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lundi, 29 juin 2015

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces trois dernières semaines ?

Bérénice, Racine
L'illusion comique, Corneille

L'avantage avec Dumas, c'est que je gère complètement mon XVIIème siècle maintenant.
L'illusion comique, c'est à peu près au moment où D'Artagnan arrive à Paris sur son cheval jaune.
La première représentation de Bérénice a lieu assez peu de temps après la mort de D'Artagnan. Madame (Henriette d'Angleterre) vient juste de mourir, alors qu'elle avait elle-même donné le sujet de la pièce à Corneille.
Je trouve ca fascinant. Il n'y a pas un autre roman historique qui commence juste avant la mort de Madame, histoire que je poursuive ma chronologie ?

Passeport à l'iranienne, Nahal Tajadod

L'histoire commence un samedi, à Téhéran, en 2007. Nahal Tajadod doit faire refaire son passeport avant de pouvoir repartir en France, où elle vit avec son mari. Une formalité : la procédure prend environ trois jours et son vol aura lieu dans plus d'une semaine. Mais les choses ont changé depuis son dernier séjour en Iran, et Nahal apprend qu'il lui faudra plus d'un mois pour obtenir son nouveau passeport.
Mais en Iran, la question est de connaître les bonnes personnes. Et tout le monde connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui se fera un plaisir de lui servir de coupe-file. Bref, nous allons passer tout le roman à suivre Nahal dans ses démarches administratives et sa vie quotidienne avec sa fille, sa tante et sa meilleure amie.
Il y a un petit peu de la maison qui rend fou d'Asterix dans ce roman, mais l passeport est surtout un prétexte pour dépeindre le quotidien de Téhéran, ces petites choses qui agacent Nahal (et l'amusent aussi un peu) : le târof infini avec les chauffeurs de taxi (le târof consiste à toujours refuser d'être payé d'abord, sachant qu'il serait évidemment impensable de prendre la personne au mot et de partir sans payer...), les embouteillages absurdes sur le périphérique, le cirque continuel de l'installation et de la désinstallation de l'antenne satellite (interdite, mais qui ne manque dans absolument aucun foyer iranien), etc.
Du peu que j'ai pu voir de Téhéran, les choses n'ont en rien changé depuis 2007. La ville a encore grandi, les voitures ont encore vieilli et il y a encore plus de chaînes satellites.

Quand à ce portrait des jeunes dans les centres commercieux (pâssâj), j'aurai pu l'écrire mot pour mot !

Le port du voile étant obligatoire, tout l'art, toute l'habileté des jeunes filles consiste à trouver un moyen de montrer, malgré tout, un maximum de leurs chevelure. Afin de lutter contre l'inertie de ce carré de tissu, elles ont inventé, à l'aide de peignes et de barettes, tout un système d'échafaudages, lequel crée une crinière surélevée, de préférence blonde, qu'elles laissent dépasser du foulard. Leurs yeux et leurs sourcils changent continuellement de teinte et de forme. Aujourd'hui, elles ont plutôt les yeux noirs (l'importateur de lentilles claires a dû faire faillite) et des sourcils tatoués en forme d'accent circonflexe. Leurs franges, dévalant de l'échafaudage, offrent un éventail de couleurs qui va du fuchsia au blond platine. Placées au sommet de leur tête, des lunettes de soleil griffées dissimulent le prétendu foulard. Les ailes de leur nez, à force d'être affinées par le chirurgien, sont presque invisibles. [...] Depuis quelque temps, la jeunesse masculine, bien qu'à l'abri des épreuves et des emprisonnements, qui menacent toujours les femmes (une d'elles, âgée de seize ans, a été récemment pendue pour "adultère" alors qu'elle n'était pas mariée), a adopté l'esthétique féminine. Les garcons de Téhéran, du moins ceux qui fréquentent les pâssâjs, ont tous le nez opéré, les sourcils épilés, les ongles manucurés et les cheveux longs, gominés. Là aussi, on est loin de l'image du bon pratiquant.

Les Zinzins d'Olive Oued, Terry Pratchett
L'invention du cinéma, version Disque-Monde.

Aden Arabie
La France n'est d'ailleurs pas une personne comme les statues de Dalou pourraient le faire croire aux enfants des écoles. Il ne faut pas s'imaginer qu'elle est un personnage de taille surnaturelle marchant avec des oiseaux sur la tête entre les murailles qui ferment son domaine, une espèce de grande reine des abeilles, mère de quarante millions d'enfants. La France est une collection d'hommes, d'évènements et de produits.
Je n'aime pas ces hommes, ni leurs produits, ni les évènements francais. Que personne n'essaye de me faire honte parce que j'insulte une déesse. Eternel visage. Eternelle maîtresse des généraux. Je n'ai pas manqué de respect à cette vierge qui n'existe pas.

Qu'est-ce que j'ai vu ces trois dernières semaines ?

Sherlock, saisons 1 à 3 (Mark Gatiss et Steven Moffat, 2010-2014)

sherlock_watson.jpg

Série commencée en vacances en France. Il fallait bien que je finisse la saison qui me restait (je ne savais pas que la série n'est pas terminée...).
Pas mal de très bonnes idées filmiques dans cette série. Je pense qu'encore personne n'avait essayé d'adapter un Sherlock Holmes en se donnant autant de mal pour mettre en scène "l'intérieur du cerveau" du détective. Certaines choses fonctionnent mieux que d'autres, mais j'apprécie énormément la prise de risque et l'originalité.
Là où la série me perd, c'est quand elle se met à dégouliner de pathos facile... et dieu sait que c'est souvent ! On pourrait couper à peu près 20mn par épisode de plans destinés à nous faire comprendre À QUEL POINT Watson aime Holmes dans le fond de son coeur tendre. Heureusement, les touches d'humour font mouche et sont un vrai plaisir.
La série a touché le jackpot en découvrant l'acteur principal, Benedict Cumberbatch, qui est pour moi le meilleur "nouvel" acteur du moment, ne serait-ce que parce qu'il a un physique tellement subtilement bizarre. Malheureusement, l'acteur et son personnage tiennent tout seuls la série qui manque cruellement de personnages intéressants (l'inspecteur de Scotland Yard est d'un fade... comment est-ce possible ?).

Fargo (Joel et Ethan Coen, 1996)
Un des films préférés du Killer, sur notre liste des films à voir ensemble depuis des années. Son enthousiasme pour ce film m'échappe un peu, je trouve que ce film est un Big Lebowsky en moins bien dosé. Je pense que c'est tout simplement que dans le cinéma des frères Coen, c'est surtout leur humour que j'apprécie. Ici, l'accent est mis sur d'autres composantes de leur cinéma, celles qui me touchent moins.

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