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mercredi, 06 juin 2012

C'est lundi...

Mais si, bien sûr que c'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces deux dernières semaines ?
Il faisait pas beau ces deux semaines. J'ai donc pas mal regardé de film, pas mal avancé dans Maupassant, mais peu lu mes gros livres.

La traversée, Alain Vircondelet
Alain Vircondelet raconte son exil d'Algérie juste avant la déclaration d'indépendance. À travers lui, c'est évidemment ma famille que je vois quitter Alger, quitter Sidi Bel Abès... Bizarre histoire que cette Histoire que je connais à la fois trop et pas assez. Le regard d'Alain Vircondelet est un regard, sinon tout à fait objectif, du moins un peu plus clair.
Livre assez émouvant donc, pour des raisons tout à fait personnelles. Mais le plus beau passage du livre est la dédicace de ma maman.

Ma mère ne voulait plus sortir, elle se félicitait d'avoir encore des provisions, restes du siège qu'elle avait pensé tenir pendant le blocus de Bab-el-Oued. Elle refaisait les gestes que je l'avais toujours vu faire, la semoule roulée dans la kesra de terre cuite, les beignets eux aussi roulés dans le sucre cristallisé ("plus ca crisse sous les dents, meilleur c'est", disait-elle), les cocas, sorte de chaussons fourrés de tomates et d'anchois, et les fritas de tomates et de poivrons sur lesquelles étaient cassées des oeufs. Elle disait encore que rien ne l'empêcherait d'aimer ce pays où elle aussi était née, de faire sa cuisine et surtout de continuer à vivre comme "avant". "Avant" : c'était bien le mot magique, paré de mille bonheurs, de mille vertus.

Les dimanches d'un bourgeois de Paris, Maupassant
Un des premiers bons textes de Maupassant. Dans les premiers chapitres, un peu farce, un peu facile (les vacances de M. Hulot, version bavarde). Puis plus politique au fur et à mesure. Mais encore un peu bancal. Il n'y a pas vraiment d'histoire, de commencement ni de fin.

Jadis, Maupassant
Un des meilleurs textes de Maupassant. Très simple, qui fait mouche. J'adore.

Au printemps, Maupassant
La femme de Paul, Maupassant
Histoire d'une fille de ferme, Maupassant
La veillée, Maupassant
La rempailleuse, Maupassant
Vieux objets, Maupassant
Un vieux, Maupassant
Un million, Maupassant
Une veuve, Maupassant
Correspondance, Maupassant
Le gâteau, Maupassant
Clair de lune, Maupassant
Fou ?, Maupassant
Pierrot, Maupassant
Aux champs, Maupassant
Nuit de Noël, Maupassant
Conte de Noël, Maupassant
Le loup, Maupassant
Un coq chanta, Maupassant

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?
Je suis un peu neuneu en ce moment avec mes livres...

Königliche Hoheit, Thomas Mann que j'ai lu les derniers beaux jours, au bord d'un lac (je vous raconterai ca). J'ai vraiment adoré l'histoire de ce prince prisonnier d'une vie factice. Puis j'ai perdu le livre avant de le terminer... hum...

Viou, Henri Troyat presque dévoré en une journée dans les transports. Puis... impossible de remettre la main sur le livre. J'ai vraiment la poisse cette semaine !

Herr der Fliege (le seigneur des mouches), William Golding
Je suppose que j'aurais aimé l'histoire de ces très jeunes Robinsons il y a quelques années. J'aime l'ambiance de ce roman, pas du tout roman d'aventure jeunesse malgré le thème. Plus proche de Defoe justement. Mais je n'accroche pas vraiment, même si ce n'est pas désagréable à lire.

Qu'est-ce que j'ai vu ces deux dernières semaines ?

Chaos Head (Nitroplus : 5PB., 2008) - 12 épisodes
Encore un jeune étudiant, encore plein de jeunes filles autour de lui. Ici, c'est un otaku (un jeune homme désociabilisé qui ne s'intéresse plus qu'aux jeux vidéos et aux mangas) qui se retrouve lié à une série de meutres très sanglants perpétrés dans le quartier.
J'ai regardé complètement par hasard cet animé, et dès la première image, j'ai reconnu. J'ai déjà vu cet animé un jour (ce qui, vu le peu d'animés que j'ai vus et le nombre qu'il existe, est assez extraordinaire). Les lieux, les objets, les personnages m'ont vraiment marquée. Mais l'histoire... trou noir. Jusqu'au bout de l'animé, pas le moindre souvenir. C'est étrange, je me souvenais de tous les détails, mais rien des choses importantes.
L'animé est d'ailleurs finalement assez médiocre. Il y a des images très fortes, les plus violentes (l'animé est relativement soft à part ces quelques scènes). L'ambiance est très réussie... et l'histoire tombe un peu à plat. Au bout d'un moment, on n'y comprends plus grand chose, et pas mal de questions restent sans réponse alors que les éléments en ont été développés longuement, c'est dommage.

Le Christ aux Oliviers (Christophe Lidon, 2005)
L'Évangile selon Pilate (Christophe Lidon, 2005)

Je revois ces pièces avec grand plaisir, ces deux textes étant parmi les plus réussis d'Eric Emmanuel Schmidt (l'exercice était pourtant périlleux). Malgré tout, c'est la deuxième partie que je préfère. Jacques Weber est juste bien trop bon.

Otto, or up with dead people (Bruce Labruce, 2008)
C'est encore mon bon génie the Killer qui m'a retrouvé ce film de Bruce Labruce. Mais si, vous savez bien, le film avec des zombis homosexuels que j'avais vu aux Berlinales et que j'avais ADORÉ.
Je l'ai revu avec délectation. Il a beaucoup de défauts, c'est un film petit budget, c'est un peu trop de parti pris homosexuel... mais c'est super génial.

Battle Royale (Kinji Fukasaku, 2000)
Lors d'une discussion avec un ami, on a parlé de Battle Royale (il paraît que Hunger Game a tout pompé sur ce film). Du coup, envie irrépressible de le revoir et j'ai ressorti une énième fois mon DVD.
Le sinopsis est tellement simple qu'il fait rêver. Une classe de jeunes lycéens est balancée sur une île déserte. Chacun porte un collier métalique et recoit un sac avec du matériel de survie et une arme. Ils ont trois jours pour s'entretuer. Á la fin des trois jours, s'il reste plus d'un survivant, tous les colliers explosent.
Évidemment, c'est une écatombe. Il y a du sang partout et des jeunes filles en jupette qui se tirent dessus. Très japonais tout ca, délicieux.
Mais au delà, il y a aussi toute une peinture des caractères humains, chacun des trente élèves de cette classe ayant une psychologie bien spécifique. Et c'est donc une peinture de l'humanité que l'on a. L'histoire, un peu absurde, n'est qu'un prétexte.
On se demande pourquoi une histoire aussi simple et aussi efficace avait besoin d'une fin aussi bizarre et aussi compliquée. Cette fois-ci, je l'ai un peu mieux comprise que d'habitude, mais certaines choses me laissent encore perplexe. La japanisation de mon cerveau n'est pas encore tout à fait complète.

Moonrise Kingdom (Wes Anderson, 2012)
Aller voir Moonrise Kingdom au cinéma était mon cadeau d'anniversaire à un ami allemand. L'occasion de mettre les pieds au cinéma en dehors des Berlinale... Ca ne m'était pas arrivé depuis un moment.
J'avais déjà lu trop de critiques de blogs sur ce film, je préfère en général avoir un avis vierge sur les films avant de les voir. Je me dois de rendre raison à l'une des critiques que j'ai lues : c'est un très beau film, dans lequel l'histoire n'a qu'assez peu d'intérêt. Wes Anderson a un sens merveilleux du rythme et de la couleur. Les costumes sont parfaits, les maquillages sont parfaits, les décors sont parfaits, les plans sont parfaits. C'est presque trop parfait pour être vraiment vivant, c'est sans doute le seul défaut.
L'histoire est celle d'un film pour enfants. Je n'avais pas pensé une seule minute que film était un film pour enfants jusqu'à ce que je lise le billet d'un blogueur qui y avait emmné les siens... Je suppose juste que le film qu'il verront sera très différent de celui que je vois, parce qu'il est justement très riche et subtil.

Lost in Translation (Sofia Coppola, 2003)
Gros coup de foudre pour ce film. J'avais pourtant entendu des critiques tellement mitigées que je ne m'étais jamais décidée à le voir, ayant un certain a priori. Je pensais le film déprimant et un peu ennuyeux. Au final, c'est un film très drôle sur l'ennui (ce qui n'est pas la même chose). J'ai accroché à 100% sur l'humour de Sofia Coppola. Et puis c'est intelligent. Et puis ca se passe à Tokyo. Alors franchement : comment aurais-je pu ne pas aimer ce film ???
Ah, et puis aussi : j'aime Bill Murray d'amour et je veux l'épouser. Ou alors juste Bob Harry, je suis pas sûre.

Et après ?

Je vais finir déjà les quinze livres commencés, et on verra.

Pour les films, j'ai Virgin Suicide, Basic Instinct, 99 francs, Bu-dang-geo-rae, Wer wenn nicht wir et La ronde dans le collimateur...

Commentaires

Je demande qu'on me prête les deux pièces d'Eric Emmanuel Schmidt...

Écrit par : Maman | mercredi, 13 juin 2012

Oui. Et les pièces de Michel Duchaussoy ?

Écrit par : Lodi | vendredi, 15 juin 2012

Les commentaires sont fermés.