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jeudi, 30 décembre 2010

Dans la famille Mann, je voudrais...

Dans la famille Mann, il est difficile de s'y retrouver. Il y a Thomas Mann, évidemment. Le grand, le monstre, le "magicien", comme l'appelaient les autres membres de la famille. Mais avant même Thomas Mann, il y a son grand frère, Heinrich Mann, auteur lui aussi, et qui n'était pas moins connu que son petit frère sous la République de Weimar.
Et après Thomas, le père, il y eu toute une ribambelle d'enfants Mann, tous plus surdoués les uns que les autres, chacun dans son domaine.

Mais parmis les Mann, ce sont les deux enfants aînés qui me touchent particulièrement. Klaus Mann, que j'ai découvert par son Méphisto (grandiose, grandiose...), puis par ses discours contre le nazisme (le recueil Contre la Barbarie). Et Erika. Erika parce que Klaus, parce que l'un ne va pas sans l'autre.

Erika, je l'ai d'abord découverte dans Contre la Barbarie. Quelques pages au centre du livre reproduisaient des photos de Klaus Mann. Et comme Klaus Mann ne va pas sans Erika Mann, cette dernière était sur (à peu près) toutes les photos.

 

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J'ai d'abord été fascinée de ne pouvoir reconnaître la soeur du frère sur cette photo.
Puis j'ai été encore plus fascinée lorsque j'ai connu son histoire, qui a éclairée celle de Méphisto d'un jour nouveau.

Méphisto, je vous le rappelle, est l'histoire d'un acteur de génie, Höfgen, qui va pactiser avec le régime nazi pour continuer à exercer son art. D'où un magnifique effet de mise en abîme, le plus grand succès de cet Höfgen étant le rôle du Méphisto dans le Faust de Goethe, avec lequel Klaus Mann contruit des parallèles évident (le nazisme représentant Satan, etc etc.).

Le modèle de son Höfgen, Klaus Mann n'a pas été le chercher très loin. Il n'a d'ailleurs pas pris beaucoup de précautions pour le cacher. Au détail près, ce roman est en effet une biographie de Gustaf Gründgens, un grand acteur de l'époque...

... et TRÈS grand ami de la famille Mann. Avant l'arrivée au pouvoir des nazis, cela va sans dire (où commencera son ignoble pacte avec le diable). Un très grand ami de Klaus et Erika, devrait-on dire.
Car Güstaf Gründgens n'était rien moins que le mari d'Erika. Mais oui, mais oui.
Mais attendez, ce n'est pas tout.
Car Erika et Klaus, étaient très TRÈS TRÈS TRÈS proches. Incestueux, homosexuels, et très partageurs, la jeune femme était moins intéressée par son mari que par la fiancée de son frère (qui elle-même, au passage, n'ètait pas la fille de n'importe qui, mais du grand dramaturge Wedekind), qui lui-même n'a jamais pris la peine d'épouser sa fiancée, mais couchait très ouvertement avec le mari de sa soeur. Mais oui, mais oui, mais oui.

Et tout de suite, on lit Méphisto différemment.

Après Klaus, vivant dans l'ombre de son père, Erika, donc, vivant dans l'ombre de son frère.
Cette fille m'intéresse, et j'espère qu'on en entendra encore parler sur ce blog.

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lundi, 27 décembre 2010

C'est lundi...

Qu'ai-je lu ces deux dernières semaines ?

Morgen bin ich Milinär, Edith Krispien, une petite histoire bien rigolote, un livre que jamais je n'aurais lu si je ne l'avais découvert dans une cabine téléphonique...

Die Schuld des Tages an die Nacht (Ce que le jour doit à la nuit), Yasmina Khadra
Un roman sur la guerre d'Algérie qui parle peu de la guerre d'Algérie. Mais qui par contre, parle beaucoup de ma famille...
Les protagonistes sont bien quelque peu plus agés que les adultes de ma famille, mais on les retrouve au détour de quelques phrases. Dédé et sa femme Martine, c'est le frère de mon papa et sa femme Mimi. On retrouve ces pieds-noirs expatriés de Rio (une bourgade des environs d'Oran) dans les rues de Marseille, d'Aix, en Corse, à Alicante.

Aziyadé, Pierre Loti, relativement ennuyeux, et surtout de l'auteur le plus pessimiste qu'il m'aie jamais été donné de lire... Mais la couleur orientale est agréable, et surtout, on sent que l'auteur sait très bien de quoi il parle. Mais on en apprend finalement trop peu sur la Turquie, l'auteur se concentrant sur l'histoire d'amour, qui ne m'a pas vraiment passionnée.
Le roman a pourtant été un franc succès en son temps. Je suppose que Loti est tout simplement passé de mode.

J’examinai les vieillards qui m’entouraient : leurs costumes indiquaient la recherche minutieuse des modes du bon vieux temps ; tout ce qu’ils portaient était eski, jusqu’à leurs grandes lunettes d’argent, jusqu’aux lignes de leurs vieux profils. Eski, mot prononcé avec vénération, qui veut dire antique, et qui s’applique en Turquie aussi bien à de vieilles coutumes qu’à de vieilles formes de vêtement ou à de vieilles étoffes. Les Turcs ont l’amour du passé, l’amour de l’immobilité et de la stagnation.
On entendit tout à coup le bruit du canon, une salve d’artillerie partie du Séraskiérat ; les vieillards échangèrent des signes d’intelligence et des sourires ironiques.
– Salut à la constitution de Midhat-pacha, dit l’un d’eux en s’inclinant d’un air de moquerie.
– Des députés ! une charte ! marmottait un autre vieux turban vert ; les khalifes du temps jadis n’avaient point besoin des représentations du peuple.
– Voï, voï, voï, Allah !… et nos femmes ne couraient point en voile de gaze ; et les croyants disaient plus régulièrement leurs prières ; et les Moscow avaient moins d’insolence !
Cette salve d’artillerie annonçait aux musulmans que le padishah leur octroyait une constitution, plus large et plus libérale que toutes les constitutions européennes ; et ces vieux Turcs accueillaient très froidement ce cadeau de leur souverain.

L'Oeuvre, Zola

C’était enfin son ancien rêve, irréalisé jusque-là, faute d’argent : une figure debout, la Baigneuse dont plus de dix maquettes traînaient chez lui, depuis des années. Dans une heure de révolte impatiente, il avait fabriqué lui-même une armature avec des manches à balai, se passant du fer nécessaire, espérant que le bois serait assez solide. De temps à autre, il la secouait, pour voir ; mais elle n’avait pas encore bougé.
« Fichtre ! murmura-t-il, un air de feu lui fera du bien…
C’est collé sur elle, une vraie cuirasse. » Les linges craquaient sous ses doigts, se brisaient en morceaux de glace. Il dut attendre que la chaleur les eût dégelés un peu ; et, avec mille précautions, il la désemmaillotait, la tête d’abord, puis la gorge, puis les hanches, heureux de la revoir intacte, souriant en amant à sa nudité de femme adorée.
[...]
« Puisque nous ne sommes pas pressés, assieds-toi donc… J’attends que les linges soient dégelés complètement. » Le poêle commençait à rougir, une grosse chaleur se dégageait. Justement, la Baigneuse, placée très près, semblait revivre, sous le souffle tiède qui lui montait le long de l’échine, des jarrets à la nuque. Et tous les deux, assis maintenant, continuaient à la regarder de face et à causer d’elle, la détaillant, s’arrêtant à chaque partie de son corps. Le sculpteur surtout s’excitait dans sa joie, la caressait de loin d’un geste arrondi. Hein ? le ventre en coquille, et ce joli pli à la taille, qui accusait le renflement de la hanche gauche ! À ce moment, Claude, les yeux sur le ventre, crut avoir une hallucination. La Baigneuse bougeait, le ventre avait frémi d’une onde légère, la hanche gauche s’était tendue encore, comme si la jambe droite allait se mettre en marche.
« Et les petits plans qui filent vers les reins, continuait Mahoudeau, sans rien voir. Ah ! c’est ça que j’ai soigné ! Là, mon vieux, la peau, c’est du satin. » Peu à peu, la statue s’animait tout entière. Les reins roulaient, la gorge se gonflait dans un grand soupir, entre les bras desserrés. Et, brusquement, la tête s’inclina, les cuisses fléchirent, elle tombait d’une chute vivante, avec l’angoisse effarée, l’élan de douleur d’une femme qui se jette.
Claude comprenait enfin, lorsque Mahoudeau eut un cri terrible.
« Nom de Dieu ! ça casse, elle se fout par terre ! » En dégelant, la terre avait rompu le bois trop faible de l’armature. Il y eut un craquement, on entendit des os se fendre. Et lui, du même geste d’amour dont il s’enfiévrait à la caresser de loin, ouvrit les deux bras, au risque d’être tué sous elle. Une seconde, elle oscilla, puis s’abattit d’un coup, sur la face, coupée aux chevilles, laissant ses pieds collés à la planche.
Claude s’était élancé pour le retenir.
« Bougre ! tu vas te faire écraser ! » Mais, tremblant de la voir s’achever sur le sol, Mahoudeau restait les mains tendues. Et elle sembla lui tomber au cou, il la reçut dans son étreinte, serra les bras sur cette grande nudité vierge, qui s’animait comme sous le premier éveil de la chair. Il y entra, la gorge amoureuse s’aplatit contre son épaule, les cuisses vinrent battre les siennes, tandis que la tête, détachée, roulait par terre. La secousse fut si rude qu’il se trouva emporté, culbuté jusqu’au mur ; et, sans lâcher ce tronçon de femme, il demeura étourdi, gisant près d’elle.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Les enfants du Limon, de Queneau

Olivier Twist, Dickens
Évidemment, tout le monde connaît Oliver Twist (encore que je n'étais pas sûre de bien le différencier de David Copperfield), mais je n'étais pas du tout consciente que l'écriture de Dickens était si ironique et rigolote.
Ca me plaît bien pour le moment. Mais bon, le suspens n'est pas insoutenable (d'ailleurs, j'avance lentement).

Les membres du conseil d'administration étaient des hommes pleins de sagesse et d'une philosophie profonde : en fixant leur attention sur le dépôt de mendicité, ils avaient découvert tout à coup ce que des esprits vulgaires n'eussent jamais aperçu, que les pauvres s'y plaisaient ! C'était pour les classes pauvres un séjour plein d'agrément, une taverne où l'on n'avait rien à payer, où l'on avait toute l'année le déjeuner, le dîner, le thé et le souper ; c'était un véritable Élysée de briques et de mortier, où l'on n'avait qu'à jouir sans travailler. " Oh ! oh ! se dit le conseil d'un air malin ; nous sommes gens à remettre les choses en ordre ; nous allons faire cesser cela tout de suite. " Sur ce ils posèrent en principe que les pauvres auraient le choix (car on ne forçait personne, bien entendu) de mourir de faim lentement s'ils restaient au dépôt, ou tout d'un coup s'ils en sortaient.

Qu'est-ce que je vais lire après ?

Les livres que j'ai recus à Noel...

samedi, 25 décembre 2010

C'est Noel...

...et le Père Noel vous offre aujourd'hui en exclusivité sur Die Kuhzeitung un conte de Noel, mais un peu différent des autres !
(ce qui, pour des raisons techniques indépendantes de sa volonté, n'est que À PEU PRÈS le cadeau prévu au départ...)

Joyeux Noel en écoutant La Question au destin !

Pssst: Le cadeau, en fait, se trouve ici... Saurez-vous l'identifier ?

lundi, 13 décembre 2010

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?

Anna Karénine, Léon Tolstoi

Voilà un roman qui a commencé doucettement, pour m'emballer arrivée à la fin du 1er tome, puis s'endors un peu, et finit sur un crescendo.
Impressions de lecture inégales, mais globalement très bonnes.

« Fedor prétend que Mitiouck vit pour son ventre ; je sais ce qu’il entend par là ; nous tous, êtres de raison, nous vivons de même. Mais Fedor dit aussi qu’il faut vivre pour Dieu, selon la vérité, et je le comprends également… Moi, et des millions d’hommes, riches et pauvres, sages et simples, dans le passé comme dans le présent, nous sommes d’accord sur un point : c’est qu’il faut vivre pour le « bien ». – La seule connaissance claire, indubitable, absolue, que nous possédions est celle-là, – et ce n’est pas par le raisonnement que nous y parvenons, – car le raisonnement l’exclut, parce qu’elle n’a ni cause ni effet. Le « bien », s’il avait une cause, cesserait d’être le bien, tout comme s’il avait une sanction, – une récompense…
« Ceci, je le sais, nous le savons tous.
« Et moi qui cherchais un miracle pour me convaincre ? – Le voilà, le miracle, je ne l’avais pas remarqué, tandis qu’il m’enserre de toutes parts !… En peut-il être de plus grand ?…

Nana, Émile Zola

Je pense que mes impressions de lecture n'apprendront plus rien à personne sur "Nana". Un classique s'il en est, lu et relu, et rerelu. Moi, c'était la première fois.
Le lire directement après Anna Karénine s'est révélé intéressant. Beaucoup de parallèles qui ne font que souligner les différences. La société est la même, les divertissements sont les mêmes (les salons, les théâtres, les courses...), les personnages seraient presque interchangeables. Restent Nana d'un côté, Anna Karénine de l'autre, deux visions de la femme entretenue, de la femme perdue.
Une écriture différente aussi. La crudité de "Nana" m'a surprise, tandis que les sous-entendus pudiques d'"Anna Karénine" m'ont parfois ennuyée.

Nana, cependant, en voyant rire la salle, s’était mise à rire. La gaieté redoubla. Elle était drôle tout de même, cette belle fille. Son rire lui creusait un amour de petit trou dans le menton. Elle attendait, pas gênée, familière, entrant tout de suite de plain-pied avec le public, ayant l’air de dire elle-même d’un clignement d’yeux quelle n’avait pas de talent pour deux liards, mais que ça ne faisait rien, quelle avait autre chose. Et, après avoir adressé au chef d’orchestre un geste qui signifiait : " Allons-y, mon bonhomme ! " elle commença le second couplet :
À minuit, c’est Vénus qui passe..
C’était toujours la même voix vinaigrée, mais à présent elle grattait si bien le public au bon endroit, qu'elle lui tirait par moments un léger frisson. Nana avait gardé son rire, qui éclairait sa petite bouche rouge et luisait dans ses grands yeux, d’un bleu très clair. A certains vers un peu vifs, une friandise retroussait son nez dont les ailes roses battaient, pendant qu’une flamme passait sur ses joues. Elle continuait à se balancer, ne sachant faire que ça. Et on ne trouvait plus ça vilain du tout, au contraire ; les hommes braquaient leurs jumelles. Comme elle terminait le couplet, la voix lui manqua complètement, elle comprit quelle n’irait jamais au bout. Alors, sans s’inquiéter, elle donna un coup de hanche qui dessina une rondeur sous la mince tunique, tandis que, la taille pliée, la gorge renversée, elle tendait les bras. Des applaudissements éclatèrent. Tout de suite, elle s’était tournée, remontant, faisant voir sa nuque où des cheveux roux mettaient comme une toison de bête ; et les applaudissements devinrent furieux.

Qu'estce que je suis en train de lire ?

Die Schuld des Tages an die Nacht (Ce que le jour doit à la nuit), Yasmina Khadra

Aziyadé, Pierre Loti, dans lequel j'ai un peu de mal à entrer pour le moment.

Brightbury, août 1876.
Frère aimé,
Tu cours, tu vogues, tu changes, tu te poses… te voilà parti comme un petit oiseau sur lequel jamais on ne peut mettre la main. Pauvre cher petit oiseau, capricieux, blasé, battu des vents, jouet des mirages, qui n’a pas vu encore où il fallait qu’il reposât sa tête fatiguée, son aile frémissante.
Mirage à Salonique, mirage ailleurs ! Tournoie, tournoie toujours, jusqu’à ce que, dégoûté de ce vol inconscient, tu te poses pour la vie sur quelque jolie branche de fraîche verdure… Non ; tu ne briseras pas tes ailes, et tu ne tomberas pas dans le gouffre, parce que le Dieu des petits oiseaux a une fois parlé, et qu’il y a des anges qui veillent autour de cette tête légère et chérie.

Qu'est-ce que je vais lire après ?

Les enfants du Limon, Queneau

dimanche, 12 décembre 2010

Ces deux semaines, j'ai aimé...

... trouver enfin une vidéo de Tommy February chantant Lonely in gorgeous:

Une choréographie tellement intéressante, une telle grâce dans ses mouvements... ca valait le coup !

... que la pétition Mais c'est un homme ait dépassé les 4000 signatures. C'est pas énorme, mais c'est déjà ca.

... que cette demoiselle fête ses 6 ans à Belin. Même si je ne la connaîs pas IRL, ca fait chaud au coeur.

... un site qui propose des photos vraiment magnifiques de Berlin.

... vous préparer une petite surprise pour Noel (teasing teasing...).

lundi, 06 décembre 2010

C'est lundi...

Qu'ai-je lu les deux semaines dernières ?

Die beiden Freundinnen und ihr Giftmord (L'empoisonnement), Alfred Döblin qui était bien, mais sans plus...

Was wir nicht haben, brauchen Sie nicht (Ce que nous n'avons pas, vous n'en avez pas besoin), Dieter Moor, une grosse rigolade. Humour réservé cependant aux brandenbourgeois, ou à ceux qui les connaissent bien...

Le Moujik Marey, Dostoïevski est une jolie nouvelle sur la bonté humaine, la bonté toute simple. Une anecdote.
Ce fut un insignifiant incident de ma première enfance qui me revint à la mémoire, du temps lointain où j’avais neuf ans. Je croyais bien l’avoir oublié. Mais, à cette époque (du bagne), c’étaient surtout les souvenirs de ma première enfance que j’aimais à me rappeler.

Les rêves, Tchekhov
Pourquoi les russes ont-il une telle fascination pour le meutre? Je découvre peu à peu la littérature russe, et le meutre y est omniprésent. La Sibérie aussi, les galères. La misère.
Cette nouvelle est un mélange étrange de belle poésie et de cruelle réalité sans poésie. C'est cette dernière qui l'emporte.

Que suis-je en train de lire ?

Die Schuld des Tages an die Nacht ("Ce que le jour doit à la nuit"), Yasmina Khadra
Je suis tombée sur ce livre par hasard. La couverture me disait vaguement quelque chose. Mais je pensais que l'histoire se passait au Moyen-Orient. Bref, rien à voir.
En lisant les premiers chapitres de ce livre, je ne peux m'empêcher de penser au petit Lazarrio de Tormes... Étrange, parce qu'a priori, la couleur locale est plutôt celle du gone de Chaâba, si ce n'est que nous ne sommes pas à Lyon, mais à Oran, dans une riche famille arabe bien intégrée dans la communauté pied-noire.
Au lieu de me retrouver en plein conflit israelo-palestinien, il se trouve donc que je vais fort probablement bientôt tomber en pleine guerre d'Algérie, vue de l'autre côté (ca doit être les gênes...). Je vous raconterai ca.
En tous cas, pour le moment, c'est sacrément bien ficelé (et bien écrit (même si je le lis en allemand alors que le texte original est en francais (ce qui n'est pas loin d'être un crime (mais je savais pas)))).

Morgen bin ich Milinär, Edith Krispien
C'est un ravissant petit livre, qui m'inspirait peu - mais à tord. C'est très drôle. Une jeune fille raconte son enfance, entre un père complètement frappadingue qui tente de devenir milionnaire en faisant un élevage de poulet dans le jardin de la petite maison et une mère dépassée par les évènements, mais forte, et qui essaye tant bien que mal de sauver ce qui peut l'être. Évidemment, c'est délicieusement absurde.

Anna Karénine, Léon Tolstoi
Je suis transportée par ce livre. C'est vraiment formidable.
Ceux qui s'attendent à un roman à l'eau de rose un peu niais sont servis. L'histoire est tout sauf niaise. Les personnages prennent vie. On les aime, on a envie de leur hurler dessus. Ils sont tellement vrais.
J'aurais aimé lire ce livre il y a bien des années. J'en aurais appris beaucoup.

— Voici : Supposons que tu sois marié, que tu aimes ta femme, et que tu te sois laissé entraîner par une autre femme.
— Excuse-moi, mais je ne comprends rien à cela ; c’est pour moi, comme si, en sortant de dîner, je volais un pain en passant devant une boulangerie. »
Les yeux de Stépane Arcadiévitch brillèrent plus encore que de coutume.
« Pourquoi pas ? le pain frais sent quelquefois si bon qu’on peut ne pas avoir la force de résister à la tentation.
   Himmlisch war’s wenn ich bezwang
   Meine irdische Begier
   Aber wenn mir’s nicht gelang
   Hatt ! ich auch ein gross Plaisir.
Et en disant ces vers Oblonsky sourit finement. Levine ne put s’empêcher d’en faire autant.
« Trêve de plaisanteries, continua Oblonsky, suppose une femme charmante, modeste, aimante, qui a tout sacrifié, qu’on sait pauvre et isolée : faut-il l’abandonner, maintenant que le mal est fait ? Mettons qu’il soit nécessaire de rompre pour ne pas troubler la vie de famille, mais ne faut-il pas en avoir pitié ? lui adoucir la séparation ? penser à son avenir ?
— Pardon, mais tu sais que, pour moi, les femmes se divisent en deux classes, ou, pour mieux dire, il y a des femmes et des... Je n’ai jamais rencontré de belles repenties ; mais des créatures comme cette Française du comptoir avec ses frisons me répugnent, et toutes les femmes tombées aussi.
— Et l’Évangile, qu’en fais-tu ?
— Laisse-moi tranquille avec ton Évangile. Jamais le Christ n’aurait prononcé ces paroles s’il avait su le mauvais usage qu’on en ferait ; c’est tout ce qu’on a retenu de l’Évangile. Au reste je conviens que c’est une impression personnelle, rien de plus. J’ai du dégoût pour les femmes tombées, comme toi pour les araignées ; tu n’as pas eu besoin pour cela d’étudier les mœurs des araignées, ni moi celles de ces êtres-là.
— C’est commode de juger ainsi ; tu fais comme ce personnage de Dickens, qui jetait de la main gauche par-dessus l’épaule droite toutes les questions embarrassantes. Mais nier un fait n’est pas y répondre. Que faire ? dis-moi, que faire ?
— Ne pas voler de pain frais. »
Stépane Arcadiévitch se mit à rire.

Et c'est beau... Tolstoi décrit pedant des pages et des pages la forêt, la vie de la ferme, les moissons. Aucune poésie sur les beautés de la nature ne m'a jaimais autant touché que ces quelques pages où Levine se tient en embuscade, attendant le vol d'une perdrix. Il regarde autour de lui. Je ne m'en lassais pas.

Qu'est-ce que je vais lire après ?

J'ai une envie soudaine de lire Nana, et je pense que je ne vais pas la réfreiner. Les enfants du Limon, de Queneau, m'attendent depuis des années, et peut-être que leur heure est venue. Et puis je lirai aussi du Bernhard Schlink.

mercredi, 01 décembre 2010

Les assistants de Konfus

Maintenant, ca y est, c'est parti. J'ai commencé mon mémoire sous la direction de Konfus.
Étant donné qu'il est un poil monomaniaque (la HPSG ou rien ; SON logiciel ou rien), et un poil incompréhensible, ca n'est pas de la tarte.

Heureusement, un jour que je lui envoyais des e-mails désespérés, Konfus m'a proposé d'aller demander de l'aide à un de ses "studentische Hilfskräfte". J'avais déjà entendu parler de ces machins-là, sans vraiment comprendre leur statut.
Les studentische Hilfskräfte sont des étudiants chauves et/ou à grosses lunettes, qui squattent les cours d'un prof alors qu'il en savent visiblement plus que lui sur le sujet du cours, et qui branchent le rétroprojecteur avant le début du cours. Ou suivent le prof en faisant des blagues et en buvant du café, c'est selon.
Grâce à wikipedia, je sais désormais combien les studentische Hilfskräfte sont payés, et surtout que leur équivalent anglais est "research assistant", ce qui est tout de suite plus clair.

C'est ainsi que j'ai atterri il y a quelques deux semaines dans le bureau de John, un des assitants de Konfus, qui s'est révélé être un peu l'incarnation de l'être humain que je veux épouser. C'est un linguiste ET un informaticien ET un japanisant. ET il est beau. ET il fait de la musique expérimentale bizarre. Et je vais être obligée d'aller lui demander de l'aide à chaque fois que je serai perdue avec mon mémoire, ma vie est merveilleuse.

Hier j'ai atterri par un hasard de circonstances dans le bureau du second assistant de Konfus, son sosie, Konfus2-leRetour.
"Il n'existe qu'une theorie linguistique, la HPSG, et Konfus est son prophète."
Ou quelque chose du genre.
De par ailleurs légèrement moins incompréhensible que Konfus, et gentil et serviable à mourir (avec un sourire idem).

Je n'étais pas depuis trois minutes dans son bureau que John est apparu et s'est installé confortablement dans un coin. "Tiens, on se connaît!"
Une fois mon petit problème résolu, j'ai demandé quelques conseils pour aborder mon mémoire. Visiblement, l'idée que je travaille sur le hongrois les ravissait tous les deux. Konfus2 me notait quinze mille liens qui pouvaient m'intéresser.

John: "Mais qu'est-ce que tu vas la faire se perdre avec Kifka? Tu vas complètement l'embrouiller avec tes théories inutiles! Si elle travaille sur Kiss, elle aura une theorie unitaire et simple.
Konfus2: - Mais Kiss travaille sur des éléments qui n'existent pas !
John: - Mais si, ils existent pour le hongrois !"

Oh mon dieu, je vous en supplie, ne vous battez pas pour ca !
Les linguistes qui soutiennent des theories différentes peuvent s'enliser dans des débats sans fin...

Munie de toutes mes informations, j'ai fini par laisser les deux assistants ensemble. Ils pourront s'étriper sur les éléments de Kiss tout à loisir.
"Reviens me montrer ca quand tu auras un peu avancé.
- Oui, moi aussi. On va t'aider à le mener à bien ce mémoire.
- C'est gentil. Mais je ne veux pas vous embêter tout le temps avec mes problèmes...
- Ach...."

Liste Noel

Cher Père Noel,

Comme j'ai été terriblement sage cette année, j'ai des super idées de cadeaux chers.
Ne bougonne pas, je sais très bien que la crise financière n'a pas touché la Laponie.

Un cardiofréquencemètre

Je n'ai pas de préférence, ne m'y connaissant absolument pas. Un cardiofréquencemètre est composé d'un appareil qui prend le poul (qu'on attache autour du torse ; il existe une variante accrochée au poignet, mais il paraît que ce n'est pas très bien (dixit Foux)) et d'une montre gps qui vous raconte plein de choses plus ou moins importantes (de combien vous êtes éloigné de votre poul le plus élevé, votre vitesse en km/h, en mn/km, combien de kilomètre vous avez couru, combien de calories vous avez perdu, la température, la météo, votre horoscope, etc).
Je sais juste que la marque Polar est la plus connue... (exemple)

Des chaussures de course

Je te laisse volontiers le choix du modèle, cher Père Noel.
Je me permet juste de faire remarquer que je suis une grosse fan des Asics Gel-nimbus... et que je chausse du 38. Mais je serais toi, je garderais le ticket de caisse, c'est malheureusement assez indispensable sur ce genre d'article.

Une veste outdoor

Comme son nom l'indique: une veste qui tient très chaud et qui protège de la pluie. Si elle est pas rose fluo, ca m'arangerait, mais dans le fond, je m'en fiche.
J'ai vu des vestes super tip-top chez Millet. Qui est cher, mais fait de la bonne qualité. Et en plus, est francais. Chez eux, je taille du 38/40.

Des livres

Apocalypse Bébe, Virginie Despentes
Une forme de vie, Amélie Nothomb
(oui, j'ai remarqué que j'encourage le mécénat d'auteurs en manque de reconnaissance médiatique...)

Dehors les chiens, les infidèles, Maia Mazaurette

Médecine et Philosophie, Anne Fagot

En définitive, cher Père Noel, c'est évidemment toi qui choisis. Comme je devrais rester une semaine après Noel (pour harceler mon cher cousin Mathias qui sera en pleine préparation de ses partiels pour qu'il m'aide à utiliser prolog), et que je sais que toutes ces choses coûtent un demi-bras (sauf les livres, ok), des chèques cadeaux peuvent aussi faire l'affaire, et me permettrons de complèter avec mes sous si besoin est.
De plus, je suis toujours heureuse de découvrir des cadeaux originaux et inattendus. Et puis juste en passant: je manque terriblement de t-shirts de sport. Oui, les t-shirts moches et trops grands dont on ne sait pas quoi faire et qu'on ne porte que pour les cours d'EPS et les travaux de jardinage. Exactement ceux-là. (Mais cela dit, si tu y tiens absolument, toutes les marques de sport font des super t-shirts trendy qui absorbent la transpiration, donnent chaud quand il fait froid, froid quand il fait chaud, augmentent la perte de calories et clignotent dans le noir.)

Sur ce, Père Noel, je te souhaite un bon mois de novembre, plein de bons moments à faire les courses de Noel dans des centres commerciaux bondés, et bien sûr, sans oublier l'ESPRIT DE NOEL !!!