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dimanche, 30 mai 2010

Pavillon de femmes

Comment reconnait-on une superbe écriture ?

Pour moi, c'est quand l'histoire perd de son importance. Quand la beauté prend le pas sur l'intrigue.
L'écriture de Pearl Buck me charme plus que tout. Dans ses romans, il se passe bien des choses. Mais c'est comme si ces choses ne faisaient que découler de l'écriture.
Dans La Mère, je me délectais de la vie de la maison. La femme lavait les grains de riz dans l'eau claire, mettait le riz à cuire, et je me délectais de l'odeur du riz qui envahissait la maison. En fermant le livre, j'étais intimement persuadée que manger chaque jour du riz au choux était le plus parfait bonheur qui existe sur terre (en vrai, j'ai mangé une fois du riz au choux : c'est pas bon).

"Vous avez vécu toute votre vie derrière ces murs, lui dit-il un jour, et cependant, quand je vous parle comme jusqu'ici je n'ai parlé qu'à un ou deux de mes savants collègues, vous devinez tout ce que je veux dire."
Elle répondit :
"Vous m'avez expliqué qu'il y a une vitre magique qui transforme les petites choses en grandes. Un grain de poussière, m'avez-vous dit, peut devenir aussi vatse que le désert, et que, si on comprend ce qu'il y a dans ce grain, on connaît le désert. Cette maison est le grain de poussière et, grâce à elle, je comprends tout. À l'intérieur de ces quatre murs, la vie entière est enclose."
Elle apercut alors le jeune visage hostile de Linyi.
"Mère! Est-ce que vous dites que nous sommes de la poussière?
- Non, mon enfant, je dis que vous êtes la vie."

Pavillon de femmes, Pearl Buck

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