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vendredi, 29 avril 2011

All I wanna do PRRR PRRR PRRR PRRR

Ce matin, j'ai envie de vous mettre de la musique. Parce que demain, c'est la nuit des sorcières et qu'on va lâcher tous les démons sur une musique endiablée.

Mais en fait, j'ai envie de vous mettre de la musique parce que je viens enfin d'identifier trois chansons que j'aime bien, mais dont je connaissais ni le titre ni l'interprète. Du coup, maintenant, je suis contente.

J'attire votre attention particulièrement sur la première chanson, parce qu'il est peu probable que vous la connaissiez et qu'elle est vachement bien. Le groupe est allemand, s'appelle KEN, et est inconnu même en Allemagne.
Sauf par les fan d'escalade parce que "Get a life" a été utilisée comme soundtrack pour le Outdoor Film Festival 2010. Ou 2009 peut-être. On s'en fiche. La chanson est cool.

Pour la deuxième chanson, je découvre l'eau chaude, je sais, mais je connaissais pas encore Eels.

Et pour la dernière, personne d'autre que moi va aimer, mais je cherche les références depuis si longtemps que je suis super-méga contente ! Parce que d'habitude, je demande à mon ami Google en lui donnant le texte du refrain, mais là, c'était un peu compliqué.

lundi, 18 avril 2011

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine dernière ?

Histoire d'un pauvre homme, Léon Tolstoi inaugure la longue série des nouvelles de Tolstoi que je vais lire dans le cadre de mon cours sur cet auteur.
La nouvelle dresse un portrait des vices et vertues humaines. Les vices ne sont pas toujours repoussants, et les vertus pas toujours si reluisantes. Avec en toile de fond la guerre et le recrutement. Chaque famille doit sacrifier un "quota" au tsar, ce qui est pour le malchanceux à peu près synonyme d'une condamnation à mort...

Freizeichen, Ildikó von Kürthy n'était pas le meilleur bouquin de chick litt que j'aie jamais lu. Mais enfin, avec quelques traits bien allemands qui rendaient la lecture sympatique.

Raison et sensibilité, Jane Austen : Enfin les deux filles sont mariées !!! Ouf !!!
(ah non, zut ! Je vous ai spoilé le livre !)

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Selbs Betrug, Bernhard Schlink

Der Dativ ist dem Genitiv sein Tod, Bastian Sick

Qu'est-ce que je vais lire ensuite ?

du Tolstoi, du Tolstoi et encore du Tolstoi !

Der Buchtrinker (Le buveur de livres), Klaas Huizing parce que le titre est cool.

vendredi, 15 avril 2011

Face de bouc

6 blogueurs se prennent au jeu : Agnes, Hibiscus, Julie, Liam, Vladyk et votre reporteuse préférée. Ce mois-ci, nous menons l'enquête sur les réseaux sociaux...

C'est à la fois indispensable et complètement inutile. Complètement inutile, parce qu'on y parle rarement d'autre chose que du dernier film que l'on a vu, des 3h de bouchons qu'on vient de se taper avant de regagner la maison aujourd'hui, et qu'on y tape des messages au contenu tellement intéressant du type :

SVP publiez ceci comme statut si un parent ou quelqu'un que vous connaissez a été mangé par un dragon. Les dragons sont presque impossibles à arrêter et, si vous ne le saviez pas, peuvent cracher du feu. 93% des gens ne copieront pas ce statut, 6% sont assis en position fœtale sous la douche armés d'extincteurs, et le 1% restant est assez taré pour copier ce statut.

Mais indispensabls également, car, honnêtement, qui peut se permettre de s'en passer ?

Sans être une accros de Facebook (je rate toujours la moitié des conversations facebookiennes de ma famille (ma maman passe sa vie sur Facebook maintenant, une vraie ado, c'est désespérant (pendant que d'autres travaillent (ahem)))), je sais que cela reste le meilleur moyen de joindre mes jeunes, de planifier une réunion avec les autres chefs et... d'être informée des anniversaires.

Toutes ces petites bêtises du net, ces tout petits posts pas même dignes d'un mail, c'est ca qui me fait garder un contact minimal avec mes connaissances.

Car sans Facebook, quand un tsunami se déclare à l'autre bout de la terre, comment faire pour obtenir en quelques heures la confirmation que mes copines vont bien ?

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Ayuka, Kana, Chinami, Chiho et Aimo : Les girls, je vous LOOOOVE !!! o/  Yatta !

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Nous avons tellement d'amis en ligne, que nous avons maintenant besoin d'un nouveau mot pour désigner les vrais.

mercredi, 13 avril 2011

Séance d'entraînement

Ca fait un moment que je ne vous ai rien raconté de mes séances de taekwon-do... Relâchement impardonnable, mais qui ne reflète heureusement pas mon assiduité aux entraînements. Depuis le dernier passage de grade, et le camp d'entraînement qui l'a directement suivi, je suis méga-super-giga-motivée.

Cette semaine, début de semestre oblige (et oui, c'est la rentrée à la fac allemande !), Tous les petits nouveaux ont débarqué à l'entraînement. Par un hasard incroyable, je n'avais pas scouts lundi, ce qui m'a permis d'aller m'incruster dans le cours du lundi auquel je ne peux pas aller d'habitude.
J'ai pu tchatcher avec tous les petits nouveaux. J'adore ca !
Ils sont tellement naifs... on peut tellement les impressionner en frappant à peine un peu fort dans la raquette... et ils sont tellement pas souples... (niarc niarc niarc)

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Allez, puisqu'on cause souplesse, une photo du camp d'entraînement Septembre 2010. J'ai fait des progrès depuis.

lundi, 11 avril 2011

C'est lundi...

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Selbs Betrug, Bernhard Schlink : Depuis le temps que je l'ai commencé, vous savez de quoi il est question. Mais aujourd'hui, un petit extrait (traduit de mes blanches mains). Je pense qu'il montre assez bien le côté extrémement nuancé du livre. Ce n'est pas un roman policier avec un meutre, un coupable, le coupable va en prison à la fin et le détective est content.
C'est un peu plus embrouillé que ca.

Les habitués du café ne faisaient-ils que me jouer la comédie ? ou se jouaient-ils la comédie à eux-même ? Ou avaient-ils été de bonne foi dans tout ce qu'ils avaient raconté ? Je l'ignorais. Mais Vela avait été clair : même en admettant que des gaz toxiques aient été entreposés dans la forêt, le mettant en danger ainsi que tout le monde... était-ce une raison pour abandonner son existence ? Est-ce que l'on pouvait, à 60 ans, recommencer sa vie à Neustadt ou à Großgeradt ? Non, pas même à 50 ans, ni à 40. La seule différence, c'est qu'en étant plus jeune on aurait honte de se l'avouer.
Tout cela, je pouvais le comprendre, et pourtant ces hommes racontant autour d'une table d'hôte leurs histoires de complot dans une athmosphère lugubre et enfumée me donnait l'impression d'une assemblée de fantômes.
C'était un bel après-midi, clair et doux. Nous bûmes du café dans le jardin, Manu fit honneur à son père et la cour à Sonia.
Et Lisa était une sympatique jeune personne. Evidemment qu'elle connaissait ces rumeurs de gaz toxiques dans la forêt. Elle se souvenait également du vieux Händel : "un petit bonhomme couvert de variole qui a longtemps été sur la Apostelplatz les samedi et dimanches à distribuer des tracts".
Elle pouvait également me parler de ses patients qui présentaient régulièrement des symptomes d'eruptions cutanées, de vieillissement du sinus frontal, de crampes, de vomissements et de diarhées. Plus qu'il ne lui semblait en avoir été témoin à Ruhebach, où elle avait autrefois vécu et travaillé.
"En avez-vous parlé avec les médecins d'ici ?
- Oui, et ils voyaient de quoi je voulais parler, mais en définitive, nous n'étions sûrs de rien. Il aurait fallu faire des statistiques, des examens, les mener en parallèle sur un groupe témoin. Et puis il y a la KV, l'Organisation des Caisses Maladies, qui recoit les factures et a une vue d'ensemble. Elle l'aurait sans doute remarqué si les choses étaient différentes chez nous qu'ailleurs.
- Est-ce que vous avez peur ?"
Elle me regarda droit dans les yeux.
"Bien sûr que j'ai peur. Tchernobyl, l'effet de serre, la destruction de la forêt vierge, la disparition des espèces animales, le cancer, le sida... Comment ne pas avoir peur dans ce monde-ci ?"

Raison et sensibilité, Jane Austen : Les aventures sentimentales d'Elinore et de Maria traînent un peu en longueur. Il est temps qu'elles se marient et qu'on en parle plus.
J'apprécie par contre quelques dialogues à l'humour bien placé. Un petit délice accompagnés d'une bonne cup of tea.

- Ses filles sont très bien mariées et je ne vois pas la nécessité de leur donner plus qu'il ne leur revient de droit. Ses bontés inouïes pour vous vous donnent lieu de prétendre à un bon legs après elle; ce serait vous tromper que d'en agir autrement.
- Nous ne demandons que son amitié, dit Elinor.; et pardonnez, mon frère, si je vous avoue que votre intérêt pour notre prospérité va beaucoup trop loin.
- Non non, pas du tout. J'ai promis à notre bon père de m'intéresser à vous dans toutes les occasions, et rien n'est plus juste. Mais, ma chère Elinor, parlons d'autre chose. Qu'est-ce qu'il y a avec Maria? Elle n'est plus la même, elle a perdu ses belles couleurs, elle a maigri, ses yeux sont battus; elle n'a plus de gaîté, de vivacité ; est-elle malade ?
- Elle n'est pas bien. Elle a depuis quelques semaines des maux de nerfs et de tête.
- J'en suis fâché, très fâché ! Dans la jeunesse il suffit d'une maladie pour détruire la fleur de la beauté; et voyez en combien peu de temps! En septembre passé quand elle quitta Norland, c'était la plus belle fille qu'on pût voir. Elle avait précisément ce genre de beauté qui plaît aux hommes et les attire. Je pensais aussi qu'elle trouverait bientôt un bon parti. Je me rappelle que Fanny disait souvent que quoiqu'elle fût votre cadette, elle se marierait plutôt et mieux que vous. Elle s'est trompée cependant c'est tout au plus à présent, si Maria trouve un parti de cinq ou six cents pièces de rente et vous, Elinor, vous allez en avoir un de deux mille en Dorsetshire dites-vous. Je connais peu le Dorsetshire, mais je me réjouis beaucoup de voir votre belle terre. Dès que vous y serez établie, vous pouvez compter sur la visite de nous deux, Fanny et moi. Nous serons charmés de passer là quelque temps avec vous et le bon colonel.
Elinor s'efforça très sérieusement de lui ôter l'idée que le colonel songeât à l'épouser; mais ce fut en vain. Ce projet lui plaisait trop pour qu'il y renonçât.

Freizeichen, Ildikó von Kürthy : Notre chère narratrice vient d'avoir 30 ans, elle vit depuis 4 ans avec Ben, la même coiffure et des kilos en trop. Crise existentielle, elle part à Maillorca chez sa tante et rencontre un bel Adonis qui veut visiblement très fortement l'attirer dans son lit. Questions existentielles sur questions existentielles dans ce bouquin qui touche un peu le fond des fois quand même.

Il y a moments dans la vie d'une femme quis ont tellement existentiels que l'on se sent propulsé à l'essence de son être. Sans doute que mettre un enfant au monde en fait partie, peut-être aussi le mariage à l'église. Mais ce qui en fait sans hésitation partie, c'est le moment où tu te tiens debout, enveloppée dans un peignoir jetable plus qu'hideux, devant une cosméticienne mince comme une brindille qui t'observe des pieds à la tête et finit par conseiller un bain pour les zones à problème. Evidemment, un bain pour le corps entier. Et lorsqu'elle te dit pour finir, tandis qu'elle te tartine les cuisses de boue : "Détendez-vous, j'ai vu bien pire que ca", et bien tu ne te sens pas vraiment mieux.

Der Dativ ist dem Genitiv sein Tod, Bastian Sick : Difficile de traduire quelque chose de ces petits articles qui se préoccupent exclusivement des problèmes de la langue allemande. C'est très marrant, et plein de jeux de mots intraduisibles.
Mais allez, je suis en forme pour les extraits cette semaine :

Et le Seigneur descendit du ciel et mélangea leurs langages, afin qu'ils ne se comprennent plus entre eux. Comme d'habitude, il fit du bon boulot. Les reste, les Américains s'en chargèrent. Ainsi, la confusion qui descendit sur Babylone est encore vivace aujourd'hui. Par dessus tout, tout le monde ignore complètement comment s'appelle vraiment le peuple entre le Tibre et l'Euphrate.

Bon, j'arrête là les dégâts. Ceci était donc l'introduction au texte parlant des noms des habitants de pays. Alors d'accord, en francais, nous sommes à peu près d'accord sur le mot "babylonien". Mais en Allemand, ce n'est pas vraiment évident. Mais sincèrement, vous savez comment s'appellent les habitants du Yemen ? et de Madagascar ?

Qu'est-ce que je vais lire ensuite ?

Les frères Karamazof, Dostoievski

Et puis je vais me calmer et essayer d'abord de finir tous les livres que je suis en train de lire avant d'en commencer d'autres :)

lundi, 04 avril 2011

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu ces cinq dernières semaines ?

Jalna - La naissance de Jalna : Premier tome d'une loooongue saga. Les personnages sont attachants, mais je ne sais pas si j'écriture m'a emballée au point d'avoir envie de me lancer dans la saga entière.

Andreiev, Les sept pendus : Je n'ai jamais lu "Les derniers jours d'un condamné" de Victor Hugo, mais je suppose que ces sept pendus en sont assez proches. J'ai particulièrement apprécié l'entrée en matière, et l'évocation de cette sorte de huitième condamné à mort que l'on oublie bien vite par la suite.
Pour le reste, évidemment, ce n'est pas une histoire vraiment marrante, mais intéressante.

Ils se turent de nouveau. Ils avaient peur de prononcer une parole, comme si chaque mot de la langue avait perdu son sens propre et ne signifiait plus qu’une chose : la mort. Serge regardait la petite redingote proprette à l’odeur de benzine et pensa : « Il n’a plus d’ordonnance, il a donc, nettoyé son habit lui-même. Comment n’ai-je jamais remarqué quand il nettoyait son habit ? Ce devait être le matin, probablement. Soudain il demanda :
— Et ma sœur ? Elle va bien ?
— Ninotchka ne sait rien ! répondit vivement la mère.
Mais le colonel l’interrompit avec sévérité :
— A quoi bon mentir ? Elle a lu les journaux... Que Serge sache que... tous... les siens... ont pensé... et...
Il ne put continuer et s’arrêta. Soudain, le visage de la mère se tira, les traits se brouillèrent et devinrent sauvages. Les yeux décolorés s’écarquillèrent follement ; la respiration devint de plus en plus haletante et forte.
— Se.. Ser... Ser... Ser... — répéta-t-elle sans mouvoir le lèvres — Ser...
— Petite mère !
Le colonel fit un pas ; tremblant tout entier, sans savoir combien il était affreux dans sa blancheur cadavérique, dans sa fermeté désespérée et voulue ; il dît à sa femme :
— Tais-toi ! Ne le torture pas ! Ne le torture pas ! Ne le torture pas ! Il doit mourir ! Ne le torture pas !

Le rêve d'un drôle d'homme, Dostoievski : Une nouvelle mi-fantastique mi-philosophique. Ce "drôle d'homme" a des accents de Gulliver saupoudré d'un peu de Rousseau. On est en pleines Lumières. Encore une facette de Dostoievski à laquelle je ne m'attendais pas.

Ils étaient vifs et gais comme des enfants. Ils se promenaient dans leurs belles forêts, dans leurs douces clairières, en chantant leurs belles et douces chansons ; leur nourriture ne consistait qu’en fruits de leurs arbres, en miel des bois et en lait de leurs amis le animaux. Ils n’avaient que peu à faire pour se procurer des aliments et des vêtements. Ils connaissaient l’amour matériel, car des enfants naissaient chez eux, mais jamais je ne les ai vus tourmentés de ce féroce désir de volupté qui torture les pauvres hommes de notre globe, et qui est la source de tous nos péchés. Ils étaient heureux de voir naître des enfants qui seraient pour eux de nouveaux compagnons appelés à partager leur félicité.
Entre eux, jamais de disputes ni de jalousie ; ils ne comprenaient même pas ce que ce dernier mot voulait dire. Leurs enfants appartenaient à tous, car ils n’étaient tous qu’une seule et même famille.

Enfance, Tolstoi : Un gros coup de coeur pour ce roman (autobiographique ?) à la première personne, relativement court, qui nous fait vivre quelques journées importantes de la vie d'un petit garcon de 8 ans de la bonne société russe.
C'est admirablement bien écrit (oui, je sais : Tolstoi écrit bien = le scoop). Si il y a une suite, je signe.

Je dansais la seconde contredanse avec Sonia. Quand je fus en place, à côté d’elle, je me sentis atrocement embarrassé. Je ne savais absolument pas de quoi lui parler. Mon silence devenant par trop prolongé, j’eus peur qu’elle ne me prit pour un sot et je résolus de la tirer à tout prix d’une semblable erreur.
« Vous êtes une habitante de Moscou ? » lui dis-je en français. Ayant reçu une réponse affirmative, je poursuivis : « Moi, je n’ai encore jamais fréquenté la capitale. »
Je comptais beaucoup sur l’effet du mot « fréquenter » ; toutefois je sentais qu’après ce début brillant, qui montrait combien j’étais fort en français, il me serait impossible de maintenir la conversation au même diapason. Ce n’était pas encore, de longtemps, notre tour de danser, et le silence avait recommencé. Je la regardais avec inquiétude, désireux de savoir quelle impression je produisais et attendant qu’elle vint à mon secours. « Où avez-vous trouvé ce drôle de gant ? » demanda-t-elle tout à coup, et cette question me causa un plaisir et un soulagement extrêmes.

Moumou, Ivan Tourgeniev : Je poursuis dans la littérature russe. Cette nouvelle est très belle, très simple, à la Maupassant.

- Je n'ai rien à dire contre cette jeune fille. Elle est douce, modeste, laborieuse... Mais vous savez, Gabriel Andreitch... vous savez... cet affreux portier, cette espèce de monstre marin !...
- Oui... répondit l'intendant avec une expression de dépit, mais puisque la baruinia...
- Voyez : Gabriel Andreitch, il me tuera, c'est sûr, il m'écrasera comme une mouche. Quels bras ! quelles mains ! Il a les mains de la statue de Minine et Pojarski. Vit-on jamais des membres pareils ? Il est sourd, et n'entend pas résonner les coups qu'il porte. Il frappe comme un homme qui agite les bras dans son sommeil. L'apaiser, c'est impossible, car outre qu'il est sourd, il est stupide. Un animal ! une idole, pire qu'une idole, une bûche...

Les généraux et le moujik, Mikhail Saltykov-Chtchedrine : Cette nouvelle satirique d'un auteur russe dont je n'avais jamais entendu parler m'a mise en joie. C'est drôle à souhait.

Il y avait une fois deux généraux, gens de peu de cervelle.
Tout à coup, par sortilège, ils se trouvèrent transportés dans une île déserte.
Ces deux généraux avaient servi, toute leur vie durant, je ne sais dans quels bureaux. Ils y étaient nés, ils y avaient grandi, ils y étaient devenus vieux. Aussi n’entendaient-ils rien à rien. Ils ne connaissaient pas d’autres mots de la langue que : « Veuillez agréer l’assurance de mon profond respect et de ma haute considération. »
Or il advint qu’on supprima leur emploi comme n’étant d’aucune utilité. Rendus à la liberté et mis en disponibilité, nos deux généraux se fixèrent à Saint-Pétersbourg, dans la rue Podiatcheskaïa. Chacun avait son appartement et sa cuisinière, et ils recevaient chacun une pension du gouvernement.
Mais voilà qu’un beau jour, comme on l’a déjà dit ci-dessus, ils se trouvèrent tout à coup dans une île déserte et s’y réveillèrent couchés tous deux sous une seule et même couverture.
[...]
D’un côté, c’était la mer ; de l’autre, un coin de terre au delà duquel on voyait encore la mer, rien que la mer, à perte de vue.
Nos généraux versèrent alors des larmes, les premières depuis la suppression de leurs emplois. Ils se considérèrent l’un l’autre, et ils s’aperçurent qu’ils étaient en chemise de nuit avec leurs décorations au cou.
« Comme ce serait bon de prendre son café ! » dit l’un. Mais, se rappelant aussitôt l’aventure inouïe qui venait de leur arriver, ils se mirent à pleurer. « Que faire ? ajouta-t-il au milieu des sanglots. Faire un rapport sur notre aventure ? À quoi cela servirait-il ?

Le coup de pistolet, Alexandre Pouchkine : Difficile de sentir le côté "russe" de cette nouvelle, qui me fait beaucoup penser aux nouvelles de Schnitzler. L'ambiance des casernes du XIXème est un universel européen...

Sa grande occupation était de tirer le pistolet ; les murs de sa chambre, criblés de balles, ressemblaient à des rayons de miel. Une riche collection de pistolets, voilà le seul luxe de la misérable baraque qu'il habitait. L'adresse qu'il avait acquise était incroyable, et, s'il avait parié d'abattre le pompon d'une casquette, personne dans notre régiment n'eût fait difficulté de mettre la casquette sur sa tête.

Zipper und sein Vater, Joseph Roth : Je sors un peu de la littérature russe pour revenir à mes anciennes amours, les auteurs autrichiens du début du XXème.
Ici, c'est une très beau portrait croisé entre un père et son fils. Le portrait de deux générations : celle des pères qui ont envoyé leurs fils à la guerre, et celle de ces fils, poilus de la 1ère guerre mondiale.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Selbs Betrug, Bernhard Schlink : J'avance avec difficulté dans cette enquête policière aux nombreux rebondissements. Dans ses nouvelles, Berhard Schlink se concentre en général sur une ou deux périodes clés de l'Histoire allemande. Dans ce gros roman, c'est tout le XXeme siècle qui y passe, la 1ère guerre, la 2ème, Stalingrad, l'occupation russe, américaine, la RAF (la "Bande à Baader"), la montée des verts, les coalitions... Toute l'Histoire allemande se cache dans les recoins de l'hôpital psychiatrique de Mannheim, et je m'y perds un peu. Mais c'est évidemment passionnant, même si je passe sans doute à côté de la moitié des références historiques.

Raison et sensibilité, Jane Austen

Freizeichen, Ildikó von Kürthy : De la chick-litt allemande. Que du bonheur.

Qu'est-ce que je vais lire ensuite ?

Der Dativ ist dem Genitiv sein Tod, Bastian Sick : Un classique des classiques. J'ai les trois premiers tomes, je crois qu'il y en a entre temps deux de plus de sortis... Je l'avais commencé, puis abandonné (trop de références que je voulais approfondir). Cett fois-ci, c'est décidé, c'est sans prendre de notes, juste pour le plaisir...

Les frères Karamazof, Dostoievski

vendredi, 01 avril 2011

So this is April, and what have you done ?

a - Courir au moins deux fois plus que [l'année dernière].
Le mois a commencé par un gros rhume. Mais le camp d'entraînement a donné le coup d'envoi, avec le jogging matinal quotidien. Et depuis, j'ai gardé un bon rythme :
291mn (4h51) pour 31km37
Il me faut remercier d'ailleurs ici mon sponsors officiel, ma tata qui m'a offert à Noel ma super combinaison de jogging, tout aussi parfaite dans les températures extrèmes que maintenant par des températures plus douces (la combinaison tout autant que ma tata).

b - Relancer le blog d'Une vache en Germanie.
Je pense que l'on peut dire que le blog "Die Kuhzeitung" lui-même a hiberné presque tout le mois de mars, et donc à plus forte raison "Une vache en Germanie". Je n'ai même pas terminé de vous parler des Berlinales... donc, oui, j'ai honte j'ai honte...

c - Faire un bon mémoire.
Avec tout ce temps que je n'ai pas passé à m'occuper de mon blog, j'ai dû faire des avancées incroyables dans le mémoire, non ?... non ?
Bon, pour le mémoire, j'ai lu énormement de littérature sur mon sujet, ce qui a pas mal étoffé le mémoire (citations, précisions, etc.). Depuis le début de la semaine, j'ai mis de côté ma littérature pour travailler sur mon programme, mais j'avoue que mes dernières journées ont été assez décourageantes. Disons pour faire simple que j'arrive à dire à mon programme d'associer une racine à une terminaison (par exemple, si c'était du francais : mange+nt), mais pas deux terminaisons successives (mange-rai-ent). Et en hongrois, ca m'est absolument nécessaire. Donc je m'énerve un peu là...