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samedi, 31 mai 2008

Brèves de ma planète

En rangeant un peu mes mails hier soir, j'ai refais quelques tests bidons qui m'ont appris quelques trucs intéressants, comme par exemple que ma cousine Lili est ma meilleure amie, que je me souviendrai de mon papa toute ma vie (en même temps, hein...), que "Orange mécanique" est ma conception de la vie (ça pomet), que Lisa est mon âme soeur (???), que dans la vie j'ai "Besoin d'amouuuuur" et que Otto, mon moniteur d'auto-école est une personne qui me connaît très bien (^^).

Bon, quand je ne fais pas des tests bidons pour me changer les idées, je suis quand même surtout à la bibliothèque à faire ma traduction, et je fais également pas mal de pauses pour bachoter mon code de la route. 

Hier soir a été la soirée-filles de tous vos cauchemars, messieurs, puisque je me suis retrouvée chez Manikova pour lui mettre du hénné dans les cheveux en discutant ferme Sex and the City.
Oui, depuis quelques semaines d'ennui profond (traduire du vieux-haut-allemand, c'est assez répétitif), je passe mes soirées à me culturer devant les aventures de Carrie et ses amies en mangeant du chinois bien gras (c'est horrible, je mange chinois tous les soirs depuis deux semaines, je vais prendre 20kg...). Ce la me permet donc désormais de débattre sur le pourquoi du comment de la psychologie profonde de Samanta, sur la question de savoir si Carrie fait bien de sortir avec Mister Big (je proteste, ce mec est moche comme une patate germée, comment peut-on permettre des erreurs de casting aussi patentes ?), et de nous auto-psychanalyser pour répondre à LA question évidente : quel personnage de Sex and the City sommes-nous ? (à quoi bon un test de aufeminin quand on a une copine avec du hénné dans les cheveux pour cela ?), et non je proteste, je ne SUIS PAS Charlotte.

Et sinon, de temps à autres, je sors avec mes nouveaux amis de la Drina-via-Voga, mais ceci est une longue histoire, et je n'ai pas le courage de raconter ma rencontre avec Mickey, Marguerite et les autres maintenant. En tous cas, ce soir, c'est grillade-party au Mauerpark, et bouge-ton-popo-pour-mon-anniv en fin de soirée. Je sens que je vais pas me coucher tôt.

Avec un peu de chance, d'ailleurs, aujourd'hui c'est traduis-du-vieux-haut-allemand-en-bronzant-ton-joli-dos-pas- encore-cramé. C'est bien parti, je dirais.

vendredi, 30 mai 2008

Le temps des asperges

Quand les asperges arrivent, les allemands deviennent fous.

Je vous propose d'aller lire les explications sur le blog de Maruiccia : c'est ici.  

mercredi, 28 mai 2008

Je ne l'ai toujours pas annoncé...

... mais j'ai commencé à passer mon permis en Allemagne.

J'ai eu hier mon premier cours de conduite.
C'était super. Mes "cours" avec mon papa remontent pourtant à très longtemps, mais dès le moteur enclanché, j'ai eu l'impression d'avoir fait ça toute ma vie. Les réflexes venaient tout de suite, au bout de dix minutes, je me sentais chez moi. 

Mon moniteur, Otto, celui qui nous nous fait déjà les cours de théorie, m'a dit que j'étais une bonne débutante.
J'ai peur d'avoir quand même fait trop d'erreurs dans mes rues limitées à 30 pour qu'il m'autorise dès la prochaine fois à aller sur une route à 50...
Je n'ai pas le droit en tant que débutante de tourner le volant de la façon que mon papa m'a appris. Et je n'arrive pas à me débarrasser de ce réflexe-là.

dimanche, 25 mai 2008

Le colonialisme à Berlin (si, si)

Lire l'article ici.

Mais comment font-ils ?

Je me demande vraiment comment les étudiants normaux font pour vivre.

Les autres étudiants, sortent deux à trois fois par semaine. Pour les moins extrèmes. Dans chaque bar, il se commandent une quantité astronomique de bière. Je bois un coca par bar, et j'en viens quand même à me dire que j'ai dépensé un sacré montant en une soirée. La bière est pourtant plus chère que le coca.

En plus de sortir deux fois par semaines, ils sont tellement bourrés lorsque le jour se lève qu'ils vont dormir le lendemain jusqu'à 14h pour les lève-tôt.
Les jours de semaine sans cours le matin, le lever à midi est aussi de rigueur.

Ils ont bien entendu leur appart. 

Ils sortent la plupart du temps dans des boîtes, souvent gratuites pour les filles, mais pour l'entrée, les garçons payent un max.
Pendant la semaine, il faut aussi rajouter par-ci par-là une bière enre amis, pas vraiment une sortie. Il faut également avoir son quotas de pizzas et de fast-food.

Les filles s'achètent des quantités astronomiques de fringues et de maquillage, et les garçons ont tous le dernier i-pod dans la poche.
Ils s'achètent des CD, ils vont au cinéma, ils s'achètent des glaces et prennent tous les jours trois ou quatre café à la cafèt.

Quand ils n'ont pas un mini-job qui leur bouffe deux ou trois après-midi. 

Alors...

... comment font-ils pour trouver encore le temps de bosser ?
... comment font-ils pour gérer leur budget ?

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Sur ce, je vais me coucher. La nuit avec des étudiants normaux a été longue...

vendredi, 16 mai 2008

La petite gosse m'a fait de la peine

Je devais aller rendre du matériel chez Obi, et c'est comme ça que je me suis retrouvée à l'arrêt de bus à Zehlendorf, visiblement juste à l'heure où les lycéens sortaient.

Ils arrivaient par petits groupes de trois ou quatre, leur sac à dos recouvert de gris-gris. Trois filles piaillaient en jetant des regards scrutateurs autour d'elles, allez savoir ce qu'elles se colportaient réciproquement comme ragots; ils me semblait revoir Olivia et ses copines, mes petites guides. J'étais toute attendrie. Deux mecs arrivaient aussi, avec un look improbable de couleurs criardes et le nez chaussé d'immenses lunettes de soleil qui machaient les jambes écartées et le torse en avant, très cool. Il y avait des filles en mini-jupe hausées sur des talons compensés, d'autres habillées tout en noir, avec des tatouages diaboliques sur leur sac et leurs bras.
Un lycée quoi.

J'ai vu arriver cette petite gosse. Elle marchait toute seule et elle ne s'est pas arrêtée à l'arrêt de bus, elle a continué son chemin.
J'ai pensé : Mais ses parents ne se font pas de soucis ?
On ne savait pas comment elle tenait encore sur ses jambes.
Des lunettes. Un chignon fait à la va-vite. Elle avait un visage joli, de petite fille sage et sérieuse qui ne cadrait pas avec le rouge à lèvre vif dont elle s'était tartiné les lèvres. Elle portait un tee-shirt gris à manches longues avec quelques touches de fluo. Pas un bout de peau qui ne dépasse. Elle portait un slim si mince que des jambes-allumettes auraient suffi à le remplir. Mais sur elle, le slim faisait plein de plis, flottait presque lorsqu'elle marchait.
Comme elle ne laissait rien apparaître de son corps, c'était difficile de savoir exactement à quel point elle devait être maigre. Elle marchait lentement en regardant le sol. Même son visage s'effaçait, le regard glissait dessus, ne s'attachant que sur le rouge vif des lèvres.
D'ailleurs, même si ses parents se font du soucis, que peuvent-ils faire ?

jeudi, 15 mai 2008

La belle époque

"Pour quelle époque étiez-vous fait ?"

Le sondage sur Facebook m'a donné la réponse, m'évitant ainsi de trop me casser la tête si tant est que cette question puisse me perturber. "Vous étiez faite pour vivre à la Belle époque".
Le premier souvenir qui revient au nom de Belle époque, c'est un devoir en Hypokhâgne, un devoir sur table vicieux, puisque nous avions tous révisé la dernière leçon sur l'entre-deux-guerre et que le sujet est tombé sur une vieille leçon déjà bien oubliée. Je m'en étais étonnement bien sorti. 7/20, ma meilleure note en Histoire de l'année.
Donc, c'est sûr, grâce à Facebook cela est devenu évident, la Belle Epoque m'était prédestinée.

D'ailleurs qui ne voudrait pas vivre dans une époque belle, hein ?
J'ai beau chercher, par contre, rien ne me revient de ce que j'ai pu savoir de beau à l'époque sur la Belle Epoque.

Ce qui est sûr, c'est que j'ai toujours rêvé de porter des corsets. Même s'il fallait pour cela supporter de réclamer des sels à la moindre émotion.
Et puis Schnitzler aurait été un auteur à la mode, j'aurais pu voir du Feydeau avec des vrais morceaux de Feydeau dedans.
Il me semble que la Russie était à la mode à cette époque-là, ça explique sans doute ma slavophilie galopante.

Facebook m'informe par la même occasion que je suis quelqu'un d'ennuyeux. Ben merci, hein.
C'est sans doute en fait pour ça que je suis destinée à la Belle Epoque.
Mais j'"aspire à un changement profond de société", alors ça va, je me rettrappe comme qui dirait.

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Il m'arrive ainsi souvent, par ennuis profond ou juste pour me changer les idées cinq minutes, de me livrer pieds et poings liés à un grand spychologue quizz-designer, qui se charge de me psychanalyser et de répondre à des questions vitales, telles que "quel est votre quotient de stress ?" "avez-vous de bonnes habitudes alimentaires ?" ou "quel président des Etats-Unis feriez-vous ?".
Sur mon profil Facebook, on peut ainsi trouver quelques résultats qui me semblent joli à afficher en vitrine.

Celui que j'aime par dessus tout est celui qui me dépeind comme une écrivain passionné et occasionnel, capable de s'enflammer pour un sujet et de passer dessus vingt-six heures sans boire ni manger, mais pas très paufineur et efficace sur le long terme.
Je trouve que ça me correspond comme un gant.

Facebook a également fait mouche pour mon péché capital...
Vous aviez remarqué, vous, que j'étais envieuse de toutes les qualités que je n'ai pas ?

Pour un petit test bidon qui  obtenu mon aval pour figurer sur ma vitrine, bien évidement, cinquante qui m'ont donné les résultats insatisfaisants et qui ont été expulsés sans ménagement.
Vous ne trouverez pas la réponse  la question "Quel chocolat êtes-vous ?"
Non mais, je vous demande un peu, est-ce que j'ai une tête de Twix ? C'est moche en plus, un Twix, je vais pas laisser une horreur pareille défigurer ma jolie page d'accueil.

Ceci était un article de la rédac' du mois. Chaque mois, le même jour, à la même heure, des rédac' blogueurs écrivent un billet sur un sujet commun. Ce mois-ci Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, JvH, Bluelulie, Hibiscus, Anne, Chantal, Looange, V à l'ouest, Jo Ann v, William, Catie, Nanou, Cecfrombelgium, Gally, La Nymphette, Julie70, Gazou, BlogBalso, Vladyk, Lucile, Guy Cardinal, Joël, Linda, Denis, Julie, Isabelle, Le chat qui, Lodi, Ckankonvaou, et Mahie planchent sur "Les voyages dans le temps, si vous pouviez voyager dans le temps, quelle époque choisiriez-vous ?". Allez aussi lire leur point de vue, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires!

mercredi, 14 mai 2008

Repos forcé

Lodi en repos forcé depuis jeudi.

Comme je vous l'ai dit, j'ai plus ou moins abandonné l'idée de boucler ce mémoire dans l'état actuel des choses. Soit je trouve une traduction du texte de vieux-haut-allemand et j'essaye de sauver les meubles, soit je change mon sujet. Eventuellement pour faire cette fameuse traduction. Après tout, un mémoire de traduction, ça se fait aussi.
Or, j'ai un vague espoir de trouver une traduction. Très très vague, je vous le dit tout de suite. Mais le manuscrit enregistré sur le catalogue de la bibliothèque est introuvable dans les rayon. Une patrouille de bibliothécaire est à sa recherche, mais ne donne pas de nouvelles depuis jeudi. Entre temps, il semble pourtant que le manuscrit a été retrouvé, puisque sa côte dans le catalogue a changé. Mais il n'est toujours pas dans les rayons. On me dit de patienter. Qu'il est peut-être en train d'être traité.
Les jours de congé de la Pentecôte n'ont pas accéléré le processus, on s'en doute, et en plus de cela, la bibliothèque étant fermée, pas moyen de même faire semblant de commencer à zyeuter sur mes mini-mémoires.
Repos forcé.

D'une manière générale, a fait deux semaines que je tourne en rond. Même quand je suis à la bibliothèque, je ne sais pas quoi y faire, mon mémoire est vraiment en impasse, et plus je déprime, moins j'ai envie de faire du sport. Je passe donc mes journées à rouler de mon lit à mon ordinateur. J'ai même réussi à bidouiller assez mon ordi pour trouver comment me connecter sur internet depuis la fac.
Ca m'occupe un peu, je fais des tests débiles sur aufeminin et je lis le Courier des Balkans.

Vendredi, en repos forcé (la bibliothèque s'est pris un graaand week-end de Pentecôte), j'en ai eu marre. J'ai décidé de me bouger un peu le gras.
Après quelques courses (remplir les greniers, pour tenir le siège des jours fériés à venir) sans grand intérêt, j'ai emis les pieds au Centre de sport. J'ai enchaîné deux cours l'un à la suite de l'autre. Vu ma motivation, je n'aurait pas pu m'entraîner toute seule. C'était des cours que je connaissais pas et je n'ai rien capté, mais au moins j'ai bougé un peu.

Samedi était une journée chargée.
A défaut d'être intéressant, le cours des premiers secours faisait au moins passer le temps. Les premiers secours, c'est un document obligatoire ici en Allemagne si l'on veut passer son permis. Parce que oui, chers lecteurs, Lodi s'est enfin décidée à passer son permis. Tadam ! Je remercie au passage mes sponsors généreux, j'ai nommé mon papa et ma maman chéris.
J'ai donc passé avec succès mon test de vue et mes premiers secours (en même temps, je suis allée me refaire des lentilles y'a pas longtemps, et j'ai déjà passé l'AFPS en France).

Le cours se passait à l'Alexanderplatz, et après ces grandes épreuves (si, si, c'est super éprouvant de parler de blessures pissant le sang et de vertèbres déplacées), Manikova m'a rejoins et j'ai mangé une glace en regardant des lycéens danser la techtonique (ça y est, la mode vient d'arriver en Allemagne, quelle chance, je vais pouvoir avoir droit moi aussi aux slims et aux coupes mulet...).
S'en est suivi un shopping intense d'une heure et demie qui a complètement achevé Manikova (sont pas résistants ces russes).

Manikova épuisée m'a emmenée dans "un turc qui fait des super bon börek". C'était à Kreuzberg.
Je n'étais jamais allée dans ce coin de Kreuzberg. J'ai enfin compris pourquoi tout le monde en faisait tout un plat. On se croirait dans le marais, à St Michel et à Arnaud Bernard tout en même temps. Tout un enchevêtrement de petites rues, remplies de petits restos indiens, taïs, turcs, congolais, tibétains, de petits bistrots et de petites boutiques de vêtement ou de gris-gris. Il faisait un temps superbe, et bien entendu tout le monde était dehors, buvait une bière, chinait ou hurlait en agitant des drapeaux pour célébrer la victoire de je ne sais quelle équipe de foot turcque. C'était assez pour que je sois conquise.
Et on est arrivées. Comble des merveilles. Sur la vitrine, il y avait écrit en gros : BUREK. A l'intérieur, j'ai manqué pleurer. Il y avait la vitrine avec les bureks à la viande ou au fromage tout chauds sortis du four, déjà découpés en parts à manger sur place ou à emporter. Sur le côté la machine café et les pots de jaourt "od jabuka" (à la pomme), et des gâteaux. On peut manger dehors sur des petites tables, ou dedans à un comptoir, hissé sur des tabourets hauts. Tout comme là-bas, avec Stevan.
Le dimanche matin, la maman de Stevan ne prépare pas de petit déjeuner. Alors Stevan m'emmène manger un burek à la viande. C'est bon, hyper gras évidement. Je n'arrive pas toujours à finir ma part. Stevan se moque toujours de moi parce que je n'aime pas les yaourts sans sucre et liquides, comme ils les mangent là-bas. On va toujours manger au comptoir, sur les tabourets hauts, l'un à côté de l'autre, et on se regarde dans la glace.
Ici, il n'y a pas de glace. Mais il n'y a pas non plus de chéri à regarder dedans. Manikova prend un burek et un thé. Je prends un thé seulement, j'ai encore la glace dans l'estomac. Le gars qui nous sert doit avoir notre âge, il ressemble à Novak, une bonne de tête de jougoslave quoi.

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J'explique à Manikova que la langue dans laquelle le serveur et sa mère se parlent, ce n'est pas du turc, mais du serbo-croate. Que les bureks sont forcement infiniment meilleurs que les böreks des turcs. Je lui raconte les dimanches matin en Serbie.
En partant, je demande à la dame qui sert d'où elle vient. De Croatie. "Hrvatska..." Elle souris.

Le dimanche, le Centre de sport est fermé. La bibliothèque est fermée. J'ai mal au ventre.
Je roule du lit au canapé. Je passe la journée à regarder des films. J'ai commenté les deux meilleurs dimanche, les autres, je vous les épargne. Le soir, je roule du canapé au lit.

Lundi, j'avais tellement déprimé toute la matinée que j'ai décidé de fêter un peu la fin du mémoire (l'avortement du mémoire ?). Ca serait mon jour.
Je suis allée manger un burek. Il ya avait moins de viande que dans les "vrais" en Serbie, mais c'était exactement les mêmes, le même goût. La patrone discutait en croate avec un client. D'autres clients sont arrivés, ont commandé en croates eux aussi. Toute la communauté serbo-croate de Berlin doit se retrouver ici. Pendant ce temps, je mangeais mon burek. Avec les doigts. Comme je fais là-bas.
Le client m'a demandé en allemand si j'aimais. J'ai répondu en serbo-croate "oui, c'est bon comme en Serbie". On a commencé à discuter ferme pendant une bonne heure de la Serbie, de la Croatie, de Novi-Sad, des élections, de la vie en Allemagne et en France, de Sarko et du beau temps. Osam était croate, mais il avait vécu un an à Novi Sad. Puis, lorsqu'il y a eu la guerre, il est parti vivre à Berlin. J'insistait pour qu'il me parle en serbo-croate. Sans avoir touché à mon serbo-croate depuis des mois, le résultat n'était pas si mauvais. Je comprenais vraiment pas mal.

Je suis allée au parc Victoria, à Kreuzberg.
L'herbe était tapissée de berlinois qui se faisaient dorer au soleil.

Le Centre de sport ouvrait en fin de journée. Dès l'ouverture, j'étais là, et j'ai enchaîné les deux cours.
Deux cours des Mills, la muscu et le step. Je n'avais été qu'une fois à la muscu, et le step, c'était ma première fois. L'entraîneur, Schweiss-qui-peut, a été adorable avec moi. Il m'encourageait tout le temps, corrigeait mes positions, me disais que ça allait venir, que c'était une question d'habitude, que j'étais bien partie. Est-ce que par hasard en me voyant il a cru que j'avais jamais tenu un haltère de ma vie ? (je ne vois pas pourquoi)
Mais alors, il suait comme une cascade. Il avait un tee-shirt par chanson. A chaque chanson, il jetais son tee-shirt tout dégoulinant et en prenait un neuf sur la pile. Il a lui aussi enchaîné les deux cours. Il était bon pour faire une machine pleine en retrant... C'était très impressionnant ! Le sol près de la stéréo était jonché de tee-shirt. Je n'aurait pas osé marcher dessus, j'aurais eu trop peur de voir le liquide s'écouler et envahir toute la pièce.

En sortant du sport, j'ai calculé vite-fait qu'il était encore temps d'arriver à l'heure pour la séance de 20h20 que je reluque depuis des mois... et d'aller enfin voir "Juno".

J'en mourais d'envie. Personne n'avait envie d'aller le voir avec moi. Et bien j'y suis allée toute seule. C'était ma journée après tout.
J'étais toute contente assise (quasi) toute seule dans la salle, bien au milieu.
Le film était vrailent chouette. Exactement ce à quoi je m'attendait, pas un super film méga-réfléchi, juste une petite comédie toute gentillette. Ca ne remplissait même pas les critères d'une comédie américaine habituelle. Normalement, y'a au moins à la fin une grosse crise, et ouf tout va bien, et on déborde de bon sentiments, les méchants deviennent bons et les amoureux s'avouent qu'ils s'aiment, et ça finit avec une super musique entraînante.
Là, c'est plutôt un petit conte. Tout se passe bien, il n'y a pas de grand coup de théâtre, une espèce de fausse crise pas bien sérieuse, qui a plutôt une fonction d'apprentissage de la vie pour Juno que pour but de relancer du suspens. C'est même un peu trop simple, à voir Juno, on se dit qu'une grossesse ça a pas l'air bien compliqué, pas d'hormones qui sèment la panique, pas de dépression pro ou post-natale ni de pleurs et de cris et de prises de tête. Finalement, c'est vraiment agréable. Ca rend à la chose sa simplicité. Si ça se trouve, ce film aura plus d'effet que toutes les campagnes anti-avortement du monde.
"C'est pas bien bien grave de coucher à 16 ans et sans préservatif", c'est un message un peu limite quand même. Mais enfin. Ce film est tellement mignon, je n'arrive pas à lui en vouloir.

Hier, la matinée a été occupée par mon cours avec Connery, j'ai dicuté un peu avec lui du mini-mémoire avant d'aller faire mes courses et acheter mes pantalons. Enfin.
L'après-midi, j'ai voulu aller faire ma demande de permis. La mairie est bloquée par une grève, il y a deux ou trois heures d'attente. J'irai lundi prochain.
J'ai un peu erré avant d'aller faire danser mon ventre.
Enfin, j'ai fini la journée avec mon premier cours de théorique. Ce n'était ni bien compliqué ni bien passionnant. L'instructeur est gentil, il m'a reconnue tout de suite. "La fille de Paris". Oui, la française quoi, c'est bien moi !

Tout se temps se sera passé sans nouvelles de Stevan. Dimanche soir, j'ai enfin reçu un court e-mail. L'enterrement est terminé maintenant, j'espère le revoir d'ici peu. 

mardi, 13 mai 2008

D'un (deux) pantalon deux coups

Deux achats impérieux pour aujourd'hui. Un pantalon de sport version été (parce que la chaleur commence déjà à devenir carrément insupportable en salle, et que mon mini-short pour la gym genre grand écart les gambettes en l'air c'est un peu limite), très urgent, et un pantacourt joli pour la fac (parce que idem, et qu'on peut pas mettre des mini-jupes tous les jours...).
 
Après bien des heures shopping infructueuses samedi dernier, j'ai enfin trouvé aujourd'hui un pantacourt puma en solde.
 
Après des heures de réflexions qui m'avaient enfin amené à opter pour la couleur verte, et comme, franchement, ce pantalon, c'est trop la classe, j'ai acheté les deux coloris. Mes deux achats en une fois.
 
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(en bonus, mon petit gilet-tortue adorable, qu'on dirait qu'il est fait exprès sur mesure pour le printemps berlinois) 
 
Puma, c'est donc officiellement trop bien. J'ai toujours trouvé que les baskets puma étaient les plus jolies du monde entier (franchement, avec quelle autres baskets on peut avoir l'air aussi habillée ?). Mais les vêtements sont cool aussi. Surtout en solde (oui, parce que, hein...).
 
En plus, Puma, ils donnent des conseils vachement important.
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C'est vrai, hein, on ne le répètera jamais assez.

dimanche, 11 mai 2008

Breaking News

Breaking News.
Une fantastique surprise que ce petit film chinois qui n'avait l'air de rien planqué dans ma vidéothèque depuis plus d'un an. Stevan me suppliait devoir ce film depuis bien longtemps, mais il faut bien dire qu'en matière de films, on n'est pas très souvent sur la même longueur d'onde. Alors je me méfiais. Je savais que ça parlait de malfrats et de policiers qui leur courent après. Et puis je me suis enfin décidée.
Pour me convaincre, Stevan m'avait fait voir la scène d'introduction. Une merveille. Une fusillade entre malfrats et forces de l'ordre montée en un plan. Fantastique.

Le film ne fait pas un faux pas du point de vue de l'esthétique. Un jeu de caméra impressionnant, des images superbes. Le cinéma est un art.
Ce qui ne serait qu'un bel écrin un peu vide sans ce scénario inattendu. Suite à la fusillade dont il est question dans le premier plan, les petits malfrats vont se retrouver au centre d'une gigantesque opération marketing de la part de la police. Le duel entre malfrats et policiers a changé de règles. Ce sera désormais à qui réussira le mieux à manipuler les média.

Un travail sur l'image qui répond donc à une réflexion sur l'image.
Et une question. Que ce passera-t-il si la police devient du grand spectacle ?