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lundi, 27 janvier 2014

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces deux dernières semaines ?

Japon, peuple et civilisation, sous la direction de Jean-Francois Sabouret

Une intéressante vue d'ensemble sur le Japon. La partie sur les arts est un peu restreinte et parle peu de l'influence du Japon sur l'extérieur. Une petite phrase qui évoque les manga, à peine. Ca me semble un peu peu (je veux bien que la littérature japonaise ne se limite pas au manga, mais quand même, ce n'est pas comme si c'était un épiphénomène...).

Un article très intéressant sur les Burakumin m'a permi de bien mieux comprendre l'enjeu de Kamui Den. J'avais trouvé un peu anachronique ce communisme transporté en période Edo. J'ai compris qu'en fait, la survivance du système de caste est encore très présent au Japon, et qu'il s'agissait d'un enjeu majeur des communistes dans les années 70. C'était donc anachronique en tant que reconstitution historique, mais d'actualité...

En 1871, les descendants des parias obtiennent leur liberté et sont "catégorisés" sur les registres d'état civil comme "nouveaux citoyens". Paradoxalement, la libération a un effet négatif sur leur sort : ils perdent le monopole des métiers du cuir, s'appauvrissent très rapidement, subissant de surcroît la haine des Japonais "ordinaires". Pourtant, rien ne distingue les gens issus des buraku des Japonais "ordinaires" : l'apparence physique, les noms, les moeurs, les croyances, la langue sont les mêmes. C'est pourquoi on a pu parler à leur propos de "race invisible du Japon".
[...] Dans les années 70, des annuaires (
chimei sokan) circulaient qui renseignaient les employeurs sur l'évolution de la toponymie des guettos. Officiellement, les annuaires sont interdits, mais qui peut en interdire la circulation sous le manteau, ou mieux, celle des répertoires électroniques ? Bien des carrières ont été brisées, des mariages rompus, des familles déchirées par une telle révélation. Souvent les Burakumin sont les victimes désignées de la vindicte.

Le fait du Prince, Amélie Nothomb

En fait, comme la moitié des romans d'amèlie Nothomb se passent au Japon, j'avais une chance de rester dans ma thématique. Mais en fait non. D'ailleurs, j'avais déjà lu Le fait du Prince, même si je ne m'en rappelais pas du tout. Pas son meilleurs d'ailleurs.

On a beaucoup beaucoup parlé à la sortie du livre des beuveries au champagne du livre. On aurait pu croire que le livre n'était qu'un long dialogue de deux personnes qui boivent du champagne jusqu'à en mourir. Ce n'est pas du tout le cas. Plutôt un espèce de policier sans enquête policière (Amélie Nothomb est géniale, même quand son livre est mauvais). Et une réflexion sur... le luxe... ou quelque chose dans le style

Ici, les visites au musée de Baptiste, le narrateur.

Si ma mère n'était que convulsions face à ces vieilleries, mon père, d'après moi, simulait. Il regardait ce fatras avec une politesse absente sauf quand il lisait à voix haute le commentaire muséal. J'en eus la preuve à l'âge de dix ans, comme nous parcourions une exposition d'art primitif. Dans un coin, il y avait d'ignobles bâtons incrustés de couleurs moches. Papa s'approcha de cette laideur, peut-être intrigué qu'on puisse l'exposer. Il lut tout haut l'explication : "Îles Samoa, étais sculptés. Julie, Baptiste, venez voir." Et il ajouta, sans ironie ni second degré : "Remarquables, ces étais sculptés."
Je me rappelle avoir échangé avec ma soeur un regard consterné. Il avait parlé comme le professeur Mortimer de la bande dessinée d'Edgard Pierre Jacobs quand il visite le musée du Caire. Il récitait un rôle.
En vérité, dans les musées, mon unique centre d'intérêt était le comportement de mes parents. Et leur commentaire, invariable, au retour, en voiture : "Ca fatigue, ces expositions, mais on est contents que les enfants l'aient vue. Baptiste l'a trouvée magnifique." La culture repose sur un malentendu.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Tokyo Sisters. Dans l'intimité des femmes japonaises, Raphaelle Choel et Julie Rovéro-Carrez

Pas besoin de vous préciser que je continue dans ma thématiqu Japon. Il s'agit ici si j'ai bien compris de chroniques écrites par ces deux journalistes autour de la vie au Japon (surtout à Tokyo, et surtout des femmes).

C'est fou comme le Japon a des côté extrèmements attirants et des côtés extrèmement repoussants. Je ne sais pas si il y a plus grand comme choc de cultures...

Comme je suis obnubilée par les mariages en ce moment, une description de mariage japonais (ca tombe bien, je suis déguisée en japonaise pour un mariage cet été...)

19 heures : Michiko-san arrive, vêtue d'un superbe kimono, d'une perruque à coiffe dure, le port altier et le regard franc. Dans l'assemblée, on applaudit poliment. Une douce musique d'ascenseur accompagne son entrée.
Conformément aux indications de l'invitation, la soirée est minutée. Le dîner commence à l'heure dite, les discours se font selon la règle : John, le supérieur hiérarchique de la mariée, sera le premier, avant même le père de cette dernière. S'il était besoin de rappeler qu'ici le travail passe avant la famille, c'est chose faite.
[...]19h45 pétantes, c'est l'heure du dessert et surtout le moment tant attendu de la découpe du gâteau. Une mise en scène digne d'un épisode des Feux de l'amour. Les mariés font leur entrée triomphale alors que les rideaux s'ouvrent. La musique wagnérienne bat son plein... sans couvrir pour autant les "hooooooo, haaaaaaaa" de l'assemblée.
Il est 20h15, la fin approche, soro, soro (c'est bientôt l'heure. Comprenez : il faut y aller !). Une ribambelle de petits sacs déferle alors dans la salle. Le nôtre est déposé à côté de notre chaise. À l'intérieur, douceurs et encens, mais, plus surprenant, un superbe catalogue en carton broché de 300 pages photos d'objets en tous genres : vaisselle, réveil, montres, jouets... Tout ce qui est proposé dans la brochure a une valeur identique et représente la moitié de la valeur de notre enveloppe. Il nous faudra donc choisir un cadeau qui sera livré directement par coursier. Je rétorque que, par discrétion, je juge préférable de ne rien commander. Non, surtout pas, ce serait juger que le jeune couple n'a pas les moyens et douter de sa bonne éducation. Encore un faux pas évité !

Bhakti - Der Wandel im Herzen ("Bhakti - Le changement à l'intérieur du coeur"), His Divine Grace A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupâda

Lorsque l'on aime son enfant, et que l'enfant n'est pas là, alors il suffit de voir ses chaussures pour penser à l'enfant.On se dit : "Ce sont les chaussures de mon enfant bien aimé." Il est bien entendu que l'on n'aime pas les chaussures - ce que l'on aime, c'est l'enfant - mais les chaussures éveillent des sentiments de l'amour qu'on a pour son enfant. C'est une démarche semblable qui opère lorsque nous voyons un être vivant. À partir du moment où nous voyons l'énergie de Krishna manifestée dans un être vivant, nous aimons cet être vivant, parce que nous aimons Krishna.
(ma traduction)

Vanity Fair (La foire aux vanités), William Makepeace
Comme j'avais complètement perdu le fil, j'ai repris le livre audio du début. Je comprends plein de choses qui m'avaient échappé la première fois et pour le moment je n'ai pas encore rejoins là où j'en étais. Un très très bon livre, et un anglais pas très évident (mais pas impossibe non plus).

Qu'est-ce que j'ai vu ces deux dernières semaines ?

Porco Rosso (Ghibli: Hayao Miyazaki, 1992)

En apprenant que le prochain Miyazaki allait sortir d'ici quelques jours en France, j'ai eu une terrible envie de combler quelques manques... Porco Rosso en faisait partie. Une histoire super bizarre (le fascisme italien vu par Miyazaki... ca vaut le détour), avec des personnages féminins secondaires (encore que...) très réussis, beaucoup de poésie comme toujours chez Miyazaki (ah la voie lactée !!!), certainement une grande affinitée avec Saint Exupéry.

Ce n'est pas mon Miyazaki préféré, mais encore un chef d'oeuvre du genre...

Sag' kein Wort (Pas un mot...) (Gary Fleder, 2001)

Breackfast with Tiffany (Blake Edwards, 1961)

Dans la série des manques impardonnables à combler, un charmant petit film, qui mérite certainement son status de classique. Je comprends le mythe Audrey Hepburn en la regardant. Adorable, charmante...

breakfastattiffanys2.jpg

(Je ne suis pas très sûre d'être le moins du monde d'accord avec la morale de l'histoire et la tournure des évènements, mais bon...)

Girls - season 1 (Lena Dunham, 2012)

Je n'avais entendu que du bien de cette série écrite par Lena Dunham, qui y joue également le premier rôle. Je n'ai pas été décue. En faisant référence très explicitement à Sex and the city, mais avec des jeunes vingtenaires bien moins glamour et succesfull et avec un regard un peu moins naif sur la vie... (mais toujours un peu naif - on est aux USA, faut pas exagérer).

De toutes facons, au bout de deux minutes, j'étais folle amoureuse du copain chelou de Hannah. Bref, la première saison est passée en un clin d'oeil !

La rafle (Rose Bosch, 2010)

Il paraît que c'est un des premiers films francais qui met directement l'accent sur le rôle de Vichy dans la Shoa, ou disons son zèle dans la collaboration sur la question juive.

Sans être complètement passionnée par le film, je dois donc lui accorder cette première qualité ainsi qu'un très grand effort dans la reconstitution historique (le Vélodrome est un tour de force). Les acteurs sont également vraiment vraiment tous très bons chacun dans leur rôle. Gad Elmaleh est super, Raphaelle Agogué, et évidemment Sylvie Testud (j'ai eu une crise d'angoisse au moment où le personnage de Sylvie Testud se fait "rafler", je suppose qu'elle a fait quelque chose de bien).

(J'ai "découvert" Sylvie Testud il y a relativement peu et je l'aime excessivement.)

Platoon (Oliver Stone, 1986)

Encore un gros manque à combler. Un très bon film certainement, mais après avoir vu Full Metal Jacket, comment voir un autre film sur la guerre du Vietnam ?

Ridicule (Patrice Leconte, 1996)

J'avais un bon souvenir de ce film, vu certainement il y a une bonne dizaine d'année... L'idée du film est certainement très bien trouvée, et j'aime assez Fanny Ardant (c'est un peu comme Fabrice Luccini, elle joue tout le temps seulement son propre rôle, mais j'aime bien ce rôle). Judith Godrèche m'ennuie par contre infiniment, et je n'arrive pas à avoir envie que les deux tourtereaux finissent ensemble (en plus je trouve le vieux monsieur riche qui veut l'acheter très gentil et sympathique).

Nikita (Luc Besson, 1990)

Bienvenue chez les Ch'tis (Dany Boon, 2008)

Je me suis enfin décidée à voir ce film. Ne serait-ce que pour pouvoir dire "J'étais sûre que je n'allais pas aimer. J'ai regardé quand même, et effectivement, je n'aime pas."

Le film n'a pas un grand intérêt cinématographique et les dialogues sont désespérément plats. J'ai juste beaucoup aimé les trois minutes pendant lesquelles Galbru parle (et ca m'a fait rire). MAIS il faut quand même avouer que le film est fait avec beaucoup d'amour. Franchement, Dany Boon y a mis ses tripes, ca se sent. C'est ce qui rend le film sympathique au final.

Enfin, je savais très bien à l'avance que je n'allais pas aimer. J'ai essayé quand même, hein. Mais effectivement, je n'aime pas.

Commentaires

"Il est bien entendu que l'on n'aime pas les chaussures - ce que l'on aime, c'est l'enfant - mais les chaussures éveillent des sentiments de l'amour qu'on a pour son enfant."
J'ai parlé de ça avec ma psy parce qu'un jour j'ai fait une crise de panique en croisant une voiture garée dans une rue où elle n'aurait pas dûe être garée. Elle trouve que c'est pas très normal ni sain. Du coup je ne sais pas si les sentiments d'amour plaqués sur les chaussures le sont aussi :p

Écrit par : Winnie | samedi, 26 juillet 2014

Je ne vois pas bien le rapport avec les chaussures de ton enfant. Mais bon, je ne suis pas dans ton subconscient non plus...

Écrit par : Lodi | lundi, 18 août 2014

Je parlais du fait de plaquer sur des objets des sentiments pour les humains auxquels lesdits objets appartiennent.

Écrit par : Winnie | jeudi, 22 janvier 2015

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