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lundi, 27 décembre 2010

C'est lundi...

Qu'ai-je lu ces deux dernières semaines ?

Morgen bin ich Milinär, Edith Krispien, une petite histoire bien rigolote, un livre que jamais je n'aurais lu si je ne l'avais découvert dans une cabine téléphonique...

Die Schuld des Tages an die Nacht (Ce que le jour doit à la nuit), Yasmina Khadra
Un roman sur la guerre d'Algérie qui parle peu de la guerre d'Algérie. Mais qui par contre, parle beaucoup de ma famille...
Les protagonistes sont bien quelque peu plus agés que les adultes de ma famille, mais on les retrouve au détour de quelques phrases. Dédé et sa femme Martine, c'est le frère de mon papa et sa femme Mimi. On retrouve ces pieds-noirs expatriés de Rio (une bourgade des environs d'Oran) dans les rues de Marseille, d'Aix, en Corse, à Alicante.

Aziyadé, Pierre Loti, relativement ennuyeux, et surtout de l'auteur le plus pessimiste qu'il m'aie jamais été donné de lire... Mais la couleur orientale est agréable, et surtout, on sent que l'auteur sait très bien de quoi il parle. Mais on en apprend finalement trop peu sur la Turquie, l'auteur se concentrant sur l'histoire d'amour, qui ne m'a pas vraiment passionnée.
Le roman a pourtant été un franc succès en son temps. Je suppose que Loti est tout simplement passé de mode.

J’examinai les vieillards qui m’entouraient : leurs costumes indiquaient la recherche minutieuse des modes du bon vieux temps ; tout ce qu’ils portaient était eski, jusqu’à leurs grandes lunettes d’argent, jusqu’aux lignes de leurs vieux profils. Eski, mot prononcé avec vénération, qui veut dire antique, et qui s’applique en Turquie aussi bien à de vieilles coutumes qu’à de vieilles formes de vêtement ou à de vieilles étoffes. Les Turcs ont l’amour du passé, l’amour de l’immobilité et de la stagnation.
On entendit tout à coup le bruit du canon, une salve d’artillerie partie du Séraskiérat ; les vieillards échangèrent des signes d’intelligence et des sourires ironiques.
– Salut à la constitution de Midhat-pacha, dit l’un d’eux en s’inclinant d’un air de moquerie.
– Des députés ! une charte ! marmottait un autre vieux turban vert ; les khalifes du temps jadis n’avaient point besoin des représentations du peuple.
– Voï, voï, voï, Allah !… et nos femmes ne couraient point en voile de gaze ; et les croyants disaient plus régulièrement leurs prières ; et les Moscow avaient moins d’insolence !
Cette salve d’artillerie annonçait aux musulmans que le padishah leur octroyait une constitution, plus large et plus libérale que toutes les constitutions européennes ; et ces vieux Turcs accueillaient très froidement ce cadeau de leur souverain.

L'Oeuvre, Zola

C’était enfin son ancien rêve, irréalisé jusque-là, faute d’argent : une figure debout, la Baigneuse dont plus de dix maquettes traînaient chez lui, depuis des années. Dans une heure de révolte impatiente, il avait fabriqué lui-même une armature avec des manches à balai, se passant du fer nécessaire, espérant que le bois serait assez solide. De temps à autre, il la secouait, pour voir ; mais elle n’avait pas encore bougé.
« Fichtre ! murmura-t-il, un air de feu lui fera du bien…
C’est collé sur elle, une vraie cuirasse. » Les linges craquaient sous ses doigts, se brisaient en morceaux de glace. Il dut attendre que la chaleur les eût dégelés un peu ; et, avec mille précautions, il la désemmaillotait, la tête d’abord, puis la gorge, puis les hanches, heureux de la revoir intacte, souriant en amant à sa nudité de femme adorée.
[...]
« Puisque nous ne sommes pas pressés, assieds-toi donc… J’attends que les linges soient dégelés complètement. » Le poêle commençait à rougir, une grosse chaleur se dégageait. Justement, la Baigneuse, placée très près, semblait revivre, sous le souffle tiède qui lui montait le long de l’échine, des jarrets à la nuque. Et tous les deux, assis maintenant, continuaient à la regarder de face et à causer d’elle, la détaillant, s’arrêtant à chaque partie de son corps. Le sculpteur surtout s’excitait dans sa joie, la caressait de loin d’un geste arrondi. Hein ? le ventre en coquille, et ce joli pli à la taille, qui accusait le renflement de la hanche gauche ! À ce moment, Claude, les yeux sur le ventre, crut avoir une hallucination. La Baigneuse bougeait, le ventre avait frémi d’une onde légère, la hanche gauche s’était tendue encore, comme si la jambe droite allait se mettre en marche.
« Et les petits plans qui filent vers les reins, continuait Mahoudeau, sans rien voir. Ah ! c’est ça que j’ai soigné ! Là, mon vieux, la peau, c’est du satin. » Peu à peu, la statue s’animait tout entière. Les reins roulaient, la gorge se gonflait dans un grand soupir, entre les bras desserrés. Et, brusquement, la tête s’inclina, les cuisses fléchirent, elle tombait d’une chute vivante, avec l’angoisse effarée, l’élan de douleur d’une femme qui se jette.
Claude comprenait enfin, lorsque Mahoudeau eut un cri terrible.
« Nom de Dieu ! ça casse, elle se fout par terre ! » En dégelant, la terre avait rompu le bois trop faible de l’armature. Il y eut un craquement, on entendit des os se fendre. Et lui, du même geste d’amour dont il s’enfiévrait à la caresser de loin, ouvrit les deux bras, au risque d’être tué sous elle. Une seconde, elle oscilla, puis s’abattit d’un coup, sur la face, coupée aux chevilles, laissant ses pieds collés à la planche.
Claude s’était élancé pour le retenir.
« Bougre ! tu vas te faire écraser ! » Mais, tremblant de la voir s’achever sur le sol, Mahoudeau restait les mains tendues. Et elle sembla lui tomber au cou, il la reçut dans son étreinte, serra les bras sur cette grande nudité vierge, qui s’animait comme sous le premier éveil de la chair. Il y entra, la gorge amoureuse s’aplatit contre son épaule, les cuisses vinrent battre les siennes, tandis que la tête, détachée, roulait par terre. La secousse fut si rude qu’il se trouva emporté, culbuté jusqu’au mur ; et, sans lâcher ce tronçon de femme, il demeura étourdi, gisant près d’elle.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Les enfants du Limon, de Queneau

Olivier Twist, Dickens
Évidemment, tout le monde connaît Oliver Twist (encore que je n'étais pas sûre de bien le différencier de David Copperfield), mais je n'étais pas du tout consciente que l'écriture de Dickens était si ironique et rigolote.
Ca me plaît bien pour le moment. Mais bon, le suspens n'est pas insoutenable (d'ailleurs, j'avance lentement).

Les membres du conseil d'administration étaient des hommes pleins de sagesse et d'une philosophie profonde : en fixant leur attention sur le dépôt de mendicité, ils avaient découvert tout à coup ce que des esprits vulgaires n'eussent jamais aperçu, que les pauvres s'y plaisaient ! C'était pour les classes pauvres un séjour plein d'agrément, une taverne où l'on n'avait rien à payer, où l'on avait toute l'année le déjeuner, le dîner, le thé et le souper ; c'était un véritable Élysée de briques et de mortier, où l'on n'avait qu'à jouir sans travailler. " Oh ! oh ! se dit le conseil d'un air malin ; nous sommes gens à remettre les choses en ordre ; nous allons faire cesser cela tout de suite. " Sur ce ils posèrent en principe que les pauvres auraient le choix (car on ne forçait personne, bien entendu) de mourir de faim lentement s'ils restaient au dépôt, ou tout d'un coup s'ils en sortaient.

Qu'est-ce que je vais lire après ?

Les livres que j'ai recus à Noel...

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