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lundi, 14 novembre 2011

C'est lundi...

Cette fois-ci, je m'y prends au bout d'une semaine, ce qui rend la liste moins impressionnante...

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine dernière ?

Louis Dumoulin, Peintre des colonies, Michel Loirette dont voici mon commentaire pour les Agents Littéraires

 

Qui connaît Louis Dumoulin ? Sans doute pas grand monde. Cet intime de Verlaine, ami de Van Gogh et de Jules Verne, « peintre des colonies » a à peu près disparu des livres d'Histoire de l'Art. Personne ne s'intéresse plus à l'orientalisme un peu suspect du XIXème. Suspect, parce qu'il y reigne un colonialisme non dissimulé, et que le colonialisme, tout le monde le sait, c'est le mal.

 

Pour ma part, j'ai été ravie de retrouver parmi les personnages principaux de ce récit l'une des mes récentes découverte littéraire, Pierre Loti, cet auteur de « roman à l'eau de rose qui a eu ses heures de succès auprès des vieilles dames » (dixit le libraire de la librairie française du coin, lorsque je suis venue lui demander il y a un an s'il avait du Pierre Loti en stock). J'aime les retrouvailles fortuites au gré des lectures, et même si le style un peu précieux de Pierre Loti m'avait alors peu convaincue, j'ai été heureuse de mieux apprendre à connaître cet auteur fantasque, et suivre ses pérégrinations dans le désert egyptien m'a donné envie de lire à nouveau quelque chose de lui. Cette lecture prendra un tout nouvel éclairage.

 

J'ai dit que j'aimais les retrouvailles fortuites. J'aime aussi joindre l'utile à l'agréable. De ce point de vue, je ne pouvais qu'être amplement contentée par cette « biographie romancée ». L'auteur, Michel Loirette, après de nombreuses recherches, s'est trouvé en possession de trop peu de matériel pour écrire un ouvrage scientifique ou une biographie dans les règles de l'art. Ne voulant pas pour autant lâcher complètement son sujet, il a choisi ce style romancé, libre et, finalement, très personnel. Tant mieux pour nous.

 

Ni biographie, donc, ni roman historique, nous suivons Louis Dumoulin de janvier 1886 (le jour où il claqua la porte de l'atelier de son Maître) à l'Exposition Universelle de 1990 (pour laquelle il réalisa une fresque monumentale, le Tour du Monde). Nous revivons ainsi avec lui les débuts et l'apogée de « Monsieur l'Artiste ».

 

« Je ne me suis jamais considéré comme un génie, tout au plus comme un artiste compétent. » Ces mots que Michel Loirette place dans la bouche de Louis Dumoulin, il semble les avoir fait siens.
Sans se lancer dans la grande Littérature, il nous livre un roman bien ficelé, agréable à lire et très documenté. Lui aussi est sans nulle doute un « artiste compétent ».

- C'est affreux ce que vous me dites là ! Si j'ai bien compris, vous avez volontairement tiré un trait sur votre génie pour de l'argent ! Pour de simples toiles de fond destinées à des expositions mercantiles !
- D'abord, je ne me suis jamais considéré comme un génie, tout au plus comme un simple artiste compétent qui connaissait toutes les ficelles de son métier. Mais ces commandes de grande envergure me donnent de l'aisance, de la liberté pour peindre comme je l'entends, sans me soucier des contingences matérielles. N'est-ce pas le plus important ?
- Peut-être pour vous, mais cela manque cruellement de romantisme. Ce n'est pas la vie de bohème des artistes, si étrange et fascinante que je me plaisais à imaginer.
- Le romantisme, la bohème, je m'en contrefiche. J'ai trop bien connu ces peintres, ces poètes qui tiraient le diable par la queue, vivaient dans des soupentes ou dans d'infâmes garnies. La misère n'est jamais fascinante. Elle est sordide, malsaine, ignoble. Je pense à Paul Verlaine qui malgré son génie mourut dans une pauvreté que l'on a du mal à croire, et à Van Gogh que j'aimais tant et qui mis fin à ses jours à Auvers-sur-Oise, sans qu'un marchand de tableaux daigne s'intéresser à lui.

 

Les liaisons dangereuses, Pierre Cholderlos de Laclos que j'adore toujours et encore.

Laquelle des deux, Theophile Gautier

La mort de Georges Sand, Dostoievski

La Convention de 93, en envoyant un diplôme de citoyen au poète allemand Schiller, l’ami de l’Humanité, a, certes, accompli un bel acte, imposant et même prophétique ; mais elle ne soupçonnait même pas qu’à l’autre bout de l’Europe, dans la Russie barbare, l’œuvre de ce même Schiller a été bien plus répandue, naturalisée, en quelque sorte, qu’en France, non seulement à l’époque, mais encore plus tard, au cours de tout ce siècle. Schiller, citoyen français et ami de l’Humanité, n’a été connu en France que des professeurs de littérature et encore pas de tous, — d’une élite seulement. Chez nous, il a profondément influé sur l’âme russe, avec Joukovski, et il y a laissé des traces de son influence ; il a marqué une période dans les annales de notre développement intellectuel. Cette participation du Russe aux apports de la littérature universelle est un phénomène que l’on ne constate presque jamais au même degré chez les hommes des autres races, à quelque période que ce soit de l’histoire du monde ; et si cette aptitude constitue vraiment une particularité nationale, russe, bien à nous, quel patriotisme ombrageux, quel chauvinisme s’arrogera le droit de se révolter contre un pareil phénomène, et ne voudra, en contraire, y voir la plus belle promesse pour nos destinées futures.

Oh, certes, il se trouvera des gens pour sourire de l’importance que j’attribue à l’action de George Sand, mais les moqueurs auront tort.

Bon, ok, ca va, ca va, je vais lire du Georges Sand...

La mort de Balzac, Octave Mirbeau

Donc c'est officiel: Octave Mirbeau est mon nouvel amour.

Ce qui intéresse Octave Mirbeau chez Balzac, ce n'est ni son oeuvre, ni son talent. Non, Octave Mirbeau aime l'humain, le très très humain, le scabreux, les odeurs, les détails. Balzac pue, et Octave Mirbeau s'en donne à coeur joie.
Pourtant, sous ces détails prosaiques, on sent l'admiration inconditionnelle de Mirbeau pour l'oeuvre de cet auteur génial et infatiguable. Mais ce n'est pas ce qui l'intéresse.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Wallenstein, Schiller était l'oeuvre au programme de ma première année de prépa. Autant dire que, incapable d'alligner trois mots d'allemand, j'étais absolument hors d'état de lire une trilogie en vers du XVIIIème siècle (saupoudrée de dialecte souabe qui plus est).
En début de semestre, j'ai vu qu'il y aurait un cours sur Wallenstein. Et comme j'ai malgré tout gardé un souvenir très fort de cette oeuvre (comme de tout ce que j'ai lu de Schiller - génial), j'ai eu envie de me reprendre au jeu. On est déjà à la troisième semaine de cours, c'est vrai, mais ce n'est que maintenant que je me décide à lire la trilogie en entier.
Il y a bien des passages qui m'échappent. Et la lecture des vers demande un certain effort de concentration. Mais ca passe à peu près.

Je PEUX lire du Schiller en VO.
Ces quatre années n'auront pas été en vain.

Histoire de la Prusse, Michel Kerautret

Les vingt-et-un jours d'un neurasténique, Octave Mirbeau

Jubile jubile jubile !

» – Mon cher monsieur, me dit-il, après un geste de condescendance un peu hautaine, je suis l’inventeur d’un nouveau mode de reproduction humaine.

 

» – Ah !

 

» – Oui… Cela s’appelle la Stellogenèse… C’est un genre de conception qui me tient fort à cœur… Je ne puis me faire à l’idée que moi… Clara Fistule… je sois engendré de la bestialité d’un homme et des complaisances prostitutionnelles d’une femme… Aussi, je n’ai jamais voulu reconnaître pour tels les deux abjectes créatures que la loi civile appelle : mes parents.

 

» – Cela vous honore, approuvai-je…

 

» – N’est-ce pas ?… Voyons, cher monsieur, il n’est pas admissible qu’un être d’intelligence, comme je suis, qu’un être tout âme, comme je suis, qu’un être enfin assez supérieur pour n’avoir gardé du corps humain que les strictes apparences nécessaires, hélas ! à un état social aussi imparfait que le nôtre, il n’est pas admissible, dis-je, qu’un tel être soit sorti des organes hideux qui, pour être des instruments d’amour, n’en sont pas moins des vomitoires de déjections… Si j’étais certain d’avoir dû la vie à une telle combinaison d’horreurs, je ne voudrais pas survivre un seul instant à ce déshonneur originel… Mais je crois que je suis né d’une étoile…

 

» – Je le crois aussi…

 

» – Je le crois d’autant plus que, la nuit, quelquefois, dans ma chambre, je répands autour de moi une clarté singulière…

 

» – Mes compliments…

Qu'est-ce que je vais lire après ?

Hum... du Octave Mirbeau ?

 

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