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lundi, 24 mars 2014

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces trois dernières semaines ?

Bhakti - Der Wandel im Herzen ("Bhakti - Le changement à l'intérieur du coeur"), His Divine Grace A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupâda

En fait, je ne suis pas arrivée au bout, mais quand sa Divine Grace Machin a commencé à m'expliquer que les êtres humains vivaient autrefois mille ans et que notre temps est dépravé et que c'est pour cela qu'on ne vit plus que cent ans, je me suis dit qu'il était peut-être temps d'en finir. Y'avait des choses bien, mais c'était assez répétitif.

Iran (Guide de voyage Lonely Planet)

Là encore, je ne l'ai pas vraiment lu en entier, puisque je n'ai lu que les villes qui m'intéressaient (Téhéran et Ispahan) en plus des informations générales.

Les Pintades à Téhéran, Delphine Minoui

Celui-là par contre, je l'ai dévoré. Les iraniennes s'amusaient bien en regardant les images. "Ha ha, regarde, les filles avec leur scotch sur le nez ! Comme c'est drôle !"

NB sur les "scotch" sur le nez : les iranieennes (et les iraniens) sont obsédés par deux choses, à savoir leurs sourcils et leur nez. Le nombre de gens que l'on croise dans la rue affublés d'un scotch sur le nez, marque du passage récent sur le billard, est impressionnant. Et les chirurgiens du nez iraniens sont très réputés, paraît-il...

Un petit détour par le GRand Bazar, dans le Sud populaire, permet de vite remettre les pendules à l'heure.Dans ses galeries sous arcade, on y croise des Iraniennes drapées de noir [c'est à dire en tchador], le cabas rempli de légumes sous un bras et de l'autre main libre en train de tâter, tels des melons frais, des soutiens-gorge roses en nylon disposés sur l'étal d'un vendeur de sous-vêtements bon marché. Tout comme la papeterie, les orfèvres et les tapis, la lingerie dispose d'une section à part. Le visage à moitié caché par son voile sombre, Hamideh vient de plonger la tête la première dans un bac rempli de lambada [strings]. Cette femme au foyer, mère de trois enfants et originaire d'un milieu religieux et ouvrier, est en pleine mission d'exploration.
Tout à coup, la voilà qui se redresse, triomphante, brandissant sa fructueuse découverte : un string rose pétant à froufrous ! Avec, en prime, un message imprimé sur le devant : "sens Interdit !" Le tout pour l'équivalent de 5 euros. Hamideh laisse exploser sa joie. "Mon mari va dorer !" lâche-t-elle, sous le regard sévère de l'ayatollah Khamenei dont le portrait est placardé sur le mur au-dessus du bac à porte-jarretelles (le guide suprême de la République islamique a droit à son effigie dans tous les magasins iraniens, et les boutiques de dessous frivoles ne dérogent pas à la règle).
Ces petits objets de libertinage, qui rappellent les gadgets racoleurs de Pigalle, sont-ils donc licites en République islamique ? "je porte un tchador pour me protéger du regard des hommes dans l'espace public. Mais le soir, je me maquille, je mets des bijoux et je sors mes plus beaux sous-vêtements pour mon mari. En tant que bonne musulmane, c'est mon devoir d'être sensuelle pour mon époux" commente sans tabou Hamideh. [...] Sous le voile, la coquetterie - autorisée et encouragée par la nomenklatura religieuse - n'a pas de limites. Quitte à frôler la vulgarité.

Le déclin de l'Empire Whithing, Richard Russo

Pour passer deux semaines de vacances sans me charger de 50 livres, j'ai pris le plus gros des romans de ma PAL. Finalement, je ne l'aurai lu que dans l'avion aller. Trop occupée à Téhéran et trop épuisée dans l'avion retour. Je pense qu'il me fera mes deux semaines à Bruxelles !

Quatre-vingt-treize, Victor Hugo

Commencé dans l'avion-retour. Il y a ce style Victor Hugo, ces dialogues trop parfaits, ces scènes trop bien arrangées pour qu'on y croie une seconde. Romantisme, romantisme, romantisme... Mais cela dit, un texte sur la Terreur, c'est rare et nécessaire. Victor Hugo, sans cacher une certaine préférence pour les Bleus (les républicains), dépeint les Blancs (les Royalistes) avec autant de bienveillance. On s'attache aux personnages, ces personnages qui s'affrontent. On s'attache aux deux ennemis, en sachant bien que l'un des deux va perdre. Je pense que c'était l'idée centrale du livre, une manière comme une autre de montrer d'absurdité de la guerre civile, une guerre fratricide au propre et au figuré.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Moby Dick, Herman Melville

J'ai continué sur ma lancée des livres anglais lus en VO. "Moby Dick" est le deuxième livre que je découvre directement en VO. Comme pour "Vanity Fair", la lecture est difficile. Il me faut me raccrocher au texte écrit pour être sûre de comprendre certains passages. Mais contrairemnt au précédent, je ne trouve pas le livre aussi passionnant.
J'ai même beaucoup de mal à m'intéresser à ces personnages et à ces disgressions sans fin sur tout et n'importe quoi. Un chapitre entier pour décrire les différents type de baleine - c'est un peu trop pour moi.

Qu'est-ce que j'ai vu ces trois dernières semaines ?

J'ai vu un film en Iran, dont je ne connais pas le titre mais qui est visiblement assez connu, et qui heureusement pour moi avait des sous-titres en anglais. C'était un film "officiel", l'histoire d'une fille impie qui porte beaucoup de maquillage et dit des choses méchantes sur Dieu. En voulant échapper à la police, elle se réfugie par hasard chez un molla très pieux qui l'accueille. Elle essaye désespéremment de le prendre en défaut, mais lorsque son frère est gravement blessé et que les prières du molla le sauvent, elle finit par retourner à Dieu. Elle s'habille en blanc et ne porte plus de maquillage (parait-il).

Ca n'était pas extraordinairement bien joué, et les ficelles de l'histoire était assz grossières, mais ca n'était au final pas mal du tout. Au final, ce que le molla disait de Dieu était vraiment beau, c'était au moins une partie du film qui avait l'air sincère...

lundi, 03 mars 2014

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces deux dernières semaines ?

Tuer le père, Amélie Nothomb

Je fais court : pas le meilleur Amélie Nothomb...

L'éternel mari, Dostoievski

Barbe bleue, Amélie Nothomb

Enfin un TRÈS TRÈS BON Amélie Nothomb ! Je suis ravie !
Barbe bleue est une sorte d'achèvement de plein de choses nées dans les autres derniers romans. Il y a notamment beaucoup d'échos du Fait du prince. L'imaginaire d'Amélie Nothomb se transforme : c'est toujours le froid, toujours le sucré, et le trop-plein s'installe de plus en plus. Très très aboutit, et un sujet parfait (parce que Barbe Bleue, c'est quand même un des meilleurs contes qui existe au monde), même s'il est transparent (ce qui est peut-être même un avantage).

- N'exagérons rien. J'apprécie votre gâteau, voilá tout. Voulez-vous sécher vos larmes, je vous prie.
- Non. J'aime pleurer devant une belle jeune femme à qui j'offre de la volupté.
- Vous êtes insortable.
- Vous voyez, j'ai raison de ne pas sortir.
Elle rit.
- Quand je pense à toutes ces femmes qui rêvent de vous rencontrer ! Si elles savaient que vous sanglotez à la moindre occasion et qu'il n'y a pas de champagne chez vous !
- Je corrigerai ce dernier point. Vous m'avez converti. D'où vous vient cette habitude ?
- Cette habitude ? Vous plaisantez. Je n'ai pas bu beaucoup de champagne dans ma vie, mais dès la première fois, j'ai su qu'il n'y avait rien de meilleur. Comment avez-vous évité de vous en apercevoir, vous ?
- J'imagine que le champagne m'a été gâché par les mondanités. Je n'y avais plus touché depuis vingt ans.

Le Visiteur, Eric-Emmanuel Schmitt

Pour moi un chef d'oeuvre absolu de Eric-Emmanuel Schmitt. Nous sommes à Vienne, juste après l'Anschluss, et Freud, grâce à ses appuis aux Etats-Unis, est en train de se préparer à fuir. Un Inconnu rentre dans son bureau, et petit à petit, il s'avère que ce serait... peut-être... Dieu. Ou juste un fou.
En tous cas, le dialogue va partir très loin : le sens de la vie, l'incompatibilité de Dieu et de la haine (incarnée par le nazisme), la crise de la foi (individuelle et historique) auquel contribue la psychanalyse...

FREUD (véhément). Allez ! Intervenez ! Arrêtez ce cauchemar, vite !

L'INCONNU. Je ne peux pas. Je ne peux plus !
L'Inconnu se dégage, rassemble ses forces pour aller fermer la fenêtre. Au moins, le bruit des bottes a disparu... Il s'appuie contre la vitre, épuisé.

FREUD. Tu es tout-puissant !

L'INCONNU. Faux. Le moment où j'ai fait les hommes libres, j'ai perdu la toute-puissance et l'omniscience. J'aurais pu tout contrôler et tout connaître d'avance si j'avais simplement construit des automates.

FREUD. Alors pourquoi l'avoir fait, ce monde ?

L'INCONNU. Pour la raison qui fait faire toutes les bêtises, pour la raison qui fait tout faire, sans quoi rien ne serait... par amour.

La nuit de Valognes, Eric-Emmanuel Schmitt

MADEMOISELLE DE LA TRINGLE (voulant comprendre). Votre paon est en train de mourir ?

LA DUCHESSE. Voilà.

MADAME CASSIN. Vous y étiez très attachée ?

LA DUCHESSE. Nous nous connaissons depuis l'enfance.

LA RELIGIEUSE (naivement). Je ne savais pas que les paons vivaient aussi longtemps.

LA DUCHESSE (faussement vexée). Je vous remercie. (Changeant de ton sans transition.) Dans ma famille, il est d'usage que tout enfant naisse en même temps qu'un paon. C'est une tradition. Nous sommes nés ici, mon paon et moi, enfin, lui dans le parc et moi dans la chambre de l'aile droite. (Changeant de ton) Oui, je l'avoue, j'ai négligé mon paon pendant ma vie de femme. Et puis, presque par hasard, je suis revenue ici il y a quinze ans. J'ai vu mon paon dans un si pauvre état, grossi, boiteux, déplumé, rhumatisant, sa queue ne déployant qu'un éventail édenté, que ce jour-là, je me suis apitoyée sur nous-même. Oui, nous avions vieilli. Il était bien passé, le temps de nos splendeurs. Car je dois dire sans fausse modestie que c'était un très beau paon. De l'avis général. Alors je l'ai emmené avec moi, à Paris, où il vécut dans mon jardin. Mais cette dernière semaine fut terrible pour lui, son état s'est aggravé : il respire avec peine et trahit des signes de grave lassitude. Il ne peut plus ni bouger ni chanter.

LA RELIGIEUSE. Cel chante, un paon ?

LA DUCHESSE (joyeuse). La première fois que je me suis trouvée à l'Opéra, j'ai cru qu'il s'était caché dans la fosse.

LA RELIGIEUSE (sans rapport). La pauvre bête.

LA DUCHESSE. N'est-ce pas ?

La Duchesse a rassemblé 4 amies chez elle. Pourquoi ? Parce que son paon est en train de mourir. Et qu'il est donc grand temps de régler son compte à Don Juan. Toutes les quatre, elles ont été les victimes de Don Juan. Elles lui tendent un piège dans lequel Don Juan semble se jeter tête baissé. Mais on comprendra que Don Juan a bien changé. Que s'est-il passé ?
Une bonne pièce qui réfléchis sur la vieillesse, tout en gardant une forme d'humour agréable. Mais pas non plus extraordinaire.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Iran (Guide de voyage Lonely Planet)

Les Pintades à Téhéran, Delphine Minoui

Vous l'aurez compris, je me prépare. Si tout se passe comme prévu, à l'heure où se billet est publié, j'atterris à Téhéran !

Qu'est-ce que j'ai vu ces deux dernières semaines ?

Lourdes (Jessica Hausner, 2009)

Entre les murs (Laurent Cantet, 2008)

Un film magnifique, que je regarde bien trop tard. Le travail avec les acteurs est palpitant, je suis conquise !

La femme infidèle (Chabrol, 1969)

Mon premier Chabrol. Enfin, mon premier Chabrol conscient. Sans doute qu'en y regardant de plus près, je trouverais bien quelques films de lui que j'ai dû voir sans le savoir.
Je ne peux pas dire que j'aie complétement adopté Chabrol. Je trouve son cinéma un peu froid. La caméra peut-être trop objective ? Je ne sais pas. Mais j'ai clairement identifié une touche Chabrol : la musique, les cadrages et les mouvements de caméra géniaux. Et puis un certain type d'acteurs aussi. Dans La femme infidèle, c'était Michel Bouquet. Pas croyable comme il peut ressembler à Michel Duchaussoy à certains moment ! Et soudain, qui voilà tout jeunot dans un petit rôle ? Michel en personne. Je comprends maintenant pourquoi le titre me disait quelque chose, j'avais dû le voir passer dans sa filmographie.

Le boucher (Chabrol, 1970)

Dans Le boucher, j'ai retrouvé... du Chabrol. Même musique (presque exactement), mêmes genres d'acteurs (et la même actrice principale), mêmes géniales idées de cadrage. Et cette fois, l'acteur Chabrol, c'était Jean Yanne. L'histoire était plus forte, m'a plus touchée.

L'ivresse du pouvoir (Chabrol, 2006)

J'avais déjà vu le film. Il n'y pas même pas si longtemps. Et depuis le temps que je veux le voir, je pense que je n'ai pas dû savoir qu'il s'agissait du même...
C'était d'ailleurs agréable de le revoir. Le film est plus ou moins inspiré de l'affaire elf, ce que je n'avais pas su à la première visison (et découvert dans le making of à la deuxième).
Cette fois-ci, par contre, j'avais une petite idée de la marque "Chabrol". La musique d'une part, cette musique étrange qui passe bien chez Chabrol, et qui passerai sûrement mal partout ailleurs. Le mouvement de caméra m'a moins marqué que dans les deux films précédents. Et sinon, il y a les acteurs. J'ai adoré l'acteur de Felix. J'ai pensé : c'est vraiment un acteur typiquement "Chabrol". Et vous savez qui joue le rôle de Felix ? Thomas Chabrol.

Les invasions barbares (Denys Arcand, 2003)

Je manque de temps pour dire tout le bien que j'ai pensé de ce film, très drôle et très intelligemment composé. Pas un chef-d'oeuvre artistique, mais un film sincère, avec des personnages attachants. (Je manque de temps..)

La traversée de Paris (Claude Autant-Lara, 1956)

Un film merveilleusement bien ficelé. L'histoire est simple (en pleine Occupation, deux hommes qui transportent des malles pleines de viande destinée au marché noir), deux acteurs géniaux (Jean Gabin et Bourvil, on peut difficilement faire mieux...) et des dialogues succulent (scénario signé Marcel Aymé, c'était prévisible), une esthétique très particulière (mi-scène de théâtre, mi-kitsch). Pourquoi n'ai-je jamais vu ce film, moi qui ai été abreuvée de classiques depuis le biberon ?

La cité des enfants perdus (Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, 1995)

J'avais déjà vu ce film, il y a longtemps. Et je savais très bien qu'il était génial. Mais j'avais oublié à quel point il était génial. Jeunet est un des plus grands parmi les plus grands, indiscutable. Le DVD offrait en prime une version commentée du film par le réalisateur (j'adore) où il s'accusait de beaucoup de "fautes" dans le film. Entre autre, que certaines choses sont difficiles à comprendre. C'est ce que moi j'aime dans le film, que l'histoire soit si étrange et tarabiscotée qu'on peut regarder deux ou trois fois avant d'en saisir tous les détails. Peut-être que Jeunet a voulu mettre trop de choses dans ce film : trops d'idées, trop d'imagination, trop de personnages, trop de nouveautés techniques, trop de Jeunet. Mais bon, c'est merveilleux quand même (rien à voir avec Amélie Poulain, il faut bien le dire).