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lundi, 11 avril 2011

C'est lundi...

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Selbs Betrug, Bernhard Schlink : Depuis le temps que je l'ai commencé, vous savez de quoi il est question. Mais aujourd'hui, un petit extrait (traduit de mes blanches mains). Je pense qu'il montre assez bien le côté extrémement nuancé du livre. Ce n'est pas un roman policier avec un meutre, un coupable, le coupable va en prison à la fin et le détective est content.
C'est un peu plus embrouillé que ca.

Les habitués du café ne faisaient-ils que me jouer la comédie ? ou se jouaient-ils la comédie à eux-même ? Ou avaient-ils été de bonne foi dans tout ce qu'ils avaient raconté ? Je l'ignorais. Mais Vela avait été clair : même en admettant que des gaz toxiques aient été entreposés dans la forêt, le mettant en danger ainsi que tout le monde... était-ce une raison pour abandonner son existence ? Est-ce que l'on pouvait, à 60 ans, recommencer sa vie à Neustadt ou à Großgeradt ? Non, pas même à 50 ans, ni à 40. La seule différence, c'est qu'en étant plus jeune on aurait honte de se l'avouer.
Tout cela, je pouvais le comprendre, et pourtant ces hommes racontant autour d'une table d'hôte leurs histoires de complot dans une athmosphère lugubre et enfumée me donnait l'impression d'une assemblée de fantômes.
C'était un bel après-midi, clair et doux. Nous bûmes du café dans le jardin, Manu fit honneur à son père et la cour à Sonia.
Et Lisa était une sympatique jeune personne. Evidemment qu'elle connaissait ces rumeurs de gaz toxiques dans la forêt. Elle se souvenait également du vieux Händel : "un petit bonhomme couvert de variole qui a longtemps été sur la Apostelplatz les samedi et dimanches à distribuer des tracts".
Elle pouvait également me parler de ses patients qui présentaient régulièrement des symptomes d'eruptions cutanées, de vieillissement du sinus frontal, de crampes, de vomissements et de diarhées. Plus qu'il ne lui semblait en avoir été témoin à Ruhebach, où elle avait autrefois vécu et travaillé.
"En avez-vous parlé avec les médecins d'ici ?
- Oui, et ils voyaient de quoi je voulais parler, mais en définitive, nous n'étions sûrs de rien. Il aurait fallu faire des statistiques, des examens, les mener en parallèle sur un groupe témoin. Et puis il y a la KV, l'Organisation des Caisses Maladies, qui recoit les factures et a une vue d'ensemble. Elle l'aurait sans doute remarqué si les choses étaient différentes chez nous qu'ailleurs.
- Est-ce que vous avez peur ?"
Elle me regarda droit dans les yeux.
"Bien sûr que j'ai peur. Tchernobyl, l'effet de serre, la destruction de la forêt vierge, la disparition des espèces animales, le cancer, le sida... Comment ne pas avoir peur dans ce monde-ci ?"

Raison et sensibilité, Jane Austen : Les aventures sentimentales d'Elinore et de Maria traînent un peu en longueur. Il est temps qu'elles se marient et qu'on en parle plus.
J'apprécie par contre quelques dialogues à l'humour bien placé. Un petit délice accompagnés d'une bonne cup of tea.

- Ses filles sont très bien mariées et je ne vois pas la nécessité de leur donner plus qu'il ne leur revient de droit. Ses bontés inouïes pour vous vous donnent lieu de prétendre à un bon legs après elle; ce serait vous tromper que d'en agir autrement.
- Nous ne demandons que son amitié, dit Elinor.; et pardonnez, mon frère, si je vous avoue que votre intérêt pour notre prospérité va beaucoup trop loin.
- Non non, pas du tout. J'ai promis à notre bon père de m'intéresser à vous dans toutes les occasions, et rien n'est plus juste. Mais, ma chère Elinor, parlons d'autre chose. Qu'est-ce qu'il y a avec Maria? Elle n'est plus la même, elle a perdu ses belles couleurs, elle a maigri, ses yeux sont battus; elle n'a plus de gaîté, de vivacité ; est-elle malade ?
- Elle n'est pas bien. Elle a depuis quelques semaines des maux de nerfs et de tête.
- J'en suis fâché, très fâché ! Dans la jeunesse il suffit d'une maladie pour détruire la fleur de la beauté; et voyez en combien peu de temps! En septembre passé quand elle quitta Norland, c'était la plus belle fille qu'on pût voir. Elle avait précisément ce genre de beauté qui plaît aux hommes et les attire. Je pensais aussi qu'elle trouverait bientôt un bon parti. Je me rappelle que Fanny disait souvent que quoiqu'elle fût votre cadette, elle se marierait plutôt et mieux que vous. Elle s'est trompée cependant c'est tout au plus à présent, si Maria trouve un parti de cinq ou six cents pièces de rente et vous, Elinor, vous allez en avoir un de deux mille en Dorsetshire dites-vous. Je connais peu le Dorsetshire, mais je me réjouis beaucoup de voir votre belle terre. Dès que vous y serez établie, vous pouvez compter sur la visite de nous deux, Fanny et moi. Nous serons charmés de passer là quelque temps avec vous et le bon colonel.
Elinor s'efforça très sérieusement de lui ôter l'idée que le colonel songeât à l'épouser; mais ce fut en vain. Ce projet lui plaisait trop pour qu'il y renonçât.

Freizeichen, Ildikó von Kürthy : Notre chère narratrice vient d'avoir 30 ans, elle vit depuis 4 ans avec Ben, la même coiffure et des kilos en trop. Crise existentielle, elle part à Maillorca chez sa tante et rencontre un bel Adonis qui veut visiblement très fortement l'attirer dans son lit. Questions existentielles sur questions existentielles dans ce bouquin qui touche un peu le fond des fois quand même.

Il y a moments dans la vie d'une femme quis ont tellement existentiels que l'on se sent propulsé à l'essence de son être. Sans doute que mettre un enfant au monde en fait partie, peut-être aussi le mariage à l'église. Mais ce qui en fait sans hésitation partie, c'est le moment où tu te tiens debout, enveloppée dans un peignoir jetable plus qu'hideux, devant une cosméticienne mince comme une brindille qui t'observe des pieds à la tête et finit par conseiller un bain pour les zones à problème. Evidemment, un bain pour le corps entier. Et lorsqu'elle te dit pour finir, tandis qu'elle te tartine les cuisses de boue : "Détendez-vous, j'ai vu bien pire que ca", et bien tu ne te sens pas vraiment mieux.

Der Dativ ist dem Genitiv sein Tod, Bastian Sick : Difficile de traduire quelque chose de ces petits articles qui se préoccupent exclusivement des problèmes de la langue allemande. C'est très marrant, et plein de jeux de mots intraduisibles.
Mais allez, je suis en forme pour les extraits cette semaine :

Et le Seigneur descendit du ciel et mélangea leurs langages, afin qu'ils ne se comprennent plus entre eux. Comme d'habitude, il fit du bon boulot. Les reste, les Américains s'en chargèrent. Ainsi, la confusion qui descendit sur Babylone est encore vivace aujourd'hui. Par dessus tout, tout le monde ignore complètement comment s'appelle vraiment le peuple entre le Tibre et l'Euphrate.

Bon, j'arrête là les dégâts. Ceci était donc l'introduction au texte parlant des noms des habitants de pays. Alors d'accord, en francais, nous sommes à peu près d'accord sur le mot "babylonien". Mais en Allemand, ce n'est pas vraiment évident. Mais sincèrement, vous savez comment s'appellent les habitants du Yemen ? et de Madagascar ?

Qu'est-ce que je vais lire ensuite ?

Les frères Karamazof, Dostoievski

Et puis je vais me calmer et essayer d'abord de finir tous les livres que je suis en train de lire avant d'en commencer d'autres :)

Commentaires

euh ... des yéménites et des malgaches ?

Écrit par : saremma | lundi, 11 avril 2011

Sont casse-pieds ces gens intelligents, ils me détruisent mes démonstrations... :(

Écrit par : Lodi | mercredi, 13 avril 2011

Ca me semble facile aussi mais parce que je connais personnellement des malgaches, sinon effectivement d'instinct, sans jamais en avoir entendu parler, je n'aurais pas su.

Écrit par : Winnie | jeudi, 14 avril 2011

Les commentaires sont fermés.