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dimanche, 03 août 2008

La communauté

Cet après-midi, forte de mon succès d'hier, j'ai pu pour la deuxième fois aller à l'office du dimanche de... ceux que j'appelarai un peu au hasard la Communauté.
J'y étais allée en avril, trois jours après avoir rencontré pour la première fois soeur Esther. J'en reparlerai.

Depuis avril, ça fait un moment et je n'en ai pas encore parlé.
Mais pour en parler, il faut les présenter.
Et c'est là le problème.

Qui sont ces gens ?

Jeudi dernier, dans une discussion avec un musulman qui passait par là pendant la lecture biblique, j'ai réussi à exprimer en peu de mots et sans trop m'écarter de la vérité.
Ils composent une communauté de chrétiens, non pas de catholiques, ni de protestants, ni même une communauté oeucuménique. Cette communauté ne croit pas aux religions et se déclare chrétienne, prenant exemple sur la première communauté chrétienne des apôtres.
Pour ma part, je les trouve quand même très impreignés de protestantisme. Sans doute une question de culture. Tous sont frères et soeurs, et l'office du dimanche est une sorte de prédication tenue par celui qu'ils appellent "notre fère plus âgé". Il n'est pas vraiment plus âgé que les plus âgés, d'ailleurs. Mais c'est ainsi.
Tout au long de la semaine s'organisent un peu partout dans Berlin des prières du soir et des lectures bibliques, dirigées qui par un frère, qui par une soeur. A la FU, il s'agit de frère Bobby.

Leur cheval de bataille semble être l'évangélisation.
La moyenne d'âge est elle-même plutôt faible, la plupart sont des étudiants, qui évangélisent dans les universités et les résidences universitaires.

Ils n'apprécieraient certainement pas de lire mon explication. C'est une des choses qui m'ont donné le plus de mal, au commencement, même rebutée, leur refus absolu de se définir, de se donner la moindre orientation.
"Nous sommes croyants. Nous suivons l'appel de Dieu et les Evangiles.
- Mais vous êtes surtout actifs dans l'évangélisation, non ?
- Dans la Bible, Jésus a envoyé ses disciples pour évangéliser. C'est le devoir du croyant. Ne désires-tu pas vivre sur le chemin du Christ, soeur Lodi ?
- Ben oui... mais..."
La discussion est difficile avec eux. Aucune discussion, la plus anodine soit-elle (sur l'université, la recette des crèpes de ma maman...) qui ne se transforme en louange ou prière pour Dieu entre les mains duquel il faut remettre nos vies et qui nous apportera la paix du coeur et nous aidera à réussir nos exams. C'est un peu déstabilisant. Pas seulement parce que je n'ai pas l'habitude de parler de Dieu tout le temps, et que je me trouve assez vite à court d'idées. Mais aussi parce que je me sens mal à l'aise, me demandant si je ne suis qu'une ignoble mécréante qui ne voit que son nombril insignifiant alors que Dieu devrait être au-dessus de tout dans notre vie... ou si c'est de leur côté que quelque chose cloche.

Il n'y a pas que cela qui me dérange chez eux.
L'évangélisation, ça n'a jamais été mon truc. Je suis plutôt orientée sur le développement religieux des enfants. Ou alors l'humanitaire.
Mais à vrai dire, cette question a surtout été un problème dans les premiers temps, maintenant, ça ne me dérange plus.

Quelque chose me dérange bien plus, c'est leur façon de prier.
Prier est pour moi une discussion avec Dieu, dans le plus profond de mon coeur. Dans le silence.
Eux prient fort. Très fort. Ils hurlent. Souvent, chacun prend la parole à tour de rôle, et supplie Dieu, pleure, crie, puis rend grace, hurle de joie, rit, repleure, c'est un vrai show. Une fois, ors d'une prière le samedi soir, nous avons été invité à prier chacun pour soi pendant une demi-heure. Chacun pour soi, chez eux, ça veut dire que tout le monde hurle et pleure dans son coin et en même temps. La salle était pleine à craquer, au moins une trentaine de personnes. C'était assez insupportable.
Je ne peux pas prier ainsi. J'ai pris une feuille de papier et un stylo, et j'ai écrit ma prière. C'était le seul moyen qui me restait pour rentrer en moi-même.

Commentaires

Selon ta description, ca ressemble beaucoup aux communautes charismatiques que nous avons en France (mais ce sont des mouvements internationaux), que ce soit sur le plan de l'evangelisation, de rendre grace a Dieu en permanence et pour tout et n'importe quoi ou de prier en criant et en hurlant, tous en meme temps (le pire c'est quand ils frappent dans leurs mains chacun selon leur propre rythme)

Cela dit une fois de temps en temps, c'est supportable ^^'

Écrit par : Winnie | vendredi, 08 août 2008

Je suis contente d'avoir l'avis d'une "spécialiste". Cela dit, ils ont une communauté en France, à Paris. Mais j'en reparlerai.

Écrit par : Lodi | vendredi, 08 août 2008

Un article sur internet me donne plus d'informations sur les mouvements évangéliques de la Troisième Vague : http://geographie-religions.com/blog/?p=71.
D'après cet article, la Communauté se rapproche des mouvements évangéliques néopentecôtistes à peu près uniquement sur le fait qu'elle est transnationale et "non dénominationelle".
Sinon, ils n'utilisent pas spécialement les médias, ni les nouvelles télécommunications. On peut dire qu'il snt attachés particulièrement à la Pentecôte dans le sens où ils misent 90% sur l'évangélisation et la conversion des non-croyants.
Ceci leur correspond parfaitement : "Ces structures nouvelles n’appartenant souvent à aucune fédération ou organisation, soucieuses de leur indépendance, semblent parfois isolées à l’échelon local. Pourtant, certaines d’entre elles parviennent à s’insérer dans des réseaux religieux mondialisés transnationaux, établissant davantage de contacts avec des églises sur un autre continent qu’avec les églises situées dans la même commune."

Écrit par : Lodi | vendredi, 24 octobre 2008

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