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samedi, 01 octobre 2011

HPSG

Malheureusement, quand on fait de la linguistique, on n'a pas le choix, il faut choisir son camp. On ne peut pas faire de la linguistique "juste comme ca", sans décider si l'on se place dans un cadre fonctionaliste, générativiste, constructioniste et j'en passe.
Ceux qui font de la linguistique "juste comme ca" sont en général des minimalistes. Donc ils ont choisi leur camp aussi.
Nous nous amusons souvent entre étudiants à nous moquer de ces querelles de clocher et à rentrer nos professeurs dans la bonne case. Tous sont générativistes (ca va sans dire, il faut vraiment aller faire ses études à la Sorbonne pour tomber sur des disciples de Saussure - quelle bande d'arriérés), Indiana est minimaliste corps et âme, le Fou est sans aucun doute adepte de la GB "vielle école", Chien-Chien, honte à lui, est en train de se convertir constructioniste (Indiana va-t-il l'assassiner quand il se rendra compte que son confrère est en train de basculer du côté obscur de la force ?).
Konfus, lui, ne jure que par la HPSG. C'est d'ailleurs un des grands spécialistes mondiaux actuels de la HPSG, son nom est omniprésent dans la littérature sur le sujet, ainsi que celui de ses assistants (Konfus Junior, évidemment, et une assistante que je connais pas, mais qui bosse dans le même bureau et dont le nom reviens sans cesse quand je fais des recherches).
 
Pour ma part, écrivant sous la direction de Konfus, j'ai été embrigadée d'office sous la bannière de la HPSG. Et vu que je suis bien partie pour avoir Konfus Junior comme second correcteur (ca, c'est encore une longue histoire... passons), je n'ai pas intérêt à me montrer trop critique envers la théorie.
 
Mais ca veut dire quoi HPSG ?
HPSG : Head-driven Phrase Structure Grammar.
 
D'où ca sort, ce truc ?
La HPSG est une théorie (cela dit très intéressante) développée dans les années 90. Ses deux papas, Pollard et Sag, avaient commencé à lancer quelques idées originales à la fin des années 80, qu'ils ont retravaillées, corrigées et développées avant de publier un bouquin (intitulé "HPSG", au moins c'était simple) en 1994, LA Bible de la HPSG.
Plein de gens ont été emballés par l'idée et ont continué la théorie en la poussant dans plein de directions. (Nous sommes d'accord que quand je dis "plein de gens", je parle de linguistes et que le "plein" est donc très très très relatif).

Et quel est le but de la théorie ?
Comme beaucoup de théories générativistes, elle donne une méthode, une logique, une notation, etc. qui permet de parser des phrases. Et elle se place dans la UG (Universal Grammar), c'est à dire qu'elle donne une méthode adaptable à toutes les langues. Adaptable en théorie, évidemment. C'est LA grande discussion dans ce genre de théorie, des méchants anti-théorie sortent des phrases en langue du Bouthan occidental du XIIIème siècle avant JC et essayent de montrer que la theorie n'est pas applicable dans le cas d'une phrase précise que personne n'a jamais prononcée mais qui est théoriquement possible. Et les gentils pro-théorie démontrent que SI SI, ca marche très bien quand même.

Mais heu... ca veut dire quoi "parser une phrase" ?
Le parsing, c'est en gros une analyse.
Lorsque ma soeurette d'amour donne à ses CE2 une phrase ("Le fermier a donné un petit cochon à son fils.") et qu'elle leur demande de colorier en vert le verbe, en rouge le sujet, en bleu le COD et en jaune le COI, elle leur demande de faire du parsing.
Moi, c'est pareil. Je prends une phrase en hongrois et je demande à mon ordinateur de faire du parsing sur cette phrase. Sauf que je ne lui demande pas de colorier en vert, je lui demande de me donner un AVM.

Ca ressemble à quoi un AVM ?
AVM, ca veut dire Attribute-Value Matrix.
Donc ca ressemble à une matrice. Dans cette matrice, il y a des attributs auxquels ont donne une valeur (attribute-value matrix, donc).

Donc, ca ressemble à ca :

HPSG1.jpg


Ce qui veut dire:
- que le signe est un mot
- qu'il se prononce "fille"
- que c'est un nom
- qu'il est accompagné obligatoirement d'un déterminant au singulier ("la" ou "une", peu importe)
- qu'il s'agit d'un nom féminin à la troisième personne du singulier
- qu'il se rapporte à une entité elle aussi féminine, 3ème personne (il ne s'agit ni de celui qui parle ni de celui à qui l'on parle) et singulière.

Enfin, disons plutôt que dans le monde merveilleux d'Asterix, ca ressemblait à ca.
En vrai, ca ressemble à ca:

HPSG2.jpg



Et à quoi ca sert tout ca ?
Chaque mot a son AVM, et en se combinant entre eux, ils échangent leurs informations.
Par exemple, le déterminant "une" va comporter l'information "indéfini". En combinaison avec "fille", on saura que "une fille" se rapporte non seulement à une entité féminine, 3ème personne et singulière, mais aussi indéfinie (on ne la connaît pas).
De même, si "un" essaye de se combiner avec "fille", il y aura conflit d'informations. Parce qu'un mot ne peut pas se rapporter à la fois à une entité féminine et masculine. D'où preuve d'une faute de grammaire. D'une manière générale, on sait qu'une grammaire (au sens informatique = tout ce que l'on a "apprit" à l'ordinateur) est bonne lorsqu'elle détecte les fautes de grammaire (la grammaire "humaine").

Commentaires

j'avais mieux compris la précédente analyse ... surtout le passage sur Sarko !

Écrit par : saremma | samedi, 01 octobre 2011

Comment, je te prends toi personellement en exemple et tu ne comprends pas ? :)

Plus sérieusement : tu comprends pas quoi ?

Écrit par : Lodi | lundi, 03 octobre 2011

Les commentaires sont fermés.