Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 18 juin 2012

C'est lundi...

Je voulais revenir sur...

Dagmar, de Franck dit Bart dont voici la critique publiée sur le site des agents littéraires :

Drôle d'histoire que cette histoire là, une histoire à mi-chemin entre l'historique et le fantastique, un grand melting pot de tout et de rien, mais pas de n'importe quoi non plus. Drôle d'écriture que celle de Franck dit Bart, qui saute d'un mot à l'autre allègrement et semble ne pas se préoccuper outre mesure que ses phrases aient un sens. Drôle d'humour aussi, très farfelu, à la fois facile et intelligent.

Ce qui me touche personnellement, c'est surtout sa peinture du Berlin des années d'entre-deux-guerres. Franck dit Bart s'est spécialisé dans le mouvement expressionniste allemand „Die Brücke“ (qui est le sujet d'une exposition du musée de Grenoble, soit dit en passant). Il semble particuliérement passionné par la personne de Ernst Ludwig Kirchner et son tableau de 1912, Personnes entrant dans la mer, est le point de départ de l'histoire de Dagmar.

ins_meer_schreitende.jpg

L'histoire de vampire n'est en définitive qu'un prétexte pour Franck dit Bart à s'attarder sur cette époque dans laquelle se plaît visiblement à se transporter, grossissant parfois le trait. Quelle différence entre le début du XXe et le début du XXIe siècle ! entre cette jeune fille voluptueuse qui découvre la joie de vivre sous le soleil et l'atmosphère stressante des nuits jet-setteuses parisiennes pour une vampire paria !
Dagmar n'est donc – à mon avis – qu'un prétexte pour s'attarder au milieu des premiers cris du monde moderne, pour côtoyer les premiers transsexuels et déambuler dans le milieu activiste du Berlin des années 20.

En ce qui me concerne, c'est donc Dagmar qui me plaît, et moins Bluty. Et s'il n'avait tenu qu'à moi, on aurait pu s'en tenir au modèle à la crinière rousse sans passer par la vampire blafarde. Mais cela aurait fait de Dagmar un roman historique sans grande originalité, ce qui est sans doute loin d'être ce que recherchait son auteur.

- Lorsqu'advient un décès, le rôle dévolu aux médecins est de vérifier, de constater la mort clinique de la personne afin d'éviter une éventuelle bavure. Par con...
- La BAVURE ! La BAVURE ! Qui a prononcé le mot BAVURE ? Qui est-ce, que le le dégomme ?
Un molosse écumant et tremblant s'époumonait. Deux confrères solidaires le sortirent gentiment pour qu'il aille cuver sa crise entre quatre murs. Tapioca convia Ilostu à sortir de dessous la table. Il pouvait reprendre le fil de sa conférence en toute quiétude.
- Ouf, je l'ai écharpé belle, cogita ce dernier.
Il est des mots tabous à la maison poulaga. Ce niais de commissaire se serait écorché les lèvres pour le prévenir. Les poulets ne sont pas des humains ! Il rangea ses feuillets.
- Où en étais-je ?
- À la bavure, monsieur. À la babave...
La voix s'était tue par magie et comptait les oisillons.
- Ah oui, j'y suis. Vérifier le décès réel de la personne afin d'éviter une éventuelle, baveuse, une bévue du bavardage. Enfin bref, vous m'avez compris.
Le public hochait la tête comme un seul homme. Les femmes ne comptaient que pour du beurre rance dans la police.

Qu'est-ce que j'ai lu ces deux semaines ?

Souvenir, Maupassant
Le condamné à mort, Maupassant

La serre, Maupassant est une des nouvelles les plus croustillantes de Maupassant. Elle passe directement dans mon top 10.

Selbs Betrug, Bernhard Schlink
Ma maman aime bien regarder les séries policières allemandes. D'abord parce que c'est bien, et puis elle dit qu'elle aime découvrir la vie quotidienne des Allemands à travers les détails sans importance de ces films. Selbs Betrug, publié en France sous le titre de Un hiver à Mannheim, n'a pas eu le succès de Le Liseur, sans doute beaucoup trop allemand pour s'exporter facilement. Ici, les détails de la vie allemande ont tous leur importance.

Bernhard Schlink a écrit toute une série de romans policiers ayant pour héro le détective privé Selb. Selb est un ancien procureur nazi rejeté du système judiciaire à la fin de la guerre et devenu détective privé, lui-même donc à cheval entre l'Allemagne d'hier et celle d'aujourd'hui.

Dans cette histoire, Selb se lance à la recherche de la jeune Leo, disparue mystérieusement depuis des mois. Il y a donc d'abord la trame, celle d'un roman policier. Mais on est bien loin du roman policier habituel. Sa recherche entraîne en effet Selb à travers toute l'histoire de l'Allemagne, la guerre, l'administration américaine, la RAF (connue en France comme la bande à Baader). On y rencontre un ancien soldat russe, un ancien activiste communiste, des féministes, une punk, une famille turque de la première génération.
Se rajoute à cela la richesse du personnage de Selb, un homme qui arrive sur ses 70 ans et se demande ce que la vie a encore à lui offrir. Entre son chat, une femme qu'il ne peut se décider à épouser et trois amis qui eux aussi se battent avec leur vie, il recherche le "mensonge essentiel" de sa vie.
Une histoire pleine de mauvaise conscience (l'Allemagne est pleine de mauvaise conscience).

Outre que de toutes facons, tout ce qu'écrit Bernhard Schlink est génial, ce roman est pour moi un chef d'oeuvre absolu de la littérature allemande. J'ignore si toutes les enquêtes de Selb sont de cette trempe. À vrai dire, je n'arrive pas vraiment à le croire, tant le récit me semble abouti, mais rien ne m'étonnerait de la part de Bernhard Schlink.
C'était d'ailleurs tellement impressionnant que j'ai dû interrompre l'écoute il y a des mois. Saisir tous les détails demandait une écoute sans trop d'interruptions, et le tout dure plus de 8h. Du coup, lors des gros déplacements en voiture des derniers jours, j'ai pu enfin me plonger correctement dans cette histoire.

J'ai trop longtemps fait mon métier. Comme soldat, comme procureur, comme détective privé, j'ai fait le boulot qu'on me demandait, et j'ai laissé les autres faire le leur. Nous sommes un peuple où chacun fait son métier, et regardez où ça nous a menés.

Le cas de Mme Luneau, Maupassant
Deux amis, Maupassant
L'âne, Maupassant
Une soirée, Maupassant
La farce (Mémoires d'un farceur), Maupassant
Aux eaux, Maupassant
Saint-Antoine, Maupassant

Un coup d'Etat, Maupassant
Un médecin républicain tente pathétiquement de sortir la population de son petit village de l'indifférence profonde dans laquelle la plonge le coup d'Etat fait à Paris. C'est drôle.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Königliche Hoheit, Thomas Mann avance toujours depuis que je l'ai emprunté à la bibliothèque. J'arrive à la fin et c'est dommage.

Par delà le bien et le mal, Nietzsche
Je me suis enfin lancée. Dans le premier chapitre, Nietzsche règle son compte à toutes les philosophies précedentes : le déterminisme, l'atomisme, le stoicisme, Descartes, Kant, Schoppenhauer, tout le monde en prend pour son grade...

Les plus beaux contes zen, Henri Brunel

Qu'est-ce que j'ai vu ces deux semaines ?

Pas pu voir grand chose comme j'étais par monts et par vaux.

Dark Shadows, Tim Burton (2012)
Passage au cinéma quand même pour voir le dernier Tim Burton. On m'avait prévenu qu'il était pas extraordinaire. Finalement, il était quand même plus sympathique que l'attroce Alice au pays des merveilles.
Le comique "homme du passé qui débarque dans le présent" est un peu éculé, mais le fait que ce présent soit pour nous même du passé (les années 70) rend les choses plus intéressantes.
Bref, passable. Si on vous oblige à aller le voir, pas la peine de vous droguer pour tenir le coup.

Et après ?

Aucune idée, sauf Wer wenn nicht wir qui m'attend sur mon bureau.

Commentaires

"Si on vous oblige à aller le voir, pas la peine de vous droguer pour tenir le coup." LOL, ah parce que tu t'étais droguée avant de venir ???

Écrit par : je sais plus mon surnom dans ce blog | lundi, 18 juin 2012

Bonjour,

Je suis très touché par votre article concernant mon roman « Dagmar ». Je vous remercie pour votre ressenti et toutes les belles choses que vous écrivez à son propos. Il est toujours passionnant pour un auteur de recevoir un retour si rare sur son œuvre. C’est aussi un moteur à explosion à continuer d’écrire et raconter des histoires avec des personnages, (du moins en ce qui me concerne) hors norme, pour sûr !

Bonne continuation et bon courage à l’écriture de votre mémoire qui va briller de mille étincelles, le jour de sa soutenance, j’en suis persuadé.

Portez-vous le mieux du monde, avec un bon moral et encore beaucoup de lectures en grands partages.
Avec toute ma fraternité littéraire

Franck dit Bart

Écrit par : Franck dit Bart | mardi, 19 juin 2012

Les commentaires sont fermés.