bilek
C'était de toutes facons le prochain sur la liste, et l'arrivée de l'Avent a un peu avancé le début de la lecture que je comptais reléguer aux vacances de Noel. Je suis en effet le calendrier de l'Avent "L'Avent avec saint Augustin", et je pense que le timing est donc plus qu'idéal.

Qu'est-ce que j'ai vu ces 4 dernières semaines ?

A part un épisode de Monster High qui m'a parfaitement désespérée, rien du tout.

Et après ?

J'ai préparé ma pile de livres pour les vacances. J'ai hâte, j'ai hâte !

lundi, 04 novembre 2013

C'est lundi...

... et on a pas fait le point depuis un bon bout de temps.

Qu'est-ce que j'ai lu les 7 dernières semaines ?

Frankenstein, Mary Shelley
Bête que j'étais, je ne savais pas quelle station de radio allumer pour travailler passivement mon anglais. Quand soudain l'idée de mon addiction de longue date aux livres audio s'est imposée. Mais c'est bien sûr! No, I mean: OF COURSE !!!
J'adooore Frankenstein. Je n'ai vu aucun film, mais j'avoue avoir du mal à imaginer qu'un film puisse faire justice à ce roman magnifique. Déjà, rien que la classifiquation "film d'horreur" me montre que les adaptations ne peuvent que miss the point.
J'ai été plus que ravie de "relire" Frankenstein, cette fois en version originale. Merci donc vivement "Books should be free". J'avais préféré partir sur des romans que je connaissais déjà, me disant que d'une part j'étais sûre de ne pas être décue, et que d'autre part les problèmes de compréhension ne m'handicaperaient pas trop. Au bout de trois semaines à ce régime, les problèmes de compréhensions me semblent vraiment minimes, mais les trois semaines assez intensives en sont peut-être responsables.

Le mot appris : "wretch" (pauvre diable)

Daddy Long Legs (Papa Longues Jambes), Jean Webster
J'ai aussi commencé par la littérature jeunesse, me disant que le niveau serait plus facile. Encore que je ne sais pas si Frankenstein peut être considéré comme de la littérature jeunesse.
Papa Longues Jambes a été un des gros coup de foudre de mon enfance. Je pense que j'étais loin d'avoir l'âge de l'héroine quand je l'ai lu. C'était un emprunt à la bibliothèque et je n'avais encore jamais eu l'occasion de le relire, mais le livre avait assez longtemps atteint le grade envié de "mon livre préféré".
J'ai presque pris 20 ans dans les dents depuis, et malheureusement, je ne trouve plus le livre aussi extraordinaire, d'autant que l'histoire m'avait tellement marquée que je m'en souvenais trop pour avoir le moindre effet de surprise. Mais je comprends parfaitement comment j'ai pu aimer autant ce roman. Tous mes éléments préférés sont réunis, à commencer par l'environnement scolaire. Le genre épistolaire est un de mes préférés depuis toujours, et malgré quelques références culturelles très américaines, je m'identifiais à 100% avec la jeune fille.

Uncle Tom's Cabin (La maison de l'Oncle Tom), Harriet Beecher Stowe
Je continue donc dans la reprise de la littérature jeunesse anglaise en VO et en mp3. Et quand j'ai vu "Oncle Tom", j'ai éte obligée de me jeter dessus. Oh oui oui oui !
La seule chose qui aurait pu me faire hésiter était que dans mes souvenirs, cette histoire était du début à la fin d'un pathos larmoyant presque... comment dire?... too much. Mais en fait, j'ai été assez surprise. Il faut croire que je n'ai en fait jamais lu le roman. J'ai dû seulement en entendre une adaptation radiophonique qui écourtait l'histoire, car j'ignorait tout de la moitié des personnages et des évènements.
Uncle Tom's Cabin s'est révélé être en fait plutôt satirique que pathétique. Je ne pouvais pas m'empêcher en lisant de penser aux aventures de Tom Sawyer. Le style était vraiment très proche, avec des personnages très ridicules et des scènes farcesques. Par conséquent le côté très manichéen des personnages passait un peu mieux que dans mes souvenirs. D'un autre côté, malheureusement, le style Tom Sawyer est vraiment exactement ce que je n'aime pas dans la littérature américaine. Goût personnel: Je n'aime pas Tom Sawyer, je n'aime pas Pinocchio et je n'aime pas Candide.* Je ne déteste pas non plus, mais j'ai toujours un cerrain malaise avec ce genre de personnage.

Le mot appris : "wicked" (méchant)

The Picture of Dorian Gray (Le portrait de Dorian Gray), Oscar Wilde

Encore un roman de ma jeunesse que je me délectais à relire. J'ai eu peur de ne rien comprendre, mais en fait, ca allait. Si j'arrive même à comprendre du Oscar Wilde, je devrais avoir C1, non ?

Le mot appris : "lad" (jeune homme)

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

The Witches of Eastwick, John Updike
Encore dans ma plongée dans la langue anglaise, j'ai réussi à trouver UN livre dans ma bibliothèque écrit en anglais. Je me suis horriblement ennuyée à lire les cinq premières pages. Hum, laissez-moi deviner, leur pouvoirs magiques sont en lien avec leur libido ? Et ses tomates sont trop prolifiques, parce que ses pouvoirs magiques sont trop débordants, et ca veut dire qu'il faut qu'elle couche avec le monsieur étrange qu'on nous annonce dès la première page ? Mince, j'ai comme l'impression d'avoir déjà épuisé le mystère des cent prochaines pages. Et si j'arrêtais là ?

Das Frühe Persien ("La Perse antique"), Joseph Wiesehöfer

Un livre sur la Perse antique que notre professeur d'iranologie nous a demander de lire. Je m'ennuie à mourir, et en plus je ne comprends rien. Je pense que je vais d'abord chercher un ouvrage en francais qui me donnera quelques bases, histoire que je sache au moins de quoi il est question.

Vanity Fair (La foire aux vanités), William Makepeace
Mon bouquin-mp3 VO du moment.
Je me suis aventurée loin des relectures. Il y a un passage dans Daddy
Long Legs où l'héroine "découvre" la littérature (encore une thématique avec laquelle on est sûr de me faire marcher). Dans son cas, il est évidemment question surtout de littérature anglophone. Elle avoue avec honte qu'elle n'a jamais lu, entre autre, Les quatre filles du docteur March et Vanity Fair. Vanity Fair ? que je me suis dit. Mais moi non plus je ne connais pas ! Par conséquent, j'ai immédiatement téléchargé Vanity Fair.
Après tout, autant en profiter pour faire mon éducation en classiques anglophones par la même occasion. Je me rend compte à quel point je n'ai aucune idée de la littérature anglophone, sortie des histoires de détectives et d'Oscar Wilde.
Comme c'était un roman jeunesse, je me suis dit que je ne prenais pas trop de risque même sans connaître l'histoire. Mais malheureusement, j'ai un mal fou à avancer. Je suis sans cesse obligée de revenir en arrière. je pense que j'arriverai à la fin sans avoir complètement compris les tenants et les aboutissants de l'histoire. Zut alors, l'anglais n'est pas si facile que je croyais.

Le mot appris : "make love" (faire la cour)

Qu'est-ce que j'ai vu ces sept dernières semaines ?

Sunset Boulevard (Billy Wilder, 1950)
Ed Wood (Tim Burton, 1994)

J'aimerais pouvoir faire de longs développements sur ces deux films, tous les deux très très bons. Mais je manque un peu de temps. Je me contenterai de m'étonner du hasard qui m'a fait voir ces deux films presque dans la foulée. Il y est dans les deux cas question d'Hollywood, de cinéma. Dans les deux films, le personnage principal écrit des scénarios pour le cinéma (Ed Wood les tourne aussi, différence non-négligeable). Mais surtout, il y est question de la difficulté d'"avoir été" et de l'espèce de folie que cela provoque chez des êtres aussi dépendants du regard des autres que sont... deux acteurs de films muets dont l'arrivée du parlant a marqué la fin de carrière (les deux histoires se passant dans les années 50, l'une dans la vision contemporaine, l'autre dans la vision rétrsopective... ce qui rend la comparaison encore plus intéressante). Nous avons donc d'un côté Norma Desmond, une actrice richissime mais dépassée, qui regarde en boucle les films qu'elle a tourné dans sa jeunesse. Son narssicisme tourne au cauchemard, elle ne peut supporter de ne pas voir son image se reflèter dans les yeux des autres. Sincèrement, je n'ai jamais vu un film pareil. Tout est parfait. J'avais envie d'apprendre par coeur chaque ligne de dialogue, la moindre scène était une perfection d'exactitude, jusqu'à l'enterrement du singe et EVIDEMMENT la ô combien merveilleuse scène finale (jamais vu une mise en abîme aussi réussie). L'ambiance du film est écrasante, horrifique. C'est la première fois que j'ai autant l'impression de voir un film d'épouvante sans regarder un film d'épouvante, tout ca rien que par les yeux de Gloria Swanson. Et la cerise sur le gâteau c'est OH MON DIEU MAIS C'EST BUSTER KEATON ??? BUSTER KEATON JOUE SON PROPRE RÔLE !!! BUSTER KEATON VIENT DE PRONONCER UN MOT !!! (J'aime Buster Keaton, c'est le héro parfait de ma vie). De l'autre côté, nous avons Bela B** Bela Lugosi, aka Dracula, qu'on ne présente plus, et qui croupis ruiné par la drogue dans un appartement minable, à courir après les cachets ridicules que lui procure son grand fan et ami Ed Wood. Lui non plus ne supportera pas la fin de la gloire, et lui aussi regarde sans cesse ses chefs d'oeuvre d'autrefois, reproduisant encore et toujours les mêmes gestes. Malgré pas mal de films qui m'ont déplu (Alice était à vomir), j'aime beaucoup le travail de Tim Burton et je dois dire qu'il a parfaitement réussi ce film. Je le trouve un peu moins profond que Sunset Boulevard, mais Tim Burton n'avais pas les mêmes objectifs (d'autant que Ed Wood est un film drôle, ce qui change tout !). Les acteurs sont tout simplement merveilleux. Tous. Martin Landau est merveilleux. Ils sont tous merveilleux.

Le gone du chaâba (Christophe Ruggia, 1998)
Je suis tombée sur le DVD par harsard à la bibliothèque francaise lorsque je préparais mon cours de francais. Comme une des lecons du livre que j'allais traiter se basait principalement sur un autre film d'Azouz Begag, je me suis dit que l'occasion était trop belle, et j'ai embarqué le DVD. Nous l'avons regardé à raison de 20mn par jour lors de la première semaine.
Je découvrais le film en même temps que mon élève, mais j'avais lu le livre. Il y a... pfff... très longtemps (bref, je ne me souvenais d'absolument rien, si ce n'est que j'avais aimé). Je trouve le film très intéressant
. C'est vraiment palpitant de voir, d'entendre. Le rythme et la tonalité n'auraient pas ressorti de la lecture, elle donne une idée plus claire. Ce qui me plaît surtout c'est d'avoir pu voir comment les arabes immigrés se voient eux-mêmes (au moins en 1998). C'était un bon film pour faire découvrir un aspect de la France, même si j'ai peur que mon élève n'aie pas tout compris (il a surtout vu des pères qui passent leur temps à donner des taloches à leurs gosses, qui leur imposent la circoncision comme une torture et des gamins qui sont nuls à l'école et se tabassent dans la cour de récré). Disons que moi, je voyais très bien où Azouz Begag voulais en venir, et qu'en plus je connais assez bien la Guerre des boutons pour savoir que c'était exactement la même chose partout. Et je connais aussi ce petit "quelque chose" de l'imaginaire collectif francais qui est si difficile à faire passer (et que Azouz Begag magne parfaitement). Et j'ai essayé de le lui faire comprendre.

Et après ?

Dans mon lecteur MP3 attendent déjà Peter Pan, Ulysse, Dracula... Je vais être triste quand mon test d'anglais sera passé...

* Contrairement à ce que ma phrase pourrait laisser penser, je suis au courant que Pinoccio et Candide ne sont pas de la littérature américaine.
** Bela B est le nom du batteur/chanteur de Die Ärzte. Qui est mon groupe préféré de la vie, pour ceux qui suivent pas. Et oui, il s'appelle Bela B à cause de Bela Lugosi.