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mercredi, 06 janvier 2010

L'enfant sauvage

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Je ne sais pas comment j'ai fait pour ne pas reconnaître immédiatement dans le personnage du docteur Itard mon bien aimé Truffaut. Il aura fallu attendre le générique de fin pour que je me dise "Bon sang mais c'est bien sûr ! Je me disais bien que ce film faisait partie de ma to-watch-list..."
Par contre, et très étrangement, j'ai instinctivement deviné dès les premières image de trois paysans marchant dans la campagne avec leur chien que ce film était francais. Comme quoi il doit y avoir un quelque chose que mon inconscient a intégré mais dont je ne suis pas consciente. Lorsqu'ils ont commencé à parler en allemand, je me suis dit "ah ben non, finalement", mais j'ai vite été détrompée : c'était un doublage. (Un conseil : ne regardez JAMAIS un film francais doublé en allemand. C'est... horrible.)

J'ai un coup de coeur personnel dans ce film à exprimer (avant de donner un petit apercu (librement inspiré) de l'analyse qui en a été faite après le visionnage), il s'agit de ces scènes de foule, que je trouve renversantes. Il y en a peu, car le coeur de l'action se situe dans l'intimité de la "famille" formée par le docteur Itard, sa gouvernante et le petit Victor (aussi appelé l'enfant sauvage, ou Victor de l'Aveyron).
Le reste du film fleure les années 70, l'action est très condensée, et les dialogues parfois un peu sommaires et maladroits. Mais ces quelques scènes de foule sont... parfaites. Une chorégraphie remarquable. Du grand art. Vraiment.

Pour ce qui est de Victor de l'Aveyron lui-même, un article lui est consacré sur Wikipedia. Il a beaucoup intéressé les philosophes de l'époque, évidemment, puisqu'il était un argument pour ou contre les diverses théories sur l'homme. Mais en définitive, l'enfant ne leur apprend pas grand chose, car il montre des signes "proches de la démense ou de l'idiotie" (Pinel). Or, on ne sait pas si il est attardé de naissance ou pas... et donc le mystère reste entier sur la nature humaine : de naissance, oui ou non ?
Le petit Victor de l'Aveyron n'arrivera pas à s'intégrer dans la société, ni même à parler. Mais là encore, rien ne permet de savoir d'où lui vient cette incapacité.

Le nom du cours que je visite (et qui me permet de regarder tous les mercredi un super classique à l'oeil et d'avoir une analyse du film pour le même prix :D) s'intitule "Ce que les films nous apprennent". Et il y a peu de films qui correspondent aussi bien à ce titre, parce que ce film a une portée didactique assez difficile à ne pas voir.
A cette dimension didactique appartient le fait qu'il y a (justement) peu de protagonistes. Trois principaux, de temps en temps la famille des amis (eux aussi trois), et quelques autres, très rarement (dont ces deux ou trois scènes de foule très courtes). D'ailleurs, il y a rarement plus de deux ou trois personnages à la fois sur un même plan : l'apprentissage est un lien qui se lie entre l'élève et le maître.
Le lien entre le docteur Itard et Victor est très (très très très) important. Chaque séquence se termine par un cercle se refermant sur l'enfant. On a alors une "focalisation interne", c'est à dire que l'on voit à travers les yeux du docteur. L'enfant a un regard agard (le jeu de l'enfant est vraiment super aussi). Seul au tout dernier plan, avant le générique de fin, le cercle qui se ferme sur le visage de l'enfant laisse voir que Victor regarde directement le docteur dans les yeux, très sérieusement.
C'est là que l'on voit le fruit de l'éducation qui lui a été donnée toutes ces années.

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