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mercredi, 20 janvier 2010

Langue littéraire vs. langue vernaculaire : la réponse de la France

Voici la traduction d'un article que j'ai publié sur le wiki de l'Université.
Comme j'en suis relativement satisfaite et que je le pense abordable, je vous en donne une rapide traduction. Cela vous permettra d'avoir une idée de ce que je fais de mes journées lorsque je ne suis pas en train de vendre des sandwishs.

Lors d'un exposé relatif à la standardisation de l'Allemand, le professeur a soulevé une question : quelles sont les raisons qui ont poussé les intellectuels de l'époque à vouloir prendre pour norme langagière la langue de la littérature classique ? Je veux exposer ici l'opinion actuelle des intellectuels en France à ce sujet en vous présentant de facon concise (et selon mon interprétation personnelle) les arguments d'Alain Bentolila, exposés dans son livre paru en 2007, Le verbe contre la barbarie.

Alain Bentolila se base sur des constats concernants principalement la nouvelle génération en France :

  • dans la société :
    • pas de capacité d'abstraction (tout est pris au premier degré), peur de se lancer dans l'"aventure" de la pensée et de la littérature
    • augmentation de la violence
  • dans la langue :
    • la langue littéraire est devenue une langue étrangère
    • 10% des jeunes sont en "échec linguistique" et 15% en "insécurité linguistique"

Il essaye de démontrer que tous ces constats sont liés les uns aux autres.

I - Sociabilisation

Le rôle des parents, l'éductaion, c'est d'apprendre à ses enfants à se situer dans le monde et à se sociabiliser. Maîtriser la langue, c'est être capable de se mettre soi-même en mots, et donc de pouvoir se situer dans le monde.
Ce n'est pas pour rien que l'on parle de langue maternelle. Le mot illustre à lui seul la relation entre le paradigme adulte-enfant (donc l'éducation) et la langue.

II - Rigueure

Alain Bentolia se réfère à la pensée de Platon : la barbarie est un langage inarticulé de l'âme.

On ne peut maîtriser son chao intérieur qu'avec de la discipline. La grammaire est le metteur en scène des mots (A. Bentolila déclare : "La grammaire est libératrice, et non contraingnante."). Le fait que la grammaire soit rigoureuse est justement ce qui la rend nécessaire à l'humain.

III - Égalité

Alain Bentolila s'appuie également sur les recherches du sociologue Bourdieu, dont la théorie est que la langue est un vecteur d'inégalité.
L'insécurité en langue ne fait que renforcer l'insécurité générale. La seule solution qui reste à l'individu est de basculer dans la violence.

Mais le fait que la langue soit vecteur d'inégalité ne veut pas dire qu'abandonner la grammaire conduirait à supprimer les inégalités sociales. Au contraire, arrêter d'enseigner la grammaire à l'école ne serait que le moyen de creuser l'écart dans la population entre une élite capable de se transmettre un savoir et une classe non-cultivée réduite à un usage trivial de la langue.

On aborde ici une pensée phare de Bentolila : la langue est à la fois
- un moyen de communication
- un moyen de transmission (= culture)
Cette pensée est aussi à la base de sa critique principale : nous vivons actuellement dans une société de communication.

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