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lundi, 19 mai 2014

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces trois dernières semaines ?

Lolita lesen in Teheran (Lire Lolita à Téhéran), Azar Nafisi

J'en ai déjà parlé longuement la dernière fois. J'ai adoré, et je le conseille vivement à toute personne intéressée par la littérature et qui ne peut pas se lasser de lire des réflexions sur des grandes œuvres de la littérature mondiale. Les amoureux de Nabokov devraient être particulièrement servis.

La rêveuse d'Ostende, Eric-Emmanuel Schmitt

Pour une fois, un recueil de nouvelles qui me plaît bien. Surtout la première nouvelle qui donne son titre au recueil et qui est une perle.

Ulysse from Bagdad, Eric-Emmanuel Schmitt

L'homme lutte contre la peur mais, contrairement à ce qu'on répète toujours, cette peur n'est pas celle de la mort, car la peur de la mort, tout le monde ne l'éprouve pas, certains n'ayant aucune imagination, d'autres se croyant immortels, d'autres encore espérant des rencontres merveilleuses après leur trépas ; la seule peur universelle, la peur unique, celle qui conduit toutes nos pensées, c'est la peur de n'être rien. Parce que chaque individu a éprouvé ceci, ne fût-ce qu'une seconde au cours d'une journée : se rendre compte que, par nature, ne lui appartient aucune des identités qui le définissent, qu'il aurait pu ne pas être doté de ce qui le caractérise, qu'il s'en est fallu d'un cheveu qu'il naissent ailleurs, apprenne une autre langue, reçoive une éducation religieuse différente, qu'on l'élève dans une autre culture, qu'on l'instruise dans une autre idéologie, avec d'autres parents, d'autres tuteurs, d'autres modèles. Vertige !

Je commence à cerner ce que j'aime chez Eric-Emmanuel Schmitt : j'aime quand il parle de Dieu et de la vie, je reste complétement hermétique quand il parle d'amour. Il faut croire qu'on ne vit pas sur la même planète.

Le démarrage a été un peu difficile. J'ai du mal à lire du Eric-Emmanuel Schmitt et à bien vouloir me laisser persuader que c'est un sans-papier irakien qui parle. Mais comme il y a quelques années quand j'ai lu son Jésus, j'ai arrêté un moment ma lecture, signé mentalement notre pacte de lecture, et j'ai pu profiter du roman. Comme trois pages plus tard, le héro discute tranquillement de ses verrues avec le fantôme de son père, on se rend compte que de toutes manières, le réalisme n'était pas le but premier de l'auteur.

Eric-Emmanuel Schmitt parle assez peu d'amour dans ce roman, du coup j'ai bien pu apprécié. Le sujet est peu ordinaire, et particulièrement intéressant à (re)lire avec 6 ans de distance. Dans ce livre publié en 2008, on retrouve Kadafi avant les printemps arabes et on assiste impuissant au naufrage d'une barque de clandestins au large de Lampedusa. On ne peut pas dire qu'Eric-Emmanuel Schmitt était mal documenté. Le tout flottant dans des références constantes à l'épopée d'Ulysse (comme c'était le cas pour la rêveuse d'Ostende).

La tectonique des sentiments, Eric-Emmanuel Schmitt

Une pièce de théâtre qui parle d'amour d'amour et d'amour.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

ماهی سياه کوچولو (Le petit poisson noir), Samad Behrangi

Little Women, Alcott

Et après ?

Je continue Eric-Emmanuel Schmitt, je termine Amélie Nothomb et je pourrai passer à Simone de Beauvoir...

vendredi, 02 mai 2014

Quoi de neuf ?

Du jour au lendemain, le printemps est arrivé. C'est indiscutable : l'air sent le printemps.

Je suis du coup à peu près deux fois plus rentable dans une journée. Je prends trois fois moins de temps à me sortir du lit, cinq fois moins à passer sous la douche, et je n'ai pas besoin de partir dès 19h me réconforter sous une couette.

Depuis le 1er Avril, j'ai changé de statut, et en même temps de bureau. Je partage maintenant le bureau 230 avec John. Tous mes collègues m'ont prévenu : le bureau 230 est invivable dès qu'il commence à faire chaud. Je leur rétorquais en général que le concept de "trop chaud" m'étais inconnu. Mais en effet, dès le premier jour de printemps, j'ai compris que j'allais devoir opter pour les débardeurs pendant les 6 prochains mois. John et Konfus Junior sont à la torture dès qu'il fait un peu chaud. Pour ma part, j'aime les débardeurs et les mini-shorts ; je pense que ces 4 années dans le bureau le plus chaud de toute la fac ne vont pas me déplaire.

Comme son nom l'indique, le bureau 230 est voisin du bureau 231, celui de Konfus. Je suis donc maintenant juste à côté de Konfus, mon "boss". Un boss assez cool, il faut bien le dire.

Konfus a eu l'idée grandiose d'organiser un colloque de doctorants. Nous sommes deux doctorants, Tonio et moi, ce qui signifie que nous avons assez intérêt à avoir quelque chose a dire à ce colloque, car on ne risque pas vraiment de passer entre les gouttes. Heureusement, nous ne nous verrons que toutes les deux semaines, mais même comme cela, je me demande bien par quel miracle je vais réussir à avoir bouclé ma présentation de tous les phénomènes d'îles existants d'ici notre prochain rendez-vous.

Dans le groupe GA (Grammaire Allemande (dont je fais partie (même si je travaille sur le français (ne cherchez pas à comprendre la logique, il n'y en a pas))), tout est sur le point de changer. John vient de commencer en effet son dernier semestre à la fac. L'hiver prochain, il s'en va en Suède. Je ne sais pas si c'est à cause de cela, à cause de la chaleur dans le bureau 230, ou parce qu'il a toujours fonctionné comme ça, mais je le vois rarement à la fac. En règle générale, je suis seule dans notre bureau (ce qui m'arrange assez). Le semestre prochain aussi, Konfus Junior part faire un semestre en tant qu'"invité" à la fac du centre. J'ai encore du mal avec les subtilités des différents postes à la fac, entre les boursiers, les aides, les assistants scientifiques, les assistants de projet, les chargés de cours, les invités, les remplaçants, les privat-docent... je me perds complètement. Toujours est-il qu'il s'en va, et sera remplacé par Tonio (ce qui me fait trépigner de joie - malgré toute la sympathie que j'ai pour Konfus Junior). D'autre part, Konfus a obtenu un financement pour un projet d'édition libre, et nous aurons donc au moins 3 nouveaux collègues. Un vient déjà de commencer : il est marié à une Française et a une fille de 5 ou 6 ans qui est sans doute la gamine blonde la plus belle que j'aie jamais vue. Le recrutement des suivants est en cours, et Vendredi s'est même présenté pour le poste (je ne sais pas quelles sont ses chances de l'avoir, mais il ça serait vraiment le pied de l'avoir comme collègue). Bref, à part mon ancienne voisine de bureau Melinda et notre secrétaire Vitalita, tout le groupe GA est en train de changer.

Tout continue donc comme avant cet inter-semestre mouvementé (entre l'Iran et la conférence à Bruxelles, je n'ai pas vraiment vu ces fausses vacances passer). J'ai repris un séminaire de 2ème année, avec des élèves différents (et en changeant complétement mon cours, idiote que je suis, au lieu de profiter du travail déjà fait pour m'épargner des préparations fastidieuses). J'ai repris les cours de perse, plus motivée que jamais (d'autant que j'ai fait un bond en avant depuis mes deux semaines à Téhéran). On a à nouveau du mal à trouver une table libre à la cantine le midi. Bref, le semestre a repris, comme d'habitude, on est débordés.