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lundi, 04 juillet 2011

C'est lundi...

Ca y est, je crois que je vais rattrapper mon retard dans les comptes-rendus...

Qu'est-ce que j'ai lu les semaines passées ?

Le faux coupon, Tolstoj est pour moi LE chef d'oeuvre de Tolstoi.
L'histoire a une structure extrèmement compliquée, faisant se croiser et se recroiser des personnages divers, depuis le propriétaire terrien (encore lui !!!) désabusé jusqu'au saint en passant par le voleur de chevaux et la jeune révolutionnaire en chagrin d'amour. Tolstoi parle de ces personnages avec cette indulgence pour l'humain qui le caractérise. Pas de grand méchant très méchant ni de gentil super-gentil. Chez Tolstoi, tous les personnages sont humains jusqu'au bout des ongles - et lucides.
Tolstoi est un fataliste et un idéaliste. Mélange étrange et superbe, qui se retrouve dans cette nouvelle.
Si vous voulez savoir tout le mal, et surtout tout le bien qu'un coupon de quelques roubles falsifié par un étudiant dépité peut créer sur la terre... lancez-vous. Je pense que vous ne serez pas décus.


Et Prochka n’avoua pas où il était parce qu’il avait passé la nuit chez son amie Parasha, laquelle lui avait fait promettre de ne pas la trahir. Et il ne la trahit point. Il n’y avait pas de preuves, on le relâcha. Mais Piotr Nikolaievitch demeurait convaincu que tout cela était son œuvre. Et il ressentit de la haine pour lui.
Prochka, comme c’était son habitude, prit à l’auberge deux mesures d’avoine, donna aux chevaux une mesure et demie, puis vendit l’autre demi-mesure et dépensa l’argent à boire. Piotr Nikolaievitch ayant appris cela, déposa une plainte au juge de paix.
Le juge de paix condamna Prochka à trois mois de prison. Prochka était orgueilleux. Il se croyait supérieur aux autres, et était fier de sa personne. La prison l’humilia. Il ne pouvait plus s’enorgueillir devant les gens, et, d’un coup, se laissa aller. Au sortir de la prison, Prochka retourna chez lui moins irrité contre Piotr Nikolaievitch que contre tout le monde.

Le filleul, Tolstoj est sous-titré "conte populaire russe". Et en effet, la structure de ce conte est très classique, et le début m'est d'ailleurs très familier: un pauvre homme vient d'avoir un enfant, mais il ne trouve pas de parain pour cet enfant, alors il demande à un inconnu dans la rue... etc.
Mais les contes me laissent souvent sur ma faim. Ils sont trop courts, la structure narrative est simple, la morale arrive trop vite...
Le filleul, c'est un conte XXL Deluxe.
Avec non seulement tout plein de péripéties, et un récit qui va au fond des choses, mais encore une morale qui vous fait remettre toute votre vie en question. Et puis ca donne vraiment envie de pleurer quoi. C'est trop beau.
Le filleul entre dans mon TOP 5 TOLSTOI. Et pourtant y'a de la concurrence, hein.

Le moujik Pakhom, Tolstoi est une histoire un peu à part. Parce qu'elle est assez irréaliste, et qu'un des personnage est le Diable. Ce qui est vraiment étrange pour du Tolstoi. Et puis, la fin est assez trash.
Mais en fait, j'ai vraiment beaucoup aimé.

Une histoire vraie, Tolstoi est peut-être une histoire vraie, peut-être pas, après tout, on s'en fout.
Une histoire très simple, mais très belle, tout à fait dans la phase moralisatrice-illuminée de Tolstoi (que j'adoooore).

Les deux vieillards, Tolstoi est sans doute l'apotéose de la période moralisatrice-illuminée-Dieu-est-grand-et-je-vais-tous-vous-convaincre-de-rentrer-dans-un-couvent de Tolstoi. L'histoire de deux vieillards qui vont en pélerinage à Jérusalem, sur la signification de la foi, la signification du pélerinage, c'est beau à pleurer. Là, je crois que si j'avais été athée, j'aurais craqué et je serais allée me faire baptiser direct.
C'est tellement super bien que ca part direct dans le TOP 5.

– Voyez-vous ce richard ! dit-il. Mais où en prendras-tu ?
– Je fouillerai à la maison ; je ramasserai quelque chose, et pour compléter la somme, je vendrai une dizaine de ruches au voisin qui m’en demande depuis longtemps.
– Mais l’essaimage sera bon pourtant ; et tu auras des regrets.
– Des regrets ! mon compère. Je n’ai rien regretté de ma vie, excepté mes péchés. Il n’y a rien de plus précieux que l’âme.
– C’est vrai ; mais ce n’est pas bien, quand il y a du désordre dans la maison.
– C’est pis encore, quand il y a du désordre dans l’âme. Et puisque nous avons promis, eh ! bien, partons !

Notes d'un fou, Tolstoi
Bon, une fois n'est pas coutume, ces notes d'un fou, je n'ai pas aimé. D'ailleurs, je l'ai finit y'a peut-être deux ou trois semaines, et je me souviens de RIEN DU TOUT de l'histoire. Juste que j'avais pas aimé.

Paris et Londres en 1793, Charles Dickens
Me demandez pas pourquoi j'ai lu ce livre. Déjà j'en avais jamais entendu parler, puis j'avais gardé un souvenir mitigé d'Oliver Twist. Je crois qu'arrivée au bout de ma provision de Tolstoi, je faisais une overdose de nouvelles, et j'avais envie d'un gros pavé (je suppose puisque j'ai enchaîné que des pavés depuis).
Bien m'en a pris. Paris et Londres en 1793, c'est un vrai chef d'oeuvre. Reste une histoire principale, pas vraiment niaise, mais aux ficelles un peu grosses. Parce que bon, hein, les amours de la demoiselle et de son demoiseau, soyons honnêtes dix minutes: on s'en fiche. Ils sont super beaux, ils s'aiment super forts, tant mieux pour eux.
Mais le reste... ah le reste !

C’était le meilleur et le pire de tous les temps, le siècle de la folie et celui de la sagesse ; une époque de foi et d’incrédulité ; une période de lumières et de ténèbres, d’espérance et de désespoir, où l’on avait devant soi l’horizon le plus brillant, la nuit la plus profonde ; où l’on allait droit au ciel et tout droit à l’enfer.
Bref, c’était un siècle si différent du nôtre, que, suivant l’opinion des autorités les plus marquantes, on ne peut en parler qu’au superlatif, soit en bien, soit en mal.
En ce temps-là, un roi pourvu d’une forte mâchoire, et une reine ayant un laid visage, régnaient en Angleterre, pendant qu’un roi pourvu d’une mâchoire non moins forte, et une reine ayant un beau visage, occupaient le trône de France.
Dans l’un et dans l’autre pays, il était plus clair que le cristal, pour tous les grands de l’État, que le miracle de la multiplication des pains se renouvelait tous les jours, et que l’ordre des choses établi ne devait jamais changer.
[...]
Au milieu de tout cela le bourreau, fort occupé, était mis sans cesse en réquisition. Tantôt il pendait en longues rangées des criminels de toute espèce ; tantôt il étranglait le samedi un briseur de volets arrêté le mardi précédent ; le matin il marquait à Newgate les gens à la douzaine, et le soir il brûlait des pamphlets à la porte de Westminster. Aujourd’hui, c’était la vie d’un horrible assassin qu’il allait prendre ; demain, celle d’un misérable qui avait volé douze sous à l’enfant d’un fermier.
Tout cela se passait en France et en Angleterre en l’an de grâce 1775 ; et dans ce milieu, tandis que le Destin et la Mort travaillaient inaperçus, les deux rois à la forte mâchoire, et les deux reines, l’une belle, l’autre laide, marchaient avec fracas portant leur droit divin d’une main haute et ferme. Ainsi, disons-nous, cette bonne vieille année 1775 conduisait leurs grandeurs, et des myriades d’infimes créatures, sur les divers chemins qu’elles avaient à parcourir.

Le scoop du siècle, me direz-vous: Dickens écrit vraiment bien. Ouais, ok, tout le monde le savait déjà, mais j'avais pas encore remarqué, moi. Là, dès les première lignes j'ai été conquise.
La Bastille aussi, d'ailleurs ; et sincèrement, Dickens, c'est autrement plus bouleversant qu'un cours d'Histoire.
Intéressant aussi: chez Dickens, la Révolution, ce n'est pas Desmoulin ni Danton, et 1793, ce n'est pas Robespierre. Voir comment un autre siècle parlait de ce siècle-là a radicalement changé ma facon de voir le passé.

Et Hugo en a rajouté une couche, mais ca, c'est une autre histoire.

Jeanne Eyre, Charlotte Bronte
J'avoue, je m'attendais à une histoire niaiseuse à pleurer. Donc en définitive, j'ai été agréablement surprise, parce que Jeanne Eyre n'était pas si niaiseuse que ca. Je pense que la faute est dûe à d'exécrables adaptations, qui commencaient à montrer qu'elles n'avaient rien pigé à l'histoire en prenant une belle actrice pour jouer le rôle principal.
Navrant.
Bref, c'était pas si mal, au final.
Bon, un peu moins de pleurs, de mains tordues, de pauvres enfants battus, d'injustices, de malheurs insupportables et d'amours impossibles n'auraient pas nuis à l'histoire, mais il faut bien que le romantisme soit du romantisme pour quelque chose.

La dame aux Camélia, Alexandre Dumas fils Là encore : pleurons pleurons, c'est vraiment tellement attroce la vie. La mort aussi d'ailleurs. Pleurons aussi sur la mort.
Une fois sortie du roman, j'étais très mitigée (je l'ai dévoré d'une traite, mais j'aime bien faire les fines bouches après coup). Je pense que, non, franchement, Marguerite est pas aussi rock n' roll que Nana.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Krieg und Frieden (Guerre et Paix), Tolstoj

Les Misérables, Victor Hugo
Je me setais d'humeur à entamer un gros gros classique. L'idée de prendre Les Misérables me trottait dans la tête depuis un moment, même si je n'ai jamais pu confesser un amour bien grand pour Hugo poète-romancier. Pour moi, les chefs d'oeuvres d'Hugo, ce sont ses pièces de théâtre. Sans doute son grand talent pour les dialogues, je ne sais pas.
L'histoire des Misérables, on la connaît par coeur. Jean Valjean, Cosette, Marius, tout ca. Sans la trouver complètement niaise, je la trouve un peu usée, et je n'attendais pas grand chose de cette lecture.

Imaginez ma surprise, en m'étant préparée à l'histoire de Jean Valjean, de tomber dans la vie de Monseigneur Bienvenue...

Je suis tombée sous le charme d'Hugo. Qui l'eut cru ?
C'est tout ce qui gravite autour de l'histoire bien connue et bien rabachée qui me passionne. Parce que les malheurs de Cosette-Cendrillon, c'est bien joli, mais bon, hein... Seulement dans un roman de cette taille, il y a beaucoup de place pour les disgressions, les portraits de personnages secondaires, tertiaires, quadriaires. C'est simple: je suis amoureuse de Gavroche. Quel marmot...
Puis je ne me suis pas encore bien remise de la vie de Monseigneur Bienvenue...

J'ai par contre toujours du mal à bien cerner les opinions politiques de Victor Hugo. Sans doute parce que je ne connais pas assez précisemment l'Histoire du XIXème... Socialiste, ok. Révolutionnaire, mais Orléaniste. Bonapartiste, mais grand ennemi de "Napoléon le petit". Je m'y perds un peu. Ce n'est pas primordial pour l'histoire, mais j'ai l'impression de passer à côté du message politique.

On a voulu, à tort, faire de la bourgeoisie une classe. La bourgeoisie est tout simplement la portion contentée du peuple. Le bourgeois, c’est l’homme qui a maintenant le temps de s’asseoir. Une chaise n’est pas une caste.
Mais, pour vouloir s’asseoir trop tôt, on peut arrêter la marche même du genre humain. Cela a été souvent la faute de la bourgeoisie.
On n’est pas une classe parce qu’on fait une faute. L’égoïsme n’est pas une des divisions de l’ordre social.
Du reste, il faut être juste même envers l’égoïsme, l’état auquel aspirait, après la secousse de 1830, cette partie de la nation qu’on nomme la bourgeoisie, ce n’était pas l’inertie, qui se complique d’indifférence et de paresse et qui contient un peu de honte, ce n’était pas le sommeil, qui suppose un oubli momentané accessible aux songes ; c’était la halte.
La halte est un mot formé d‘un double sens singulier et presque contradictoire : troupe en marche, c’est-à-dire mouvement ; station, c’est-à-dire repos.
La halte, c’est la réparation des forces ; c’est le repos armé et éveillé ; c’est le fait accompli qui pose des sentinelles et se tient sur ses gardes. La halte suppose le combat hier et le combat demain.
C’est l’entre-deux de 1830 et de 1848.
Ce que nous appelons ici combat peut aussi s’appeler progrès.
Il fallait donc à la bourgeoisie, comme aux hommes d’état, un homme qui exprimât ce mot : halte. Un Quoique Parce que. Une individualité composite, signifiant révolution et signifiant stabilité, en d’autres termes affermissant le présent par la comptabilité évidente du passé avec l’avenir.
Cet homme était « tout trouvé ». Il s’appelait Louis-Philippe d’Orléans.

 Les Misérables est d'ailleurs, soit dit en passant, une "réponse" parfaite à Paris et Londres en 1793. Il reprend en définitive ce que Dickens avait esquissé dans son épilogue. Et étant donné qu'il y a pas mal de Tolstoi dans la "morale" de l'histoire, le moins qu'on puisse dire, c'est que je ne pouvais pas trouver un moment plus adéquat pour lire ce livre.

Autre chose passionnante dans ce livre : l'utilisation des noms. Vous pouvez chercher, il n'y a pas un seul personnage qui ait UN nom. Entre faux noms et surnoms, l'identité des uns et des autres est fortement malmenée. Pourtant, on ne s'y perd pas.
Scène fantastique à l'épisode de Champ-Mathieu que l'on nomme au tribunal du nom d'un autre (alors que son vrai nom est la seule preuve contre lui) qui se trouve lui-même dans la salle sous un autre nom (qui n'est déjà qu'une déformation de son nom d'emprun)...

Et en parlant de noms... J'admire la facon dont Hugo introduit à tout propos le mot "misérable" dans ses acceptions les plus variée. C'est beau, c'est beau.

Laissons le mot de la fin à Hugo:

En fait de sans-culotte, je n'ai jamais aimé que les femmes.


PS: En fait, en y réfléchissant, je crois que Javer n'a qu'un nom. Damned.

Qu'est-ce que je vais lire après ?

Je crois qu'il me reste encore quelques Tolstoi dans un coin...

Commentaires

Nun ja, die Sachverhalte konnen so einfach erscheinen. Besten Dank fur die Erlauterungen ;-)

Écrit par : Book of Ra | lundi, 27 juin 2011

Über welche Sachverhalten redest du ?

Écrit par : Lodi | mercredi, 29 juin 2011

Les commentaires sont fermés.