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mercredi, 02 juin 2010

Joseph Breitbach

C'est intéressant de lire les pièces de Joseph Breitbach, et c'est compliqué d'en parler.

C'est intéressant, mais si l'on joue le jeu.
Je n'ai pas sû tout d'abord où Breitbach voulait en venir avec ses grandes réflexions sur le marxisme. Sa dernière pièce, Requiem pour l'église, m'a un peu éclairée. Sans doute parce que le "problème" me parlait plus.
Dans Camarade Veygond, un écrivain sympatisant communiste est pris en otage par une petite bande de marxistes fanatiques qui veulent le forcer à appliquer le marxisme qu'il prône. Dans Requiem pour l'église, c'est un prètre qui se retrouve en quelque sorte pris en otage par un catholique fanatique qui veut le forcer à appliquer son cathéchisme à la lettre. Tout est dit. De ces confrontations insolites naît le comique. Et le drame humain.
À la base un seul voeu: que les actions correspondent aux belles paroles de l'idéologie.

Il faut jouer le jeu, et les pièces méritent vraiment l'analyse...

ARTHUR: Camarade Veygond, le militant marxiste veut et doit savoir ce qui l'attend si nous arrivons au pouvoir, sans se faire d'illusion.
VEYGOND: Celui qui mise sur un meilleur futur attends surtout en retour quelque chose pour lui-même. C'est peut-être ce qui défavorise le marxisme.
ARTHUR: Vous ne vous faites donc pas d'illusion sur ce point. La priorité du bien-être de la communauté sur celui de l'individu va sans doute en décevoir quelques uns quand nous arriverons au pouvoir. Mais il ne faut pas garder sous silence que cela va se produire. Or c'est justement ce que vous faites dans vos livres.
VEYGOND: Devrais-je donc dans mon prochain livre énumérer à mes lecteurs toutes les choses qu'un système socialiste - et vous savez bien pour quelles raisons - ne peut pas aussi bien lui procurer qu'un système capitaliste ?
Il marque une pause. Depuis le logement jusqu'à la nourriture, en passant par la qualité des vêtements.
GEORGES: C'est le prix à payer pour arriver enfin à une juste répartition des biens de production !
VEYGOND: Si j'écrivais cela, que diriez-vous ?
GEORGES: Bravo ! Voilà ce que je dirais !
ARTHUR: Mais c'est toujours pareil: au lieu de nous servir du vin, on nous promet un paradis qui n'existera jamais.
VEYGOND: "On" ? Qui est maintenant ce "on" ?
ARTHUR: Le bureau politique et le comité central du parti.

Camarade Veygond, Joseph Breitbach
(traduction personnelle)

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