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lundi, 07 novembre 2011

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu les cinq semaines dernières ?

Non ??? Cinq semaines déjà ?

Emile ou L'Education, Jean-Jacques Rousseau

J'ai été très surprise par les idées de Rousseau concernant l'éducation. Je m'étonne que quelqu'un qui a des idées presque montessoriennes sur l'éducation du garcon puisse avoir des idées aussi obtues sur l'éducation des filles.

Malgré cela, sans doute, il faudra le guider un peu ; mais très peu, sans qu’il y paraisse. S’il se trompe laissez-le faire ne corrigez point ses erreurs, attendez en silence qu’il soit en état de les voir & de les corriger lui-même ; ou tout au plus, dans une occasion favorable, amenez quelque opération qui les lui fasse sentir. S’il ne se trompoit jamais, il n’apprendroit pas si bien. Au reste, il ne s’agit pas qu’il sache exactement la topographie du pays, mais le moyen de s’en instruire ; peu importe qu’il ait des cartes dans la tête, pourvu qu’il conçoive bien ce qu’elles représentent, & qu’il ait une idée nette de l’art qui sert à les dresser. Voyez déjà la différence qu’il y a du savoir de vos élèves à l’ignorance du mien ! Ils savent les cartes, & lui les fait. Voici de nouveaux ornements pour sa chambre.

Dix contes de loups, Jean Paul Bladé

Des contes d'animaux dans la tradition du genre. Ou comment l'escargot se vengea du loup.

À propos de Baudelaire, Proust

Une belle étude des vers de Baudelaire. Il y est aussi beaucoup question d'autres poètes.
Proust cite les vers "de tête". D'ailleurs il est alité, malade, il n'a pas le courage de faire une étude structurée. J'aimerais bâcler les choses comme lui.

L’émotion est accrue encore quand on apprend que ces pièces n’étaient pas là seulement au même titre que les autres, mais que pour Baudelaire elles étaient tellement les pièces capitales qu’il voulait d’abord appeler tout le volume non pas les Fleurs du Mal, mais les Lesbiennes, et que le titre beaucoup plus juste et plus général de Fleurs du Mal, ce titre que nous ne pouvons plus désintégrer aujourd’hui de l’histoire de la Littérature française, ne fut pas trouvé par Baudelaire mais lui fut fourni par Babou. Il n’est pas seulement meilleur. S’étendant à autre chose qu’aux lesbiennes, il ne les exclut pas puisqu’elles sont essentiellement, selon la conception esthétique et morale de Baudelaire, des Fleurs du Mal. Comment a-t-il pu s’intéresser si particulièrement aux lesbiennes que d’aller jusqu’à vouloir donner leur nom comme titre à tout son splendide ouvrage ? Quand Vigny, irrité contre la femme, l’a expliquée par les mystères de l’allaitement

Il rêvera loujpurs à la chaleur du sein,

 

par la physiologie particulière à la femme

 

Enfant malade et douze fois impur,

par sa psychologie

 

Toujours ce compagnon dont le cœur n’est pas sûr,

 

on comprend que dans son amour déçu et jaloux il ait écrit : « la Femme aura Gomorrhe et l’Homme aura Sodome ». Mais du moins c’est en irréconciliables ennemis qu’il les pose loin l’un de l’autre :

 

Et se jetant de loin un regard irrité.
Les deux sexes mourront chacun de son côté.

 

Il n’en est nullement de même pour Baudelaire :

 

Car Lesbos entre tous m’a choisi sur la terre
Pour chanter le secret de ses vierges en fleurs
Et je fus dès l’enfance admis au noir mystère

Désolée, hein, mais vraiment cet extrait est trop intéressant quand on connaît un peu Proust pour que j'aie pu me résoudre à en choisir un autre...

La légende de l'homme à la cervelle d'or, Alphonse Daudet

Le titre en dit long. Mais prenez garde, vous qui ne pouvez pas penser à Daudet sans voir Fernandel souriant devant vous (bref: moi), que Daudet n'écrit pas que des choses gaies.

Les bouches inutiles, Octave Mirbeau

Je ne sais pas comment je suis tombée sur cette nouvelle, mais je me pâme. C'est tellement trop beau comme histoire que je vais me dépêcher de retrouver du Octave Mirbeau.

- Qué qu'tu veux, mon homme !... Quand tu seras là à te désoler pendant des heures !... Tout a une fin sur c'te terre... T'es vieux comme le pont de la Bernache... t'as près de quatre-vingts ans... t'as les reins noués, quasiment une vieille trogne d'orme... Faut t'faire une raison... repose-toi...
Et ce soir-là elle ne lui donna pas à manger.
Quand il vit que le pain et le pot de boisson n'étaient pas sur la table selon la coutume, le père François eut froid au coeur. Il dit d'une voix tremblante, d'une voix humiliée et qui implorait :
- J'ai faim... ma femme... j'voudrais ben ma p'tite croûte...
Alors elle répondit, sans colère :
- T'as faim !... t'as faim... c'est un malheur, mon pauv' vieux... et j'y peux ren... Quand on ne travaille pas..., on n'a pas le droit de manger... il faut gagner le pain qu'on mange... Est-ce vrai ça ?... Un homme qui ne travaille pas, c'est pas un homme... c'est pus ren de ren... c'est pire qu'une pierre dans un jardin... c'est pire qu'un arbre mort contre un mur...

Ida, Alphonse Allais

Là encore, je sais pas comment je suis tombée là-dessus. Je crois que c'est nom Ida qui m#a donné envie. C'était sympa, très frais. Ca se mange sans faim.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

— Qu’est-ce que tu as fait, hier, ma petite Ida ?
— J’ai posé chez Jacquet.
— Ah !… Et qu’est-ce qu’il fait, Jacquet, en ce moment ?
— Une aquarelle épatante. Ça se passe sous Louis XIII… Je ne vous dis que ça !
— Fiche-moi la paix, avec ton Jacquet !… On sait comme il les fait, ses aquarelles !… C’est du propre !
— Quoi donc ?
— Non, c’est trop grave, je ne puis pas te le dire… Si ça venait à se savoir, il serait fichu, ton Jacquet, ce Jacquet dont tu fais ton Dieu !
— Je vous prie, racontez-moi cela.
— Tu me promets de n’en parler à personne ?
— Je vous le jure.
— Eh bien ! Jacquet met de l’eau dans ses aquarelles, tu entends, Ida ? Il met de l’eau dans ses aquarelles. Faut être rudement cochon tout de même.
— Ah !… Et vous en êtes sûr ?

La Guerre des Boutons, Louis Pergaud

Vous pensez qu'il n'y a rien de plus réussi au monde, de plus frais et de plus vrai que la version en noir et blanc des aventures de Lebrac et du P'tit Gibus ? Détrompez-vous. Il y a la version papier, et elle dépote. C'était tellement bien, je pleurais de l'avoir terminée, dites.

 

 

 

 

 

Tel qui s’esjouit à lire Rabelais, ce grand et vrai génie français, accueillera, je crois, avec plaisir, ce livre qui, malgré son titre, ne s’adresse ni aux petits enfants, ni aux jeunes pucelles.
Foin des pudeurs (toutes verbales) d’un temps châtré qui, sous leur hypocrite manteau, ne fleurent trop souvent que la névrose et le poison ! Et foin aussi des purs latins : je suis un Celte.
C’est pourquoi j’ai voulu faire un livre sain, qui fût à la fois gaulois, épique et rabelaisien ; un livre où coulât la sève, la vie, l’enthousiasme ; et ce rire, ce grand rire joyeux qui devait secouer les tripes de nos pères : beuveurs très illustres ou goutteux très précieux.
Aussi n’ai-je point craint l’expression crue, à condition qu’elle fût savoureuse, ni le geste leste pourvu qu’il fût épique.
J’ai voulu restituer un instant de ma vie d’enfant, de notre vie enthousiaste et brutale de vigoureux sauvageons dans ce qu’elle eut de franc et d’héroïque, c’est-à-dire libérée des hypocrisies de la famille et de l’école.
On conçoit qu’il eût été impossible, pour un tel sujet, de s’en tenir au seul vocabulaire de Racine.
Le souci de la sincérité serait mon prétexte, si je voulais me faire pardonner les mots hardis et les expressions violemment colorées de mes héros. Mais personne n’est obligé de me lire. Et après cette préface et l’épigraphe de Rabelais adornant la couverture, je ne reconnais à nul caïman, laïque ou religieux, en mal de morales plus ou moins dégoûtantes, le droit de se plaindre.
Au demeurant, et c’est ma meilleure excuse, j’ai conçu ce livre dans la joie, je l’ai écrit avec volupté, il a amusé quelques amis et fait rire mon éditeur : j’ai le droit d’espérer qu’il plaira aux « hommes de bonne volonté » selon l’évangile de Jésus et pour ce qui est du reste, comme dit Lebrac, un de mes héros, je m’en fous.

En plus, ce que j'aimais le moins dans le film, c'était la fin. Et bingo: elle n'a rien à voir avec celle du roman. Si j'aurais su...

Schlagschatten (Revenants), Paul Auster

Évidemment, je n'avais jamais rien lu de Paul Auster (la honte). Et évidemment, dans ma parfaite ignorance, je me suis débrouillée pour tomber justement sur le deuxième volet d'une trilogie (genre ni le début, ni la fin, pile celui qu'on peut pas lire tout seul). Mais en fait c'est pas grave, je m'en suis même pas rendu compte.

L'histoire commence comme un polar. Ca tombait mal, puisque j'aime pas les polards (enfin, pas trop). Et puis j'ai très vite compris que cette histoire de détective avec une enquête sans objet, allait chercher autre chose que la résolution d'une énigme. Ou alors, justement, la résolution d'une énigme.

Bienvenue chez Kafka. Au milieu des gratte-ciel.

Yolande, Louise Colet

Médecine et Philosophie, Anne Fayot-Largeault

J'avais commandé ce livre au Papa Noel de l'an dernier suite à une interview d'Anna Fayot sur le site de l'Académie à propos de la bioéthique. J'avais trouvé son discours passionant, érudit et très neutre. Justement sur des sujets où je préfère qu'on me laisse trancher moi-même, c'était exactement ce que je cherchais.

Je me suis un peu forcée à ne pas me restreindre aux articles qui m'intéressait, mais à parcourir le livre en entier.
C'était souvent un peu compliqué, mais très instructif. Évidemment, les théories de diagnostique bayésiennes, je n'ai pas besoin de les maîtriser sur le bout des doigts. Mais instructif tout de même.

Quant aux questions un peu plus poignantes, sur l'embryon, les personnes en fin de vie, la question d'éthique... Anne Fagot donne, que je le disais, une approche très neutre et très érudite de la question. Elle m'a ouvert des pistes de réflexion inépuisables. C'est vraiment intéressant de voir à quel point tout est lié en médecin: le problème posé par les bébé-éprouvette est indissociable de celui de l'avortement, celui du don d'organe de l'euthanasie, etc.

À l'économiste Alan Maynard qui défendait les QALYS [quality-adjusted life year], expliquant qu'il serait irrationnel de mettre sous dialyse un vieillard cacochyme et de laisser mourir à côté de lui un homme jeune chargé de famille, le philosophe John Harris répondit que le calcul des QALYS était peut-être rationnel mais qu'il était injuste, qu'il entraînait une discrimination systématique contre les plus vieux et les plus faibles, et que, s'il fallait choisir l'un des deux candidats, mieux valait le tirer au sort.
Deux rationalités s'opposent ici. Elles rejoignent deux grandes traditions de philosophie morale : d'un côté la tradition "téléologique" (J. S: Mill, reprenant la problématique aristotélicienne du Souverain Bien) , de l'autre, la tradition "déontologique" (I. Kant, qui refuse de dériver la loi morale d'une notion de Bien).

D'ailleurs, Anne Fayot m'a vraiment fait découvrir Kant. Je commence à peu près à saisir ses idées. Je trouve tous ces débats très intéressants, et j'aimerais vraiment avoir plus de clés en main pour prendre le recul philosophique nécessaire dessus. Parce que dire "tout le monde à raison", c'est pas mal, mais savoir pourquoi deux opinions contraires ont raison chacune de leur côté, c'est mieux.

Qu'en pensez-vous ? Diderot

Le portrait de Monsieur W. H., Oscar Wilde

Après Proust et les Fleurs du Mal de Baudelaire, voici Oscar Wilde et Les sonnets de Shakespeare. Sous forme de roman tout de même. Mais si je connais mal Baudelaire, je ne connais rien de rien à Shakespeare (surtout sa poésie, vous imaginez...).

J'aimerais bien savoir où Wilde voulait en venir avec cette histoire (cela dit, Wikipedia est mon ami). Si un étudiant en Littérature anglaise passe par là, je peux lui déclarer que je ressens un sujet d'étude croisée entre les Sonnets de Shakespeare et ce portrait d'Oscar Wilde comme le plus génial sujet de thèse qu'il puisse trouver.
En toute subjectivité, parce que j'adore Oscar Wilde.

Nietotschka Nezanova, Dostoievsky

Oeuvre (inachevée) fabuleuse dont je suis surprise qu'elle soit si peu connue. Sept chapitres, chacun tellement abouti qu'il est un roman à lui tout seul. Sept chapitre au bout desquels nous n'arrivons qu'au seize ans de l'héroine, Nietotschka.
Nietotschka, une sorte de Jane Eyre russe. Mais plus sombre, plus vraie aussi.

Il connaissait tous les violonistes de Pétersbourg, et, à son avis, pas un seul ne pouvait rivaliser avec lui. Les amateurs et les dilettantes, qui connaissaient le malheureux fou, aimaient à citer devant lui tel violoniste célèbre, afin de le forcer à parler à son tour. Ils savouraient sa méchanceté, ses remarques judicieuses, ses mots caustiques et spirituels, lorsqu’il critiquait le jeu de ses rivaux imaginaires. Souvent on ne le comprenait pas, mais en revanche on était sûr que personne au monde ne savait si habilement présenter une si bonne caricature des célébrités musicales contemporaines. Les artistes mêmes dont il se moquait le craignaient un peu, car ils connaissaient sa méchante langue et avaient aussi conscience de la justesse de ses attaques et de la sûreté de ses jugements. On s’était habitué à le voir dans les couloirs et les coulisses du théâtre. Les employés le laissaient passer sans aucune difficulté, comme un personnage nécessaire, et il était devenu une sorte de Thersite.

Herr und Knecht ("Maître et Serviteur"), Tolstoj

De quoi de quoi ? Une nouvelle de Tolstoi qui m'avait échappé ? Vite, vite !

On ressent tout plein d'échos d'autres nouvelle dans cette histoire, celle d'un maître et de son moudjik, perdus dans la forêt. Qui est maître et qui est serviteur ? Des multitudes de lectures sont possibles.
Encore une réflexion sur la mort "à la Tolstoi". Encore, encore !

L'enlèvement de la redoute, Mérimée

En pleine lecture de Guerre et Paix, passer dans l'autre camp est intéressant. Et pas très dépaysan.

Krieg und Frieden (Guerre et Paix), Tolstoj

J'Y SUIS ARRIVÉE !!!

Ouf.

Roman monstrueux sur les guerres napoléoniennes, sur les destins croisés de trois ou quatre (ou cinq... heu six ?) familles de la noblesse russe, les amours, les amitiés, les morts, les racontards, la gloire, les bonnes intentions (Tolstoi aurait dû appeler son roman Les hommes de bonne volonté... ah oui, quelqu'un d'autre y a pensé...).

C'est bien mais... c'est long. On décroche un peu parfois. Mais non, c'est super.

Dans le verset 18 du chapitre, 13, il est dit : « Ici est la sagesse : que celui qui a de l’intelligence compte le nombre de la Bête, car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six. » Et au verset 5 du même chapitre : « Et il lui fut donné une bouche qui proférait de grandes choses et des blasphèmes, et il lui fut aussi donné le pouvoir d’accomplir quarante-deux mois. »

 

En appliquant les lettres françaises au calcul hébraïque, en donnant aux dix premières la valeur d’unités, et aux autres celle de dizaine :

 

a b c d e f g h i k l m n o 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 p q r s t u v w x y z 60 70 80 90 100 110 120 130 140 150 160

 

on obtenait, en écrivant d’après cette clef, ces deux mots : « L’Empereur Napoléon, » et, en additionnant le total, le chiffre 666 ; Napoléon était par conséquent la Bête dont parle l’Apocalypse. Ensuite la somme du chiffre quarante-deux, limite indiquée à son pouvoir, équivalait de nouveau, en suivant ce système, au même nombre 666, ce qui indiquait que l’année 1812, la quarante-deuxième de son âge, serait la dernière de sa puissance. Cette prophétie avait frappé l’imagination de Pierre : souvent il cherchait à deviner ce qui mettrait un terme à la puissance de la Bête, autrement dit de Napoléon, et il s’ingéniait même à découvrir dans les différentes combinaisons de ces nombres une réponse à cette mystérieuse question. Il essaya d’y arriver en les combinant avec« l’Empereur Alexandre » ou« la nation russe », mais l’addition de leurs lettres ne donnait plus le nombre fatal. Un jour qu’il travaillait, toujours sans résultat, sur son propre nom, en en changeant l’orthographe, et en en supprimant le titre, l’idée lui vint enfin que, dans une prophétie de ce genre, l’indication de sa nationalité devait y trouver place, mais il n’obtînt encore une fois que le numéro 671, 5 de trop ; le 5 figurait la lettre« e » : il la supprima dans l’article, et alors son émotion fut profonde lorsque, écrit de la sorte, l’Russe Bésuhof, son nom lui donna exactement le nombre 666.

Comment, et pourquoi se trouvait-il ainsi rattaché au grand événement annoncé par l’Apocalypse ? … Bien qu’il n’y pût rien comprendre, il n’en douta pas un seul instant !

Qu'est-ce que les Lumières ? Kant

Un citoyen ne peut refuser de payer les impôts dont il est frappé ; on peut même punir comme un scandale (qui pourrait occasionner des résistances générales) un blâme intempestif des droits qui doivent être acquittés par lui. Mais pourtant il ne manque pas à son devoir de citoyen en publiant, à titre de savant, sa façon de penser sur l'inconve­nance ou même l'iniquité de ces impositions. De même un ec­clésiastique est obligé de suivre, en s'adressant aux élèves aux­quels il enseigne le catéchisme, ou à ses paroissiens, le symbole de l'Église qu'il sert ; car il n'a été nommé qu'à cette condition. Mais, comme savant, il a toute liberté, et c'est même sa voca­tion, de communiquer au public toutes les pensées qu'un exa­men sévère et consciencieux lui a suggérées sur les vices de ce symbole, ainsi que ses projets d'amélioration touchant les choses de la religion et de l'Église. Il n'y a rien là d'ailleurs qui puisse être un fardeau pour sa conscience. Car ce qu'il enseigne en vertu de sa charge, comme fonctionnaire de l'Église, il ne le présente pas comme quelque chose sur quoi il ait la libre fa­culté d'enseigner ce qui lui paraît bon, mais comme ce qu'il a la mission d'exposer d'après l'ordre et au nom d'autrui. Il dira : notre Église enseigne ceci ou cela ; voilà les preuves dont elle se sert. Il montrera alors toute l'utilité pratique que ses pa­roissiens peuvent retirer d'institutions auxquelles il ne souscri­rait pas lui-même avec une entière conviction, mais qu'il peut néanmoins s'engager à exposer, parce qu'il n'est pas du tout im­possible qu'il n'y ait là quelque vérité cachée, et que dans tous les cas du moins on n'y trouve rien de contraire à la reli­gion intérieure.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Louis Dumoulin, peintre des colonies, Michel Loirette

Un nouveau livre envoyé par les agents littéraires. Palpitant.

Undine, Friedrich de la Motte Fouqué

Un roman romantique jusqu'à la moelle épinière, que j'ai "lu" en Licence (comprendre = que j'ai parcouru des yeux et reposé en soupirant "j'y comprends rien"). Avec un peu plus de facilité dans la langue, je découvre ce récit magnifique. Tout est beau, chaque mot, chaque virgule.

Les liaisons dangereuses, Pierre Choderlos de Laclos

J'adooooore les Liaisons Dangereuses. Je suis ravie de relire ce roman.

Qu'est-ce que je vais lire après ?

Une histoire de la Prusse.

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