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vendredi, 08 janvier 2010

L'amour et la sexualité dans la Bible, Pierre Debergé

Je reviens rapidement sur ce super bouquin.
Super bouquin, oui, mais qui ne défend pas précisement la doctrine catholique. En tous cas, selon la lecture que j'en fais.
Je reste également sceptique sur certains passages, où j'ai l'impression que l'auteur tire un peu la Bible par les cheveux pour lui faire dire ce qu'il a envie de lui faire dire (ou plus exactement, pour ne SURTOUT pas nous laisser sur certaines impressions un peu négatives dans notre société, comme faire passer Saint Paul pour un mysogine, par exemple). Ca lui donne une légère teinte démagogique un peu regrettable. Mais il s'agit peut-être juste de ma lecture de grande lectrice trop habituée à une interprétation XIXe siècle de la Bible (faut que j'arrête le Julien Green, ok, j'ai compris).

Cela dit, rien ne me fait plus plaisir que de découvrir une interprétation des textes bibliques aussi éloignée de celle de mes cours de philo de terminale (mon prof de l'époque était un bouffe-curé assez vindicatif, ceci explique très certainement cela).
Et si je tique sur quelques détails, je trouve magnifique et très justifiée l'idée principale défendue dans ce livre (où n'est-ce l'idée principale pour moi que parce que c'est celle qui m'a le plus enthousiasmée ?), qui est une redéfinition de où se situe le péché dans la sexualité, et qui s'illustre au plus haut degré dans le livre de Génèse.

Parmi les conséquences de la rupture avec Dieu, figure également la perversion des rapports entre l'homme et la femme: "Ton désir te poussera vers ton homme et lui te dominera." Cela doit être d'autant plus souligné que l'on s'est souvent servi de ce passage pour justifier, comme voulue par Dieu, la subordination de la femme. Or, ce texte soutient exactement le contraire: la domination de l'homme sur la femme est une conséquence du péché. C'est pourtant l'expérience de tous les temps : profitant de sa force, l'homme domine la femme, la soumet à son bon plaisir, l'exploite, la bat, la viole, etc. Alors que sa première réaction devrait être, à l'image d'Adam, de s'émerveiller devant la femme et d'éprouver en sa présence joie et gratitude, l'homme se laisse prendre au piège de sa "force" ; et la domination l'emporte. De manière tout aussi tragique, le comportement de la femme à l'égard de l'homme se dégrade en convoitise.
Convoitise et domination s'insinuent donc entre l'homme et la femme. Leur relation, faite d'émerveillement, de réciprocité et d'attention mutuelle, devient une relation d'hostilité, d'instinct et de passion ; elle semble irrémédiablement marquée par la faille de la division et de la rivalité. La sexualité, qui est le lieu par excellence de la communication et de l'amour, devient ainsi un lieu d'antagonisme, de possession, de domination et de violence.

Je terminerai donc en citant un frère de Taizé (frère Maxiiime pour ne pas le nommer) qui déclarait le 1er janvier dans une église de Poznan bourrée à craquer de jeunes francais : "Le problème avec les Francais, c'est qu'ils ont oublié d'être bêtes. Ca rend les choses très compliquées. Vous êtes nés intelligents. Vous êtes nés doués en sciences, vous êtes nés doués en esprit critique. Vous êtes nés nuls en théologie. Mais c'est pas grave." (je cite de mémoire, hein)

Voilà donc mon premier effort de l'année pour me sortir de ma nullité congénitale. J'espère que cette lecture ne restera pas sans suite, parce que c'est vraiment intéressant (même si je ne suis pas toujours d'accord - c'est mon côté francais qui veut ca). Bon, mais je rassure ceux qui se sont endormis en lisant ce billets, je vais pas vous parler de la Bible tout le temps non plus

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