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mercredi, 02 juin 2010

Le miroir fêlé

Je relis aujourd'hui Le miroir fêlé de Svetislav Basara au moins pour la troisième fois (au moins).

Ce bouquin est tellement absurde que je ne sais pas si je vais réussir à le présenter.
Essayons.
Svetislav écrit un roman. Ou alors c'est Anan qui écrit un roman autobiographique. Étant personnage de son roman autobiographique, Anan est un personnage de fiction, et obéit donc aux règles qui régissent les personnages de fiction (Basara se base sur les théories de Käte Hamburger et de Heyse - en tout cas c'est ce que dit Anan...).
Donc, Basara fait vivre ses personneges de fiction comme s'ils étaient des personnages de fiction, et surtout les fait réfléchir sur leur statut  métaphysique en prenant comme point de départ des théories sur les personnages fictifs, et on aboutit à des situations si absurdes qu'on s'y perd à peu près. Mais le plus étonnant, c'est que cet absurde de la fiction n'est pas si loin de dire beaucoup de vérités métaphysiques sur notre monde réel.

En un mot, Le miroir fêlé, c'est jouissif.
Chaque phrase mérite de devenir une citation. Choisir un extrait n'a pas été de la tarte...

Mon père s'est pris la tête dans les mains. Il voulait par ce geste m'inciter à la compassion. Mais il n'a pas réussi. D'une part, je le plaignais : l'endoctrinement lui faisait croire qu'en se prenant la tête dans les mains, il éveillerait la compassion. D'autre part, je restais indifférent, car je n'existais pas. Et adieu les émotions. D'ailleurs, au fond de lui-même, comme tout père, il n'a même jamais essayé de me comprendre. Et puis, comment avoir confiance en un homme qui couche avec votre mère ? Il ne faut jamais perdre de vue ce fait. Être père, c'est le prétexte dont se sert un homme pour coucher avec votre mère. Les pères ont coiffé cette doctrine d'une auréole de sainteté, et les empereurs devant lesquels ils se prosternaient leur ont accordé une charte de luxure.

- Peux-tu m'expliquer ca ? demanda mon père.
Il voulait parler du désendoctrinement.
- Peut-être y arriverais-je, si tu avais le temps de m'écouter.
Mon père pondit le gros bobard :
- Il faut bien que j'aie du temps pour mon enfant.
- Vois-tu, papa, lui dis-je, nous sommes vides en dedans. Je ne nie pas que nous existons objectivement. Mais de la même manière qu'existent aussi cette table et cette chaise. À l'intérieur, au fond de nous, il n'y a rien. Ontologiquement, il n'y a aucune différence entre toi et Mickey Mouse.
- C'est comme ca qu'on parle à son père ?
- Tu voulais qu'on parle.
- Oui, mais pas de cette facon. Je n'aurais pas cru que tu puisses me comparer à Donald Duck et Mickey Mouse.

Le miroir fêlé de Svetislav Basara

Commentaires

Je t'avoue que j'ai pas tout compris où était l'humour... et euh question bête : c'est un roman allemand ?

Écrit par : Winnie | mardi, 08 juin 2010

L'humour, c'est que c'est du gros n'importe quoi. Et que le narateur fait de la métaphysique avec du foot, des histoires de manequins en plastique et Donald Duck.
Moi j'adore.

Et Basara est un auteur serbe.

Écrit par : Lodi | lundi, 14 juin 2010

Je me disais aussi que Svetislav ça donnait bizarre pour un auteur allemand ^^'

Écrit par : Winnie | vendredi, 18 juin 2010

Les commentaires sont fermés.