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lundi, 30 juin 2008
De repasionibus in cantino
NB : Termes préparationnaires :
-
taupin : élève de classe scientifique (maths ou physique, terme incluant parfois les bio, parfois non)
-
épicier : élève de classe économique (HEC)
-
khâgneux : élève de Khâgne ou d'Hypokhâgne à peu près indifférement. On entend parfois sus cette appellation les chartistes, parfois NON (frères ennemis depuis des temps immémoriaux – ils nous ont volé notre khâlo les salopiaux !)
Aujourd'hui, je n'avais pas faim.
Plusieurs jours déjà que je n'ai pas faim, vraiment pas, mais alors pas du tout du tout du tout. Mais à midi tapante, j'étais devant la cantine sans même m'en rendre compte. Pas faim, mais une envie de manger, manger, manger. Bien sûr la seule chose que je voulais vraiment manger c'était : chocolat, chocolat, chocolat. De préférence beaucoup, bien gros, bien gras, sucré, du chocolat.
J'ai essayé d'étouffer mon envie de manger à grands renforts de brocolis. Ils étaient bons, d'ailleurs, les brocolis, mais ça ne m'a pas coupé l'appétit, vu que de toutes façons je n'avais pas faim.
Mais bon, j'avais mangé. Ca m'a calmée pour un moment.
Deux heures plus tard, le muffin au chocolat y est quand même passé, hein.
Sûr que ça remonte à la prépa.
C'est sans doute le seul vrai traumatisme psychologique qu'a engendré la prépa. En prépa, on travaille depuis le matin en sortant du lit jusqu'au moment où on retourne y dormir. Ca arrive souvent, d'ailleurs, qu'on ne dorme pas, on a pas le temps, on a du travail. (C'est pour ça qu'ils m'ont fait bien rire les p'tits d'jeuns ce matin, en saluant comme si c'était un exploit qu'après la nuit blanche j'enchaînais sur deux pauvres petits cours...)
Il n'y a qu'un seul moment dans la journée où on ne bosse pas. C'est quand on mange. Le repas à la cantine était le moment le plus sacré dans notre prépa.
Je pense que malheureusement j'ai pris le pli. Lorsque je veux faire une pause, mon estomac dit qu'il est l'heure de manger. Il sait que de toutes façons je ferai pas de pause sinon.
Le repas, c'était notre vie sociale. Le groupe devait être au complet, on calculait très exactement à la minute près qui devait venir récupérer qui et où pour que le groupe soit au complet et qu'on mange avant que Marie-Rose ne sois obligée de partir pour son option de grec ancien. La queue de la cantine était le lieu le plus hype immaginable. Je dirais presque : là où il fallait être vu. Les plus coquettes d'entre nous passaient se refaire une beauté dans les toilettes avant de nous ranger dans la queue de la cantine. L'énergie dépensée à élaborer des stratégies de queue-de-cantine dépasse l'immaginable. Nous savions évidement qui mangeait à quelle heure, nous élaborions des stratégies d'approche, ou au contraire de fuite des gros lourds. Nous devinions également les stratégies des autres ; ce n'était jamais innocent qu'un taupin lace ses chaussures pour se ranger négligement cinq minutes plus tard que d'habitude dans la queue. Il y avait baleine sous gravillon (expression mythique dûe justement à cette stratégie élaborée par un taupin un jour pour manger avec une jeune fille que nous n'avons plus surnommée après cela que “Baleine”).
Il y avait par dessus tout la demi-heure bénite.
Celle entre 18h qui marquait la fin des cours et 18h30 qui donnait le coup d'envoi du repas du soir. Personne n'aurait songé à travailler pendant cette demi-heure. C'eut été de toutes façons physiquement impossible, nous sortions de 5h de cours non-interrompus, le mercredi souvent de 6h de DS.
On s'installait dans la queue.
Et on ne faisait rien.
Pendant trente minutes.
C'était divin.
Cela nous donnait bien sûr le temps de raconter les dernières hypothèses de ragots tirées des observations des uns et des autres au cours de la queue précédente, d'élaborer de nouvelles stratégies, etc.
Aussi étrange que cela puisse paraître, nous n'avions pas tellement de mal à quitter la table lorsque nous avions fini.
Sauf pour moi, je l'avoue, le mercredi soir. Après les 6h de DS. Je me recervais parfois trois fois des assiettes immenses de frites (autre grand rite, les frites le mercredi soir ; ils n'ont JAMAIS dérogé à cette règle). Je pense, plus pour le fait de rester à table que pour les frites (d'ailleurs, la plupart ne faisaient rien – ô scandale – le mercredi soir après les DS ; moi je ne pouvais pas, le jeudi matin j'avais allemand, c'est à dire contrôle).
Si le repas était le haut lieu de la vie sociale, la fin du repas était le haut lieu de la plus grande injustice sociale. Non seulement parce que seuls les plus costauds parvenaient à poser leur plateau sur le tapis roulant les premiers (ce qui en sois est une injustice criante).
L'injustice qui provoquait le scandale général était l'agencement du plateau à repas lui-même. Dans mon lycée d'origine, il était explicitement prescrit de quelle manière disposer nos couverts par rapport à notre assiette, et nous devions jeter nos déchets dans un bac prévu à cet usage. Rien de cela à Pierre de Fermat. Le lycée était généralement reconnu universellement comme un lycée de bourges, et nous avions effectivement une servante astreinte à la tâche de vider nos restes et de positionner nos couverts correctement avant qu'ils ne disparaîssent en cuisine. Une servante, ou tout comme : la “dame de service”. Parmi les préparationnaires, cela était reconnu universellement comme un scandale de lèse-démocratie. Pas uns d'entre nous n'aurait rangé ses couverts en conséquent.
Un jour, le comble de l'injustice se produisit. Un taupin renversa son assiette au moment de poser son plateau. L'assiette encore à demi pleine et son contenu se répandirent en mille morceaux sur le sol. La dame de service lui fit signe de quitter la cantine tout de même, qu'elle s'en chargeait. J'ai cru qu'une révolution alait éclater dans la cantine. Personne, à commencer par le fautif, ne comprenait pourquoi une esclave devait se charger de cette tâche pour nous.
Une grande marque d'injustice était également la répartition des activités le midi après la cantine.
Les taupins allaient faire un foot dans la cours, tandis que les khâgneux et les bio retournaient travailler dans leur salle. Les épiciers étant de toutes façons une espèce à part parmi les préparationnaires, ils retournaient s'enfermer entre eux dans leurs salles, ne se mêlant jamais au reste de la communauté. Personne n'a jamais su en quoi consistait exactement la vie d'un épicier.
PS : Je me suis beaucoup amusée à écrire ce post, et je dois avouer avoir parfois un peu extrapôlé. A Pierre de Fermat, certains d'entre nous rangeaient effectivement leurs couverts avant de déposer son plateau sur le tapis roulant. Du moins ceux qui avaient chopé le tic dans leur lycée d'origine.
23:35 Publié dans Rubrique des vaches écrasées | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : lycée pierre de fermat
C'te déception quand même...

Y'a pas à dire, les Allemands sont vachement fair play quand ils perdent... mais l'ambiance était quand même un peu triste hier soir.
Ca n'a pas empêché le groupe de la Drina-via-Volga de rentrer encore à pas d'heures. Cette fois-ci AVEC Patapon et SANS Loulou (presque une soirée parfaite quoi). Hans, Patapon et moi étaions les plus dégoûtés du groupe, quand même. Je m'étais super préparée, toute noire-blanche-jaune et tout.
Déception je vous dis.

Les policiers allemands ont décidement perdu toute crédibilité...
En rentrant ce matin, j'ai ENFIN compris pourquoi tous les étudiants vivent à Prenzlauerberg et pas à Steglitz.
Je veux dire, la pizza du matin après une nuit blanche, c'est sacré quand même. Je mourais de faim en passant devant les kebab de Pranzlauerberg encore (ou déjà ?) ouverts, envahis par les d'jeuns affamés du coin. En arrivant à Steglitz, frustration totale... pas un kebab qui ouvre avant 8h ! (y'avait bien quelques boulangeries, mais le sandwitch du matin me fait moins saliver que le kebab ou la pizza du matin).
Bon, je vous laisse, je vais me préparer un chinois maison à-la-Elodie.
PS : Dans le S-Bahn en rentrant avec Paulo, celui-ci m'invite à son anniversaire la semaine prochaine, ajoutant que je peux inviter mon Homme aux abeilles.
Heinkekoikekomment ??? NON, nonnonnonnonnonnonnonnon... y'a pas de "mon" là d'abord !
06:02 Publié dans Rubrique Monde : Berlin | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
samedi, 28 juin 2008
Culcha Candela
Dans la musique allemande, les groupe que j'aime, je les adore vraiment, mais y'en a quand même pas énormement.
Ces derniers temps, je désespérais un peu de trouver du nouveau, histoire de sortir de Die Ärzte et de Nena (ce qui suffit à remplir une vie, cela dit).
Tout récement j'ai changé de radio. Le rock, ça commençait à être toujours la même chose, et je pouvais plus supporter d'entendre la chanson de Yael Naim...
Je suis passée dans du très commercial, du R&B. Ca me repose les neurones, et je bouge mon popotin en me brossant les dents.
Normalement, c'est 100% américain.
Mais un jour, j'ai entendu une chanson qui m'a vraiment frappée.
Lire l'article ici.
22:51 Publié dans Rubrique Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
s.
Le petit s. qui traîne partout dans mon texte est l'abréviation de subaudiendum est, ce qui veut dire en gros "sous-entendu".
Mais je ne suis pas vraiment satisfaite avec cette traduction.
Qu'un énoncé est une quantité, on le voit à la quantité de syllabes que l'on dit longues ou courtes, sous-entendu, puisque long et court sont des quantités, ce qui est formé à partir d'elles est aussi une quantité.
Ca rend pas bien du tout.
Une meilleure idée ?
Moi, mon cerveau, il veut plus réfléchir.
NB : Je suis enfin passée au Livre 2. Il me reste encore à reprendre tout le livre 1 pour une seconde mouture avant de pouvoir envoyer le résultat à Pater, mais je suis fière quand même.
16:01 Publié dans Le feuilleton du moment : Notker | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
vendredi, 27 juin 2008
Ca alors c'est la meilleure...
Attention, ça peut surprendre ^^
Lire l'article ici.
22:27 Publié dans Rubrique Monde : Berlin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 26 juin 2008
Grosse journée
On se cale dans son fauteil et on ferme les yeux.
20:57 Publié dans Rubrique des vaches écrasées | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
DEUTSCHLAND !!!
Je croyais que le top du top, c'était Berlin en été...
Mais NON ! Le top du top, c'est Berlin en été pendant l'Europa Meisterschaft !!!
Je reviens tout juste de la porte de Bandebourg, où l'ambiance qui règne est impossible à décrire.
Si vous voulez vous faire une idée, regardez la vidéo. C'était pareil.
Le match de ce soir avait un goût tout particulier dans une ville où la présence turque est aussi forte. Mais en définitive, les porteurs de drapeaux rouges et blanc ont posé leur matos dans un coin our se joindre à la bonne humeur ambiante.
J'avais dit, si l'Allemagne arrive en finale, je me transforme en allemande pour la finale.
Dimanche, j'aurai mon drapeau à la gouache sur les joues, ma guirlande de fleurs et je serai habillée en noir-rouge-jaune (qui sait, peut-être que je vais me faire la coiffure punk aussi).
Si l'Allemagne est championne d'Europe... je sais pas, peut-être que je vais vraiment devenir allemande.
PS : la chanson est de par ailleurs une de mes chansons préférées, d'un de mes groupes préférées, Die Prinzen.
00:34 Publié dans Rubrique Monde : Berlin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 25 juin 2008
Les estomacs d'aujourd'hui, c'est plus ce que c'était
Ce fut une expérience intéressante.
La plupart d'entre nous n'ont même pas osé se servir du lait, ceux qui l'ont fait n'ont pas pu le boire, et pour ma part j'ai réussi à boire la moitié de mon bol, mais ça m'a tellement donné envie de vomir que j'ai décidé de ne plus jamais renouveler cette expérience, qui a eu le mérite de m'apprendre que les estomacs du XXIe siècle ne sont plus capable de boire du lait non-pasteurisé-en-brique-coupé-avec-de-l'eau.
Pas une eau minérale potable dans le lot, les jus de fruit sont à vômir et y'a même pas de coca light. (Bon, ils ont une délicieuse boisson à la vanille super chimique, mais c'est pas le sujet).
Aujourd'hui, j'ai tenté la petite brique de lait.
Horreur.
Heureusement la gorgée était assez petite, et j'ai réussi à ne pas vômir mon lait sur mon ordinateur.
Cétait insupportable, ignoble, j'ai eu l'impression de boire du beurre fondu. J'ai cherché la cause d'une si forte désapprobation de mon estomac du XXIe siècle, et je l'ai trouvée.
16:40 Publié dans Rubrique des vaches écrasées | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 24 juin 2008
Autoroute
Aujourd'hui...
"A la prochaine, tu prends à droite."
Je fait tout bien comme il faut, coup d'oeil dans le rétro avant, coté, par dessus l'épaule, clignotant, je me range bien comme il faut, recoup d'oeil, je tourne, c'est tout bien parfait et tout et tout, je suis contente.
"Et maintenant, on met les gaz"
C'est son expression préférée à Otto. Il trouve toujours que je vais trop lentement.
Mais là il rigole pas.
"Ahhh, mais c'est l'autoroute !!!
-Ouaip."
Bon, en fait c'était juste le périf.
Mais quand même...huhu, j'ai fait de l'autoroute aujourd'hui !
14:31 Publié dans Rubrique Monde : Berlin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 22 juin 2008
La pub la plus drôle du monde
... est allemande.
Je remercie sincèrement le youtubien qui l'a enfin mise sur internet...
Elle est ici (et traduite).
20:54 Publié dans Rubrique Monde : Berlin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note