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lundi, 13 décembre 2010

C'est lundi...

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?

Anna Karénine, Léon Tolstoi

Voilà un roman qui a commencé doucettement, pour m'emballer arrivée à la fin du 1er tome, puis s'endors un peu, et finit sur un crescendo.
Impressions de lecture inégales, mais globalement très bonnes.

« Fedor prétend que Mitiouck vit pour son ventre ; je sais ce qu’il entend par là ; nous tous, êtres de raison, nous vivons de même. Mais Fedor dit aussi qu’il faut vivre pour Dieu, selon la vérité, et je le comprends également… Moi, et des millions d’hommes, riches et pauvres, sages et simples, dans le passé comme dans le présent, nous sommes d’accord sur un point : c’est qu’il faut vivre pour le « bien ». – La seule connaissance claire, indubitable, absolue, que nous possédions est celle-là, – et ce n’est pas par le raisonnement que nous y parvenons, – car le raisonnement l’exclut, parce qu’elle n’a ni cause ni effet. Le « bien », s’il avait une cause, cesserait d’être le bien, tout comme s’il avait une sanction, – une récompense…
« Ceci, je le sais, nous le savons tous.
« Et moi qui cherchais un miracle pour me convaincre ? – Le voilà, le miracle, je ne l’avais pas remarqué, tandis qu’il m’enserre de toutes parts !… En peut-il être de plus grand ?…

Nana, Émile Zola

Je pense que mes impressions de lecture n'apprendront plus rien à personne sur "Nana". Un classique s'il en est, lu et relu, et rerelu. Moi, c'était la première fois.
Le lire directement après Anna Karénine s'est révélé intéressant. Beaucoup de parallèles qui ne font que souligner les différences. La société est la même, les divertissements sont les mêmes (les salons, les théâtres, les courses...), les personnages seraient presque interchangeables. Restent Nana d'un côté, Anna Karénine de l'autre, deux visions de la femme entretenue, de la femme perdue.
Une écriture différente aussi. La crudité de "Nana" m'a surprise, tandis que les sous-entendus pudiques d'"Anna Karénine" m'ont parfois ennuyée.

Nana, cependant, en voyant rire la salle, s’était mise à rire. La gaieté redoubla. Elle était drôle tout de même, cette belle fille. Son rire lui creusait un amour de petit trou dans le menton. Elle attendait, pas gênée, familière, entrant tout de suite de plain-pied avec le public, ayant l’air de dire elle-même d’un clignement d’yeux quelle n’avait pas de talent pour deux liards, mais que ça ne faisait rien, quelle avait autre chose. Et, après avoir adressé au chef d’orchestre un geste qui signifiait : " Allons-y, mon bonhomme ! " elle commença le second couplet :
À minuit, c’est Vénus qui passe..
C’était toujours la même voix vinaigrée, mais à présent elle grattait si bien le public au bon endroit, qu'elle lui tirait par moments un léger frisson. Nana avait gardé son rire, qui éclairait sa petite bouche rouge et luisait dans ses grands yeux, d’un bleu très clair. A certains vers un peu vifs, une friandise retroussait son nez dont les ailes roses battaient, pendant qu’une flamme passait sur ses joues. Elle continuait à se balancer, ne sachant faire que ça. Et on ne trouvait plus ça vilain du tout, au contraire ; les hommes braquaient leurs jumelles. Comme elle terminait le couplet, la voix lui manqua complètement, elle comprit quelle n’irait jamais au bout. Alors, sans s’inquiéter, elle donna un coup de hanche qui dessina une rondeur sous la mince tunique, tandis que, la taille pliée, la gorge renversée, elle tendait les bras. Des applaudissements éclatèrent. Tout de suite, elle s’était tournée, remontant, faisant voir sa nuque où des cheveux roux mettaient comme une toison de bête ; et les applaudissements devinrent furieux.

Qu'estce que je suis en train de lire ?

Die Schuld des Tages an die Nacht (Ce que le jour doit à la nuit), Yasmina Khadra

Aziyadé, Pierre Loti, dans lequel j'ai un peu de mal à entrer pour le moment.

Brightbury, août 1876.
Frère aimé,
Tu cours, tu vogues, tu changes, tu te poses… te voilà parti comme un petit oiseau sur lequel jamais on ne peut mettre la main. Pauvre cher petit oiseau, capricieux, blasé, battu des vents, jouet des mirages, qui n’a pas vu encore où il fallait qu’il reposât sa tête fatiguée, son aile frémissante.
Mirage à Salonique, mirage ailleurs ! Tournoie, tournoie toujours, jusqu’à ce que, dégoûté de ce vol inconscient, tu te poses pour la vie sur quelque jolie branche de fraîche verdure… Non ; tu ne briseras pas tes ailes, et tu ne tomberas pas dans le gouffre, parce que le Dieu des petits oiseaux a une fois parlé, et qu’il y a des anges qui veillent autour de cette tête légère et chérie.

Qu'est-ce que je vais lire après ?

Les enfants du Limon, Queneau

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