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lundi, 06 décembre 2010

C'est lundi...

Qu'ai-je lu les deux semaines dernières ?

Die beiden Freundinnen und ihr Giftmord (L'empoisonnement), Alfred Döblin qui était bien, mais sans plus...

Was wir nicht haben, brauchen Sie nicht (Ce que nous n'avons pas, vous n'en avez pas besoin), Dieter Moor, une grosse rigolade. Humour réservé cependant aux brandenbourgeois, ou à ceux qui les connaissent bien...

Le Moujik Marey, Dostoïevski est une jolie nouvelle sur la bonté humaine, la bonté toute simple. Une anecdote.
Ce fut un insignifiant incident de ma première enfance qui me revint à la mémoire, du temps lointain où j’avais neuf ans. Je croyais bien l’avoir oublié. Mais, à cette époque (du bagne), c’étaient surtout les souvenirs de ma première enfance que j’aimais à me rappeler.

Les rêves, Tchekhov
Pourquoi les russes ont-il une telle fascination pour le meutre? Je découvre peu à peu la littérature russe, et le meutre y est omniprésent. La Sibérie aussi, les galères. La misère.
Cette nouvelle est un mélange étrange de belle poésie et de cruelle réalité sans poésie. C'est cette dernière qui l'emporte.

Que suis-je en train de lire ?

Die Schuld des Tages an die Nacht ("Ce que le jour doit à la nuit"), Yasmina Khadra
Je suis tombée sur ce livre par hasard. La couverture me disait vaguement quelque chose. Mais je pensais que l'histoire se passait au Moyen-Orient. Bref, rien à voir.
En lisant les premiers chapitres de ce livre, je ne peux m'empêcher de penser au petit Lazarrio de Tormes... Étrange, parce qu'a priori, la couleur locale est plutôt celle du gone de Chaâba, si ce n'est que nous ne sommes pas à Lyon, mais à Oran, dans une riche famille arabe bien intégrée dans la communauté pied-noire.
Au lieu de me retrouver en plein conflit israelo-palestinien, il se trouve donc que je vais fort probablement bientôt tomber en pleine guerre d'Algérie, vue de l'autre côté (ca doit être les gênes...). Je vous raconterai ca.
En tous cas, pour le moment, c'est sacrément bien ficelé (et bien écrit (même si je le lis en allemand alors que le texte original est en francais (ce qui n'est pas loin d'être un crime (mais je savais pas)))).

Morgen bin ich Milinär, Edith Krispien
C'est un ravissant petit livre, qui m'inspirait peu - mais à tord. C'est très drôle. Une jeune fille raconte son enfance, entre un père complètement frappadingue qui tente de devenir milionnaire en faisant un élevage de poulet dans le jardin de la petite maison et une mère dépassée par les évènements, mais forte, et qui essaye tant bien que mal de sauver ce qui peut l'être. Évidemment, c'est délicieusement absurde.

Anna Karénine, Léon Tolstoi
Je suis transportée par ce livre. C'est vraiment formidable.
Ceux qui s'attendent à un roman à l'eau de rose un peu niais sont servis. L'histoire est tout sauf niaise. Les personnages prennent vie. On les aime, on a envie de leur hurler dessus. Ils sont tellement vrais.
J'aurais aimé lire ce livre il y a bien des années. J'en aurais appris beaucoup.

— Voici : Supposons que tu sois marié, que tu aimes ta femme, et que tu te sois laissé entraîner par une autre femme.
— Excuse-moi, mais je ne comprends rien à cela ; c’est pour moi, comme si, en sortant de dîner, je volais un pain en passant devant une boulangerie. »
Les yeux de Stépane Arcadiévitch brillèrent plus encore que de coutume.
« Pourquoi pas ? le pain frais sent quelquefois si bon qu’on peut ne pas avoir la force de résister à la tentation.
   Himmlisch war’s wenn ich bezwang
   Meine irdische Begier
   Aber wenn mir’s nicht gelang
   Hatt ! ich auch ein gross Plaisir.
Et en disant ces vers Oblonsky sourit finement. Levine ne put s’empêcher d’en faire autant.
« Trêve de plaisanteries, continua Oblonsky, suppose une femme charmante, modeste, aimante, qui a tout sacrifié, qu’on sait pauvre et isolée : faut-il l’abandonner, maintenant que le mal est fait ? Mettons qu’il soit nécessaire de rompre pour ne pas troubler la vie de famille, mais ne faut-il pas en avoir pitié ? lui adoucir la séparation ? penser à son avenir ?
— Pardon, mais tu sais que, pour moi, les femmes se divisent en deux classes, ou, pour mieux dire, il y a des femmes et des... Je n’ai jamais rencontré de belles repenties ; mais des créatures comme cette Française du comptoir avec ses frisons me répugnent, et toutes les femmes tombées aussi.
— Et l’Évangile, qu’en fais-tu ?
— Laisse-moi tranquille avec ton Évangile. Jamais le Christ n’aurait prononcé ces paroles s’il avait su le mauvais usage qu’on en ferait ; c’est tout ce qu’on a retenu de l’Évangile. Au reste je conviens que c’est une impression personnelle, rien de plus. J’ai du dégoût pour les femmes tombées, comme toi pour les araignées ; tu n’as pas eu besoin pour cela d’étudier les mœurs des araignées, ni moi celles de ces êtres-là.
— C’est commode de juger ainsi ; tu fais comme ce personnage de Dickens, qui jetait de la main gauche par-dessus l’épaule droite toutes les questions embarrassantes. Mais nier un fait n’est pas y répondre. Que faire ? dis-moi, que faire ?
— Ne pas voler de pain frais. »
Stépane Arcadiévitch se mit à rire.

Et c'est beau... Tolstoi décrit pedant des pages et des pages la forêt, la vie de la ferme, les moissons. Aucune poésie sur les beautés de la nature ne m'a jaimais autant touché que ces quelques pages où Levine se tient en embuscade, attendant le vol d'une perdrix. Il regarde autour de lui. Je ne m'en lassais pas.

Qu'est-ce que je vais lire après ?

J'ai une envie soudaine de lire Nana, et je pense que je ne vais pas la réfreiner. Les enfants du Limon, de Queneau, m'attendent depuis des années, et peut-être que leur heure est venue. Et puis je lirai aussi du Bernhard Schlink.

Commentaires

J'adore lire ton blog ou tes histoires parce qu'à chaque fois on tombe sur un truc surnaturel qui va faire que "c'est du Elodie".... cette fois c'est : "je lis un livre français ... en allemand " . Vous en connaissez vous des filles aussi rigolotes que ma soeur ??

Écrit par : Ingrid | lundi, 06 décembre 2010

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