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dimanche, 22 août 2010

Comment j'ai perdu 2kg

Pendant que ca déménageait à Balma, et que toute ma famille se débattait avec des poignées de porte, commencait le lundi 9 août un camp scout "retour aux classiques". Après Israel et la France, nous retrouver à quelques minutes de voiture de Berlin était un sacré... dépaysement.

Cette année, nous sommes partis pour un camp itinérant (clôturés par trois jours de camp fixe).
Tout a commencé, donc, le lundi au local. Nous avons joué un petit tour à nos jeunes. Leur ayant donné rendez-vous devant le local, il s'y sont retrouvés tous parés à partir, le sac au dos... et sans chef.
Une petite énigme à résoudre les a enfin conduit à notre première étape, Michendorf.
Moi, pendant ce temps, je vivais ma journée à peu près seule. Il me fallait acheter tout le matériel nécessaire au camp fixe et amener ma voiture à notre point d'arrivée. Puis, vers 18h, je me suis mise en route pour la gare la plus proche... à 14km. Autant dire que la rando avait déjà commencé pour moi.
Je suis arrivée épuisée à 21h à Michendorf.

Le mardi devait avoir lieu une des plus grosses étapes, 20km.
En définitive, c'est près de 25km qu'il nous a fallu parcourir. Nous étions en grand groupe, les chefs et les jeunes tous ensemble. En arrivant à Buchholz, notre deuxième étape, notre groupe tout entier n'était  plus qu'un tas silencieux affalé sur l'herbe.
Les autres campeurs nous regardaient en souriant. "C'est bien, ca, faut les occuper ces jeunes !".
Les trois chefs ont envoyé énergiquement les jeunes monter les tentes, avant de partir "se concerter" pour pouvoir nous écroûler à terre et nous lamenter. Vous vous rendez compte que ce sera comme ca  tout le temps quand on aura 80 ans? Quel malheur.

Le mercredi matin nous lachons nos jeunes sur leurs voies respectives. Un groupe de cinq part de son côté, un groupe de trois de l'autre. Les chefs marcheront aussi de leur propre côté, et nous ne nous reverrons que dans deux jours.
Une fois les jeunes partis, les chefs en ont profité pour s'écroûler à nouveau sur le sol, se plaindre de leurs courbatures et se masser réciproquement. Nous n'allons jamais survivre à ce camp. Ayant envoyé les jeunes faire un crochet pour dormir cette nuit vers Jüterborg, nous decidons de nous épargner le crochet et de partir directement vers l'étape suivante, à Treuenbrietzen, à 15km de Buchholz. Un très bon plan de chefs flemmards, approuvé à l'unanimité.
Arrivés à Treuenbrietzen, après une bonne mais raisonnable marche, nous arrivons au bord d'un lac. Tout y est tellement parfait que nous décidons de nous y installer pour la nuit. Une des plus chouettes soirées que j'aie passé, avec feu de camp, guitare et bonne humeur.

Le lendemain, je pars faire un petit jogging, plonge dans l'eau, pendant que Chtef-Chtef et Gwladys préparent un bon petit-déjeuner. La bonne humeur règne, tout est presque trop beau pour être vrai.
Gwladys mourrant d'envie de randonner, nous élaborons un itinéraire ambitieux, qui nous feras découvrir quelques routes des environs avant de nous séparer (Chtef-Chtef ira dormir à Treuenbrietzen avec un groupe et nous à 5km de là avec l'autre). Nos gros sacs enfin sur le dos (ce n'est pas une mince affaire... en ce qui me concerne je commence déjà à avoir de grosses plaies à vif au niveau de la ceinture du sac), une averse se déclenche. Nous faisons donc notre première halte à 50m de notre campement dans un bâtiment désaffecté. L'averse se poursuivra jusque dans l'après-midi.
Vers 16h, nous voyons une accalmie et nous devons impérativement nous mettre en route, sans quoi les jeunes arriverons avant nous (après avoir fait 20km alors que nous n'en avons que 5... ce serait un peu abuser...). Chtef-Chtef nous accompagne un petit bout de chemin, puis nous nous séparons. Gwladys et moi marchons vaillamment pendant une heure, avant de déboucher sur la route. C'est à cet endroit que doit se trouver notre village. Mais pas de village en vue. Et un bus à destination de Treuenbrietzen se dirige dans la mauvaise direction. Pas de doute, nous sommes sur la mauvaise route, nous sommes parties vers l'ouest au lieu de partir vers l'est. Un passant nous informe: nous sommes effectivement sur la mauvaise route, mais en plus bien plus près de Treuenbrietzen que nous ne le croyons. En fait, nous devons être à à peine 500m de notre point de départ...
On nous indique notre chemin à travers la forêt: toujours tout droit, puis la légèrement à droite, et puis on arrivera sur la route. Nous marchons une bonne heure, toujours tout droit. La pluie recommence à tomber, se sont bientôt des trombes d'eau qui nous tombent dessus. Mais on y est presque, le chemin a dévié à droite et déjà on entend les voitures, la route n'est pas loin. Trempées jusqu'aux os, nous arrivons à la route. On y est, cette fois c'est notre village. Mais à perte de vue, nous ne voyons rien. A droite et à gauche, la route qui semble ne jamais finir, devant et derrière nous, des pins, des pins et encore des pins. On décide de longer la route. Vers le nord. Rien ne vient. Je convaincs Gwladys de faire demi-tour vers le sud. Toujours rien. Et toujours la pluie. Les cheftaines se sont lamentablement perdues.
Un gros rocher indiqué sur la carte finit par nous indiquer enfin ou nous sommes. Il faut encore continuer vers le sud (ouf, j'avais raison), pendant quelques km en longeant la route. Nous retrouvons les cinq jeunes (le groupe de trois a récupéré deux retardataires la veille) en pleine forme, déjà installés et à peine mouillés. Nous sommes trempées jusqu'aux os. Les cheftaines ne sont pas dégourdies.
Nous dormons dans les vestiaires d'une piscine municipale, au sec. Nous pouvons même aller nous baigner.

Le vendredi, je commence encore la journée par un jogging: la journée ne va pas être intense.
Nous quittons les jeunes très vite, pour aller prendre un bus qui nous ramène à Treuenbrietzen. Nous y retrouvons Chtef-Chtef et prenons un autre bus en direction de Belzig, à quelques 20km de là.
Pendant le trajet, Chtef-Chtef nous explique ce qu'a découvert l'autre groupe la veille: nous avons mal lu l'échelle en préparant les routes. Ce que nous prenions pour deux km étaient en fait 2,5km, et par conséquent nos étapes de 20km par jour sont plutôt comprises entre 25 et 30km. Pauvres Pfadis.
Nous passons la journée à Belzig à organiser un grand jeu dans la ville pour le lendemain.
En fin d'après-midi, le jeu est a peu près prêt et Line nous rejoint. Nous nous mettons à la recherche d'un lieu pour dormir et sommes acceuillis par un vieux couple qui nous offrent un petit pavillon. Nous pouvons ainsi dormir au sec, pendant que dehors, un orage éclate.
Vers les 3h du matin, nous sommes réveillés en sursaut par un coup de fil d'un des groupe. Ils avaient plantés leur tentes dans un champ pour la nuit, ont été surpris par l'orage et se sont réfugié dans une grange. Mais la porte de la grange, très mauvaise, s'est décrochée de ses gongs et les jeunes sont morts de panique. Chtef-Chtef les calme comme il peut, et nous nous rendormons.

Le lendemain matin, les deux groupes arrivent à Belzig. L'incident de la nuit n'est plus qu'une bonne plaisanterie et le jeu peut commencer.
Mais nous sommes déjà samedi et à la veille de notre dernière étape. Il me faut quitter le groupe en milieu de matinée. Je reprends le trajet de 14km que j'avais fait le lundi, dans l'autre sens. Arrivée à Raben, je me délecte de remonter dans ma voiture et de me dire que je ne reporterai plus mon gros sac de tout le camp. Quel bonheur.
Après avoir fait des courses, et dit au revoir à Line, je retourne sur le lieu de camp où j'attends l'arrivée des deux autres chefs. Ils ont décidé de rejoindre Raben par le grand tour, qui fait 24km, et n'arrivent que le soir.

Le dimanche, les jeunes ne sont pas attendus avant 15h à Raben. Nous préparons quelques installations en les attendant. Ils rentrent ravis et épuisés, nous aident à finir les installations. A la fin de la journée, toutes les tentes sont montées et nous faisons un joyeux feu de camp où chacun raconte ses aventures.

Le lundi, toute la journée est dévolue à la préparation d'un concours cuisine. Celui-ci a lieu le soir.
Les pauvres chefs doivent manger trois repas d'affilés (avec chacun entre 4 et 5 plats), tellement délicieux qu'il est difficile (voire impossible) de se restreindre sur les quantités.
Une torture.

Le mardi, nous allons visiter Raben.
Le bourg de Raben n'est pas bien grand et pas bien impressionnant, même si son histoire est intéressante. Nous concluons la matinée par un tour dans la fauconnerie (une démonstration du fauconnier que j'ai trouvée passionnante, bien que très différente de ce à quoi nous nous attendions).
L'après-midi, nos Olympiades ont été interrompues par la pluie.
Nous avons passé notre dernière soirée à présenter des chansons et des scketchs élaborés pendant le camp et qui racontaient notre camp. Un scketch "Les parfaits Pfadis - Les Pfadis dans la réalité" à mourir de rire, une chanson retracant l'aventure de la grange avec des animations en papier, une autre chanson retracant les différentes étapes, et enfin une chanson des chefs (dont nous sommes très fiers), avant de partir sur une soirée "open end".
Pour ma part, je suis allée me coucher immédiatement, parce qu'une dure journée m'attendait.

Le mercredi, le démontage des tentes s'est tellement bien passé que Chtef-Chtef n'a pas pu piquer ses crises de colère habituelles de fin de camp. Tout le monde s'en est amusé, lui le premier.
J'ai enfourné une première voiture pleine à raz bord de matériel, et je suis partie en direction de Berlin.
Les jeunes et les deux autres chefs, pendant ce temps, faisaient à nouveau à pied le trajet jusqu'à la gare de Belzig (le seul bus reliant Raben à Belzig ne passe pas pendant les vacances scolaires).
Le temps de retourner sur Raben, de vider les toilettes (rôle qui m'était dévolu pendant le camp, car il fallait les amener en voiture au village d'à côté), de charger le reste du matériel (encore une voiture pleine à raz bord) et de revenir sur Berlin et on avait déjà dû renvoyé les jeunes chez eux. Je n'aurai donc pas été là pour les adieux mais tant pis.
Les chefs, eux, ne sont pas rentrés tout de suite. Il nous a fallu déchargé la voiture, ranger le matériel, étendre les tentes humides pour qu'elles sèchent. Entre temps, nous avions commandé une pizza que nous avons mangé tranquillement, histoire de nous dire adieu.

Bref, un camp vraiment chouette (qui ne m'a pas donné envie de partir faire Saint-Jacques de Compostelle, mais m'a bien donné envie de faire la même chose en solitaire - peut-être à Brandenbourg encore, mais cette fois-ci vers le nord, pourquoi pas?).

Maintenant, je me remets lentement de mes blessures et de ma fatigue. J'ai perdu deux kilos dans l'aventure, mais je me sens plus faible qu'allegée.
Et lundi, c'est déjà la rentrée scolaire...

Commentaires

Et dire qu'on a râté ça !!!
Allez, toi aussi t'es la meilleure !!!

Écrit par : La famille | dimanche, 22 août 2010

Je connais une façon moins marrante de perdre 2 kilos...

Écrit par : Maman | dimanche, 22 août 2010

Je pense que j'en avais perdu sans doute 5 de plus avant le concours cuisine ^^

Écrit par : Lodi | dimanche, 22 août 2010

Pour avoir vécu un camp itinérant cauchemardesque, pourtant organisé par des ex-scouts, je continue à trouver hallucinant qu'il n'y ait aucune instruction pour que le trajet soit repéré à l'avance par les chefs.
Et encore les scouts allemands sont de toute évidence plus compétents car vous n'avez pas l'air d'avoir eu de blessés alors que chez nous ça a été la bérézina avec en fin de camp une fille de 17 ans qui a fait une crise de tétanie...

Cela dit depuis que je fais un peu de la rando, j'ai lu beaucoup de recommandations sur le poids du sac, savoir prendre le minimum vital et ton récit et mes douloureux souvenirs me font penser que si je compte faire St Jacques de Compostelle un jour, j'ai intérêt à y penser sérieusement (surtout si je pars de Cherbourg...)

En tous cas, c'est chouette que le camp se soit bien passé dans l'ensemble, les Pfadis ont l'air de l'avoir apprécié et au final c'est l'essentiel !

Enfin je note le truc pour perdre "rapidement" des kilos, je vais en avoir besoin d'ici quelques mois ;)

Écrit par : Winnie | lundi, 23 août 2010

tu veux perdre des kilos ?? vient donc à Balma où maman se débat TOUTE SEULE avec des armoires, des étagères, des meubles, des déménageurs fantômes ... mais peut-être qu'une semaine ne suffira pas !!

Écrit par : Ingrid | lundi, 23 août 2010

Ah ben là tout de suite je vais garder mes 3 kilos de chair humaine, mon kilo de liquide amniotique et mon kilo de placenta encore un peu mais Julien est dispo toute la semaine en journée... enfin moi je dis ça je dis rien !

Écrit par : Winnie | lundi, 23 août 2010

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