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lundi, 22 avril 2013

C'est lundi...

Mon dernier récapitulatif date déjà du siècle dernier, mais ca ne fait rien. Je ne lis pas beaucoup (presque pas du tout) en ce moment, si ce n'est que je me suis (re)lancée dans La recherche du temps perdu (il y a des gens qui vont trouver cette phrase contradictoire, j'en ai bien conscience, mais bon...).

Qu'est-ce que j'ai lu ces mille dernières semaines ?

Une fâcheuse histoire, Fedor Dostoievski
Et c'était bien, mais pas de quoi non plus s'extasier pendant des semaines. 

Le Rire : essai sur la signification du comique, Henri Bergson
La thèse de Bergson sur le rire est sans doute celle à laquelle je me suis le plus souvent référée dans toute ma vie de prépa, et même encore maintenant dès que je dois commenter un texte en ayant l'air intelligente (ca m'arrive quand même moins souvent). Sauf que je n'ai jamais lu Bergson (si vous trouvez que c'est un paradoxe, c'est que vous n'avez jamais fait de prépa).

Manque enfin comblé, et avec bonheur, je peux vous le dire, parce que c'est pas pour rien que je cite du Bergson sans arrêt. Génial, ce truc. Et en plus, c'est sympa à lire, puisque Bergson passe son temps à citer des blagues, ce qui rend la lecture assez sympathique.

J'ai encore quelques problèmes avec son analyse du rire. Il y a des fois où, quand même, j'ai l'impression qu'il manque quelque chose...

Du côté de chez Swann, Marcel Proust

Écrire quelque chose d'intelligent sur la Recherche du temps perdu est parfaitement impossible. Je veux dire : on ne peut qu'ouvrir le livre, lire et pleurer de sa propre nullité. 

D'une manière générale, quand je commence à partir sur Proust devant un hésitant (ca m'arrive), je conseille toujours de rentrer dans Proust avec Un amour de Swann, le deuxième Tome de Du côté de chez Swan. L'histoire relatée parlant du temps d'avant le narrateur, l'histoire est relativement restreinte, elle a un début, une fin, et on arrive à suivre. D'autre part, les thèmes principaux sont abordés (toute la vie du narrateur n'est qu'un espèce d'écho de la vie de Swann, c'est fascinant), et on peut déjà voir si le style peut nous plaire. Mieux en tous cas que si l'on commence par le fameux "longtemps je me suis couché de bonne heure" qui - même si c'est un tour de force que cette introduction - peut vite décourager les bonnes volontés (je pense que ce n'est qu'après une longue initiation au style Proust qu'on arrive à se délecter de lire pendant 20 pages une description des couleurs projetées sur le mur de la chambre par une veilleuse...).

En relisant Un amour de Swann, outre qu'Odette est sans doute mon personnage préféré de toute la recherche (encore que la Duchesse de Germantes... hummmmm hummmm...), je me suis rendu pour la première fois vraiment compte des clins d'oeil incessants à Combray, et je me dis qu'on ne pourra jamais comprendre tout cela sans avoir lu le premier tome. Je persiste cependant : lisez Un amour de Swann. Et d'une manière générale, lisez Proust.

J’avais toujours à portée de ma main un plan de Paris qui, parce qu’on pouvait y distinguer la rue où habitaient M. et Mme Swann, me semblait contenir un trésor. Et par plaisir, par une sorte de fidélité chevaleresque aussi, à propos de n’importe quoi, je disais le nom de cette rue, si bien que mon père me demandait, n’étant pas comme ma mère et ma grand’mère au courant de mon amour :

— Mais pourquoi parles-tu tout le temps de cette rue ? elle n’a rien d’extraordinaire, elle est très agréable à habiter parce qu’elle est à deux pas du Bois, mais il y en a dix autres dans le même cas.

Je m’arrangeais à tout propos à faire prononcer à mes parents le nom de Swann ; certes je me le répétais mentalement sans cesse ; mais j’avais besoin aussi d’entendre sa sonorité délicieuse et de me faire jouer cette musique dont la lecture muette ne me suffisait pas. Ce nom de Swann d’ailleurs, que je connaissais depuis si longtemps, était maintenant pour moi, ainsi qu’il arrive à certains aphasiques à l’égard des mots les plus usuels, un nom nouveau. Il était toujours présent à ma pensée et pourtant elle ne pouvait pas s’habituer à lui. Je le décomposais, je l’épelais, son orthographe était pour moi une surprise. Et en même temps que d’être familier, il avait cessé de me paraître innocent. Les joies que je prenais à l’entendre, je les croyais si coupables, qu’il me semblait qu’on devinait ma pensée et qu’on changeait la conversation si je cherchais à l’y amener. Je me rabattais sur les sujets qui touchaient encore à Gilberte, je rabâchais sans fin les mêmes paroles, et j’avais beau savoir que ce n’était que des paroles — des paroles prononcées loin d’elle, qu’elle n’entendait pas, des paroles sans vertu qui répétaient ce qui était, mais ne le pouvaient modifier — pourtant il me semblait qu’à force de manier, de brasser ainsi tout ce qui avoisinait Gilberte, j’en ferais peut-être sortir quelque chose d’heureux. Je redisais à mes parents que Gilberte aimait bien son institutrice, comme si cette proposition énoncée pour la centième fois allait avoir enfin pour effet de faire brusquement entrer Gilberte venant à tout jamais vivre avec nous.
(Nom de Pays : Le Nom, tome 3 de Du côté de chez Swann

À l'ombre des jeunes filles en fleurs, Marcel Proust

Je tiens à informer les personnes suceptibles d'être intéressées par cette information que ma collection de livre audio de Proust est incomplète. Il me manque une grande partie de Nom de pays : le Pays (et puis il me manque tout le Temps retrouvé, mais il me semble que le livre audio n'était pas encore sorti). Et que Proust est un investissement à vie.

Je n'avais pas dû remarquer le manque lors de ma première écoute. Du coup, je ne savais pas comment le narrateur avait rencontré Robert de Saint-Loup et comment il avait rencontré Albertine. Je ne sais pas comment j'ai fait pour vivre avec ce manque, mais il est enfin réparé.

Du côté de Germantes, Marcel Proust

Quand je commence à partir sur Proust, en général, je parle de Sodome et Gomorrhe comme de mon tome préféré. C'est le seul que j'avais même déjà relu, et plusieurs fois.
Puis j'ai relu Du côté de Germantes... et là je dois bien avouer que je ne sais plus trop. Non mais parce que la Duchesse de Germantes, quand même... (sincèrement, qui n'a pas rêvé d'être la Duchesse de Germantes ?) 

Une grande cocotte, comme elle avait été, vit beaucoup pour ses amants, c’est-à-dire chez elle, ce qui peut la conduire à vivre pour elle. Les choses que chez une honnête femme on voit et qui certes peuvent lui paraître, à elle aussi, avoir de l’importance, sont celles, en tous cas, qui pour la cocotte en ont le plus. Le point culminant de sa journée est celui non pas où elle s’habille pour le monde, mais où elle se déshabille pour un homme. Il lui faut être aussi élégante en robe de chambre, en chemise de nuit, qu’en toilette de ville. D’autres femmes montrent leurs bijoux, elle, elle vit dans l’intimité de ses perles. Ce genre d’existence impose l’obligation et finit par donner le goût d’un luxe secret, c’est-à-dire bien près d’être désintéressé.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Sodome et Gomorrhe, Marcel Proust

Délice de reprendre ce tome et les réflexions botaniques qui l'introduisent et que je connais déjà comme ma poche (la sexualité des fleurs, c'est super intéressant).

Pour la première fois, j'ai ENFIN compris la différence entre la Duchesse de Germantes et la Princesse de Germantes. Du coup, il y a pas mal de trucs un peu étranges qui s'éclairent.
(Le problème de Proust, c'est que c'est tellement long que la lecture s'étale sur des mois et des années et on perd en chemin certains repères importants. Je crois me rappeler que ma prof de francais - grande fan de Proust devant l'Eternel - avait dû se faire des fiches sur les personnages pour réussir à s'y retrouver. Il n'y a qu'une solution : il faut le lire d'un trait.)

Mais dis-moi, toi qui sais, ce n’est pas vrai que les morts ne vivent plus. Ce n’est pas vrai tout de même, malgré ce qu’on dit, puisque grand’mère existe encore. » Mon père sourit tristement : « Oh ! bien peu, tu sais, bien peu. Je crois que tu ferais mieux de n’y pas aller. Elle ne manque de rien. On vient tout mettre en ordre. — Mais elle est souvent seule ? — Oui, mais cela vaut mieux pour elle. Il vaut mieux qu’elle ne pense pas, cela ne pourrait que lui faire de la peine. Cela fait souvent de la peine de penser. Du reste, tu sais, elle est très éteinte. Je te laisserai l’indication précise pour que tu puisses y aller ; je ne vois pas ce que tu pourrais y faire et je ne crois pas que la garde te la laisserait voir. — Tu sais bien pourtant que je vivrai toujours près d’elle, cerfs, cerfs, Francis Jammes, fourchette. » Mais déjà j’avais retraversé le fleuve aux ténébreux méandres, j’étais remonté à la surface où s’ouvre le monde des vivants, aussi si je répétais encore : « Francis Jammes, cerfs, cerfs », la suite de ces mots ne m’offrait plus le sens limpide et la logique qu’ils exprimaient si naturellement pour moi il y a un instant encore, et que je ne pouvais plus me rappeler. Je ne comprenais plus même pourquoi le mot Aias, que m’avait dit tout à l’heure mon père, avait immédiatement signifié : « Prends garde d’avoir froid », sans aucun doute possible. J’avais oublié de fermer les volets, et sans doute le grand jour m’avait éveillé. 

Qu'est-ce que j'ai vu ces mille dernières semaines ?

The Big Lebowski (Joel Coen, 1998)

Avatar (James Cameron, 2009)

Rocky V (John G. Avilden, 1990)

Rocky Balboa (Sylvester Stallone, 2006)

Oben (Up - Disney : Pete Docter et Bob Peterson, 2009)

Gegen die Wand (Head-On - Fatih Akin, 2004)

http://www.youtube.com/watch?v=OoEskub6VdY

Commentaires

Bon et bien je cherchais une idée pour cet été! Ce sera l'été Proust...

Écrit par : tata Michèle | samedi, 01 juin 2013

Non mais merci maintenant ma mère veut me forcer à lire Proust cet été.

Sinon Le Liseur de Schlink est enfin arrivé en haut de ma PAL... a priori on en reparle quand on se verra cet été :)

Écrit par : Winnie | mercredi, 05 juin 2013

Joie et bonheur.
Re-joie et bonheur.

Écrit par : Lodi | vendredi, 07 juin 2013

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