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lundi, 08 février 2016

C'est lundi...

Qu'est-ce que tu as lu de nouveau ?

Chroniques martiennes, Ray Bradbury

Un grand classique, très agréable. Lorsque Ray Bradbury imagine le futur (la découverte et conquête de la planète Mars par les humains), sa vision est à la fois datée et complètement indémodable. Sans doute parce que tout est très drôle et absurde, même si parsemé de quelques accents hippies assez charmants.

Le crime du comte Neville, Amélie Nothomb

Agréables souvenirs de lecture. Pas sa plus grande réussite.

Les Dits de Bistami (shatahât), Abû Yazid Bistami (traduits par Abdelwahab Meddeb)

Abû Yazid Bastami (ou Bistami) est l'un des premiers soufis, le premier vrai mystique iranien à mon sens. Il est assez peu connu et assez peu étudié, même si l'on reconnaît en général qu'il est celui qui a introduit une influence brahmanique (un peu bouddhiste sur les bords) dans le soufisme. On le connaît par les shatahât (traduit ici par "dits") que l'on peut grappiller dans les témoignages de ses disciples.

Je vis le Seigneur de Gloire en rêve. Je lui dis :
- Comment aller vers Toi ?
Il répondit :
- Laisse ton moi et viens.

J'avais décidé pour mon cours de littérature iranienne de faire un travail sur Bastami en comparant ses shatahât avec ce que Bergson a pu dire sur les mystiques chrétiens dans les deux sources de la morale et de la religion. L'angle d'approche, sans être grandement original, me semblait une bonne occasion de me plonger dans Bergson et d'avoir quelque chose d'intéressant à dire. Je vous épargne mon plan en trois parties, mais en conclusion, il y avait beaucoup de similitudes. Même si Bastami a ses marottes personnelles (et que quelques légendes superstitieuses se mêlent aux shatahât), on retrouve chez lui la plupart des concepts clés du mysticisme : la "nuit obscure" à la Saint Jean de la Croix, l'abandon du moi pour former une unité avec Dieu (où on retrouve l'influence bouddhiste), le rejet de ce que Bergson appelle la "fonction fabulatrice" (les superstitions et la fermeture de la foi en institution)...
Bref, c'était un travail un peu bâclé (j'avais pas trop que ça à faire) mais intéressant.

Je me suis plongé dans l'océan de la gnose jusqu'à atteindre le palier de Muhammad. Et j'ai vu entre lui et moi mille stations. En m'approchant de l'une d'elles, je fus brûlé.

Il faut bien entendu dire un mot sur le livre lui-même, sans lequel je n'aurais pu travailler. Bastami était un soufi iranien, mais ses shatahât sont tous en arabe, et je n'aurais jamais eu accès aux textes sans une bonne traduction. Quel ne fut pas mon bonheur en recherchant un sujet de découvrir que mon chouchou personnel, Abdelwahab Meddeb, avait édité une traduction presque exhaustive des shatahâts en français. Abdelwahab Meddeb venait alors juste de mourir (il est mort juste avant l'attentat contre Charlie Hebdo (heureusement pour lui, peut-être)) et j'étais encore sous le choc. Il animait depuis des années l'émission "Cultures d'Islam", merveilleuse en tous point. C'était une de mes personnalités préférées, sans conteste ; j'aimais son approche de l'Islam, sa passion pour le soufisme (qu'il m'a transmise), ses prises de positions toujours très claires sur l'actualité et sur certaines questions théologiques. Je connais mal son activité de poète et d'écrivain, je suis persuadée que ce seront de belles découvertes à venir.

Le guet des Orfèvres, Terry Pratchett

Les riches étaient riches, concluait Vimaire, parce qu'ils parvenaient à dépenser moins d'argent.
Tenez, les bottes par exemple. Il gagnait trente-huit piastres par mois plus les indemnités. Une très bonne paire de bottes en cuir coûtait cinquante piastres. Mais une paire abordable, du genre à tenir une saison ou deux avant de prendre autant l'eau qu'une éponge dès que le carton rendait l'âme, en coûtait à peu près dix. C'était ce modèle que Vimaire achetait toujours à portait jusqu'à ce que la semelle devienne si mince qu'il arrivait à deviner dans quelle rue d'Ankh-Morpork il se trouvait par nuit de brume rien qu'au contact des pavés.
Mais ce qu'il faut dire, c'est que des bonnes bottes duraient des années et des années. L'acheteur en mesure de débourser cinquante piastres pour une paire de bottes gardait les pieds au sec au moins dix ans, alors que le miséreux qui ne pouvait s'offrir que des bottes bon marché dépensait cent piastres dans le même laps de temps et se retrouvait quand même les pieds mouillés.
C'était la théorie "bottière" de l'injustice socio-économique du capitaine Samuel Vimaire.

Accros du roc, Terry Pratchett

Les tribulations d'un mage en Aurient, Terry Pratchett

Selon le philosophe Ly Tin Wheedle, on trouve le chaos en plus grande abondance partout où l'on recherche l'ordre. Le chaos l'emporte sur l'ordre parce qu'il est mieux organisé.

Masquarade, Terry Pratchett

Pieds d'argile, Terry Pratchett

5 autres tomes du Disque-Monde, tous inventifs, drôle, et intéressants.
Au bout de dix-neuf tomes, il n'y a plus de grosse surprise et on sait à peu près à quoi s'attendre. Mais je suis toujours heureuse de retrouver Mémé Ciredutemps ou Carotte et de voir où leurs nouvelles aventures vont les mener, sachant que je ne m’ennuierai pas.

Ada ou l'ardeur, Vladimir Nabokov

Il n'est sans doute pas besoin de présenter le couple incestueux le plus célèbre de la littérature mondiale. Essayer de résumer l'histoire serait sans aucun intérêt. Nabokov ne raconte pas une histoire, il déploie une cartographie intellectuelle, un long tissu de mots qui se déroule.
On aurait tord de s'attendre à 600 pages de récit érotique. L'érotique (exclusivement masculin) est présent tout du long, et c'est loin d'être ce que Nabokov fait de moins bien, mais toutes les circonvolutions littéraires ou entomologiques ne sont pas là que pour remplir du vide. Comme chez Proust (qu'il cite d'ailleurs à tout va), il faut juste se laisser porter...

Ada, sans daigner apaiser les craintes de sa mère, continuait son discours : "Fort heureusement, ce matin même, notre érudite gouvernante qui fut aussi la tienne, Van, et qui..."
(C'était la première fois qu'elle prononçait son nom ... dans une leçon de botanique !)
"... et qui est passablement sévère pour les "traditeurs" anglo-saxons et pour les bourdes - bien que je la soupçonne de nourrir son zèle de considérations plus chauvinistes que morales - a bien voulu attirer mon attention, ma papillonnante attention, sur quelques superbes "défleuraisons" comme tu les appelles, Van, commises par un Mr. Fowlie dans la version soi-disant littérale (et qualifiée par Elsie de "sensible" - sensible ! - dans un récent article élogieux) du poème de Rimbaud,
Mémoire, que par bonheur et comme avec prescience, elle m'a fait appendre par cœur, quoique je le soupçonne de préférer Musset ou Copée."
Van cita triomphalement : "... les robes vertes et déteintes des fillettes..."
"Egg-zactly (imitation de Dan). D'ailleurs Mlle Larivière ne me permet de lire Rimbaud que dans l'anthologie Feuilletin (c'est sans doute celle que tu possèdes). Mais j'ai l'intention de me procurer au plus tôt les œuvres complètes. J'ai bien dit au plus tôt - beaucoup plus tôt qu'on ne le pense. Mademoiselle, soit dit en passant, ne va pas tarder à descendre. Il ne lui faut plus que le temps de border Lucette, notre roussette chérie, qui devrait à cette heure avoir revêtu pour la sieste sa chemise de nuit verte...
- Angel moi, objecta Marina, je suis sûre que Van ne s'intéresse pas aux chemises de nuit de Lucette...
- ... verte du vert des saules et compté les petits moutons de son ciel de lit (que Fowlie traduit par "sky's bed" au lieu de "bed ceiler"). Pour en revenir à notre fleur infortunée, le faux louis d'or de cette anthologie de français salopé, c'est, sans conteste, la métamorphose idiote de soucis d'eau (notre
marsh marigold) en "care of the water", "sollicitude de l'eau", alors que Fowlie avait à sa disposition des douzaines de synonymes comme mollyblob, marybud, maybubble et toutes sortes d'autres sobriquets associés à ce qu'on appelle "fête de la fécondité", quoi que puissent bien être ces fêtes.
- Réciproquement, dit Van, on imagine sans peine une Miss Rivers, pareillement bilingue, collationnant sur l'original une version française, disons le
Garden de Marvell...
- Oh..., s'écria Ada, je puis fort bien te réciter
Le Jardin dans ma transversion personnelle... voyons un peu...
   En vain on s'amuse à gagner
   L'Oka, la Baie du Palmier...
- ... to win the Palm, the Oke or Bayes !" hurla Van.
"Vous savez, mes enfants", dit Marina, qui, cette fois, les interrompit résolument et leva ses deux mains dans un geste pacificateur, "quand j'avais ton âge, Ada, et que mon frère avait ton âge, Van, nous parlions de croquet, de poneys, de chiots, de la dernière fête d'enfants, du prochain pique-nique, oh ! d'un million de choses, toutes gentilles et toutes normales, mais jamais, au grand jamais, de vieux botanistes français ou Dieu sait quoi encore..."

Sorceleur, tome 1 : Le dernier voeu, Andrzej Sapkowski
Sorceleur, tome 2 : L'épée de la Providence, Andrzej Sapkowski

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Avec le sorceleur, attention : on pénètre sur le terrain de ma monomanie du moment.

L'été dernier est sorti le troisième volet du jeu vidéo "The Witcher". Je ne suis pas une joueuse de jeux vidéos, mais j'ai pas mal d'amis qui le sont, et je prends beaucoup de plaisir à regarder des "let's players" (des gens qui jouent aux jeux vidéos et mettent en ligne leur jeu). On m'avait montré un jour la cinématique d'introduction du jeu, qui promettait énormément. Je me suis donc précipitée sur les vidéos de let's play lorsqu'elles sont arrivées.
En ce qui me concerne, le jeu a dépassé toutes mes attentes. Ce jeu est une véritable œuvre d'art, et une prouesse de design. L'imagination des concepteurs du jeu dans le design des montres ne semble pas avoir de limite. Les décors sont magnifiques et soignés, les animations sont formidablement bien faites, les combats sont très fluides, la musique du jeu est magnifique elle aussi, et bien entendu le scénario est bien bien supérieur à ce qui se fait habituellement en jeu vidéo. J'en suis actuellement à une bonne cinquantaine d'heures de visionnage (!!!) et je ne m'en lasse pas.

Les jeux vidéos sont en effet tirés d'une saga de fantasy de Andrzej Sapkowski qui a eu elle aussi un franc succès. Joker (qui était déjà coupable pour la cinématique de début) m'a filé les deux premiers tomes. Et heureusement que je passe bientôt chez Manu et Joker pour leur voler la suite, parce que je trépigne d'impatience.

Donc l'histoire : dans un monde de fantasy aux accents médiéval et dans lequel les humains vivent aux côté de nombreux non-humains (nains, elfes, moires, dragons, goules, zeugles, etc.), parfois pacifiquement, parfois en conflit, il existe une caste particulière qui est celle des sorceleurs. Les sorceleurs sont des "mutants", humains soumis à des traitements chimiques et magiques durant leur enfance qui leur donnent (du moins à ceux qui survivent à ces traitements) des capacités spéciales. Les sorceleurs sont les seuls capables de détruire les non-humains hostiles à l'homme. Le héros de la saga est un sorceleur, Geralt de Riv. Cette espèce de cow-boy solitaire parcourt les différents royaumes de ce monde en quête de contrats de sorceleur, de plus en plus rares. Les temps sont durs, une guerre sanglante approche et une grande hostilité monte, contres les non-humains, contre les sorceleurs, contre les mages et les sorcières. La saga développe, en plus de la vie de Geralt, tout un arrière-plan politique et on se prend au jeu très facilement.

Une des choses qui me plaisent beaucoup dans cette saga, c'est qu'elle me semble prendre vraiment en compte le monde actuel. Il n'est pas question ici de fuir la réalité en se plongeant dans un monde de fantasy avec des nains et des sorcières. J'ai tout de suite apprécié le côté très adulte à la fois du jeu vidéo et de la saga. Même si certains passages sont empreints de bons sentiments un peu faciles, l'ambiance générale est assez sombre. Geralt ne se fait jamais d'illusion sur la volonté de pouvoir des puissants et la méchanceté des foules. S'il essaye de passer à travers les événements sans y prendre part, il est souvent forcé de prendre parti malgré lui dans les conflits auquel il est mêlé. Pas de bons et de méchants autour de lui, pas même du côté des monstres. Les conflits sont souvent issus de haines ethniques absurdes et qu'il semble qu'il serait si simple de régler avec un peu de bonne volonté que nous ne pouvons que nous identifier à Geralt, que sa condition de sorceleur place en marge des événements.
Pour moi ce livre est donc vraiment un produit de notre époque (le premier tome est sorti en 2007 et le dernier devrait sortir en 2017), j'y vois l'influence de la société polonaise (un regard vraiment très européen) et des problématique de ma génération (aussi bien sûr dans la sexualité qui est très présente à la fois dans la saga et dans le jeu vidéo).

Bref, je m'emballe, mais je vous avais prévenus : alerte monomaniaquerie aiguë !
Si vous voulez voir la magnifique cinématique de début pour vous faire une idée de ma beauté du jeu (mais j'ai bien dit que c'était ADULTE, alors venez pas vous plaindre après !), c'est cadeau :

Qu'est-ce que j'ai vu de nouveau ?

Nostalgie de la lumière (Patricio Guzmán, 2010)

Le bouton de nacre allait sortir au cinéma, et Patricio Guzmán était invité dans le cadre d'un événement organisé par l'université de Paris 7 à venir discuter de son ancien film, Nostalgie de la lumière. Jean Claude Ameisen était de la partie. Dans Sur les épaule de Darwin que je venais de lire, il ne tarissait pas d'éloges sur ce film. A moitié un film documentaire (mais sur quel sujet ?) à moitié contemplation poétique, le film explore une partie du désert chilien d'Atacama. Dans ce désert se trouvent les plus grands télescopes au monde. Dans ce désert se trouvent aussi les corps d'hommes exécuté sous Pinochet et dont les femmes continuent de chercher la trace. Patricio Guzmán met en résonance tout cela. Et c'est très très beau.

J'ai été très marquée par ce film, même si je ne m'en suis pas rendu compte immédiatement. Les images restent en tête, même des mois après. J'ai l'impression d'avoir vécu quelque chose.

Le nouveau stagiaire (Nancy Meyers, 2015)

Ça fait partie des choses que je ne peux faire qu'à Paris : me laisser entraîner par des amis à aller voir des films que jamais de la vie je n'aurais été voir. Même si j'aime bien Anne Hathaway et De Niro, jamais de la vie je n'aurais été voir cette comédie "les vieux sont nos amis, il faut les aimer aussi".

C'était charmant, j'ai passé un bon moment (parfaitement oubliable, mais avec mes amis).

Spectre (Sam Mendes, 2015)

Comme pour le film précédent, c'est Yoda et sa copine qui sont cause que je suis allée voir le dernier James Bond.
"On va voir Spectre, tu veux venir ?
- Oh oui ! C'est quoi, Spectre ?
- Comment ça, "c'est quoi" ? Mais c'est le nouveau James Bond !
- Ah... bon, ben, oui quand même..."

J'ai failli y croire au début. Parce qu'il y avait Monica Belluci qui aurait pu renverser les clichés de la James Bond girl. Parce que quand j'ai vu le premier plan-séquence du film, j'avais les yeux écarquillés de bonheur. Ce plan-séquence était tellement grandiose, l'animation de la fête des morts était tellement bien mise en scène, les mouvements de caméra tellement fluides et osés, Daniel Craig tellement swag et le rythme tellement bien dosé que j'y ai vraiment cru.
Mais non, visiblement, ils avaient tout donné dans la première séquence et étaient à court d'idée pour la suite, Monica Belluci apparaît trois minutes dans un rôle sans intérêt et tout le reste est gnangnan gnangnan gnangnan.
Rien à sauver.
À part le premier plan-séquence.

La famille Bélier (Eric Lartigau, 2014)

Dans ce film encore, rien à sauver. Sauf bien sûr LA séquence (quasi) finale d'audition ou Louane chante pour accomplir son rêve et pour sa famille. Belle scène bien trouvée, à cause de laquelle visiblement tout le film a été fait. Mais une scène pour faire un film, c'est un peu léger. Je n'ai accroché à rien du tout de cette histoire, ni à l'humour, ni aux acteurs. Et mon amour pour Sardou étant très relatif, ca n'arrangeait rien.

El Club (Pablo Larraín, 2015)

Je suis contente de savoir que ce film existe, de savoir qu'il est possible, au Chili (encore !), de faire ces films-là et d'oser y dire ce que Pablo Larraín y dit. Je n'ai pas du tout accroché, et je n'en garde qu'un souvenir vague.
Mais l'alchimie aurait pu prendre. Il y avait pas mal d'éléments vraiment originaux, des acteurs formidables. C'était juste pas mon film.

La prophétie des grenouilles (Jacques-Rémy Girerd, 2003)

Un petit tour à la cinémathèque avant de quitter Paris. J'avais oublié que j'avais déjà vu ce film.
Il manque un petit quelque chose à ce film, qui est vraiment plein de qualités. Un petit quelque chose qui ferait qu'il soit super.
Un des meilleurs choix de casting de ce film, c'est la voix de Galabru pour l'éléphant râleur bloqué au premier étage. Il est vraiment formidable. J'ai plein de souvenirs de bonheur liés à la voix de Galabru. Une de mes voix préférées au monde. Dans ce mois de janvier qui a vu mourir tant de personnalités, c'est bien lui que je regrette le plus...

Pour qui ne connaîtrait pas la prophétie des grenouilles : il s'agit d'une variation de l'arche de Noé aux temps actuels. Les grenouilles ont refait leurs calculs et sont formelles : il va pleuvoir pendant quarante jours et quarante nuits. Elles arrivent à informer à temps la famille de Ferdinand, de sorte que les animaux alentours (ceux de la famille et du zoo voisin) vont réussir à embarquer au bord d'une arche un peu hors du commun. Heureusement, Ferdinand avait mis de côté des kilos et des kilos de patates. Les poules sont ravies. Les cochons aussi. Mais les animaux carnivores n'y trouvent pas vraiment leur compte et commencent à reluquer les poules avec appétit...
C'est vraiment une histoire pour les plus petits, et très bien adaptée de ce point de vu là.

My skinny sister (Sanna Lenken, 2015)

L'histoire de la crise d'anorexie de Katja, vue par les yeux de sa petite sœur Stella.
Le film n'évite pas quelques maladresses, mais les personnages sont bien campés. On comprend très vite les lubies un peu bizarres de Stella. Sa grande sœur, Katja, remporte brillamment des compétitions de patinage artistique, mais la pression la rend nerveuse et la fait plonger dans l'anorexie.

Le film retrace assez justement les crises chaotiques de l'anorexie. Un coup Katja se fait vomir, un coup elle n'avale plus rien, puis tout va bien et elle mange des sandwichs, avant la prochaine crise etc.
Il me semble que c'est assez proche de ce qui peut se vivre à l'adolescence. Katja est plutôt bipolaire et insatisfaite chronique qu'anorexique. Stella, elle, est un peu dépassée par les événements et surtout ignorée par tout le monde, Katja monopolisant sans cesse l'attention.
La conséquence est que le film est un peu brouillon. Ce côté déstabilisant est sans doute voulu, mais nuit au film.

Sanna Lenken, qui a elle-même été anorexique, s'est inspirée de sa propre petite sœur dans ce film.
Le changement de perspective est intéressant, mais le film ne décolle jamais vraiment.

Le garçon et la bête (Mamoru Hosoda, 2015)

Le générique ne fait pas vraiment honneur au film, qui est bien plus intéressant que la présentation ne pourrait le laisser penser. Le film joue habilement avec les codes du shônen japonais, en les respectant tout en les prenant à rebrousse-poil. Au final, on n'arrive pas très bien à savoir si on a vu un shônen de plus (le shônen, c'est le manga "pour garçons", dans lequel on a typiquement un jeune homme ou un enfant qui va affronter des épreuves de plus en plus difficiles, et en s'améliorant devenir un homme accompli) ou si on a vu quelque chose de complètement original. On a un sentiment de déjà-vu, mais un déjà-vu nouveau. Typiquement japonais, dans le fond.

J'ai trouvé le dessin animé magnifique. Le dessin surprend un peu dans les premières minutes, il est beaucoup moins lisse et joli que ce que ferait un Miazaki. Mais l'utilisation des couleurs et des effets spéciaux rend certaines scènes fascinantes (la scène d'introduction est un chef d’œuvre).

Je n'ai pas tout compris à l'histoire, le film invitant à être revu plusieurs fois. Je me suis demandée d'ailleurs à quel public pouvait bien s'adresser ce film. La première partie, celle où Kutya est enfant et va quitter le monde des hommes et rencontrer son maître, est trop cousue de film blanc et trop gentiment rigolote pour ne pas être destinée à un public enfant. Dans un deuxième temps, Kutya devient adolescent et soudain les problématiques changent et le ton devient très sérieux. Certaines scènes sur la fin sont un peu impressionnantes pour un enfant. J'ai beaucoup aimé ce changement de ton, mais je ne pense pas qu'un enfant y trouverait son compte. D'autre part, un ado trouverait sans doute le départ du film trop "gamin".

Un très chouette film quand même, du bon dessin animé intelligent comme les japonais savent en faire.

Commentaires

Pourtant Emma adore la Famille Bélier (qu'elle a regardé sur son ordi en streaming mais que je n'ai jamais vu !)

Écrit par : Ingrid | mercredi, 10 février 2016

Sinon j'ai Lolita et Le mec de la Tombe d'à côté de ta liste d'envies. Tu les veux toujours ?

Écrit par : Ingrid | mercredi, 10 février 2016

Oui !!! Amoi, àmoi, àmoi !

Écrit par : Lodi | mercredi, 10 février 2016

"La famille Bélier", j'ai trouvé l'humour douteux... Mais bon, les jeunes d'aujourd'hui...

Écrit par : Lodi | mercredi, 10 février 2016

J'ai mis ma liste à jour par la même occasion !

Écrit par : Lodi | mercredi, 10 février 2016

Ah ben tiens j'ai eu une conversation sur Witcher il y a quelques mois, Julien connaît mais de mémoire ça ne lui a pas plu mais les deux autres garçons qui en ont parlé sont très fans apparemment.
De ce que j'ai tiré de cette conversation, c'est quand même une sexualité MASCULINE qui est omniprésente. Personnellement je suis dans une phase de rébellion et je sature complètement - je l'ai vu avec Games of Throne que j'ai abandonné car je n'en pouvais plus de tous ces clichés masculins sur la sexualité des femmes, en me demandant comment les actrices pouvaient accepter les directives du scénario).
Ceci étant dit je me note les livres sur ma liste parce que ça me tente bien (même si la fantasy médiévale d'habitude j'aime pas du tout, les exceptions (L'Assasin Royal) confirmant la règle (Tolkien et consorts)).
[après écriture de ce commentaire, je vais cliquer sur la vidéo de Witcher]

Le passage de cet article sur Bistami était absolument passionnant, je suis évidemment très intéressée par ton devoir même bâclé.

Écrit par : Winnie | jeudi, 11 février 2016

J'en suis à 00:50 et c'est quand même DEGUEULASSE (pour moins ADULTE c'était "olé olé" pas du tout).
Bon sinon je suis moyennement emballée par des Let's Play, mais le livre me tente toujours.

Écrit par : Winnie | jeudi, 11 février 2016

Ca, je dois bien avouer que the Witcher n'est pas DU TOUT féministe. C'est écrit par un mec, pour un public masculin, le jeu s'adresse en priorité à des joueurs masculins... On n'a jamais le point de vue féminin sur la question.

Cela étant posé, j'ai vu bien pire dans le machisme insupportable.

Quant au jeu The Witcher, c'est un jeu avec pas mal de quêtes secondaires (un peu à la Lara Croft ou Far Cry). Faut aimer ce genre, je sais pas quel genre de jeux aime Julien.

Oui, le passage avec l'oiseau est un peu dégueux. Y'a une esthétique de la violence assez particulière, tout le monde n'appréciera pas. Moi j'accroche à 100% avec ce genre, les monstres sont magnifiques, je trouve le design impressionnant.

Je note de parler de mon mini-mémoire sur Bistami sur le blog à l'occasion. J'ai vraiment adoré travailler dessus.

Écrit par : Lodi | mardi, 16 février 2016

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