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mardi, 01 octobre 2013

Trop ouf, ces confs !

 

L'été, la saison des conférences.
(l'été universitaire pouvant commencer très tôt et finir très tard)

Fin juillet, conférence de ma théorie à Belin. Une semaine de repos puis conférence de recherche formelle à la Périphérie. Une semaine de repos, puis conférence de syntics-semantax au céneres, où j'étais jusqu'à samedi dernier.

J'ai découvert que j'adorais les conférences. Les conférences, c'est un peu comme TZ. Sauf qu'au lieu de Dieu, on parle de pseudo-gapping, de coréen et d'expériences marrantes qu'on a fait sur des gamins de deux ans (les linguistes n'ont aucune pitié). Bref, les conférences, c'est vraiment fun.

En plus de cela, il faut rajouter que le monde linguistique étant tout petit, on rencontre très facilement des personnes qu'on a lues, qu'on adore, ou des potes de gens qu'on connais déjà et qui devienne tes potes en l'espace de trois secondes (ou pas).

J'ai d'abord eu la chance d'avoir tout le monde à domicile.

Lorsque j'étais venue sur Paris au printemps, l'idée première avait été de rencontrer Cia qui me semblait être plus ou moins à la tête d'un projet d'implémentation proche de celui que m'a confié Konfus. Finalement, Cia n'était pas sur Paris à ce moment et d'ailleurs la personne vraiment en charge du projet était Tn, avec qui j'ai d'ailleurs bu un café et discuté assez longuement (le projet étant „mort“, ca n'a pas servi à grand chose, mais j'ai parlé avec un professeur intelligent, ce qui n'est jamais une perte de temps).

À la conférence de ma théorie, Tn faisait partie du commité d'organisation ET Cia présentait un papier. Rien que pour cela, ca valait la peine de faire le déplacement. Lorsque la présentation de Cia a commencé, qu'il s'est levé et a commencé à faire jaillir ses cheveux en harpentant la salle de long en large, j'ai su que ce mec était un génie et que je l'adorais.

Dans la suite de la conférence, j'ai eu l'extrème bonheur d'être à chaque fois à la même tablée que lui le soir, et de discuter avec lui. Ou plutôt de rester plantée sur ma chaise à l'écouter monologuer sur tout et n'importe quoi. Cia n'arrête jamais de parler et se passionne pour tout, ce qui est assez ennuyeux quand un irlandais est dans les parages et qu'ils commencent à parler des meilleures équipes de soccer ou de hockey sur gazon. Heureusement, cela reste une minorité du temps et en grande partie sa conversation monologuée m'a laissé un merveilleux souvenir (un souvenir fatigué le dernier soir à minuit quand je n'arrivais plus à m'en débarasser pour aller – enfin - me coucher).

Le troisième professeur dont j'ai fait la connaissance cette semaine-là était Ml, dont j'ignorais absolument tout, mais qui a fait une présentation très remarquée. En tous cas très remarquée par moi.

Cette présentation était géniale. Elle abordait une problèmatique sur laquelle je ne m'étais encore jamais penchée mais qui venait englober les petites déconvenues de mon étude pilote. En laissant tout cela se ballader dans ma tête, j'ai fini par me rendre compte qu'il s'agissait d'une problèmatique possible de ma thèse, d'une très intéressante en tous cas, et en tous cas encore peu ou pas explorée dans ma théorie. Donc PEUT-ÊTRE que je tiens quelque chose.

Parce que bon, dans le fond, rencontrer des gens, c'est super, les pauses café avec plein de gâteaux, c'est cool, mais le vrai enrichissement des conférences, ca reste les présentations elles-mêmes. Samedi dernier, en clôturant la conférence céneressienne, Tn a constaté que j'avais été „très assidue“. Tn est un asiatique et rempli le cliché numéro un de l'asiatique en ce qu'il est très modéré dans ce qu'il fait et dit. Je crois en effet que personne d'autre que moi (organisateurs y compris) n'a eu le courage d'assister à 100% des présentations sur ces trois jours. Cia m'aurait certainement dit que j'étais complétement tarée et que je n'allais jamais survivre 3 ans de thèse à ce rythme. Je suppose que ca me passera. Il y aura un moment où je choisirai les présentations en fonction de leur sujet (ou du présentateur), mais pour le moment, je ne suis pas à l'abri de découvrir au cours d'une présentation sur les scopes chinois une idée lumineuse pour mes préoccupations actuelles (true story). J'engrange, j'engrange, et une présentation est toujours une manière de parcourir en moins d'une heure le contenu d'un article. Il me faut en temps normal à peu près une journée pour venir à bout d'un article. À raison de 8 présentations par jour sur 3 conférences de 3 jours chacunes, vous voyez que j'ai abattu une somme de travail colossale à mon échelle. Même si lire l'article qui sera publié sera dans bien des cas indispensables (parce que je ne suis pas vraiment capable de comprendre une présentation, à quelques exceptions près), je saurai à peu près où chercher quoi. Qui plus est, cela me permet de savoir où en est la recherche sur les principaux axes de recherche, et de savoir aussi ce qui est à la mode et ce qui ne l'est pas.

En parlant d'être à la mode, je suis très à la mode. Enfin plutôt, mon sujet est très à la mode. C'est ce que Aie, la dame de fer du Céneres, m'a fait comprendre. Cette femme est connue comme le loup blanc, et visiblement pas mal redoutée pour son caractère bien trempé. J'étais à la fois impatiente et angoissée de la rencontrer, voulant bien entendu faire bonne impression à cette femme qui est à la tête de la moitié des projets de recherche (si ce n'est plus). Et le courant est finalement bien passé. Elle s'est montrée tout de suite très intéressée par le sujet et m'a donné quelques indications utiles. Elle m'a notamment fait rencontrer et discuter avec une autre professeur qui dirige le laboratoire de recherche formelle. Le laboratoire va bientôt lancer un appel à candidature pour une bourse de mobilité. La bourse en elle-même m'intéresse presque moins (même si je ne crache sur aucun euro en ce moment) que d'avoir pu nouer contact avec une spécialiste de recherche formelle comme elle, étant donné mes médiocres connaissances en la matière (dont a témoigné mon étude pilote... peu réussie (je crois que vous l'aurez compris, à force)).

„Il était temps que quelqu'un prenne le taureau par les cornes !“ Visiblement, tout le monde a hâte que je règle leur compte aux phénomènes d'îles. Ca me fout un peu les jetons, en fait. Mais c'est aussi très enthousiasmant (j'ai presque l'impression de chercher un remède contre le cancer, c'est très gratifiant).

À vrai dire, je commence à penser très très fort à me prendre un deuxième directeur de thèse. Genre francais et qui s'y connais en analyse formelle. Mais chaque chose en son temps. (L'argent d'abord.)

J'étais toute contente en allant au Céneres de me dire que j'allais revoir tous ces gens : Tn, Cia et Ml. En fait, Ml n'est arrivé que le dernier jour, Cia organisait toute l'intendance et courait partout pour gérer les macarons et Tn s'est dépéché de me présenter à Aie pour ne pas avoir à me faire la conversation (Tn rempli le cliché numéro deux de l'Asiatique en ce qu'il n'est pas très bavard). Un dernier à qui je me suis présentée toute seule a été Ba. Ba et Be sont les grands spécialistes de la conjugaison des verbes francais. Surtout Ba. En fait, j'ai passé mes vancances en France à lire tout ce qu'avait pu écrire Ba. À la fin de l'été, je m'étais transformée en vraie groupie.

Groupie.gif

J'ai pris conscience après coup que lui avoir dit que j'avais lu toute sa bibliographie sur la plage cet été n'était pas la meilleure manière qu'il ne me prenne pas pour une folle furieuse. (Non, en fait, ça l'a juste fait rire. Il m'a dit que c'était une saine lecture qu'il ne pouvait qu'approuver.) Il connait très très bien Konfus (vraiment trèèès très bien) pour avoir beaucoup travaillé avec lui (beaucoup). Il a été très intéressé par ce que je fais (pas vraiment la partie sur les îles, plutôt celle où je dois écrire du code... oui, celle que je n'ai jamais le temps de faire, exactement celle-là) et va m'envoyer quelques données qui me simplifieront la tâche. On reste en contact. Dacodac.

La dernière personne que j'avais très envie de rencontrer était Sle. Elle aussi, elle a énormément travaillé avec Konfus. Et dans un domaine qui m'intéresse fort et qu'elle est une des uniques personnes au monde à maîtriser. Malheureusement, elle n'est arrivée que le dernier jour et n'était pas d'un abord très facile. Elle était tellement sans cesse accaparée que je n'ai pu que lui serrer la main. Je n'ai pas eu le temps de lui expliquer que j'étais une élève de Konfus qu'une étudiante lui tombait dessus et je n'ai pas insisté. Il me semble improbable qu'on ne se re-rencontre pas un jour ou l'autre. J'ai par contre sympathisé par hasard avec sa doctorante, une fille drôle et chaleureuse que j'ai immédiatement adorée.

J'ai rencontré bien d'autres doctorants. Principalement, un Teuton avec qui j'ai passé la plus grande partie de mon temps et qui s'est révélé être un ami de Man, que j'avais rencontré dans ma toute première conférence, il y a deux ans. Parmi les conférenciers se trouvait aussi une presque-vieille connaissance, Dte, une française (de la ville rose !) exilée aux USA qui travaille sur quelque chose d'assez proche des îles. Elle était venue donner une conférence dans la fac de la périphérie et nous avions discuté.

Une conférence, c'est donc une question de rencontre, je pense l'avoir assez bien fait comprendre. L'émulation intellectuelle qui naît de ces rencontres est difficile à décrire, mais elle m'a rendue pour le moins hyperactive dans le temps laissé entre les conférences. J'ai rarement été aussi motivée qu'en ce moment, ce qui est sans doute la raison pour laquelle vous m'avez peu entendue depuis un mois. Je suis survoltée et je travaille du matin au soir. Pas que j'avance beaucoup, mais je fais de mon mieux. Mon carnet de recherche est presque prêt à voir le jour, et vous en aurez des nouvelles d'ici peu, je l'espère.

Je n'ai pas dit grand chose sur la deuxième conférence. Elle touchait en effet un domaine complètement différent de celui dans lequel j'évolue normalement. Des gens comme Soe et Gs sont à des années lumières des préoccupations de Konfus. Mais je commence à entrevoir l'univers immense du domaine dans lequel ils travaillent et je le trouve palpitant. À vrai dire, j'aimerais en quelque sorte unifier les deux domaines (ou plutôt commencer à intégrer un aspect de l'une dans l'autre – une révolution mondiale à la fois, s'il vous plaît).

Dire que je n'ai rien compris à cette conférence serait un peu exagéré. Mais je n'ai aucune notion de statistiques, et il m'était absolument impossible de lire leurs graphes étranges. J'ai l'impression que je n'arriverai jamais à me mettre à niveau pour pouvoir discuter avec ces gens. La psycho-linguistique sera donc le grand challenge des mois (années ?) à venir.

Konfus va me tordre le cou.

Après cette deuxième conférence avait lieu le PhD-Day, où je devais présenter „mon travail". Comme je n'avais pas grand chose à part cette étude pas bien dégrossie, je l'ai présentée très très rapidement. Après avoir vu l'ampleur du travail statistique de Soe et Compagnie, autant vous dire que je mourrais de honte de présenter mes camemberts. Et qui voilà dans la salle, resté quelques jours en Europe pour profiter de son jet lag ? Gs en personne. Gs tout droit débarqué de la Mecque MIT. Gs, aka le méga spécialiste de la psycholinguistique. Lorsque j'ai fini ma présentation, Gs a levé la main et posé une question. Gs a été la première personne à qui j'aie jamais répondu pour un Q&A. (Vous croyez que je peux mettre ça sur mon CV ?)

Man, ich liebe mein Leben!

 

 

Commentaires

Tu ne peux peut-être pas le mettre dans ton CV, mais ça claque pour commencer une conversation ;)

Voilà sinon j'ai rien compris et je mélange tout le monde, mais tu as l'air d'être un petit poisson dans l'eau tout heureux et ça c'est chouette.

Écrit par : Winnie | mercredi, 02 octobre 2013

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