Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 30 décembre 2010

Dans la famille Mann, je voudrais...

Dans la famille Mann, il est difficile de s'y retrouver. Il y a Thomas Mann, évidemment. Le grand, le monstre, le "magicien", comme l'appelaient les autres membres de la famille. Mais avant même Thomas Mann, il y a son grand frère, Heinrich Mann, auteur lui aussi, et qui n'était pas moins connu que son petit frère sous la République de Weimar.
Et après Thomas, le père, il y eu toute une ribambelle d'enfants Mann, tous plus surdoués les uns que les autres, chacun dans son domaine.

Mais parmis les Mann, ce sont les deux enfants aînés qui me touchent particulièrement. Klaus Mann, que j'ai découvert par son Méphisto (grandiose, grandiose...), puis par ses discours contre le nazisme (le recueil Contre la Barbarie). Et Erika. Erika parce que Klaus, parce que l'un ne va pas sans l'autre.

Erika, je l'ai d'abord découverte dans Contre la Barbarie. Quelques pages au centre du livre reproduisaient des photos de Klaus Mann. Et comme Klaus Mann ne va pas sans Erika Mann, cette dernière était sur (à peu près) toutes les photos.

 

1784353,zzATz8WhFlkugfpRuMVJ7akqkAiXcM80xfMo69RGl3r8owFP164k9sSe3POMUOdO_vUTNphGpmuH7fer6DrMHw==.jpg

J'ai d'abord été fascinée de ne pouvoir reconnaître la soeur du frère sur cette photo.
Puis j'ai été encore plus fascinée lorsque j'ai connu son histoire, qui a éclairée celle de Méphisto d'un jour nouveau.

Méphisto, je vous le rappelle, est l'histoire d'un acteur de génie, Höfgen, qui va pactiser avec le régime nazi pour continuer à exercer son art. D'où un magnifique effet de mise en abîme, le plus grand succès de cet Höfgen étant le rôle du Méphisto dans le Faust de Goethe, avec lequel Klaus Mann contruit des parallèles évident (le nazisme représentant Satan, etc etc.).

Le modèle de son Höfgen, Klaus Mann n'a pas été le chercher très loin. Il n'a d'ailleurs pas pris beaucoup de précautions pour le cacher. Au détail près, ce roman est en effet une biographie de Gustaf Gründgens, un grand acteur de l'époque...

... et TRÈS grand ami de la famille Mann. Avant l'arrivée au pouvoir des nazis, cela va sans dire (où commencera son ignoble pacte avec le diable). Un très grand ami de Klaus et Erika, devrait-on dire.
Car Güstaf Gründgens n'était rien moins que le mari d'Erika. Mais oui, mais oui.
Mais attendez, ce n'est pas tout.
Car Erika et Klaus, étaient très TRÈS TRÈS TRÈS proches. Incestueux, homosexuels, et très partageurs, la jeune femme était moins intéressée par son mari que par la fiancée de son frère (qui elle-même, au passage, n'ètait pas la fille de n'importe qui, mais du grand dramaturge Wedekind), qui lui-même n'a jamais pris la peine d'épouser sa fiancée, mais couchait très ouvertement avec le mari de sa soeur. Mais oui, mais oui, mais oui.

Et tout de suite, on lit Méphisto différemment.

Après Klaus, vivant dans l'ombre de son père, Erika, donc, vivant dans l'ombre de son frère.
Cette fille m'intéresse, et j'espère qu'on en entendra encore parler sur ce blog.

sriimg20080407_8943434_0.jpg

 

Les commentaires sont fermés.