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lundi, 10 octobre 2016

La vidéo du mois d'octobre

J'ai plus trop besoin de présenter Usul, que j'aime d'amour. Donc, sans plus d'introduction, une vidéo :

samedi, 10 septembre 2016

La vidéo du mois de septembre

Pour cette rentrée, j'avais vraiment terriblement envie de vous parler de Todd in the shadow, un youtubeur américain que je suis avec frénésie et dont je peux revoir les vidéos encore et encore sans me lasser. Todd in the shadow appartient à cette maintenant assez traditionelle frange des youtubeurs-critiques. Son domaine à lui : les hits de musique pop du moment (les hits aux Etats-Unis, par la force des choses, qui sont à peu de chose près les mêmes que chez nous).

Même si ses critiques sont de qualité inégale, je trouve qu'il arrive toujours à trouver un ton juste entre une critique sérieuse, des traits d'humour qui font mouche (et sont de bon goût, c'est assez rare pour être noté). Les seuls youtubeurs francophones que je conaissent qui fassent un travail similaire sont Links the Sun (dont je trouve les critiques assez mauvaises) et PV Nova (qui fait des vidéos formidables, mais analyse des courants musicaux et pas des morceaux précis).

Mais quelle vidéo choisir ? Celle où il vomit contre Talk Dirty de Jason DeRulo (une des mes préférées) ? Celle où il se moque de Blurred Lines de Robin Thicke, avec une intro super fun ? Ou au contraire une où il a envie de défendre la chanson sans trop y arriver, comme pour Anaconda de Nicki Minaj ? Ou un de ses top 10 des plus mauvais et meilleurs hits de l'année, le rendez-vous le plus attendu par ses fans ?

 

mercredi, 10 août 2016

La vidéo du mois d'août

Très chouette vidéo sur Platon. Platon ? Mais on connaît, Platon ! On nous en parle depuis le lycée !
Ouais mais non, cette vidéo est vraiment sympa:

dimanche, 10 juillet 2016

La vidéo du mois de juillet

Numberphile et Computerphile, deux chaînes de vulgarisation scientifique pas toujours très accessibles, mais très riches. Cette vidéo est super vieille, pas franchement d'actualité, et pas vraiment de la vulgarisation scientifique. Non, c'est juste le bonheur de voir que des gens comme ce fou furieux existent.

lundi, 27 juin 2016

C'est lundi...

Le programme est chargé, accrochez-vous !

Qu'est-ce que j'ai lu ces 11 dernières semaines ?

Dernières lectures

L'épée de la Providence
Le Dernier Vœu
Ada: Ou L'ardeur
Pieds d'argile
Les annales du Disque-Monde, tome 18 : Masquarade
Les Tribulations d'un mage en Aurient
Les annales du Disque-Monde, tome 16 : Accrocs du roc
Les âmes mortes
Men at Arms
Chroniques martiennes


Lodi Vache's favorite books »


Sorceleur, tome 7 : La dame du lac, Andrzej Sapkowski

Fin de la saga du Sorceleur avec ce dernier tome. Pas franchement le meilleur, bien qu'il y ait plein de nouvelles idées narratives (même si l'auteur exploite un filon qui marche, on n'a pas l'impression d'avoir lu 7 fois le même bouquin, c'est agréable). J'ai trouvé qu'il y avait plein de très beaux tableaux, de belles scènes, mais parfois le lien entre les scènes me semblait tiré par les cheveux...

En tous cas, le Sorceleur m'aura complètement réconciliée avec la fantasy. Je sais qu'Andrzej Sapkowski a commencé une nouvelle saga, j'espère avoir l'occasion de me la procurer. (Et non, Winnie, je n'oublie pas Alif !)

D'après une histoire vraie, Delphine de Vigan

Le père Porchet, Terry Pratchett

Je connaissais l'adaptation au cinéma de ce tome de la saga. Ca avait été, il y a assez longtemps, mon premier contact avec le Disque-Monde.

La Terre qui penche, Carole Martinez

L'extraordinaire histoire du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, Romain Puértolas

Chronique de la Guerre de Lodoss, Tome 1 : La Dame de Falis, Ryo Mizuno et Akihiro Yamada

Son visage et le tien, Alexis Jenni

Head-Driven Phrase Structure Grammar

Der Pavian, dessen Herr gestorben war ("Le babouin dont le maître était mort"), Sadeq Chubak

Ce semestre en cours d'iranologie, nous abordons la littérature moderne. Je vais travailler pour ma part sur Sadeq Chubak (dont je n'avais jamais entendu parler, je vous rassure) pour lequel j'ai un gros coup de coeur. C'est surtout un auteur de nouvelles, et son style me fait penser fortement à Octave Mirbeau (dans la noirceur et le réalisme social). Si vous connaissez mon amour pour Octave Mirbeau, vous comprendrez à quel point la comparaison est flatteuse.

Mon coup de coeur absolu va à la nouvelle qui donne son titre à ce recueil. Dans une espèce de flot de conscience à la Virgina Woolf, on suit les pensées d'un babouin qui en se réveillant un matin trouve son maître sans réaction allongé au pied de l'arbre où ils ont passé la nuit (on comprend qu'il est mort, sans doute d'une overdose d'opium). Il finira par réussir à déraciner le pieu auquel est attachée la chaîne qu'il porte autour du coup depuis la naissance. Le babouin essayera de partir, mais incapable de se débrouiller par lui-même, gêné par la chaîne qui est restée pendue à son cou et rendu dépendant de la drogue dont son maître lui soufflait la fumée au visage, il revient sans cesse à ce maître qu'il exècre plus que tout mais sans lequel il n'a jamais appris à vivre. Cette nouvelle, écrite avant la Révolution islamique, est incroyable d'actualité et d'universalité. Elle est souvent analysée comme une allégorie de la nation iranienne, incapable de se libérer d'un tyran qu'elle déteste. Personnellement, je trouve que c'est une magnifique réflexion sur la liberté d'une manière générale, sur le fait que la liberté doit se construire et n'existe pas en tant que telle. Bref, je ne vous refais pas mon exposé, sinon on est pas couchés ni vous ni moi, mais je suis vraiment très emballée par cet auteur.

Sadeq Chubak : an anthology

Ces deux livres sont les deux seules traductions que j'ai pu trouver dans une langue que je suis capable de lire (pas en perse, donc !). Impossible même de trouver une traduction de son roman majeur, The patient stone. Si un spéciliste passe par là et en connaît d'autres, qu'il me fasse signe.

Alif l'invisible, G. Willow Wilson

Quel plaisir que ce livre ! Dépaysan, super contemporain, sincère, tout ce qu'on aime ! C'est un peu un roman d'aventure, mais en lieu de cape et d'épée, les héros se battent à coup de code informatique. On y parle des révolutions arabes, mais transportées dans un univers magique où les djins tiennent des stands de bric-à-brac.

Ce roman m'a énormément fait penser au dessin animé pour ados Le garcon et la bête : cette manière d'incorporer le surnaturel dans le quotidien, ce mélange de féérique et de sombre, dans une grande épopée d'aventure.

"De quoi ?!? Un roman écrit par une américaine musulmane qui se passe dans un pays arabe et fait penser à l'imaginaire japonais ? Mais tu as BU ???"

Frauen ohne Männer, Sharnush Parsipur

Un livre lu dans le cadre de mon cours de littérature iranienne, encore. J'ai trouvé ca vraiment étrange, même si j'ai pas détesté.

Mais j'ai découvert à cette occasion le concept de "réalisme magique", dont j'ignorais absolument tout. Ca m'éclaire d'un coup sur tout un pan de la littérature contemporaine que je ne savais pas trop par quel bout prendre. Du coup, je suis super contente.

Stories from the Shahnameh of Ferdowsi, Volume 1 : The Lion and the Throne

Un des magnifiques cadeaux que l'on m'a offerts dans le cours de l'année dernière, c'est la traduction du chef d'oeuvre le la littérature persane médiévale Le livre des rois (Shahnameh). C'est l'oeuvre d'une vie, celle du poète Ferdowsi, qui a voulu y rassembler tous les récits mythiques des rois perses depuis la création du monde. Le livre a donc le statut, en Iran, que peuvent avoir l'Illiade et l'Odysée, l'Ancien Testament, ou Le roman des chevaliers de la table ronde.

Je trouve inconcevable qu'on ne connaisse rien en Occident de cet imaginaire peuplé de dragons et de démons, de chevaliers plus grands que des cyprès et de belles princesses couvertes de tissus brodés d'or. Vous me direz qu'on connait aussi très peu la chanson des Nibelungen, qui devrait être tout aussi indispensable (et vous aurez parfaitement raison).

Dans le premier tome, on passe très vite sur la création du monde pour s'intéresser surtout à la division du monde entre les fils de Feraydun (qui divisa le monde grosso modo entre la Turquie (Turan), la Perse et la Chine), les rois descendants de Feraydun et surtout la famille de chevaliers du Zabolestan : Sam, Zal puis Rostam. Si vous ne connaissez qu'un héro mythique perse, ce doit être Rostam, une version perse d'Hercule (il n'a pas droit à 12 travaux, mais à 7 pour sauver son benet de souverain).

Le Trône de Fer, Tome 1, George R.R. Martin
Le Trône de Fer, Tome 2: Le donjon rouge, George R.R. Martin

Par un amusant concours de circonstances, mes plans de vacances d'été comprennent un week-end où je serai "petite main" sur un GN (jeu de rôle grandeur nature) se situant dans l'imaginaire du Trône de Fer (la saga derrière "Game of Thrones", série dont vous n'avez pas pu ne pas entendre parler). Je me suis donc mis en tête de lire cette saga (puisqu'après tout, si elle a un tel succès, c'est qu'elle ne doit pas être complètement nulle).

Avec un petit milier de pages derrière moi, je n'en suis encore qu'au début (il y a plus de 10 tomes publiés, et la saga n'est pas terminée), mais je commence à me faire une petite idée. C'est vraiment une bonne intrigue politique complexe et bien écrite, des rivalités de familles nobles (entre les familles et à l'intérieur des familles), un tas de personnalités très différentes et que l'on suit au cours des années, bref tout ce qui fait le charme d'une saga. L'aspect fantasy est à peine présent dans ces premiers tomes.

En ayant réussi à ne pas me divulgâcher l'intrigue, l'écho a été tellement énorme que j'avais déjà une idée des défauts et qualités que l'on prête à cette saga. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la réalité s'est trouvé complètement en porte-à-faux avec tout ce que j'avais entendu. Game of Thrones est souvent présentée comme une révolution scénaristique. A croire que personne n'avais jamais lu du Alexandre Dumas avant. Les grandes familles ? Les rois maudits ? Jamais entendu parler ? D'autre part, la saga est connu pour avoir un nombre impressionnant de personnages principaux (heu... non), qui apparaîssent et meurent tous immédiatement (heu... non). A vrai dire, d'après ces échos, je m'attendais à un rythme très soutenu. Ce qui n'est pas du tout le cas. Et tant mieux. Au contraire, l'auteur prend vraiment le temps d'introduire tous ses personnages, de nous faire comprendre les tenants et les aboutissants de chaque action. C'est très agréable, tout ce qu'on aime dans une saga : prendre le temps. Mais ca reste d'une facture très classique.

Comme je le disais, avec deux tomes et demi à mon actif, je suis loin d'avoir fait le tour de la saga. Ces avis ne valent donc que pour le début de la saga. Par conséquent : à suivre...

Qu'est-ce que j'ai vu ces 11 dernières semaines ?

Full Metal Panic Fumoffu (Kyoto Animation : Yasuhiro Takemoto, 2003)

Full Metal Panic est classifié dans la catégorie "mécas". Les mécas, c'est des robots-du-futur-qui-sauvent-la-planète, et donc pour moi les mangas de méca, ca va de Astro le petit robot pour le plus soft à Transformers pour le plus bourrin. Bref, pas forcément ma tasse de thé. (Ma vision a changé depuis peu parce que j'ai découvert Evangelion, mais c'est une autre histoire.)
Full Metal Panic Fumoffu est une sorte de parenthèse non-méca dans la série de Full Metal Panic. On y suit deux personnages de Full Metal Panic dans leur quotidien "normal" dans un lycée "normal" où ils essayent de passer incognito. La belle Kaname a très envie de vivre sa petite vie tranquille, mais le beau Sousuke, qui ne connaît de la vie que l'entraînement militaire et les combats, est légèrement parano et ne cesse de tomber (et de faire tomber ceux autour de lui) dans des situations improbables et décalées. Chaque épisode offre une parodie d'un "genre" de manga, ce qui est assez rigolo quand on repète les stéréotypes. Une petite saison juste pour rigoler, donc, sans grande prétention mais assez sympa.



Sword Art Online (A-1 Pictures : Tomohiko Ito, 2012)
2 saisons, 25 épisodes

C'était l'hiver et je revenais de Hambourg en covoiturage, dans la voiture d'un chinois timide, chimiste de son état, et qui n'osait pas trop me parler. J'ai avisé les deux figurines qui trônaient sur le tableau de bord. Pas très difficile de reconnaître un fan de manga. J'ai cherché dans mon faible catalogue intérieur si j'arrivais à identifier les personnages, en vain. J'ai donc entamé la conversation avec mon conducteur chimiste, lui demandant de me parler de ce manga, ce qui l'a réjoui et rendu bavard. Les deux personnages étaient les deux protagonistes de Sword Art Online, dont je n'avais à ma grande honte jamais entendu parler bien qu'il s'agisse d'un des plus gros succès animé de ces dernières années. Mes amis geeks ne font vraiment pas bien leur job.

L'histoire se passe dans un MMORPG, les personnages incarnent donc des avatars virtuels. Ce qui est un point de départ bien pratique pour pouvoir laisser libre court à l'imagination de l'auteur : c'est un jeu vidéo donc prout des invraissemblances physiques, anatomiques et historiques. Les personnages ont le droit de se battre avec des épées géantes, de tuer des gros monstres juste parce que c'est les méchants à tuer dans le jeu et si y'en a un qui est super méga plus fort que les autres, c'est normal, c'est juste qu'il a 50 niveaux de plus qu'eux. Vous voyez l'idée ?

Et bien l'idée tient ses promesses. D'autant que le scénario ne se repose pas bêtement sur son idée de départ (les joueurs sont "enfermés" dans le jeu virtuel par un vilain méchant, il leur faut arriver au niveau 100 pour finir le jeu et se libérer) mais réserve des surprises. Je parle de petites surprises par-ci par-là, pas de retournements de situation révolutionnaires, mais ca reste agréable. Tout ce qui tourne autour du vilain méchant qui emprisonne les joueurs me paraît extraordinairement capilotracté, mais je suppose que les codes du manga à la japonaise ne pouvaient pas faire l'impasse dessus. La deuxième saison, comme c'est souvent le cas, rame un petit peu à retrouver l'élan de la première (on se retrouve dans un autre jeu avec des enjeux un peu différents), mais j'ai passé un très bon moment avec ces 25 épisodes. Les créateurs se sont vraiment fait plaisir avec les univers de jeu, c'est visuellement très beau (les paysages, le design des niveaux, les monstres, les costumes, etc.), un beau mélange de poncifs de la fantasy et d'originalité. C'est un peu agacant que le héro passe sont temps à sauver sa chérie en détresse (et je ne remercie pas les scénaristes pour l'arrivée des références perverses dans la deuxième saison alors que la première en était dépourvue), mais on a une relation amoureuse qui évolue un peu au fil des épisodes, c'est assez rare pour être noté (et là encore, la deuxième saison peine à sortir du shéma de base planplan, alors que la première saison était fort réjouissante et innovante).

Bref, merci bien à mon conducteur chinois chimiste fan de mangas, c'était une agréable découverte.

Taxi Teheran (Jafar Panahi, 2015)

Ce n'est que mon deuxième Jafar Panahi, mais celui-ci m'a beaucoup réjoui. Je le trouve bien plus agréable que le précédent (Pardé), moins intellectualisant, plus direct et simple. Le film est drôle, tout en décrivant magnifiquement la société iranienne (c'est rare de se marrer en parlant de l'Iran). Jafar Panahi nous montre la vie quotidienne en placant le curseur légèrement trop haut. Tout est exagéré, mais juste légèrement exagéré. La scène avec les deux vieilles femmes et leur poisson rouge, par exemple. C'est bien sûr un peu trop pour être une vraie scène de la vie de tous les jours, mais à peine. À peine trop. Ca donne un ton bien particulier au film, un peu décalé, ne tombant ni dans la farce ni dans le réalisme. J'ai beaucoup aimé.

Certains ont pu parlé de pseudo-documentaire pour ce film, ce qui m'étonne quelque peu. Certe, les caméras sont intégrées à la mise en scène (on saute de la caméra de surveillance du taxi à l'appareil photo de la nièce, etc.), comme on parlerait d'une bande-son diégétique, mais l'effet "documentaire" s'arrête là. Les entrées et sorties des personnages sont magnifiquement chorégraphiées, le timing est magnifique, certains dialogues sont vraissemblablement improvisés, mais on ne peut certainement pas parler de documentaire. C'est d'ailleurs ce qui fait le brio de ce film, qui réussit à garder un rythme vivant et naturel du début à la fin. Personellement, j'y ai vraiment retrouvé le souffle de la langue quotidienne que ma petite expérience à Téhéran m'a permis de connaître. C'était un vrai bonheur.

https://www.youtube.com/results?search_query=taxi+teheran+fr

Salma (Ava DuVernay, 2014)

Harold and Maud (Hal Ashby, 1971)

L'idée fixe (Bernard et Emmanuel Murat, 2007)

Diplomatie (Volker Schlöndorff, 2014)

Inherent Vice (Paul Thomas Anderson, 2014)

La Venus à la fourrure (Roman Polanski, 2013)

Maps to the stars (David Cronenberg, 2014)

Neon Genesis Evangelion (Gainax et Tatsunoko Production: Hideaki Anno, 1995/96)
26 épisodes

Comme je disais un peu plus haut, le méca n'est pas vraiment mon fort. Mais Evangelion est un classique des classiques, et on ne perd rien à jeter un coup d'oeil aux classiques de temps en temps.

J'ai très bien accroché à cet animé. Le principe de base : on envoie trois ados piloter des mécas-pas-tout-à-fait-mécas pour se battre contre des machin-de-l'espace-qui-détruisent-tout-mais-qui-sont-peut-être-nos-amis-quand-même-en-fait. Et là, si vous êtes moi, vous vous dites "Mais ca a l'air POURRI !". Mais en fait non. Non, il ne s'agit pas d'une grosse démonstration de force à base d'explosions dans tous les sens. Non, le but du jeu n'est pas d'avoir le méca le plus gigantesque et le plus intimidant. (Ne riez pas, c'était vraiment ma définition du genre "méca" avant de voir cet animé !)

Neon Genesis Evangelion est vraiment un machin très bizarre. J'ai adoré le regarder, mais j'ai beaucoup de mal à en dire quoi que ce soit. Le scénario nous laisse une telle liberté d'interprétation que le spectateur est dérouté. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Un peu comme quand on vient de regarder 2001 l'odysée de l'espace : y'a plein de bribes super bien, mais dans le fond on se demande où tout cela est censé nous mener (c'est un peu moins extrème que le film de Kubrick, mais vous voyez l'idée). Le dessin a un petit côté "animé adulte" qui lui donne du caractère, et il a bien vieilli.

vendredi, 10 juin 2016

La vidéo du mois de juin

Je suis vraiment obligée de passer cette vidéo ce mois-ci, étant donné que j'ai refait cette recette à peu près tous les jours depuis que je suis tombée dessus... C'est DE-LI-CIEUX.

Je ne sais pas si le curcuma en poudre a autant de vertus que le curcuma frais (qui est censé guérir à peu près toutes les maladies du monde), mais si c'est le cas, je vais vivre 100 ans.

mardi, 10 mai 2016

La vidéo du mois de mai

Ce n'est pas très original de parler de Solange. Solange est un peu partout en ce moment, et tout le monde aime Solange. Il y a des raisons, parce que ses vidéos sont toujours en décalage avec tout ce qui se fait ailleurs.

Ici, Solange fait une vidéo sur un ami. Et c'est super:

lundi, 11 avril 2016

C'est lundi...

Qu'est-ce que tu as lu ces dernières semaines ?

 Strate à gemmes, Terry Pratchett

Le livre a été écrit bien avant que l'auteur ne se lance dans les Annales du Disque-Monde. On est dans un univers plus de science-fiction classique... du moins au début. Car très vite va apparaître une planète plate, portée par des éléphants et dans laquelle la magie semble défier les lois de la physique. Bref, on est sur le Disque-Monde avant que le Disque-Monde ne prenne encore vraiment forme dans l'imagination de Terry Pratchett. Un pré-Disque-Monde. Du coup, le dépaysement n'est pas bien grand, et le mélange entre SF avec des vaisseaux spatiaux et des extra-terrestre et fantasy un peu déroutant.
J'ai évidemment eu un coup de cœur pour la shandie linguiste, extraterrestre monstrueux et hyper-pacifique qui devient fou au bout de quelques heures sans manger. (c'était pas possible que je ne sois pas fan du concept)

De bons présages, Terry Pratchett et Neil Gaiman

J'avoue n'avoir eu aucune idée avant de commencer ce livre de l’œuvre de Neil Gaiman, mais je suppose qu'il a réussi justement à apporter ce petit quelque chose qui me manquait toujours chez Terry Pratchett. Peut-être parce que l'univers est cette fois-ci complètement différent (pour de vrai, pas de Disque-Monde caché dans un coin, même si les 4 cavaliers de l'Apocalypse sont des personnages récurrents des Annales) mais De bons présages est de loin mon Terry Pratchett préféré !
On y suit la naissance de l'Antéchrist, l'arrivée de la fin des temps et des cavaliers de l'Apocalypse. Les deux personnages les plus sympathiques sont l'ange Aziraphale (qui était l'ange du jardin d'Eden et tient maintenant une librairie de livres ésotériques) et le démon  Rampa (qui était le serpent qui poussa Eve à manger la pomme et est à l'origine des bouchons sur l'autoroute à la sortie du travail), plus amis qu'ennemis, et qui aimeraient bien retarder un peu l'heure du Jugement dernier, la vie sur Terre au milieu des humains leur plaisant finalement assez bien.
Un gros coup de cœur que ce livre. Si je n'avais qu'un seul Terry Pratchett à recommander, ça serait celui-là.

Sorceleur, tome 3 : Le sang des elfes, Andrzej Sapkowski
Sorceleur, tome 4 : Le temps du mépris, Andrzej Sapkowski
Sorceleur, tome 5 : Le baptême du feu, Andrzej Sapkowski
Sorceleur, tome 6 : La tour de l'hirondelle, Andrzej Sapkowski

Je vous avais prévenu la dernière fois : monomaniaquerie aiguë.

La saga évolue beaucoup au cours du temps. Le premier tome était plus une série de tableaux qui posait un univers, nous montrait le quotidien d'un sorceleur, tout en jouant avec des références littéraires évidentes, introduisait des personnages...
Dès le deuxième tome, les bases de l'intrigue politique sont posées. C'est cette intrigue politique qui va devenir le moteur principal de l'action.
Dans les tomes 3 et 4, le personnage féminin de Ciri s'impose de plus en plus et le roman prend les accents d'un roman initiatique. Dans les tomes 5 et 6, le sorceleur devient presque secondaire, et Ciri est au centre de l'histoire. Je trouve ça presque dommage, parce que j'aime beaucoup Geralt (sans doute parce que dans le jeu vidéo, c'est lui qu'incarne le joueur du début à la fin, ne prenant que très rarement le contrôle de Ciri lors de flash-backs). J'aurais aimé que le personnage soit plus fouillé.

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L'extrait suivant se trouve dans le tome 4. L'empire du sud, le Nilfgaard a lancé une attaque contre les royaumes du nord limitrophes. Dans un des royaumes les plus au nord, Kaedwen, on s'aprête à une grande guerre contre le Nilfgaard.

Obligation pour nous d'être postés le long de la rivière Dyfna dans trois jours. Je répète, dans trois jours ; ça veut dire qu'on va y aller au pas de course. Et pas question de faire un seul pas au-delà de la rivière Dyfna. L'ordre est formel. Les Nilfgaardiens vont vite se montrer sur l'autre rive. Mais attention : pas de bataille. En aucune façon, compris ? Même s'ils essayent de franchir la rivière quelque part, vous vous contentez de vous montrer, vous leur faites voir nos emblèmes, pour qu'ils voient que c'est nous, l'armée de Kaedwen.
Dans la tente, le silence régnait toujours.
- Comment ça ? bredouilla enfin Bode. On ne doit pas se battre contre les Nilfgaardiens ? On va à la guerre ou pas ? Qu'est-ce que ça veut dire, monsieur le centenier ?
- Ce sont les ordres. On va pas à la guerre, on va juste... (Demipot se gratta le cou) juste apporter une aide fraternelle. On traverse la frontière pour assurer une protection aux gens du Haut-Aedirn... Oubliez ce que je viens de dire... Pas du Haut-Aedirn, mais de la Basse-Marchie. C'est ainsi qu'a parlé Sa Grâce le margrave Mansfeld. C'est comme ça, sermonna-t-il, Demawend a essuyé une défaite, il s'est planté, il s'est étalé de tout son long parce qu'il gouvernait mal et qu'il en avait rien à foutre de la politique. C'en est donc fini de lui et de tout le royaume d'Aedirn. Notre roi a prêté beaucoup d'argent à Demawend, parce qu'il l'avait aidé par le passé. Aujourd'hui, y faut pas abandonner un tel trésor ; il est temps de récupérer cet argent avec un pourcentage. Nous ne pouvons pas non plus permettre que nos pays et nos frères de Basse-Marchie soient faits prisonniers par Nilfgaard. Nous devons les libérer. Parce que la Basse-Marchie, c'est notre terre ancestrale, autrefois sous l'autorité du sceptre de Kaedwen. Et aujourd'hui, elles reviennent à Kaedwen.
[...]
- Monsieur le centenier, commença Zyvik en bégayant, qu'est-ce qui va se passer si... si l'armée d'Aedirn oppose une résistance ? Si elle nous barre la route ? Parce qu'on va tout de même traverser leur pays en armes...
- Et si nos pays et nos frères, souligna ironiquement Stahler, ceux qu'on doit comme qui dirait libérer... s'ils se mettaient à nous lancer des flèches et à nous jeter des pierres, hein ?
- Nous devons nous tenir le long de la Dyfna dans trois jours, dit avec insistance Demipot. Pas plus tard. Quiconque voudrait nous retarder ou nous arrêter serait, de toute évidence, un ennemi. Et les ennemis, il faut les abattre avec nos épées. Mais attention, prenez garde ! Suivez les ordres ! Ne brûlez pas les villages ni les bicoques, ne prenez pas leurs biens aux gens, ne pillez pas, ne violez pas les femmes ! Tenez-vous-le pour dit, vous et vos soldats, parce que celui qui désobéira à ces ordres ira à l'échafaud.
Le voivode l'a répété au moins une dizaine de fois : on ne va pas là-bas pour envahir le pays, putain, mais pour apporter une aide fraternelle ! Qu'est-ce que tu as à grincer des dents, Stahler ? C'est un ordre, crénom d'un chien !

Qu'est-ce que tu as vu ces dernières semaines ?

Nahid (Ida Panahandah, 2015)

C'est le film iranien dont on a un peu entendu parler ces derniers temps, fait déjà assez rare pour être noté. Je suis allée le voir, surtout pour entendre un peu de farsi et voir ce qui se fait dans le cinéma iranien "exportable".
Comme je m'y attendais, c'était assez déprimant. On nous y raconte l'histoire d'une femme divorcée qui tombe amoureuse d'un homme, mais ne peut pas l'épouser car elle n'a obtenu la garde de son fils que sous condition de ne pas se remarier. Beaucoup d'aspects de la vie courante iranienne sont abordés discrètement : la drogue (un énorme problème en Iran), la violence conjugale, les deux classes de la société iranienne (la classe moyenne aisée et progressiste et la classe démunie dévote et réactionnaire : c'était aussi un des grand thèmes de La séparation), la femme entretenue par son mari, l'enfant unique roi... Pour quelqu'un qui ne connaîtrait pas l'Iran, ça vaut vraiment le coup. Mais ca ne vous rendra pas heureux et guilleret pour le reste de la journée !
Dans le même genre, j'ai quand même préféré La séparation. C'était beaucoup plus prenant.

Das Leben der Anderen (La vie des autres, Florian Henckel von Donnersmarck, 2006)

Un grand classique, je ne l'avais pas revu depuis un moment. Un joli mélange de conte et de reconstitution historico-politique très réaliste. C'est une grande réussite. Ulrich Mühe est vraiment formidable (et quel dommage qu'il soit mort si peu de temps après).

Oh, et puis voir un bon film dans Berlin, ça fait toujours plaisir.

dimanche, 10 avril 2016

La vidéo du mois d'avril

Ca fait déjà plus d'un an que je me suis mise à regarder pas mal de vidéos sur internet. Je ne parle évidemment pas d'épisodes de séries (j'en regarde très peu) ou de films (je ne regarde à peu près jamais de films sur internet), mais de chroniques, petites vidéos et rendez-vous quotidiens ou hebdomadaires de "youtubeurs" (ils sont en effet le plus souvent sur youtube, même si ce n'est pas un critère). Parmi eux, il y a (beaucoup) de vulgarisation scientifique, des let's playeurs, de la critique littéraire ou cinéma...

J'ai eu envie de partager mensuellement les "meilleures" vidéos avec vous. Il y a en effet de vraies petites perles, et je n'aime pas trop partager ce genre de choses sur Facelook. Or, ces vidéos sont en fait très représentatives de ce à quoi j'utilise mon temps libre en semaine, une fois ma journée de travail terminée et une fois rentrée de l'entraînement de sport.

Je vous préviens que, même si j'intitule ces posts "vidéo du mois", il ne s'agit pas forcément d'une vidéo sortie ce mois-ci. Plus vraisemblablement, il s'agira d'une vidéo que j'ai vue dans le mois, et qui peut donc être beaucoup plus vieille. Et ce ne sera même pas forcément le cas.

Pour bien commencer, voilà un de mes chouchous, Usul. Après s'être fait connaître avec des vidéos très drôles dans l'univers du jeu vidéo, il a complètement changé de ton et produit maintenant une série "mes chers contemporains", des vidéos politiques très sérieuses et très honnêtes. Toutes sont excellentes (la précédente sur Lordon était suuuuper). Voici le sixième volet, et la vidéo est intitulée "le salaire à vie":

lundi, 08 février 2016

C'est lundi...

Qu'est-ce que tu as lu de nouveau ?

Chroniques martiennes, Ray Bradbury

Un grand classique, très agréable. Lorsque Ray Bradbury imagine le futur (la découverte et conquête de la planète Mars par les humains), sa vision est à la fois datée et complètement indémodable. Sans doute parce que tout est très drôle et absurde, même si parsemé de quelques accents hippies assez charmants.

Le crime du comte Neville, Amélie Nothomb

Agréables souvenirs de lecture. Pas sa plus grande réussite.

Les Dits de Bistami (shatahât), Abû Yazid Bistami (traduits par Abdelwahab Meddeb)

Abû Yazid Bastami (ou Bistami) est l'un des premiers soufis, le premier vrai mystique iranien à mon sens. Il est assez peu connu et assez peu étudié, même si l'on reconnaît en général qu'il est celui qui a introduit une influence brahmanique (un peu bouddhiste sur les bords) dans le soufisme. On le connaît par les shatahât (traduit ici par "dits") que l'on peut grappiller dans les témoignages de ses disciples.

Je vis le Seigneur de Gloire en rêve. Je lui dis :
- Comment aller vers Toi ?
Il répondit :
- Laisse ton moi et viens.

J'avais décidé pour mon cours de littérature iranienne de faire un travail sur Bastami en comparant ses shatahât avec ce que Bergson a pu dire sur les mystiques chrétiens dans les deux sources de la morale et de la religion. L'angle d'approche, sans être grandement original, me semblait une bonne occasion de me plonger dans Bergson et d'avoir quelque chose d'intéressant à dire. Je vous épargne mon plan en trois parties, mais en conclusion, il y avait beaucoup de similitudes. Même si Bastami a ses marottes personnelles (et que quelques légendes superstitieuses se mêlent aux shatahât), on retrouve chez lui la plupart des concepts clés du mysticisme : la "nuit obscure" à la Saint Jean de la Croix, l'abandon du moi pour former une unité avec Dieu (où on retrouve l'influence bouddhiste), le rejet de ce que Bergson appelle la "fonction fabulatrice" (les superstitions et la fermeture de la foi en institution)...
Bref, c'était un travail un peu bâclé (j'avais pas trop que ça à faire) mais intéressant.

Je me suis plongé dans l'océan de la gnose jusqu'à atteindre le palier de Muhammad. Et j'ai vu entre lui et moi mille stations. En m'approchant de l'une d'elles, je fus brûlé.

Il faut bien entendu dire un mot sur le livre lui-même, sans lequel je n'aurais pu travailler. Bastami était un soufi iranien, mais ses shatahât sont tous en arabe, et je n'aurais jamais eu accès aux textes sans une bonne traduction. Quel ne fut pas mon bonheur en recherchant un sujet de découvrir que mon chouchou personnel, Abdelwahab Meddeb, avait édité une traduction presque exhaustive des shatahâts en français. Abdelwahab Meddeb venait alors juste de mourir (il est mort juste avant l'attentat contre Charlie Hebdo (heureusement pour lui, peut-être)) et j'étais encore sous le choc. Il animait depuis des années l'émission "Cultures d'Islam", merveilleuse en tous point. C'était une de mes personnalités préférées, sans conteste ; j'aimais son approche de l'Islam, sa passion pour le soufisme (qu'il m'a transmise), ses prises de positions toujours très claires sur l'actualité et sur certaines questions théologiques. Je connais mal son activité de poète et d'écrivain, je suis persuadée que ce seront de belles découvertes à venir.

Le guet des Orfèvres, Terry Pratchett

Les riches étaient riches, concluait Vimaire, parce qu'ils parvenaient à dépenser moins d'argent.
Tenez, les bottes par exemple. Il gagnait trente-huit piastres par mois plus les indemnités. Une très bonne paire de bottes en cuir coûtait cinquante piastres. Mais une paire abordable, du genre à tenir une saison ou deux avant de prendre autant l'eau qu'une éponge dès que le carton rendait l'âme, en coûtait à peu près dix. C'était ce modèle que Vimaire achetait toujours à portait jusqu'à ce que la semelle devienne si mince qu'il arrivait à deviner dans quelle rue d'Ankh-Morpork il se trouvait par nuit de brume rien qu'au contact des pavés.
Mais ce qu'il faut dire, c'est que des bonnes bottes duraient des années et des années. L'acheteur en mesure de débourser cinquante piastres pour une paire de bottes gardait les pieds au sec au moins dix ans, alors que le miséreux qui ne pouvait s'offrir que des bottes bon marché dépensait cent piastres dans le même laps de temps et se retrouvait quand même les pieds mouillés.
C'était la théorie "bottière" de l'injustice socio-économique du capitaine Samuel Vimaire.

Accros du roc, Terry Pratchett

Les tribulations d'un mage en Aurient, Terry Pratchett

Selon le philosophe Ly Tin Wheedle, on trouve le chaos en plus grande abondance partout où l'on recherche l'ordre. Le chaos l'emporte sur l'ordre parce qu'il est mieux organisé.

Masquarade, Terry Pratchett

Pieds d'argile, Terry Pratchett

5 autres tomes du Disque-Monde, tous inventifs, drôle, et intéressants.
Au bout de dix-neuf tomes, il n'y a plus de grosse surprise et on sait à peu près à quoi s'attendre. Mais je suis toujours heureuse de retrouver Mémé Ciredutemps ou Carotte et de voir où leurs nouvelles aventures vont les mener, sachant que je ne m’ennuierai pas.

Ada ou l'ardeur, Vladimir Nabokov

Il n'est sans doute pas besoin de présenter le couple incestueux le plus célèbre de la littérature mondiale. Essayer de résumer l'histoire serait sans aucun intérêt. Nabokov ne raconte pas une histoire, il déploie une cartographie intellectuelle, un long tissu de mots qui se déroule.
On aurait tord de s'attendre à 600 pages de récit érotique. L'érotique (exclusivement masculin) est présent tout du long, et c'est loin d'être ce que Nabokov fait de moins bien, mais toutes les circonvolutions littéraires ou entomologiques ne sont pas là que pour remplir du vide. Comme chez Proust (qu'il cite d'ailleurs à tout va), il faut juste se laisser porter...

Ada, sans daigner apaiser les craintes de sa mère, continuait son discours : "Fort heureusement, ce matin même, notre érudite gouvernante qui fut aussi la tienne, Van, et qui..."
(C'était la première fois qu'elle prononçait son nom ... dans une leçon de botanique !)
"... et qui est passablement sévère pour les "traditeurs" anglo-saxons et pour les bourdes - bien que je la soupçonne de nourrir son zèle de considérations plus chauvinistes que morales - a bien voulu attirer mon attention, ma papillonnante attention, sur quelques superbes "défleuraisons" comme tu les appelles, Van, commises par un Mr. Fowlie dans la version soi-disant littérale (et qualifiée par Elsie de "sensible" - sensible ! - dans un récent article élogieux) du poème de Rimbaud,
Mémoire, que par bonheur et comme avec prescience, elle m'a fait appendre par cœur, quoique je le soupçonne de préférer Musset ou Copée."
Van cita triomphalement : "... les robes vertes et déteintes des fillettes..."
"Egg-zactly (imitation de Dan). D'ailleurs Mlle Larivière ne me permet de lire Rimbaud que dans l'anthologie Feuilletin (c'est sans doute celle que tu possèdes). Mais j'ai l'intention de me procurer au plus tôt les œuvres complètes. J'ai bien dit au plus tôt - beaucoup plus tôt qu'on ne le pense. Mademoiselle, soit dit en passant, ne va pas tarder à descendre. Il ne lui faut plus que le temps de border Lucette, notre roussette chérie, qui devrait à cette heure avoir revêtu pour la sieste sa chemise de nuit verte...
- Angel moi, objecta Marina, je suis sûre que Van ne s'intéresse pas aux chemises de nuit de Lucette...
- ... verte du vert des saules et compté les petits moutons de son ciel de lit (que Fowlie traduit par "sky's bed" au lieu de "bed ceiler"). Pour en revenir à notre fleur infortunée, le faux louis d'or de cette anthologie de français salopé, c'est, sans conteste, la métamorphose idiote de soucis d'eau (notre
marsh marigold) en "care of the water", "sollicitude de l'eau", alors que Fowlie avait à sa disposition des douzaines de synonymes comme mollyblob, marybud, maybubble et toutes sortes d'autres sobriquets associés à ce qu'on appelle "fête de la fécondité", quoi que puissent bien être ces fêtes.
- Réciproquement, dit Van, on imagine sans peine une Miss Rivers, pareillement bilingue, collationnant sur l'original une version française, disons le
Garden de Marvell...
- Oh..., s'écria Ada, je puis fort bien te réciter
Le Jardin dans ma transversion personnelle... voyons un peu...
   En vain on s'amuse à gagner
   L'Oka, la Baie du Palmier...
- ... to win the Palm, the Oke or Bayes !" hurla Van.
"Vous savez, mes enfants", dit Marina, qui, cette fois, les interrompit résolument et leva ses deux mains dans un geste pacificateur, "quand j'avais ton âge, Ada, et que mon frère avait ton âge, Van, nous parlions de croquet, de poneys, de chiots, de la dernière fête d'enfants, du prochain pique-nique, oh ! d'un million de choses, toutes gentilles et toutes normales, mais jamais, au grand jamais, de vieux botanistes français ou Dieu sait quoi encore..."

Sorceleur, tome 1 : Le dernier voeu, Andrzej Sapkowski
Sorceleur, tome 2 : L'épée de la Providence, Andrzej Sapkowski

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Avec le sorceleur, attention : on pénètre sur le terrain de ma monomanie du moment.

L'été dernier est sorti le troisième volet du jeu vidéo "The Witcher". Je ne suis pas une joueuse de jeux vidéos, mais j'ai pas mal d'amis qui le sont, et je prends beaucoup de plaisir à regarder des "let's players" (des gens qui jouent aux jeux vidéos et mettent en ligne leur jeu). On m'avait montré un jour la cinématique d'introduction du jeu, qui promettait énormément. Je me suis donc précipitée sur les vidéos de let's play lorsqu'elles sont arrivées.
En ce qui me concerne, le jeu a dépassé toutes mes attentes. Ce jeu est une véritable œuvre d'art, et une prouesse de design. L'imagination des concepteurs du jeu dans le design des montres ne semble pas avoir de limite. Les décors sont magnifiques et soignés, les animations sont formidablement bien faites, les combats sont très fluides, la musique du jeu est magnifique elle aussi, et bien entendu le scénario est bien bien supérieur à ce qui se fait habituellement en jeu vidéo. J'en suis actuellement à une bonne cinquantaine d'heures de visionnage (!!!) et je ne m'en lasse pas.

Les jeux vidéos sont en effet tirés d'une saga de fantasy de Andrzej Sapkowski qui a eu elle aussi un franc succès. Joker (qui était déjà coupable pour la cinématique de début) m'a filé les deux premiers tomes. Et heureusement que je passe bientôt chez Manu et Joker pour leur voler la suite, parce que je trépigne d'impatience.

Donc l'histoire : dans un monde de fantasy aux accents médiéval et dans lequel les humains vivent aux côté de nombreux non-humains (nains, elfes, moires, dragons, goules, zeugles, etc.), parfois pacifiquement, parfois en conflit, il existe une caste particulière qui est celle des sorceleurs. Les sorceleurs sont des "mutants", humains soumis à des traitements chimiques et magiques durant leur enfance qui leur donnent (du moins à ceux qui survivent à ces traitements) des capacités spéciales. Les sorceleurs sont les seuls capables de détruire les non-humains hostiles à l'homme. Le héros de la saga est un sorceleur, Geralt de Riv. Cette espèce de cow-boy solitaire parcourt les différents royaumes de ce monde en quête de contrats de sorceleur, de plus en plus rares. Les temps sont durs, une guerre sanglante approche et une grande hostilité monte, contres les non-humains, contre les sorceleurs, contre les mages et les sorcières. La saga développe, en plus de la vie de Geralt, tout un arrière-plan politique et on se prend au jeu très facilement.

Une des choses qui me plaisent beaucoup dans cette saga, c'est qu'elle me semble prendre vraiment en compte le monde actuel. Il n'est pas question ici de fuir la réalité en se plongeant dans un monde de fantasy avec des nains et des sorcières. J'ai tout de suite apprécié le côté très adulte à la fois du jeu vidéo et de la saga. Même si certains passages sont empreints de bons sentiments un peu faciles, l'ambiance générale est assez sombre. Geralt ne se fait jamais d'illusion sur la volonté de pouvoir des puissants et la méchanceté des foules. S'il essaye de passer à travers les événements sans y prendre part, il est souvent forcé de prendre parti malgré lui dans les conflits auquel il est mêlé. Pas de bons et de méchants autour de lui, pas même du côté des monstres. Les conflits sont souvent issus de haines ethniques absurdes et qu'il semble qu'il serait si simple de régler avec un peu de bonne volonté que nous ne pouvons que nous identifier à Geralt, que sa condition de sorceleur place en marge des événements.
Pour moi ce livre est donc vraiment un produit de notre époque (le premier tome est sorti en 2007 et le dernier devrait sortir en 2017), j'y vois l'influence de la société polonaise (un regard vraiment très européen) et des problématique de ma génération (aussi bien sûr dans la sexualité qui est très présente à la fois dans la saga et dans le jeu vidéo).

Bref, je m'emballe, mais je vous avais prévenus : alerte monomaniaquerie aiguë !
Si vous voulez voir la magnifique cinématique de début pour vous faire une idée de ma beauté du jeu (mais j'ai bien dit que c'était ADULTE, alors venez pas vous plaindre après !), c'est cadeau :

Qu'est-ce que j'ai vu de nouveau ?

Nostalgie de la lumière (Patricio Guzmán, 2010)

Le bouton de nacre allait sortir au cinéma, et Patricio Guzmán était invité dans le cadre d'un événement organisé par l'université de Paris 7 à venir discuter de son ancien film, Nostalgie de la lumière. Jean Claude Ameisen était de la partie. Dans Sur les épaule de Darwin que je venais de lire, il ne tarissait pas d'éloges sur ce film. A moitié un film documentaire (mais sur quel sujet ?) à moitié contemplation poétique, le film explore une partie du désert chilien d'Atacama. Dans ce désert se trouvent les plus grands télescopes au monde. Dans ce désert se trouvent aussi les corps d'hommes exécuté sous Pinochet et dont les femmes continuent de chercher la trace. Patricio Guzmán met en résonance tout cela. Et c'est très très beau.

J'ai été très marquée par ce film, même si je ne m'en suis pas rendu compte immédiatement. Les images restent en tête, même des mois après. J'ai l'impression d'avoir vécu quelque chose.

Le nouveau stagiaire (Nancy Meyers, 2015)

Ça fait partie des choses que je ne peux faire qu'à Paris : me laisser entraîner par des amis à aller voir des films que jamais de la vie je n'aurais été voir. Même si j'aime bien Anne Hathaway et De Niro, jamais de la vie je n'aurais été voir cette comédie "les vieux sont nos amis, il faut les aimer aussi".

C'était charmant, j'ai passé un bon moment (parfaitement oubliable, mais avec mes amis).

Spectre (Sam Mendes, 2015)

Comme pour le film précédent, c'est Yoda et sa copine qui sont cause que je suis allée voir le dernier James Bond.
"On va voir Spectre, tu veux venir ?
- Oh oui ! C'est quoi, Spectre ?
- Comment ça, "c'est quoi" ? Mais c'est le nouveau James Bond !
- Ah... bon, ben, oui quand même..."

J'ai failli y croire au début. Parce qu'il y avait Monica Belluci qui aurait pu renverser les clichés de la James Bond girl. Parce que quand j'ai vu le premier plan-séquence du film, j'avais les yeux écarquillés de bonheur. Ce plan-séquence était tellement grandiose, l'animation de la fête des morts était tellement bien mise en scène, les mouvements de caméra tellement fluides et osés, Daniel Craig tellement swag et le rythme tellement bien dosé que j'y ai vraiment cru.
Mais non, visiblement, ils avaient tout donné dans la première séquence et étaient à court d'idée pour la suite, Monica Belluci apparaît trois minutes dans un rôle sans intérêt et tout le reste est gnangnan gnangnan gnangnan.
Rien à sauver.
À part le premier plan-séquence.

La famille Bélier (Eric Lartigau, 2014)

Dans ce film encore, rien à sauver. Sauf bien sûr LA séquence (quasi) finale d'audition ou Louane chante pour accomplir son rêve et pour sa famille. Belle scène bien trouvée, à cause de laquelle visiblement tout le film a été fait. Mais une scène pour faire un film, c'est un peu léger. Je n'ai accroché à rien du tout de cette histoire, ni à l'humour, ni aux acteurs. Et mon amour pour Sardou étant très relatif, ca n'arrangeait rien.

El Club (Pablo Larraín, 2015)

Je suis contente de savoir que ce film existe, de savoir qu'il est possible, au Chili (encore !), de faire ces films-là et d'oser y dire ce que Pablo Larraín y dit. Je n'ai pas du tout accroché, et je n'en garde qu'un souvenir vague.
Mais l'alchimie aurait pu prendre. Il y avait pas mal d'éléments vraiment originaux, des acteurs formidables. C'était juste pas mon film.

La prophétie des grenouilles (Jacques-Rémy Girerd, 2003)

Un petit tour à la cinémathèque avant de quitter Paris. J'avais oublié que j'avais déjà vu ce film.
Il manque un petit quelque chose à ce film, qui est vraiment plein de qualités. Un petit quelque chose qui ferait qu'il soit super.
Un des meilleurs choix de casting de ce film, c'est la voix de Galabru pour l'éléphant râleur bloqué au premier étage. Il est vraiment formidable. J'ai plein de souvenirs de bonheur liés à la voix de Galabru. Une de mes voix préférées au monde. Dans ce mois de janvier qui a vu mourir tant de personnalités, c'est bien lui que je regrette le plus...

Pour qui ne connaîtrait pas la prophétie des grenouilles : il s'agit d'une variation de l'arche de Noé aux temps actuels. Les grenouilles ont refait leurs calculs et sont formelles : il va pleuvoir pendant quarante jours et quarante nuits. Elles arrivent à informer à temps la famille de Ferdinand, de sorte que les animaux alentours (ceux de la famille et du zoo voisin) vont réussir à embarquer au bord d'une arche un peu hors du commun. Heureusement, Ferdinand avait mis de côté des kilos et des kilos de patates. Les poules sont ravies. Les cochons aussi. Mais les animaux carnivores n'y trouvent pas vraiment leur compte et commencent à reluquer les poules avec appétit...
C'est vraiment une histoire pour les plus petits, et très bien adaptée de ce point de vu là.

My skinny sister (Sanna Lenken, 2015)

L'histoire de la crise d'anorexie de Katja, vue par les yeux de sa petite sœur Stella.
Le film n'évite pas quelques maladresses, mais les personnages sont bien campés. On comprend très vite les lubies un peu bizarres de Stella. Sa grande sœur, Katja, remporte brillamment des compétitions de patinage artistique, mais la pression la rend nerveuse et la fait plonger dans l'anorexie.

Le film retrace assez justement les crises chaotiques de l'anorexie. Un coup Katja se fait vomir, un coup elle n'avale plus rien, puis tout va bien et elle mange des sandwichs, avant la prochaine crise etc.
Il me semble que c'est assez proche de ce qui peut se vivre à l'adolescence. Katja est plutôt bipolaire et insatisfaite chronique qu'anorexique. Stella, elle, est un peu dépassée par les événements et surtout ignorée par tout le monde, Katja monopolisant sans cesse l'attention.
La conséquence est que le film est un peu brouillon. Ce côté déstabilisant est sans doute voulu, mais nuit au film.

Sanna Lenken, qui a elle-même été anorexique, s'est inspirée de sa propre petite sœur dans ce film.
Le changement de perspective est intéressant, mais le film ne décolle jamais vraiment.

Le garçon et la bête (Mamoru Hosoda, 2015)

Le générique ne fait pas vraiment honneur au film, qui est bien plus intéressant que la présentation ne pourrait le laisser penser. Le film joue habilement avec les codes du shônen japonais, en les respectant tout en les prenant à rebrousse-poil. Au final, on n'arrive pas très bien à savoir si on a vu un shônen de plus (le shônen, c'est le manga "pour garçons", dans lequel on a typiquement un jeune homme ou un enfant qui va affronter des épreuves de plus en plus difficiles, et en s'améliorant devenir un homme accompli) ou si on a vu quelque chose de complètement original. On a un sentiment de déjà-vu, mais un déjà-vu nouveau. Typiquement japonais, dans le fond.

J'ai trouvé le dessin animé magnifique. Le dessin surprend un peu dans les premières minutes, il est beaucoup moins lisse et joli que ce que ferait un Miazaki. Mais l'utilisation des couleurs et des effets spéciaux rend certaines scènes fascinantes (la scène d'introduction est un chef d’œuvre).

Je n'ai pas tout compris à l'histoire, le film invitant à être revu plusieurs fois. Je me suis demandée d'ailleurs à quel public pouvait bien s'adresser ce film. La première partie, celle où Kutya est enfant et va quitter le monde des hommes et rencontrer son maître, est trop cousue de film blanc et trop gentiment rigolote pour ne pas être destinée à un public enfant. Dans un deuxième temps, Kutya devient adolescent et soudain les problématiques changent et le ton devient très sérieux. Certaines scènes sur la fin sont un peu impressionnantes pour un enfant. J'ai beaucoup aimé ce changement de ton, mais je ne pense pas qu'un enfant y trouverait son compte. D'autre part, un ado trouverait sans doute le départ du film trop "gamin".

Un très chouette film quand même, du bon dessin animé intelligent comme les japonais savent en faire.