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lundi, 13 janvier 2014

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces 5 dernières semaines ?

Kamui Den - Tome 1, Sanpei Shirato
Un énorme premier tome pour nous parler du Japon de la période Edo. Une immersion palpitante dans cet univers, abordé dans ses moindres détails : des vêtements à la culture des vers à soie en passant par le financement des dépenses du palais d'Edo, tout y passe. On apprend bien sûr énormement.

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Lui, c'est Kamui, un jeune paria (une des classes les plus basses de la société japonaise de cette époque). Nous sommes tout au début du premier tome et le jeune Kamui va grandir. Des dizaines (peut-être même des centaines ? ce manga est tellement long !) de destins croisés d'hommes et de femmes issus de toutes les couches de la société nous sont présentés sans cesse. Mais les trois principaux sont le jeune paria Kamui, le jeune fils de domestique Shôsuke et le jeune guerrier Ryûnoshin.

Avouons le, le manga est très violent. Le sang coule beaucoup, la torture semble monnaie courante et les guerrier semblent n'avoir envie que de s'entretuer à longueur de journée. Peut-être pas à mettre entre toutes les mains, donc, mais palpitant.

Autobiographie intellectuelle, Paul Ricoeur

Tout ce que je connaissais de Paul Ricoeur me le rendait sympathique. Je me suis dit qu'une biographie intellectuelle serait moins difficile à comprendre qu'un texte de philo pur. Mais il était tellement question de Husserl et de concepts qui me sont parfaitement étranger que je dois avouer que je n'ai pas compris grand chose. J'ai lu bravement du début à la fin et je me suis dépêchée d'aller lire autre chose.

L'enfant de sable, Tahar Ben Jelloun

Difficile de dire de quoi il est question dans ce roman. C'est un conte raconté par différentes personnes, les récits se contredisent, n'ont parfois pas grand chose à voir les uns avec les autres. Je suppose qu'il faut juste avoir envie de se laisser porter par les mots sans trop chercher à comprendre, ou alors s'imaginer sa propre version du conte.

En bref, il s'agit d'Ahmed. Ahmed est le huitième enfant d'une famille comportant déjà sept filles. Le père décide que ce dernier enfant sera un garcon. Ahmed vient au monde sans sexe masculin, ce qui ne change rien à l'affaire. Ahmed sera circoncit, et élevé pour reprendre les affaires de son père. Puis les choses se compliquent.

On devrait prévoir à la sortie de chaque ville un étang assez profond qui recevrait le corps de ces bébés de l'erreur. On l'appellerait l'étang de la délivrance. Les mères y viendraient la nuit de préférence, ligoteraient leur progéniture autour d'une pierre qu'une main bienfaisante leur offrirait, et, dans un dernier sanglot, déposeraient l'enfant que des mains cachées, peut-être sous l'eau, tireraient vers le fond jusqu'à la noyade. Tout cela serait fait au vu et au su de tout le monde, mais il serait indécent, il serait interdit d'en parler, voire d'évoquer le sujet, même par des allusions.
La violence de mon paxs est aussi dans ces yeux fermés, dans ces regards détournés, dans ces silences faits plus de résignation que d'indifférence. Aujourd'hui je suis une femme seule. Une vieille femme seule. Avec mes vingt-cinq ans révolus, je considère que ma vieillesse a au moins un demi-siècle.

Le Miroir de Cassandre, Bernard Werber

Qu'est-ce que j'ai adoré Bernard Werber quand j'étais ado ! Le temps passant, je lui trouve des défauts, un manque de nuance, une écriture un peu plate, des obsessions personnelles qu'il ressasse de livre en livre, une sorte de naiveté. Mais ce sont vraiment des romans pour ados, et même de très bons romans pour ados, peut-être les meilleurs. Je dirais même qu'il est urgent que tous les ados de France lisent Bernard Werber. Très urgent.

En général, Bernard Werber prend pour chacun de ses romans une thématique très large qu'il développe le plus à fond possible et dans toutes ses facettes. La fiction lui permet d'habitude de faire ressortir UNE vérité, une sorte de message du roman. On est dans une fiction et on n'est pas obligé d'y croire. En tous cas, Bernard Werber a vraiment l'air d'y croire sincèrement, c'est une chose qu'on ne peut pas lui retirer.
Mon préféré personnel a été le Cycle des Anges, dont la thématique était la mort.

Pour le Miroir de Cassandre, la thématique principale est le Futur sous toutes ses formes. Bernard Werber aborde en thématique secondaire le traitement des déchets et la condition des SDF, qui sont d'ailleurs intimement liés à la représentation qu'il se fait du futur. Quand à ses grandes idées, je pense que le petit passage qui suit les résume sans autre commentaire.

L'homme en robe noire se lève.
- Merci monsieur le président. Je voudrais attirer l'attention des jurés sur l'importance de ce procès. À travers cette personne issue du passé, c'est toute une génération que nous jugeons aujourd'hui. La génération des années 2000, celle qu'on a appelée par la suite la "génération des égoistes". Ils ont dilapidé toutes les richesses de la Terre pour leurs plaisirs immédiats, sans réfléchir aux conséquences de leurs actes, sans se préoccuper de l'état de la planète qu'ils allaient laisser à leurs enfants.
Des huées montent de la salle. Le juge frappe du maillet pour obtenir le silence. Parmi les jurés, quelques bébés se mettent à pleurer, d'autres sucent bruyamment leur tétine en signe de préoccupation extrême.
- Je ne savais pas, murmure Cassandre.
- La bonne excuse ! Si, bien sûr, vous saviez. Vous saviez même parfaitement. Vos radios, vos télés, les magazines vendus dans vos supermarchés vous tenaient en permanence informée de ce que vous faisiez et de ce que vous pouviez accomplir. J'accuse mademoiselle Katzenberg d'avoir pu changer le monde, d'avoir compris qu'il fallait le changer et de n'avoir rien fait dans une période où tout était encore possible.
[...]
L'avocate se lève.
- Je réclame la clémence pour ma cliente. Elle n'est pas responsable des erreurs commises par les dirigeants de sa génération. Elle n'a fait que vivre parmi des gens inconscients. Ils ne se rendaient pas compte qu'ils assassinaient leur planète.
- Et pourquoi donc, je vous le demande, maître ? réplique le procureur.
- Je ne sais pas, peut-être parce qu'ils étaient obsédés par la recherche des plaisirs à court terme.
- Objection, Votre Honneur. Ce que l'avocate de la défense appelle des plaisirs à court terme, ce sont des satisfactions égoistes qui se sont révélées, nous le savons, destructrices sur le long terme. Et je vais les citer, ces plaisirs à court terme : générer de la pollution avec leurs voitures, ce qui a causé d'empoisonnement de l'air, accumuler des objets inutiles qu'ils jetaient ensuite n'importe où, ce qui a causé l'empoisonnement de l'eau, engendrer des enfants sans limitation des naissances, ce qui a causé la surpopulation, les épidémies et les famines. Ils n'ont pas stoppé les idéologies intégristes alors qu'ils le pouvaient, ce qui a entraîné les grandes guerres destructrices et toutes les atrocités qui se sont ensuivies. Ils ont exterminé sans la moindre pitié toutes les espèces sauvages. Ils ont souillé tout ce qu'ils touchaient au nom du tourisme, de la société de consommation, de ce qu'ils appelaient la croissance économique. Arggh, ces mots m'écoeurent. J'en ai la nausée !
La salle est parcourue d'une rumeur agressive.

Enfance, Nathalie Sarraute

J'ai été emportée par ce récit d'enfance de Nathalie Sarraute. L'écriture m'a comblée, je l'ai trouvée d'une grande beauté, d'une grande pudeur et d'une grande vérité. Pas facile pourtant de faire un récit sincère des milles et un riens de l'enfance après Proust...
J'ai été vraiment très surprise par ce livre dont je n'attendais pas grand chose. J'ai trouvé la trame narrative merveilleusement bien dissimulée sous l'égrenage des souvenirs qui en sont le prétexte.
J'ai dévoré.

Kamui Den - Tome 2, Sanpei Shirato

Ce deuxième tome pourrait être intitulé "la naissance du premier village communiste sous l'aire Edo". Après vérification, "Kamui Den" est né juste après les évènements de Mai 68 (au Japon aussi, oui oui), ce qui explique beaucoup de choses. Notamment ce parfum un peu anachronique d'égalité et de prise de conscience sociale qui souffle dans tout le manga.

Après un premier tome de 1500 pages, on pourrait croire qu'un deuxième tome de 1500 pages commencerait à faire tourner un peu à l'indigestion, mais pas du tout...

Au contraire, l'intrigue un peu naive du premier tome s'affine avec des considérations plus politiques et économiques. Quelques personnages grisés commencent à pointer le bout de leur nez au milieu des gentils très gentils et des méchants horriblement méchants. Les personnages principaux commencent à se poser des questions sur leurs agissements.

J'ai dévoré les 1500 pages suivantes comme j'avais dévoré les 1500 premières et je commence à me dire que je n'ai pas trop envie d'attendre des mois avant de connaître les 1500 suivantes.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Bhakti - Der Wandel im Herzen ("Bhakti - Le changement à l'intérieur du coeur"), His Divine Grace A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupâda

Je n'en suis pas parfaitement sûre, mais il me semble avoir compris que ce livre essaye d'expliquer la doctrine du Bhakti-Yoga...

Le livre s'adresse à un public déjà largement au courant des choses dont il est question. Sa Grace Divine A.C.B.S.P. se réfère aux diverses aventures du cousin de Krishna sans les rappeler, et par conséquent je suis un peu perdue dans les principaux termes techniques. Qu'est-ce qui différencie le bhakta-yoga du sânkhya-yoga, par exemple ? aucune idée...

Ces détails mis à part, le livre se lit comme un livre de sermons d'un prêtre un peu mystique sur les bords. Cela n'a d'ailleurs fait que me conforter dans l'impression que j'avais déjà depuis quelques temps que l'inddouhisme, qui est censé être un polythéisme, est en fait plutôt une forme de monothéisme qui ne dit pas son nom. Dans tout ce que je connais, il n'est question sans cesse QUE de Krishna, cet espèce de Jésus avec des pouvoirs surnaturels un peu plus visibles.

Dans ce livre-là, si je coupe les mots techniques et que je remplace "Krishna" par "Dieu", on dirait quasiment du Saint Augustin.

Bref, c'est assez sympa à lire. Il y a beaucoup de jolies métaphores qu'on a envie de retenir. J'attends de voir les derniers chapitres qui ont l'air un peu plus pratique ("Le yoga pour les temps modernes" me donne envie). En attendant, comme c'est quand même un peu répétitif à la longue, je lis par petites doses entre deux tomes de manga...

Japon, peuple et civilisation, sous la direction de Jean-Francois Sabouret

Ouvrage qui me semblait tomber à pic après le deuxième tome de Kamui Den, histoire de rester dans l'ambiance tout en changeant de registre.

Qu'est-ce que j'ai vu ces 5 dernières semaines ?

Une grande journée prostrée devant mon écran la veille de mon départ en vacances. Il était temps de se reposer...

Indigènes (Rachid Bouchareb, 2006)

Je sortait de toute une chronique radio sur la première guerre mondiale dans laquelle il avait été longuement question des soldats des colonies.

J'ai eu l'impression pendant tout le film d'avoir déjà vu tout ces trucs. Finalement j'ai dû voir le film il y a longtemps et l'oublier complètement.

Adieu Berthe (Bruno Podalydes, 2012)

Sous les Pavés la plage (Jean-Luc Moreau, 2001)

Stupeur et Tremblements (Alain Corneau, 2003)

Commentaires

Tu veux que je m'occupe de Kamui tome 3 ?

Écrit par : Maman | mardi, 14 janvier 2014

Ah ben je veux bien :)

Comme ca je sais déjà qu'un bon livre m'attend à la maison pour cet été !

Écrit par : Lodi | dimanche, 19 janvier 2014

Bon j'ai remis ton blog dans mon lecteur de flux RSS d'où il avait disparu pour une raison étrange...
Tu me donnes une piste intéressante pour Werber qui ne sort JAMAIS de son rayonnage chez nous mais il est chez les adultes...

Écrit par : Winnie | samedi, 26 juillet 2014

Et bien ! Tu as écris tellement de commentaires d'un coup que je ne les avais pas identifiés comme nouveaux commentaires. Je m'en vais lire tout ça de ce pas.

Werber écrivain ADO voyons ! Lance n'importe lequel qui veut lire un thriller sur les fourmis, il va adorer.

Écrit par : Lodi | lundi, 18 août 2014

Les commentaires sont fermés.