Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 18 février 2017

Berlinale, jour 1 : Ri Chang Dui Hua

Vous pouvez voir ici une interview de la réalisatrice, Hui-chen Huang, faite par les Teddy Awards.

vendredi, 10 février 2017

La vidéo du mois de Février

Comment ca j'ai oublié la vidéo de Janvier ? Mais non, mais non, vous avez mal vu.

 

lundi, 12 décembre 2016

C'est lundi...

Livres lus depuis la dernière fois

Un motif récurent se cache dans la liste de livres suivante, sauras-tu le repérer ?

Le Trône de Fer, Tome 3: La bataille des rois, George R.R. Martin
Le Trône de Fer, Tome 4: L'ombre maléfique, George R.R. Martin
Le Trône de Fer, Tome 5: L'invincible forteresse, George R.R. Martin
Le Trône de Fer, Tome 6: Intrigues à Port-Réal, George R.R. Martin

Communardes ! Nous ne dirons rien de leurs femelles, Wilfrid Lupano

Le Trône de Fer, Tome 7: L'épée de feu, George R.R. Martin
Le Trône de Fer, Tome 8: Les noces pourpres, George R.R. Martin

Le quai de Ouistreham, Florence Aubenas

Florence Aubenas (journaliste) s'est glissée dans le peau d'une femme sans diplôme en recherche de travail dans le Nord sinistré par la crise économique et le chômage. Elle va principalement évoluer au Pole Emploi et enchaîner les petits emplois de femme de ménage.

C'est donc une sorte de reportage, et en tant que document très intéressant, dans lequel la journaliste ne décrit pas seulement des faits, mais explique un peu son état d'esprit et ses réflexions sur les situations qu'elle vit. J'oscillais pendant ma lecture entre des moments où je m'étonnais de l'étonnement de la journaliste (mais dans quel monde vivait-elle avant ?) et les moments où j'étais sous le choc de me dire que le quotidien pour tout un tas de gens puisse en effet se résumer à courir de boulot du matin en boulot du soir, se faire insulter et humilier à longueur de journée, et économiser la moindre épluchure de pomme de terre (et pas parce que "c'est la crise" mais parce qu'ils n'ont jamais rien connu et ne connaitront jamais rien d'autre de leur vie) (mais dans quel monde vivent-ils ?).

Plus que la description des conditions de travail exécrables et du néant de Pole Emploi, c'est ce choc de culture inter-francais qui m'a marquée le plus dans ce livre (et qui m'a beaucoup rappelé ma lecture de "Pour en finir avec Eddie Bellegueule"). L'idée qu'il y a une telle incompréhension entre des personnes qui vivent si proches les unes des autres et pensent faire partie d'un même pays, et qui sont incapables de communiquer parce que les réalités qu'elles vivent sont bien trop différentes. (Ne parlons même pas des élites politiques... cela est un autre débat.)

Le Trône de Fer, Tome 9: La loi du régicide, George R.R. Martin

Le théorème du perroquet, Denis Guedj

Le Trône de Fer, Tome 10: Le chaos, George R.R. Martin

Le long voyage de Lena, Pierre Christin

Le Trône de Fer, Tome 11: Les sables de Dorne, George R.R. Martin

Lena et les trois femmes, Pierre Christin

Le Trône de Fer, Tome 12: Un festin pour les corbeaux, George R.R. Martin
Le Trône de Fer, Tome 13: Le bûcher d'un roi, George R.R. Martin
Le Trône de Fer, Tome 14: Les dragons de Meereen, George R.R. Martin
Le Trône de Fer, Tome 15: Une danse avec les dragons, George R.R. Martin

Voici les 15 tomes du Trône de Fer terminés. J'en retiens :
- une intrigue politique palpitante (pas toujours très crédible, mais palpitante)
- un rythme parfaitement bien équilibré dans les évènements (Le risque sur ce genre de grande saga, c'est que se succèdent les grandes batailles décisives, les retournements de situation, de sorte que l'on ait au final l'impression que tout est également important. Or, dans notre Histoire, les évènements vraiment révolutionnaires sont rares, lents à se mettre en place et impactants. Je trouve que Martin réussit bien à maintenir les lecteurs en haleine sans accumuler pour autant sans fin des événements majeurs. Dans le fond, les batailles vraiment décisives, il y en a peu, de sorte que la bataille sur la Néra est un moment très fort qui impacte tous les tomes suivants et reste en mémoire comme une aventure de lecteur marquante. De même, l'épisode des "noces sanglantes" est un climax sans comparaison, qui donne du coup un point de repère dans l'Histoire qui est racontée et contribue pour moi à l'extrème réalisme de la saga (malgré les dragons, les prophéties et tout l'attirail fantasy qui l'accompagne).
- un discours sur le rôle sociéto-politique des religions que je trouve intéressant (Il est finalement assez rarement question du sentiment religieux lui-même, les hommes bons sont bons quelle que soit leur lien à la religion, et c'est par exemple parce qu'un homme est profondémment bon qu'il va devenir moine, pas l'inverse. Et ce alors qu'un certain surnaturel mystique a l'air de jouer un rôle concret dans les évènements : prophétie qui se réalise, résurections miraculeuses, dons de divination, etc. Je ne trouve pas ca gênant du tout, seulement assez surprenant.)
- une certaine complaisance dans des scènes de sadisme et/ou de sexe (Je suppose que c'est quelque chose qui peut être reprochée à ce type d'écriture et considéré un peu raccoleur. Je me demande d'ailleurs à quel point la chaîne HBO, qui a adapté la série et est connue pour ce côté très adulte/raccoleur, est pour quelque chose dans l'accent mis dans cette veine. Pour ma part, je trouve ces scènes complaisantes mais rarement parfaitement gratuites. Je trouve que, comme dans Elfen Lied, mettre en lumière la fascination sadique du lecteur est une expérience intéressante pour le lecteur, que ce soit ou non le but premier du créateur. En un mot : chez Martin, je suis bon public pour ce genre de trucs, pas de soucis.)
- des personnages attachants (beaucoup)
- une vision manichéiste de l'homme que je regrette un peu (On va avoir au maximum des gentils qui ont d'abord l'air méchants et des méchants qui ont d'abord l'air gentils, quasiment aucun personnage mitigé. Il y a parfois par contre des gentils qui sont ennemis entre eux, ce qui est d'ailleurs le sessort dramatique principal.)
- quelques scènes un peu trop over-the-top que je n'ai pas aimées (La marche de la honte, notamment, que je trouve parfaitement irréaliste par rapport au reste des évènements. Ce n'est pas seulement que je ne comprends pas pourquoi George Martin a fait le choix d'écrire cette scène, mais je la trouve particulièrement désagréable à lire.)

J'attends donc la suite de la saga avec impatience et j'interdis aux gens qui regardent la série HBO de me divulgâcher le scénario.

Va-t-en guerre, Terry Pratchett

Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

La lecture de ce roman fabuleux m'a mise dans un état de torpeur dont je ne suis pas encore tout à fait ressortie. Je suis conquise. Quand c'est qu'on lui donne le prix Nobel, au fait ?

La douleur, André De Richaud

Drama City, George P. Pelecanos

Le roman policier n'est vraiment pas mon genre de prédilection, c'est pourquoi je n'ai pas eu une passion pour ce livre sur Washington DC (DC --> Drama City), qui m'a pourtant bien plu dans son genre. J'ai beaucoup aimé le propos de l'auteur, même s'il n'est pas extrèmement subtil et que je ne suis pas une grande fan non plus en temps normal des romans à message. Ici, l'idée qui soutend le roman est bien précise : oui, c'est vrai que Washington DC est le royaume du trafic de drogue, mais c'est aussi le royaume des anciens drogués et anciens dealers qui essayent de reprendre le contrôle de leur vie et de devenir des gens bien, le royaume des amoureux des animaux, des gens biens et moins biens qui vivent leur vie comme il le peuvent, eux qui ont rarement tiré le gros lot à la tombola de la vie, c'est là où se nouent des amitiés, des amours, des drames.
Ce qui fait le charme du roman, c'est justement qu'on prend beaucoup plus de plaisir à suivre Lorenzo qui va promener son chien tôt le matin qu'à suivre les dealers qui se croient dans un film d'Al Pacino et qui nous semblent finalement bien puérils et pathétiques (mais jamais antipathiques non plus).

Films vus depuis la dernière fois

Café Society (Woody Allen, 2016)

Love and Friendship (whit Stillman, 2016)

Colonia (Florian Gallenberger, 2015)

Cyrano de Bergerac (Claude Barma, 1960)

C'est la meilleure adaptation de Cyrano qui existe. Point.

Star Wars: Episode IV - A New Hope (George Lucas, 1977)

Non, j'avais déjà vu les vieux épisodes de Star Wars. Et même le premier nouvel épisode. J'en avais gardé un souvenir à peu près proche de zéro, d'une histoire à laquelle je n'avais rien capté, d'une grosse limace assez sympa. Et bien sûr, comme je ne vis pas dans une grotte, je savais qui était Darth Vador et je connaissais "Je suis ton père.". J'aurais pas trop été capable de dire le père de qui, mais je me doutais que c'était d'un des deux personnages principaux.

J'ai trouvé ce premier (je veux dire quatrième) épisode absolument exécrable. Le personnage de Luke est fadasse, le scénario cousu de fil blanc, on ne pige absolument rien aux scènes d'action (comme quoi ma mémoire ne m'avait pas trompée) et la grosse limace est un méchant (inadmissible, cette grosse limace est pourtant trop cool).

La seule chose intéressante de tout le film, c'est Han Solo, parce que le personnage est vaguement intéressant et que l'acteur sait jouer (et a l'air de s'éclater).

Star Wars: Episode V - The Empire Strikes Back (Irvin Kershner, 1980)

Heureusement décidée à ne pas abandonner après ce premier (heu, je veux dire quatrième) épisode tout pourri (parce que j'avais un anniversaire Star Wars qui approchait), j'ai pu me rendre compte avec plaisir qu'avoir un peu d'argent à mettre dans son film avait du bon et que le deuxième (je veux dire cinquième) épisode valait vraiment le coup.
On est évidemment loin du genre de films que j'adore, mais au moins je n'éprouve aucune douleur psychique à voir ce film. L'action est correcte, les effets spéciaux sont corrects, le film nous explique un petit peu ce qui se passe et Irvin Kershner semble à peu près compétent à diriger des acteurs.

Star Wars: Episode VI - Return of the Jedi (Richard Marquand, 1983)

Entre autres connaissances geek obligatoires, je savais que Darth Vador, il meurt à la fin et que en fait ils sont frère et soeur. Là encore, de là à savoir qui était le frère de sa soeur, il y avait un pas (la soeur, c'était facile, il n'y a qu'un seul personnage féminin dans ce film).
Le suspens était donc assez peu à son comble, mais encore une fois, ce troisième (je veux dire sixième) épisode était correct.

Toni Erdmann (Maren Ade, 2016)

Kubo and the two strings (Travis Knight, 2016)

J'espère que vous avez tous couru au cinéma voir cette petite perle. C'est superbe, épique, drôle, effrayant, surprenant.

Full Metal Jacket (Stanley Kubrick, 1987)

The Whale in the Room (Tara Mercedes Wood, 2015)
The Race (Michael Le Meur, 2015)
Love (Réka Bucsi, 2016)
Bovenkamer/Oberstübchen (Andre Maat, 2015)
Machine (Sunit Parekh-Gaihede, 2015)
The Reflection of Power (Mihai Grecu, 2015)
The Love Story (Evan Grothjan, 2015)
Tarim le Brave contre les Mille et Un Effets (Guillaume Rieu, 2015)

Kingsman: The secret service (Matthew Vaughn, 2014)

Kataude mashin gâru (The Machine Girl) (Noboru Iguchi, 2008)

District 9 (Neill Blomkamp, 2009)

Paranormal Activity (Oren Peli, 2007)

Mac et moi (Stewart Raffill, 1988)

Captain Fantastic (Matt Ross, 2016)

The Newsroom, saison 1 (Aaron Sorkin, 2012)

La série Newsroom nous plonge dans une équipe de journalistes aux Etats-Unis qui préparent tous les jours le journal télévisé de la chaîne (fictive) ACN. Le présentateur, Will McAvoy, est une célébrité, et vit une sorte de crise morale profonde. Avec sa nouvelle productrice (et ex petite amie), lui et son équipe décident de se battre pour présenter un journal intègre, éthique et pour se détacher du sensationalisme et de la loi de l'audimat.

La première saison est sortie en 2012 et couvre une année d'informations de 2011. Cela est déjà un petit exploit, étant donné que la série délivre également une certaine analyse des États-Unis de 2011, avec donc relativement peu de recul. La série tape énormément sur les Républicains, et principalement sur le Tea-Party, sur les attaques violentes des pro-life, et bien entendu sur le dictat de l'audimat qui empêche les journalistes de faire leur métier.
Les grands méchants sont ici en effet les actionnaires et des dirigeants de la chaîne ACN. Au sein de l'équipe autour de Will McAvoy, tout le monde est compétent, dévoué, d'une déontologie sans accros et complètement workaholic. Si vous vous attendez à des luttes de pouvoir, des batailles d'égo et des coups sous la ceinture, passez votre chemin. Aaron Sorkin construit dans cette série une sorte de journalisme utopique. On pourrait être sceptique si l'idée était de nous faire entrer dans les coulisses de la production d'un journal télévisé, mais je pense que l'ambition de la série est toute autre. Personnellement, je suis ravie qu'on pose un terrain sur lequel, au lieu de dénoncer ce qui pose problème dans les médias, on préfère débattre de choses sur lesquelles il est vraiment intéressant de débattre (comment les médias pourraient modifier la campagne présidentielle, etc.).

Je suis fan. Et j'ai oublié de dire que les acteurs sont tous aussi formidables les uns que les autres.
Personnellement, je rempile pour le suite.

Star Wars: Episode I - The Phantom Menace (George Lucas, 1999)

Je m'attends à ce que tous les épisodes suivants soient à la mesure de cet épisode inaugural : que ca sente le budget monstre, que le scénario soit assez fade et que le film me hurle "image de synthèse" à la figure.
Les décors sont vraiment superbes, on sent qu'il y a vraiment eu une équipe artistique de premier choix derrière le film. Rien que pour ca, c'est très agréable. On sent vraiment un univers cohérent et travaillé en trame de fond.
Le reste ne m'intéresse pas vraiment. Les acteurs ne m'intéressent pas, les personnages ne m'intéressent pas, l'intrigue est prévisible au possible, je me fiche de savoir comment le petit Anakin va devenir Darth Vador. Mais Natalie Portman porte des robes vraiment magnifiques, et après tout, ca peut suffire.

Lola rennt (Cours, Lola, cours) (Tom Tykwer, 1998)

Des hommes et des dieux (Xavier Beauvois, 2010)

Vidocq (Pitof, 2001)

Je n'aime pas trop Gérard Depardieu, mais il m'arrive de regarder un des ces films et d'être sous le charme de son jeu d'acteur. Dans Mon oncle d'Amérique, par exemple, où il est formidable. J'ai trouvé Gérard Depardieu dans Vidocq vraiment mauvais, et ce n'est même pas tellement la faute de Gérard Depardieu. Le film est juste tellement mauvais et dégeulasse qu'il n'y a rien à en sauver.
On se retrouve donc à enquêter sur la mort de Vidocq dans un endroit dégeulasse et sombre qui doit être quelque chose comme une reconstitution du XIXème siècle. Dans les endroits les plus sombres se cache un diable ninja avec un masque réfléchissant qui tue des gens. Une histoire complètement absurde qui ne peut intéresser aucun spectateur, mais est sans doute juste un prétexte à faire un film grand public mais original quand même, parce que la mise en scène est super stylisée.
Il faut passer d'abord la première scène du film, une scène de combat impossible à suivre et montée au hachoir. Je suppose que Gérard Depardieu n'est pas vraiment capable en 2001 de jouer une scène de combat, et que le metteur en scène doit essayer de faire genre en donnant des coups de caméra dans tous les sens et en coupant toutes les demi-secondes pour donner une illusion de mouvement. Soit. Passé donc cette première scène, ce qui m'a immédiatement surprise, c'est l'impression de me trouver dans une parodie de film de Jean-Pierre Jeunet, avec les couleurs de Jean-Pierre Jeunet, les gros plans de Jean-Pierre Jeunet, une esthétique assez proche de la Cité des enfants perdus. Si ce n'est que dans la Cité des enfants perdus, il y a de jolis moments de grâce au milieu de tous ces détails sordides et moches, que les films de Jean-Pierre Jeunet sont toujours plein d'humour et que ses scénarios ne sont pas seulement absurdes.
Tout ceci s'explique si l'on sait que Pitof a travaillé avec Jean-Pierre Jeunet. (Détail que j'ai appris chez Karim Debbache.)
Pour faire bref, j'ai trouvé ce film ennuyant au possible, je n'avais aucune envie de savoir ce qui allait arriver aux personnages à aucun moment et malheureusement pour moi, j'avais deviné les deux retournements de situation à la minute 9 du film (ou alors je m'en suis juste souvenu, possible que j'aie déjà vu ce film à sa sortie en salle).

Séraphine (Martin Provost, 2008)

Un biopic de facture assez classique sur la vie de Séraphine Louis, artiste du début du XXème dont j'ignorais tout. Je pense que l'objectif de Martin Provost est de faire découvrir l'artiste, de rendre lisible son parcours, pas d'être original. Le film est entièrement au service de son sujet. Yolande Moreau est parfaite dans le rôle, elle donne un corps très lourd et concret à cette Séraphine, un peu simplette et qui perd lentement la tête. On est tout à fait capable de croire à son génie, de comprendre aussi à quel point elle est difficile à gérer par les autres à cause de sa bizarrerie. Ulrich Tukur est aussi un acteur allemand que j'aime beaucoup et qui colle bien à son rôle de mécène visionnaire. N'ayant aucune connaissance sur les personnalités incarnées à l'écran, je n'ai par contre évidemment aucun avis sur la véracité ou non de ce qui nous est présenté.

Le point fort du film, ce sont avant tout les oeuvres de Séraphine Louis elles-mêmes. Je ne connaissais rien à son travail. On la vois travailler sur quelques oeuvres de "jeunesse" dans une première partie du film qui peuvent donner une idée de son style. Lorsqu'apparaît à l'écran sa première grande oeuvre plus tardive, c'est un vrai choc. On sent que quelque chose s'en dégage que le film nous a très bien préparés à accueillir.

Hauru no ugoku shiro (Le château ambulant) (Hayao Miyazaki, 2004)

Je ne sais pas pourquoi le château ambulant n'est pas aussi célèbre que peut l'être un Chihiro ou un Princesse Mononoke dans la filmographie de Miyazaki. Je suis pour ma part complètement sous le charme de ce film, que j'imagine qu'il me faudra voir des dizaines de fois pour en saisir tous les détails, et sans doute 3 vies pour le comprendre complètement.

L'histoire est celle d'une jeune Sophie, qui rencontre un peu par hasard le grand magicien Hauri sous les traits d'un beau jeune homme de son âge. Sophie est par la suite encorcelée par une vilaine sorcière et devient une vieille femme, tandis que le pays entre doucement en guerre. Elle doit s'enfuir, se réfugie dans le château ambulant du magicien Hauri. Sophie est bien évidemment amoureuse de ce dernier, et nous avons bien du mal à cerner ce personnage à qui l'on devine un aspect très sombre.

La complexité du personnage d'Hauri, ce jeu sur la jeunesse et la vieillesse, cette guerre imprécise et omniprésente (plutôt LA guerre qu'une guerre), tout cela rend le film très riche et profond. À cela s'ajoute une beauté époustouflante des images, de ce château ambulant... la plus grande idée est pour moi l'aspect de Sophie, dont le physique varie sans cesse de la jeune fille à la très vieille femme en passant par la femme d'âge mur, tout cela en fonction de sa vie intérieure et de ses émotions.

Pour moi, c'est une des plus grandes réussites de Miyazaki, je suis tout simplement époustouflée par ce film.

Knock off (Piège à Hong-Kong) (Hark Tsui, 1998)

La vidéo de Karim Debbache sur ce film se trouve ici, et je ne peux que souscrire à son propos: j'ai trouvé le film fort sympathique, moins nul qu'on ne pourrait s'y attendre.

Monika (Ingmar Bergman, 1953)

Monika mâche du chewing gum très fort la bouche ouverte. Elle rencontre Harry au printemps, ils quittent tout sur un coup de tête pour passer l'été ensemble. Mais l'automne et l'hiver arriveront...
L'actrice Harriet Andersson a un physique très particulier qui fait qu'on peut y croire lorsque Monika dit ne pas se trouver jolie. Mais c'est un physique aussi très sensuel. Ingmar Bergman crée un personnage de "bad girl", comme un miroir des personnages masculins inconstants et égoistes. J'ai quand même du mal à m'attacher à cette fille capricieuse et futile.

Une des grandes questions autour du film a été de savoir si Monika est une icône féministe. Difficile à dire en effet, on pourrait considérer qu'elle est féministe dans ce sens qu'elle n'est pas un copié-collé des canons de "la femme". Elle est harcelée au travail, insatisfaite comme femme au foyer... Il m'est personnellement difficile de me rendre compte à quel point le film peut critiquer la société de son temps. C'est clairement un film original sous des aspects de film romantique classique.

Gake no ue no Ponyo (Ponyo) (Hayao Miyazaki, 2008)

Kaze tachinu (Le vent se lève) (Hayao Miyazaki, 2013)

Körhinta (Un petit carroussel de fête) (Zoltán Fábri, 1956)

Marí s'amuse avec ses amis de la copérative à la kermesse. Ils sont jeunes, pleins de vie, ils rient à gorge déployée. Mais le père de Marí a quitté la copérative et refuse que sa fille continue à fréquenter ses anciens camarades, d'autant qu'il est en conflit avec la copérative à qui il veut reprendre les terres qu'il a apportées il y a vingt ans. Il veut marier Marí contre son gré à un autre propriétaire, tandis qu'elle soupire après Máté, le plus travailleur des gars de la copérative.

Le propos n'est pas des plus subtils, mais le film a son charme. Surtout pour une scène de danse folle dans laquelle les deux amoureux tournent sans fin.

samedi, 10 décembre 2016

La vidéo du mois de décembre

Un énorme moment de doute lorsque j'ai pris pour la première fois le taxi en Iran et que le chauffeur de taxi m'a dit à la fin de la course que je ne lui devais rien. J'ai eu quelques secondes d'hésitation avant de quand même insister pour lui donner quelque chose. (Ouf!)

Je n'avais jamais entendu parler avant du ta'arof.

 

jeudi, 10 novembre 2016

La vidéo du mois de novembre

Parmi les youtubeurs francais les plus talentueux: Karim Debbache (sauf qu'il est pas sur youtube, en fait). Ou plutôt toute l'équipe qui se cache sous le nom de Karim Debbache (qui serait déjà super talentueux tout seul). C'est bien dommage qu'il sorte si peu de vidéos. Karim Debbache analyse des films, de manière assez classique dans le genre des youtubeurs-critiques, avec une maîtrise technique indéniable de la vidéo (qui lui sert à illustrer son propos en créant une micro-fiction dans sa critique). Sa première série, "Crossed", était concentrée sur les films en rapport avec les jeux vidéos.

La nouvelle série qu'il a entamée et que je n'ai pas encore regardée en entier, "Chroma" a plus pour ambition de faire des sortes de cours de cinéma en partant d'un film étudié en détails. Les premiers épisodes sont formidables, ca promet.

Cet épisode de "Crossed" sur "House of the dead", un des tout premiers de sa première série donc, est un très bon exemple de ce que fait Karim Debbache, même s'il tourne désormais avec beaucoup plus de budget. La suite logique de cet épisode, c'est l'épisode 10 sur "Alone in the dark" du même réalisateur qui complète bien l'analyse et que je vous invite à aller regarder aussi si ca vous plaît.

Non, en fait, je vous encourage à aller TOUT voir de Karim Debbache. Vraiment.

lundi, 10 octobre 2016

La vidéo du mois d'octobre

J'ai plus trop besoin de présenter Usul, que j'aime d'amour. Donc, sans plus d'introduction, une vidéo :

samedi, 10 septembre 2016

La vidéo du mois de septembre

Pour cette rentrée, j'avais vraiment terriblement envie de vous parler de Todd in the shadow, un youtubeur américain que je suis avec frénésie et dont je peux revoir les vidéos encore et encore sans me lasser. Todd in the shadow appartient à cette maintenant assez traditionelle frange des youtubeurs-critiques. Son domaine à lui : les hits de musique pop du moment (les hits aux Etats-Unis, par la force des choses, qui sont à peu de chose près les mêmes que chez nous).

Même si ses critiques sont de qualité inégale, je trouve qu'il arrive toujours à trouver un ton juste entre une critique sérieuse, des traits d'humour qui font mouche (et sont de bon goût, c'est assez rare pour être noté). Les seuls youtubeurs francophones que je conaissent qui fassent un travail similaire sont Links the Sun (dont je trouve les critiques assez mauvaises) et PV Nova (qui fait des vidéos formidables, mais analyse des courants musicaux et pas des morceaux précis).

Mais quelle vidéo choisir ? Celle où il vomit contre Talk Dirty de Jason DeRulo (une des mes préférées) ? Celle où il se moque de Blurred Lines de Robin Thicke, avec une intro super fun ? Ou au contraire une où il a envie de défendre la chanson sans trop y arriver, comme pour Anaconda de Nicki Minaj ? Ou un de ses top 10 des plus mauvais et meilleurs hits de l'année, le rendez-vous le plus attendu par ses fans ?

 

mercredi, 10 août 2016

La vidéo du mois d'août

Très chouette vidéo sur Platon. Platon ? Mais on connaît, Platon ! On nous en parle depuis le lycée !
Ouais mais non, cette vidéo est vraiment sympa:

dimanche, 10 juillet 2016

La vidéo du mois de juillet

Numberphile et Computerphile, deux chaînes de vulgarisation scientifique pas toujours très accessibles, mais très riches. Cette vidéo est super vieille, pas franchement d'actualité, et pas vraiment de la vulgarisation scientifique. Non, c'est juste le bonheur de voir que des gens comme ce fou furieux existent.

lundi, 27 juin 2016

C'est lundi...

Le programme est chargé, accrochez-vous !

Qu'est-ce que j'ai lu ces 11 dernières semaines ?

Dernières lectures

L'épée de la Providence
Le Dernier Vœu
Ada: Ou L'ardeur
Pieds d'argile
Les annales du Disque-Monde, tome 18 : Masquarade
Les Tribulations d'un mage en Aurient
Les annales du Disque-Monde, tome 16 : Accrocs du roc
Les âmes mortes
Men at Arms
Chroniques martiennes


Lodi Vache's favorite books »


Sorceleur, tome 7 : La dame du lac, Andrzej Sapkowski

Fin de la saga du Sorceleur avec ce dernier tome. Pas franchement le meilleur, bien qu'il y ait plein de nouvelles idées narratives (même si l'auteur exploite un filon qui marche, on n'a pas l'impression d'avoir lu 7 fois le même bouquin, c'est agréable). J'ai trouvé qu'il y avait plein de très beaux tableaux, de belles scènes, mais parfois le lien entre les scènes me semblait tiré par les cheveux...

En tous cas, le Sorceleur m'aura complètement réconciliée avec la fantasy. Je sais qu'Andrzej Sapkowski a commencé une nouvelle saga, j'espère avoir l'occasion de me la procurer. (Et non, Winnie, je n'oublie pas Alif !)

D'après une histoire vraie, Delphine de Vigan

Le père Porchet, Terry Pratchett

Je connaissais l'adaptation au cinéma de ce tome de la saga. Ca avait été, il y a assez longtemps, mon premier contact avec le Disque-Monde.

La Terre qui penche, Carole Martinez

L'extraordinaire histoire du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, Romain Puértolas

Chronique de la Guerre de Lodoss, Tome 1 : La Dame de Falis, Ryo Mizuno et Akihiro Yamada

Son visage et le tien, Alexis Jenni

Head-Driven Phrase Structure Grammar

Der Pavian, dessen Herr gestorben war ("Le babouin dont le maître était mort"), Sadeq Chubak

Ce semestre en cours d'iranologie, nous abordons la littérature moderne. Je vais travailler pour ma part sur Sadeq Chubak (dont je n'avais jamais entendu parler, je vous rassure) pour lequel j'ai un gros coup de coeur. C'est surtout un auteur de nouvelles, et son style me fait penser fortement à Octave Mirbeau (dans la noirceur et le réalisme social). Si vous connaissez mon amour pour Octave Mirbeau, vous comprendrez à quel point la comparaison est flatteuse.

Mon coup de coeur absolu va à la nouvelle qui donne son titre à ce recueil. Dans une espèce de flot de conscience à la Virgina Woolf, on suit les pensées d'un babouin qui en se réveillant un matin trouve son maître sans réaction allongé au pied de l'arbre où ils ont passé la nuit (on comprend qu'il est mort, sans doute d'une overdose d'opium). Il finira par réussir à déraciner le pieu auquel est attachée la chaîne qu'il porte autour du coup depuis la naissance. Le babouin essayera de partir, mais incapable de se débrouiller par lui-même, gêné par la chaîne qui est restée pendue à son cou et rendu dépendant de la drogue dont son maître lui soufflait la fumée au visage, il revient sans cesse à ce maître qu'il exècre plus que tout mais sans lequel il n'a jamais appris à vivre. Cette nouvelle, écrite avant la Révolution islamique, est incroyable d'actualité et d'universalité. Elle est souvent analysée comme une allégorie de la nation iranienne, incapable de se libérer d'un tyran qu'elle déteste. Personnellement, je trouve que c'est une magnifique réflexion sur la liberté d'une manière générale, sur le fait que la liberté doit se construire et n'existe pas en tant que telle. Bref, je ne vous refais pas mon exposé, sinon on est pas couchés ni vous ni moi, mais je suis vraiment très emballée par cet auteur.

Sadeq Chubak : an anthology

Ces deux livres sont les deux seules traductions que j'ai pu trouver dans une langue que je suis capable de lire (pas en perse, donc !). Impossible même de trouver une traduction de son roman majeur, The patient stone. Si un spéciliste passe par là et en connaît d'autres, qu'il me fasse signe.

Alif l'invisible, G. Willow Wilson

Quel plaisir que ce livre ! Dépaysan, super contemporain, sincère, tout ce qu'on aime ! C'est un peu un roman d'aventure, mais en lieu de cape et d'épée, les héros se battent à coup de code informatique. On y parle des révolutions arabes, mais transportées dans un univers magique où les djins tiennent des stands de bric-à-brac.

Ce roman m'a énormément fait penser au dessin animé pour ados Le garcon et la bête : cette manière d'incorporer le surnaturel dans le quotidien, ce mélange de féérique et de sombre, dans une grande épopée d'aventure.

"De quoi ?!? Un roman écrit par une américaine musulmane qui se passe dans un pays arabe et fait penser à l'imaginaire japonais ? Mais tu as BU ???"

Frauen ohne Männer, Sharnush Parsipur

Un livre lu dans le cadre de mon cours de littérature iranienne, encore. J'ai trouvé ca vraiment étrange, même si j'ai pas détesté.

Mais j'ai découvert à cette occasion le concept de "réalisme magique", dont j'ignorais absolument tout. Ca m'éclaire d'un coup sur tout un pan de la littérature contemporaine que je ne savais pas trop par quel bout prendre. Du coup, je suis super contente.

Stories from the Shahnameh of Ferdowsi, Volume 1 : The Lion and the Throne

Un des magnifiques cadeaux que l'on m'a offerts dans le cours de l'année dernière, c'est la traduction du chef d'oeuvre le la littérature persane médiévale Le livre des rois (Shahnameh). C'est l'oeuvre d'une vie, celle du poète Ferdowsi, qui a voulu y rassembler tous les récits mythiques des rois perses depuis la création du monde. Le livre a donc le statut, en Iran, que peuvent avoir l'Illiade et l'Odysée, l'Ancien Testament, ou Le roman des chevaliers de la table ronde.

Je trouve inconcevable qu'on ne connaisse rien en Occident de cet imaginaire peuplé de dragons et de démons, de chevaliers plus grands que des cyprès et de belles princesses couvertes de tissus brodés d'or. Vous me direz qu'on connait aussi très peu la chanson des Nibelungen, qui devrait être tout aussi indispensable (et vous aurez parfaitement raison).

Dans le premier tome, on passe très vite sur la création du monde pour s'intéresser surtout à la division du monde entre les fils de Feraydun (qui divisa le monde grosso modo entre la Turquie (Turan), la Perse et la Chine), les rois descendants de Feraydun et surtout la famille de chevaliers du Zabolestan : Sam, Zal puis Rostam. Si vous ne connaissez qu'un héro mythique perse, ce doit être Rostam, une version perse d'Hercule (il n'a pas droit à 12 travaux, mais à 7 pour sauver son benet de souverain).

Le Trône de Fer, Tome 1, George R.R. Martin
Le Trône de Fer, Tome 2: Le donjon rouge, George R.R. Martin

Par un amusant concours de circonstances, mes plans de vacances d'été comprennent un week-end où je serai "petite main" sur un GN (jeu de rôle grandeur nature) se situant dans l'imaginaire du Trône de Fer (la saga derrière "Game of Thrones", série dont vous n'avez pas pu ne pas entendre parler). Je me suis donc mis en tête de lire cette saga (puisqu'après tout, si elle a un tel succès, c'est qu'elle ne doit pas être complètement nulle).

Avec un petit milier de pages derrière moi, je n'en suis encore qu'au début (il y a plus de 10 tomes publiés, et la saga n'est pas terminée), mais je commence à me faire une petite idée. C'est vraiment une bonne intrigue politique complexe et bien écrite, des rivalités de familles nobles (entre les familles et à l'intérieur des familles), un tas de personnalités très différentes et que l'on suit au cours des années, bref tout ce qui fait le charme d'une saga. L'aspect fantasy est à peine présent dans ces premiers tomes.

En ayant réussi à ne pas me divulgâcher l'intrigue, l'écho a été tellement énorme que j'avais déjà une idée des défauts et qualités que l'on prête à cette saga. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la réalité s'est trouvé complètement en porte-à-faux avec tout ce que j'avais entendu. Game of Thrones est souvent présentée comme une révolution scénaristique. A croire que personne n'avais jamais lu du Alexandre Dumas avant. Les grandes familles ? Les rois maudits ? Jamais entendu parler ? D'autre part, la saga est connu pour avoir un nombre impressionnant de personnages principaux (heu... non), qui apparaîssent et meurent tous immédiatement (heu... non). A vrai dire, d'après ces échos, je m'attendais à un rythme très soutenu. Ce qui n'est pas du tout le cas. Et tant mieux. Au contraire, l'auteur prend vraiment le temps d'introduire tous ses personnages, de nous faire comprendre les tenants et les aboutissants de chaque action. C'est très agréable, tout ce qu'on aime dans une saga : prendre le temps. Mais ca reste d'une facture très classique.

Comme je le disais, avec deux tomes et demi à mon actif, je suis loin d'avoir fait le tour de la saga. Ces avis ne valent donc que pour le début de la saga. Par conséquent : à suivre...

Qu'est-ce que j'ai vu ces 11 dernières semaines ?

Full Metal Panic Fumoffu (Kyoto Animation : Yasuhiro Takemoto, 2003)

Full Metal Panic est classifié dans la catégorie "mécas". Les mécas, c'est des robots-du-futur-qui-sauvent-la-planète, et donc pour moi les mangas de méca, ca va de Astro le petit robot pour le plus soft à Transformers pour le plus bourrin. Bref, pas forcément ma tasse de thé. (Ma vision a changé depuis peu parce que j'ai découvert Evangelion, mais c'est une autre histoire.)
Full Metal Panic Fumoffu est une sorte de parenthèse non-méca dans la série de Full Metal Panic. On y suit deux personnages de Full Metal Panic dans leur quotidien "normal" dans un lycée "normal" où ils essayent de passer incognito. La belle Kaname a très envie de vivre sa petite vie tranquille, mais le beau Sousuke, qui ne connaît de la vie que l'entraînement militaire et les combats, est légèrement parano et ne cesse de tomber (et de faire tomber ceux autour de lui) dans des situations improbables et décalées. Chaque épisode offre une parodie d'un "genre" de manga, ce qui est assez rigolo quand on repète les stéréotypes. Une petite saison juste pour rigoler, donc, sans grande prétention mais assez sympa.



Sword Art Online (A-1 Pictures : Tomohiko Ito, 2012)
2 saisons, 25 épisodes

C'était l'hiver et je revenais de Hambourg en covoiturage, dans la voiture d'un chinois timide, chimiste de son état, et qui n'osait pas trop me parler. J'ai avisé les deux figurines qui trônaient sur le tableau de bord. Pas très difficile de reconnaître un fan de manga. J'ai cherché dans mon faible catalogue intérieur si j'arrivais à identifier les personnages, en vain. J'ai donc entamé la conversation avec mon conducteur chimiste, lui demandant de me parler de ce manga, ce qui l'a réjoui et rendu bavard. Les deux personnages étaient les deux protagonistes de Sword Art Online, dont je n'avais à ma grande honte jamais entendu parler bien qu'il s'agisse d'un des plus gros succès animé de ces dernières années. Mes amis geeks ne font vraiment pas bien leur job.

L'histoire se passe dans un MMORPG, les personnages incarnent donc des avatars virtuels. Ce qui est un point de départ bien pratique pour pouvoir laisser libre court à l'imagination de l'auteur : c'est un jeu vidéo donc prout des invraissemblances physiques, anatomiques et historiques. Les personnages ont le droit de se battre avec des épées géantes, de tuer des gros monstres juste parce que c'est les méchants à tuer dans le jeu et si y'en a un qui est super méga plus fort que les autres, c'est normal, c'est juste qu'il a 50 niveaux de plus qu'eux. Vous voyez l'idée ?

Et bien l'idée tient ses promesses. D'autant que le scénario ne se repose pas bêtement sur son idée de départ (les joueurs sont "enfermés" dans le jeu virtuel par un vilain méchant, il leur faut arriver au niveau 100 pour finir le jeu et se libérer) mais réserve des surprises. Je parle de petites surprises par-ci par-là, pas de retournements de situation révolutionnaires, mais ca reste agréable. Tout ce qui tourne autour du vilain méchant qui emprisonne les joueurs me paraît extraordinairement capilotracté, mais je suppose que les codes du manga à la japonaise ne pouvaient pas faire l'impasse dessus. La deuxième saison, comme c'est souvent le cas, rame un petit peu à retrouver l'élan de la première (on se retrouve dans un autre jeu avec des enjeux un peu différents), mais j'ai passé un très bon moment avec ces 25 épisodes. Les créateurs se sont vraiment fait plaisir avec les univers de jeu, c'est visuellement très beau (les paysages, le design des niveaux, les monstres, les costumes, etc.), un beau mélange de poncifs de la fantasy et d'originalité. C'est un peu agacant que le héro passe sont temps à sauver sa chérie en détresse (et je ne remercie pas les scénaristes pour l'arrivée des références perverses dans la deuxième saison alors que la première en était dépourvue), mais on a une relation amoureuse qui évolue un peu au fil des épisodes, c'est assez rare pour être noté (et là encore, la deuxième saison peine à sortir du shéma de base planplan, alors que la première saison était fort réjouissante et innovante).

Bref, merci bien à mon conducteur chinois chimiste fan de mangas, c'était une agréable découverte.

Taxi Teheran (Jafar Panahi, 2015)

Ce n'est que mon deuxième Jafar Panahi, mais celui-ci m'a beaucoup réjoui. Je le trouve bien plus agréable que le précédent (Pardé), moins intellectualisant, plus direct et simple. Le film est drôle, tout en décrivant magnifiquement la société iranienne (c'est rare de se marrer en parlant de l'Iran). Jafar Panahi nous montre la vie quotidienne en placant le curseur légèrement trop haut. Tout est exagéré, mais juste légèrement exagéré. La scène avec les deux vieilles femmes et leur poisson rouge, par exemple. C'est bien sûr un peu trop pour être une vraie scène de la vie de tous les jours, mais à peine. À peine trop. Ca donne un ton bien particulier au film, un peu décalé, ne tombant ni dans la farce ni dans le réalisme. J'ai beaucoup aimé.

Certains ont pu parlé de pseudo-documentaire pour ce film, ce qui m'étonne quelque peu. Certe, les caméras sont intégrées à la mise en scène (on saute de la caméra de surveillance du taxi à l'appareil photo de la nièce, etc.), comme on parlerait d'une bande-son diégétique, mais l'effet "documentaire" s'arrête là. Les entrées et sorties des personnages sont magnifiquement chorégraphiées, le timing est magnifique, certains dialogues sont vraissemblablement improvisés, mais on ne peut certainement pas parler de documentaire. C'est d'ailleurs ce qui fait le brio de ce film, qui réussit à garder un rythme vivant et naturel du début à la fin. Personellement, j'y ai vraiment retrouvé le souffle de la langue quotidienne que ma petite expérience à Téhéran m'a permis de connaître. C'était un vrai bonheur.

https://www.youtube.com/results?search_query=taxi+teheran+fr

Salma (Ava DuVernay, 2014)

Harold and Maud (Hal Ashby, 1971)

L'idée fixe (Bernard et Emmanuel Murat, 2007)

Diplomatie (Volker Schlöndorff, 2014)

Inherent Vice (Paul Thomas Anderson, 2014)

La Venus à la fourrure (Roman Polanski, 2013)

Maps to the stars (David Cronenberg, 2014)

Neon Genesis Evangelion (Gainax et Tatsunoko Production: Hideaki Anno, 1995/96)
26 épisodes

Comme je disais un peu plus haut, le méca n'est pas vraiment mon fort. Mais Evangelion est un classique des classiques, et on ne perd rien à jeter un coup d'oeil aux classiques de temps en temps.

J'ai très bien accroché à cet animé. Le principe de base : on envoie trois ados piloter des mécas-pas-tout-à-fait-mécas pour se battre contre des machin-de-l'espace-qui-détruisent-tout-mais-qui-sont-peut-être-nos-amis-quand-même-en-fait. Et là, si vous êtes moi, vous vous dites "Mais ca a l'air POURRI !". Mais en fait non. Non, il ne s'agit pas d'une grosse démonstration de force à base d'explosions dans tous les sens. Non, le but du jeu n'est pas d'avoir le méca le plus gigantesque et le plus intimidant. (Ne riez pas, c'était vraiment ma définition du genre "méca" avant de voir cet animé !)

Neon Genesis Evangelion est vraiment un machin très bizarre. J'ai adoré le regarder, mais j'ai beaucoup de mal à en dire quoi que ce soit. Le scénario nous laisse une telle liberté d'interprétation que le spectateur est dérouté. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Un peu comme quand on vient de regarder 2001 l'odysée de l'espace : y'a plein de bribes super bien, mais dans le fond on se demande où tout cela est censé nous mener (c'est un peu moins extrème que le film de Kubrick, mais vous voyez l'idée). Le dessin a un petit côté "animé adulte" qui lui donne du caractère, et il a bien vieilli.