Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 19 octobre 2009

Bubble Gum, de Lolita Pille

En tournant la dernière page du roman de Lolita Pille, Bubble Gum, je me suis demandé très sincèrement si j'avais aimé ou pas.
Mais vraiment très sincèrement.

En essayant de me faire une idée des critiques exprimées à l'encontre du livre, j'ai trouvé que je n'avais pas eu tellement tord.
Dans le fond, les gens qui ont lu Bubble Gum et qui en parlent ont parfois aimé et parfois détesté le livre.

Dans cette version-là de "être jeune, beau, oisif et très très riche, c'est vraiment trop dur" (qui est le cadre global des romans de ses romans), Lolita Pille présente pas mal de similitudes avec "Les Jolies Choses" de Virginie Despentes, un même univers, des mêmes thèmes, quelques shemas très semblables, des personnalités très proches.
Un vocabulaire très proche également, mais pas la même facon d'écrire.

Lolita Pille vomit.
Son bouquin est un énorme degueuli de tout.
Je pense que c'est là le point qui fait que l'on aime - ou que l'on aime pas le "style Lolita Pille".

Dans le fond, elle fait encore plus fort que dans Hell, son premier bouquin, qui restait une histoire tant soit peu normale éclaboussée de grosses flaques de vomi.
Ici, le processus est assez remarquable. On démarre dans un état à peu près normal ; c'est l'histoire qui suit son cours. Petit à petit, pris dans le flux intérieur de la pensée des narrateurs, les choses commencent à dégénérer dans un gros n'importe quoi sans queue ni tête - il faut dire que les narrateurs sont toujours complètement saouls et drogués, qui dérive dans un gros dégueuli haineux. Le phénomène se répète à chaque nouveau chapitre, mais si on observe bien le mouvement général du livre, c'est aussi le même phénomène qu'on retrouve.
L'histoire est complètement invraissemblable, en fait. Mais tout ce que les personnages racontent est tellement incohérent que ca ne m'a pas même dérangée. C'est intéressant en fait : il n'y a pas de message dans les romans de Lolita Pille, dont tout le monde dit pourtant (à raison, hein) qu'ils "dressent un portrait grincant et décapant de la société". Le seul message serait éventuellement : le monde, c'est de la merde et allez vous faire foutre ; ce qui n'est pas vraiment un message, faut bien le dire.
Non, Lolita Pille c'est le néant.
Alors certains trouvent que, justement, c'est le néant littéraire. Rien à en tirer, quoi. D'autres trouvent que c'est la force prodigieuse de son écriture. Lolita Pille comme l'aboutissement ultime du dadaisme, en quelque sorte.

Je ne pense pas que Lolita Pille figurera jamais au programme d'un cours de littérature.
Mais cela dit, si j'étais sociologue, je regarderais ses bouquins de près.

Moi je ne sais pas.
Je sais que lire ses bouquins, ca me file la nausée. C'est pas évident de regarder pendant des heures quelqu'un vomir devant vous.
Y'avait des moments où je me disais que ce bouquin, c'était vraiment n'importe quoi et nul à chier, et que je ne perdrai plus jamais ainsi mon temps à lire cette pseudo-littérature à la Beigbeder. Je me disais : Lodi, plus jamais tu liras un livre de Lolita Pille.
Bon, en même temps je savais très bien que je ne le ferai pas.

 

lolita_pille.jpg

- Derek, railla-t-elle, pourquoi est-ce que tu ne m'appelles jamais maman ?
- Parce que... tu n'es qu'une Ivana Trump ratée.
- Petit con, je te ferai déshériter !
- Je crois que tu ne saisis pas très bien le concept de "fils unique".
- Et penses-tu que ton père puisse saisir le concept de "fils unique héroinomane" ?
- Je ne me suis jamais piqué et tu le sais très bien.
- L'important, ce n'est pas ce que je sais, l'important, c'est ce que je lui dis... Et puis tu y viendras, Derek, crois-moi, tu y viendras...
- Ah oui, et qu'est-ce qui te fait dire ca ?
- Tu seras camé, mon pauvre enfant, tu seras dépressif et camé, et tu feras bien pire encore, tu verras...
- Ah oui, et pourquoi, pourquoi je ferais tout ca ?
- À cause de l'ennui.

Commentaires

Bon ... à part ça, j'espère que tu ne t'ennuies pas à Berlin !

Écrit par : Ingrid | lundi, 19 octobre 2009

Merci pour cette critique.

Je range donc définitivement désormais Lolita Pille à côté de Bret Eston Ellis à "écrivains que je ne lirais jamais car leur démarche littéraire me dépasse totalement".

Si tu veux lire du dégueulis américain, tu sais quoi faire :p

Écrit par : Winnie | lundi, 19 octobre 2009

Les commentaires sont fermés.