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lundi, 29 août 2011

C'est lundi...

Sur quoi est-ce que je voulais encore revenir ?

Les cent morts du chaton, Pierre Béhel

« Le petit chat est mort. »

Cette phrase vous rappelle quelque chose ? Mais si, allez. Agnès, la petite pas-si-niaise chez Molière.

Quand on y pense, le succès qu'à eu cette phrase tout simple est incroyable. Renaud en a fait une chanson. Mais Brel, déjà, avait repris la phrase dans ses Vieux.

Schrödinger, à son tour, a bien essayé de brouiller les cartes, mais personne n'a été dupe.

De cette phrase, Pierre Béhel, lui, a fait un livre. Un recueil de nouvelles plus précisement, chacune commençant par ces mots: « Le petit chat est mort ». Je jubile (j'aime pas les chats). Et puis un écrivain qui place ses oeuvres sous Creative Commons, on n'en rencontre pas tous les jours.

L'intérêt de chaque récit réside évidemment dans le mystère qui se renouvelle à chaque début d'histoire : de quel chat s'agit-il ? qui parle ? de quoi est mort le chaton ? À moins que vous ne préfériez vérifier que le compte y est, et que 100 chatons y sont bien passés au fil des pages (attention, il paraît qu'il y a des pièges). Les scénarios les plus divers se mettent en place, les morts de chatons les plus variées. Je n'ai pas été absolument époustouflée par ce petit exercice de style, mais les exercices de style, même des plus grands, m'enthousiasment peu. Les nouvelles (micro-nouvelles, devrait-on dire) sont elles-même assez inégales, certaines très bien trouvées, certaines un peu fastidieuses.
Il n'empêche : Pierre Béhel a une sacré imagination, et sautille allègrement d'un genre a l'autre. Ce qui en fait un écrivain intéressant, en plus de sa position sur la propriété intellectuelle (v. l'interview rapportée dans un petit fascicule fourni avec le livre – à ne manquer sous aucun prétexte). En refermant ce recueil, j'ai très envie de me procurer un roman de ce Pierre Béhel (sans chaton mort, de préférence) pour voir ce qu'il a dans le ventre.

« Tuer le chaton n'avait rien de nécessaire ! »
«
Il me semble qu'après avoir vendu cinquante ou soixante millions de romans dans le monde, j'ai prouvé que je suis en mesure de mener un récit. »
«
Et de cette façon-là? »
«
Mon éditeur a a-do-ré et je pense que mes lecteurs vont également beaucoup aimer ce passage. »

Ce commentaire a été écrit pour les Agents Littéraires, un site consacré à la promotion des livres peu médiatisés, publié par de petits éditeurs.
Le livre Les cent morts du chaton m'a été offert gracieusement par les Agents Littéraires contre l'écriture de ce petit commentaire, où je pouvais donner librement mon avis. Si l'expérience vous intéresse, ou si vous avez envie de participer au sympatique Challenge Rentrée Littéraire des Agents Littéraires, allez y faire un tour !

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?

Je vous ai dit que j'aimais bien Maupassant ?

Boule de suif, Maupassant est MON adoré de Maupassant. Je l'ai lu et relu, et relu encore une fois.
J'ai aimé retrouver le Maupassant que je connaissais le mieux. Très loin de Une vie ou de Fort comme la mort, des écrits plus matures et plus difficiles. Le jeune Maupassant préfère les prostituées aux comtesses, c'est polisson, c'est frais, mais ca reste sombre.
J'adore.

La maison Tellier, Maupassant que je connaissais sans connaître, encore des prostituées, des coquineries. C'est mignon.

Une partie de campagne, Maupassant, carrément polisson encore une fois. Sans doute le genre de nouvelles peu prises au sérieux à sa parution.

Mademoiselle Fifi, Maupassant, encore une nouvelle très connue, encore des prostituées. Mais c'est moins gaillard, plus violent, plus marqué par la guerre.

Les contes de la Bécasse, Maupassant
Les contes de la Bécasse ont été une vraie découverte. J'avance petit à petit dans l'oeuvre de Maupassant, je ne m'en lasse pas. Les contes sont l'occasion de mélanger complètement les genres, ce qui donne un résultat vraiment intéressant. Inégal aussi, c'est le propre des recueils de nouvelles. Certains contes très polissons (Ce cochon de Morin), d'autres sur la guerre de 71 (L'aventure de Walter Schnaffs - que n'aurait peut-être pas reniée Tolstoi) quelques uns plus anti-romantiques (La rempailleuse - qui sent déjà un peu Une vie), certains vraiment inclassables (Un fils), d'autres carrément horribles (En mer - qui penche un peu vers Le Horla).

Il songeait en outre que tout ce qui est doux dans l’existence disparaît avec la vie; et il gardait au cœur une haine épouvantable, instinctive et raisonnée en même temps, pour les canons, les fusils, les revolvers et les sabres, mais surtout pour les baïonnettes, se sentant incapable de manœuvrer assez vivement cette arme rapide pour défendre son gros ventre.
Et, quand il se couchait sur la terre, la nuit venue, roulé dans son manteau à côté des camarades qui ronflaient, il pensait longuement aux siens laissés la-bas et aux dangers semés sur sa route : —S’il était tué, que deviendraient les petits? Qui donc les nourrirait et les élèverait? A l’heure même, ils n’étaient pas riches, malgré les dettes qu’il avait contractées en partant pour leur laisser quelque argent. Et Walter Schaffs pleurait quelquefois.
Au commencement des batailles il se sentait dans les jambes de telles faiblesses qu’il se serait laissé tomber, s'il n’avait songé que toute l’armée lui passerait sur le corps. Le sifflement des balles hérissait le poil sur sa peau.

L'aventure de Walter Schnaffs

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Médecine et philosophie, Anne Fagot
Je commence à peine, donc je n'ai pas grand chose à en dire, mais c'est très intéressant. Et pas ennuyeux à lire ni impossible à comprendre. D'ailleurs c'était une interview de Anne Fagot qui m'avait donné envie de découvrir ce livre, elle est claire et intéressante autant quand elle écrit que quand elle parle.

Krieg und Frieden ("Guerre et Paix"), Tolstoj
Mais un jour je vais y arriver...

Qu'est-ce que je vais lire après ?

Hummmm, voyons, laissez-moi réfléchir...
Et si je lisais du Maupassant ?
Tiens, c'est une bonne idée, ca !

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