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mardi, 28 janvier 2014

Quand vous regardez la production agricole du monde...

Hervé Le Bras :

Quand vous regardez la production agricole du monde, elle a crû en volume plus rapidement que la population depuis 50 ans. On a actuellement en part de production agricole pratiquement 40% de plus de nourriture potentielle qu'on avait il y a 50 ans.
Simplement, tout dépend du mode de consommation, de l'utilisation de la production agricole. Si vous êtes végétarien, on peut actuellement nourrir 11 milliards d'habitants avec la production agricole. Mais on n'est pas végétariens, on mange des animaux. [Et de plus en plus !] Mais maintenant, il n'y a plus de près. Tous les animaux supplémentaires qu'on élève sont nourris avec la production agricole. Et dans ce cas-là il y a une perte très importante, selon le type d'animal. Disons en moyenne : quand vous donnez 8 calories à un animal, vous n'en récupérez en nourriture que une calorie en viande ou en produits animaux. Ce qui veut dire que si on ne mangeait que de la nourriture animale, on pourrait nourrir actuellement seulement 3 milliards d'habitants. Et si on mangeait tous comme les Francais à l'échelle du monde, on nourrirait seulement 4,5 milliards d'habitants. Donc tout dépend non pas de l'importance de la population comparée à l'importance de la production agricole, mais du mode d'utilisation de cette production agricole.
J'ajoute que viennent en concurrence actuellement les biocarburants dont la part dans la production agricole croît très rapidement. Donc on entre dans une aire où la nourriture n'est plus quelque chose de spécialisé, mais un produit généraliste qui va entrer sur tous les marchés : le marché de l'énergie, le marché des matières plastiques (on pense qu'à peu près la moitié des matières plastiques seront produites à partir de riz et de produits qui résultent de l'agriculture).

Source

lundi, 27 janvier 2014

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces deux dernières semaines ?

Japon, peuple et civilisation, sous la direction de Jean-Francois Sabouret

Une intéressante vue d'ensemble sur le Japon. La partie sur les arts est un peu restreinte et parle peu de l'influence du Japon sur l'extérieur. Une petite phrase qui évoque les manga, à peine. Ca me semble un peu peu (je veux bien que la littérature japonaise ne se limite pas au manga, mais quand même, ce n'est pas comme si c'était un épiphénomène...).

Un article très intéressant sur les Burakumin m'a permi de bien mieux comprendre l'enjeu de Kamui Den. J'avais trouvé un peu anachronique ce communisme transporté en période Edo. J'ai compris qu'en fait, la survivance du système de caste est encore très présent au Japon, et qu'il s'agissait d'un enjeu majeur des communistes dans les années 70. C'était donc anachronique en tant que reconstitution historique, mais d'actualité...

En 1871, les descendants des parias obtiennent leur liberté et sont "catégorisés" sur les registres d'état civil comme "nouveaux citoyens". Paradoxalement, la libération a un effet négatif sur leur sort : ils perdent le monopole des métiers du cuir, s'appauvrissent très rapidement, subissant de surcroît la haine des Japonais "ordinaires". Pourtant, rien ne distingue les gens issus des buraku des Japonais "ordinaires" : l'apparence physique, les noms, les moeurs, les croyances, la langue sont les mêmes. C'est pourquoi on a pu parler à leur propos de "race invisible du Japon".
[...] Dans les années 70, des annuaires (
chimei sokan) circulaient qui renseignaient les employeurs sur l'évolution de la toponymie des guettos. Officiellement, les annuaires sont interdits, mais qui peut en interdire la circulation sous le manteau, ou mieux, celle des répertoires électroniques ? Bien des carrières ont été brisées, des mariages rompus, des familles déchirées par une telle révélation. Souvent les Burakumin sont les victimes désignées de la vindicte.

Le fait du Prince, Amélie Nothomb

En fait, comme la moitié des romans d'amèlie Nothomb se passent au Japon, j'avais une chance de rester dans ma thématique. Mais en fait non. D'ailleurs, j'avais déjà lu Le fait du Prince, même si je ne m'en rappelais pas du tout. Pas son meilleurs d'ailleurs.

On a beaucoup beaucoup parlé à la sortie du livre des beuveries au champagne du livre. On aurait pu croire que le livre n'était qu'un long dialogue de deux personnes qui boivent du champagne jusqu'à en mourir. Ce n'est pas du tout le cas. Plutôt un espèce de policier sans enquête policière (Amélie Nothomb est géniale, même quand son livre est mauvais). Et une réflexion sur... le luxe... ou quelque chose dans le style

Ici, les visites au musée de Baptiste, le narrateur.

Si ma mère n'était que convulsions face à ces vieilleries, mon père, d'après moi, simulait. Il regardait ce fatras avec une politesse absente sauf quand il lisait à voix haute le commentaire muséal. J'en eus la preuve à l'âge de dix ans, comme nous parcourions une exposition d'art primitif. Dans un coin, il y avait d'ignobles bâtons incrustés de couleurs moches. Papa s'approcha de cette laideur, peut-être intrigué qu'on puisse l'exposer. Il lut tout haut l'explication : "Îles Samoa, étais sculptés. Julie, Baptiste, venez voir." Et il ajouta, sans ironie ni second degré : "Remarquables, ces étais sculptés."
Je me rappelle avoir échangé avec ma soeur un regard consterné. Il avait parlé comme le professeur Mortimer de la bande dessinée d'Edgard Pierre Jacobs quand il visite le musée du Caire. Il récitait un rôle.
En vérité, dans les musées, mon unique centre d'intérêt était le comportement de mes parents. Et leur commentaire, invariable, au retour, en voiture : "Ca fatigue, ces expositions, mais on est contents que les enfants l'aient vue. Baptiste l'a trouvée magnifique." La culture repose sur un malentendu.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Tokyo Sisters. Dans l'intimité des femmes japonaises, Raphaelle Choel et Julie Rovéro-Carrez

Pas besoin de vous préciser que je continue dans ma thématiqu Japon. Il s'agit ici si j'ai bien compris de chroniques écrites par ces deux journalistes autour de la vie au Japon (surtout à Tokyo, et surtout des femmes).

C'est fou comme le Japon a des côté extrèmements attirants et des côtés extrèmement repoussants. Je ne sais pas si il y a plus grand comme choc de cultures...

Comme je suis obnubilée par les mariages en ce moment, une description de mariage japonais (ca tombe bien, je suis déguisée en japonaise pour un mariage cet été...)

19 heures : Michiko-san arrive, vêtue d'un superbe kimono, d'une perruque à coiffe dure, le port altier et le regard franc. Dans l'assemblée, on applaudit poliment. Une douce musique d'ascenseur accompagne son entrée.
Conformément aux indications de l'invitation, la soirée est minutée. Le dîner commence à l'heure dite, les discours se font selon la règle : John, le supérieur hiérarchique de la mariée, sera le premier, avant même le père de cette dernière. S'il était besoin de rappeler qu'ici le travail passe avant la famille, c'est chose faite.
[...]19h45 pétantes, c'est l'heure du dessert et surtout le moment tant attendu de la découpe du gâteau. Une mise en scène digne d'un épisode des Feux de l'amour. Les mariés font leur entrée triomphale alors que les rideaux s'ouvrent. La musique wagnérienne bat son plein... sans couvrir pour autant les "hooooooo, haaaaaaaa" de l'assemblée.
Il est 20h15, la fin approche, soro, soro (c'est bientôt l'heure. Comprenez : il faut y aller !). Une ribambelle de petits sacs déferle alors dans la salle. Le nôtre est déposé à côté de notre chaise. À l'intérieur, douceurs et encens, mais, plus surprenant, un superbe catalogue en carton broché de 300 pages photos d'objets en tous genres : vaisselle, réveil, montres, jouets... Tout ce qui est proposé dans la brochure a une valeur identique et représente la moitié de la valeur de notre enveloppe. Il nous faudra donc choisir un cadeau qui sera livré directement par coursier. Je rétorque que, par discrétion, je juge préférable de ne rien commander. Non, surtout pas, ce serait juger que le jeune couple n'a pas les moyens et douter de sa bonne éducation. Encore un faux pas évité !

Bhakti - Der Wandel im Herzen ("Bhakti - Le changement à l'intérieur du coeur"), His Divine Grace A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupâda

Lorsque l'on aime son enfant, et que l'enfant n'est pas là, alors il suffit de voir ses chaussures pour penser à l'enfant.On se dit : "Ce sont les chaussures de mon enfant bien aimé." Il est bien entendu que l'on n'aime pas les chaussures - ce que l'on aime, c'est l'enfant - mais les chaussures éveillent des sentiments de l'amour qu'on a pour son enfant. C'est une démarche semblable qui opère lorsque nous voyons un être vivant. À partir du moment où nous voyons l'énergie de Krishna manifestée dans un être vivant, nous aimons cet être vivant, parce que nous aimons Krishna.
(ma traduction)

Vanity Fair (La foire aux vanités), William Makepeace
Comme j'avais complètement perdu le fil, j'ai repris le livre audio du début. Je comprends plein de choses qui m'avaient échappé la première fois et pour le moment je n'ai pas encore rejoins là où j'en étais. Un très très bon livre, et un anglais pas très évident (mais pas impossibe non plus).

Qu'est-ce que j'ai vu ces deux dernières semaines ?

Porco Rosso (Ghibli: Hayao Miyazaki, 1992)

En apprenant que le prochain Miyazaki allait sortir d'ici quelques jours en France, j'ai eu une terrible envie de combler quelques manques... Porco Rosso en faisait partie. Une histoire super bizarre (le fascisme italien vu par Miyazaki... ca vaut le détour), avec des personnages féminins secondaires (encore que...) très réussis, beaucoup de poésie comme toujours chez Miyazaki (ah la voie lactée !!!), certainement une grande affinitée avec Saint Exupéry.

Ce n'est pas mon Miyazaki préféré, mais encore un chef d'oeuvre du genre...

Sag' kein Wort (Pas un mot...) (Gary Fleder, 2001)

Breackfast with Tiffany (Blake Edwards, 1961)

Dans la série des manques impardonnables à combler, un charmant petit film, qui mérite certainement son status de classique. Je comprends le mythe Audrey Hepburn en la regardant. Adorable, charmante...

breakfastattiffanys2.jpg

(Je ne suis pas très sûre d'être le moins du monde d'accord avec la morale de l'histoire et la tournure des évènements, mais bon...)

Girls - season 1 (Lena Dunham, 2012)

Je n'avais entendu que du bien de cette série écrite par Lena Dunham, qui y joue également le premier rôle. Je n'ai pas été décue. En faisant référence très explicitement à Sex and the city, mais avec des jeunes vingtenaires bien moins glamour et succesfull et avec un regard un peu moins naif sur la vie... (mais toujours un peu naif - on est aux USA, faut pas exagérer).

De toutes facons, au bout de deux minutes, j'étais folle amoureuse du copain chelou de Hannah. Bref, la première saison est passée en un clin d'oeil !

La rafle (Rose Bosch, 2010)

Il paraît que c'est un des premiers films francais qui met directement l'accent sur le rôle de Vichy dans la Shoa, ou disons son zèle dans la collaboration sur la question juive.

Sans être complètement passionnée par le film, je dois donc lui accorder cette première qualité ainsi qu'un très grand effort dans la reconstitution historique (le Vélodrome est un tour de force). Les acteurs sont également vraiment vraiment tous très bons chacun dans leur rôle. Gad Elmaleh est super, Raphaelle Agogué, et évidemment Sylvie Testud (j'ai eu une crise d'angoisse au moment où le personnage de Sylvie Testud se fait "rafler", je suppose qu'elle a fait quelque chose de bien).

(J'ai "découvert" Sylvie Testud il y a relativement peu et je l'aime excessivement.)

Platoon (Oliver Stone, 1986)

Encore un gros manque à combler. Un très bon film certainement, mais après avoir vu Full Metal Jacket, comment voir un autre film sur la guerre du Vietnam ?

Ridicule (Patrice Leconte, 1996)

J'avais un bon souvenir de ce film, vu certainement il y a une bonne dizaine d'année... L'idée du film est certainement très bien trouvée, et j'aime assez Fanny Ardant (c'est un peu comme Fabrice Luccini, elle joue tout le temps seulement son propre rôle, mais j'aime bien ce rôle). Judith Godrèche m'ennuie par contre infiniment, et je n'arrive pas à avoir envie que les deux tourtereaux finissent ensemble (en plus je trouve le vieux monsieur riche qui veut l'acheter très gentil et sympathique).

Nikita (Luc Besson, 1990)

Bienvenue chez les Ch'tis (Dany Boon, 2008)

Je me suis enfin décidée à voir ce film. Ne serait-ce que pour pouvoir dire "J'étais sûre que je n'allais pas aimer. J'ai regardé quand même, et effectivement, je n'aime pas."

Le film n'a pas un grand intérêt cinématographique et les dialogues sont désespérément plats. J'ai juste beaucoup aimé les trois minutes pendant lesquelles Galbru parle (et ca m'a fait rire). MAIS il faut quand même avouer que le film est fait avec beaucoup d'amour. Franchement, Dany Boon y a mis ses tripes, ca se sent. C'est ce qui rend le film sympathique au final.

Enfin, je savais très bien à l'avance que je n'allais pas aimer. J'ai essayé quand même, hein. Mais effectivement, je n'aime pas.

mardi, 21 janvier 2014

Soirée filles

Samedi, ma copine Maleke m'a invitée à une "soirée fille". J'ai eu le choc de ma vie en arrivant chez elle, parce que je l'ai vue pour la première fois sans foulard. Ben oui : on était entre filles.

Verdict : elle est encore plus belle - si cela est seulement possible - avec ses beaux cheveux lâchés.

Elle s'était toute pomponnée pour l'occasion. Du coup, depuis, je rêve jour et nuit de rouge à lèvre marron (qu'est-ce que c'est joli!) même si je me doute que c'est fortement plus approprié à sa jolie peau bronzée qu'à ma peau à moi (d'autant plus que je renoue depuis quelques mois avec les joies de l'adolescence, youpi!).

Pendant qu'elle nous préparait un repas digne du Shah d'Iran, on a regardé la vidéo de son mariage (une vidéo professionnelle, d'un kitch que vous ne pouvez même pas imaginer). Elle nous expliquait toutes les traditions étranges du mariage en Iran (enfin pour les kurdes d'Iran, ce qui n'est sans doute pas exactement la même chose). J'ai donné la réplique francaise grâce à ma grande expérience des mariages familiaux, et j'ai ressorti toutes mes connaissances acquises en Serbie sur les coutumes de là-bas. Une deuxième copine enchaînait sur les traditions turques, et une troisième racontait en conclusion le mariage d'un gars francais de leur groupe d'amis avec sa copine chinoise, mariage qu'ils avaient fêté à Berlin avec leurs amis qui leur avaient fait subir les coutumes allemandes. Heureusement, on n'était que 4 à cette soirée filles et on s'en est donc tenues là.

- Le mariage musulman a lieu à la maison et c'est le molla qui vient faire la cérémonie à domicile.
- Je ne comprends absolument rien aux lois vestimentaires iraniennes. Un coup une fille se fait arrêter parce que ces chaussettes sont trop couleur chair et que ca peut perturber les gens, un coup une mariée se ballade en robe blanche presque transparente et sans foulard dans un parc et ca ne dérange personne...
- Avant la cérémonie du mariage iranien, comme la jeune fille va quitter sa famille pour rentrer dans celle de son mari, elle commence par faire tout le tour de la ville pour revoir une dernière fois les lieux où elle a grandi.
- En Iran, le mari vient chercher sa femme chez elle pour l'emmener chez lui.
- En Serbie, la famille du futur marié se présente à la porte de la future mariée et le futur marié envoie son témoin négocier avec le père le prix qu'il réclame pour donner sa fille (Stivi s'en était sorti avec une bouteille de champagne).
- En Allemagne, la famille enlève la future mariée et va la cacher. Le futur marié doit partir à sa recherche dans la ville, s'arrêter dans tous les bars et payer une tournée générale à chaque fois. (Et devrais-je ajouter : ca ne m'étonne pas des allemands.)
- Maleke était tellement émue que le molla a dû s'y reprendre à trois fois avant qu'elle arrive à sortir un "oui". Son futur mari commencait à sérieusement flipper.
- Le marié iranien doit offrir à sa femme à peu près 2000€ de bijoux en or. QUE de l'or. Par contre, les hommes ne peuvent pas porter de l'or. Alors les anneaux de mariage sont en or pour la femme et en argent pour l'homme.
- En Turquie, c'est la famille du marié qui rembourse à la famille de la mariée le lait de vache qui a servi depuis sa naissance à la nourrir.
- Une fois les alliances échangées, le couple doit couper le gâteau. En Iran, une jeune fille de la famille vient danser devant les mariés avec le couteau qui servira à acheter le gâteau. Elle négocie avec le marié le prix du couteau. Si elle s'en sort bien, elle se mariera bientôt.
- Après la cérémonie, on fait la fête. En Iran, les femmes dansent ensemble dans une salle, et les hommes dansent ensemble dans une autre salle ("Mais c'est trop NUL ce truc !"). Mais ca, c'est visiblement seulement parce que la famille de Maleke est très religieuse.
- Par contre, le marié a  le droit de venir dans la salle des femmes voir sa femme. Mais dans ce cas, on prévient à l'avance de l'arrivée du marié pour que les autres femmes puissent se couvrir.
- Les tissus des robes des invitées sont trop beaux. Le jour où je vais en Iran, je ramène une valise de tissus.

On a mangé par terre, comme en Iran. C'était pas la première fois pour moi, j'avais déjà mangé par terre dans un restaurant coréen. Mais au restaurant, on avait une petite table et pas une nappe à même le sol. Donc c'était un peu une première quand même. Et c'était très bon.

Après ca, on a terminé la soirée en regardant pendant des heures toutes les videos de youtube possibles de toutes les danses possibles. J'ai découvert à cette occasion que la nouvelle danse super à la mode, c'est le "zouk", mais que ca n'a pas grand chose à voir avec ce que j'appelle du zouk... Ce sont toutes les trois des grandes fans de danses de couple (tango, salsa, etc). Moi je préfère de beaucoup les claquettes (surtout si c'est Gene Kelly). Par contre la danse du ventre a fait l'unanimité.

Je vous laisse donc sur cette vidéo de Solmaz, une vraie légende en Iran, paraît-il (cela dit, ce qu'elle fait c'est plutôt de la danse arabe que de la danse iranienne...).

J'adore. Mais alors vraiment super mega beaucoup.

lundi, 20 janvier 2014

La la la la la


Anne Sylvestre - Les hormones Simone von bisonravi1987

lundi, 13 janvier 2014

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces 5 dernières semaines ?

Kamui Den - Tome 1, Sanpei Shirato
Un énorme premier tome pour nous parler du Japon de la période Edo. Une immersion palpitante dans cet univers, abordé dans ses moindres détails : des vêtements à la culture des vers à soie en passant par le financement des dépenses du palais d'Edo, tout y passe. On apprend bien sûr énormement.

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Lui, c'est Kamui, un jeune paria (une des classes les plus basses de la société japonaise de cette époque). Nous sommes tout au début du premier tome et le jeune Kamui va grandir. Des dizaines (peut-être même des centaines ? ce manga est tellement long !) de destins croisés d'hommes et de femmes issus de toutes les couches de la société nous sont présentés sans cesse. Mais les trois principaux sont le jeune paria Kamui, le jeune fils de domestique Shôsuke et le jeune guerrier Ryûnoshin.

Avouons le, le manga est très violent. Le sang coule beaucoup, la torture semble monnaie courante et les guerrier semblent n'avoir envie que de s'entretuer à longueur de journée. Peut-être pas à mettre entre toutes les mains, donc, mais palpitant.

Autobiographie intellectuelle, Paul Ricoeur

Tout ce que je connaissais de Paul Ricoeur me le rendait sympathique. Je me suis dit qu'une biographie intellectuelle serait moins difficile à comprendre qu'un texte de philo pur. Mais il était tellement question de Husserl et de concepts qui me sont parfaitement étranger que je dois avouer que je n'ai pas compris grand chose. J'ai lu bravement du début à la fin et je me suis dépêchée d'aller lire autre chose.

L'enfant de sable, Tahar Ben Jelloun

Difficile de dire de quoi il est question dans ce roman. C'est un conte raconté par différentes personnes, les récits se contredisent, n'ont parfois pas grand chose à voir les uns avec les autres. Je suppose qu'il faut juste avoir envie de se laisser porter par les mots sans trop chercher à comprendre, ou alors s'imaginer sa propre version du conte.

En bref, il s'agit d'Ahmed. Ahmed est le huitième enfant d'une famille comportant déjà sept filles. Le père décide que ce dernier enfant sera un garcon. Ahmed vient au monde sans sexe masculin, ce qui ne change rien à l'affaire. Ahmed sera circoncit, et élevé pour reprendre les affaires de son père. Puis les choses se compliquent.

On devrait prévoir à la sortie de chaque ville un étang assez profond qui recevrait le corps de ces bébés de l'erreur. On l'appellerait l'étang de la délivrance. Les mères y viendraient la nuit de préférence, ligoteraient leur progéniture autour d'une pierre qu'une main bienfaisante leur offrirait, et, dans un dernier sanglot, déposeraient l'enfant que des mains cachées, peut-être sous l'eau, tireraient vers le fond jusqu'à la noyade. Tout cela serait fait au vu et au su de tout le monde, mais il serait indécent, il serait interdit d'en parler, voire d'évoquer le sujet, même par des allusions.
La violence de mon paxs est aussi dans ces yeux fermés, dans ces regards détournés, dans ces silences faits plus de résignation que d'indifférence. Aujourd'hui je suis une femme seule. Une vieille femme seule. Avec mes vingt-cinq ans révolus, je considère que ma vieillesse a au moins un demi-siècle.

Le Miroir de Cassandre, Bernard Werber

Qu'est-ce que j'ai adoré Bernard Werber quand j'étais ado ! Le temps passant, je lui trouve des défauts, un manque de nuance, une écriture un peu plate, des obsessions personnelles qu'il ressasse de livre en livre, une sorte de naiveté. Mais ce sont vraiment des romans pour ados, et même de très bons romans pour ados, peut-être les meilleurs. Je dirais même qu'il est urgent que tous les ados de France lisent Bernard Werber. Très urgent.

En général, Bernard Werber prend pour chacun de ses romans une thématique très large qu'il développe le plus à fond possible et dans toutes ses facettes. La fiction lui permet d'habitude de faire ressortir UNE vérité, une sorte de message du roman. On est dans une fiction et on n'est pas obligé d'y croire. En tous cas, Bernard Werber a vraiment l'air d'y croire sincèrement, c'est une chose qu'on ne peut pas lui retirer.
Mon préféré personnel a été le Cycle des Anges, dont la thématique était la mort.

Pour le Miroir de Cassandre, la thématique principale est le Futur sous toutes ses formes. Bernard Werber aborde en thématique secondaire le traitement des déchets et la condition des SDF, qui sont d'ailleurs intimement liés à la représentation qu'il se fait du futur. Quand à ses grandes idées, je pense que le petit passage qui suit les résume sans autre commentaire.

L'homme en robe noire se lève.
- Merci monsieur le président. Je voudrais attirer l'attention des jurés sur l'importance de ce procès. À travers cette personne issue du passé, c'est toute une génération que nous jugeons aujourd'hui. La génération des années 2000, celle qu'on a appelée par la suite la "génération des égoistes". Ils ont dilapidé toutes les richesses de la Terre pour leurs plaisirs immédiats, sans réfléchir aux conséquences de leurs actes, sans se préoccuper de l'état de la planète qu'ils allaient laisser à leurs enfants.
Des huées montent de la salle. Le juge frappe du maillet pour obtenir le silence. Parmi les jurés, quelques bébés se mettent à pleurer, d'autres sucent bruyamment leur tétine en signe de préoccupation extrême.
- Je ne savais pas, murmure Cassandre.
- La bonne excuse ! Si, bien sûr, vous saviez. Vous saviez même parfaitement. Vos radios, vos télés, les magazines vendus dans vos supermarchés vous tenaient en permanence informée de ce que vous faisiez et de ce que vous pouviez accomplir. J'accuse mademoiselle Katzenberg d'avoir pu changer le monde, d'avoir compris qu'il fallait le changer et de n'avoir rien fait dans une période où tout était encore possible.
[...]
L'avocate se lève.
- Je réclame la clémence pour ma cliente. Elle n'est pas responsable des erreurs commises par les dirigeants de sa génération. Elle n'a fait que vivre parmi des gens inconscients. Ils ne se rendaient pas compte qu'ils assassinaient leur planète.
- Et pourquoi donc, je vous le demande, maître ? réplique le procureur.
- Je ne sais pas, peut-être parce qu'ils étaient obsédés par la recherche des plaisirs à court terme.
- Objection, Votre Honneur. Ce que l'avocate de la défense appelle des plaisirs à court terme, ce sont des satisfactions égoistes qui se sont révélées, nous le savons, destructrices sur le long terme. Et je vais les citer, ces plaisirs à court terme : générer de la pollution avec leurs voitures, ce qui a causé d'empoisonnement de l'air, accumuler des objets inutiles qu'ils jetaient ensuite n'importe où, ce qui a causé l'empoisonnement de l'eau, engendrer des enfants sans limitation des naissances, ce qui a causé la surpopulation, les épidémies et les famines. Ils n'ont pas stoppé les idéologies intégristes alors qu'ils le pouvaient, ce qui a entraîné les grandes guerres destructrices et toutes les atrocités qui se sont ensuivies. Ils ont exterminé sans la moindre pitié toutes les espèces sauvages. Ils ont souillé tout ce qu'ils touchaient au nom du tourisme, de la société de consommation, de ce qu'ils appelaient la croissance économique. Arggh, ces mots m'écoeurent. J'en ai la nausée !
La salle est parcourue d'une rumeur agressive.

Enfance, Nathalie Sarraute

J'ai été emportée par ce récit d'enfance de Nathalie Sarraute. L'écriture m'a comblée, je l'ai trouvée d'une grande beauté, d'une grande pudeur et d'une grande vérité. Pas facile pourtant de faire un récit sincère des milles et un riens de l'enfance après Proust...
J'ai été vraiment très surprise par ce livre dont je n'attendais pas grand chose. J'ai trouvé la trame narrative merveilleusement bien dissimulée sous l'égrenage des souvenirs qui en sont le prétexte.
J'ai dévoré.

Kamui Den - Tome 2, Sanpei Shirato

Ce deuxième tome pourrait être intitulé "la naissance du premier village communiste sous l'aire Edo". Après vérification, "Kamui Den" est né juste après les évènements de Mai 68 (au Japon aussi, oui oui), ce qui explique beaucoup de choses. Notamment ce parfum un peu anachronique d'égalité et de prise de conscience sociale qui souffle dans tout le manga.

Après un premier tome de 1500 pages, on pourrait croire qu'un deuxième tome de 1500 pages commencerait à faire tourner un peu à l'indigestion, mais pas du tout...

Au contraire, l'intrigue un peu naive du premier tome s'affine avec des considérations plus politiques et économiques. Quelques personnages grisés commencent à pointer le bout de leur nez au milieu des gentils très gentils et des méchants horriblement méchants. Les personnages principaux commencent à se poser des questions sur leurs agissements.

J'ai dévoré les 1500 pages suivantes comme j'avais dévoré les 1500 premières et je commence à me dire que je n'ai pas trop envie d'attendre des mois avant de connaître les 1500 suivantes.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Bhakti - Der Wandel im Herzen ("Bhakti - Le changement à l'intérieur du coeur"), His Divine Grace A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupâda

Je n'en suis pas parfaitement sûre, mais il me semble avoir compris que ce livre essaye d'expliquer la doctrine du Bhakti-Yoga...

Le livre s'adresse à un public déjà largement au courant des choses dont il est question. Sa Grace Divine A.C.B.S.P. se réfère aux diverses aventures du cousin de Krishna sans les rappeler, et par conséquent je suis un peu perdue dans les principaux termes techniques. Qu'est-ce qui différencie le bhakta-yoga du sânkhya-yoga, par exemple ? aucune idée...

Ces détails mis à part, le livre se lit comme un livre de sermons d'un prêtre un peu mystique sur les bords. Cela n'a d'ailleurs fait que me conforter dans l'impression que j'avais déjà depuis quelques temps que l'inddouhisme, qui est censé être un polythéisme, est en fait plutôt une forme de monothéisme qui ne dit pas son nom. Dans tout ce que je connais, il n'est question sans cesse QUE de Krishna, cet espèce de Jésus avec des pouvoirs surnaturels un peu plus visibles.

Dans ce livre-là, si je coupe les mots techniques et que je remplace "Krishna" par "Dieu", on dirait quasiment du Saint Augustin.

Bref, c'est assez sympa à lire. Il y a beaucoup de jolies métaphores qu'on a envie de retenir. J'attends de voir les derniers chapitres qui ont l'air un peu plus pratique ("Le yoga pour les temps modernes" me donne envie). En attendant, comme c'est quand même un peu répétitif à la longue, je lis par petites doses entre deux tomes de manga...

Japon, peuple et civilisation, sous la direction de Jean-Francois Sabouret

Ouvrage qui me semblait tomber à pic après le deuxième tome de Kamui Den, histoire de rester dans l'ambiance tout en changeant de registre.

Qu'est-ce que j'ai vu ces 5 dernières semaines ?

Une grande journée prostrée devant mon écran la veille de mon départ en vacances. Il était temps de se reposer...

Indigènes (Rachid Bouchareb, 2006)

Je sortait de toute une chronique radio sur la première guerre mondiale dans laquelle il avait été longuement question des soldats des colonies.

J'ai eu l'impression pendant tout le film d'avoir déjà vu tout ces trucs. Finalement j'ai dû voir le film il y a longtemps et l'oublier complètement.

Adieu Berthe (Bruno Podalydes, 2012)

Sous les Pavés la plage (Jean-Luc Moreau, 2001)

Stupeur et Tremblements (Alain Corneau, 2003)

dimanche, 12 janvier 2014

La la la la

mercredi, 01 janvier 2014

Et comme tous les ans : les bonnes résolutions

L'année 2013 a été un peu étrange, une super année sur le plan personnel, où j'ai fait des tas de rencontres, où j'ai découvert des tas de choses, été dans des tas de situations nouvelles. J'ai été globalement vraiment très heureuse cette année, avec quelques coups de stress pas bien méchants, d'ailleurs j'étais tout le temps de bonne humeur, bref je garderai un bon souvenir de cette année 2013. La seule ombre au tableau, c'est que je n'ai pas du tout l'impression d'avoir été productive ni constructive cette année. J'essaye de me dire qu'il me faut du temps pour mûrir les choses, mais j'avoue que ca me gâche un peu la joie de ne pas être satisfaite du travail effectué.

Donc j'espère sincèrement que l'année prochaine va être fructueuse. Je suppose que ca tiendra beaucoup à moi, à ma capacité à serrer les dents et avancer sans me disperser maintenant que les (bonnes) bases sont posées.

Premier Objectif 2013 : Avoir écrit au moins 50 pages de la thèse

Objectif manqué. Mais alors vraiment, quoi.

Deuxième objectif 2013 : Réussir un test de casse en yop-chagi

Mon objectif réussi de l'année

Troisième objectif 2013 : Intégrale "À la recherche du temps perdu" et intégrale "Comédie humaine"

J'ai vite laissé tomber l'idée de remplir la deuxième partie de l'objectif. Ma la première partie a été un plaisir immense, je pense que je n'ai pas besoin de le répéter.


ET POUR 2014

Cette année, je laisse tomber l'objectif sport habituel. Ce n'est pas vraiment ma priorité, je n'ai pas envie de concentrer mes efforts là-dessus cette année. Je me contenrai d'un vague "ne pas laisser tomber".

Premier objectif 2014 : Objectif trimestriel du doctorat

Je vais me poser tous les débuts de trimestre un objectif de travail, et peut-être découper cela en sous-objectifs mensuels... L'idée étant de vraiment être productive cette année. Sans trop regarder à droite et à gauche, ce qui est un peu mon défaut.

Deuxième objectif 2014 : Avoir fini les derniers aménagements dans l'appart

Histoire de ne pas perdre tout mon temps avec ca. Je prévois de toutes facons depuis longtemps une crémaillère pour mon anniversaire, l'idéal serait donc que tout soit réglé d'ici la fin du premier trimestre.
Les gros chantiers sont:
- la peinture de la chambre
- un gros ordi
- mettre au point un rangement acceptable

Troisième objectif 2014 : Lire 6 livres de la PAL et 1 liste de la Liste d'envie par trimestre

Ce qui contredit un peu mon idée de ne pas m'éparpiller...