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lundi, 02 janvier 2012

C'est lundi...

J'avais oublié...

... de mentionner que j'ai lu les deux premiers tomes de Bitter Virgin, de Kei Kusunoki, un manga offert par Manu pour Noel.

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine passée ?

Je n'ai pas du tout pu lire durant les cinq jours qu'on duré les rencontres européennes. Mais juste avant et juste après, je m'en suis donnée à coeur joie.

La mort du père Dugue, Octave Mirbeau

Le crapaud, Octave Mirbeau

Le diable et le bon Dieu, Sartre

Une vieille histoire d'amour pour cette pièce. De toutes facons, Sartre et moi, c'est pour la vie.
Comme pour peu de pièces, je suis à la fois fascinée par l'histoire et consciente qu'il me manque bien des clés pour la comprendre. Je pense que pour cette fois, mon bagage philosophique est insuffisant. Je devinne dans la "morale" de cette pièce de l'anti-Kant dont je ne comprends pas bien ni les tenants ni les aboutissants. Pourtant, je relis encore et encore.

HEINRICH
Ah non ! pas tous ! (Un temps) J'ai la foi, mon Dieu, j'ai la foi. Je ne commettrai pas le péché de désespoir : je suis infecté jusqu'aux moelles, mais je sais que tu me sauveras si tu l'as décidé. (À Goetz) Nous sommes tous également coupables, bâtard, nous méritons tous également l'Enfer, mais Dieu pardonne quand il lui plaît de pardonner.

GOETZ
Il ne me pardonnera pas malgré moi.

HEINRICH
Misérable fétu, comment peux-tu lutter contre sa miséricorde ? Comment lasseras-tu son infinie patience ? Il te prendre entre ses doigts s'il lui plaît, pour t'enlever jusqu'à son paradis ; il cassera d'un coup de pouce ta volonté mauvaise, il t'ouvrira les mâchoires, il te gavera de se bienveillance et tu te sentiras devenir bon malgré toi. Va ! Va brûler Worms, va saccager, va égorger ; tu perds ton temps et ta peine : un de ces jours, tu te retrouveras au purgatoire comme tout le monde.

L'Abbé Jules, Octave Mirbeau

Ce roman raconte sans prendre de gants l'histoire d'un prêtre, d'un homme aux émotions violentes. Jules est balancé sans cesse entre ses "mauvais" instincts et des élans d'enthousisme, entre l'incroyance et la croyance.

Je remarque un trait courant à tous les romans d'Octave Mirbeau. Tous ces romans ne trouvent leur aboutissement que dans la mort du héro (ce pourquoi le narrateur n'est jamais le vrai héro de l'histoire), une mort attroce, une agonie interminable et décrite longuement sans en omettre les détails triviaux peu glorieux, qui provoquent invariablement un certain malaise à la lecture. Malgré la grande admiration que j'ai pour ces récits, la fin en est si dure que je suis soulagée de les terminer...

Écoutez-moi : j’ai renié Dieu, et j’ai blasphémé son saint nom ; j’ai insulté aux douleurs du Christ, et j’ai outragé le ventre radieux, neuf fois immaculé, de la vierge Marie. J’ai méprisé ma mère, la créature sacrée dont je suis né, et j’ai haï les hommes, mes frères douloureux. J’ai menti, j’ai volé, j’ai repoussé du pied les infirmes et les pauvres, ces mélancoliques élus du ciel. Rêvant de criminels attentats, et la chair brûlée de concupiscences monstrueuses, sans remords, sans hésitation, je me suis approché de la Sainte Table, et j’ai donné au doux corps du Sauveur le lit fangeux d’une âme sacrilège… Enfin, j’ai désiré la femme de mon prochain, j’ai soufflé la débauche au cœur des jeunes filles, et, dans les champs, sous l’infini regard de Dieu, comme un bouc immonde, j’ai forniqué…
Il prononça ce dernier mot d’une voix forte et vibrante, et il se fit dans l’église un long chuchotement que dominèrent bientôt des bruits de chaises pudiquement remuées, des « hum ! hum ! » de toux effarées, se répondant d’un bout de la nef à l’autre. Le curé fut secoué au fond de sa stalle, comme par la commotion d’une décharge électrique ; et chose inexplicable, miraculeuse, l’orgue poussa un cri de détresse, qui parcourut la voûte, et vint mourir dans le chœur, au-dessus des diacres et des chantres consternés.
— J’ai forniqué ! répéta l’abbé Jules, de toutes ses forces. Et sa voix tonnait. Et il se frappait la poitrine avec rage ; et les manches de son surplis battaient autour de lui, ainsi que de grandes ailes affolées.
Alors, il reprit, une par une, ses fautes passées, les étala avec une impitoyable dureté, vida le fond de son cœur de toutes les pensées perverses, de toutes les secrètes hontes dont il s’était sali. Devant le spectacle de cet homme, qui, pareil aux anciens chercheurs de martyre, se flagellait, se déchirait, écartait, avec ses doigts, les plaies ruisselantes, éparpillait, sous la terreur des coups volontaires, les lambeaux de sa chair et les gouttes de son sang, les fidèles, d’abord étonnés, gênés par la violence des mots et la crudité biblique des aveux, éprouvèrent ensuite un singulier malaise qui les bouleversa. Une angoisse leur serrait la gorge, une souffrance inconnue leur brisait l’estomac ; ils avaient une sensation, atroce et nouvelle, la sensation qui vous saisit à regarder un gymnaste, évoluant, dans le vide, sur un trapèze, au-dessus d’un abîme… Quelque chose comme le choc en retour du vertige de la mort. Deux femmes, très pâles, se soutenant péniblement aux bourreaux des chaises, sortirent presque défaillantes ; une autre cria en se bouchant les oreilles :
— Assez !… Assez !

Fables, Esope

J'avoue avoir une préférence pour la version de Lafontaine de certaines de ces Fables. Mais c'est tout de même une lecture intéressante que de se plonger dans l'origine de ce qui a donné lieu à bien des proverbes, et aussi bien des maximes de vie...

De l’Avare et de l’Envieux.
Jupiter voulant connaître à fond les sentiments des hommes, envoya Apollon sur la terre pour sonder leurs inclinations. Il rencontra d’abord un Avare et un Envieux. Il leur dit de la part de Jupiter qu’il avait ordre de leur accorder tout ce qu’ils lui demanderaient, à condition que le second aurait le double de ce que le premier aurait demandé. Cette circonstance fut cause que l’Avare ne put jamais se résoudre à rien demander, dans l’appréhension qu’il eut que l’autre ne fût mieux partagé que lui ; mais l’Envieux demanda qu’on lui arrachât un oeil, afin qu’on arrachât les deux yeux de l’Avare, selon les conventions d’Apollon.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Le jardin des supplices, Octave Mirbeau

Lumière d'août, Faulkner

Un livre que j'avais lu il y a bien bien longtemps, et dont je pensais ne me souvenir de rien. Mais dès les premières lignes, des pans entiers de l'histoire me sont revenus, et au fur et à mesure de la lecture, les détails de ce qui va suivre me reviennent.
Je pense que j'avais été très impressionnée par cette histoire très bizarre et saumatre...

Qu'est-ce que je vais lire après ?

Je continue avec Mirbeau.

J'ai une nouvelle russe en attente et Les derniers jours de Pompei qui devraient m'occuper un petit moment.

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