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mardi, 21 septembre 2010

Mais si, mais si, j'ai bien vu un élan

Je sais bien que vous n'allez pas me croire, comme 98% des gens à qui j'ai raconté mon aventure (il n'y a que Foux qui croit en moi sur cette Terre, c'est désespérant), mais j'ai vu un élan samedi dernier.

Un vrai élan.
Je veux dire : vraiment, un élan. Dans la forêt. En liberté et tout.
Un vrai élan avec des poils.
Et qui courrait.

Je vous retrace le cadre: nous étions en camp d'entraînement de taekwon-do, comme je vous l'ai dit, et mon pote Maurice et moi, comme on est trop des warriors, on a dit « C'est pas un vrai camp d'entraînement si on se lève pas à 7h du mat pour aller courir avant le petit-dèj. »
Ouais, on est trop des oufs.

Et donc vendredi matin et samedi matin, on a laissé les autres dormir comme des grosses baleines qu'ils sont, on a chaussé nos basquettes et on est allés courir dans le bois juste à côté.
Parce que le camp d'entraînement, il était à quelques km de Belin, à Frankfort. Pas Frankfort/Main comme les saucisses, non, Frankfort/Oder comme rien du tout, parce qu'il y a rien qui vient de Frankfort/Oder. De toutes facons, d'une manière générale, y'a rien du tout à Frankfort/Oder. Rien que des usines. Et des forêts. Et un gigantesque lac, Helenesee.
Donc nous, on avait posé nos pénates dans une sorte d'auberge de jeunesse, juste à côté d'Helenesee, dans une ferme coincée entre le lac et la forêt.

On est donc partis courir dans la forêt, vendredi matin.
Puis samedi matin, on s'est dit qu'on allait prendre un autre chemin que la veille, sinon c'est trop ennuyeux, c'est vrai. Seulement, le sentier qu'on a pris finissait par se perdre dans le bois, on a couru au hasard droit devant nous jusqu'à retomber sur un sentier, qui devait à vue de nez nous conduire vers le lac.
Maurice était joyeux et s'extasiait sur les cris des oiseaux, mais moi je commençais à trouver qu'après vingt minutes de course, le lac n'était suspicieusement toujours pas en vue, que tous ces arbres à perte de vue, c'était pas méga rassurant, et que j'avais pas envie de me perdre dans la forêt et de devoir manger Maurice pour survivre.
Puis en plus, Maurice il court le marathon, mais moi, je commençais déjà à fatiguer gravement.

J'avais le nez dans mon chrono (« encore cinq minutes et je lui dit qu'on arrête de courir ») quand Maurice m'a tapé sur l'épaule en pointant du doigt devant lui avec un sourire béat.

Un élan.

Un vrai, hein, pas de blagues.
Je veux dire, pas un petit bambi qui galope dans la forêt, non.
Un vrai monstre, deux fois ma taille, avec des jambes immenses, un gros pif. Et puis tout près.
J'ai cherché des yeux un grillage qui pourrait expliquer sa présence si près d'une auberge. Un grillage qui pourrait l'empêcher de se jeter sur nous pour nous déchiqueter. Mais y'avait pas de grillage.
« Ne surtout pas penser à ce qui pourrait se passer si il prenait peur et nous fonçait dessus. »

Quand j'ai raconté ça à Foux, il m'a dit que n'importe quoi, et que les élans était les êtres les plus inoffensifs qui soient.
Seulement, il me racontait ça bien en sécurité dans le métro, avec rien que des êtres humains de taille normale dans les entourages. J'aurais voulu l'y voir perdu dans la forêt nez à nez avec un monstre de quatre mètres.

Cela dit – revenons dans la forêt – Maurice, il avait pas l'air d'avoir peur pour un sou.
Tout content, le Maurice. Un gosse qui vient de voir le rêne du Père Noël. Sauf que les rênes, c'est plus petit que ça, et ça vit en Laponie.

Puis finalement, l'élan s'est enfui.
On a fait demi-tour, et retrouvé notre chemin.
Quand on est arrivé au camp avec notre histoire, tout le monde s'est moqué de nous. « Un élan à Frankfort/Oder ? » la bonne blague, vous voyez.
Comme en plus, Maurice est bien connu pour être un grand rêveur, et que je ne savais pas le nom de la bête en teuton, on a voulu minimiser notre aventure.
« Vous avez vu un cerf.
- Mais non, c'était bien plus gros qu'un cerf.
- Un grand cerf.
- Mais non, je sais ce que c'est qu'un cerf, et c'était pas un cerf, c'était autre chose.
- Mais y'a pas d'élan en Allemagne ! Ou alors vous avez fait du jogging jusqu'en Sibérie, mais alors vous courez vachement vite... »

Mais Maurice et moi on s'en fiche.
On a vu un élan.

 

Commentaires

Ah moi je te crois... dans le Roi des Aulnes, le personnage principal rencontre un élan et ça se passe en Allemagne (enfin très exactement c'est en Prusse Orientale, mais c'est un peu l'Allemagne non ? - je suis vraiment nulle en géographie XD)

Mais c'est clair que ça doit être bien flippant !

Écrit par : Winnie | mercredi, 22 septembre 2010

Au parc Floral, il y a 10 ans, avec deux copines, on a vu un paon. Bon ça c'est pas extraordinaire.

Sauf qu'il était en haut d'un arbre, à au moins 10 mètres du sol.

Personne ne nous a crues : "Un paon, ça ne vole pas !!"

Bon à part ça, se lever à 7h, je trouve que c'est petit joueur... ;)

Écrit par : BoulettedOr | mercredi, 22 septembre 2010

Par contre, ta carte Banque Postale tu ne l'as toujours pas revue, elle !

Écrit par : Maman | jeudi, 23 septembre 2010

J'adore le commentaire de maman !!!

Écrit par : Ingrid | samedi, 02 octobre 2010

Les commentaires sont fermés.