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lundi, 19 janvier 2015

C'est lundi

Douze semaines... Douze semaines sans donner signe de vie, et forcément, la liste des lectures est devenue longue entre temps. Accrochez-vous, on est partis.

Qu'est-ce que j'ai lu ces 12 dernières semaines ?

Peter Pan, James Matthew Barrie
Et bien non... je n'avais jamais lu Peter Pan. Par conséquent, à part la version Disney, je ne savais pas exactement de quoi il en retournait vraiment dans ce personnage qui m'a toujours mise mal à l'aise. Et je ne savais pas pourquoi j'étais mal à l'aise.
J'ai écouté le conte de Jame Matthew Barrie en VO, et tout au long, le sentiment de malaise que je ressens face au personnage ne s'est pas dissipé. J'ai beaucoup apprécié la lecture, là n'est pas la question. Je n'éprouve juste aucune sympathie pour le personnage, il me met mal à l'aise.
J'ai cru avoir identifié dans les premiers chapitres une raison à cela, lorsque l'on commence à découvrir le Neverland et ses habitants. Pour moi, tout le Neverland évoque la mort, et tous ces enfants "disparus" me donnent l'impression d'enfants morts et atterris dans ces espèces de limbes dans lesquels ils oublient d'ailleurs excessivement rapidement les personnes du monde réel.
J'ignore si je projette des choses dans ce conte, qui j'en suis sûre a dû être psychanalysé déjà sous toutes les coutures (mais je ne me suis jamais renseignée sur la question). Mais en tout cas, je ne m'étonne absolument pas que le conte ait pu donner lieu à cette fameuse BD aux visuels très noirs, qu'il faudra aussi que je lise à l'occasion.

De la mode,
Théophile Gautier

Dracula,
Bram Stoker
Dracula était encore un livre écouté en anglais, après un énorme échec il y a quelques années à dépasser la deuxième page du livre. Je n'y comprenais rien (à cause de l'anglais, hein).
Je pense que ma lecture a été un peu gâchée d'abord par mon amour absolu pour le film de Murnau. Tout le début de l'histoire ne m'a pas vraiment emballée, je trouvais que l'auteur n'arrivait pas à exploiter à fond la description du château de Dracula. C'est dès que l'histoire du livre commence à différer fortement du synopsis de Nosferatu que j'ai enfin vraiment été plongée dans l'histoire jusqu'aux sourcils. L'histoire prend beaucoup de temps à s'installer et nous donne l'occasion par là de faire pleinement connaissance avec les personnages. En tant que lecteur, on entre en parfaite empathie avec tous les personnages (et même un peu avec Dracula - la fin est de ce point de vue très réussie) et le suspens reste haletant jusqu'à la fin.

La Guerre du feu,
Rosny aîné
La Première Émotion, Octave
Mirbeau
L'Octogénaire, Octave Mirbeau

Charlotte,
David Foenkinos
Qui a eu tellement de prix cette année et qui a est tellement... plat.
Ca se lit, hein, mais c'est pas palpitant.

Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, Mathias Malzieu

J'avais déjà lu ce roman et j'avais oublié à quel point il était beau. L'histoire commence alors que la mère de Mathias Malzieu vient de mourir et est un entremélage d'autobiographie, de poésie et d'un récit fantastique qui met en scène une espèce de géant en bois raccommodeur d'âmes. On a envie en lisant ce petit bijou d'apprendre par cœur à peu près toutes les phrases, parce qu'elles sonnent tellement juste.

Pas pleurer, Lydie Salvayre

J'ai trouvé l'histoire du livre, qui joue sur l
'ambiguïté des personnages, bien menée. Elle va quelque part, c'est clair et simple, sans être simpliste. Certaines choses dans le rythme m'ont laissée un peu perplexe, mais c'était une sympathique expérience de lecture.

La huitième couleur, Terry Pratchett
Le huitième sortilège
, Terry Pratchett
La huitième femme
, Terry Pratchett
Pour les vacances de Noel, j'avais pour objectif d'au moins commencer la pharaonique saga du Disque-Monde, plus pour pouvoir dire "bon ca y est, je sais ce que c'est" que pour autre chose. Ni les références culturelles, ni l'esthétique de ce genre de roman n'est vraiment ma tasse de thé. Je m'ennuie quand je lis Tolkien, je ne joue pas aux jeux de rôle, je ne fantasme pas sur les dragons.
Par conséquent, il est évident que je ne suis pas le public cible de la saga, d'autant que je ne saisis sans doute pas la moitié des allusions. Et par conséquent, il n'est pas très étonnant que j'aie apprécié sans plus les premiers tomes de la saga.
Le registre WTF est sans doute encore le meilleur angle d'approche du fantastique pour une lectrice aussi peu impliquée dans le genre que moi, et du coup, les histoires passent très bien. J'aurais certainement eu beaucoup plus de mal avec une écriture qui prend au sérieux ce qu'elle raconte.

Das Wochenende (Le Week-end), Bernhard Schlink
Je pense avoir été claire et si je ne l'ai pas été, je me répète : BERNHARD SCHLINK EST UN GÉNIE. Voilà, c'est dit.
Das Wochenende est un roman assez court qui relate un week-end passé entre anciens camarades d'université, un groupe d'anciens amis qui ont vécu leur jeunesse dans les années 70 et avaient des sympathies RAF (la bande à Baader). L'un d'eux, Jörg, vient de passer 20 années en prison pour ses activités terroristes, et c'est à sa sortie de prison que sa sœur décide de rassembler les anciens amis.
Les bases sont ainsi posées pour un huis-clos étouffant, dans lequel Bernhard Schlink instaure une réflexion sur l'héritage dans la société allemande de cet épisode bien précis de son Histoire. Lesquels ont trahi ? Ceux qui sont passés aux armes pour lutter contre le capitalisme, quitte à tuer ? Ceux qui font mine de ne pas se souvenir avoir brandi des banderoles aux messages agressifs dans les démonstrations ? Ceux qui veulent aider Jörg à se ranger ?
J'adore tout ce que fait Bernhard Schlink d'une manière générale et son obsession à rechercher le passé dans le présent. Pour une fois, l'Histoire est moins intriquée, seule la dérive terroriste marxiste est abordée, sans doute un des épisodes de l'Histoire les plus oubliées dans l'Allemagne actuelle. Bernhard Schlink m'aide à en déceler les cicatrices bien visibles dans la mentalité allemande et c'est un pur plaisir.

Mortimer
, Terry Pratchett
J'attendais un peu plus que ca de Mortimer, étant donné que, comme à peu près TOUT LE MONDE, Mort est mon personnage préféré dans la saga pour le moment (mon deuxième nom est Originalité) et qu'en plus le bouquin m'avait été loué comme étant un des meilleurs de Terry Pratchett.

L'homme qui savait la langue des serpents,
Andrus Kivirähk
Je remercie beaucoup Winnie pour ce cadeau de Noel, que je me suis hâtée de lire (à cet endroit, une pensée attendrie pour tous les formidables livres qui prennent la poussière sur une étagère de ma chambre s'impose - un jour, je vous sortirai de là !!!).
L'expérience était très dépaysante, le roman se situant dans une espèce d'Estonie mythique. La civilisation apportée par les envahisseurs germaniques se répand en Estonie et les hommes quittent la forêt (où ils passent leurs journées à boire le lait des louves et manger des élans) pour se rendre dans des villages (où l'on travaille toute la journée pour récolter du blé et manger un machin dégeulasse : le pain). Le héros fait partie des derniers humains qui refusent les nouvelles modes et technologies modernes et qui connaît encore les anciens mythes et la langue des serpents.
Evidemment, tout l'humour du livre repose sur le décalage entre la perception "décadence moderne" des villageois qui vivent un style de vie que nous percevons en tant que lecteur comme très primitif. Je n'ai compris qu'une infime partie des enjeux du roman, comme j'ai pu m'en assurer en lisant l'excellente postface qui tente d'expliquer les allusions à la politique de l'Estonie.
L'histoire est dans le roman assez secondaire, en tout cas c'est ainsi que je l'ai
perçue. Ce que j'ai surtout apprécié, c'est l'univers installé par l'auteur, ce monde d'humains qui vivent dans la forêt et communiquent avec les animaux, toute l'ambiance créée était accueillante, elle donnait envie de s'y installer pour un moment. Le ton était aussi très bien maitrisé, mélangeant l'humour, l'épique, le carrément sanguinolent. D'une manière générale, l'ambiance du livre est plutôt sombre, mais elle ne s'installe jamais dans un registre unique, changeant tout le temps subtilement le registre.
Une très belle découverte que cet auteur, ca donne envie de le suivre.

Qu'attendent les singes, Yasmina Khadra
Comme j'avais beaucoup aimé Ce que le jour doit à la nuit, j'étais impatiente de jeter un coup d'œil au nouveau Yasmina Khadra. Et vraiment, quelle déception ! Je n'ai pas réussi à un seul moment à être impliqué à quelque niveau que ce soit dans cette histoire, je me fichais de ce qui pouvait arriver à tous ces personnages, je me fichais même de savoir qui était le coupable du meurtre et comment les différents retournements de situation allaient être résolus à la fin. Je m'en fichais cordialement et je voulais juste arriver à la fin du livre pour pouvoir enfin passer à autre chose.
A aucun moment je n'ai senti un message intéressant dans le roman, même si je pense que Yasmina Khadra a vraiment essayé de dire quelque chose sur l'Algérie. Mais justement, elle essayait tant de dire quelque chose que l'intrigue entière ne semblait qu'une excuse pour dire que les gros bonnets en Algérie sont des pourris, mais que quand même, le peuple d'Algérie est généreux et l'avenir sera sans doute meilleur. Et qu'une excuse pour enchaîner punch-line sur punch-line.
Ca m'a terriblement ennuyé.

Commentaires

C'est intéressant cette interprétation de Peter Pan... l'analyse psychologique la plus connue l'est sous le nom de "syndrome de Peter Pan" qui en fait s'applique plus à l'auteur qu'à son personnage. C'est une angoisse, surtout masculine, face au fait de grandir, de devoir faire des choix (et donc de devoir dire non) et d'avoir des responsabilités.
On peut du coup aussi le lire comme une angoisse face à la mort dans le refus de grandir.
Je n'aime pas du tout ce personnage non plus mais je suis quand même fascinée par ce roman, surtout, surtout, surtout par sa fin, qui est je pense la meilleure fin de "conte de fées".

Je suis contente d'apprendre que tu as aimé "L'homme qui savait la langue des serpents" ! Je remarque que tu l'as trouvé "sanguinolent". C'est aussi ce que m'avait fait remonter une de mes lectrices après que je lui ai conseillé. J'avoue que c'est un aspect que j'ai complètement occulté pendant ma lecture en fait !!! Ma collègue l'a trouvé "très marrant", je n'irai pas jusque là mais je l'ai trouvé burlesque (au sens littéraire).

Enfin je crois que Yasmina Khadra est un homme. (je n'ai toujours rien lu de lui, je vais essayer de me rattraper en 2015).

Je n'ai toujours pas fini "Son visage et le tien", faut dire que je m'arrête à toutes les phrases ou presque car j'ai envie de les "respirer" et de les apprendre par coeur.

Écrit par : Winnie | jeudi, 22 janvier 2015

Ca alors, oui, Yasmina Khadra est un homme. Son prénom m'a complètement menée dans le faux.
D'ailleurs ca n'a aucune importance pour la lecture.

Pour "L'homme qui savait la langue des serpents", le sanguinolent à la fin m'a surtout interpelée parce qu'une amie voulait m'emprunter le livre une fois que j'aurais fini et je n'étais pas sûre qu'elle soit très réceptive.
Je pense que "burlesque" est une bonne description du ton du livre, en effet.

J'ai pas du tout aimé la fin de "Peter Pan", elle m'a mise tout aussi mal à l'aise que le reste et EN PLUS elle était sexiste au possible (ce qui est present dans tout le conte, mais là particulièrement).

Écrit par : Lodi | dimanche, 25 janvier 2015

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