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lundi, 22 novembre 2010

C'est lundi...

Qu'ai-je lu la semaine passée ?

Zwei Erzählungen: "Die Dame mit dem Hündchen" und "Rothschilds Geige" (Deux nouvelles: La Dame au petit chien et Le violon de Rothschild), Tchekhov
La nouvelle était aussi intéressante que je m'y attendais. C'est à dire inattendue.

Crime et châtiment, Dostoievski
Ce roman aurait pu s'appeler "Les Misérables". Mais bon, Dostoievski l'a appelé "Crime et châtiment". C'est pas mal non plus.
Comme je le disais la semaine dernière, ce qui m'a vraiment impressionnée, c'est le fourmillement d'histoires qui se développent en parallèle de l'intrigue principale, le fourmillement d'anecdotes de la misère, pour ainsi dire. Il m'est difficile de vous trouver un extrait vraiment parlant, car ces histoires n'ont de sens que reliées les unes aux autres.

D’ailleurs, cette friponne de Resslich a son idée : elle compte que je serai vite dégoûté de ma femme, que je la planterai là, et alors elle la lancera dans la circulation. J’apprends par elle que le père, ancien fonctionnaire, est infirme : depuis trois ans, il a perdu l’usage de ses jambes et ne quitte plus son fauteuil ; la mère est une dame fort intelligente ; le fils sert quelque part en province et ne vient pas en aide à ses parents ; la fille aînée est mariée et ne donne pas de ses nouvelles. Les braves gens ont sur les bras deux neveux en bas âge ; leur plus jeune fille a été retirée du gymnase avant d’avoir fini ses études ; elle aura seize ans dans un mois ; c’est d’elle qu’il est question pour moi. Muni de ces renseignements, je me présente à la famille comme un propriétaire, veuf, de bonne naissance, ayant des relations, de la fortune. Mes cinquante ans ne suscitent pas la plus légère objection. Il aurait fallu me voir causant avec le papa et la maman, c’était d’un drôle ! [...] J’ai causé deux fois avec elle, la fillette n’est pas sotte du tout ; elle a une façon de me regarder à la dérobée qui incendie tout mon être. Sa physionomie ressemble un peu à celle de la Madone Sixtine. Vous avez remarqué l’expression fantastique que Raphaël a donnée à cette tête de vierge ? Il y a quelque chose de cela. Dès le lendemain des fiançailles, j’ai apporté à ma future pour quinze cents roubles de cadeaux : des diamants, des perles, un nécessaire de toilette en argent ; le petit visage de la madone rayonnait. Hier, je ne me suis pas gêné pour la prendre sur mes genoux, — elle a rougi, et j’ai vu dans ses yeux de petites larmes qu’elle essayait de cacher. On nous a laissés seuls ensemble ; alors elle m’a jeté ses bras autour du cou et en m’embrassant m’a juré qu’elle serait pour moi une épouse bonne, obéissante et fidèle, qu’elle me rendrait heureux, qu’elle me consacrerait tous les instants de sa vie, et qu’en retour elle ne voulait de moi que mon estime, rien de plus : « Je n’ai pas besoin de cadeaux ! » m’a-t-elle dit. Entendre un petit ange , de seize ans, les joues colorées par une pudeur virginale, vous faire une semblable déclaration avec des larmes d’enthousiasme dans les yeux, convenez-en vous-même, n’est-ce pas délicieux ?... Allons, écoutez : je vous conduirai chez ma fiancée... seulement je ne peux pas vous la montrer tout de suite !
— En un mot, cette monstrueuse différence d’âge aiguillonne votre sensualité ! Est-il possible que vous pensiez sérieusement à contracter un pareil mariage ?
— Quel austère moraliste ! ricana Svidrigaïloff. Où la vertu va-t-elle se nicher ? Ha ! ha ! Savez-vous que vous m’amusez beaucoup avec vos exclamations indignées ?

Je ne suis pas sûre de pouvoir dire que j'ai vraiment beaucoup aimé cette oeuvre. Elle m'a intéressée, et j'étais curieuse de savoir ce qu'elle cachait. C'est vers la fin du Tome 1 que j'ai enfin compris le point qui a du tant intéresser les intellectuels du monde entier (à commencer par Nietzsche). L'idée du livre a en effet quelque chose de fascinant.
C'est en premier lieu une oeuvre horriblement triste et mélodramatique. Je pense que tant de misère, de maladies, de crises de folie, de morts, de détails morbides et de larmes versées pourraient rendre cette histoire ridicule. Par Dostoievski, elle ne l'est pas du tout. Rien que pour ca, chapeau.
Enfin l'Epilogue m'a un peu décontenancée. En fait, je ne l'ai pas aimé du tout.

Die Fremde Frau und der Mann unter dem Bett (La femme d'un autre et le mari sous le lit), Dostojewki
Oui, c'est bien le même Dostoievski dont il s'agit, mais sous sa version allemande. Dostojewski, donc, qui livre ici une nouvelle qui n'a RIEN À VOIR avec Crime et Châtiment. Une nouvelle terriblement drôle. Et même du vaudeville, en fait ! Qui l'aurait cru. C'est très très réjouissant.

Qu'est-ce que je suis en train de lire ?

Die beiden Freundinnen und ihr Giftmord (L'empoisonnement), Alfred Döblin

Was wir nicht haben, brauchen Sie nicht (Ce que nous n'avons pas, vous n'en avez pas besoin), Dieter Moor

Qu'est-ce que je vais lire après ?

Ich habe sie geliebt (Je l'aimais), Anna Gavalda
Vous me direz: "Tu n'aimes pas Anna Gavalda... mais tu persistes et signes !" Ben ouais.

Morgen bin ich Milinär, Edith Krispien qu'il faut toujours que je le relâche.

Commentaires

Dostojewski en Allemand ... tu nous auras tout fait !!

Écrit par : Ingrid | mercredi, 24 novembre 2010

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