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lundi, 09 janvier 2012

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine passée ?

Entre la vie et la mort, Alexei Apoukhtine commence à la mort du narrateur.
Pendant les quelques heures qui suivent son décès, il continue à entendre et à voir ce qui se passe autour de son lit, tandis que son esprit s'ouvre petit à petit au souvenir de ses vies antérieures.
C'est une nouvelle vraiment sympathique, Les Thanatonautes version XIXème siècle.

Le tripot aux champs, Octave Mirbeau

La décadence de la campagne. Une description quelque peu défaitiste de la dégradation des moeurs, même loin de la ville.

Ah ! ce sont des messieurs, je vous assure, à qui il faut maintenant toutes les aises de la ville. Croiriez-vous qu’ils exigent de la viande à tous leurs repas ! oui, monsieur, à tous leurs repas ! On ne peut plus trouver un ouvrier, à l’heure présente, si on ne s’engage à le gaver de bœuf, de mouton, de volailles, d’un tas de bonnes choses, enfin, dont nous autres nous n’avons jamais eu l’idée. Si ça ne fait pas suer ! Je parie que bientôt ils exigeront du vin de Champagne ! Mon Dieu ! s’ils travaillaient encore, il n’y aurait que demi-mal. Mais va te faire fiche ! Ils arrivent à l’ouvrage à sept heures, monsieur, toujours mal en train, se plaignant de ceci, de cela, de tout. Pourtant ce n’est pas la besogne qu’ils font, bien sûr, qui les fatigue. Oh ! non. Je ne sais pas, en vérité ce que nos pauvres champs deviendront dans quelques années. Quand je pense à cela, voyez-vous, ça me fait presque pleurer. De notre temps, monsieur, nous mangions de la soupe toute la semaine, et puis, le dimanche, on se régalait d’un petit morceau de lard. Nous nous portions bien et nous étions alertes au travail. En été, dès trois heures dans les champs, nous rentrions avec le soleil couchant. Et nous étions heureux tout de même. Mais ce temps est passé et il ne reviendra plus.

Agronomie, Octave Mirbeau

Revoilà Monsieur Lechat, le héro de Les affaires sont les affaires, dans une narration. Rien de bien nouveau quand on connaît la pièce.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Le jardin des supplices, Octave Mirbeau

Le récit se découpe en deux chapitre. Le premier se trouve en littérature audio, et le deuxième... "la lecture du second est insoutenable : cent pages de descriptions de pourritures diverses, de cadavres, de scènes de luxure, d’agonies, d’horribles supplices, de tortures rappelant les camps de la mort… Les âmes « non sensibles » pourront consulter la version texte non enregistrée" nous dit le lecteur.
Je me suis cru une âme non-sensible, et j'ai entamé la deuxième partie. J'hésite encore et toujours à arrêter.

Ce fait lui-même est en soi intéressant : où se trouve la limite ?

J'ai deux souvenir de lecture semblable : Littel et Sade.
Dans les Bienveillantes de Littell, en tant que lecteur, on est pris d'une sorte de fascination de l'horreur. C'est un peu comme La mort est mon métier de Merle, en plus difficile. Dans La mort est mon métier, on se retrouve à l'intérieur d'un cerveau dont la méchanique est fascinante. Et terrifiante, évidemment. Chez Littell, c'est pareil, en plus horrible, à cause des descriptions dont certaines sont vraiment dures. Mais on reste dans une fascination un peu horrible : la mort, l'insceste, la scatologie, tout est lié. Mais c'est un peu trop. À la fin du livre, je n'arrivais pas à savoir si j'avais aimé ou pas.
Pour Sade, c'est différent. Je pense qu'on est plus proche de ce que j'éprouve pour Le jardin des supplices. J'ai lu quelques textes de Sade que j'aime bien, notamment Justine. J'aime beaucoup, c'est impertinent, c'est érotique, c'est ironique, on s'amuse. J'ai lu aussi La philosophie dans le boudoir. J'ai trouvé ca un peu moins drôle, et les arguments étaient un peu faiblards, mais ma foi, on restait dans le même ton : impertinent, provocateur. Même les scènes de violence, peu importe : nous sommes dans la fiction, et si les récits de fictions permettent de voir des gens mourir et se tuer, pourquoi pas se faire du mal ? D'autant que chez Sade, la douleur et le plaisir sont proches, donc oui : pourquoi pas. Mais tout à la fin de La philosophie dans le boudoir, la mère de la jeune fille qui vient de se faire dépuceler en règle par toute la compagnie arrive. Elle a tous les défauts du monde (prude, dévote...) donc elle mérite un châtiment. Soit. C'est alors qu'on fait venir un serviteur siphylitique qui la viole sans autre forme de procès. Et bien là : non. Je ne peux plus, je ne marche plus. Je ne sais pas où se trouve précisemment la limite, mais Sade vient de la franchir. Par la suite, j'ai lu des extraits des 100 jours de Sodome et Gomorrhe de Sade. Les extraits ont suffit à me faire comprendre que je n'avais nulle envie de lire ca.

Je pense pourtant que Le jardin des supplices est proche des 100 jours de Sodome et Gomorrhe. Le point de départ est cette fascination de l'horreur, mais on va trop loin. Ou reste la fascination ? Ce n'est plus que dégoûtant.
Mais je me demande si Ocatve Mirbeau ne le fait pas exprès. S'il ne prend pas, justement, la fascination de l'horreur au contre-pied. Mais bon, une fois que j'ai compris ca, faut-il continuer la lecture ? Je ne sais vraiment pas.
Pour le moment, je vais peut-être continuer.

En tous cas, pour écrire des choses pareilles, Mirbeau ne devrait vraiment pas aller bien.
Beurk.

Les derniers jours de Pompei, Buwler Lytton

Une histoire un peu niaise, mais ca m'aère le cerveau pendant la lecture du catalogue des horreurs.
Et puis on apprend pas mal de choses sur l'Antiquité et les ruines de Pompéi, c'est déjà ca.

Et après ?

J'avais complètement oublié que j'avais d'autres choses en cours avant les vacances : Wallenstein que je n'ai toujours pas fini, alors que le cours continue ; et Undine que j'avais laissé en plan honteusement alors que c'est tellement joli. Pour le cours sur Wallentsein, je dois aussi lire un texte théorique de Schiller pour la semaine prochaine et un autre pour la semaine d'après.
Puis je pourrai reprendre Lumière d'août qui est moins urgent mais que je veux finir quand même. Avant de continuer dans Octave Mirbeau qui ne m'a pas encore révélé toutes ses facettes...

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